Bonjour tout le monde !

Je profite de ce nouveau chapitre pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année ! J'espère que ces fêtes, particulières cette année, vous réchaufferont un peu le coeur. A défaut de pouvoir vous glisser un petit cadeau sous le sapin, je vous poste un chapitre par ici.

Shadedwords oui tout à fait, je suis contente que tu le soulignes :p Tout est dans les détails dans cette histoire ; des choses insignifiantes mais qui n'aurait jamais pu avoir lieu dans le chapitre 1 x) Drago évolue.. doucement ! Mais il évolue ! Merci ta review :)

SlyGreyFox j'avais vraiment hâte d'utiliser Lavande et je suis contente que le résultat plaise ! J'aime bien ce contraste entre Lavande héroïque avec son apparence de monstre ; et Draog qui se sent monstre avec son apparence inchangée. Ca me fait plaisir que l'évolution de Drago te plaise :) Pour le procès, tu vas découvrir ça très bientôt, ce sera dans la partie 13 ;) Merci d'avoir pris le temps de me laisser un mot :)

Luzula-spicata merci beaucoup pour ta review :) effectivement cette histoire est longue parce que tout est en lenteur ; il n'y a pas un instant décisif ; il y a plein de petites évolutions subtiles. Je conçois très bien qu'à la lecture ça soit un peu lourd - d'autant plus dans cette sale période ! Mais c'était pour coller au maximum à cet état d'esprit léthargique de Drago :) J'espère que la suite te plaira tout de même ! Normalement on arrive dans des chapitres un peu plus mouvementés !

Sur ce je, vous laisse avec la lecture de cette nouvelle partie, en espérant vous retrouver vite pour la suite !

Bonne lecture !


PARTIE ONZE : HUMANITÉ (5)

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01 février 1999, le vrai héros.

Il faisait froid dans la cour, très froid. Le vent était mordant et sans pitié et la couleur du ciel trahissait son manque d'entrain à illuminer cette journée. Tout semblait terne, morne, un peu mort. Ce n'était pas tout à fait un plaisir que d'être ici - sinon il s'y serait refusé - mais cet endroit était une parenthèse. Même les prisonniers avaient le droit de voir le jour de temps en temps. Alors il s'asseyait sur l'un des bancs de la cour, le plus éloigné, le plus discret et il s'oubliait dans cet instant, dans cet endroit où personne n'irait regarder.

Parfois une présence se faisait sentir mais elle disparaissait aussitôt, effrayée par le froid ambiant et l'obscurité dangereuse.

Un rire déchira la bulle de quiétude.

Ils étaient trois ; cette amitié improbable devenue inséparable : Neville Londubat, Luna Lovegood et Ginerva Weasley.

Nevilla évita son regard comme il l'avait toujours fait ; il y est de ces craintes dont même les grands héros ne peuvent se défaire. Un traumatisme d'enfance est parfois bien plus marquant qu'une guerre. Mais la flamboyante rouquine le dévisagea sans crainte, animée par la même ardeur méfiante. Ils n'avaient jamais été amis : elle, Weasley et bien-aimée de son ennemi juré et lui, trop digne pour s'abaisser à ne serait-ce qu'à la regarder. Leur désaffection mutuelle avait toujours été palpable mais muette : des regards de travers, un affrontement incessant mais jamais une parole échangée. Ils se fuyaient et s'évitaient car l'ordre du monde soufflait que Weasley et Malefoy n'avaient rien à se dire.

Et puis Londubat releva la tête et s'avança vers lui, incarnation humaine du courage. Qui aurait misé sur cet être si craintif et moqué pour se révéler être un véritable héros capable de surmonter tous les obstacles ? Il n'était plus un adolescent brimé ; il était un jeune homme adulé et sa candeur naturelle l'empêchait d'en profiter.

- Tout va bien, Malefoy ?

Cet élan de solidarité, ni mérité ni désiré, provoqua chez Drago une suffocation de reconnaissance.

Quel tableau de pitié il devait donner pour que même Neville Londubat s'approche de lui. Il avait toujours été la proie facile pour l'ancien-Drago, celui qui provoquait et se moquait. Que même lui soit capable de s'inquiéter était étourdissant. Même dans les pires moments, ils étaient encore capables du meilleur, Neville et les autres. Drago, dans ses meilleurs moments, n'était rien d'autre qu'un homme détestable - la pire créature de la terre. Quel contraste il existait entre des créatures pourtant si proches de composition.

- Ca va, répondit Drago de cette voix cassée qu'il avait du mal à maîtriser.

Neville le fixa, d'un regard plein d'hésitation, probablement partagé entre son désir de fuite et celui d'aider une âme en peine.

Lovegood et Weasley étaient muettes ; l'une par respect, l'autre par défi. Mais même dans les yeux de cette rouquine indélicate il pouvait voir cet éclat de pitié.

Le monde avait changé ; d'objet de haine il était passé à objet de pitié.

Et attirer des sentiments si honorables sur sa personne si méprisable était trop pour Drago ; alors il prit la fuite. Il se leva et quitta la cour, le regard fixé sur les pavés pour ne pas affronter des émotions imméritées. Il n'était pas encore prêt pour ces choses-là.

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25 janvier 1999, main tendue dans l'autre sens.

Un soupir à sa droite attira son attention et Drago porta son regard sur Hermione Granger. Ses cheveux étaient plus ébouriffés que d'habitude, comme si l'agacement que lui provoquait sa lecture se répercutait sur sa chevelure. Sa plume s'agitait nerveusement dans sa main et son visage était tiré dans une expression franchement contrariée. Il n'y avait qu'un devoir pour provoquer cet effet-là chez elle. Pendant une minute il observa cette image mi-touchante et mi-amusante qu'il avait sous les yeux. Il n'avait jamais été du genre contemplatif ; mais la vie n'avait jamais eu autant de tableaux étonnants à présenter.

Elle tourna la tête vers lui et leurs regards se croisèrent. Cette émotion qu'elle avait dans l'éclat de ses yeux, l'agacement si proche de la colère qu'il avait été tant habitué à provoquer chez elle, le replongea dans les temps anciens. A une époque où son seul plaisir personnel était de la tourmenter, de se moquer de sa nature qu'elle ne pouvait pas changer. Elle ne lui avait pas pardonné ; et comment l'aurait-elle pu ? Pendant un instant il pensa qu'elle avait retrouvé la raison et qu'elle réalisait enfin le monstre qu'elle avait sous les yeux.

Et l'éclat disparu et, avec lui, la contrariété sur son visage.

- Je déteste ne pas comprendre quelque chose, expliqua-t-elle avec une légère gêne.

De ses anciennes amitiés à l'école elle gardait cette impression d'être ridicule à être autant soucieuse pour les choses scolaires. Drago lui-même ne s'était-il pas souvent moqué de cette miss-je-sais-tout ? Et pourtant son amour pour les études ne lui avait jamais semblé ridicule ; il était simplement jaloux de sa concentration.

Son regard se fit fixe pendant une seconde, et puis il lui demanda :

- C'est quoi que tu ne comprends pas ? Je peux t'aider.

Elle pencha la tête sur le côté, méditative. Elle était si souvent habituée à aider les autres qu'elle en oubliait que les autres pouvaient l'aider. Peut-être doutait-elle de ses capacités à le faire. Ou peut-être réalisait-elle l'incongruité de leurs nouvelles vies. Drago Malefoy qui lui proposait de l'aide ! Il aurait presque eu honte d'avoir osé le formuler à voix haute mais la Lionne était celle qui lui avait insufflé cette idée de l'effort. Minuscule, anecdotique mais présent.

Et puis elle se décida et glissa son ouvrage vers lui. Et elle se rapprocha en se penchant sur sa chaise.

Ce n'était pas grand-chose, tout au plus un frôlement de sa tignasse sur son épaule à lui. Il n'y avait aucun contact direct autre que celui que lui soufflait son imagination. Et pourtant il y avait une douceur étouffante dans ce geste ; qui osait se montrer aussi proche d'un monstre ?

Mais elle ne s'embarrassa pas de considérations aussi futiles, l'esprit trop absorbé par sa matière scolaire.

- Tu vois là, il est dit que...

Il l'écouta parler en se disant que même une vie d'obscurité pouvait avoir ses instants magnifiques. Sa réflexion ne dura pas car il se focalisa sur ce qu'elle disait.

Son problème n'en était pas un ; mais Hermione Granger utilisait parfois trop son esprit logique en oubliant l'instinct du sorcier.

Alors il lui expliqua posément ce qu'il pensait de son problème sans jamais avoir la prétention de détenir la véritable universelle. Il exposait un point de vue, loin de cette assurance qui avait dictée sa vie des années durant. Drago-le-monstre était plus posé et plus réservé que l'ancien-Drago.

A mesure qu'il parlait, le visage de la Lionne s'éclairait avec le ravissement de la compréhension.

- Merci, c'est beaucoup plus clair, lui souffla-t-elle lorsqu'il eut terminé.

Elle récupéra son livre et son espace vital, avant de se remettre à écrire sur son devoir.

Drago l'observa de nouveau, penchée sur son parchemin avec un visage éclairé. Il croyait même deviner un sourire au coin de ses lèvres et il eut l'audace de penser qu'il avait participé à sa naissance. Elle était contente parce qu'il avait expliqué et qu'elle avait compris. Cette pensée provoqua un battement et une chaleur troublante dans son corps et il mit un moment à réaliser que, peut-être, son cœur n'était pas tout à fait nécrosé.

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27 janvier 1999, les changements quotidiens.

Elles étaient installées dans le canapé, telles deux petites poupées. Il y avait Daphné, l'ainée, princière et butée et Astoria, douce et naïve. Deux années les séparaient mais elles étaient si semblables dans leur attitude et leur soin qu'elles donnaient l'impression de jumelles. Les cheveux blond clair se mélangeaient sur l'assise du canapé, tel un nuage d'élégance. Il y avait longtemps que Drago ne se perdait plus dans la contemplation de cette scène, si souvent habitué qu'il avait oublié comment en être charmé. Pourtant l'effet était toujours le même après des années et l'un de ses coéquipiers de Quidditch se laissa transporter par ce joli tableau.

Il s'appelait Jeremiah Hoswell, dix-sept ans, issu d'une existence fade, au sang-mêlé trop porté moldu pour avoir pu attirer l'attention de Drago un jour.

Dans cette tanière des vipères, les choses avaient toujours fonctionné de la même façon. Les enfants de bonne famille - les sang-pur comme Drago - prenaient possession des lieux comme s'ils leur appartenaient et ne se mélangeaient jamais à quelqu'un qui n'était pas de leur cercle. Ils s'étaient proclamés rois des lieux et rares étaient les fous qui avaient osé contester. Mais la guerre était passée et les mentalités changeaient. La salle commune était la scène d'une agitation nouvelle, d'un mélange des genres qui aurait été impensable avant.

Jamais dans cet ancien monde Jeremiah n'aurait pu prendre place auprès de Drago Malefoy et des sœurs Greengrass. Et cet intérêt qu'il portait spécialement à l'une d'entre elles aurait été réduit à néant en un claquement de doigt - car les enfants bien élevés ne laissaient jamais une de leurs brebis s'égarer.

Mais les choses étaient si différentes que même les unions inter-espèces (comme ils les appelaient autrefois) ne semblaient plus aussi choquantes - déplacées mais pas moquées. Et si l'heureuse élue de cette œillade particulière ne semblait pas répondre à cet intérêt, il n'en demeurait pas moins qu'elle le laissait vivre.

- Drago est super bon, je pense qu'il pourrait faire carrière dans le Quidditch !

La mention de son nom rappela Drago à cette amère réalité. S'il sortait de son dortoir plus volontiers - changement de rien mais changement de tout - il n'était pas assez dérangé pour se mêler aux conversations des autres. Il était un spectateur muet mais pas indifférent, laissant simplement ses pensées converser uniquement dans son esprit.

- Ah oui Drago ? Demanda Daphé à la remarque de Jeremiah.

Sa remarque n'avait rien de celle d'une adolescente innocente ; elle était celle d'une jeune femme qui se demandait où étaient les nouvelles limites. Drago Malefoy ne se destinait à rien d'autre qu'une vie de rentier ; même la chute des Malefoy n'avait pas réduit leur fortune. Allait-il bousculer les convenances et se choisir une autre voie ?

- On verra, éluda-t-il sans vouloir se prononcer davantage.

La conversation repris son cours sans lui.

Le fonctionnement des sang-pur imposait un strict contrôle de l'activité professionnelle. Le travail n'était pas glorifié ; il était au contraire vu comme un échec, celui de ne pas avoir assez de deniers pour prospérer. La perte de dignité ultime était celle qui touchait les femmes travailleuses. Une femme devait être une fille, une épouse ou une mère ; rien d'autre. Les sœurs Greengrass le savait comme lui.

Mais désormais les cartes étaient redistribuées et Drago songea que, pour la première fois de sa vie, il était vraiment libre de choisir.

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29 janvier 1999, l'invitation.

- On a raté l'heure du dîner, constata Hermione en regardant sa montre.

Ils avaient profité de cet avantage offert aux élèves en dernière année de pouvoir rester à la bibliothèque plus longtemps que prévu. Ils étaient les deux seules âmes assez folles pour se laisser entraîner par le travail si tard un vendredi soir. Quand il était là, Drago oubliait parfois que le temps passait.

Il haussa les épaules à sa remarque ; il avait bien des défauts mais la gourmandise n'était pas de ceux-là.

- C'est pas grave, il y aura à manger demain.

Le regard qu'elle lui jeta lui fit douloureusement prendre conscience de la minceur de ce nouveau corps qu'il alimentaire irrégulièrement. Il n'avait pas de problème avec la nourriture ; il n'avait simplement pas faim. Ses joues s'étaient creusées et son corps avait fondu. Son corps reflétait une âme morte, une vérité qu'il n'avait jamais songé à cacher, dans l'espoir peut-être qu'un corps décharné pouvait offrir un certain réconfort aux autres. Il ne voulait pas donner l'impression d'aller bien.

- Tu connais les cuisines ? Demanda t-elle.

- Je n'y suis jamais allé.

Poudlard regorgeait de mystère et d'endroits secrets que des années passées en son sein n'avaient pas suffi à faire découvrir. Il avait déjà entendu parler des cuisines mais il n'avait jamais pris la peine de s'y rendre ; voir des Elfes s'affairer à la nourriture n'était décidément pas son loisir.

Mais Hermione semblait avoir des plans. Elle rangea ses affaires dans son sac et, s'interrompant dans son geste, plume et livre en l'air, elle lui fit un sourire.

- Viens, je t'emmène.

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29 janvier 1999, les cuisines des confidences.

Il regardait les Elfes de Maison s'agiter autour d'eux. Ces créatures n'étaient ni jolies ni élégantes mais leur affairement semblait correspondre à des pas de danse rythmés et répétés ; la chorégraphie avait quelque chose d'envoûtant. Les cuisines reproduisaient à l'identique la Grande Salle. Par habitude, Hermione s'était installée à celle reproduisant la table des Lions et Drago l'avait imité tout en sachant combien cette place était imméritée. Jamais le courage n'avait été l'une de ses vertus.

- Je n'ai jamais vu autant d'Elfes de ma vie.

Les petites créatures n'étaient pas un mystère pour lui, il les connaissait depuis le premier jour de son existence. Toutes les familles bien élevées avaient un Elfe de Maison ; chez les Malefoy c'était Dobby. Quand il était parti, les Malefoy avaient dû s'adapter : se procurer un Elfe de Maison n'était pas si facile.

- Ils sont payés ! J'ai insisté auprès du professeur McGonagall.

Hermione souriait. Jamais de toute son existence Drago Malefoy n'avait été témoin d'autant de fierté sur un visage.

- Ah bon, vous êtes payés ? Demanda Drago à l'un des Elfes.

Ce n'était pas qu'il ne la croyait pas, c'était qu'il était trop habitué aux Elfes de Maison pour s'en convaincre.

La petite créature à laquelle il s'adressa sembla prise d'un malaise soudain. Ses oreilles se baissèrent, ses yeux se firent brillants d'une émotion forte - ils étaient sensibles ces Elfes, bien plus que la plupart des humains.

- Oh, Derry ne veut pas contredire Miss Granger, surtout pas, mais Derry refuse d'être payé.

Ses yeux trahissaient le combat entre la fierté de refuser d'être payé et l'horreur de devoir contester une humaine si chère à son cœur. La vie des Elfes semblait être un combat interne perpétuel dont la seule issue semblait être les punitions auto-infligées.

L'Elfe s'éloigna et les joues d'Hermione se colorèrent d'une adorable teinte rosée. Drago porta sur elle un regard doux mais elle était trop éloignée dans ses pensées pour remarquer la réalité de ce regard.

- Oui bon, certains sont payés, précisa-t-elle avec la confusion de s'être emportée dans une exagération.

Le courage des Lions s'accompagnait souvent d'une certaine fierté, de cette tendance à s'enhardir dès que quelque chose de bien se passait. Hermione Granger n'y faisait pas exception mais elle était si unique dans tous les autres domaines qu'il oubliait facilement ce petit défaut.

- Il a dû falloir beaucoup de persuasion pour qu'ils acceptent de se faire payer.

Les Elfes n'étaient pas des travailleurs à la recherche de quoi vivre ; ils vivaient littéralement pour travailler. Leur plaisir quotidien était de faire plaisir à leurs maîtres. Seul Dobby avait semblé en contradiction avec ces principes : il acceptait les merci glissés par le petit maître Malefoy alors que d'autres Elfes s'en seraient brûlés la main de ne pas mériter tant de reconnaissance. Pendant une seconde, Drago se retrouva confronté à cette vision d'un autre-temps, à l'Elfe de la famille qui n'aspirait qu'à une franche fierté au mépris des coutumes des Elfes. Le passage ressurgissait de la manière la plus étonnante.

- J'ai toujours trouvé scandaleux cette façon de soumettre les Elfes en esclavage, même ici, à Poudlard ! Il y a encore de gros progrès à faire mais je ne désespère pas. J'aimerais qu'ils puissent être libres.

Le regard de Hermione ne trahissait plus un sentiment de fierté personnelle ; il était seulement empreint de cette volonté tenace et de cette détermination que rien ne viendrait affaiblir. Il la connaissait si peu, mais avait-il besoin de plus d'indices pour comprendre que c'était désormais le combat de sa vie ? Hermione Granger ne se contenterait pas d'être une héroïne de guerre pour les siens, elle voulait devenir libératrice pour les autres.

- Ca a l'air de te tenir à coeur.

- Bien sûr ! Et ça devrait l'être pour tout le monde !

Le regard qu'elle lui jeta était sans appel ; une fermeté à laquelle elle n'était pas disposée à céder. C'était son combat du cœur et la raison de son existence. Lui, la cause des Elfes ? Pas son affaire.

- Ca ne l'est pas, mais c'est une jolie cause.

Elle ne se vexa pas et se contenta de croquer dans le sandwich ramené par les Elfes.

Entre eux, l'évidence était à la différence : même si les préjugés et la haine ne pouvaient plus s'installer, ça aurait été mentir que d'ignorer le fossé qui existait. Leurs passés étaient aussi opposés qu'il était possible de l'être ; peut-être était-ce pour ça qu'à la manière des aimants il se sentait si attiré par sa présence.

Ils passèrent encore un instant à parler de ces serviables créatures qu'étaient les Elfes de Maison, mangeant sans compter les préparations qui arrivaient sur la table.

L'exercice préféré de Drago était de l'écouter parler ; mais Hermione ne manquait pas de curiosité non plus en lui demandant comment se passaient la vie des Elfes en-dehors de Poudlard. C'était la première fois qu'ils parlaient de quelque chose qui ne se rapportait pas aux cours, aux autres élèves ou au Quidditch. C'était la première fois que le monde était témoin d'une réelle conversation entre Hermione Granger et Drago Malefoy.

Il y avait cependant une règle muette entre eux, et pour chaque personne au château : ne jamais parler d'avant, ne jamais raviver des souvenirs morts au combat.

Mais le renouveau était bien plus intéressant.