Bonjour ou bonsoir, comme vous voulez

voici le texte 4 du calendrier (un peu en retard)

C'est un hors sous thème et ceci est la première partie

C'est un Malec

écrit par Mélanie Wolf


Point de vue d'Alec

Comment je pouvais refuser l'offre d'Asmodée ? Magnus a sacrifié ses pouvoirs pour sauver mon Parabatai et depuis, il n'est plus lui-même. Quelque chose s'est éteint en lui. Cette soirée, où je voulais lui demander de m'épouser, me l'a montré.

Mais est-ce que je suis prêt à sacrifier mon cœur pour qu'il puisse retrouver ses pouvoirs et ainsi, il pourra être heureux ? Oui, je l'étais comme me le confirme Magnus qui essaie de me retenir. Je m'éloigne rapidement pour ne pas céder. J'aurais préféré que son bonheur se fasse avec moi, mais les anges ont en décidé autrement. J'ai mal au cœur. Je sais que je suis éphémère sur cette planète et quand je serais mort, Magnus aurait continué sa vie d'immortel. Et un jour, il aurait offert à nouveau son cœur. Notre amour sera devenu qu'un souvenir parmi tant d'autre. Alors oui, ma décision est cruelle, mais il sera à nouveau lui et il passera à autre chose.

Je passe rapidement les portes de l'institut. En tant que directeur, j'aurais voulu garder la tête haute, mais en ce moment, cela m'est impossible. J'ignore Izzy et Clary qui m'appellent et vais m'enfermer dans mon bureau puisque les affaires de Magnus sont encore dans ma chambre. Je suis sûr que je craquerais si je les voyais, les touchais et les sentais.

Je me laisse tomber sur le fauteuil et ferme les yeux, passant une main sur mon visage fatigué. J'avais ouvert mon cœur et je suis devenu un homme meilleur grâce à Magnus. Maintenant vais-je redevenir cet Alec qui suivait la loi sans exception ou vais-je rester le Alexander que j'ai commencé à devenir quand Clary nous a rejoint ? Cette décision est entre mes mains et ne voyant pas l'avenir du bon œil pour le moment, je suis incapable de le savoir. Seul l'avenir nous le dira.

J'ai besoin d'un verre, de m'enivrer pour oublier, de boire jusqu'à me perdre dans le néant. J'ouvre le dernier tiroir où Magnus a laissé une bonne bouteille de whisky. Je la pose sur mon bureau et la fixe, essayant de me convaincre que c'est une très mauvaise idée. J'enlève le bouchon et porte le goulot à ma bouche. La première gorgée brûle mon œsophage avant de laisser une sensation agréable de chaleur dans mon ventre. Je m'apprête à avaler une seconde fois quand un message de feu apparait sur mon bureau. D'une main tremblante, je le porte au niveau de mes yeux et ne peux m'empêcher de pleurer en lisant les mots que je reconnais comme ceux d'Asmodée.

« Merci Alexander, j'ai obtenu tout ce que je voulais. Sans toi, cela n'aurait pas été possible. »


DEUX ANS PLUS TARD

Point de vue de Jace

Je me réveille en sursaut, posant ma main sur la rune qui me relie à mon Parabatai. Cela m'arrive plusieurs fois par semaine depuis deux ans. Clary bouge contre moi et passe un bras par-dessus mon ventre. Elle lève doucement la tête et vient déposer un baiser sur ma joue avant de la poser contre mon épaule. Je la regarde, mon cœur palpitant pour cette femme que j'aime. Je dépose, à mon tour, un baiser dans ses cheveux de feu avant de fixer le plafond.

— Tu devrais aller lui parler, dit-elle avec une voix encore endormie. Ça fait deux ans que Magnus est parti à Edom. On lui a proposé une solution pour aller le chercher, mais il a refusé.

— Alec ne peut pas aller le chercher, répondis-je en me remémorant le moment où il m'a expliqué le pacte passé avec Asmodée. Il ne veut pas être responsable de la perte des pouvoirs de Magnus.

— C'était son choix, rétorque-t-elle en se redressant. Et aujourd'hui, Alec n'est que l'ombre de lui-même. C'est un miracle que l'enclave l'ait laissé à la tête de l'institut.

Je soupire de lassitude parce que cette conversation, on l'a au moins une fois par semaine. Elle n'arrive pas à comprendre le lien qui nous unit. Magnus n'avait pas le choix s'il voulait que l'homme qu'il aimait soit encore lui-même. Si j'avais succombé, Magnus aurait perdu Alec. Je lui suis redevable et je me sens coupable. Plus d'une fois, j'ai voulu aller chercher le sorcier, mais je me suis ravisé. Mon Parabatai ne me l'aurait jamais pardonné.

Je regarde Clary se réfugier dans la salle de bain puis je me lève. J'enfile rapidement des vêtements puis rejoints la salle d'entrainement où je sais que je trouverais Alec.

Je m'appuie contre le chambranle de la salle et l'observe se déchainer contre le sac de frappe. Le pauvre, il ne va pas survivre longtemps à la fureur d'Alec. A peine deux minutes plus tard, le sac cède tandis qu'Alec tombe à genoux. Alors que je m'approche tranquillement, je vois ses épaules tressauter. Je retiens un soupir de désespoir et l'enlace par derrière. Il s'appuie contre moi et je reconnais sans peine le collier qu'il porte. Je me demande comment il a trouvé les affaires qu'on a caché il y a deux ans, en espérant que Magnus vienne les chercher.

— Alec...

— Je fouillais dans le fond de l'armoire quand j'ai trouvé quelqu'un de ses bijoux, dit-il en reniflant avant de me regarder. Pourquoi je n'arrive pas à l'oublier ? Au moins à tourner la page ?

— Parce qu'un Nephilim n'aime sincèrement qu'une fois et c'était Magnus pour toi. Allons le chercher ensemble Alexander.

— Non, s'écrie-t-il en se levant. Il ne faut pas Jace ! Si quelqu'un y va, Asmodée va reprendre les pouvoirs de Magnus !

— Tu ne crois pas que Magnus préférerait être sans magie, mais être avec l'homme qu'il aime ?

— Si c'était le cas, il ne serait pas arrivé soûl au repas où j'avais l'intention de lui demander de m'épouser. Et je doute qu'il m'aime encore après tout ça.

Je le regarde s'éloigner puis sortir de la salle d'entrainement. Je me frotte le visage, pensif. Je veux l'aider, pour qu'il trouve la paix de l'âme.

— Et si tu suivais ton instinct Jace ? Comme tu le faisais encore il y a deux ans ?

Je me retourne et regarde Izzy. Vu ses joues, je ne serais pas étonné qu'elle ait pleuré.

— Izzy...

— Je ne peux pas continuer comme ça. Il n'est plus prudent. A chaque fois qu'il part en mission, je crains qu'il ne revienne pas en vie. Si tu n'y vas pas, j'irais.

— Personne n'ira Izzy. Ça me tue de le voir comme ça, bien plus que toi, mais on doit respecter sa décision.

Je la regarde tourner les talons avant de s'éloigner, d'un pas furieux. Ses mots résonnent en moi. Elle a raison, on ne peut pas continuer comme ça. Mais je sais que Magnus ne m'écoutera pas, sans compter Alec qui m'en voudra à mort de m'être mêlé de ça. Il en voudra à tout le monde, sauf à... Bien sûr ! Elle pourrait être la solution miracle. Il faut que je lui parle et lui demande son avis, sa position sur tout ça.


Point de vue de Magnus

Le temps passe lentement à Edom. L'ennui est devenu mon quotidien alors qu'avant, j'étais un homme qui croquait la vie à pleine dent, avec un Nephilim chaud comme la braise et adorable comme un chaton pour égayer ma vie d'immortel. Comment on a pu en arriver là ? Je pensais qu'Alexander était le bon. J'étais tellement sûr de moi que j'avais commencé à faire des recherches pour lui donner mon immortalité ou pour que je devienne mortel. Parce que je me disais qu'une vie sans lui ne donnait pas envie d'être vécue ; et j'avais raison. L'ennui me tue.

— Toujours en train de penser à ce chasseur qui t'a brisé le cœur, mon fils ?

— Je penserais toujours à lui, père. Je me demande encore comment tu as su qu'il m'avait largué. Et qu'il était temps de venir pour me faire une nouvelle fois ta proposition.

— C'est mon petit secret mon fils. Tu te joins à moi pour le repas ?

— Je n'ai pas faim.

Je le regarde partir avec soulagement et me permet de fermer les yeux quelques instants. Le masque que j'avais posé sur mon visage disparaît. Il est de plus en plus difficile de le porter. Des pas se font entendre. Je me redresse et me reconstitue un visage neutre.

— Vous avez oublié quelque chose p...

Je me lève d'un coup, surpris par les deux visiteurs qui se présente à moi.

— Maryse ? Simon ? Que faites-vous ici ?

— On vient te chercher Magnus, énonce Maryse comme une évidence. Ça fait deux ans que cette mascarade dure. Ça suffit maintenant !

Deux ans... Déjà ou seulement ? Une éternité pour mon cœur et ma tête...

— Magnus, m'appelle doucement Simon. Tu manques à tout le monde. Tu as laissé un vide chez tout le monde, surtout chez A...

Je lève la main pour le faire taire, tandis que Maryse s'approche de moi. Elle me tend une bague que je prends avec réticence.

— La bague de famille des Lightwood... Pourquoi me la donner ? Elle n'a aucune signification pour moi.

— Elle en aurait une si Alec te l'avait donné comme il l'avait prévu il y a deux ans...

— Je ne comprends pas.

— Quand as-tu retrouvé tes pouvoirs Magnus ?

Je la regarde, avant que tout le puzzle s'assemble enfin dans ma tête. Je me laisse tomber dans le trône de mon paternel.

— Alexander s'est sacrifié, a sacrifié son cœur, pour que je sois à nouveau un sorcier. Et le seul moyen, c'était que je souffre pour ne plus avoir envie de le voir. Et mon père a utilisé ma douleur pour avoir ce qu'il voulait depuis tellement longtemps, moi à Edom pour l'aider à régner. Comment j'ai pu être aussi stupide pour ne pas le comprendre ? C'était si logique et dans son style.

— Tu rentres avec nous ? Brooklyn t'attend.

Je me lève et me tourne vers mon père qui entre en même temps. Il se fige quelques secondes en voyant les deux invités surprises. Il se reprend rapidement et va s'assoir sur le trône qu'il aime tant.

— Tu ne m'as pas dit qu'on allait avoir des invités... Alors, tu sais tout mon fils ?

J'explose de rage et colère. J'utilise ma magie pour le coller contre le mur et je commence à l'étrangler doucement. Comme je l'ai pris par surprise, il n'a pas le temps de se défendre ou de se protéger. Une main douce se pose sur mon épaule.

— Il le mérite, mais ne le fait pas. Tu le regretteras car ça ne te ressemble pas. Et il reste ton père, malgré tout ce qu'il t'a fait durant ces siècles.

Je regarde Maryse qui me regarde avec bienveillance et confiance. Je dois l'avouer, ça m'avait manqué. Je relâche mon père qui s'écroule au sol. Je m'accroupis devant lui et prend ma voix la plus menaçante.

— Dans ma grande mansuétude, je te laisse la vie sauve. Mais si tu reviens sur terre ou que tu reprends contact avec quelqu'un qui m'est proche, je reviendrais et je t'éliminerais

— C'est lui qui est venu à moi, dit-il en se frottant la gorge.

— Ça m'est égal qui est allé vers l'autre en premier. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Tu as assez détruit ma vie comme ça. Nos vies.

La boule au ventre de l'accueil qui va m'être donné, mais aussi de me retrouver face à lui, j'ouvre un portail pour arriver directement dans le hall de l'institut new-yorkais.