Yo ! Cet OS est encore écrit dans le cadre du Calendrifinement, entre le texte de Laemia hier et celui de Paopu demain !

Le thème du jour est Elfe !

Aussi, cet épisode est inspiré du dernier épisode de la saison 1 des Nouvelles Aventures de Sabrina.

Bonne lecture !

Chroniques sorcières

Épisode 4 : Les démons qui ont pris mon frère

Un tambourinement à la porte, et Xion sent son corps qui hurle au supplice pour la réveiller. Il lui crie de se lever, et elle n'a pas le choix. Il faut qu'elle le fasse. Nina est sortie avec Ténébris chasser, et Esmeralda est en transe dans l'observatoire fermé à clé. Le monde réel ne peut pas l'atteindre, ne pourra pas l'atteindre avant le lever du soleil. Qui frappe à la porte avant le lever du soleil ? Xion est curieuse, curieuse comme une folle, elle a besoin de savoir, mais ses jambes ne veulent pas. Ses bras ne veulent pas. Rien ne veut, et elle sanglote, allongée, mais les larmes ne veulent pas sortir non plus. Les yeux fermés, les draps humides de sueur collés à sa peau, elle halète. Elle doit procéder par étapes, elle le sait. Le petit doigt d'abord. Elle pousse, elle pousse, elle met toute son énergie disponible au service de cet effort et quand enfin la phalange se plie, elle n'est pas soulagée. Encore endormie elle est déjà épuisée. Elle tape le matelas deux fois, respire par le nez. Elle doit ouvrir les yeux.

Ça tambourine encore. BAM, BAM, BAM. Le drap se plie à peine, lentement, doucement, sous le poids des pattes d'araignée qui le gravissent, et bientôt c'est la peau de Xion qu'elles parcourent. Deux, quatre, six, huit pattes, dans une symbiose parfaite, qui longent le bras pour arriver sur sa joue. Et puis une autre araignée qui arrive, sur l'autre bras, qui se poste sur l'autre joue. Encore une autre, qui remonte sur son torse, trouve son menton, une autre sur son crâne et une autre sur son front, une qui reste sur le dos de sa main une qui se glisse sur sa jambe sous les draps, une sur son ventre, une sur sa gorge, une sur sa poitrine. Huit nouvelles pattes sur la seconde jambe, plus lourdes, et accompagnées de petits, trois petits qui ne les quittent pas, effrayés du monde.

Quand il y a quatorze araignées disposées sur Xion, d'un même élan, elles lèvent la bouche, se dressent sur leurs six pattes arrière : retombent d'un coup, et mordent.

Xion ouvre les yeux, prend une inspiration immense, électrisée elle se redresse, fait tomber l'araignée pendue à son menton qui se rattrape d'un fil. Elle prend un moment pour retrouver sa respiration, et les petites bêtes viennent chercher refuge dans ses cheveux. La mère et ses petits restent sur le lit, et Xion leur sourit.

« Merci. Je crois que sans vous quatre, je dormirais encore. »

Elle sent que ça s'agite sur sa tête, remue les épaules pour trouver la force de se lever, d'enfiler des chaussons.

BAM, BAM, et elle roule des yeux. C'est bon. Elle arrive.

« Merci, vous aussi. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous. »

Elle attrape un gros gilet, une jupe longue en tweed et les enfile prestement avant de descendre les escaliers. La personne de l'autre côté de la porte doit l'entendre, parce qu'elle frappe à nouveau. Xion ouvre. Les araignées ne semblent pas effrayées, et la maison ronronne : elle le reconnaît. Un maudit. Xion, elle, ne le reconnaît pas.

« Il n'est pas sept heures.

— Toutes mes excuses. C'est une urgence. Est-ce que … Est-ce que Nina est là ? »

Xion fronce les sourcils. Elle ne croit pas que sa sœur ait seulement mentionné ce type. Chemise noire, pantalon noir et chaussures noires. Un genre de prêtre ? Non. C'est autre chose. La cicatrice sur son front est pleine de secrets.

« Je peux savoir qui vous êtes ?

— Saïx Blåmåne. Nina m'a déjà aidé pour une enquête. »

Xion se recule. Oui, Esmeralda lui a parlé de ça. Des flics que Nina avait laissé entrer.

« Elle a peut-être fait une exception, mais on ne travaille pas avec la police.

— Je sais. Mais ce n'est pas … C'est pour une affaire d'ordre personnel. Et, je crois, magique. »

Xion fronce les sourcils. Il ne ment pas : la maison le saurait. Mais qu'est-ce que c'est que ce type ?

« Bon. Entrez. Nina n'est pas là, elle reviendra bientôt. Je vais faire du café. »

Elle allume les lumières d'un claquement de mains et ferme vivement les yeux, éblouie. Elle marche aussi vite que son corps lui permet jusqu'à la cuisine. Si ce type n'avait pas frappé, elle ne se serait sans doute pas levée de la journée. Déjà quinze heures qu'elle n'arrivait plus à ouvrir les yeux. Elle a faim.

Elle fait griller du pain, pose deux tasses et de la confiture sur un plateau, prend du sucre, des cuillères, du lait d'avoine et fixe la cafetière qui coule. Elle a bien un sort, quelque part, qui force le liquide à sortir plus vite, mais le goût est assez médiocre. Alors elle patiente, et quelque chose lui dit que dans la pièce d'à côté, son client s'impatiente. Elle en profite pour remonter chercher son téléphone, et chercher sa conversation avec Nina. Elle appuie sur le micro avant de seulement dire :

« Saïx Blåmåne est là. »

Et elle descend, pose la cafetière sur le plateau. Le type est assis droit, et il la regarde. Elle n'arrive pas à savoir si c'est de la colère dans ses yeux, ou juste son regard naturel.

« Donc. Votre affaire d'ordre personnel ? »

Elle remplit les deux tasses de café, tartine une tranche de pain et s'assied en face de lui. Elle attend.

« Mon petit frère a disparu. »

Elle hausse les sourcils. Plus le problème de la police que des sorcières, ça. Ah, ceci dit, c'est pour ça que Nina les avait aidés la première fois.

« Et vous voulez que l'on trouve où il est, c'est ça ?

— Non. Je sais où il est. »

Xion fronce les sourcils, pas certaine de comprendre. Elle se penche à peine vers le client.

« Vous disiez qu'il avait disparu ?

— C'est … compliqué.

— Alors donnez-moi plus de détails, sans quoi je ne pourrai rien pour vous.

— Je crois qu'il s'est fait enlever par un démon.

— Un démon ? »

Xion lève par réflexe les yeux vers le plafond. Vanitas est toujours à sa place.

« Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

— Quand mon frère n'est pas rentré hier soir, je suis allé sur son lieu de travail. Le magasin de jouets dans la rue commerçante, il est elfe là-bas pour la période de Noël. J'ai peut-être forcé la porte. Et le Père Noël était là. Le temps de sortir mon arme, il avait déjà … je ne sais pas exactement ce qu'il a fait. Mais mes mains ne pouvaient plus bouger.

— La peur, peut-être ?

— Non. Il m'a demandé ce que je faisais là. »

Xion prend des notes mentales, cherche dans sa mémoire quelque chose qui rappellerait les pouvoirs du supposé démon. A ce stade, ça pourrait parfaitement être un sorcier, ou n'importe quelle créature magique.

« Je n'ai pas réussi à mentir. Il a dit qu'il libèrerait mon frère si je lui apportais « un autre petit humain au moins aussi beau ».

— Et vous n'en parlez pas à vos collègues parce que … ?

— Je n'ai pas confiance en la police. J'ai fait quelques recherches sur sa boutique. Elle appartient à une certaine Madame Sulivan, qui est décédée l'année dernière. Lui n'apparaît nulle part.

— Je vois. Qu'est-ce qui vous fait croire à un démon ?

— Il avait des cornes. »

Et Xion éclate de rire. Elle ne peut pas se retenir, d'un coup, ça sort. Voilà, maintenant elle est parfaitement réveillée. Elle toussote pour se reprendre, s'excuse. Saïx a une mine dépitée et elle essaie un sourire.

« Vous auriez dû commencer par là. Quel genre de cornes ?

— Petites, de chaque côté du crâne, comme celles d'une vache.

— Vous avez pu voir la peau autour ? Est-ce que ça saignait ? Suppurait ? »

Bon. Au moins, maintenant, elle sait sur quoi partir. Elle inspire, expire. La démonologie est loin d'être sa spécialité.

« Je ne me souviens pas bien. Il me semble que c'était noir.

— Oh. Laissez-moi une seconde je vais –

— Xion ? T'es où ?

— Véranda. Prends-toi une tasse, la cafetière est à table.

— Roger ! Bonjour, Saïx.

— B-Bonjour. »

Nina fronce les sourcils en l'entendant tituber sur ses mots, mais continue sa route vers la cuisine. Ténébris remue, et s'enfuit vers la volière. Elle attrape une tasse avant de rejoindre sa sœur, s'assied sur le canapé en tailleur. L'exercice lui a fait du bien, il lui semble qu'elle sent encore la nuit ruisseler sur sa peau, fraîche et humide.

« Ew, Nina !

— Quoi ?

— Va te laver les mains, elles sont pleines de terre et de sang et de je-ne-sais quoi encore. Et prends une autre tasse, il y a une araignée morte dans celle-là. »

Nina roule des yeux avant d'optempérer, moyennement heureuse. Peut-être pour ça que Saïx bafouillait. Elle revient avec une tasse, vide, et Xion la remplit généreusement.

« C'est pas un mauvais présage ça ?

— Quoi donc ?

— Une araignée morte dans ma tasse. Il y en avait une dans mes chaussures aussi ce matin. C'était peut-être autre chose. Une mouche ? C'était charnu.

— Épargne-moi les détails. Tu demanderas à Esmeralda. C'est peut-être juste le solstice qui se rapproche.

— Hm. Donc. Qu'est-ce qu'on a ? »

A peine installée, elle s'allume une cigarette, accepte le cendrier qu'on lui tend.

« Un démon mineur. Anthropophage, ou quelque chose du genre.

— On a son nom ?

— Il se fait appeler Navil Usam. »

Nina plisse les yeux, et Xion grimace.

« Nan, c'est juste le surnom de l'ancienne propriétaire à l'envers. Ma Sulivan, c'était ça.

— Zut.

— La peau sous ses cornes est déjà noire, il devrait partir d'ici deux jours maximum. Bon, je pense que la seule solution serait de lui donner ce qu'il vous a demandé.

— Enlever quelqu'un ? Vous parlez sérieusement ?

— C'est votre frère, non ?

— Son frère a été enlevé par un démon ? Il est encore en vie ?

— Apparemment. Mais il est possible qu'il ait juste demandé quelqu'un d'autre pour avoir un dessert.

— Pardon ?

— Enfin. Il n'y a qu'un seul moyen de savoir. »

Nina n'a pas besoin de le voir pour deviner un air ahuri sur les traits de l'humain. Pas étonnant.

« Il n'y a aucune autre option ? Vous vous fichez de moi ?

— Vous pouvez aussi mourir en essayant de sauver votre frère. Ou juste l'abandonner à son sort. Enfin, j'imagine que vous pourriez appeler des démonologues, mais le temps qu'elles se déplacent – si elles acceptent de venir – et qu'elles s'occupent de la paperasse … Le démon sera déjà parti. Et votre frère déjà mort. »

Nina hausse les épaules, un peu fataliste. Perdre un frère à cause d'un démon ? Elle connaît.

« Vous ne pouvez rien faire ? »

Le désespoir dans la voix de Saïx, tout contenu qu'il soit, elle connaît. Elle devine sa gorge serrée. Son estomac qui se retourne. Le dégoût, l'impuissance, la tristesse qu'on rejette parce que quelque part il y a encore un peu d'espoir. Elle connaît. Et ça l'enrage.

« Xion ?

— Quoi ?

— Vanitas. Vanitas peut faire quelque chose.

— Vanitas ? Qui est-ce ? »

Nina soupire. Elle se lève, monte dans la bibliothèque de livres interdits et en ressort un casse-tête à l'allure sinistre.

« Vanitas, dis bonjour à Saïx. Saïx, dites bonjour à Vanitas.

— Nina !

— Quoi ? Si c'est un démon mineur, il n'a pas droit au cannibalisme, right ? Si Vanitas possède le frère de Saïx …

— Vous plaisantez ?

— Saïx Blåmåne, il va falloir arrêter de douter de notre sérieux, c'est agaçant.

— Je refuse que mon frère soit possédé. C'est inimaginable.

— Bon, alors votre frère mourra. »

La colère remplace le désarroi sur le visage de Saïx, et Xion se lève, incertaine de ce qu'elle va faire ensuite. Non, rien de tout ça n'est une bonne idée. Offrir un autre sacrifice, libérer Vanitas ou laisser mourir le frère. Elle soupire. Tend une main à Saïx.

« Rien de plus n'est en notre pouvoir. Si ça ne vous convient pas, libre à vous de partir. »

L'homme ne prend pas sa main, et elle l'abaisse avec un nouveau soupir. Finalement, elle aurait peut-être mieux fait de rester dormir. Elle étouffe un grognement de frustration et se ressert une tasse de café, sans en proposer à personne. Elle attend.

« Expliquez-moi comment se déroulerait la possession. »

Nina sourit, se tourne pour faire face à Saïx. Temps de parler affaires.

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« Elfe, c'est vrai que ça lui va bien. Il a le visage de l'emploi. »

Esmeralda tend la photo à Xion qui acquiesce, et Nina grince. Elle n'aime pas être là. Elle a froid. Vanitas dans ses mains lui glace les doigts. Elle a sommeil.

« Vous avez pris combien, pour ce travail ?

— Trois fois le tarif habituel. M'est d'avis qu'on aurait pu demander plus.

— Nina !

— Quoi ? Il a déjà de la chance qu'on l'aide. Il se serait fait rabrouer par n'importe quel autre couvent.

— Bon. Esmeralda, tu t'occupes de la frontière ? Je vais m'installer sur le toit. Nina, je t'envoie Ténébris quand tu peux y aller. Si quelque chose se passe mal, la première priorité c'est de sortir du cercle de feu.

— On sait.

— Alors c'est parti. »

Le visage de Xion noircit, et ses bras s'allongent. Elle s'envole, laisse derrière elle un tas de plumes.

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Vingt-quatre heures que le feu brûle autour de la maison du démon. Trente heures que Xion n'a pas dormi. Elle regarde le ciel, où le soleil descend lentement. Quand la nuit se sera installée et que la lune aura atteint son plus haut point, les feux des Enfers rappelleront à eux le démon, et elles pourront partir. Une nuit de sommeil, et demain, l'exorcisme. Elle soupire, enroule les ailes autour de ses jambes. Ténébris picore ses cheveux et croasse. Elle lui gratouille le menton.

« Je n'ai pas besoin de toi pour le moment. Tu peux aller voir Nina si tu veux. »

Le corbeau s'enfuit, et elle le voit se poser sur l'épaule de sa sœur, en tailleur devant le feu. C'est bizarre de la voir prier. Elle le faisait souvent, avant. C'est peut-être pour ça qu'elle était la sorcière la plus puissante de leur couvent.

« Café ? »

Nina s'interrompt dans sa prière, tourne la tête pour que l'humain puisse voir ses sourcils froncés. Un froissement de tissu, et un bruit plus lourd, plus mat. Il s'est assis à côté d'elle. Elle sent une chaleur approcher et ouvre la main. Quand il est certain qu'elle a attrapé la tasse, Saïx la lâche.

« Qu'est-ce que vous faîtes là ?

— Je n'ai pas de pouvoirs. Je pensais ne pas pouvoir aider.

— Vous ne pouvez pas, en effet.

— Mais vous faîtes ça pour moi.

— Pour l'argent, en fait.

— Et je me suis souvenu que vous m'avez offert du café. »

Nina ricane.

« On aurait pu en invoquer.

— Je n'avais pas pensé à ça. »

Elle prend une gorgée de café. C'est une jolie attention, tout de même. Et puis, elle n'a pas l'énergie pour ça. Plus que quelques heures à tenir.

« Enfin. Merci.

— Je vous en prie. »

Il ne dit plus rien, et quand elle a fini sa tasse elle recommence à prier. De l'autre côté du cercle, Esmeralda fait de même. Plus le temps passe, moins le démon a de forces. S'il avait été seulement un peu plus puissant, elles seraient sans doute vaincues, et il aurait trouvé quelqu'un d'autre à manger. Et quand elle comprend ça, quand elle le sent dans tout son corps qui hurle au repos, qui ne demande qu'à dormir, elle s'en veut. Son estimation du danger était mauvaise. Elle aurait pu mettre en péril son couvent. Elle tourne à nouveau la tête vers l'homme.

« Le café, il est seulement pour moi, du coup ? Mes sœurs y ont pas droit ?

— Ah. En effet.

— Laissez-moi une tasse pour Xion, vous ne pourrez pas l'atteindre. Esmeralda est à l'opposé de moi, le long du cercle de feu. »

Il ne répond rien, se lève seulement. Il est lent. Nina sait qu'il n'est pas naturellement lent, mais peut-être lui aussi manque-t-il de sommeil.

« Vous … »

Il ne poursuit pas. Elle attend. Il va pour partir, et elle ricane.

« Vous pouvez revenir me voir, après. Mais Esmeralda est une meilleure compagnie. »

Des bruits de vêtements. Il doit lui faire un signe ou quelque chose. Et puis il s'éloigne. Elle inspire. Expire.

J'aime bien ce corps. Et ce costume. Je peux les garder, dis ?

Elle inspire plus fort. Expire plus fort.

Quoi ? Tu vas m'enfermer encore ? Allez, Nina. T'es pas comme ça.

Elle fronce les sourcils. Elle prie. Elle prie.

Ça te ressemble pas. Ça nous ressemble pas. Maman serait verte si elle voyait.

Elle a envie de pleurer. Elle récite toutes les prières qu'elle connaît dans sa tête. Il ne doit pas l'entendre penser. Elle serre la boîte dans ses mains. Quand Vanitas y retournera, elle sera libre. Et il ne pourra plus que se taire.

Tu sais à quoi ça ressemble dans ta foutue prison ? C'est vide, et sombre. Y a rien qui vit. Comme la cave de Pépé, mais sans les rats et les araignées. J'aime pas. Si tu veux plus que je t'emmerde, c'est simple pourtant.

Elle ne peut pas passer plusieurs heures comme ça. Elle ne va pas tenir. Elle serre les dents, prie plus fort. Mais elle n'arrive pas à y croire vraiment. Elle n'arrive plus.

Si t'as vraiment pas le courage, je peux même le faire pour toi. Je donne au démon la formule pour me mettre dans une poupée. Il mange le petit elfe et la poupée fond et à l'heure des sorcières tu auras tout perdu. Et si tu ne dis rien à personne … Je te rends tes yeux.

Nina ouvre grand ses paupières. Le froid sur la muqueuse, une image soudaine. Le feu, la maison, ses propres mains tendues en face d'elle. Et le noir à nouveau. Elle veut hurler.

« Tu n'as pas ce pouvoir, Vanitas. »

Elle déglutit. Serre ses mains en un poing douloureux. Ses ongles lui coupent les paumes, et elle espère seulement que ça la maintiendra consciente.

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« Oh, du café ! C'est gentil à vous. C'est celui du commissariat ?

— Oui. »

Esmeralda lui fait un clin d'œil avant de prendre une longue gorgée de la boisson. Debout à côté d'elle, Djali est une source d'énergie constante. Quand elles ont froid, Djali s'approche de la sorcière et elles partagent la chaleur de ses poils, le foulard d'Esmeralda.

« Vous en avez déjà donné à Nina et Xion ?

— Oui. »

Elle sourit. Il ne parle pas beaucoup, et elle décide qu'un peu de musique ne leur fera pas de mal. Quand elle sort un tambourin et un ukulélé de son sac, les flammes frémissent. Elle s'approche du cercle, stabilise sa magie. Les flammes frémissent encore. Faiblissent. Elle pose les mains dans la terre, va pour examiner le cercle entier, et bientôt Ténébris vient chercher des noises à Djali, picorer ses cornes et griffer son cuir.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Le corbeau rejoint Esmeralda, une note accrochée à sa patte. Saïx observe, le papier qu'on déroule et le visage de la gitane qui change brutalement. Mais Esmeralda ne dit rien, ou du moins pas assez vite.

« Quelque chose est arrivé ? »

Esmeralda se lève brutalement, essaie d'attraper le regard de Xion, là-haut, sans succès. Il fait presque nuit maintenant.

« C'est Nina. Elle est entrée dans le cercle. »

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Voilà ?

Y a pas la conclusion, ce sera pour plus tard. Voilà.

Des bisous !