Holà !

Je continue dans le cade du Calendrifinement, que puis-je dire ? Le texte d'hier était rédigé par elferie et celui de demain sera écrit et posté par Mijoqui !

Le thème du jour est Couronne.

Chroniques Sorcières

Épisode 5 : La Reine du Bal

Un toc-toc à la porte.

C'est comme ça que les histoires commencent, comme ça que les histoires continuent.

Mais le toc-toc ne réveille pas Xion cette fois, parce que Xion ne dort pas, parce que c'est elle qui frappe, elle qui a besoin d'aide cette fois. Elle serre les poings plusieurs fois. L'air froid de décembre fait sécher sa sueur sur ses paumes. Elle secoue la tête, fait bouger les araignées qui s'insurgent. Elles sont fatiguées, elles aussi. Le trajet a été long. La porte s'ouvre, et elle écarquille les yeux. Elle déglutit.

« Couvent de Séléné, bonjour ! Qu'est-ce que je – Xion. »

Elle a envie de la prendre dans ses bras. L'envie part de bas dans son ventre, ce qu'il y a en-dessous, ses jambes, ses pieds, Xion ne les sent plus. Elle se souvient. Elle se souvient. Comme une tempête qui monte, qui agonise d'être enfermée dans une si petite prison de chair. Le visage en face est tout fait de surprise, si pâle à la lumière de la lune, il semble inchangé. Combien d'années qu'elle ne l'a pas vue ? Et combien de lunes qu'elle ne lui est pas apparue en rêve ? Xion ouvre la bouche, n'arrive pas à se souvenir de pourquoi elle est ici. Voilà, maintenant c'est elle qui oublie tout.

« Euh, salut, Na-Na-Nam. Naminé. Majesté. Pardon. Salut. Je … il est tard, je dérange ? »

Pas encore minuit mais presque. Elle a voyagé toute la nuit puis toute la journée puis tout le soir. Elle est épuisée. L'inquiétude salit les traits de la sorcière en face, ses traits qui ont gardé leur pureté. Ses yeux toujours bleus aux cils toujours blonds. Xion avait oublié la fascination que le mouvement de ces cils exerçait sur elle. Comme un appel, un chant muet de sirènes. Qu'est-ce que Xion aime les sirènes.

« Tu n'as pas pris de pull. Tu es folle, entre. »

L'ingénue s'écarte de la porte, laisse passer Xion qui ne sait pas comment dire. Elle ne veut pas. Elle ne veut pas tout gâcher, alors elle laisse Naminé faire quelques instants, se laisse guider dans une salle avec une cheminée allumée. Elle laisse une couverture se poser sur ses épaules et une tasse de café brûlant, plein de lait, trouver place entre ses mains. Elle sort une cigarette. La range. Elle n'est pas chez elle, et elle déteste ce constat. Elle doit rentrer au plus vite.

« Majesté …

— Tu n'as pas à te forcer. Je préfère mon prénom. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne te rends pas compte, tes pensées sont emmêlées partout dans la pièce. Ça m'inquiète.

— C'est mon Couvent. On a besoin d'aide et … je ne peux penser à personne d'autre que vous. »

Xion défait la bandoulière de son sac, l'ouvre et en sort une couronne. Blanche et bleu et argentée. Précieuse comme un bout de la chair de Naminé.

« Il était temps que je te rende ça, aussi. »

La reine a un mouvement de recul, regarde alternativement Xion et l'objet. Sa posture ne trahit rien, mais ses yeux ruissellent et ses doigts se serrent sur sa jupe.

« Je te l'ai donnée. Elle est à toi.

— Elle ne sert à rien entre mes mains. J'ai besoin que tu la portes.

— C'est … C'est hors de question.

— Naminé …

— Assez ! »

Elle s'est levée. Les sourcils blonds se froncent. Ils sont si clairs, de loin, on dirait presque qu'elle n'en a pas, à peine deux ombres jaunies entre son front et ses yeux. Elle a une lourde respiration. Ah, si, elle a changé. Xion avait manqué de le voir plus tôt.

« Je t'en supplie …

— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Cette couronne me porte malheur. Je ne la veux pas. Il n'y a qu'entre tes mains que je l'aime. Tu sais ça. Tu sais ça, pourquoi tu reviens après des années juste pour me faire du mal ?

— Je te promets que ce n'est pas pour ça. »

Naminé s'est fermée, parfaite porte vitrée, insonorisée et transparente, l'inaccessible sous les yeux. Xion déglutit. Elle veut trouver les bons mots. La bonne chose à dire pour ouvrir la porte, la clé. Elle la veut tellement qu'elle est prête à la voler. Elle attrape la main de Naminé. L'ouragan qui se partage entre deux corps, la tempête et tout ce qui revient à la surface, remonte les courants sous-marins, prend une bouffée d'air avant de se noyer à nouveau. Un océan de souvenirs qu'elles partagent. Naminé s'arrache au contact, les yeux écarquillés, un peu outrée, et Xion lui sourit. Misérable sourire face à la peine qu'elle vient de creuser dans le cœur de la sorcière qu'elle a aimée.

« Cette couronne est à toi. Tu l'as acceptée, et tu as prêté serment à la Lune que tu protégerais toujours tes sujettes.

— Plus personne ne fait ça. Plus personne ne vient demander l'aide de la Reine du Bal. Plus personne ne se souvient du serment, plus personne ne fait ça, Xion, pourquoi tu es venue jusqu'ici ?

— Je crois que mon Couvent va mourir. Vanitas, Nina, Esméralda et moi, toutes ensemble. Tu ne peux pas nous laisser mourir. Tu n'as pas le droit.

— Tu sais ce que Kairi dira ? Tu sais comme elle sera en colère, si elle voit cette couronne sur ma tête ? Tu as de la chance qu'elle dorme. Tu l'as bannie de ta maison, Xion ! Si elle était debout elle t'aurait chassée, et elle aurait pris cette couronne pour la mettre sur sa tête à elle.

— Je sais. Je sais, et je prends le risque. »

Elle prend le risque et elle pose un genou à terre. Tend la couronne devant elle.

« Majesté. Au nom du serment que tu as prêté il y a dix ans, je te supplie de venir au secours de mes sœurs.

— Et au tien ?

— Et au mien. »

Les yeux de Naminé tremblent quand elle prend la couronne. La pose sur sa tête. Le bijou s'anime, brille plus fort, s'accroche aux cheveux blonds et s'y emmêle. Quelle horreur ce sera, quand elle voudra la retirer. Elle roule des épaules en arrière.

« Raconte-moi ce qui se passe. »

Xion se relève, tend la main devant elle. Elle convoque ses souvenirs. Nina en sang et les cris de Ténébris, l'ombre de Vanitas qui rase les murs, Esméralda endormie à côté des deux humains, le visage contracté de douleur. Djila qui frappe le mur de ses cornes et tous les oiseaux de la volière qui s'égosillent. Saïx qui miraculeusement tient éveillé, regarde son frère, et autour de lui, semblant ne rien reconnaître.

« Ce sera plus simple si je te montre. »

Elle sait que Naminé va pleurer. Elle-même n'en a pas eu le temps. Les images de la chambre transformée en urgence en infirmerie ressemblent à une porte sur l'enfer. C'est immanquable. Naminé pleure. Des larmes de Reine.

« Comment vous avez pu en arriver là ? »

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Que se passe-t-il ? Vous verrez.

En vrai je m'en voulais un peu, c'est une fic avec presque que des nanas et ça tourne quand même vachement autour de Vanitas. Donc un petit chapitre sans lui. Du coup c'est le chapitre le plus court. Hm. (Mais y a de grandes chances que le prochain soit encore plus court si j'y rajoute pas une scène, à voir.)

Je sais pas si les histoires de couronne sont compréhensibles ? On y reviendra.

A très vite !