Bip ! Bip ! Bip !

Le son incessant de la machine contrôlant mon rythme cardiaque résonne dans mes oreilles. J'ouvre lentement les yeux, voyant un grand bandage entourant mon torse. Je me redresse doucement et ne vois personne dans la chambre.

Une jeune infirmière arrive et me fait quelques examens.

« Tu pourras sortir dans la journée », me dit-il avec un sourire.

Elle ressort son bloc-notes sous le bras, refermant doucement la porte. Je soupire puis me crispe un peu sous la douleur. Kakashi ne m'a pas loupé mais il valait mieux moi que Gaï.

Une heure avant ma sortie validée par le médecin, Rin vient me voir accompagnée de Minato-san.

« Obito-kun ! Comment tu vas ?, me demande-t-elle.

— J'ai encore un peu mal mais ça va.

— Tant mieux alors !, s'exclame-t-elle avec un sourire.

— Kakashi n'est pas avec vous ?

— Il t'a transporté à l'hôpital et depuis, il est enfermé chez lui., me répond le senseï.

— Il doit se sentir responsable., suggère Rin.

— J'irais le voir dès que …

— Non. » dit Minato d'un ton ferme.

Je lève le regard vers lui.

« Cela ne ferait qu'aggraver les choses. Laisse-lui du temps.

— D'accord … »

Je soupire. Je sors de l'hôpital, suivant par réflexe Rin et mon senseï.

« Tu devrais aller te reposer un peu., me conseille Minato-san.

— Oui … »

Je fais mine de me rendre au clan et dès qu'ils sont assez loin, je me dirige vers chez Kakashi. Je toque de trois coups secs contre le bois de la porte.

« C'est ouvert …, dit Kakashi d'une voix éteinte.

— Ah bah je … »

J'entre, légèrement anxieux. Kakashi est en train de nettoyer son matériel de Ninja lorsque j'arrive dans la pièce principale. Son regard change en me voyant.

« Si tu es venu me faire part de ton pardon ou tes excuses, tu connais la sortie.

— Kakashi, je …

— Quoi que tu dises, je m'en fiche. Tu perds ton temps.

— Nous sommes amis tous les deux. C'est toi-même qui l'a dit !

— Je t'ai blessé. Crois-tu vraiment que je peux être ton ami, Obito ? »

Mon souffle se coupe lorsque je vois son air froid sur son visage.

« Personne ne veut être réellement ami avec moi. Je fais peur et je suis tout sauf amical …

— Tu rigoles ? J'ai passé le meilleur après-midi de ma vie hier !

— Tu …

— Je comprends que tu t'en veuilles de m'avoir blessé mais moi je ne t'en veux pas !

— Remballe tes excuses, Obito. »

Il se retourne et je prends sa main.

« Je ne partirais tant que tu t'en voudras encore !

— Lâche-moi, Obito !

— Cela rendrait fou n'importe qui de perdre son père mais en étant entouré d'amis proches, on vit beaucoup mieux !

— TAIS-TOI ! »

Un kunaï vole dans la pièce. Je lâche la main de Kakashi et l'esquive de justesse.

« Sors de chez moi ! Maintenant !

— Kakashi …

— Minato-san ne t'a pas dit de me laisser tranquille ?

— Si mais tu me connais. J'en fais qu'à ma tête.

— Tu perds ton temps avec moi.

— Ah oui ? Alors toi aussi ! Pourquoi tu m'as filé tes astuces pour me rejeter après ? Pourquoi tu … »

Kakashi me plaque contre le mur et je laisse échapper un cri. Nos visages sont proches de l'un de l'autre.

« Kakashi …, dis-je à voix basse.

— N'insiste pas, Obito. Pars avant que je décide de te tuer.

— Tu ne le feras jamais …

— Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

— Tu l'aurais fait dès l'instant-même où tu m'as vu entrer. »

Il baisse la tête en émettant un léger soupir. Je reste figé sur place.

« Tu … Tu peux me laisser partir … ? »

Nos deux regards se croisent et je ne comprends plus ce qui se passe dans les minutes qui suivent. Simplement que mes lèvres rencontrent celles de Kakashi. Il se recule, remettant furtivement son masque en place. Je reste figé, mon regard fixé sur ce dernier.

« Pourquoi .. ?

— Je ne sais pas. Va-t'en maintenant … »

Je sors encore un peu sous le choc. Minato-san me réceptionne avec un air furieux, les bras croisés.

« Tu ne m'écoutes donc pas ?

— Je … Kakashi … Il …

— Quoi ?

— … Il m'a embrassé … »

Minato esquisse un léger sourire ainsi que Rin.

« Il a donc fallu qu'il te blesse pour qu'il se lance …

— Que … Quoi ?

— Je pense que tu as compris. Cela l'a rendu fou de t'avoir blessé volontairement. Il se dit qu'il aurait dû anticiper ton mouvement et abaisser son arme pour ne pas te porter le coup.

— Je ne lui en veux pas ! Vous auriez préféré que Gaï soit blessé plus grièvement que moi ?

— Non mais à ses yeux, il est responsable dans tous les cas. »

Kakashi sort de chez lui, avançant lentement. Minato et Rin s'éloignent.

« Kashi.

— Hum ? »

Je m'avance vers lui et l'immobilise contre le mur de sa maison. Je baisse son masque et il me regarde intrigué. Je l'embrasse tendrement prenant doucement son visage entre mes mains. Je le regarde ensuite.

« Tu es incroyable, Kashi.

— Obito, tu …

— Je sais. Tu n'es pas sûr de tes sentiments blabla … Mais laisse-moi t'aider à comprendre. »

Il m'embrasse de nouveau m'enlaçant par la taille alors que j'entoure sa nuque. Nous rejoignons ensuite notre équipe, main dans la main.

Oui. Je ne l'ai pas dit au début.

J'aime Kakashi Hatake. Je lui voue une admiration sans faille quoiqu'il fasse. Non pas que je réagisse comme les filles dès qu'il fait quelque chose mais il m'impressionne chaque jour qui passe.

Je pesnais devoir atteindre son niveau pour qu'il s'intéresse à moi mais je ne savais pas que déjà il me prêtait attention. Plus que je ne le croyais.

Avec ces révélations et la réciprocité de nos sentiments, nous devons plus proches. Même trop proches.

Notre séparation suite à une mission qui tourne mal est plus douloureuse que prévue. La dernière chose que je vois avec de sombrer dans un sommeil éternel est le visage de Kakashi, avec une larme coulant de son œil gauche blessé remplacé par mon Sharingan offert.

Je serais sans doute considéré comme un héros aux yeux de tous.

Je m'appelais Obito Uchiha. Le plus faible de mon clan.

Meilleur ami de Rin Nohara.

Disciple de Minato Namikaze.

Partenaire de Kakashi Hatake.