Et pssst, pssssssst vous... Oui, vous là.

Cette histoire est la suite de ma série : Le Pire en Moi.

Contrairement à sa deuxième partie, qui était facultative, si vous n'avez pas lue LPEM vous n'allez pas y comprendre grand chose et ça ne servira qu'à vous spoiler la fin de ma première histoire, ce serait dommage !

Si vous me suivez depuis le début, LA SUITE EST ENFIN LA ! Si vous venez de débarquer et que vous avez lue mes autres histoires ou que vous vous en fichez des spoils... Bienvenue !

Bonne lecture à tous !


1.

L'œil du Cyclone

« Tu te sens prêt a y aller ? »

Nous étions sagement posés dans la toute nouvelle voiture bleue ultra cher de Lydia, le regard rivé sur la façade du lycée.

La dernière sonnerie n'allait sûrement pas tarder à retentir et toute notre motivation, de ce matin, avait fondu comme neige au soleil, à l'approche du lycée.

La mienne surtout…

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée finalement… Marmonnais-je peu sûr de moi.

Lydia me fixa en plissant légèrement son regard, parfaitement maquillé, avant de soupirer exagérément fort.

Elle décrocha sa ceinture de sécurité et croisa les bras sous sa poitrine alors que j'étais en train de dépasser un nouveau seuil d'angoisse.

- Qu'est-ce que je t'ai appris cet été, déjà ?

- Que les squats ça fait mal au cul et que les tenues de repris de Justice ne t'allaient pas vraiment. Murmurais-je de mauvaise foi, le regard vissé sur le bahut.

Elle m'envoya un coup de poing dans l'épaule en grognant et la douleur fut immédiate. Putain, mine de rien, elle faisait vachement mal, cette sale folle !

- Je t'ai entièrement retapé ! Lâcha-t-elle avec arrogance. Tu n'es plus du tout le même qu'avant les vacances et il faut vraiment que tu l'imprimes dans ta tête de nœud. Alors toi et moi on va sortir de cette voiture et tu vas entrer dans ce bâtiment avec l'élégance et la classe du Roi que j'ai engendré.

Je pris une grande et profonde inspiration… Je savais que j'étais plus le même que celui d'avant les vacances. Chaque fois que je me regardais dans le miroir, je voyais bien que j'avais changé.

J'avais coupé ma tignasse, j'étais devenu un peu plus musclé à cause de son entraînement quasi militaire, de sadique, et j'en avais un peu plus dans la caboche depuis qu'elle et Malia s'étaient chargées de m'aider pour le rattrapage de mon examen.

Lydia et Malia avaient été mes Marraines les bonnes fées dans mon cas et elles s'étaient données beaucoup de mal me remettre sur pieds. Surtout que c'était loin d'être gagné, au début…

Je finis par décrocher ma ceinture de sécurité et inspirais à nouveau, bien profondément, pour annuler l'anxiété, qui ne voulait toujours pas me quitter, avant de sortir du véhicule.

Je m'adossais à la portière la tête pleine de scénarios catastrophes tandis qu'elle me rejoignit en posant une main réconfortante sur mon épaule.

- Tu as peur de les revoir ?

- Nan, je m'y suis fait. C'est juste que… La dernière rentrée que j'ai vécu dans ce lycée était assez terrible alors que personne ne savait rien de rien sur moi. J'ose même pas imaginer ce qui pourrait se passer maintenant que cette foutue vidéo a circulé.

- Ouais mais à l'époque tu n'avais pas de joker, maintenant oui.

- Un joker ? Je fixais Lydia confus tandis qu'elle me fit un sourire carnassier.

- Moi, crétin !

Elle me donna une tape sur le postérieur avant de partir la première dans ce lycée de dingues. Je ne pus empêcher un sourire de poindre sur mes lèvres alors que je remarquais qu'elle avait raison, comme toujours.

Je finis par passer les portes du lycée en faisant fi des regards et des chuchotements tout autour de moi et allais à mon casier comme si de rien n'était. Il ne fallait pas que je cèdes à la panique et je ne voulais pas ruiner tous les efforts que j'avais fait cet été.

D'autant que si je me laissais bêtement faire, les deux monstres qui me servaient d'amies allaient me tomber dessus comme les démons qu'elles étaient et j'allais me manger une soufflante plutôt salée.

J'ouvris mon casier et fixais mon emploi du temps avant de le refermer, toujours sourd aux cancans qui m'entouraient. Il ne fallait surtout pas que je craque et certainement pas aujourd'hui.

Malia m'avait dit que si je sentais que ça devenait trop intense, il fallait que je sèche mais je n'étais pas sûr que ce soit la bonne chose à faire et Lydia l'avait confirmer.

Cette année allait être décisive pour mon avenir et il ne fallait pas que je me jette, à nouveau, dans des histoires qui me détourneraient de mes priorités. Il fallait donc que je sois suffisamment fort pour passer outre, qu'on me rende la tâche facile ou non.

J'entrais dans ma salle de classe sans plus de cérémonie et choisis de m'installer au fond sans perdre de temps. Peu importait qui il pouvait y avoir dans ma vie maintenant, j'étais finalement prêt et suffisamment armé pour ça.

Je n'étais plus le même qu'auparavant et, même si à l'intérieur je tremblais comme un agneau dans une meute de loups, à l'extérieur il fallait montrer à tous que j'avais gagné en assurance et en distinction.

.


.

- C'était quoi le problème avec cette fille alors ? Demanda Allison tandis qu'elle posa son plateau à côté du mien et fit un sourire doux au monsieur de la cantine. Je croyais que ça collait entre vous et que tu la trouvais jolie.

Allison était toujours aussi belle, douce et radieuse et ça n'avait pas changé de ses onze ans jusqu'à maintenant. J'avais été tellement content de la retrouver et je me disputais souvent son attention avec Lydia à tel point que ça en devenait presque comique.

Elle avait passé quelques jours à San Francisco avec nous en juillet et ça avait été de superbes vacances. Il n'avait manqué que Malia mais elle avait été occupé avec les affaires de son père et n'avait pas pu nous rejoindre pendant le séjour d'Allison mais j'avais cru comprendre qu'elles s'étaient côtoyées à la résidence Hale pour une raison que j'ignorais totalement.

Je grimaçais en repensant à cette fille que j'avais rencontré à San Francisco. Pesly Marxton était une fille très jolie que j'avais fréquenté quelques jours et que Lydia m'avait forcé a draguer pour tester le sex-appeal de ma nouvelle garde robe choisi par ses soins.

Elle était gentille mais pas très dégourdie et un peu naïve. J'avais regardé Lydia bouche bée quand elle m'avait dit qu'elle était exactement comme moi lorsque nous nous étions rencontrés, l'année d'avant.

- C'était juste pas possible… Grimaçais-je en croquant dans mon pain. Pesly est… non. Conclus-je catégoriquement.

- Donc tu ne te vois pas sortir avec une fille ?

C'était la première fille avait qui j'avais été intime de toute ma vie et, si elles étaient toutes comme elle, ça allait définitivement être la seule et pas dans le bon sens du terme…

- Scott, tu peux tout me dire tu le sais, qu'est-ce qu'il y a avec Pesly ? S'inquiéta Allison.

- Rien ! Dis-je un peu trop vivement. Juste, elle est gentille mais c'est pas…

Je ne savais même pas comment décrire ce que je ressentais pour cette fille, ni même ce qu'on avait vécu, elle et moi. C'était pas vraiment quelque chose que je pouvais raconter facilement.

J'avais confiance en Allison, elle était vraiment quelqu'un de fiable et à qui on pouvait confier sa vie, sans la moindre hésitation, mais cette histoire avec Pesly était… beaucoup trop bizarre, même pour elle…

Une fois nos plats choisis, je pris mon plateau et suivit Allison dans la cafétéria avant de me figer un court instant en voyant Stiles et Isaac s'installer à la table de Jackson.

Mon regard se bloqua brusquement sur le Roi de ce lycée C'était triste à dire mais il était toujours aussi beau qu'avant. Ses cheveux avait légèrement poussés, son regard était toujours aussi bleu et ses traits étaient toujours aussi magnifiques.

Plus je le fixais et plus la peine, l'amour et la nostalgie, que je ressentais à chaque fois que je pensais à lui, grimpaient et essayaient de m'ensevelir jusqu'à l'étouffement.

Ce tourbillon d'émotions était particulièrement désagréable et douloureux à vivre et me laissait sous l'emprise d'une seule émotion, qui primait sur toutes les autres : la colère.

Allison frôla subtilement mon coude et me fit un sourire doux et chaleureux, dont elle seule avait le secret, avant de me faire signe de la suivre à la table des filles.

Heureusement qu'elles étaient là et qu'Allison était enfin revenue à Beacon Hills. J'étais très heureux de la revoir, après toutes ces années loin d'ici, et j'avais presque oublié ce que ça faisait d'avoir son soutien et ses précieux conseils.

Je traversais la cafétéria avec elle, en ignorant superbement le regard curieux des autres et ceux écrasants de mes anciens amis, et m'installais entre Malia et Lydia tandis qu'Allison s'installa en face de moi.

J'avais la curieuse sensation que le réfectoire était, soudainement, devenu silencieux à mon passage.

Je ne pouvais pas vraiment tous leur en vouloir, c'était une petite ville, après tout… J'avais vraiment espéré que cette ancienne histoire était morte et enterrée mais j'avais peu d'espoir à ce sujet et, tout au fond de moi, je savais que ça allait me poursuivre jusqu'à ma mort.

Les conversations de notre table concernait nos emplois du temps respectifs et nos cours en commun mais, plus le repas avançait et plus j'avais du mal à me sentir aussi calme et décontracté que mes trois amies et ça, Allison, le sentait bien…

- Tu sais si tu ne veux pas m'en parler, je peux comprendre. Lança soudainement Allison en poignardant un ravioli, bien trop cuit, avec sa fourchette. Je suis juste curieuse, ça semblait vraiment bien coller entre vous.

- De quoi vous parlez ? Demanda Lydia en ouvrant sa bouteille d'eau.

- Pesly Marxton.

Je fis les gros yeux à Allison alors que Lydia manqua de s'étrangler avec sa gorgée d'eau. Malia fronça les sourcils et semblait chercher dans sa mémoire.

- Pesly Marxton… C'est la nana qui parle à son vagin ? Demanda soudainement cette dernière.

Allison écarquilla les yeux tandis que je couvrais les miens, de honte, avec mes mains en secouant doucement la tête de droite à gauche.

- Tu lui a reparlé à cette folle ? Attaqua brusquement Lydia.

- Elle fait quoi ? Interrogea Allison.

- Non, je ne lui parles plus et je n'ai pas envie d'en parler… Vraiment pas… On peut passer à autre chose ?

- Bien sûr que non. Lâcha Malia avec un sourire carnassier. C'est bien trop amusant de te torturer.

Autant je pouvais vraiment les aimer, toutes les trois, autant les enterrer vivantes était terriblement tentant, à certains moments…

- Il paraît qu'elle donnait des ordres à son vagin pendant qu'elle faisait les préliminaires et notre petit Scotty n'a pas été épargné. Il a sûrement été traumatisé, d'ailleurs. Expliqua Lydia.

- J'ai vraiment pas envie d'en parler, là…

- Tu préfères qu'on parle de John Kuley ? Demanda sournoisement cette conne de Lydia.

- Qui est-ce ? Demanda Allison alors que je priais pour mourir.

Lydia fixa Malia en haussant un sourcil, le message était parfaitement clair : Dis-leur et n'hésite pas a rendre Scott suffisamment honteux pour qu'il fasse dans son pantalon.

Ces deux là étaient les pires sadiques de ce Monde, à tel point que le Diable devait probablement prendre des notes quand il les croisait.

- John, c'est un gars qui pense qu'il peut mettre enceinte tous les trous qu'il fourre avec sa…

- On a pas besoin d'un dessin Malia, on a compris l'essentiel ! Coupais-je véhément, rouge de honte.

- Oh Scott… Commença doucement Allison.

- Oui je sais, j'ai la guigne quand il s'agit du sexe. Y a qu'à voir le premier mec avec qui j'ai couché. Soupirais-je en repoussant mon plateau.

Un petit silence, que je regrettais d'avoir provoqué, envahit soudainement la table. Je savais qu'il fallait que j'arrête ça, le plus vite possible, mais c'était plus fort que moi. Ça paraissait bien plus facile de passer outre quand j'étais à San Francisco, loin de tout ça et pas en plein dans l'œil du cyclone.

Maintenant les souvenirs me revenaient en pleine figure et par vagues démentielles qui manquaient de me briser à chaque fois qu'elles me submergeaient. Je me sentais impuissant, fragile, colérique et honteux… Je voulais repartir chez mon père où j'étais en sécurité, loin de toutes ces histoires et surtout, loin d'eux.

La main de Lydia vint frôler la mienne et elle me fit un sourire aussi doux que celui d'Allison, le genre de sourire sincère qu'elle sortait uniquement avec ses proches.

- N'oublie pas que tu n'es plus tout seul maintenant et que tu es plus fort, désormais. Chuchota-t-elle. On est avec toi et, quoi qu'il puisse se passer, on ne te laissera pas tomber.

Je le savais déjà mais c'était toujours aussi rassurant et plaisant de l'entendre à nouveau, surtout venant de ces trois-là.

Ça me faisait toujours bizarre de me dire qu'il y a encore un an, elle et moi on se détestait tellement qu'on ne pouvait même pas se parler sans se balancer des injures et des piques mesquines.

Si on m'avait dit ce qui m'attendait, je n'y aurais certainement pas cru et j'aurais sûrement ris un bon coup !

Mais j'avais finalement appris à connaître Lydia. La vraie Lydia ! Pas ce qu'elle voulait montrer à tout le monde pour qu'on la laisse tranquille et qu'on se contente de l'admirer de loin.

Je lui fis un sourire reconnaissant pour lui signifier que j'avais compris ce qu'elle voulait dire et que je comprenais que j'étais bien entouré. Les discussions reprirent bon train, entre nous quatre et, très vite, je fus absorbé par l'atmosphère légère de notre table.

Lydia se redressa si brusquement que nous sursautâmes d'un même mouvement. Elle attrapa le menton de Malia en fronçant les sourcils et en faisant claquer sa langue contre son palais.

- C'est quoi ça ? Demanda-t-elle d'une voix dangereuse.

- Lâche-moi. Bougonna Malia en grimaçant.

J'observais le visage de Malia avec attention et je me rendis compte qu'elle avait une trace de griffure sur un coin de sa lèvre. La marque était à peine visible et, même si elle était réputée pour son œil de lynx, je m'étonnais que Lydia l'ait remarqué.

- Parle, pourquoi t'as ça ? Ordonna Lydia.

- Fais pas gaffe, je me suis chamailler avec un chat. Malia haussa les épaules en essayant de se dégager de la poigne de son vis-à-vis.

- Y a pas de chat dans le bahut et tu n'avais rien ce matin, t'as foutu quoi encore ? Grogna la Reine du lycée.

Allison et moi fixâmes Lydia avec attention et surprise, elle avait le visage tendu par la contrariété pour une obscure raison.

Malia était une fille géniale qui n'avait pas la langue dans sa poche et était particulièrement cynique. Il lui arrivait souvent de laisser libre court à ses émotions sans vraiment penser aux conséquences, là où Lydia restait dans le contrôle total.

Allison m'avait expliqué que c'était sûrement pour cette raison là que ces deux là ne s'entendaient pas et, en y réfléchissant, ça pouvait avoir du sens mais j'avais vraiment la sensation qu'il y avait quelque chose derrière tout ça et ne rien savoir m'agacer un peu.

J'avais bien essayé de demander des précisions à Allison mais elle m'avait fait son petit sourire et m'avait expliqué, calmement, qu'elle était bien trop jeune et trop intelligente pour mourir aussi vite.

Dans un sens, je la comprenais parfaitement et, même si la curiosité restait toujours intacte, je ne voulais pas obliger mes amies à se livrer si elle n'en avait pas envie. Je ne voulais pas mourir, non plus, de toute façon…

- Tu t'es battue avec qui encore ?

- Ça te regarde pas, putain ! T'es pas ma mère, je te signale ! Grogna Malia.

- Encore heureux, je n'aurais pas supporter une fille comme toi !

- Faut voir la mère que j'aurais eu ! S'énerva brusquement Malia.

- C'est sûrement parce que t'es une fille chiante et insupportable que ta garce de mère est partie ! Lâcha méchamment Lydia.

Allison et moi fixâmes Lydia bouche bée alors que le regard de notre amie se voila face aux paroles cruelles de la Reine de BHHS.

J'ouvris la bouche, dans l'espoir de pouvoir calmer les choses, alors qu'Allison fit les gros yeux à notre amie quand Malia se leva brusquement.

- Malia, elle… Commença Allison.

- C'est peut-être pour ça qu'elle est partie, on en sait rien, alors que le fait que ton connard de père te snobe, tout le monde le sait et on sait tous que c'est parce que tu existes. Lâcha Malia avec un calme presque dangereux.

Elle finit par quitter la table en balançant son plateau dans le bac poubelle et quitta le réfectoire avec fracas sous nos regards médusés.

- Mais pourquoi tu… ?

- On se voit tout à l'heure. Coupa brusquement Lydia en se redressant.

Totalement insensible à ce qui l'entourait, elle embarqua son plateau en nous ignorant et quitta la cantine sans demander son reste.

Ça m'étonnait toujours de voir Lydia passait du froid au chaud a cette vitesse affolante. Je savais bien qu'elles ne s'entendaient pas vraiment mais je savais aussi qu'elles avaient quand même de l'affection pour l'autre, peu importait ce qu'elles pouvaient raconter.

Si tous les repas se passaient comme ça, je n'allais vraiment pas tarder à être externe ! Et, au vu de la réaction d'Allison, on finirait probablement par se planquer avec des sandwichs, dans un coin reculé du lycée.

L'après-midi passa aussi calmement que la matinée mais je n'avais vu aucune de mes amies, à part Allison qui partageait avec moi quelques cours.

- Tu penses qu'elles sont vraiment fâchées ? Demanda Allison adossée au casier voisin.

- Je ne crois pas… Soupirais-je. Je sais que c'était violent mais la plupart de leurs échanges le sont.

- Oui mais là…

- C'est Lydia et Malia, elles ne pourront pas se faire la gueule éternellement. Elles sont de vraies pétasses ensembles mais j'ai l'impression qu'il n'y a que comme ça que ça fonctionne entre elles. Elles sont inséparables.

J'avais l'air fin à dire ça alors que mes deux frères de cœur m'avaient trahis et éhontément lâchés pour rejoindre celui qui avait détruit toute ma vie grâce à une saloperie de vidéo…

Mais je voulais quand même croire que, même si ce qui c'était passé à midi avait été terrible, elles étaient au-dessus de tout ça.

Parce que si même ça foutait le camp, alors se lever le matin n'avait plus de sens…

- Scott, regarde ! Allison m'agrippa le bras et le secoua en me désignant du menton le bout du couloir où serpentaient quelques élèves.

Je fronçais les sourcils en laissant vagabonder mon regard vers l'endroit désigné quand je remarquais Lydia et Malia qui se chamaillaient en se dirigeant vers nous.

Lydia levait les yeux au ciel avec condescendance, comme à son habitude, et Malia avait un pansement sur le coin de sa lèvre.

Elles étaient en train de se chamailler comme deux copines et, surtout, comme si la dispute de ce midi n'avait jamais eu lieu, sous nos regards médusés.

- Ce que tu peux être débile, ma pauvre fille. Soupira Lydia en s'approchant de nous.

- Pourquoi ? Parce que je ne ploie pas devant tes désirs de Reine des garces ? Attaqua sournoisement Malia.

- On a loupé un épisode ? Demanda prudemment Allison.

- Pourquoi tu demandes ça ?

- Parce que ce midi vous alliez vous entretuez en emportant le lycée et, probablement, toute la région alentours alors que maintenant on dirait que rien ne s'est passé comme si vous étiez deux bonnes copines de toujours. Expliquais-je en haussant un sourcil.

Les deux filles se regardèrent un instant avant de hausser les sourcils dans un mouvement en parfaite cohésion.

- Tu sais bien qu'il s'agit de Lydia ! Tout ce qui sort de sa bouche c'est du venin et des vipères comme toutes les sorcières de son espèce. Lâcha spontanément Malia.

- C'est toujours mieux que de sauter sur n'importe quoi comme le vulgaire cabot que tu es.

- Vous allez pas recommencer… S'attrista Allison.

- Ma petite Alli'… Malia passa un bras sur les épaules d'Allison. Il va falloir que tu comprennes que Lydia est une absolue connasse. Je dois donc m'abaisser à son niveau et en être une également pour équilibrer les choses.

- Mais ce midi, vous…

- Sa mère est une salope lâche et mon père est un connard de snob, rien de bien nouveau. Lâcha Lydia comme si ça coulait de source avant de donner un petit coup de bottine aux chevilles de sa vis-à-vis. Aller bouge, on a physique maintenant.

Ces deux là avaient vraiment un sens de l'amitié qui me dépassait mais j'étais heureux qu'elles se soient réconciliés, j'avais un peu de peine pour la pauvre Allison qui allait devoir se faire à ce genre de scènes de ménage quasi constantes entres ces deux là.

D'un certain côté, j'étais véritablement content de savoir que je n'étais plus seul à subir ces deux tornades. Il fallait que je soutienne notre pauvre Allison au regard perdu, désormais.

Elle finit par hausser les épaules et secoua doucement la tête de droite à gauche alors que je pouffais, la tête dans mon casier.

- T'es pas Scott McCall, le gars sur la sex tape d'il y a quelques mois ? S'enquit bruyamment un élève.

Je me figeais automatiquement alors que je sentais que le monde était tout aussi immobile et silencieux que moi.

Je me retournais lentement vers l'énergumène qui avait osé balancer ça devant tout le monde et me retrouvais en face du petit plaisantin qui avait encore le visage poupin.

Du coin de l'œil, je vis Lydia et Malia m'observaient de loin. Malia voulait venir à mon secours mais je savais que Lydia l'en empêchait. Elle voulait que j'affronte cette situation tout seul et, je voyais que même si ça l'énervait, Allison s'efforçait de faire pareil.

Elles avaient raison, il fallait que j'affronte ça tout seul comme un grand et que ce soit suffisamment fort pour qu'on ne vienne plus m'ennuyer avec ça. On avait travaillé tout l'été pour y arriver et je n'allais pas laisser ce mioche m'emmerder aussi facilement.

J'aperçu, de l'autre côté du couloir, Jackson et sa clique observer la scène mais je me forçais a me concentrer sur le gars devant moi. Je ne pouvais pas me permettre de me laisser faire comme j'en avais l'habitude, auparavant.

- Alors, c'est toi ou pas ? Demanda-t-il impatient.

Je ne savais pas vraiment si c'était par simple curiosité mal placé ou par simple cruauté mais ce gars n'allait, définitivement, pas me laisser tranquille et ses trois cons de potes, dissimulait derrière sa carrure de crevette, semblaient tout aussi intéressés que lui par ma réaction.

Je levais un doigt vers lui pour le faire attendre tandis que, de mon autre main, je sortais un marqueur de ma trousse, avant de m'approcher de lui et de lui faire un de ces sourires condescendants dont seuls les plus populaires avaient le secret et que Lydia m'avait enseigné.

Je fis sauter le capuchon avant de d'écrire rapidement mes initiales sur sa joue que j'entourais d'un cœur, sans me départir de mon sourire faux.

- Je suis sincèrement désolé, mon pote, mais je ne fais plus de show public. Minaudais-je en rebouchant le marqueur. Alors tu devra te contenter d'un autographe, j'espère que ça ne te dérange pas ?

Je ne lui laissais même pas le temps de réagir avant de ranger mes affaires, prendre mon sac et refermer brutalement mon casier. Je traversais le couloir, le torse bombé et le fameux petit sourire arrogant plaqué sur mon visage, dans une démarche assurée mais sereine.

Je savais que ça allait me poursuivre pendant, encore, un bon moment parce que je n'avais pas réagis tout de suite et que j'avais fuis chez mon père. Lydia m'avait expliqué que ça allait être un risque a prendre, mais je me doutais qu'elle était très fière de moi après cette scène, comme le reste de mes amies, d'ailleurs.

J'avais très envie de me tourner vers Jackson, Isaac et Stiles pour connaître leur réaction mais ça leur aurait fait comprendre qu'ils avaient encore du pouvoir sur moi et je ne pouvais pas me le permettre.

Je ne me sentais pas encore de parler à mes anciens amis et, même si Lydia m'avait clairement affirmé que ça allait être une étape très importante et essentielle, je ne voulais surtout pas le faire le premier jour.

Rembarrer publiquement un inconnu, c'était une chose facile mais supprimer de ma vie, celles de ceux sur qui j'avais toujours pu compter jusque là, c'était une toute autre paire de manches et je n'étais clairement pas encore prêt pour ça.

- Je suis fière de toi et je sais que Lyds' et Malia le sont aussi. Chuchota Allison à mon oreille.

Je lui fis un immense sourire, sincère cette fois, et je partis à mon cours suivant avec le fameux professeur insupportable, Harris.

. . .

Il ne restait plus qu'un dernier cours avant que cette journée, bien trop longue à mon goût, ne se termine : Le cours de sport avec le coach Finstock !

Certaines choses ne changeaient pas et, en voyant sa tête de fou sanguinaire, je me fis la réflexion que ce prof faisait partis des choses éternellement inchangées de cette foutue ville.

- Alors ! On aime pas transpirer ?! S'écria-t-il en nous faisant sursauter ! Tant mieux ! Ça me permettra d'admirer vos visages se réduire à l'état larvaire pendant que vous suerez comme des bœufs !

Il donna un coup de sifflet qui manqua de rendre sourds les quelques élèves courageux du premier rang avant de nous ordonner de courir sur la piste.

Malgré mes nombreux entraînements de cet été, le proviseur Martin ne voulait toujours pas que je participe activement aux cours de sport tant que je n'avais pas passé la visite médicale à l'infirmerie scolaire.

J'avais donc, encore, trois semaines de paix loin des tracas du coach et c'était bien mieux…

- McCall ! Beugla le coach à quelques centimètres de moi avant de me regarder de haut en bas. Tu as l'air d'avoir changer, McCall. Annonça-t-il avec un calme brusque. Tu fais du sport ?

- Un peu, maintenant.

- Bien, on va finalement réussir a faire quelque chose de toi ! Alors pourquoi t'es dans les gradins, comme un touriste ? Questionna-t-il en hurla progressivement.

- Je ne peux pas faire de sport scolaire tant que je n'ai pas la prescription médic…

- C'est pas ma question, imbécile ! Hurla à nouveau le prof. En sport, la solidarité est primordiale alors…

- Je vais me changer, coach. Coupais-je brusquement.

J'avais comme une impression de déjà vu que je trouvais assez amusante. Je me levais des gradins et pris mon sac avant de me diriger vers les vestiaires alors que j'entendais encore, au loin, le coach hurler à mes camarades qu'ils n'étaient que des fillettes amorphes.

Ses insultes et ses petites piques provocatrices étaient toujours aussi recherchées qu'auparavant et mon cœur se pinça de nostalgie en repensant à ma première rentrée scolaire et a l'angoisse que j'avais ressentie.

Je pouvais clairement voir que beaucoup de choses avaient changées et avaient bougées dans ma vie, en bien ou en mal. Je n'étais plus vraiment le même et c'était, finalement, tout ce qui comptait.

Alors que j'entrais dans les vestiaires, je m'immobilisais à la porte, en voyant Jackson se changer en silence.

Il semblait concentré sur sa tâche et remettait correctement son t-shirt bleu alors que je sentais ma bouche s'assécher et mon cœur s'accélérer.

Si j'étais encore loin d'être prêt à voir Stiles ou Isaac, Jackson était l'objectif inatteignable pour le moment.

Je n'avais supprimé aucune photo de mon ordi ou de mon portable parce qu'il y avait son visage et que ça me foutait une trouille bleue de le faire. Si rien que ses photos étaient déjà capable de m'arrêter, inutile de dire que le vrai Jackson avait une emprise sur moi encore bien conséquente malgré les mois qui étaient passés.

J'étais capable de me contrôler quand je le regardais de loin mais là, il n'était qu'à quelques mètres de distance. C'était bien trop peu pour mon cerveau, mon courage, mon cœur et ma vie…

Soudainement il releva la tête vers moi et mon regard chocolat entra en collision avec ses putains d'yeux bleus magnifiques.

Ce mec était toujours aussi beau et parfait qu'auparavant et ça rendait la situation terriblement injuste. Je commençais a ressentir le chagrin, la confusion et la rancœur remonter en flèche.

Je ne pouvais pas rester là mais il ne fallait surtout pas que je lui montre qu'il avait encore du pouvoir sur moi. Il ne le méritait pas, ce connard !

Je pris un visage impassible que Lydia m'avait appris a faire, pour cacher mes émotions et me protéger. J'avançais vers le banc dans le plus grand des silences en faisant fi de son regard qui s'était bloqué sur moi.

Les souvenirs que j'avais avec lui étaient bien trop nombreux, bien trop vivaces pour ma propre santé mentale. J'avais des souvenirs avec lui partout entre ces putains de murs et surtout dans ce fameux vestiaire.

Plus les secondes défilées et moins j'arrivais à respirer correctement mais je faisais mon maximum pour ne rien laisser paraître et faire en sorte de sortir de cette situation, vivant.

J'entendis un bruit mais me concentrais sur mes lacets de chaussures pour oublier la douce chaleur qui émanait de son corps à un mètre, à peine, derrière moi.

- Hé.

Je fermais les yeux douloureusement en rentrant, inconsciemment, la tête dans mes épaules. Sa voix était toujours la même qu'avant et ça me donnait envie de hurler jusqu'à en perdre la mienne.

J'avais vraiment espéré que c'était l'amour qui m'avait aveuglé sur les émotions qu'il me faisait ressentir. J'avais espéré que le physique de dieu grec qu'il possédait, la voix merveilleuse qu'il avait…

Tout ça étaient simplement dût à une effusion d'hormones qui me faisait le voir sous son meilleur jour, uniquement, mais je me trompais comme toujours…

- Scott. S'entêta-t-il.

- Tais-toi. Ordonnais-je durement.

Je savais qu'il ne me laisserait pas tranquille, qu'il allait insister encore et encore sur mes faiblesses jusqu'à me détruire complètement, rien que pour avoir le dessus, et je priais toutes les divinités de l'Univers pour ne pas retomber encore et toujours dans son stupide piège.

J'attendais les coups verbaux qu'il allait forcément m'asséner pour me mettre au plus bas et me forcer à lui revenir et a vivre dans un cauchemar mais rien ne vint.

Il posa quelque chose à côté de moi et fronçait les sourcils en découvrant les clés qui étaient censé être dans ma poche.

- Très beau tatouage. Lâcha-t-il subitement.

Il se leva aussitôt et prit ses affaires avant de quitter le vestiaire alors que ma main droite se porta sur mon biceps gauche et frôla les deux bandes noires gravées dans ma peau.

Il ne m'avait pas touché, il ne m'avait même pas dit grand-chose et sa simple présence avait suffit a me rendre fébrile et vulnérable. Je ne savais pas quoi penser de cette situation mais je n'avais qu'une seule envie, m'éloigner au plus vite et au plus loin de ce vestiaire.

Pourtant quelque chose me faisait tiquer…

Je ne savais pas si c'était parce qu'il était étonné que je sois revenu, que j'avais eu le cran de ne pas me laisser faire ou autre chose mais il semblait différent et je ne savais pas comment l'expliquer.

Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus mais, quand j'avais aperçu son regard, il y avait eu de la tristesse, du regret très certainement mais un étrange calme que je ne lui connaissais pas.

On était sortit ensembles pendant des mois, je le connaissais bien mais la personne que j'avais eu devant moi, brièvement, était une personne que je n'avais encore jamais vu et, malgré toute la colère et l'amertume que j'éprouvais, ce flegme m'intriguait beaucoup.

Si j'avais beaucoup changé cet été, il ne faisait aucun doute que Jackson n'était plus le même qu'avant et, une petite partie de moi était dévorée par la curiosité.

Qu'avait-il bien pu vivre ici pour réagir aussi posément, lui qui était si enflammé et explosif, d'ordinaire ?

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Salutations, c'est Akiss4 !

Je sais que ça fait un très très long moment que je ne suis pas revenue mais il s'est passé un tas de trucs nouveaux dans ma vie. (J'aime beaucoup écrire en Italique alors quand je m'adresserais à vous ce sera en italique désormais, comme les flashs backs. PAS DE JUGEMENT LA DESSUS OU JE PLEURE !)

C'est donc le premier chapitre de la toute dernière partie du Pire en Moi, intitulé "Le Meilleur De Nous" ! Je suis un peu émue de vous l'a sortir comme ça mais j'espère qu'elle vous plaira autant que la première et la seconde, que j'ai sortie cet été.

Concernant les publications, elles ne seront malheureusement pas régulières, je n'arriverai pas à tenir les délais que je m'impose pour la simple et bonne raison que j'ai repris mes études et comme je suis dans une formation accélérée, ça dépote pas mal !

Du coup je n'ai que les weeks-ends pour les chapitres, les corrections et tout ça alors ne soyez pas pessimistes si vous voyez que je ne suis pas venu pendant un moment, j'ai bien l'intention de finir cette fiction et de clôturer toute cette série pour votre plus grand plaisir et le mien !

Je n'ai toujours pas de bêtas donc je me relis seule mais il se peut qu'il y ait des fautes qui traînent par-ci par-là, aussi, je m'en excuses par avance.

Je vous souhaite une bonne après-midi et j'espère que ce chapitre vous a plu ! A la prochaine !

Je vous aime tous !

Akiss4.