2.

Destinées croisées

J'étais excité et effrayé à la fois !

Je savais bien que je n'avais rien a craindre mais faire parti de cette aventure était une occasion tellement rare et inespérée que je n'avais même pas réfléchis, sur le moment, et j'avais juste sauté dessus comme un noyé sur une bouée.

Je ne m'étais pas demandé si j'en étais capable, j'avais simplement dis oui bêtement comme un opportuniste sans cervelle.

- Arrête de stresser. S'enquit Malia alors qu'elle ouvrait le grand portail en fer. Tu vas voir, il est gentil et il n'a encore mangé personne… Enfin pas que je sache.

Je lui fis une grimace à laquelle elle répondit par un ricanement moqueur alors que je continuais de la suivre sur le sentier de terre qui nous menait à la réserve naturelle locale.

J'avais garder contact avec mon ancien patron, le Dr Deaton mais, pour parfaire ma formation, il m'avait conseillé d'essayer d'apprendre mieux les différents métiers liés aux animaux.

Il avait donc prit contact avec Peter Hale, le père de Malia et le grand gérant de la Réserve naturelle Hale, à l'est de Beacon Hills. Deaton m'avait certifié que cet homme avait toutes les qualités nécessaires pour m'apprendre correctement le rôle de soigneur et m'aider à me spécialiser dans une des nombreuses branches du métier.

Je l'avais aperçu une fois alors qu'il passait une visio avec Malia et j'avais taquiné cette dernière en lui disant que je le trouvais super canon, ce qui l'avait profondément agacé.

Pour ma défense, c'était absolument vrai ! Peter Hale avait ce charisme incroyable et cette beauté que semblait dégager tous les Hale de ce Monde. Ça avait, encore plus, ennuyé Malia quand Lydia avait renchéri en disant qu'elle allait surement tenter le coup.

Je me souvenais qu'on avait beaucoup rigolés à ses dépends et, même si ça pouvait paraître cruel, c'était surtout bon enfant. J'espérais sincèrement que Lydia n'était pas sérieuse au sujet du père de Malia mais, la connaissant, elle était capable de tout et c'était le plus terrifiant chez elle…

- Ma princesse ! Appela Peter qui se jeta sur sa fille avec un sourire radieux. Que tu m'as manqué, mon amour !

- Rah papa ! Bougonna Malia en se dégageant. On s'est vu ce matin !

- Des heures de souffrance et de torture loin de la femme la plus importante de mon monde ! Lâcha-t-il avec théâtralité.

Malia continua à ronchonner alors que son père continuait à la couvrir de baisers sous mes œillades moqueuses.

- Papa ! S'écria-t-elle en repoussant son père. J'ai ramené quelqu'un !

Son père me fixa avec un regard de tueur qui me tendit automatiquement. Son aura d'amour paternel se transforma en une sorte d'halo de mâle alpha écrasant qui manqua de me faire tomber à genoux.

- Arrête de lui faire peur. Lâcha Malia en levant les yeux au ciel. Il n'est pas là pour moi mais pour toi.

- Oh ! Son aura meurtrière disparu automatiquement et un sourire ravageur se dessina sur son visage. Eh bien, je savais que j'avais un charme fou mais tu es bien trop jeune pour moi, mon mignon.

- Je… Je viens de la part de Deaton. Expliquais-je le visage rouge pivoine.

Son regard bleu glacier s'éclaira et il s'avança vers moi en me tendant la main avec un petit sourire, sincère cette fois.

- Ah, tu dois être le fameux Scott McCall, le petit prodige des canidés. Annonça-t-il quand je pris sa main. Alan m'a beaucoup parlé de toi, je suis Peter Hale.

- Enchanté.

- Viens, je vais te montrer la meute de tes futurs protégés.

Il me fit signe de le suivre et je m'exécutais alors que Malia nous emboitait le pas. Je fronçais les sourcils, confus face aux paroles mystérieuses de mon futur patron.

- La meute de mes futurs protégés ? Répétais-je. Ça veut dire quoi ?

- Je t'ai engagé pour t'occuper des loups du parc. Ça ne te plaît pas ?

- Si ! Lâchais-je précipitamment. Si, si ! C'est juste que je pensais que je ne toucherais pas les loups avant un moment.

Les loups n'étaient pas les seuls pensionnaires de la Réserve mais c'était les stars de cet endroit. Alan m'avait expliqué en long, en large et en travers, que je n'allais pas pouvoir les approcher avant que Peter ne me déclare officiellement apte.

- Je dois m'occuper de diverses choses à propos du parc et je ne serais plus vraiment disponible pour être présent pour chacun de mes bébés. M'expliqua-t-il avec sérieux. Ce n'est pas mon truc de faire confiance au premier venu mais tu es un ami de ma fille, qui sait bien cerner les gens et, de toute façon, tu ne sera pas seul à t'occuper des loups. Tu auras un collègue ! Annonça-t-il fièrement.

- Un collègue ?

- Hé, neveu imbécile ! Appela-t-il en faisant un grand signe de la main. Amènes-toi et viens dire bonjour à ton nouveau camarade !

Au milieu de la meute de loups, un grand type brun que je ne connaissais que trop bien se retourna vers nous avec ses sourcils froncés et son visage fermé.

Ses sourcils, déjà froncés de base, s'abaissèrent bien plus en me voyant arriver, entre Peter et Malia. Je ne pensais pas être plus mal à l'aise qu'en rencontrant Peter mais, visiblement, j'avais tort.

Derek était déjà particulièrement flippant, en règle générale, mais maintenant que je savais qu'il sortait officiellement avec Stiles, à nouveau, c'était de plus en plus perturbant.

Ce type regardait déjà les gens comme s'il les détestait tous mais, connaissant mon passif avec son petit-ami, il était plus que certain qu'il me détestait vraiment, dans mon cas…

- Derek, Scott. Scott, voici mon neveu ! Présenta Peter avec enthousiasme.

- On se connait déjà. Grogna Derek en me regardant fixement.

- Bien, ce sera parfait pour la suite du coup ! Il va t'assister pour les loups.

- J'en veux pas.

Peter et Malia haussèrent les sourcils tandis que Derek continuait à me fusiller du regard. Je me retenais de lever les yeux au ciel face à son air de mauvais garçon dépassé.

Malia commença a s'énerver contre son cousin en lui grognant que ce n'était pas lui qui décidait et ça démarra en une énorme dispute de grondements.

Mon nouveau patron observa la scène avec amusement alors que Derek et Malia continuèrent à se feuler dessus comme deux lions se disputant un territoire.

- Eh bien, c'est pas gagné… Marmonna Peter.

L'avis de cet abruti de Derek m'était complètement égal, moi non plus je n'avais pas envie de le fréquenter et encore moins dans un cadre qui m'avait toujours fait rêvé. Mais là, ça ne concernait personne d'autre que moi et il se fourrait le doigt dans l'œil s'il pensait que j'allais le laisser détruire mes rêves et mes espoirs.

- Malia. Appelais-je. Laisse tomber. Je me retournais vers Peter. Est-ce que je pourrais venir demain pour les derniers détails de mon travail avec les loups et on peut continuer la visite de la Réserve, s'il vous plait ?

- Euh oui, bien sûr mais Derek…

- Seul votre avis compte, monsieur Hale. Coupais automatiquement. La raison pour laquelle il ne veut pas de moi est une raison purement privée. S'il n'est pas capable de séparer sa vie professionnelle de sa vie personnelle, ça le regarde mais ça ne m'empêchera pas de bien faire mon travail, je peux vous l'assurer. Et puis c'est vous le patron, non ?

Il y eut un moment de flottement avant que Peter ne fasse un sourire carnassier et ne me donne une petite tape sur l'épaule avant de sourire à sa fille.

- Tu avais raison ma fille ! Lâcha-t-il subitement. J'l'aime bien, ce gars là !

- C'était obligé qu'il te plaise !

Malia eut un sourire rempli de fierté alors que son cousin, derrière elle, levait les yeux au ciel en soupirant.

La joie de vivre, que partageaient mon nouveau patron et sa fille, commença a m'affecter, moi aussi, et à me donner du courage pour la suite.

Derek était loin d'être le collègue idéal. Même à l'époque où j'étais encore ami avec Stiles, je n'appréciais pas particulièrement sa compagnie. On n'était pas plus proches que ça, l'un de l'autre, et j'imaginais que mes nouvelles relations avec Stiles n'allaient pas nous aider à nous entendre.

Les points positifs étaient que notre collaboration ne serait que temporaire et que, même si je n'étais pas fan de ce gars, il allait probablement se terrer dans son mutisme avec sa tête d'enterrement quasi constante. Je n'allais donc pas avoir de trop gros problèmes professionnels avec lui.

La sonnerie du portable de Peter me tira de mes pensées et Malia continuait de me faire un sourire confiant tout en emmerdant son cousin qui grondait, sur le côté.

- Les enfants, je vais devoir vous laisser. Le devoir m'appelle ! Lança théâtralement Peter. Malia, tu continues la visite et tu ne laisse pas le méchant Derek seul avec ton ami, il risquerait de le manger. Il commença à s'éloigner de notre groupe. Derek, n'oublie pas de vérifier l'état de Claudia et ensuite tu pourras rentrer chez toi, Murray sera sur le coup.

Derek haussa les épaules et nous tourna le dos, sans plus de cérémonie. Malia m'agrippa le bras et m'emmena plus proche des loups, sous le regard noir de son cousin, probablement tueur dans l'âme.

- Tu l'ignores et, en général, il t'ignorera aussi donc, tu n'as pas à t'en faire. Me rassura Malia. Ça va marcher !

- C'est gentil mais je ne m'en fais pas vraiment pour ma collaboration avec Derek.

- Alors pourquoi tu sembles aussi stressé, s'il ne te fait pas peur ?

Je m'étais efforcé de ne pas le paraître mais Malia avait le même don que Lydia : L'une comme l'autre pouvait voir au-delà des apparences.

Peter Hale avait raison, sa fille savait parfaitement cerner les gens même si elle passait son temps à les effrayer…

- Je ne veux pas qu'il me parle de Stiles, ni même que Stiles n'utilise mon travail pour essayer de venir me voir.

- Ça ne risque pas d'arriver.

- Tu ne connais pas Stiles aussi bien que moi.

- Peut-être pas mais je connais bien Derek, il déteste servir de pont ou de hibou pour les autres et, même s'il est amoureux de Stiles, il ne lui passe pas forcément tout. Affirma-t-elle avec conviction.

J'avais beaucoup de mal à y croire… Même si Derek avait l'air d'être quelqu'un de caractériel, j'étais persuadé que Stiles était capable de le faire plier avec beaucoup de facilité.

- N'écoute pas toujours ce que dit Lydia et suis juste ce que tu veux, toi. S'enquit subitement Malia.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Parce que je te connais aussi un peu, pauvre idiot, et surtout je la connais elle. Elle est butée, chiante, insupportable, sarcastique, grognasse…

- J'ai compris, tu as ton avis bien tranché sur elle. Coupais-je en levant les yeux au ciel.

- Elle a aussi tendance a être surprotectrice et ne laisse pas les gens revenir facilement. Je sais que, toi, tu n'es pas comme ça mais tu as tendance a penser que, parce que tu es reconnaissant envers quelqu'un, tu lui dois beaucoup.

- C'est le cas.

- Non, tu dois rien du tout et à personne. On t'a aidé et tu es devenu… Elle me montra du doigt, de haut en bas. Un beau gosse sympathique, sexy et arrogant mais je suis devenue pote avec toi, Scott, et pas un genre de Scott « Lydiatisé », il ne faut pas l'oublier.

Je lui lançais mon regard le plus confus. Malia était l'une de mes meilleures amies et elle savait bien comment j'étais, depuis notre rencontre. Je ne voyais pas vraiment où elle voulait en venir.

Elle dût comprendre que j'étais complètement largué parce qu'elle soupira en levant les yeux au ciel.

- Vous n'étiez pas là. Commença-t-elle. Vous ne savez pas ce qu'il s'est passé du côté de Beacon Hills pendant votre retraite à San Francisco. Moi j'y étais.

- Ça veut dire quoi ? Je fronçais les sourcils en penchant la tête sur le côté.

- Qu'il ne faut pas que tu suive bêtement l'avis de Lydia, sous prétexte qu'elle t'a aidé. Tu dois aussi te faire ton propre avis, tout seul comme un grand.

Je n'arrivais toujours pas a comprendre clairement ce qu'elle voulait me dire mais, de peur de passer pour un idiot, je hochais doucement la tête de haut en bas pour faire mine d'avoir compris.

- T'as rien compris, hein ? Devina-t-elle avec une étonnante facilité.

- Pas vraiment…

- Laisse tomber, t'es peut-être un peu trop con pour mes précieux conseils.

- Hé ! Bougonnais-je.

Elle continua a me montrer le reste de la Réserve en me parlant de ce qu'elle y faisait quand elle aidait son père et comment rembarrer Derek avec les oiseaux du parc, qui le terrifiaient.

Je sentais que j'allais adorer travailler ici Mon patron était un peu étrange mais il avait l'air sympa et dynamisant, sa fille était l'une de mes amies les plus proches et, même si Derek était flippant et énervant, il avait la même passion que moi pour les animaux.

J'avais vraiment hâte d'y être !

Malia fut appelé par son père et m'indiqua que je pouvais m'en aller et que toutes les informations supplémentaires me seraient fournies lors de mon premier jour à la Réserve.

Je sortis du parc et m'apprêtais a rejoindre l'arrêt de bus, pas très loin en bas de la pente quand une voiture noire s'arrêta soudainement devant moi et me tira brutalement de mes pensées. La vitre côté conducteur s'abaissa et un visage connu se dévoila.

- Je te dépose ? Lança Cora avec un petit sourire.

J'étais partagé entre le plaisir de la revoir, après un aussi long moment sans nouvelle, et une certaine gêne vis-à-vis de la situation mais je ne voulais pas l'ignorer et choisis d'accepter l'offre.

Elle me fit signe de monter et je m'exécutais automatiquement. Une fois dans la voiture, elle démarra en trombe et un silence gêné envahit bientôt l'habitacle.

- J'ai l'impression que ça fait des années qu'on ne s'est pas vu, t'as vachement changé.

- Tu vas bien ? Demandais-je timidement.

Elle s'arrêta a un feu et me fixa de son regard chocolat inquisiteur. Elle finit par faire un sourire sans joie et leva les yeux au ciel.

- Relax, je vais pas te bouffer.

- Le fait que tu te retiennes est assez étonnant quand on te connait. Lâchais-je du tac au tac.

- Je ne mange pas les imbéciles.

- Ah. Eh mais… Attends… T'es en train de dire que je suis con ? M'écriais-je faussement outré.

Elle pouffa avant de démarrer en trombe et mon réflexe premier fut d'agripper la poignet au-dessus de la vitre, comme un forcené.

Lydia avait une conduite prudente, quoi qu'un peu orgueilleuse mais il semblait que les Hale avaient une conduite nerveuse et particulièrement sauvage…

Je détestais entrer dans une voiture avec Malia au volant et je me retrouvais avec les même sentiments quand c'était Cora qui conduisait. Ça devait être un truc de famille au même titre que les grognements et le regard meurtrier…

- Tu peux te calmer au niveau de la vitesse, s'il te plaît ? Osais-je demander.

- Quoi ? T'as pas confiance en moi ?

- En voiture je ne confie pas ma vie aux Hale, c'est une règle d'or…

Elle leva les yeux au ciel avant de me fixer tandis que je la suppliais de regarder la foutue route. Cette fille était folle a liée mais c'était assez rassurant de voir que certaines choses ne changeaient pas…

Elle finit par me convaincre de prendre un verre dans le petit diner, juste en face du cinéma, et nous prîmes une table un peu à l'écart des autres.

Notre conversation était badine et mes épaules se détendirent subtilement, à mesure que je passais du temps avec elle. Mine de rien, cette folle furieuse m'avait vraiment beaucoup manqué et j'étais heureux de me rendre compte qu'elle était toujours une amie sur qui je pouvais compter.

- Comment tu fais pour que je te croise plus au lycée ? Demandais-je.

- J'l'ai quitté.

Un ange passa alors que je fixais Cora avec un regard écarquillé. La serveuse revint avec nos boissons et un sourire commercial alors que le silence nous entourait toujours.

- Tu as bugué, McCall ?

- Comment ça, tu as quitté le lycée ?

J'avais bien compris l'information mais, pour une obscure raison, mon cerveau ne voulait pas l'enregistrer…

- J'en ai eu marre alors je suis partie.

- Mais… Le lycée… Bafouillais-je stupidement.

- Terminé…

- Et tes parents…

- Furax mais j'ai été claire, j'y retournerais pas. Coupa-t-elle en sirotant sa boisson.

- Et Isaac, il en pense quoi ? Osais-je timidement.

- On n'est plus ensembles.

Mes yeux, déjà exorbités, s'agrandirent encore plus à tel point que j'avais l'impression qu'ils allaient tombés sur le sol.

- Comment… Mais… ? Continuais-je a balbutier.

- Je suis pas le genre de fille qui court après un mec déjà amoureux de quelqu'un d'autre.

- … Mais combien de temps je suis parti ?

- Disons que ça a été un été… mouvementé.

- Mais il n'a rien fait pour te garder ?

Décidément, plus ça allait et moins je comprenais ce qui s'était passé cet été. J'étais tellement centré sur mes problèmes que je n'avais même pas remarqué que cet été avait été destructeur pour d'autres personnes que moi.

Je n'arrivais pas a comprendre ce qui s'était passé pour Isaac et Stiles pendant ces vacances mais, bien avant ce merdier, avec Isaac, on avait discuté à propos de Cora et de ce qu'il prévoyait de faire.

Je n'arrivais pas à comprendre ce qui avait pu lui passer par la tête. Isaac était amoureux de Cora et, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, c'était plus qu'évident alors pourquoi s'étaient-ils séparés ? De qui Isaac pouvait être…

- Allison Argent. Lâcha-t-elle brusquement en me faisant sursauter.

- Quoi ?

- C'est la fille dont il est amoureux.

J'avais beau fouiller, encore et encore, dans ma mémoire, à aucun moment je n'avais imaginé les sentiments d'Isaac vis-à-vis d'Allison.

C'était tellement imprévisible que j'avais le sentiment qu'elle pouvait me dire que c'était une blague, à tout moment. Ça avait l'air tellement… incroyable… Mais surtout, une chose m'intriguait dans cette histoire…

- Allison est au courant ?

- Oui ils ont commencé à sortir ensembles…

Je fronçais les sourcils automatiquement, n'y croyant pas une seule seconde. Allison n'était vraiment pas ce genre de personne irresponsable.

Je n'avais plus aucune confiance en Isaac mais je connaissais suffisamment Allison depuis ma plus tendre enfance pour savoir qu'elle avait des principes et que, même si elle partageait des sentiments éventuels pour Isaac, elle ne ferait jamais un coup comme ça à une autre fille, qu'elle l'apprécie ou non.

- C'est pas possible… Allison n'est pas ce genre de fille. M'entêtais-je.

- Tu le crois vraiment ?

- Oui. Affirmais-je.

- Eh bien moi je n'y croyais pas et tu avais raison pourtant… Elle n'est effectivement pas ce genre de fille.

- Comment ça ?

J'étais complètement largué là…

- Isaac ne lui avait jamais parlé de moi. Murmura-t-elle en concentrant son regard sur son soda. On a rompu un peu après son arrivé et il s'arrangeait toujours pour qu'ils se voient en dehors de la maison. Je pensais que c'était par égard pour moi mais c'était aussi pour ne pas qu'elle découvre la vérité sur moi.

Plus elle parlait et plus j'avais cet horrible sentiment d'avoir atterrit dans un Monde parallèle. Isaac ne pouvait quand même pas être aussi débile !

- Et alors, il s'est passé quoi ?

- Un jour elle a débarqué alors qu'Isaac était partit voir ses potes. Elle cherchait Malia qui n'était pas encore prête à descendre alors on a un peu discuté. J'ai été plutôt… tranchante.

Elle baissa légèrement la tête comme si elle était soudainement assez mal à l'aise. Cora n'était jamais mal à l'aise pour quoi que ce soit, elle était ce genre de fille qui ne regrettait rien de ce qu'elle pouvait faire en bien ou en mal mais, à présent, elle ressemblait à une gamine prise en faute.

Je connaissais suffisamment le côté « tranchant » de Cora pour savoir que la pauvre Allison avait dû en avoir pour son grade et comme Allison détestait l'injustice…

- Ça a dû déménager entre vous deux.

- Oui, je ne m'attendais pas à ça. Ria-t-elle. J'ai compris, à ce moment là, pourquoi il avait craqué sur elle.

- Elle ne m'a jamais dit qu'elle sortait avec Isaac…

Quand on était au lycée, c'était à peine si elle lui adresser un seul regard. Il y avait quelque chose de vraiment louche dans cette histoire.

- Si Allison sortait vraiment avec Isaac, elle me l'aurait dit. Elle n'est pas du genre à cacher des choses même si ça peut mettre mal à l'aise.

- En fait elle l'a quitté dés qu'il est rentré à la maison en lui disant que ce qu'il m'avait fait était dégueulasse et, que ce soit elle ou moi, on méritait beaucoup mieux.

- Ça a l'air de t'avoir fait plaisir.

Elle me fit un sourire radieux.

- Tu n'imagines pas à quel point ! C'est une chic fille et ça se voit qu'on peut compter sur elle, même si elle traîne avec des filles insupportables…

- Vous vous parlez souvent ?

- Parfois, quand elle vient à la maison pour voir Malia.

J'avais complètement oublié que les Hale vivaient en communauté, comme s'ils étaient une même entité ou une meute de gangsters. Toujours fourrés ensembles, pas étonnant qu'ils étaient tous grognons à force de vivre les uns sur les autres, toute la sainte journée…

J'avais beau dire, j'étais quand même un peu jaloux de leur proximité familiale. Je ne regrettais pas mes propres relations familiales mais j'étais persuadé qu'entouré par un tel clan, ça aurait pu être définitivement super chouette.

- C'est pour ça que tu as quitté le lycée ? Pour Isaac ?

- Non, je ne suis pas vraiment le genre de fille qui suit des cours. C'est Derek, la tête de la famille.

J'avais beaucoup de mal à la croire mais elle semblait tellement certaine de ça que je n'osais rien dire.

- Je n'ai pas besoin du lycée pour faire ce que j'aime et mon travail paye suffisamment pour atteindre mes objectifs.

- Où est-ce que tu travailles ?

- Ici.

Je haussais les sourcils alors que son sourire s'agrandit de fierté.

- Là ? Demandais-je stupidement.

- Oui, là. D'ailleurs je commence mon service dans 5 minutes.

- C'est donc pour ça que tu m'as amené et que les serveuses avaient l'air de te connaître…

- Eh oui. Désolée de ne pas pouvoir te ramener chez toi.

- C'est pas grave, je vais terminer mes devoirs ici en t'espionnant éhontément. Dis-je en souriant.

- Je t'offre ta prochaine boisson en guise de pardon.

Elle finit par se lever en débarrassant nos boissons vides tandis que je préparais mes affaires en l'observant disparaître derrière un accès interdit aux clients. Il y avait vraiment beaucoup de choses qui avaient changés depuis mon départ mais penser qu'elle ferait quelque chose comme ça était vraiment fou.

Pourtant c'était Cora et il n'y avait rien d'étonnant dans cette décision. Les études ne l'avaient jamais intéressés et j'étais vraiment content pour elle qu'elle ait prit les choses en mains.

Elle finit par me ramener un milk-shake au caramel et à la vanille en me faisant un petit sourire dont seule sa famille avait le secret. Je répondis à son rictus par un des miens avant de mettre mon casque audio sur les oreilles quand elle s'éloigna.

J'étais vraiment fière d'elle et j'espérais sincèrement qu'elle puisse faire ce qu'elle aimait, un jour. Je la connaissais suffisamment têtue pour savoir qu'elle n'allait pas baisser les bras.

J'étais content d'avoir discuter avec elle et j'étais, tout de même, triste d'apprendre que, pendant qu'elle vivait son propre enfer personnel, je n'avais pas été là pour elle.

Les paroles de Malia me revinrent en mémoire et je me rendis compte qu'elle avait parfaitement raison : Il s'était passé beaucoup de choses cet été, des choses que je n'arrivais pas encore à expliquer mais le Monde avait tourné même si j'avais été HS à ce moment-là.

Malia avait sûrement raison, il fallait que je me fasse mon propre avis sur les évènements d'ici mais je savais aussi que ça allait prendre du temps. Il y avait des choses pour lesquels je n'étais pas encore prêt et je n'allais pas me précipiter comme j'avais l'habitude de faire, auparavant.

Nickelback dans mes oreilles et la tête prise par la guerre de sécession, j'avais l'impression d'être ici depuis des lustres. Il fallait que je prenne une pause et, malheureusement pour moi, Cora était perdu avec d'autres clients à l'autre bout de la salle.

Je ne savais pas si elle comptait revenir vers cette partie de la salle alors je me dis que j'allais juste attendre sa pause pour faire la mienne et m'apprêta a replonger ma tête dans mes devoirs, quand mon corps se tendit brusquement.

Installés à trois tables de la mienne, et totalement inconscients de ma présence, se trouvaient les quatre dernières personnes que je voulais voir, au Monde.

Je ne pouvais pas entendre ce qu'ils se disaient et, très sincèrement, je n'avais aucune envie de les écouter.

Je pris un moment à les fixer rire et blaguer, comme s'ils avaient toujours été potes et une question évidente s'imposa brutalement dans mon esprit : « Que s'était-il passé à Beacon Hills, depuis mon départ, pour que ces quatre là se retrouvent copains comme cochons ? »

Leurs rapports s'étaient grandement améliorer depuis et ils avaient un passif ensembles, alors je ne me posais pas vraiment la question pour Danny mais, que ce soit Stiles ou Isaac, ils s'étaient toujours mit d'accord pour détester Jackson et s'en méfier au maximum, alors même qu'on sortait déjà ensembles.

Alors, merde, qu'est-ce qui avait pu se passer pour en arriver à les voir tout les quatre s'amuser comme s'ils étaient des meilleurs amis de toujours ?

A moins d'une invasion extraterrestre ayant pour but de remplacer l'humanité ou une pluie de météorites radioactives, je ne comprenais absolument pas comment ils avaient pu se rapprocher ou même s'entendre, surtout après ce qui s'était passé.

J'avais d'abord pensé à la menace… Connaissant Jackson, c'était tout à fait probable mais Stiles n'était pas le genre de mec à craquer sous le chantage et je savais qu'Isaac non plus.

En plus, cet été, j'avais surpris une conversation entre Malia et Lydia à propos d'un MMS envoyé à Jackson, ayant pour but de l'emmerder sûrement, et qui aurait mit Stiles en pétard.

J'étais complètement perdu et confus face à cette situation totalement surnaturelle et, bien que de bonnes qualités, les conseils de Malia comme ceux de Lydia se contredisaient et n'allaient pas tarder à me rendre chèvre.

Cora n'était même plus dans cette partie du restau et j'avais le sentiment d'être totalement seul et isolé de tous…

Mes yeux s'attardèrent sur la silhouette de mon ex-petit-ami, qui semblait en pleine conversation profonde avec Isaac. Je ne savais pas de quoi il parlait et je m'en fichais parce qu'à cet instant là, je fus étonné par le regard de Jackson.

C'était un véritable fait, Jackson avait toujours eu des prunelles orageuses, même lorsque la personne qu'il avait en face de lui, était un de ses proches… Même quand c'était moi.

Habituellement, il y avait cette aura écrasante de domination et cette colère quasi constante, tapie juste sous la surface et qui débordait de ses yeux azurs mais, depuis mon retour de San Francisco, il n'avait plus rien de tout ça.

Aujourd'hui, comme le jour de la rentrée, c'était un bleu calme et très doux qui caractérisait ses iris. Plus aucune colère, plus d'orage, plus aucune émotion brutale.

Même si la couleur de ses yeux étaient plus terne que dans mes souvenirs je pouvais sentir une étrange sérénité l'entourer, comme s'il avait trouvé une sorte de paix intérieur.

C'était cette douce tranquillité qu'il arborait, qui commençait à me faire, brusquement, bouillir de rage.

Je n'arrivais pas à croire qu'il m'avait fait subir cet Enfer de merde, qu'il m'avait prit mes plus proches amis et qu'en plus de ça, alors que je remontais la pente en survivant comme je le pouvais, lui avait réussit à trouver la paix !

N'y tenant plus, je me redressais brusquement avant de ranger mes affaires dans un geste rageur. J'essayais désespérément de me contrôler un maximum mais c'était plus fort que moi, la colère m'envahissait sans me laisser les idées claires.

J'avais sué sang et eau pour sortir de mon calvaire et cet abruti semblait n'en avoir tiré que du positif ! Si c'était la pire erreur de toute mon existence, ça avait dû être une superbe expérience pour cet enfoiré !

Une fois mes affaires rangées, je me levais brusquement en saluant brièvement les serveuses, au passage, et en passant dans le couloir principal.

Une grande partie de moi, l'ancien Scott très certainement, voulait partir en catimini et en se faisant le plus petit possible mais mon autre partie, la dominante, décida de mettre mon apprentissage en action et dépassa la table de Jackson comme un conquérant.

- Scott ! Entendis-je Stiles m'appeler. Scott attends !

Il ne me laisserait pas partir, je le savais mieux que personne. Il pouvait avoir tourné sa veste, je le connaissais encore très bien à ce niveau là.

Je savais bien que, quoi qu'il pouvait se passer cette année, une discussion entre nous serait inévitable, mais je n'avais pas envie de l'avoir maintenant et si je me contentais de me défiler, cet idiot était capable de me suivre jusqu'à chez moi.

Je me retournais brusquement et il manqua de me rentrer dedans alors que j'esquivais sa main qui faillit frôler mon avant-bras.

- J'ai des trucs a faire. Dis-je sèchement.

- On peut se voir plus tard alors ?

- Non.

- Scott…

- Salut. Coupais-je froidement.

Je tournais les talons en faisant bien attention à ne pas jeter un œil à sa table et sortit du restaurant avec le cœur lourd de colère et de frustration.

Non seulement je n'avais pas fini mes devoirs mais, en plus, je n'avais même pas prévenu Cora de mon départ et j'allais devoir trouver de quoi apaiser mon ressentiment immédiat avant que des larmes de rage n'obstruent ma vision.

C'était la seule chose que je n'arrivais pas a maîtriser correctement et c'était, malheureusement, ce que je pouvais subir à chaque fois que je croisais Jackson, Isaac ou Stiles.

Je finis par envoyé un rapide message à Cora en m'excusant de mon comportement et décida de rentrer à pieds pour éviter d'avoir à ruminer chez moi.

Ma mère travaillait ce soir mais Allison était là, maintenant, et je n'avais pas envie de lui faire vivre le cauchemar de mes crises qui ne manqueraient sûrement pas de lui faire regretter son choix de vivre avec nous…

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C'est re-moi ! J'ai attrapé une crève d'Enfer et, comme je suis coincée chez moi, j'ai un peu de temps pour m'avancer et vous procurez un peu de bonheur en lettres :D

Donc nouveau chapitre où on offre a angry Scotty, une vue d'ensemble même s'il reste encore enfermé dans sa colère, ce qui est tout a fait compréhensible au vu de sa situation.

L'histoire reste toujours profondément centrée sur Scott et Jackson, (Oui je sais vous ne trouvez pas notre merveilleux Jackson ultra présent mais ne vous inquiétez pas, ça va venir.) mais vous verrez que certaines histoires secondaires sont toutes aussi importantes, en espérant qu'elles ne soient pas trop ennuyeuses.

N'hésitez pas a me dire ce que vous en avez pensé, ce qui peut manquer ou non, je suis toujours open pour des p'tits com' coupe de pied au derrière qui me boostent !

N'oubliez pas de bien vous couvrir pour éviter de finir enrhumer jusqu'au trognon comme cette imbécile d'Akiss4 :P

J'vous aime !

Akiss4

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PS - JJnews : Je te remercie pour ton soutien et, effectivement, du courage il en faut xD J'avais prévu d'attendre un peu et de terminer comme il faut mais je suis une impatiente de la première heure et je n'avais pas envie de vous faire mariner trop longtemps. J'aime bien vous donner l'impression que je torture mes lecteurs mais en fait, j'adore vous chouchouter ! :D