Bonsoir !
Cette année aussi j'ai eu envie d'apporter ma petite contribution pour les fêtes de Noël.
Voici La magie de Noël, un OS Charmione de presque 9 000 mots. Je vous préviens d'avance, c'est doux, c'est mignon, c'est guimauve. Noël, quoi. Il n'y aura pas de grande intrigue, juste des bons sentiments.
Malgré tout, j'espère que ça vous plaira, parce qu'un personnage y prendra une grande place et c'est un personnage que je n'aborde jamais dans mes histoires alors que je l'adore.
Bonne lecture, les p'tits chat !
Merci à JK Rowling pour l'ensemble de son œuvre et à Lyra Verin pour sa relecture, ses corrections et ses conseils.
LA MAGIE DE NOËL
Ce matin, Charlie arriva à la réserve de bonne heure et de bonne humeur.
Depuis la fin de la guerre, il avait ouvert sa propre réserve de dragons en Angleterre pour être plus proche de sa famille. Les ravages de la guerre, la perte de Fred, tout ceci cumulé l'avait poussé en ce sens. Il ne pouvait plus rester loin d'eux.
Il avait alors monté sa réserve dans le Lake District, une région montagneuse du nord-ouest de l'Angleterre, propice à l'accueil de créatures magiques comme les dragons. Il s'y sentait bien, autant professionnellement que personnellement. C'était sauvage, bucolique, idéal pour l'évasion de l'esprit lorsqu'on en avait besoin.
Par choix, il n'avait pas voulu reproduire le schéma d'une immense réserve comme celle dans laquelle il travaillait en Roumanie. Ils n'étaient que trois ici, Paolo, un italien expatrié en Angleterre depuis vingt ans, Esther, une brillante sorcière du même âge que lui et avec qui il était à Poudlard, et lui.
Après avoir bu un café, il prépara son sac pour la journée selon son programme de travail.
- Salut toi, lança Esther en arrivant et en accompagnant ça d'un grand sourire. Bien dormi ?
- Très peu, je me suis couché assez tard, mais je suis en forme. Et toi ?
- J'ai passé la soirée et la nuit avec Oria, d'où le lever très tôt puisqu'elle vient de partir.
- Est-ce qu'un jour ça deviendra sérieux entre elle et toi ? demanda Charlie tout en fourrant ses gants ignifugés dans son sac.
Esther haussa les épaules.
- On verra plus tard, mais cette situation nous convient très bien comme ça. C'est juste physique, on sort ensemble de temps en temps boire des coups, mais on ne se qualifie pas de couple.
- Tant que vous êtes d'accord, c'est bien le principal. Mais pour ce que mon avis vaut, vous feriez un très mignon petit couple.
Esther mit son doigt devant sa bouche et fit mine de vomir avant de rire.
Charlie adorait Esther. Elle était drôle, naturelle, décomplexée et toujours souriante. Elle fréquentait cette Oria dans une sorte de relation libre depuis plusieurs mois maintenant. Elle n'avait pas envie d'être en couple comme la définition classique l'entendait et Charlie la taquinait très souvent à ce sujet.
Paolo arriva peu après, juste à temps pour que Charlie lui fasse part de quelques consignes avant de partir pour sa journée.
Journée qui fut rythmée par des soins à une femelle magyar qui avait eu des problèmes en pondant ses œufs et d'autres soins à deux cornelongues qu'ils avaient recueillis quelques mois plus tôt alors qu'ils avaient été violemment agressés par des braconniers.
Charlie passa beaucoup de temps avec les cornelongues. La femelle allait plutôt bien, mais le mâle, en revanche, se laissait très difficilement approcher et il était donc compliqué de lui prodiguer les soins nécessaires.
Il ne rentra chez lui qu'à la nuit tombée. Afin d'être rapidement disponibles en cas d'urgence, les trois dragonniers logeaient sur place, dans des maisons éparpillées dans la réserve. Celle de Charlie se trouvait à flanc de colline et bordée d'arbres.
Une fois à l'intérieur, Charlie accrocha sa veste à la patère derrière la porte d'entrée, retira ses chaussures et alluma la lumière. Il partit tout de suite prendre une bonne douche avant de se poser pour manger. Épuisé, il alla se coucher après s'être brossé les dents, histoire d'être en forme le lendemain pour une nouvelle journée de travail.
Le lendemain matin, alors qu'il s'apprêtait à quitter sa maison, un patronus fit son apparition dans son salon. Charlie fronça les sourcils. Il s'agissait d'une loutre, le patronus d'Hermione. Lorsque l'animal argenté s'arrêta, il se stoppa pour délivrer son message. Il s'agissait effectivement d'Hermione qui lui demandait si elle pouvait passer le voir en fin de journée car elle devait lui parler de quelque chose. Elle précisait qu'il n'avait pas à s'inquiéter, que ce n'était rien de grave, mais qu'elle devait lui en parler de vive voix.
Charlie, malgré tout intrigué par ce qu'elle avait à lui dire, accepta et lui envoya son propre patronus pour lui répondre.
Hermione et lui avaient appris à mieux se connaître deux ans plus tôt, à peu près, lorsque la jeune femme avait eu besoin de lui dans le cadre d'une enquête ministérielle à propos d'un trafic de ventricules de dragons utilisés pour fabriquer des baguettes de contrefaçon.
À l'époque, il ne la connaissait qu'à travers les paroles de Ron ou de Ginny, mais il n'avait jamais pris le temps de la connaître réellement. Et maintenant que c'était chose faite, il regrettait de ne pas l'avoir fait plus tôt. Il la trouvait intelligente, vive d'esprit, bienveillante et généreuse. Ils se ressemblaient sur pas mal de points et c'était probablement pour cela qu'ils s'entendaient bien.
Charlie quitta finalement sa maison pour aller travailler et n'y revint qu'en fin de journée pour accueillir Hermione qui lui avait dit qu'elle arriverait vers dix-huit heures.
Et en effet, à dix-huit heures passées de quelques minutes, il vit sa cheminée crépiter et Hermione en sortir juste après.
- Salut Charlie, dit-elle en époussetant son pantalon et son manteau. Je suis contente de te voir. Comment vas-tu ?
- Plutôt bien et toi ?
- Ça va aussi. Les journées au Ministère sont chargées en ce moment, mais j'arrive à garder la tête hors de l'eau. Et puis, c'est bientôt Noël, alors je trouve que l'ambiance s'allège.
- C'est vrai, c'est déjà dans une semaine. Tu veux boire un truc ? J'ai de la bièraubeurre au frais ou quelque chose sans alcool si tu préfères.
- Une bièraubeurre ce sera parfait, je te remercie, dit-elle tout en se débarrassant de son manteau.
Charlie prit deux bouteilles dans le frigo et en donna une à Hermione après l'avoir décapsulée. Il décapsula également la sienne et but une longue gorgée.
- Alors, que me vaut ta visite ? lui demanda-t-il tout en s'asseyant dans le canapé. Je dois dire que ton patronus m'a interpellé, même si tu m'as dit que ce n'était rien de grave.
- En effet, ce n'est rien de grave. C'est un peu délicat, mais rien de grave.
- Délicat ?
Hermione semblait mal à l'aise, comme si elle redoutait d'aborder le sujet. Elle était assise du bout des fesses sur le fauteuil, ses lèvres pincées entre elles. Elle préférait regarder le bout de ses chaussures plutôt que lui, chose qui était inhabituelle venant d'elle qui n'hésitait jamais à regarder quelqu'un dans les yeux.
- Tu sais que tu peux tout me dire ? lui dit Charlie, redoutant déjà d'avoir parlé.
- Je sais… Hum, en fait j'aimerais que tu m'accompagnes à une soirée organisée par le Ministère.
Le dragonnier fronça les sourcils. Elle savait qu'il n'aimait pas les mondanités. Il détestait se retrouver au milieu de gens très différents de lui, de gens qui aimaient se montrer et parader. Il préférait nettement les soirées en tête à tête avec sa cheminée.
- Je suis flatté, débuta Charlie, mais tu sais que les soirées mondaines, ce n'est pas vraiment mon truc.
- Laisse-moi au moins te présenter la soirée.
- Non, Hermione. Soirée et Ministère dans la même phrase, ça ne fait pas bon ménage. Donc, peu importe ce que tu as à me dire, je ne veux pas t'écouter.
- Eh bien tu m'écouteras quand même, dit-elle, n'en faisant qu'à sa tête. Cette soirée, c'est une tradition de Noël du Ministère. Tous les ans, le vingt-trois décembre, ils organisent un bal et durant ce bal, il y a une vente aux enchères qui est organisée afin de récolter des fonds.
- Et ?
- Et cette année, ils ont décidé que les fonds iraient à la Fondation Norbert Dragonneau, la fondation montée par Rolf Dragonneau et vouée à la protection des créatures magiques.
Il ne suffit que de ces quelques mots pour qu'Hermione gagne son attention, bien qu'il ne laissait rien transparaître.
- Rolf sera là et j'ai entendu dire que Norbert Dragonneau pourrait faire une apparition.
Charlie la regarda alors brusquement. Pour peu, il en aurait lâché sa bièraubeurre.
Norbert Dragonneau était son idole depuis tout petit. Son héros, même, et il était en grande partie responsable de sa vocation professionnelle.
Il n'avait jamais eu l'occasion de le rencontrer et il ne pensait pas cela possible, car le magizoologiste avait presque cent dix ans désormais. Pourtant, il en rêvait. Il rêvait de pouvoir le remercier pour tout ce qu'il avait indirectement fait pour lui, lui exprimer toute sa gratitude, son admiration et son respect.
Et là, Hermione était en train de lui dire qu'il pouvait potentiellement le rencontrer.
- J'ai comme l'impression que j'ai attiré ton attention…, dit-elle avec malice.
- C'est pas sûr, mentit-il.
- Hum hum. Et donc, j'aimerais que tu sois mon cavalier pour ce bal. En tout bien, tout honneur et toute amitié, bien entendu. Ce n'est pas tant pour le bal en lui-même, mais parce que je sais que tu as à cœur la protection des créatures magiques et que tu admires Norbert Dragonneau.
Charlie était touché qu'elle ait pensé à lui. Elle aurait pu y aller avec n'importe qui d'autre, mais non, elle l'avait choisi lui pour des raisons qui le touchaient.
- Le vingt-trois décembre, tu dis ?
- Oui, au Ministère.
Le dragonnier soupira lourdement, partagé entre la folle envie d'accepter et celle de refuser, car il s'agissait malgré tout d'un bal de Noël. Un bal portait bien son nom, une tenue correcte était forcément exigée, donc il allait devoir laisser ses rangers au placard et les troquer contre des chaussures vernies. Il allait devoir danser, faire des courbettes et être littéralement hypocrite avec tout le monde.
Mais c'était probablement la seule occasion qui lui serait donnée de rencontrer Norbert Dragonneau, il serait fou de décliner la proposition d'Hermione.
Une longue gorgée de bièraubeurre lui donna le courage d'accepter.
- C'est d'accord, finit-il par dire. À une seule condition.
- Laquelle ?
- Je ne danse pas.
- Je m'attendais à pire, donc c'est d'accord, j'accepte cette condition.
- Alors je serai ton homme. Enfin… L'homme de ta soirée, quoi.
- J'avais bien compris, le rassura Hermione alors que Charlie sentait ses oreilles chauffer.
Parce que la vérité était là. Il acceptait pour Norbert Dragonneau, mais aussi pour elle. Hermione lui plaisait beaucoup, mais il gardait ça pour lui, comme un secret. Il ne fallait pas que ça se sache et surtout pas elle. Non seulement elle était l'ex de son petit frère, mais elle était surtout trop bien pour lui et il le savait. Donc, il cachait ça bien au fond de son cœur.
Alors qu'ils avaient fini leur bièraubeurre tout en discutant de tout et de rien, Charlie hésita à lui proposer de rester dîner avec lui. Malheureusement, il en fut incapable et lorsqu'elle lui dit qu'elle devait rentrer, il n'osa pas la retenir.
- On se donne rendez-vous chez moi le vingt-trois ? On utilisera ma cheminée pour aller au Ministère.
- Ça me va, approuva Charlie d'un hochement de tête.
- Alors à bientôt, dit-elle tout en prenant une pincée de poudre de cheminette.
Elle la jeta au milieu des flammes, le feu se teinta de vert et Hermione pénétra dans la cheminée en annonçant intelligiblement sa destination. Dans un grondement, elle quitta la maison de Charlie, laissant le dragonnier désespéré par sa propre incapacité à gérer les relations humaines.
Le Chemin de Traverse était particulièrement beau en période de fêtes.
Non seulement la neige recouvrait le sol et les toits des bâtiments, mais les vitrines des boutiques étaient décorées aux couleurs de Noël. Des sapins, des guirlandes lumineuses, des angelots, des étoiles scintillantes, des figurines animées, tout était parfaitement accordé pour illuminer les yeux des passants, petits comme grands.
Charlie était justement devant la vitrine de Wiseacres et celle-ci était particulièrement jolie. C'était une reconstitution de l'atelier du père Noël plutôt fidèle à ce que son imagination s'était représentée. C'était coloré, dans des tons chauds, cela donnait clairement envie de se miniaturiser pour aller tout regarder de plus près.
Alors qu'il était perdu dans sa contemplation, il sentit qu'on tapotait sur son épaule.
- Ah, enfin ! On avait dit dix heures, grogna-t-il.
- Et il est dix heures neuf, ça va, tempéra Ginny. Ne fais pas ton troll grognon, s'il-te-plaît.
- Je suis déjà agacé de faire ça, donc plus vite on commence, plus vite on aura terminé.
- Relax ! On ne fera pas les boutiques en courant, de toute façon, dit-elle tout en posant ses mains sur son ventre très arrondi.
- On ne va pas faire les boutiques, la corrigea Charlie. On va seulement chez madame Guipure.
- Oui oui, c'est ça. Et si on ne trouve pas ton bonheur chez elle ? demanda-t-elle tout en prenant tout de même la direction de la boutique.
- On trouvera, assura-t-il. Sinon, comment vas-tu ?
- Je grossis à vue d'œil et j'ai des furieuses envies de pain frotté à l'ail, surtout la nuit.
- Du pain frotté à l'ail ? grimaça Charlie.
- Oui, alors qu'en temps normal je n'aime pas tant l'ail que ça… Maman dit que si on a envie de salé, alors on attend un garçon.
- Vous ne voulez toujours pas savoir le sexe ?
- Non. Enfin, moi non, mais je vois bien Blaise essayer de soudoyer ma gynécomage à chaque visite. Heureusement qu'elle a promis de ne rien dire et qu'elle n'est pas du genre à accepter les pots-de-vin, parce que lui, en revanche, il est du genre à en proposer.
- C'est un Serpentard…
- Et ça c'est un cliché, lui fit remarquer Ginny en le pointant du doigt.
- Bref. Moi j'ai parié dix gallions avec George que ce serait une fille.
- George et toi avez parié sur le sexe de mon bébé ?! s'offusqua Ginny.
Charlie lui offrit son plus beau sourire innocent.
- Dix gallions, quand même, Gin'...
- Je n'arrive pas à savoir si je trouve ça malsain ou cool… Peu importe, conclut-elle en haussant les épaules.
Content de ne pas entrer plus dans le débat, Charlie poussa la porte de chez madame Guipure et laissa sa sœur y entrer avant lui.
Il détestait faire les magasins en temps normal. Et là, en plus, il venait pour acheter une tenue de soirée, car il avait promis à Hermione qu'il ferait un effort. Pour ça, il avait été obligé de faire appel à quelqu'un pour l'aider et Ginny lui avait semblé être sa meilleure alliée.
- Alors, tu ne m'as pas dit, tu as besoin d'une tenue pour quoi ? voulut-elle savoir alors qu'elle fouinait déjà parmi les chemises.
- Pour un bal, répondit-il avec un air blasé.
- Un bal ? Quel bal ?
- Le bal de Noël du Ministère de la magie, si tu veux que je sois plus précis.
- Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas ?
- Hermione m'y a invité.
Ginny suspendit son geste et tourna lentement la tête vers lui.
- Hermione t'a invité à un bal ? répéta-t-elle. Et tu me dis ça comme ça, sans me préparer ?
- Ça n'a rien d'exceptionnel, modéra Charlie. C'est juste que cette année il y aura une vente aux enchères pour la Fondation Norbert Dragonneau et il devrait être présent, du coup elle a pensé à moi et m'y a invité.
Les lèvres de Ginny s'étirèrent en un sourire.
- Et tu trouves que ça n'a rien d'exceptionnel ?
- Je ne vois pas en quoi ça l'est.
- Bien sûr…
Le regard de Ginny semblait vouloir en dire plus que sa bouche, mais Charlie n'insista pas.
- Tu préfères du gris ou du beige ? lui demanda-t-elle.
- Je préfère le truc le plus simple que tu pourras me trouver, le costume qui me fondra dans la masse.
- T'es vraiment pas drôle, Chacha.
- Et j'ai horreur de ce surnom, Ginevra.
Elle haussa les épaules, indifférente. Puis elle se mit à choisir plein de vêtements, les empilant sur son bras et les donnant à Charlie lorsqu'elle n'avait plus de place. Il n'allait pas avoir assez de toute une vie pour essayer tout ça, c'était sûr.
Mais il ne dit rien, car il était à l'initiative de cette sortie.
Au bout d'une bonne vingtaine de minutes, Ginny le poussa dans une cabine et les essayages s'enchaînèrent. Ça n'allait jamais. Trop grand, trop petit, trop cintré, trop à l'étroit, trop sérieux. Charlie était lassé de ces essayages et Ginny s'impatientait.
- Bon, Charlie, il va falloir faire un effort maintenant, le rappela-t-elle à l'ordre. Tu y mets du tien sinon on va passer la nuit ici.
- Mais tu me proposes que des choses qui ne me vont pas !
- Non, c'est des vêtements que tu n'as pas l'habitude de porter, donc tu as l'impression que ça ne te va pas, mais je t'assure que certaines pièces t'allaient très bien.
Charlie leva les yeux au ciel, pas forcément d'accord avec les propos de sa sœur.
- Bon, je mise mes dernières cartes là-dessus, dit-elle en lui collant des cintres dans les bras. Après, je rends les armes.
D'un regard noir, elle le défia de refuser cette nouvelle tenue et Charlie repartit se terrer dans la cabine.
Il en sortit quelques minutes plus tard et se mit face au grand miroir. Il portait un costume trois pièces gris très simple, sur une chemise blanche. Il avait noué une cravate bordeaux autour de son cou et, à ses pieds, une paire de Richelieu dans lesquelles il n'était pas très à l'aise, mais qui terminaient parfaitement la tenue.
Il se regardait sous toutes les coutures et, bien qu'il avait très envie de râler encore, il devait avouer que son reflet lui plaisait plutôt pas mal. C'était simple, mais très élégant. Le gris assez sobre faisait ressortir le roux flamboyant de ses cheveux et de sa barbe. Il en arrivait à se dire qu'avec une coiffure plus soignée, il pourrait peut-être plaire à Hermione.
- C'est… pas mal, dit-il modestement tout en tirant un peu les pans de sa veste.
- Pas mal ? Tu rigoles, tu es canon, Charlie !
Ginny vint se mettre à côté de lui pour, elle aussi, regarder son reflet.
- Tu es élégant et tu as un charme fou. Prends un peu confiance en toi et tu verras que tu passeras une merveilleuse soirée.
Elle le força à se pencher pour l'embrasser sur la joue et Charlie sourit, gêné par la situation. Il avait toujours du mal avec les compliments, car il avait très peu l'habitude d'en entendre et surtout parce qu'il n'y croyait pas.
Mais là, à force de se regarder, il se disait qu'il devait peut-être s'aimer un peu plus.
Après s'être changé, il passa en caisse pour régler l'ensemble qu'il prenait, puis ils quittèrent la boutique, non sans avoir remercié madame Guipure pour l'accueil.
Charlie profita ensuite de la présence de sa petite sœur pour déjeuner avec elle avant de rentrer chez lui.
Le vingt-trois décembre était arrivé bien trop vite et Charlie avait la boule au ventre.
Il stressait pour plusieurs choses. Pour l'événement en lui-même où il avait peur de faire tache, pour la potentielle rencontre avec Norbert Dragonneau et pour le simple fait qu'il était le cavalier d'Hermione. Bien que ce soit "en tout bien, tout honneur et toute amitié", comme elle l'avait précisé, une petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de vouloir tout sauf de l'amitié.
Mais là, il y avait autre chose dont il devait s'occuper, à savoir sa tignasse rousse.
D'habitude, il ne faisait pas vraiment d'efforts. Il ramenait ses cheveux en un chignon fait à la va-vite et ça allait très bien, mais là, il devait s'appliquer un minimum pour ne pas avoir l'air d'un fou sorti directement d'Azkaban.
Face au miroir de sa salle-de-bain, il lança un sort à ses cheveux pour rendre ses boucles plus malléables. Il s'appliqua ensuite à se faire un chignon, comme d'habitude, mais plus discipliné. Une fois fait, il prit à nouveau sa baguette et lança un autre sort pour fixer le chignon et les mèches rebelles. Le résultat était plutôt pas mal.
Il entreprit ensuite de tailler un peu sa barbe pour lui donner une forme plus ordonnée et moins sauvage. Il ne voulait pas changer du tout au tout, mais il souhaitait quand même avoir une allure plus soignée, ce qui semblait être réussi.
Il enfila ensuite le costume, les chaussures, noua la cravate, et jeta un dernier regard à son reflet dans le miroir. C'était pas mal. Canon, aurait dit Ginny, mais lui se contentait de pas mal.
Comme il était l'heure pour lui de se rendre chez Hermione, il s'y rendit par le réseau des cheminées. Lorsqu'il arriva dans son salon, elle n'était pas là, mais il entendait du mouvement dans le fond de l'appartement.
- Hermione, c'est moi ! se signala-t-il tout en haussant la voix.
- Je suis presque prête Charlie, l'entendit-il lui répondre. Fais comme chez toi !
Il avait beau être déjà venu quelques fois, il ne se sentait quand même pas suffisamment à l'aise pour faire comme chez lui. Alors, il se contenta de se poser dans le canapé et d'attendre gentiment qu'elle ait terminé de se préparer.
Il n'eut pas à patienter trop longtemps, puisque quelques minutes plus tard, un bruit de chaussures à talons se fit entendre. Charlie se leva et resta bouche bée.
À part "magnifique", aucun autre mot ne lui venait en tête pour décrire Hermione.
Elle portait une robe longue dorée ornée de sequins, dont les fines bretelles se croisaient dans le dos. Sur le côté gauche, la robe était fendue jusqu'à mi-cuisse. Le tissu semblait léger et tombait sur son corps à la perfection, marquant sa taille, ses hanches et sa poitrine. Aux pieds, elle portait de simples sandales à talons carrés, lui donnant une petite dizaine de centimètres de plus que sa taille habituelle.
Elle avait coiffé ses cheveux en une élégante queue de cheval volumineuse, quelques mèches rebelles s'en échappant pour encadrer son visage. Elle n'était qu'à peine maquillée, seulement un peu de mascara pour agrandir son regard et un gloss rosé sur ses lèvres.
Elle était éblouissante, à tel point que Charlie en perdait ses mots et qu'elle dut l'appeler deux fois pour qu'il sorte de sa rêverie.
- Par...pardon. Excuse-moi Hermione, je…, bafouilla-t-il. Tu es très belle.
- Merci, dit-elle en rougissant. Je te trouve très beau aussi, tu es très élégant. Ça te change.
- Merci. Il faudra remercier Ginny, car c'est grâce à elle. Sans son aide, je pense que je serais venu avec des habits brûlés qui sentent la bouse de dragon.
Hermione grimaça.
- Remercions Ginny, alors, rit-elle. On peut y aller ?
- On y va.
Elle enfila une veste et, chacun leur tour, ils utilisèrent la cheminée pour se rendre au Ministère de la magie. Ils arrivèrent directement dans l'atrium qui était superbement bien décoré pour l'occasion et qui ferait office de salle de réception.
Un immense sapin de plusieurs mètres de haut trônait près de la statue centrale, décoré dans des tons rouges et dorés. Le plafond était enchanté, comme celui de Poudlard, pour donner l'impression qu'il neigeait. Les faux flocons s'arrêtaient cependant suffisamment haut pour ne pas atterrir sur la tête des invités.
Des guirlandes en branches de sapin ornaient les manteaux des cheminées et les montants des portes. En levant la tête, Charlie remarqua même un petit Père Noël dans son traîneau qui volait au-dessus de leurs têtes en lançant joyeusement des "ho ho ho, joyeux Noël à tous !".
Il n'était jamais venu au Ministère en période de fêtes. Il devait avouer que c'était très joli et qu'on était directement plongé dans l'ambiance magique de Noël.
- Tu veux boire quelque chose ? lui demanda Hermione. Je te conseille le champagne, celui qu'ils servent à chaque soirée ici est excellent.
- Je vais suivre ton conseil alors, va pour du champagne.
- Ça marche, attends-moi là.
Charlie opina et resta donc dans son coin en l'attendant.
Il n'y avait pas encore beaucoup de monde, mais il avait bien remarqué quelques têtes connues du monde magique, comme le Ministre de la magie, Kingsley Shacklebolt, bien évidemment, mais aussi des dirigeants de grandes entreprises ou des personnalités publiques qui aimaient se faire voir.
Notamment, en grande conversation avec le Ministre, Lucius et Drago Malefoy, drapés dans de somptueuses robes de sorciers probablement hors de prix. Kingsley semblait s'ennuyer à mourir tandis que Lucius Malefoy parlait sans discontinuer. Drago, lui, souriait pour la forme.
- Tiens, ton champagne, lui dit Hermione une fois revenue tout en lui tendant une flûte.
- Je te remercie.
- Tu ne t'ennuies pas trop ?
- Non, je regardais Kingsley avec Malefoy père et fils. Tu vois, c'est tout à fait ce que je déteste dans ce genre d'événement. Ça se voit que Kingsley préfèrerait être partout ailleurs sur Terre que là, à les écouter, mais il est obligé de le faire, car il sait qu'ils ont de l'argent et une grande influence et que, par conséquent, ils vont lâcher beaucoup de gallions ce soir.
Hermione haussa les épaules.
- C'est politique, tu sais.
- Oui, et c'est hypocrite.
- C'est le jeu, soupira Hermione. Mais Kingsley sait faire la part des choses.
- Pour ce que je le connais, oui, je suppose.
- Mais bon, on n'est pas là pour parler politique, dit-elle en levant légèrement sa flûte de champagne. Trinquons !
- Trinquons à cette soirée à laquelle je ne pensais jamais venir et trinquons surtout à toi. Merci Hermione.
- Merci à toi d'avoir accepté, on va passer une bonne soirée, tu verras.
Charlie lui sourit et après avoir fait tinter son verre contre le sien, il but une gorgée de champagne. Hermione avait raison, il était excellent. Frais, fruité, délicatement pétillant et très doux. Si bon, qu'il ne se rendit pas compte qu'il avait bu le trois quart de son verre bien trop rapidement.
Petit à petit, les invités arrivaient de plus en plus nombreux et, rapidement, l'atrium résonnait des multiples conversations qui s'emmêlaient. Pour se comprendre, Charlie et Hermione étaient obligés de hausser la voix.
- Et elle, là, commença Hermione tout en pointant discrètement du doigt une sorcière avec une robe violette, c'est Tess McLeod, la directrice du Département des transports magiques. Un jour, elle a pris un portoloin mal ensorcelé et elle a atterri presque au sommet de Big Ben, accrochée aux aiguilles de l'horloge.
Charlie étouffa un rire entre ses dents.
- Tu rigoles ?
- Pas du tout ! Depuis, elle ne prend un portoloin que si elle l'a elle-même préparé.
- Un comble pour la directrice du Département des transports magiques, quand même.
- Je comprends qu'elle n'ait pas envie de se retrouver pendue à Big Ben une nouvelle fois, pouffa Hermione.
- Et tu as d'autres anecdotes du genre à me raconter ?
- Hum…
La jeune femme balaya longuement la salle du regard avant de lui montrer un sorcier replet avec une épaisse moustache de style morse.
- Lui, c'est Jack Collins, il est oubliator, lui apprit-elle. Quand on le croise dans les couloirs, on a toujours l'impression qu'il est pressé ou débordé. Et un jour, il a dû venir avec son fils, car sa femme était clouée au lit et qu'il ne pouvait pas le faire garder. On a retrouvé son fils de huit ans, en pleine découverte de sa magie, en train de faire léviter des encriers et de les exploser sur les murs pour faire des dessins.
Une nouvelle fois, Charlie étouffa un rire.
- J'en viendrais presque à regretter de ne pas travailler au Ministère.
- Tu ne dois pas être en reste question anecdotes, supposa-t-elle.
- En effet, j'en ai pas mal. Notamment la fois où…
Charlie s'interrompit quand il entendit le Ministre de la magie prendre la parole via un Sonorus pour se faire entendre de toute l'assemblée.
- Bonsoir à tous, lança-t-il, sa baguette pointée sur sa gorge.
Sa voix passa alors par-dessus celles des invités qui finirent par arrêter de parler.
- Je suis très heureux de vous accueillir cette année encore au Ministère pour notre traditionnel bal de Noël. Comme vous le savez, nous organisons une vente aux enchères dont les bénéfices seront reversés à une association et cette année, nous avons décidé de mettre à l'honneur la Fondation Norbert Dragonneau.
Des applaudissements s'élevèrent et Charlie s'y joignit. Son cœur battait très vite et il avait une légère boule au ventre.
- Cette fondation a été créée par Rolf Dragonneau, le petit-fils de Norbert, afin de protéger les créatures magiques que son grand-père a pris tant de plaisir à étudier durant toute sa vie. Avant que nous passions à la première enchère, je vous demande d'accueillir comme il se doit Rolf et Norbert Dragonneau.
Charlie aurait pu le parier, ses yeux venaient de se remplir d'étoiles. Par chance, ils n'étaient pas loin de l'estrade et comme il était grand, il avait une vue imprenable.
C'est Rolf qu'il vit en premier. Il était grand, assez fin et il portait un costume vert foncé. Ses cheveux châtains étaient coupés en un carré court assez désordonné et Charlie aurait juré avoir vu un botruc s'y promener avant de descendre se cacher dans la poche de sa veste de costume.
À son bras, se cramponnait Norbert Dragonneau. La boule de stress dans le ventre de Charlie s'intensifia. Le magizoologiste avait près de cent-dix ans désormais et bien que le temps avait fait son œuvre sur son corps, il avait l'air plutôt en forme. Il marchait doucement, il se tenait fermement au bras de son petit-fils, mais son visage, lui, était lumineux.
Rolf sortit sa baguette de sa veste et lança à son tour un Sonorus pour se faire entendre.
- Bonsoir à tous, merci d'avoir répondu présents si nombreux. C'est un honneur pour nous d'être là et nous espérons que vous passerez une bonne soirée. Tu veux dire quelque chose ? demanda-t-il en se penchant vers son grand-père.
Norbert Dragonneau fronça les sourcils et mit sa main en coupe derrière son oreille pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas entendu.
- Tu veux dire quelque chose ? répéta Rolf, plus fort, faisant rire l'assemblée.
Norbert hocha la tête et Rolf pointa sa baguette sur sa gorge. Charlie avait l'impression que son cœur pouvait à tout moment bondir hors de sa cage thoracique tant il battait fort.
- Merci d'être là, dit-il d'une voix chevrotante, mais assez claire. Tous les membres de notre fondation comptent sur vous et n'oubliez pas qu'il n'y a pas d'étranges créatures, seulement des gens ignorants.
Sa courte intervention fut applaudie et surtout par Charlie. C'était une phrase qu'il répétait souvent lorsqu'on lui disait qu'il était fou de travailler avec des créatures telles que les dragons.
Il avait rêvé toute sa vie de rencontrer Norbert Dragonneau, celui grâce à qui il était devenu l'homme qu'il était aujourd'hui.
Il se souvenait encore du jour où il avait acheté son premier exemplaire de Vie et habitat des animaux fantastiques. C'était chez Fleury et Bott, il avait onze ans et il faisait ses premières courses sur le Chemin de Traverse avec ses parents. Il n'avait pas attendu d'être rentré au Terrier pour le dévorer, il avait commencé à le lire en marchant d'une boutique à l'autre durant le reste des achats de rentrée.
Il avait tellement lu ce livre qu'avec le temps il s'était usé. Il en avait acheté d'autres exemplaires, mais celui-là il le gardait toujours précieusement. Et ce soir, il l'avait avec lui, dans la poche intérieure de sa veste de costume. Le livre était abîmé, quelques pages étaient déchirées et il était griffonné partout, mais Charlie y tenait tellement qu'il était incapable de s'en séparer.
Rolf et Norbert quittèrent l'estrade et Charlie les perdit de vue. Il ne savait pas s'il allait devoir se contenter de seulement ça, mais rien que d'avoir pu le voir en vrai, il en serait éternellement reconnaissant envers Hermione.
- Ça va Charlie ? s'enquit-elle, le sortant de ses pensées.
- Je crois que c'est le plus beau jour de ma vie, dit-il spontanément en rougissant un peu. Même si je n'ai pas l'occasion de parler directement à Norbert Dragonneau, eh bien peu importe. Je l'ai vu et je crois que je me souviendrai de ça toute ma vie.
Hermione eut un sourire touché.
- Ah… Donc ça ne sert à rien que j'aille voir mon amie Luna, qui est juste là, et qui est la femme de Rolf, pour lui demander si on peut voir Norbert ?
Les yeux de Charlie s'ouvrirent gros comme des soucoupes.
- T'es pas sérieuse ?
Elle haussa les épaules d'une manière assez désinvolte.
- Tu as dit que tu te contentais de ce que tu avais eu…
- Par Merlin, Hermione, je crois que je pourrais te supplier en me mettant à genoux ici, devant tout le monde, alors que pourtant je déteste être le centre de l'attention.
Hermione lui lança un regard de défi et, pendant quelque secondes, Charlie commençait à se demander comment il allait faire pour gérer tous les regards sur lui alors qu'il serait à genoux devant elle à la supplier.
Mais finalement, elle éclata de rire.
- Rassure-toi, je ne te demanderais pas ça. Allez, viens avec moi.
Elle prit sa main et Charlie fut un peu déstabilisé par son geste. Elle se faufila parmi la foule pour rejoindre, de l'autre côté de l'atrium, celle que Charlie reconnut comme étant la fameuse Luna. Il ne l'avait que rarement vue au cours de sa vie et la dernière fois qu'il avait croisé sa route, c'était en 1998, alors, elle avait bien changé.
Elle portait une robe patineuse blanche à pois multicolores et des chaussures pailletées d'argent. À ses oreilles, pendaient des boucles d'oreilles en forme de sapin de Noël et dans ses cheveux, elle avait mis un serre-tête assorti à ses chaussures. Le tout était assez excentrique, mais ça allait avec le personnage.
- Bonsoir Hermione, dit-elle en les voyant. Et je crois me souvenir de toi… hum, Charles Weasley, c'est ça ?
- Charlie, la corrigea-t-il gentiment. Mais oui, c'est moi. Ravi de te revoir.
- De même. Vous passez une bonne soirée ?
- Très bonne, merci, dit Hermione en souriant. Je ne sais pas si tu te souviens, mais Charlie travaille avec les dragons.
- Oh, oui, je m'en souviens. Tu travailles en Roumanie, non ?
- Je travaillais là-bas, oui, maintenant j'ai ma propre réserve dans le Lake District, lui apprit Charlie. On étudie les dragons, on les soigne également.
- C'est formidable, ça. Avec Rolf, nous avons rarement l'occasion d'étudier les dragons, ils sont particulièrement sauvages et dangereux, parfois.
- Quand on sait les apprivoiser, c'est plus simple. Si jamais vous voulez venir un jour avec Rolf, c'est avec plaisir.
- Formidable ! s'enthousiasma Luna en frappant des mains. Rolf sera ravi. Vous vous connaissez ?
- Pas vraiment. Enfin, je le connais de réputation, car il fait un travail formidable avec les créatures magiques.
- Il tient ça de son grand-père.
- D'ailleurs, Luna, penses-tu que nous pourrions voir Norbert Dragonneau ? tenta Hermione.
- Bien entendu ! Il perd un peu la tête avec l'âge, mais il sait tenir une conversation, surtout si on lui parle d'animaux fantastiques. Je suis sûre que tu t'entendrais avec lui, Charles. Ne bougez pas, je reviens.
Elle s'éclipsa en sautillant sans que Charlie n'ait pu la corriger sur l'emploi de son vrai prénom.
Il n'en revenait pas. Il était à quelques minutes de rencontrer son idole. Norbert Dragonneau, en chair et en os. Puis il y pensait, plus il sentait ses mains devenir moites et la boule de stress dans son ventre s'intensifier.
- Et si je ne trouve rien à lui dire ? paniqua-t-il d'un coup.
- Tu vas rencontrer un homme autant passionné que toi par des créatures magiques, tu vas forcément trouver quoi lui dire, le rassura Hermione.
- Tu en es sûre ?
- Sûre et certaine.
- Quand même, souffla Charlie. On parle de Norbert Dragonneau, là. Le plus grand magizoologiste que le monde magique ait connu. Un homme brillant, courageux, qui…
- Charlie, Charlie, Charlie, l'interrompit Hermione en se postant face à lui et en prenant ses mains dans les siennes. Détends-toi, ça va très bien se passer. Tu vas respirer un grand coup et je t'assure que tout ira bien. Tu vas trouver tes mots et tu vas pouvoir lui dire tout ce que tu penses, je te le garantis. Cette occasion ne se produira peut-être pas une nouvelle fois dans ta vie, alors ne laisse pas passer ta chance.
Comme si le stress de la rencontre à venir ne suffisait pas, il fallait qu'elle prenne ses mains et qu'elle le regarde avec une telle intensité tout en prononçant un discours rassurant. Ça ne l'aidait pas vraiment à garder une maîtrise de lui-même, au contraire. Il avait envie de fondre sur ses lèvres pour l'embrasser, plutôt.
Le dragonnier prit une grande inspiration, suivie d'une expiration toute aussi longue, puis il hocha la tête.
- Tu as raison, c'est peut-être ma seule chance, il faut que j'en profite.
Hermione lui sourit et il n'arrivait plus à lâcher son regard. Il se perdait dans l'étendue noisette de ses yeux et elle semblait elle aussi un peu perdue dans le bleu des siens. Il se trouvait bête, mais plus rien ne comptait à cet instant. Il n'entendait même plus le brouhaha de la foule et encore moins le commissaire-priseur qui venait de lancer la vente d'une plume ayant appartenu à Beedle le Barde en personne.
Il pencha légèrement son visage vers le sien, juste quand Luna décida de revenir.
- Venez ! Norbert vous attend.
Charlie se redressa brusquement et lui offrit un sourire timide. Hermione y répondit vaguement, mais il vit qu'elle était mal à l'aise et qu'elle fuyait son regard. Il se dit qu'il aurait le temps de voir ça plus tard avec elle, mais que là, ils étaient attendus.
Il emboîta le pas de Luna qui se dirigeait vers les grandes portes en or, situées au fond de l'atrium, et qui débouchaient sur un second hall, plus petit, où se trouvaient les ascenseurs.
Dans ce second hall avait été aménagé un salon pour recevoir Norbert Dragonneau, Rolf et Luna. Il y avait notamment deux grands canapés en cuir qui se faisaient face avec, entre eux, une table basse sur laquelle se trouvaient différentes choses à boire.
- Bonsoir, les salua Rolf en se levant du canapé. Hermione, comment vas-tu ?
- Très bien, merci, et toi ?
- Également, je suis content d'être ici, on est très bien reçus. Et toi, tu dois être Charles, c'est ça ?
- Presque, Charlie, le corrigea-t-il avec un sourire.
- Excuse-moi, Charlie, sourit Rolf. Alors, Luna m'a dit que tu travaillais avec les dragons ?
Charlie hocha la tête.
- Oui, depuis quinze ans. Je les étudie et je les soigne dans ma réserve dans le Lake District.
- Ça doit être passionnant ! J'en vois, dans mon métier, mais c'est tout de même assez rare.
- Comme je le disais à Luna, vous êtes les bienvenus dans ma réserve quand vous le souhaitez.
- C'est très sympa de ta part, le remercia Rolf en lui donnant une tape amicale sur l'épaule. Allez, viens, j'ai dit à grand-père que j'allais lui présenter quelqu'un d'aussi fou que nous des animaux fantastiques, il est impatient de te rencontrer.
Charlie rougit jusqu'aux oreilles, mais laissa Rolf l'accompagner jusqu'au canapé où était assis Norbert Dragonneau.
Le vieil homme était installé dans un canapé, les genoux serrés et un botruc se promenant sur ses cuisses. L'âge ne l'empêchait pas d'être très élégant dans son costume beige. Charlie remarqua qu'il avait un petit badge représentant l'écusson de Poufsouffle accroché à sa veste et il ne put s'empêcher de sourire.
- Grand-père ? l'appela Rolf d'une voix forte pour qu'il entende. Je te présente Hermione Granger et Charlie Weasley. Hermione travaille ici, au Ministère de la magie, et Charlie est dragonnier dans une réserve dans le Lake District.
Il leva lentement la tête vers eux et leur offrit un sourire lumineux.
- Bonsoir les enfants, installez-vous.
Charlie ne se fit pas prier et s'installa dans le fauteuil à côté tandis qu'Hermione prenait place dans le canapé.
- Bonsoir monsieur Dragonneau, dit Charlie. C'est un honneur de vous rencontrer, vous êtes mon modèle depuis que je suis tout jeune.
- Avec tous les modèles que vous auriez pu avoir, il a fallu que vous choisissiez un vieux fou comme moi, rit-il.
- À mes yeux, vous êtes loin d'être fou, au contraire. Je vous trouve brillant et passionnant. Si je suis devenu dragonnier, c'est grâce à vous. Je vous dois tout, je pense.
Modeste, le magizoologiste fit un geste négligent de la main.
- Attendez.
Charlie ouvrit sa veste et sortit de la poche intérieure son exemplaire de Vie et habitat des animaux fantastiques, le tout premier, celui qui avait tout connu, et le tendit à Norbert.
- Regardez, c'est le tout premier exemplaire que j'ai acheté lorsque je suis entré à Poudlard en 1984. Il a vingt-deux ans. Il a voyagé avec moi dans le monde entier et je l'ai toujours.
De ses mains légèrement tremblantes, le vieil homme se saisit du livre et le feuilleta tout en faisant des commentaires. Charlie était sur un nuage. Il s'imaginait toutes sortes de choses depuis qu'il savait qu'il allait peut-être le rencontrer, mais la réalité était bien au-delà de tout ce qu'il avait imaginé.
- Je vais te dire quelque chose, mon garçon, dit Norbert tout en lui rendant son livre. Si tu travailles avec des dragons, alors tu as souvent entendu beaucoup de remarques comme quoi c'était dangereux, qu'il ne s'agissait que de bestioles et que c'était inutile de les côtoyer. Eh bien, ne les écoute pas, et si tu veux passer toute ta vie entouré de démonzémerveilles, de grapcornes ou de murlaps, eh bien fais-le. Il y aura toujours des bien-pensants qui te diront que tu as tort, mais tu es seul juge.
Charlie buvait les paroles de Norbert, les yeux grands ouverts et la bouche légèrement ouverte.
- Ma mère me dit toujours que je vais finir marié à une dragonne si je continue comme ça.
- Si c'est ce qui te rend heureux, mon garçon, fais donc. Je ne suis pas sûr qu'il existe une loi interdisant le mariage entre un sorcier et une créature magique, si ?
Rolf, vers qui il avait levé la tête, haussa les épaules. Charlie, quant à lui, était légèrement décontenancé, mais il trouvait la suggestion plutôt drôle et le message sous-jacent intéressant.
- Merci d'avoir accepté de me rencontrer, monsieur Dragonneau.
- Oh, je t'en prie, appelle-moi Norbert.
- Alors merci, Norbert. C'est un honneur d'avoir pu discuter avec vous, ça me confirme que vous êtes vraiment le grand homme que j'imaginais.
À nouveau, le vieil homme fit un geste négligent de la main.
- Vous savez, je suis un Gryffondor, mais ma meilleure amie était une Poufsouffle et, du coup, je les connais bien. Elle vous ressemblait beaucoup. Elle était intelligente, généreuse et surtout, elle se fichait du regard des autres, elle vivait sa vie comme elle l'entendait. Au point de se marier avec un loup-garou.
- En voilà une femme tout à fait respectable, dit Norbert en le pointant de l'index.
- Elle est malheureusement décédée durant la deuxième guerre des sorciers, mais elle vous aurait adoré et vous l'auriez adorée, j'en suis persuadé.
- Elle veille sur toi, mon garçon.
Trop ému, Charlie ne sut plus quoi dire. Alors il se contenta de sourire et Norbert lui sourit en retour.
- On va vous laisser, dit Hermione. Merci d'avoir pris du temps pour nous, monsieur Dragonneau.
Le vieil homme lui adressa un signe de tête et un sourire. Charlie le remercia à nouveau et imprégna ces derniers instants en sa compagnie dans sa mémoire, tandis que Norbert récupérait un botruc qui essayait de plonger dans un verre de champagne.
- Merci à vous également, ajouta Charlie en allant vers Rolf et Luna. Ça peut vous sembler ridicule, mais vous venez de réaliser le rêve du petit garçon qui sommeille en moi.
- C'est fait pour ça, Noël, non ? dit Luna. Pour réaliser les rêves.
- Tu dois avoir raison.
Ça devait effectivement être ça, ce qu'on appelait la magie de Noël. Provoquer les choses, les rencontres.
Hermione et lui quittèrent le second hall pour retourner dans l'atrium où la vente aux enchères battait son plein. C'était très animé contrairement au calme dans lequel ils baignaient précédemment.
Charlie était sur un petit nuage et il ne voulait pas vraiment en descendre. Dans sa tête, il avait réfléchi à ce qu'il voulait dire à Norbert, mais au final, il n'avait rien dit de ce qu'il avait prévu. Tout était venu naturellement et finalement, cette rencontre était bien au-delà de tout ce qu'il avait imaginé.
Encore un peu chamboulé par tout ça, il se tourna vers Hermione.
- Hermione, vraiment merci d'avoir permis tout ça.
- Te voir sourire comme ça, c'est le plus beau remerciement que tu peux me faire, sourit-elle.
- Vraiment, j'aimerais pouvoir te remercier autrement, que ce soit à la hauteur de ce que je viens de vivre.
- J'ai bien ma petite idée…
Un sourire mutin vint se poser sur ses lèvres et Charlie regretta aussitôt d'avoir insisté. Mais bon, il lui devait bien ça.
- Je t'écoute ?
- Danse avec moi, déclara-t-elle fermement.
Il avait accepté de venir à une condition, celle de ne pas danser. Et là, elle voulait danser avec lui ? Il soupçonnait cette femme d'avoir un soupçon de Serpentard en elle.
- Hermione…
- Tu as dit que tu voulais me remercier et je veux que tu le fasses en acceptant de danser avec moi.
Elle tendit sa main vers lui et, comme si le destin avait entendu leur conversation, le commissaire-priseur annonça une pause dans la vente aux enchères tout en invitant les convives à prendre place sur la piste de danse.
Charlie soupira. Il n'aimait pas danser, mais il lui devait bien ça. Alors, il prit sa main et elle l'entraîna sur la piste de danse, se mêlant à la foule.
Une fois noyés dans la masse, là où personne ne ferait attention à ses piètres talents de danseur, Charlie se positionna face à Hermione, garda sa main dans la sienne et posa sa main de libre dans le bas de son dos. Hermione, elle, mit la sienne sur son épaule.
Lentement, ils commencèrent à évoluer sur la douce musique jouée par l'orchestre. Charlie n'arrêtait pas de s'excuser pour sa maladresse, mais, petit à petit, il prenait confiance et il lui marchait de moins en moins sur les pieds. C'était probablement le regard bienveillant qu'elle posait sur lui et les sourires encourageants qu'elle lui adressait qui lui donnaient confiance en ses gestes.
- Merci d'avoir accepté de m'accompagner, dit-elle au bout de quelques minutes.
- Merci à toi d'avoir proposé.
- Ce bal est organisé depuis très longtemps et j'y vais depuis que je travaille au Ministère, mais c'est la première fois que je passe réellement une bonne soirée.
Les joues de Charlie se teintèrent de rouge et il espérait qu'elle ne s'en soit pas rendue compte.
- Vraiment ?
- Oui, confirma-t-elle. J'y suis allée avec Ron quand on sortait ensemble, mais il préférait grignoter au buffet plutôt que danser ou discuter avec les gens. J'y suis allée une fois avec un garçon que j'avais rencontré quelques mois plus tôt, mais il s'est avéré que c'était un con. J'y suis allée une fois seule et une autre fois avec Harry, en amis, l'année où il a rompu avec Ginny.
- Et même cette fois-là, tu n'as pas passé une bonne soirée ? voulut-il savoir. Tu étais avec ton meilleur ami, pourtant.
- Oui, mais il broyait du noir, il était triste et il était venu seulement pour pouvoir boire beaucoup et oublier. Alors, oui, il est mon meilleur ami et je serai toujours là pour lui, mais je n'ai pas vraiment passé une bonne soirée cette fois-là.
- En effet, grimaça Charlie. Eh bien écoute, je suis ravi si tu as passé une bonne soirée et je ne regrette pas d'être venu.
Elle lui offrit un sourire resplendissant avant de se rapprocher encore un peu de lui pour poser sa tête sur son épaule. Sans le savoir, elle mettait vraiment son self-control à rude épreuve.
Heureusement pour lui, elle ne lui fit pas l'affront de lui demander une deuxième danse. Ils partirent vers le buffet pour grignoter un peu et boire une nouvelle coupe de champagne. Ils assistèrent à la suite de la vente aux enchères puis, en fin de soirée, bien qu'il restait encore du monde, Hermione émit le souhait de rentrer car elle était fatiguée.
- Tu n'as pas besoin de moi pour rentrer, ça va aller ? demanda Charlie sur le ton de l'humour.
Elle se pinça légèrement les lèvres, comme si elle s'empêchait de dire quelque chose, puis elle sourit.
- Ça va aller, lui assura-t-elle. Rentre bien, Charlie, à bientôt.
- A bientôt…, souffla-t-il alors qu'elle l'embrassait tendrement sur la joue.
Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, elle avait disparu dans la cheminée.
Charlie ferma les yeux, se fustigeant de ne pas avoir au moins tenté quelque chose. Tant pis pour lui, ça lui apprendrait à ne jamais oser. Parfois, il se demandait comment il avait atterri à Gryffondor et si Tonks n'avait pas toujours eu raison en lui disant qu'il était un Poufsouffle refoulé.
Il emprunta la cheminée à son tour pour rentrer chez lui, à la fois heureux d'avoir passé une bonne soirée, mais en ressentant aussi une légère pointe de frustration.
Une fois arrivé, il ôta sa veste de costume qu'il jeta sur le dossier du canapé et défit les premiers boutons de sa chemise. Il avait l'impression de respirer à nouveau. Il se déchaussa et se rendit dans la cuisine afin de se faire une tisane de camomille pour bien dormir et ne pas ressentir les effets de l'alcool le lendemain.
Il posa sa tasse sur le guéridon à côté du canapé avant de s'y laisser tomber dans un lourd soupir. Il laissa aller sa tête en arrière contre le dossier et frotta ses yeux avec lassitude.
Il aurait eu mille occasions, ce soir, de se lancer auprès d'Hermione. Sans parler de tenter quoi que ce soit, bien qu'il en ait eu très envie, car il ne savait pas ce qu'il en était de son côté, mais au moins lui parler. Au moins lui dire ce qu'il ressentait pour elle.
Luna avait parlé de la magie de Noël. Il aurait bien aimé qu'elle fasse encore un peu son œuvre et lui donne un coup de pouce.
Tout en buvant une gorgée de tisane, il fixait son sapin qui se trouvait dans un coin de son salon. Notamment l'étoile à son sommet. Quand il était petit, sa mère lui disait que si on confiait un souhait à l'étoile du sapin, elle le réaliserait avant Noël. Alors entre elle et cette fameuse magie, si elles s'y mettaient à deux, elles devraient pouvoir l'aider, non ?
Une fois sa tasse vide, il la fit léviter jusqu'à l'évier et se dirigea vers sa chambre. Cependant, il fut coupé dans son élan par des ronflements dans sa cheminée. Il retourna au salon, les sourcils froncés et la main sur sa baguette, au cas où. Mais c'est Hermione qu'il vit sortir de l'âtre, portant encore sa robe, mais pieds nus et sa queue de cheval défaite. Ses cheveux bouclés ainsi décoiffés lui donnaient l'air de celle qui venait tout juste de sortir du lit.
Lorsque leurs regards se croisèrent, elle soupira de soulagement et Charlie vit ses épaules s'abaisser et un sourire fleurir sur ses lèvres.
- J'avais peur que tu sois déjà couché, dit-elle.
- Je… euh, non, j'allais y aller. Mais…
- Je suis désolée de débarquer comme ça, mais il fallait que je le fasse. Il fallait que je te parle.
Charlie sentit son cœur battre de plus en plus vite.
- Je t'écoute, dit-il avec prudence. Il ne pouvait s'empêcher de penser au pire.
- J'aurais voulu que tu me raccompagnes, avoua-t-elle de but en blanc. J'aurais voulu que tu m'embrasses, tout à l'heure, avant que Luna nous interrompe. J'aurais voulu danser plus longtemps avec toi.
Charlie n'aurait jamais cru possible de sentir son cœur battre si vite. C'était comme s'il demandait à sortir de sa poitrine pour exploser en un million de confettis.
- C'est peut-être malvenu de ma part de débarquer chez toi comme ça, pieds nus en plus, pour te dire tout ça, mais je n'ai pas osé le faire durant la soirée. Le truc, c'est que tu me plais beaucoup, Charlie, et que je perds mes moyens quand je suis avec toi.
- Ce n'est pas malvenu, pas du tout, au contraire… Toi, tu as osé le faire alors que moi, j'allais partir me coucher en ruminant contre moi-même de ne pas l'avoir fait.
- Ça veut dire que…
- Que tu me plais aussi, Hermione, avoua-t-il. Je te trouve brillante, drôle, courageuse et tellement belle. Mais je trouvais mes sentiments déplacés, parce que tu es l'ex de mon petit frère et parce que tu es trop bien pour moi.
- Pourquoi dis-tu ça ? lui demanda-t-elle. Ne te dévalorise pas comme ça, tu es quelqu'un de fantastique, Charlie. Et regarde, tu me trouves courageuse, mais j'ai dû trouver le prétexte de cette soirée pour passer du temps avec toi et avoir, peut-être, l'occasion de te dire ce que je ressens. Je ne suis pas mieux qu'une autre.
- Si tu savais à quel point je te trouve tellement mieux que toutes les autres…
Hermione parut touchée, s'il en croyait l'expression de son visage.
Alors qu'il était resté à un bout du salon et elle près de la cheminée, Charlie réduisit l'espace entre eux et la rejoignit. Il ne l'avait jamais trouvée aussi belle que ce soir, avec la lumière de la lune qui venait illuminer ses yeux.
Délicatement, il glissa une mèche derrière son oreille et caressa sa joue de l'index.
- Je peux t'embrasser ? lui demanda-t-il dans un murmure.
Un hochement de tête lui répondit et il posa délicatement ses lèvres sur les siennes.
C'était loin de tout ce qu'il avait pu imaginer. Ses lèvres étaient douces et chaudes, son délicat parfum de rose l'enivrait et ce baiser avec un léger goût de champagne. Il aurait pu l'embrasser durant des heures tant le tourbillon d'émotions qu'il ressentait était agréable.
Il n'aurait su dire s'ils s'embrassaient depuis cinq minutes ou une heure, d'ailleurs. En revanche, ce dont il était persuadé, c'était que pour la deuxième fois de la soirée, la magie de Noël avait fait son œuvre.
Voilà, les ami-es.
Vous avez aimé ?
Eh oui, quand je parlais d'un personnage que je n'aborde jamais dans mes histoires alors que je l'adore, c'est Norbert Dragonneau.
J'adore ce personnage. Déjà, parce que c'est un Poufsouffle et que j'en suis une (c'est la meilleure maison, je veux rien savoir :p) et aussi parce que je le trouve très intéressant. Il est intriguant, il est passionnant et passionné, drôle malgré lui, intelligent. Et, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais comme je n'aime pas Tina, j'adore le duo qu'il forme avec Leta.
Bref ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.
Du love !
