Titre : Joyeux Noël !
Bonjour/Bonsoir ! Me voici de retour pour un OS de Noël à but 100% humoristique, histoire de vous changer un peu les idées en cette période spéciale et de vous souhaiter un Joyeux Noël !
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Masami Kurumada
Dédicace : à Dreamingindividual et Saharu-chan, mes auteurs de fanfiction préférés, Sea-Rune qui m'a contaminée avec son Zélos, Ilodiplo et La Pomme Verte qui m'encouragent énormément, et enfin Koyalau, Petit Pigeon et Jotunn-Ray, car si vous regardez attentivement, vous pourrez voir des petits clins d'oeil à tous ces auteurs glissés dans cette fic'
Cette histoire est totalement à but humoristique. Si il y a le moindre problème avec quoi que ce soit, merci de m'envoyer un MP pour régler ça.
Joyeux Noël !
Milo était écartelé. Au sens littéral.
Camus tirait de toutes ses forces sur son bras droit, Kanon sur le gauche et Aiolia s'accrochait désespérément à ses jambes.
- Lâche-le espèce de sale frigide ! criait le Gémeaux bis.
- Pas question ! répondait le Verseau. C'est le mien !
- Non ! Il est à moi ! s'offusquait le Lion.
Et c'était ainsi depuis près d'une demi-heure. Décidément, se dit Milo, il était trop beau pour son propre bien.
Comment en étaient-ils arrivés là ?
C'était simple : Camus était amoureux de lui. Aiolia aussi. Tout comme Kanon visiblement. Et ses trois meilleurs amis s'étaient disputés le cœur de Milo, jusqu'à ce que celui-ci intervienne et leur dise qu'ils étaient tous ses potes et tous de supers bons coups. Ça ne leur avait pas plu. Et après s'être disputés le cœur du Scorpion, ils s'en prenaient à son corps. Et Milo avait beau être un chevalier d'or, il ne faisait pas le poids face à trois de ses pairs.
- Donnez-moi Milo !
- Non !
- Donnez-le moi !
- Jamais !
- Mais vous allez me le donner !
- Que ce passe-t-il ici ?
Milo faillit pleurer de joie. Shura, la voix de la sagesse et présentement de son sauveur.
- Ils ne veulent pas me donner Milo ! expliqua Aiolia.
- Je ne vois pas où est le problème.
- Je l'aime, Shura ! s'exclama le cinquième gold.
Le visage de l'espagnol se décomposa.
- Tu quoi ?
Le Capricorne serra fortement les poings, et vint se placer derrière son ami le Lion, sur qui il se mit à tirer de toutes ses forces.
- Hors de question que je te laisse aller avec une telle aberration de la nature ! Tu es à moi, Lia !
Et les tiraillements reprirent de plus belle.
Le pauvre Scorpion se mordit violemment la lèvre inférieure pour empêcher un cri de douleur de sortir. À ce rythme là, il allait finir sans bras et sans jambes avant la fin de la journée !
De son côté, Kanon, qui tentait tant bien que mal d'arracher des bras gelés de Camus et des crocs acérés d'Aiolia son amant, ressentit tout d'un coup un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale, et une haleine alcoolisée lui caresser la nuque.
- What are you doing, Kanon ?
- Putain Rhad' ! Tu vois pas que je suis occupé ?
- Rhadamanthe ! s'écria tout de suite Milo à la vue du juge. Sauve moi ! Après tout ce qu'on a vécu, tu ne peux pas me laisser dans une telle situation !
Mais l'anglais se désintéressa rapidement du larmoyant arachnide, qui voyait ses dernières heures arriver, pour se tourner vers sa propriété exclusive, hum je veux dire, son coup d'un soir particulièrement doué au lit.
La Wyverne ne mit pas beaucoup de temps à comprendre. Les trois hommes qui couraient après le scorpion, plus celui qui courait après celui qui courait après Milo... Rhadamanthe additionna rapidement deux et deux et en conclut que la meilleure solution pour récupérer son bien était...
- Rhad' ! s'offusqua Kanon en sentant deux bras puissants s'enrouler autour de sa taille et de se mettre à le tirer en arrière. Qu'est-ce que tu fais ?
- Ce n'est pas évident ? Je te récupère.
- Mais d'où tu as vu qu'on était ensemble ? répondit l'ancien marina. On s'est explosé la gueule et on a couché ensemble lors d'une soirée un peu trop arrosée. J'appelle pas ça une relation, moi !
- You're mine, Kanon.
Et la bataille repartie de plus belle.
- C'est mon Scorpion !
- C'est mon Lion !
- C'est mon dragon !
- Mais lâchez-moiiiiii !
Une main visqueuse se posa soudain sur le ventre du huitième gardien, se mettant à tâter les abdominaux du jeune homme.
- Mais c'est bien ferme tout ça ! fit une voix rocailleuse. Et ça aussi, huuum, ça doit être tout doux au touché, continua l'apparition en malaxant les fesses de Camus qui n'avait rien demandé. Vous m'en laissez un peu ?
- Qu'est-ce que tu fais là, horrible batracien ?!
- Seigneur Rhadamanthe, gargouilla Zélos – car c'était bien lui. Ravi de vous voir ici, et en si galante compagnie.
Il lorgna de nouveau sur le fessier appétissant de Camus et vint renifler les boucles blondes de Milo, qui traînaient au sol.
- Le Verseau et le Scorpion ne m'intéressent pas, tu peux les prendre.
- Vous êtes trop bon, seigneur.
Et Zélos se mit lui aussi à tirer sur le pauvre Milo, ainsi que sur Camus qui ne l'avait même pas remarqué.
Les choses auraient très bien pu continuer ainsi – Kanon, Ailoia et Camus tirant sur Milo, Rhadamanthe sur Kanon, Shura sur Aiolia et Zélos sur Camus et Milo, si une divine apparition n'était pas apparue.
- Que signifie tout ce tapage, chevalier ?!
Tous se figèrent à l'entente de la terrible voix d'Athéna. De surprise, ils en lâchèrent même leurs proies.
- Et bien, fit Kanon en s'avançant. C'est-à-dire que nous ne sommes pas vraiment d'accord sur certaines choses...
- Nous n'avons pas les mêmes opinions artistiques, approuva Shura.
Athéna leva un sourcil mauve.
- Et était-ce une raison pour alerter tout le Sanctuaire avec vos cris ?
- Assurément que non, Altesse, dit Camus. Mais la vérité est que nous n'avons pas trouvé de solution à notre problème.
- Mon précieux, confirma Aiolia en caressant d'une manière possessive le torse de Milo, qui essayait présentement de disparaître sous terre.
- Vous n'avez qu'à le découper, proposa Rhadamanthe.
- C'est hors de question ! s'opposa tout de suite le onzième gardien. Kanon va vouloir prendre la meilleure partie.
La déesse de la sagesse soupira. Que c'était idiot, un chevalier en rut.
- Milo, Camus, Shura, Aiolia, Kanon. Je vous veux dans vos temples respectifs dans DEUX MINUTES, et je vous interdit d'en sortir jusqu'à nouvel ordre. Quand à vous deux, fit-elle en désignant la Grenouille et la Wyverne, quittez immédiatement le Sanctuaire. EXECUTION !
Devant une telle fureur divine, tous n'eurent d'autre choix que d'obéir. Et à peine trente secondes plus tard, Saori Kido se retrouvait seule sur le parvis du treizième.
Bon, ce n'était pas la première fois que ce genre de problème se produisait. Il y avait de cela quelques jours, c'était Saga qui s'était vu disputé par Mû et Aioros, ces deux derniers appelés par Shaka et Shura, qui eux-mêmes étaient réclamés par... Bref. C'était trop.
La jeune divinité s'assit sur la dernière marche et posa sa main sur sa joue, l'air plongée dans une profonde réflexion. Un sourire apparu soudain sur ses lèvres. Nous étions le 23 décembre, non ? Et quoi de mieux qu'un beau cadeau de Noël pour remettre tous ses chevaliers d'accords ? Elle avait deux jours pour mettre à exécution son plan qui lui permettrait de récupérer un Pégase un peu trop sollicité par une Licorne, un Ophiucus et une orpheline, c'était parfait.
Athéna parti d'un rire diabolique qui fit trembler Shion et qui aurait fait pâlir d'envie Saga du temps de son règne maléfique.
Deux jours plus tard, salle du trône du palais du Grand Pope
Les chevaliers d'Athéna, ainsi que quelques extra, avaient été appelés au treizième temple sur ordre de leur déesse dans la matinée. Cela les inquiétaient particulièrement dans le sens où les « extra » en question s'avéraient être Rhadamanthe et Zélos, et que les chevaliers convoqués étaient ceux qu'Athéna avait consignés dans leur temple/baraquement tout au long de la semaine écoulée.
- Bonjour, mes chers chevaliers, fit la douce voix de leur divine patronne en entrant dans la pièce et en prenant place sur le trône.
Lesdits chevaliers s'agenouillèrent devant elle, et les deux spectres hochèrent simplement la tête en guise de salutations.
- J'irais droit au but, commença la déesse. Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques temps, le Sanctuaire est agité par vos ébats amoureux que vous n'arrivez vraisemblablement pas à gérer correctement. Je me suis donc permise de trouver la solution à ce problème drastique.
Un murmure parcourut l'assemblée, et les hommes et quelques femmes présents se regardèrent, surpris. Qu'est-ce qu'Athéna avait bien pu trouver pour les apaiser dans leurs problèmes de couples malheureusement inexistants ?
La réponse leur parvint très vite.
La déesse aux cheveux mauves sourit et claqua des doigts, faisant apparaître une petite fiole contenant un liquide argenté.
- Ceci, dit-elle, est la solution à tous nos problèmes.
Intrigués, plusieurs d'entre-eux relevèrent la tête. D'autres, plus réservés, se contentèrent de dévisager l'adolescente avec des yeux pleins d'appréhension.
- Un volontaire ? demanda Athéna.
Courageusement, Milo leva la main.
- Chevalier du Scorpion, parfait !
Bravement, le jeune homme s'avança et prit, un peu en tremblant, la fiole que lui tendait Athéna, qu'il avala d'un trait. Immédiatement, son corps se mit à briller d'une lumière argentée et, sous les yeux ébahis de l'assistance, le corps de Milo se divisa. Et lorsque l'intensité lumineuse baissa, tous purent voir que se trouvaient sur l'estrade non pas un, mais quatre chevaliers du Scorpion !
Les Milo clignèrent des yeux, puis se mirent à courir en direction de différents chevaliers.
- Camus, mon amour !
- Lia, mon chérie !
- Kanon, mon meilleur coup !
- Zélos, ma beauté !
Le reste de l'assistance resta quoi. Milo venait de se diviser ? Pour courir en direction de chaque chevalier requérant sa présence ? C'était trop beau pour être vrai.
Athéna sourit devant la mine confuse de ses gardiens.
- Cette potion permet de vous diviser, vous et vos sentiments, pour que chacun d'entre vous se retrouve avec quelqu'un.
Elle attendit un peu avant d'ajouter :
- Suivant ?
Sans ménagement, Shura poussa Aiolia qui se faisait câliner par Milo, devant Athéna.
- Moi aussi je veux ma part du Lion, décréta-t-il.
Saori acquiesça et tendit une nouvelle fiole au cinquième gardien, qui but avec quelque appréhension. Et cette fois-ci, ce ne fut pas quatre Aiolia qui apparurent, mais bel et bien trois. L'un qui partit rejoindre Milo, qui se sentait déjà seul sans sa peluche, l'autre Shura qui l'accueillit à bras ouverts, et enfin Marine, qui fut très heureuse de voir que la potion ne l'avait pas oubliée.
Bien vite, se fut l'effervescence dans la salle du trône. Chaque chevalier voulait avoir son prince ou sa princesse à ses côtés, et Athéna se félicita d'avoir remplit toute la cave du palais de ces petites fioles au liquide argenté. Les autres Sanctuaire en voudraient sûrement.
Ainsi, une demi-heure plus tard, on put voir un Milo sortir au bras d'un Camus esquissant un très léger sourire en coin, un Rhadamanthe tenant fermement les hanches de Kanon, ce même Kanon avec un bel exemplaire de Milo, un troisième Milo avec un Aiolia heureux, un autre Lion avec un Capricorne, et même un Zélos avec un Scorpion et un Verseau aux bras.
Oui, vraiment, se dit Saori sous les baisers de son Pégasounet, c'était une excellente idée qu'elle avait eu.
Malgré la potion miracle de Saori, il fallut quelques temps pour que tout se mette en place. D'abord il fallut gérer les lieus d'habitations, qu'on ne se retrouve pas avec trois ménages dans un seul Temple, puis les problèmes d'ordre capillaire. En effet, la potion avait eu comme effet secondaire de changer la couleur de cheveux de certains « doubles », et Zélos se retrouvait avec un Camus aux cheveux verts d'eau et un Milo à la tignasse d'une couleur bleue foncée tirant sur le violet.
Et quel ne fut pas la surprise de voir deux des doubles de Saga, un blond et un bleu, se sauter mutuellement dessus au lieu de rejoindre un partenaire parmi leurs confrères.
- Je l'ai toujours dit que ce mec avait un problème avec son miroir, ricana DM, qui s'était retrouvé avec Mû, Shura et Aphrodite.
Mais à part ce léger détail, tout se passait pour le mieux. On ne comptait plus le nombre d'escapades romantiques, de sérénades chantées au clair de lune, de cris passionnés en prévenance de différents Temples...
Près d'un an s'écoula ainsi, où tout le monde était heureux et voyait la vie en rose bonbon. Mais malgré l'efficacité de sa potion, Athéna avait de nouveau un problème : que ferait-elle si jamais un des couples décidait de se séparer ? Que ferait-elle de tous ces chevaliers en trop ? Il n'y avait qu'une seule armure pour chaque constellation, quand même.
Alors une nouvelle idée lui vint à l'esprit.
- Pégasounet chéri ? appela-t-elle d'une voix mielleuse.
- Oui ma Saori ?
- Je voudrais que tu me trouves des boîtes de grande taille, de préférence avec des trous pour laisser passer l'air. Rapporte-moi du papier aussi. Et un cheveux de chaque chevalier ayant bu la potion, et n'oublie pas les Enfers.
- Tout de suite ma déesse.
Une fois Pégasounet partit, Athéna se dirigea vers ses appartements avec pour ordre de ne la déranger sous aucun prétexte, guerre sainte comprise.
Avec l'aide de son canasson volant, elle travailla d'arrache-pied jour et nuit pendant une semaine, sortant à peine boire et manger.
- Que ce passe-t-il, déesse ? demanda Shion au bout du sixième jour, inquiet de voir Athéna dans un tel état d'effervescence.
- Ne t'inquiète pas Shion, mon Grand Pope. Seiya et moi travaillons à une surprise qui devrait ravir tous les couples du Sanctuaire, toi y compris.
- Si vous le dites, déesse, répondit le Bélier avec un rien de suspicion. Mais puis-je savoir quels sont ces cris que l'on entend depuis le Temple des Poissons ?
- Les cris ? À ne te te préoccupe pas de ça, c'est tout à fait normal. Passe une bonne journée !
Et sur ce, la divinité disparue, laissant un Grand Pope plus qu'inquiet derrière elle.
Nous étions le 25 décembre, au petit matin, dans le charmant appartement de Zélos, spectre distingué de la Grenouille, et depuis quelques mois aussi de Camus et Milo, chevaliers du Verseau et du Scorpion à mis-temps.
Tous les trois ouvraient leurs paquets en riant, s'embrassant dès que possible et échangeant toute sorte de taquineries et blagues plus ou moins graveleuses.
Puis ils arrivèrent à un paquet recouvert d'un papier cadeau mauve à petits pégases, leur indiquant qu'il provenait du Sanctuaire, et qui bougeait de manière suspicieuse en laissant échapper quelques cris.
Camus le prit dans ses mains et en le retournant il put voir qu'il possédait une étiquette « à mon trouple préféré », signée de la blanche main d'Athéna.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Milo en regardant par dessus l'épaule du Verseau.
- Ouvrons, proposa Zélos, curieux de voir à quoi son ancienne ennemie avait pu penser pour leur premier Noël tous les trois, qui était aussi leur anniversaire de mise en couple.
Camus défit donc soigneusement le paquet cadeau, et souleva avec des manières d'aristocrate le couvercle, qu'il lâcha de stupeur.
- Mais qu'est-ce que...
Un bébé. Athéna leur avait offert un bébé. Tout petit, à l'état de nourrisson, gigotant dans sa grenouillère bleue et suçotant une tétine rouge. Mais le plus étrange, c'était qu'il possédait la petite tignasse bleue/verte du Verseau, les yeux saphirs de Milo et le magnifique faciès de Zélos.
À côté de lui se trouvait une petite note, disant qu'il avait été fabriqué à partir de leurs ADN et de leurs cosmos, qu'il était donc bien leur enfant biologique, qu'on leur souhaitait un joyeux Noël et que le mode d'emploi se trouvait sous les couvertures qui servaient au petit de matelas.
Zélos fut le premier à réagir. Il prit l'enfant dans ses bras, qui se mit à rire, et le berça de manière vigoureuse en déclarant :
- Comme c'est touchant comme attention. Votre déesse à plus de goût que je ne le pensais, ce petit me ressemble déjà.
Il se mit ensuite à jouer avec l'élasticité de la joue du nourrisson en poussant un ricanement qui fit exploser un des verres en cristal sur la table, mais qui sembla bercer le bambin.
- Mon amour, fit Milo qui s'était rapproché de la Grenouille, je peux le prendre moi aussi ?
Zélos tandis le petit paquet endormis à son deuxième papa, qui l'attrapa délicatement.
- Oh c'est magnifique mon crapaud, il a ton nez !
- « Il, il », marmonna Camus, à côté d'eux. Il faudrait déjà vérifier si c'est bien un garçon.
- C'est juste, fit Zélos. Il faut savoir si c'est une petite reinette ou un vigoureux mâle qui reprendra un jour mon glorifiant surplis.
Milo décida donc de vérifier là où il fallait, mais il fut plus perplexe qu'il ne s'y attendait.
- Alors, heu, je sais que j'ai une réputation de coureur, mais ça, je n'ai jamais vu. Même chez toi Zélos c'est plus, heu... normal.
- Ah ?
Le batracien s'approcha de l'arachnide, et découvrit en effet ce dont le Scorpion voulait parler (que pour le bien-être des lecteurs, nous ne détaillerons pas ici).
- Cet enfant serait-il hermaphrodite ? se demanda le spectre en se grattant la tête.
- Je lui remet sa grenouillère, hein, fit Milo. Camus, tu as trouvé quelque chose dans le mode d'emploi laissé par Athéna ?
- Vu que tous les accords sont au masculin, je dirais que c'est un garçon, mais il faudra redemander, pour être sûr.
Le bébé poussa ensuite un son hors du commun pour réclamer son lait, heureusement fournis dans les accessoires.
- Je vais lui donner, proposa le Verseau. Vous deux, essayez de choisir un nom.
Le Scorpion et la Grenouille mirent tous les deux un doigt sur leurs mentons, réfléchissant à un prénom convenable.
- Camilos ? proposa Milo. Ça fait un mélange de tous nos noms.
- Nous ne sommes pas dans un manga où les protagonistes mélangent leurs prénoms pour créer ceux de leurs enfants ! le rabroua Camus. Trouvez autre chose.
Ils replongèrent donc dans une profonde réflexion.
- Haru ? finit par demander le Scorpion.
- Haru ? répétèrent ses deux conjoins.
- Oui, c'est un prénom japonais. Et puis ça ressemble aux bruits que font les bébés.
- Pourquoi un prénom japonais ? demanda Zélos, suspicieux.
- Attendez, un grec, un français et un cambodgien. On dirait plus le début d'une mauvaise blague qu'autre chose. Et puis comme les réincarnations d'Hadès et d'Athéna étaient japonaises...
Camus et Zélos se regardèrent, tentant de voir si Milo plaisantait. Apparemment non. Ils haussèrent les épaules dans une synchronisation parfaite. Après tout, pourquoi pas ?
Heureux de ce cadeau inespéré, Zélos poussa un rire à vous rendre sourd. Heureux, Milo leva le pouce en l'air. Heureux, Camus esquissa un demi-mircrosourire.
Quant à Haru, il décida de faire la démonstration de la puissance de ses cordes vocales.
Dans le Temple du Capricorne, Shura et Aiolia venaient eux aussi de déballer le cadeau spéciale d'Athéna, et leurs réactions avaient été assez différentes.
Si Shura avait de suite pris le mode d'emploi glissé avec l'enfant, Aiolia ouvrait et refermait la bouche depuis près de cinq minutes, incapable de faire le moindre son.
- Bien, c'est une fille, trouvons lui un nom.
À l'entente de la voix de l'espagnol, l'esprit du Lion revint sur Terre, et son regard se posa sur le bébé.
- Je suis papa, déclara-t-il.
- Moi aussi.
- Je suis papa !
- Aiolia remue tes neurones et vient m'aider à choisir un nom.
Le Lion se donna une claque mentale et s'approcha de Shura qui tenait leur bébé dans les bras. Un prénom pour une petite lionne ? Ou serait-ce une chèvre ? se corrigea-t-il en regardant son compagnon. Les enfants étaient tous nés au court de la semaine, ce serait difficile de savoir à partir de leurs signes astrologiques.
- Lia ? proposa-t-il.
Le Capricorne le regarda de travers.
- Oublie tous les Lia/Aioria ou Aioras.
- Bon bon... Que dirais-tu de Shura ? C'est un prénom féminin en plus.
- Je ne veux aucun nom faisant référence à qui que ce soit dans ce Sanctuaire. Par contre je la verrai bien s'appeler Athéna, comme notre glorieuse déesse.
Les yeux d'Aiolia s'emplirent d'effroi.
- NON ! cria-t-il presque trop vite. Tu vas nous porter malheur.
- Tu oses dire que notre déesse est un porte malheur ? siffla Shura.
Le cinquième gardien déglutit.
- Je dit simplement qu'on ne peut pas donner un prénom divin à un humain, enfin Shura, tu me prends pour qui.
Le dixième chevalier d'or n'insista pas mais son sourcil se leva quand même, suspicieux.
- Bon, sinon que penses-tu de Berthe ?
- Quitte à donner un prénom français, je préférerais Frénégonde.
Au même moment, Temple des Gémeaux
- Qu'est-ce que c'est que cette merde ?
- Le cadeau d'Athéna, Kanon.
- Je vois bien, mais pourquoi a-t-il besoin d'être couvert de chevaux avec des ailes sur fond de petits nuages mauves ?
Milo haussa les épaules. Il ne fallait pas critiquer les goûts d'Athéna. Ils leur devaient la vie, après tout.
- Bon, ouvrons, histoire de voir à quelle horreur on a eu droit cette année.
- Tu exagères, fit le Scorpion en se coulant contre son amant. L'année dernière c'était quand même un beau cadeau qu'elle nous a offert, la déesse.
Kanon posa sa main sur celle de Milo, signifiant qu'il l'avait entendu, tandis que de l'autre il déchirait le papier coloré.
- C'est bizarre, ça remue, fit le huitième gardien. Tu penses qu'elle peut nous avoir offert un chien ou un chat ?
- Je ne sais pas, mais j'ai comme un mauvais pressentiment.
À trois, ils soulevèrent le couvercle et laissèrent échapper un :
- Oh !
- Caaaaaaaamuuuuuuuus !
Le chevalier du Verseau – le modèle roux, occupé à sortir sa dinde du four, faillit la laisser tomber à l'entente du cri de son compagnon, qu'il avait laissé au salon finir de déballer les derniers cadeaux tout seul. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir débarquer le Scorpion tout sourire, tenant un minuscule bébé dans ses bras.
- Regarde mon Camus, comme il est mignon !
- Où as-tu trouvé cet enfant, Milo ? demanda le maître des glaces d'une voix impassible.
- C'était dans le cadeau de Saori, elle dit qu'elle a fabriqué ce bébé avec notre ADN et notre cosmos et que c'est notre enfant biologique. Il est pas adorable ?
Camus s'essuya les mains et s'approcha de Milo qui gagatisait déjà avec le nourrisson, ce dernier observant avec attention tout ce qui l'entourait de ses grands yeux bleus.
- On le garde, hein mon Camus ?
Le Verseau poussa un soupire amusé devant la mine de chiot battu de son compagnon. Et ça se prétendait chevalier d'or ?
- Milo, les enfants ne sont pas des animaux.
- Mais... On ne peut pas abandonner ce bébé ! Regarde comme il te ressemble en plus !
- Il a des cheveux bleus, comme toi.
- Mais regarde ses traits fins, son nez, sa bouche, sa peau toute blanche, c'est toi, je te dis ! Et puis il est tout mignon ! Je le garde ! Et on va l'appeler Gabriel !
Un petit sourire prit place sur le coin des lèvres du français, contaminé par l'enthousiasme de son amant.
Après tout, pourquoi pas ?
Dans le Temple du Scorpion, Milo et Aiolia, ayant décidé de commencer par le paquet à pégases suspect, en avaient complètement oubliés leurs autres présents, totalement absorbés par Katherine, leur fille.
- C'est pas adorable mon chaton ?
- Athéna me surprend de plus en plus, avoua le Lion. D'abord la potion, maintenant ça... On dirait qu'elle s'en veut vraiment pour tout ce que nous avons eu à subir.
Milo laissa échapper un gloussement.
- Je dirais surtout que ça l'arrange aussi. Ce n'est pas la déesse de la stratégie pour rien.
Les deux hommes échangèrent un long baiser avant de reporter leur attention sur le bébé, qui s'était endormi.
- Quel Aioros allons nous prendre pour son parrain ? demanda le Scorpion au bout d'un moment.
- On s'arrangera avec les autres Aiolia, fit le cinquième gardien. Je suis sûr qu'ils ont eux aussi reçus le même genre de cadeaux que nous.
Milo posa sur son amant un regard chargé d'amour.
- Je t'aime, murmura-t-il dans son cou.
- Joyeux Noël Milo, répondit le Lion.
De leur côté, bien au chaud sous une couette d'un lit des Enfers, Rhadamanthe et Kanon se permirent de ricaner méchamment. Eux, avoir un bébé ? Non merci sans façon, ou du moins pas avant deux ou trois cents ans.
Ils avaient eu beaucoup de chances, se dit Kanon, qu'Athéna parle de son projet à Hadès et que celui-ci laisse maladroitement échapper l'info devant son juge, qui était aller illico presto au Sanctuaire pour clamer haut et fort à la déesse de la Sagesse que « Non ils ne voulaient pas d'un môme geignard dans leurs pattes et que leur relation était purement sexuelle merci bien ! ».
Élever un gosse. Quelle horreur. Les autres ne savaient pas ce qui les attendait.
Quelques années avaient passé, embaumant le Sanctuaire de cris de joies et surtout d'enfants. Ces petits êtres adorables qu'Athéna avait eu la bonté d'offrir à ses loyaux suj... hum chevaliers, et qui gambadaient maintenant partout entre les douze Temples.
- Jojo ! Jojo revient ici tout de suite ! cria DM en tentant de rattraper un petit monstre de cinq ans en culotte courte et qui semblait prendre un malin plaisir à s'enfuir loin des remontrances paternels.
- JOSUÉ-BERNANDO-ACHILLES ! tonna la voix de Shura, L'autorité parentale suprême. Tu obéis à ton père.
Le petit bout shoota dans un cailloux en grommelant et retourna auprès de ses parents, qui l'attendaient de pieds fermes. Les pastas c'était sacrés, on ne les quittaient pas en plein milieu du repas pour aller jouer avec les copains !
Et oui ! Les enfants qu'avait donné Athéna en cadeau de Noël à ses chevaliers avaient grandi, et atteignaient leur cinquième printemps.
La petite fille qu'avaient reçus Shura et Aiolia avait finie par être baptisée, grâce à l'intervention d'Athéna, Ilona, en hommage à la mère de Shura et à l'arrière grande-tante du cousin par alliance d'Aiolia.
Et elle était à présent en train de jouer avec sa poupée, assise sur l'herbe verte et tendre, surveillée par le regard attendrit de ses parents qui berçaient leur nouveau bébé, une autre fille baptisée joliment Pomme, une idée de Milo.
Un peu plus loin Milo et Aiolia arrivèrent, tenant eux aussi leur petite fille par la main, qui se dégagea dès qu'elle vit son amie.
- Ilo ! fit-elle en sautant sur la fille du couple Capricorne/Lion. Tu joues avec moi ?
Ilona hocha la tête, heureuse de retrouver son amie. En plus, comme elles avaient toutes les deux un Aiolia pour papa, elles se ressemblaient beaucoup, partageant ainsi les mêmes yeux verts et le même sourire innocent. Ce qui permettait qu'on ne les confonde pas, c'était les longs cheveux noirs de jais d'Ilona et ceux blonds toujours emmêlés de Katherine.
- Koya ! appela Milo. N'oublie pas qu'il faut que tu finisses tes Dohko de Noël avant ce soir !
- Promis papa !
Les deux petites filles filèrent, passant devant un petit garçons au visage fin, aux longs cheveux bleus et peau très pâle qui semblait absorbé par le dessin qu'il était en train de faire. Tellement absorbé qu'il ne vit pas le temps passer et le soleil décliner vers l'horizon.
Ce ne fut que la main de son père sur son épaule qui parvint à ébranler sa concentration.
- Tu dessines quoi ? demanda Camus.
- Pigeon.
- Pigeon ?
- C'est comme ça que s'appelle le pigeon qui dort chez Jabu.
- C'est très bien fait, fit Milo en s'asseyant de l'autre côté de son fils.
Les deux adultes échangèrent un regard en voyant que l'enfant ne les écoutait déjà plus.
- Il est constamment dans la lune, fit Camus par télépathie.
- J'ai entendu dire que ses amis le surnommait Dream...
- Tu viens Gabriel ? demanda Camus en tendant sa main au petit. On va aller chercher ta petite sœur et ensuite on va rentrer.
Le petit prit la main de son père et se dirigea avec ses parents vers un petit étang où se trouvaient deux petites filles de cinq et trois ans. La première avait d'épaisses boucles blondes et des yeux couleur d'océan, et la seconde des mèches rouges et un regard saphir.
- Tu fais quoi Sarah ? demanda la plus petite.
- Je cherche des poissons.
La rouquine s'approcha pour tenter d'en voir elle aussi.
- Huguette tu me marches sur les pieds.
Elle s'écarta immédiatement en s'excusant. Mais en voulant reculer, l'enfant de trois ans glissa et donna un violant coup dans le dos de Sarah, qui tomba tête la première dans la marre.
Le sang d'Hugette se glaça. Qu'est-ce qu'elle venait de faire ? Elle avait tué Sarah !
- Papaaaaaaa !
La petite se jeta dans les bras de Camus, qui accueillit son enfant en larmes.
- J'ai tué quelqu'un !
- Déjà ? fit Milo qui arrivait en tenant Gabriel par la main. Je veux dire : qui ça ?
- Saraaah !
Les yeux de Gabriel se levèrent et ils dévisagea sa petite sœur.
- Hue, tu as tué Sa-chan ?
Le reproche était palpable, et la rouquine rentra la tête dans les épaules. Elle n'avait pas fait exprès ! Elle avait juste glissé !
Camus soupira.
- Si ni Milo ni Kanon ne sont encore venus nous trucider, c'est qu'elle va bien, ne t'inquiète pas.
Comme il disait ces mots, une tête blonde et ébouriffée refit surface.
- Tiens, qu'est-ce que je te disais.
Le Verseau fit signe au Scorpion de le suivre. Il était tard et bébé n'allait pas tarder à s'endormir.
De son côté, assise dans sa marre, Sarah regardait avec un grand intérêt les ronds se former tout autour d'elle après sa chute. Encyclie, avait dit Papa.
- Sarah ? Qu'est-ce que tu fais là-dedans ? demanda Milo en venant chercher son enfant. La baignoire n'est pas ici.
- Je voulais voir des poissons.
- Et bah maintenant y en a un, fit Kanon en l'attrapant. Viens, il est tard et tu vas prendre froid.
Sarah ne protesta pas, et suivit ses parents et passa devant un Josué qui avait apparemment encore réussit à échapper à la surveillance de DeathMask et qui s'amusait à tirer sur un pigeon avec un lance-pierre. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il ne s'agisse pas de l'oiseau de Jabu.
Regardant toutes ces charmantes petites familles depuis son Temple, Athéna laissa échapper un sourire heureux, main dans la main avec son Pégasounet.
Vraiment, elle ne remercierait jamais assez ses chevaliers au physique hors du commun qui lui avaient donné ces deux géniales idées.
Un grand merci à tous pour m'avoir lue, et Joyeux Noël !
