Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :

- Invite : ''Défaite''

- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Contexte : Bonus de ma fic ''L'Arbre du Pendu''

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Les sous-sols du Donjon Rouge étaient jonchés de pierres. Comment auraient-ils pu en être autrement ?

C'était le ciel qui leur était tombé dessus, comme si les dieux auxquels aucun des deux n'avaient jamais vraiment cru, qu'ils avaient tous deux méprisés à de trop nombreuses reprises avaient choisi de les punir pour tous les péchés dont on les avait accusés, ceux qu'ils avaient commis et ceux dont ils étaient innocents.

Le ciel leur était tombé dessus, et ils n'avaient pas réussi à l'en empêcher.

Mais au moins, ils étaient vivants. C'est ce à quoi Jaime songeait en s'extirpant prudemment du crâne de dragon dans lequel ils avaient trouvé refuge. Le Donjon Rouge avait eu beau s'effondrer, s'écrouler, entraînant tout le pouvoir qui avait fait la puissance de la maison Lannister dans sa chute, ils étaient vivants, et rien d'autre n'avait d'importance.

Une fois que Jaime fut sorti, il prit la main de Cersei pour l'aider à se dégager à son tour de la tête de dragon, si semblable à celle du monstre qui qui avait réduit Port-Réal en cendres, répandant le feu et le sang dans ses rues.

Quand elle fut enfin debout à côté de lui, Jaime put voir sur son visage pâle les sillons tracées par les larmes qu'elle avait versées quand ils avaient cru mourir dans les bras l'un de l'autre. Ils avaient beau être sains et saufs, elle tremblait toujours. Elle continuait de regarder les voûtes du plafond d'un air inquiet, comme quand il l'avait enfin rejointe, comme si elle craignait que ce qu'il restait du Donjon Rouge puisse se remettre à tomber, à presque les ensevelir. La main qu'elle avait posée sur son ventre proéminent de femme enceinte semblait être agitée de spasmes, qu'elle essayait tant bien que mal de cacher en frottant sa paume en cercles sur son abdomen, comme si elle cherchait à apaiser le petit lionceau qui était toujours à l'intérieur, mais qui devrait bientôt pointer le bout de son nez.

Mais ça ne devait absolument pas être à cet endroit-là. Ça ne pouvait p as être là. Au moment où leur petit viendrait au monde, ils devraient être aussi loin que possible. Ils avaient perdu, Jaime et Cersei le savaient bien. Ils avaient perdu, alors ils devaient fuir. Ils devaient fuir, et ce, le plus loin possible, parce que Daenerys Targaryen allait les traquer.

Si, par le plus grand des malheurs, elle parvenait à les capturer, Jaime ne voulait même pas penser à ce qui les attendait. La mort, sans aucun doute. Mais si la fille Targaryen était vraiment aussi folle que l'avait été son roi de père, alors, cela ne se passerait pas bien. Cela ne se passerait pas sans souffrance, sans sang.

Et du sang, Jaime en avait assez vu : pour rien au monde, il ne laisserait répandre celui des derniers Lannister, celui des derniers lions. Daenerys Targaryen pouvait bien s'asseoir sur ce maudit Trône de Fer et exiger que l'on s'incline sur son passage et qu'on l'appelle ''Votre Majesté'' si ça lui chantait, mais il était absolument hors de question qu'il lui permette de faire du mal à Cersei ou à leur bébé à naître. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l'en empêcher, même si cela voulait dire signer son arrêt de mort.

Tout ce qu'il avait fait avait toujours été pour Cersei, pour Cersei et leurs enfants, et cela n'était pas près de se terminer. S'il devait mourir pour l'un d'entre eux, ou pour assurer leur sécurité, eh bien soit. Il mourrait.

Tenant toujours Cersei par la main, il l'entraîna avec lui dans l'espoir de trouver une quelconque issue, une ouverture sur leur liberté, non sans lui avoir donné un regard chaleureux et un sourire rassurant avant, tout en traçant des cercles apaisants sur le dos de la main qu'il tenait avec son pouce.

Les sorties qui menaient à l'extérieur du château semblaient avoir été toutes bloquées par les monceaux de pierres et de gravats, et c'est en vain qu'ils cherchèrent. Il fallait se rendre à l'évidence : ils étaient bel et bien bloqués.

Jaime pensa pendant un bref instant, une fraction de seconde à remonter par où ils étaient descendus, et de prendre un autre passage secret qui leur aurait permis de sortir discrètement du château en ruines, mais il chassa bien vite cette idée de son esprit. Si Daenerys avait déjà envahi le Donjon Rouge, où plutôt ce qu'il en restait, elle demanderait à ses Immaculés de chercher Cersei sans relâche, jusqu'à ce qu'ils l'aient retrouvée, morte ou vive, car il n'y aurait que de cette manière-là qu'elle serait sûre de ce qui allait arriver à son ennemie. Remonter dans le château ne ferait que mettre Cersei et le bébé en plus grand danger qu'ils ne l'étaient déjà, et cela, Jaime ne pouvait s'y résoudre.

Il sentit Cersei serrer sa bonne main dans la sienne. Elle était tendue : bien sûr qu'elle l'était. A ce moment-même, elle était sans aucun doute la personne la plus recherchée des Sept Couronnes. Il se tourna vers elle, et, sans un mot, la prit dans ses bras, l'étreignant, jusqu'à ce qu'il la sente se détendre, ne serait-ce qu'un tout petit peu, contre lui.

La suite se déroula si vite que Jaime n'eut pas le temps de réagir.

Des Immaculés débarquèrent par dizaines dans les sous-sols, les cernant rapidement, les encerclant, les coinçant contre le mur, lances brandies en avant, pointe vers eux et regards meurtriers dans leurs yeux noirs.

Jaime, dans une tentative aussi désespérée qu'inutile de protéger Cersei des soldats Targaryens, la poussa derrière lui, se tenant devant elle, son bras avec la main d'or tendu en arrière vers elle, sa main gauche dégainant son épée, comme si, à lui seul, avec une seule main, il aurait pu tous les vaincre, comme si, à lui seul, fier lion qu'il était, il pouvait protéger sa lionne et son lionceau.

Mais ce fut peine perdue.

Les Immaculés étaient plus rapides, plus forts, plus entraînés.

Bien qu'il eut réussi à en désarmer un certain nombre, cela ne fut pas suffisant.

Les Immaculés attrapent Cersei violemment, mais prennent garde à ne pas véritablement la blesser, leur reine le leur a ordonné, elle veut Cersei vivante, et elle n'est pas assez forte pour leur résister, personne n'est assez fort pour leur résister, Jaime non plus ne l'est pas, il se fait attraper, lui aussi, et les soldats ne le touchent pas, ils ne le touchent pas, et pourtant, Jaime les suit, parce qu'ils ont Cersei et qu'il est hors de question qu'il l'abandonne une fois de plus, il ne le fera pas, il le refuse, ils l'ont toujours dit, ils sont venus en ce monde ensemble, ils le quitteront ensemble.

Si Cersei doit mourir, alors, lui aussi. De toute manière, il ne peut pas vivre sans elle. Elle est son autre moitié, une partie de lui. Il ne la laissera pas seule, ni elle, ni l'enfant qu'elle porte.

Il lui attrape la main, malgré les soldats eunuques qui les entourent, et c'est ensemble qu'ils sont amenés dans la salle du trône, devant Daenerys Targaryen.

La victoire est écrasante pour les dragons.

La défaite est cuisante pour les lions.


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