Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Cauchemar''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Le soleil est haut dans le ciel, brûlant, brûlant comme le feu du dragon qui a détruit la cité seulement quelques jours auparavant.

La peau diaphane de Cersei est rouge, aussi rouge que le sang qui a coulé, aussi rouge que les bannières Lannister qui tapissaient les remparts de Port-Réal et les murs du Donjon Rouge, aussi rouge que le dragon tricéphale, emblème des Targaryen.

Elle est debout, devant tous les gens qui ont survécu à l'attaque de Daenerys Targaryen.

Et, à cet instant, elle a l'impression d'être revenue à quelques années auparavant, à ce jour horrible dont elle ne se souvient que trop bien, qu'elle aurait tant voulu pouvoir oublier, mais qu'elle n'avait jamais réussi à faire, parce que ces choses-là ne s'oublient pas, ces choses-là ne s'oublient jamais, jamais, et qu'à ce moment-là, elle revit son pire cauchemar.

Elle est nue, devant tout le monde, à nouveau, alors qu'elle aurait voulu ne plus jamais l'être.

Seulement, cette fois, la foule n'est plus agitée de murmures impatients, impatients de voir leur reine, leur seule vraie reine, humiliée, dédaignée, raillée, insultée.

Les gens sont silencieux, ne disent rien, ne trouvent rien à dire.

Ils ont durement appris qu'il valait mieux ne rien dire, se taire, que c'était le meilleur moyen de survivre, de ne pas périr brûlés, comme pratiquement l'intégralité de la population de la capitale des Sept Couronnes, désormais tombée aux mains des Targaryens, des dragons, de la Reine Folle, la seule vraie Reine Folle, la fille du Roi Fou, qui a mis à exécution son dernier ordre, sa dernière litanie, brûlez-les tous.

Alors, pas un bruit n'anime la place où ils ont tous été rassemblés de force par les Immaculés.

Cersei n'apprécie pas la manière dont ils la regardent, tous, mais elle suppose que ça vaut mieux que les humiliations, puisqu'après tout, il n'existe certainement pas grand-chose de pire.

Daenerys n'est pas encore là, n'est pas encore arrivée, mais ça ne devrait pas tarder, elle va assister à l'humiliation, puis à la mort de son ennemie, elle n'a vécu plus que pour ça depuis de longs mois, elle aussi, pour ça et pour le Trône de Fer qui fut autrefois celui de son père.

Elle va venir, se tenir là, devant tous, aux côtés de Cersei, pour la montrer, pour que les gens sachent ce qui arrive aux traîtres et aux usurpateur, pour exhiber sa plus grande victoire, son plus grand trophée, le lion, devenu la proie du dragon.

La seule chose que Cersei veut, c'est que cela soit rapide.

Tout au fond d'elle, elle espère que Jaime va venir, lui aussi, va arriver et la sauver, comme il n'a pas pu le faire la fois précédente, qu'il va la sortir de là, la protéger, son chevalier en armure rutilante.

Mais ce ne sont que des espoirs, des espoirs vains, Jaime ne viendra pas, si ça se trouve, il est mort, elle ne se fait que des illusions, personne ne la sauvera, personne, sauf peut-être la mort.

Les larmes qu'elle retenait coulent librement, désormais, parce qu'elle n'a plus la force de les retenir, de les en empêcher, et que, de toute manière, elle n'a plus rien à perdre, elle a déjà tout perdu, elle a perdu le jeu des trônes et va donc mourir, avec son enfant, parce que quand on joue au jeu des trônes, on gagne ou on meurt, il n'y a pas de moyen terme.

Au moment où elle se dit cela, il apparaît.

Jaime fend la foule sur son cheval. Il est sale, déguenillé, mal rasé, mais ça ne fait rien. Cela n'a aucune importance.

Il est là.

Les gens s'écartent, le laissent passer.

Il saute à terre, et grimpe sur l'estrade.

Les Immaculés ne bougent pas, ne l'en empêchent pas, et Cersei ne comprend pas pourquoi, ne cherche pas à comprendre, cela n'a aucune importance non plus.

Jaime s'avance vers elle, devant la foule, ahurie.

Il se rapproche, ils n'ont plus que quelques centimètres qui les séparent, et Cersei fond en larmes, vraiment, comme elle ne s'est jamais permise de le faire qu'en étant seule avec lui.

Elle le regarde dans les yeux, en soufflant :

''Tu es venu pour me sauver…''

Jaime soutient son regard, mais ses yeux aussi sont durs, pleins de reproches, de douleur, de colère, et d'autre chose que Cersei ne parvient pas à identifier.

Il l'attrape par la nuque comme il le fait quand il s'apprête à l'étreindre, sauf que cette fois, il est dur, rude, et non pas doux et rassurant comme les autres fois.

''Non.''

Cersei ne sait pas ce qui fait le plus mal entre son cœur qui se brise ou la lame qui vient se ficher dans son dos, entre ses deux omoplates, laissant le sang cramoisi couler à la vue et au su de tous…

Quand soudain, elle se réveille en sursaut.

Avant même qu'elle n'ait conscience d'où elle est réellement, elle sent un paire de bras fort s'enrouler autour d'elle.

Jaime l'attire contre sa poitrine, alors qu'elle tremble, pas encore vraiment remise de son cauchemar, et qu'elle laisse des larmes s'échapper de ses yeux.

Il la tient là, la berçant doucement, en essayant de la calmer comme il peut, murmurant des choses apaisantes.

Au bout d'un moment, elle arrête de pleurer, ses larmes se tarissent et ses sanglots cessent.

Elle plonge ses yeux verts dans les siens, et est un peu rassurée de voir qu'il la regarde avec tendresse plutôt que comme dans son rêve.

Ils attendent encore quelques minutes, avant que Jaime ne brise le silence en demandant d'une voix inquiète :

''Tu veux en parler ?''

Cersei acquiesce doucement, sentant les larmes revenir, silencieuses cette fois, mais ne parvient qu'à murmurer :

''C'était toi…''

Elle n'a pas besoin d'en dire plus. Il sait.

Cela fait déjà plusieurs jours, plusieurs semaines qu'elle rêve qu'il la tue, de toutes les manières possibles et imaginables.

Il la serre plus fort, l'embrasse dans ses courtes mèches blondes, avant de lui dire :

''Je ne te ferai jamais de mal. Tu le sais, cela, n'est-ce pas ?''

Sans bouger, toujours blottie contre lui, elle hoche la tête, oui elle sait, bien sûr qu'elle sait, c'est Jaime, Jaime l'aime, Jaime ne lui fera pas de mal, ne la tuera pas, pas maintenant, jamais.

Elle reste là, sans bouger, pendant que Jaime frotte doucement son dos avec sa bonne main, traçant de grands cercles sur sa peau.

Il l'embrasse à nouveau, sur le front, cette fois, avant de lui murmurer :

''Tu es en sécurité ici… Rendors-toi mon amour…''

Il a raison. Elle est en sécurité. Il vient de lui dire. Alors, elle l'écoute, et ferme les yeux, inspirant profondément son parfum et laissant les douces vagues du sommeil la submerger.


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