Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Je ne sais pas''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Contexte : UA Saison 8 Episode 5 – Divergence de Canon

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Quand les pierres commencèrent à chuter juste devant eux, Jaime attrapa Cersei par la main, et, aussi vite que possible, la tira à l'extérieur, juste avant que les gravats n'obstruent la sortie.

Toussant à cause de la poussière que dégageait l'effondrement, ils tentèrent de reprendre leurs esprits, de remettre en ordre leurs idées alors qu'il venait tout juste d'échapper aux griffes de la mort.

Cersei vit qu'ils étaient désormais sur une petite crique, une mince bande de sable, trop mince pour appeler cela une plage, sa taille encore réduite par les éboulements.

Un petit canot, juste assez large pour deux personnes et contenant un sac, flottait dans l'eau, juste à proximité d'eux.

Elle haletait encore, comme si elle était toujours sous la menace de finir écrasée par le Donjon Rouge, écrasée par son pouvoir, le pouvoir qu'elle avait tant convoité mais dont elle ne voulait plus, à présent.

Elle sentit Jaime la saisir par le bras, à nouveau, plongeant ses yeux verts dans les siens, exactement comme un reflet dans un miroir.

Leurs yeux étaient la seule chose qui était restée vraiment identique au fur et à mesure qu'ils grandissaient.

Leurs yeux, leurs yeux verts Lannister, jade perçant et feu grégeois brûlant, dans lesquels ils aimaient tant se perdre l'un l'autre.

Après une fraction de seconde passée à se regarder, à se redécouvrir, Jaime, toujours essoufflé par leur course folle à travers les entrailles du Donjon Rouge, demanda à Cersei :

''Est-ce que tu vas bien ?''

Elle hocha la tête, acquiesçant, le rassurant, oui, tout va bien, tout va bien maintenant, je suis avec toi, alors ça va, tout va bien se passer, tout va s'arranger.

Jaime ôta sa main de chair du bras de Cersei, et la posa sur son ventre :

''Et le bébé ?''

A ses mots, Cersei sentit une larme, une larme solitaire, la seule larme qui lui restait, la seule larme qu'elle n'avait pas versée quand elle avait cru y rester rouler le long de sa joue :

''Je… Je ne sais pas…''

Instinctivement, ses doigts vinrent rencontrer ceux de Jaime par-dessus le tissu épais de sa robe, dans l'espoir de sentir quelque chose, un coup de pied, le moindre signe de vie, du petit lionceau qui y grandissait.

Rien.

Il n'y avait rien.

Le néant, seulement.

La main de Jaime rejoignit celle de Cersei, et, la prenant doucement, il la tira légèrement :

''Allez, viens. On t'emmènera chez un mestre dès que nous arriverons à Pentos, mais il faut partir, maintenant, ou Daenerys risque de nous retrouver.''

Cersei se laissa guider, faisant une confiance aveugle à Jaime.

Après tout, il était revenu vers elle, pour elle, alors qu'elle avait menacé de le tuer.

Bien sûr, qu'elle ne l'aurait jamais tué. Elle n'en était pas capable.

Être seul était une malédiction en ce bas monde, et, sans Jaime, elle aurait été seule définitivement.

Et maintenant, il était là, et elle ne serait plus jamais seule. Plus jamais.

Il l'aida à monter dans le bateau, puis grimpa à son tour, s'installant en face d'elle, sans lâcher sa main.

Elle le regarda s'emparer des rames, mais elle grimaça quand elle vit le sang qui avait séché sur sa veste.

''Jaime…''

Il leva ses yeux vers elle.

''Tu ne vas pas pouvoir ramer avec ta blessure…''

Il lui fit un petit sourire, qui avait tout du fantôme du sourire arrogant qu'il arborait tellement souvent de longues années auparavant, quand ils avaient l'impression d'être au-dessus de tout le monde.

''Mais si, ne t'inquiète pas pour moi. Je t'ai déjà dit que ce n'était absolument rien.''

Elle le dévisagea, dubitative :

''Qui a fait ça ?''

''Euron Greyjoy.''

La mention du pirate arrogant et prétentieux vint assombrir la conversation.

''Je suppose qu'il a fui vers les Îles de Fer. Tu avais raison, ce n'était qu'un lâche.''

Jaime la regarda longuement :

''Euron Greyjoy n'a pas pris la fuite pour les Îles de Fer, bien que ce ne soit pas l'envie qui lui en ait manqué.''

Elle le fixa, une lueur naissante de compréhension dans ses prunelles :

''Tu l'as tué.''

Ce n'était pas une question, c'était une affirmation. Au fond, elle le savait déjà.

''Oui. Et maintenant, je ne veux plus jamais parler de lui. Il fait partie du passé, et le passé est derrière, loin derrière. Nous, on vogue vers notre avenir.''

Au moment où il dit cela, Cersei se retourna pour regarder le Donjon Rouge, ou plutôt, ce qu'il en restait, ce qu'il restait de ce qui avait été sa maison pendant les vingt dernières années.

Il tombait totalement en ruines, les flammes le ravageant encore par endroits, des tourelles et des pans de murs continuant à s'effondrer de temps à autres.

Daenerys Targaryen avait voulu être la reine des Sept Couronnes, mais elle ne deviendrait que la reine des cendres.

Voyant que Cersei était à moitié perdue dans ses pensées, Jaime poursuivit :

''Nous allons enfin pouvoir former une famille, comme nous l'avons toujours voulu. On pourra se marier, et élever notre fille ensemble.''

Cersei tourna sa tête pour le regarder, un sourcil levé et une demi-sourire naissant sur ses lèvres :

''Une fille ?''

''Je suis sûr que c'en est une.''

Il voulait une fille, une jolie petite princesse avec des boucles blondes et des yeux vert émeraude, les mêmes qu'eux, qui grandirait pour devenir le portrait craché de sa mère et qui aurait un sourire aussi éblouissant que le soleil.

''Et si c'est un garçon ?''

''Fille ou garçon, cela n'a aucune importance : tant que vous êtes en bonne santé tous les deux, je n'ai pas de préférence.''

Cersei sourit vraiment à cette réponse, un sourire sincère, qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps, qui parvint presqu'à lui faire oublier les années qui avaient passées.

''Mais c'est une fille.''

Cersei leva les yeux au ciel, mais en continuant de sourire.

Ils ne savaient pas ce qui allait se passer, ils ne savaient pas ce qui allait leur arriver, mais ils étaient ensembles, tous les trois, alors rien d'autre n'avait d'importance.


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