Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Frisson''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.
Contexte : UA – Saison 8 – Divergence de Canon.
Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.
Bonne lecture !
La nuit noire régnait sur Port-Réal.
Le ciel était obscur, malgré le fait qu'il soit encore le beau milieu de l'après-midi, heure à laquelle, normalement, même si l'hiver était là, il faisait encore jour.
Mais pas ce jour-là.
Cersei s'en rendit compte au moment où elle regarda par la fenêtre, seulement pour voir la capitale des Sept Couronnes plongée dans les ténèbres.
Un vent glacial souffla alors par les larges ouvertures des murs du Donjon Rouge, plus glacial que Cersei n'en avait jamais ressenti de toute sa vie, même quand elle s'était rendue dans le Nord avec le cortège royal près de dix ans auparavant.
C'est alors qu'elle prit réellement conscience de la situation.
Qyburn l'avait avertie quelques jours plus tôt, que le Roi de la Nuit, ses Marcheurs Blancs et son armées de macchabés allait marcher sur Port-Réal.
Il l'avait avertie, mais elle ne l'avait pas écouté, pas plus que les fois précédentes.
Et maintenant, la mort elle-même se présentait aux portes de la ville.
Le souffle de Cersei forma de la buée dans l'air froid, d'un froid mordant, perçant, à vous transpercer jusqu'aux os.
Les Marcheurs Blancs étaient là, et elle était seule.
La plupart des autres étaient morts pendant la Longue Nuit, cruelle bataille qui avait vu perdre le camp des vivants, malgré l'appui de Cersei et des armées Lannister, ainsi que de la Compagnie Dorée à la dernière minute.
Daenerys Targaryen, ainsi que ses trois dragons était morte. Jon Snow était mort. Sansa Stark était morte. Tyrion était mort.
Quand elle avait appris les décès de Sansa et de Tyrion, par quelques soldats qui avaient miraculeusement réussi à échapper au massacre, elle avait senti les larmes lui monter aux yeux, bien qu'elle se soit retenue devant les chevaliers. Après tout, une reine ne pleure pas devant ses sujets.
Elle n'avait jamais cru pleurer un jour la perte d'un frère dont elle avait tant souhaité la mort, mais cela avait été le cas, peut-être parce que Tyrion lui ressemblait bien plus qu'elle ne voulait réellement l'admettre, réellement se l'admettre. Et Sansa… elle avait été sincère quand elle avait dit qu'elle la considérait presque comme sa fille. Certes, elle avait été dure avec elle, peut-être un peu trop pour son jeune âge et son innocence, mais le monde était comme ça, dur, cruel, impitoyable avec les enfants et les innocents, et cela, Sansa l'apprendrait un jour ou l'autre. Cersei avait été tellement fière de sa petite colombe quand elle avait su ce qu'il était advenu des Bolton. Elle était persuadée qu'elle ferait une excellente reine, mais après tout, elle avait été son élève, même contre son gré, et elle avait retenu les leçons que Cersei lui avait dispensées.
Et Jaime… elle n'avait pas de nouvelles de Jaime…
Elle refusait de croire qu'il était peut-être mort. Cela était proprement impossible.
Elle ne voulait pas penser qu'il était mort loin d'elle, seul, dans le Nord.
Et puis, de toute manière, elle l'aurait su. Elle l'aurait su, s'il n'était plus de ce monde.
Mais, au fur et à mesure que le froid devenait de plus en plus intense, elle commençait sérieusement à douter qu'il soit toujours en vie.
Le Nord, le Conflans, le Val et les Terres de l'Ouest avaient été envahis par l'armée des morts.
Euron Greyjoy, lâche qu'il était, était reparti aux Îles de Fer avec sa flotte, dès qu'il avait appris la mise en déroute des vivants.
Et maintenant, Cersei était seule, perdue au beau milieu de l'immensité du Donjon Rouge.
Elle entra dans la salle du trône, poussant avec difficulté les lourdes portes battantes qui refusaient de bouger à cause du gel.
Quelle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit que des flocons de neige blancs tombaient à l'intérieur de la pièce, recouvrant le sol carrelé d'un épais manteau blanc et duveteux, totalement immaculé.
Cersei sentit le froid l'engourdir, elle se mettait à frissonner et à trembler, tentant vainement de se réchauffer en frottant ses mains de haut en bas sur ses bras, mais sans grand succès, tandis que le blizzard continuait de souffler de toutes ses forces, les vents de l'hiver s'abattant réellement sur la cité.
Elle ne pouvait pas se rappeler un seul moment où elle avait plus souhaité la présence de Jaime à ses côtés, sauf peut-être pour sa Marche d'Expiation, mais cela semblait remonter à tellement longtemps qu'elle peinait parfois à s'en souvenir, comme si ce n'était plus que les vestiges d'un lointain cauchemar.
Elle était entièrement seule, là, à frissonner, en plein milieu de la salle du trône du Donjon Rouge, devant le Trône de Fer, qui commençait, lui aussi, à être recouvert par la neige et elle aurait tant voulu que Jaime soit là…
Il lui manquait tellement, plus qu'elle n'aurait jamais pu le décrire. On ne pouvait pas mettre de mots sur le désespoir que son absence lui provoquait, et elle se surprit à prier des dieux auxquels elle ne croyait même plus de faire que Jaime arrive.
Connaissant son corps mieux que le sien, elle pouvait parfaitement imaginer sa grande carrure, ses épaules fortes, sa mâchoire forte également, ses cheveux, et ses yeux vert émeraude si semblables à ses mares de feu grégeois ardent…
Mais alors qu'elle rêvait d'yeux verts, c'en fut des bleus qui apparurent.
Elle fut stupéfaite.
Un Marcheur Blanc se tenait là-bas, dans l'antre de la porte.
Si elle avait déjà vu un mort auparavant, quand les Stark et la fille Targaryen en avait capturé un au-delà du Mur, puis l'avaient apporté à Port-Réal dans le but de les lui montrer, de l'obliger à en prendre conscience, c'était la première fois qu'elle se retrouvait face à un Marcheur Blanc, dont on leur avait conté les histoires au coin du feu, à elle et à Jaime, quand ils étaient enfants.
Sans le quitter des yeux, elle recula instinctivement, se tenant désormais juste à côté de son trône, sa main venant reposer sur la garde du poignard qu'elle avait coincé dans sa ceinture, prête à dégainer si la créature venait à s'approcher trop près d'elle.
Mais, bientôt, ce ne fut plus un, mais deux, puis trois Marcheurs Blancs qui étaient là, avec certains des cadavres qui leur tenait lieu de soldats.
Elle continuait de frissonner, de trembler, mais de peur ou de froid, elle ne savait plus.
Elle se retrouva paralysée, incapable de faire le moindre mouvement alors que la Mort se rapprochait inexorablement d'elle.
Quand soudain…
Une porte derrière elle s'ouvrit à la volée…
Un cri d'un des spectres déchira le silence angoissant qui pesait dans la nuit…
Une main froide comme la glace qui vint se poser sur sa bouche, étouffant ses cris, l'empêchant de hurler à son tour, une autre, tout aussi glacée, qui attrapa son bras et l'entraîna…
Merci d'avoir lu! Prenez le temps de laisser un petit commentaire, c'est toujours un plaisir :)
