Une part de bonheur

Autrice : Lilomanga

Chapitre : 4/24

Coucou, j'espère que vous avez passé une bonne semaine ! me revoilà avec un nouveau chapitre pour vous.

Pour ceux qui m'ont redemandé, je publie tous les samedis, j'essaie de publier le matin. Merci pour vos reviews, vous êtes supers.

Bonne lecture !

Chapitre 3 : A la découverte de mon fils

Dès son réveil, Harry appela son cabinet pour prendre deux semaines de congé et décaler ses rendez-vous. Sa secrétaire avait râlé et avait exigé des explications auxquelles Harry avait évité de répondre.

L'obstétrimage avait décidé que ces deux semaines seraient consacrées à son fils. Il s'était levé assez tôt et préparait des pancakes dans la cuisine pour le petit-déjeuner. Il avait déjà mis les couverts et le jus d'orange qu'il avait pressé sur la table et le reste de tarte à la mélasse de la veille. L'odeur dû l'attirer car Gabriel arriva dans la cuisine en baillant à s'en décrocher la mâchoire.

-Bonjour Gabriel.

-Bonjour Harry, tu peux m'appeler Gaby, tout le monde le fait.

-C'est noté ! Est-ce que tu as bien dormi ?

-Oui, la chambre est parfaite, merci de m'avoir laisser rester ici.

-De rien, sourit Harry. Tu veux des pancakes ?

- Bien sûr que je veux des pancakes !

Harry sourit en retournant un pancake dans la poêle et le laissa dorer quelques secondes. Il l'ajouta sur une assiette déjà remplie et la ramena sur la table avec différentes confitures. Harry avait toujours aimé cuisiner. Même chez les Dursley alors que son oncle le frappait dès qu'un aliment était trop ou mal cuit à son goût.

Dès qu'il avait eu l'âge de se tenir derrière un fourneau, sa tante l'avait formé à la cuisine. Il avait toujours été fasciné de voir les ingrédients être transformés au fur et à mesure que la réalisation du plat se concrétisait. Il appréciait particulièrement ce moment où l'odeur des ingrédients bruts changeait pour devenir celui du plat. A Poudlard, il adorait se glisser dans la cuisine et emprunter les fourneaux aux elfes de cuisines pour se faire des cookies ou autres petits goûters. D'abord pour lui-même, puis pour Draco et lui.

Sa dépression lui avait momentanément fait perdre son attrait pour la cuisine, mais depuis qu'il vivait tout seul, il avait réappris à aimer ce plaisir simple. L'idée de cuisiner pour son fils un vrai petit-déjeuner, comme il n'en faisait que pour Hermione ou Ron quand ils dormaient chez lui, lui avait donné envie.

Un part de lui avait été terrifiée en se réveillant que tout n'ait été qu'un rêve et que Gabriel ne soit pas dans la chambre. Un rapide regard à travers la porte entrouverte lui avait assuré que non, son fils était là. Son bébé qui était venu jusqu'à lui. Pourquoi maintenant ? Harry n'en avait aucune idée mais il était heureux et profitait en tentant de répondre au mieux à ses questions.

Gabriel tendit la main et attrapa la confiture de rhubarbe pour en tartiner ses pancakes et sur sa tarte à la mélasse.

-Alors ça se passe bien à Poudlard, tu es dans quelle maison ?

-Serpentard, 6ème année. Et oui, ça se passe bien.

Harry qui tartinait son pancake de confiture arrêta son geste.

-C'est bien.

-Tu n'es pas surpris ? Serpentard a mauvaise réputation…

L'air d'Harry devait parler pour lui car Gabriel comprit tout de suite.

-Il était à Serpentard, c'est ça ?

-Le Serpentard par excellence, ambitieux, rusé…

-Et tu l'aimais ?

Harry soupira légèrement en déposant sa fourchette, il savait que les questions sur Draco arriveraient. Il avait néanmoins espéré qu'elles ne viendraient pas aussi rapidement.

-Oui je l'aimais. Je pensais qu'il était l'homme de vie quand j'avais 18 ans. Mais je n'étais pas le sien, répondit Harry tristement.

-Et tu ne t'es jamais remis en couple depuis.

-J'ai essayé, mais je crois juste que je ne suis pas fait pour être avec quelqu'un, je dois être trop cassé.

Oui, poussé par sa psy, Hermione et Ron, Harry avait essayé. Mais comment fonder une relation stable alors qu'il passait tout son temps à comparer son flirt du moment au rire de Draco, à la blondeur de ses cheveux, à sa voix trainante et à son sarcasme. Draco avait beau l'avoir blessé, il l'avait dans la peau.

-Mais parle-moi de toi plutôt, reprit-il, Tu as quelqu'un ?

Il vit son fils rougir et posé sa main sur le collier qu'il portait. Harry ne l'avait pas vu la veille, mais ce geste attira son attention. Il était simple, un collier d'argent avec un pendentif orange et rouge qui ressemblait à une flamme.

-J'ai…un copain, oui. Il est…il est plus grand que moi. Zahran. On est ensemble depuis bientôt deux ans, dit Gabriel d'une petite voix timide.

-C'est un très joli prénom, dit Harry avec un sourire sincère.

-Je l'appelle zaza, il déteste ça, sourit Gabriel. Enfin, en tout cas, il dit qu'il déteste ça.

Ils discutèrent un bon moment apprenant à se connaître doucement, en tâtonnant. Gabriel adorait sentir les prémices d'une complicité avec cet homme qui lui avait donné vie. Il avait passé son enfance à l'imaginer : sa façon d'être, sa façon de parler... sans effleurer la réalité.

Il espérait qu'au terme de ses vacances, il aurait appris à connaître son père. Ce parent fantôme qui même sans faire partie de sa vie influençait certains de ses choix de manière parfois inconsciente. Il savait qu'il attendait beaucoup de cette rencontre mais il était à un tournant de sa vie où il avait eu besoin de réponses pour apaiser son esprit parfois tourmenté.

Ils débarrassèrent la table après avoir mangé et Gabriel alla récupérer son téléphone portable. Depuis quelques années, une compagnie sorcière avait développé des téléphones dont les ondes électriques n'interféraient pas avec celles magiques. Les jeunes se l'arrachaient en particuliers les nés-moldus qui avaient souvent du mal avec les hiboux.

Ses parents lui en avaient acheté un lors de sa cinquième année pour communiquer plus facilement avec lui. Il l'utilisait surtout pour s'échapper de sa maison et retrouver son amoureux dans Poudlard sans se faire chopper.

Il attrapa son téléphone qui chargeait sur la table de nuit, il avait un message auquel il répondit.

Zaza : Mon cœur tu es bien rentré, tu ne m'as pas envoyé de message. Ça va ?

Gaby : Oui, désolé je me suis endormi tout de suite en rentrant.

Zaza : ça va mieux ? Tu n'avais pas l'air en forme avant de partir.

Gaby : Oui, ça devait être le stress avec les examens, ça va mieux.

Zaza : Deux semaines sans toi, c'est trop long…

Gaby : Moi aussi tu vas me manquer, mais…on se rattrapera en rentrant. :3

Zaza : des promesses, toujours des promesses…

Gaby : Je dois y aller, je t'appelle ce soir, je t'aime.

Zaza : Je t'aime encore plus ! A ce soir !

Gabriel déposa son téléphone sur son lit et s'allongea en posant une main sur son ventre avant de se mettre en position fœtus comme il le faisait souvent lorsqu'il était stressé. Cette position l'apaisait toujours. Encore plus quand Zahran le tenait derrière lui en l'enlaçant. Il avait bien réfléchi avant de partir pour les vacances loin de Zahran. Il lui avait dit qu'il partait à l'étranger pour justifier le fait qu'il ne pourrait pas se voir du tout mais la vérité était tout autre.

La vérité, elle était dans son ventre, grandissant lentement en lui pompant toute son énergie. Il avait fallu que ses vertiges soient quotidiens pour qu'il accepte enfin d'aller chez l'infirmière comme son amoureux lui avait déjà demandé plusieurs fois. Il pensait en avoir pour quelques jours de repos et une potion mais la réalité fut toute autre.

Il était mineur et quand madame Pomfresh avait dit qu'elle devrait en parler à ses parents, il lui avait lancé un sort d'oubliette et avait fui la pièce en courant. Il avait été incapable de le dire à son petit ami et lui avait répondu qu'elle lui avait donné une potion quand il lui demanda ce qu'il en était.

Des centaines de questions tournaient dans son esprit et quand il pensa à toutes ses options, il lui avait semblé nécessaire de retrouver ses parents biologiques. Le dossier qu'il avait retrouvé dans le bureau de son père ne faisait mention que de son père « Harry Potter ».

Évidemment, il avait été surpris. Tout le monde savait au moins de nom qui était le survivant. Celui qui avait tué celui-dont-on ne-devait-pas-prononcer-le-nom à tout juste un an. Gabriel voulait être créateur de sortilèges plus tard et il avait lu de nombreux ouvrages de sortilèges en tout genre qu'il accumulait depuis ses dix ans. C'est dans un des manuels que lui avait offert Zahran l'an dernier qu'il avait trouvé un sort de localisation. Il lui suffisait d'un objet appartenant à la personne recherchée.

En fait, depuis qu'il avait appris que son bracelet appartenait à son père, l'idée avait commencé à cheminer dans son esprit. Apprendre qu'il avait un bébé dans le ventre l'avait conforté dans son idée. Il avait besoin de savoir pourquoi il avait été abandonné. Il avait retiré son bracelet, l'avait placé dans une coupole et avait lu l'incantation en effectuant les mouvements de baguette du manuel en espérant réussir. Ce sort était gourmand en magie et il lui avait fallu trois essais pour réussir.

Ce fut facile de dire à ses parents qu'il restait à Poudlard, à son amoureux qu'il partait avec ses parents. Il n'avait pas aimé manipuler des gens qu'il aimait comme ça, mais prit tout de même le train pour trouver la maison de son géniteur. Il était hors de question de renoncer, bien qu'il ne sache pas comment il serait reçu. Le Serpentard avait économisé assez de son argent de poche pour se louer une chambre d'hôtel dans les environs pour les deux semaines. Il avait espéré être au moins toléré et avait décidé de venir tous les jours pendant cette période pour avoir au moins un tête à tête avec Harry Potter. Il n'avait pas imaginé être reconnu et accueilli sans aucune demande de preuve autre que son visage. Son père biologique l'avait vu et l'avait enlacé en pleurant de ses retrouvailles inattendues. Non seulement, il s'était retrouvé hébergé, mais en plus Harry essayait de répondre à toutes ses questions du mieux qu'il pouvait même si parfois c'était difficile et même si c'était parfois peu glorifiant.

Il avait encore plein de questions qui se bousculaient dans sa tête mais savoir qu'il n'avait pas été abandonné mais confié l'avait soulagé d'un poids qu'il n'avait jamais eu conscience de porter. Pourtant il se contenait pour ne pas noyer Harry de questions même si le brun n'avait jamais refusé d'y répondre à part celle concernant l'identité de son second père biologique.

Gabriel se demandait même si son second père n'était pas connu pour que le brun ne veuille pas lui en parler. Il se demandait s'il avait les yeux gris comme lui. Parfois quand Harry le regardait il avait l'impression qu'il regardait une autre personne que lui-même.

C'est un bruit contre la porte de sa chambre qui le sortit de ses pensées.

-Gabriel ! Tu veux qu'on sorte ? Enfin qu'on se balade un peu, dehors ? Il y a un parc très sympa pas très loin.

-Oui, j'arrive !

Il se redressa et enfila une veste et des chaussettes avant d'ouvrir la porte où Harry l'attendait, déjà habillé et lui souriant. Harry attrapa ensuite sa chienne et lui mit sa laisse avant d'ouvrir la porte suivi par son fils.

oOoOo

Ça faisait plusieurs jours que Gabriel était arrivé chez lui et Harry se posait des questions. La première fois que Gabriel avait englouti une part de tarte à la mélasse avec de la confiture de rhubarbe et des paillette colorées, il avait pensé que leur goût était similaire parce que lors de sa grossesse Harry ne jurait que par ce dessert. Quand il l'avait emmené se balader dans un parc et que Gabriel avait senti un marchand de hot dog beaucoup trop loin d'eux pour être senti par un odorat lambda, il s'était dit que son fils avait un odorat surdéveloppé. Mais quand il avait eu des sautes d'humeur alors qu'il faisait les courses en commençant un débat sur le fait que manger de l'agneau ou du veau n'avait aucun sens parce que ça n'apportait quasiment rien nutritivement et qu'il avait fini les yeux embués en lui demandant pourquoi on mangeait des bébés animaux Harry avait mis sa casquette d'obstétricien et avait été plus attentif à certains détails.

Il n'avait aucune nausée matinale, en tout cas quand il était avec lui, c'est-à-dire toute la journée, mais il savait que bien que ce symptôme soit fréquent il existait des grossesses sans nausées quotidiennes.

Mais l'odorat surdéveloppé, les sautes d'humeur et les envies de tartes à la mélasse l'avait fait s'interroger. Depuis que Gabriel était arrivé, il se demandait quel élément avait été le déclencheur pour que son fils ait décidé de le retrouver. Il n'avait pas su comment aborder le sujet sans le braquer et avait décidé de se laisser un peu de temps pour réfléchir.

Il regardait son fils assis devant la télé des pop-corn au caramel sur les genoux tandis qu'il cuisinait une ratatouille pour leur diner de ce soir. S'il avait raison, il était de son devoir de le nourrir correctement. Harry sursauta légèrement quand le petit brun se mit à rigoler franchement.

Il avait réussi à nouer un lien très rapidement avec Gabriel et Harry sentait ce mal-être qui lui collait à la peau depuis 17 ans s'amoindrir un peu plus chaque jour. Il savait qu'il ne guérirait jamais vraiment, mais la présence de son fils chez lui avait été la bouffée d'oxygène qu'il n'avait pas eu depuis des années. Il espérait qu'après les vacances, son fils garderait le contact avec lui. Parce que lui ne voulait plus jamais le laisser.

L'absence soudaine de son dans le salon lui fit relever la tête, Gabriel avait éteint la télé et se dirigeait dans la cuisine avec son bol vide.

-Ça va ? Tu as l'air ailleurs ?

-Oui, oui, ça va je réfléchissais juste.

-Ah oui, à quoi ?

-A toi, sourit Harry. Je me demandais si ça ne dérangeait pas tes parents que tu restes aussi longtemps avec moi ?

-Non. J'ai eu ma mère au téléphone hier et tout va bien. Elle m'a juste dit de profiter. Mes parents sont juste géniaux, tu sais.

En un sens ce n'était pas un mensonge, elle pensait juste qu'il passait l'appel depuis Poudlard.

-Et ils ne veulent pas qu'on se rencontre tous ?

-Elle veut que je profite de mon temps avec toi et que j'apprenne à te connaitre !

-D'accord ! Hermione va peut-être passer ce soir avec Charlie pour le dîner, mais ça dépendra de l'heure à laquelle elle finira.

-Très bien, ça me fait plaisir de la voir, elle est gentille. Et tu souris beaucoup quand tu es avec elle.

-Je la considère comme ma sœur, ma famille. Ça fait du bien d'avoir une famille.

-Tu n'as pas de famille ? Enfin, je sais que tes parents sont morts quand tu étais petit, mais tu n'as pas été pris en charge ?

-…Si. J'ai été élevé par ma tante maternelle et son mari. Mais ce n'était pas ce que j'appelle une famille. Ils n'aiment pas les sorciers et pensent qu'on devrait tous brûler en enfer. Alors vivre avec un sorcier sous leur toit tu imagines ?

Gabriel écoutait Harry parler et l'amertume qu'il entendait dans sa voix lui serra le cœur. Il avait compris qu'il en avait bavé dans son enfance, le brun lui ayant avoué à demi-mot que cette instabilité dans sa vie avait contribué au fait qu'il n'avait pas été capable de s'occuper de lui.

-Ils…te battaient ?

-Parfois oui. Mais c'était surtout de la violence verbale. Quand je suis arrivé à Poudlard à mes onze ans, j'étais mal nourri, petit, chétif et j'osais à peine parler. Non seulement je venais de découvrir que j'étais un sorcier mais en plus j'étais assez instable émotionnellement parlant. J'avais du mal à rentrer dans le moule, et je n'y suis jamais rentré complètement.

-Et quand tu as connu mon deuxième père ?

-Ouh là, on se détestait. Je ne pouvais pas le sentir, il était imbu de lui-même, égoïste, méchant, vantard, bref, insupportable, dit Harry en souriant légèrement.

-Et il a changé ?

-Pas du tout. J'ai juste appris à l'accepter avec ses qualités et ses défauts. Surtout ses défauts. Mais je ne sais pas, il me faisait rêver, et quand j'étais avec lui, même quand on se détestait je me sentais normal. J'étais juste Harry, élève de Gryffondor à Poudlard et meilleur ennemi d'un Serpentard.

Semblant réaliser qu'il était perdu dans ses pensées, il releva la tête et sourit à Gabriel qui buvait ses paroles comme souvent quand il lui racontait sa vie.

-Désolé, je ne veux pas te déprimer. J'avais de la chance aussi j'ai eu de supers meilleurs amis, Ron et Hermione que je considère comme ma famille. Une famille que j'ai choisie qui m'aime et que j'aime.

-Ça ne me déprime pas, je suis content d'apprendre à te connaitre et à comprendre ce qui t'a amené à…me faire adopter.

Gabriel avait un petit sourire qui s'agrandit quand son père attrapa sa main posée sur la table en la serrant. Il adorait sentir leurs magies se connecter lorsqu'ils se touchaient, ça l'apaisait.

-Il faut que tu saches qu'à cette époque, je n'étais pas du tout comme tu me vois maintenant. Je ne pensais pas de manière rationnelle, je n'étais pas équilibré. J'étais en stress permanent, j'étais un petit garçon perdu et angoissé. Et la dernière chose que je voulais c'était gâcher ta vie.

-Harry, je ne t'en veux pas. Je veux juste combler…les lacunes. Maintenant on a tout le temps d'apprendre à se connaitre non ?

-Oui, c'est vrai. On a le temps.

oOoOo

-Je suis là !

Les talons d'Hermione claquèrent sur le parquet alors qu'elle entra dans la cuisine se figeant face au spectacle qui se déroulait dans la pièce. Harry et Gabriel étaient devant un bol rempli de ce qui semblait être une pâte à cookie et tous les deux étaient recouverts de farine. Ils la regardaient avec l'air d'un enfant pris sur le fait après une connerie plus grosse qu'eux.

-Oh tu es arrivée tôt ! On faisait des cookies.

-Je vois ça, vous savez que la farine est censée aller dans le bol.

Les deux hommes eurent la décence de paraître gêné face au spectacle qu'ils devaient donner et d'un tour de baguette, Harry nettoya le bordel monstre de la pièce. Il s'approcha ensuite vers elle pour lui faire la bise et Gabriel en fit de même.

Il aimait bien Hermione, elle était gentille, elle sentait bon et surtout elle faisait partie de ces personnes qu'il ne pouvait qu'aimer tant elle faisait du bien à Harry par sa simple présence. Quand elle était là, Harry souriait plus et il était également moins renfermé, c'est comme si elle l'aidait à garder la tête hors de l'eau en s'assurant qu'il n'aille pas dans des eaux où il n'avait pas pied. Voilà, elle était son maître-nageur personnel.

Elle finit par enlever sa veste pour aller la poser dans les salons et s'assit à la table tandis qu'Harry lui donnait un verre de vin qu'elle dégusta tranquillement en discutant avec lui. Charlie finissait plus tard qu'elle et arriverait un peu plus tard. Elle se plaignait de ses horaires à rallonge, de sa fatigue et du fait qu'elle ne pouvait plus prendre soin d'elle-même. La preuve ses mains étaient dans un état pitoyable et elle n'avait pas le temps ni la foi de se faire une manucure digne de ce nom. Elle se baladait pourtant avec le nécessaire depuis des semaines dans son sac au cas où une occasion se présentait mais elle ne trouvait jamais le temps ou n'était pas au bon endroit. Harry gloussa doucement s'attirant les foudres de sa meilleure amie qui lui reprocha de ne pas compatir à ses malheurs. Il fallait dire qu'Harry n'y connaissait rien en maquillage et trouvait que la brune avait de très jolies mains qu'elles soient vernies ou non. Gabriel qui avait suivi la conversation intervint d'une petite voix.

-Quand tu dis, que tu te trimballe avec tu veux dire que tu en as sur toi ?

-Oui, mais comme tu vois ça ne sert à rien !

-Si tu veux, je peux te le faire. J'ai l'habitude !

-Sérieusement ? Tu serais un amour.

Elle se pencha vers son sac et attrapa trois petits flacons en verre qu'elle tendit à Gabriel. Il regarda les flacons, une base coat, un top coat et un très joli verni bordeaux légèrement irisé. Sous les regards fascinés d'Harry et d'Hermione, il commença à appliquer couche après couche sur chaque doigt les différents vernis avec des mouvements qui montraient son expérience dans la pose de vernis et il ne dépassait pas d'un millimètre.

-Ouah ! Mais tu as fait ça toute ta vie, s'écria Hermione alors qu'il appliquait la couche finale de top coat faisant rire Gabriel.

-Disons que mon copain adore le vernis et c'est souvent moi qui lui mets parce qu'il est assez maladroit et finit toujours par avoir un accroc quelque part. Et puis ça me fait plaisir de lui faire plaisir, avoua-t-il alors que ses joues se fardèrent légèrement.

-Tu as un copain ?

Elle écouta alors Gabriel lui parler de Zahran qui était un peu plus âgé que lui et elle comprit très rapidement qu'il en était très amoureux. Cela ne se voyait rien que par les paillettes qui faisaient scintiller ses yeux et le sourire qu'il avait lorsqu'il prononçait son nom.

Quand Hermione l'avait rencontré pour la première fois alors qu'elle voulait simplement voir Harry, elle avait été très inquiète quant à la tournure des évènements. Elle avait surtout eu peur de ce qu'il voulait d'Harry. Il lui ressemblait tellement qu'elle n'avait pas remis son identité en question une seule seconde. Et puis elle avait compris qu'il avait juste eu besoin de réponses à ses questions. Il n'avait pas l'air en colère ni particulièrement triste mais il avait besoin de savoir les circonstances de sa naissance. Il avait eu besoin de savoir si oui ou non, il avait été aimé, s'il avait été confié pour son bien ou si on s'était débarrassé de lui comme d'une chaussette usée.

Elle savait que ses deux semaines comptaient énormément pour son meilleur ami et qu'il avait peur que Gabriel décide de pas rester en contact après ça. Pourtant au vu du comportement de Gabriel qui semblait avide de passer du temps avec lui, elle n'avait plus aussi peur qu'au tout début. Il leur restait une petite semaine pour profiter l'un de l'autre dans un environnement sécurisant. Du peu qu'elle avait vu, la complicité entre les deux s'était faite très vite, comme s'il s'était toujours connu quelque part. Harry l'appelait presque tous les soirs depuis que Gabriel était arrivé et bien que depuis deux jours il lui avait paru préoccupé, il était également épanoui comme jamais.

Pour en avoir parlé plusieurs fois avec lui au fil des années, Hermione savait que faire adopter son fils même si c'était le mieux pour tous les deux à ce moment-là avait été un véritable traumatisme émotionnel pour Harry. La première fois qu'en faisant le ménage elle avait découvert un bac rempli de cadeaux emballés elle l'avait interrogé curieuse. Il lui avait avoué d'un air penaud que c'était les cadeaux de Gabriel qu'il achetait à chaque anniversaire et à chaque noël. Elle l'avait regardé surprise avant de refermer délicatement le bac et de reprendre son ménage parce qu'elle n'avait rien trouvé à dire. Ou plutôt elle savait que si elle ouvrait la bouche, elle fondrait en larme. Depuis, elle savait que se bac se remplissait un peu plus chaque année au point de ne presque plus se fermer mais c'était une partie du jardin secret de son meilleur ami qu'elle respectait et il l'en remerciait.

Alors qu'il lui lançait un sort de séchage sur les doigts et qu'elle admirait sa manucure, elle ne put que remercier le ciel que Gaby est fait les démarches pour retrouver ses parents biologiques et qu'il ait réussi à retrouver son père, ça semblait leur réussir à tous les deux. Elle croisa le regard d'Harry qui s'était échappé en cuisine quelques instant plutôt pour réchauffer le repas. Il les regardait comme un père de famille regarderait sa famille. Avec amour et satisfaction. Comme si après 17 ans de fuite, il avait enfin recollé tous les morceaux.

-Tu as vu comme le petit est doué de ses mains ?

- Oui, tu pourras exhiber tes mains fièrement dans les couloirs du ministère, plaisanta Harry en éteignant le four.

-Merci Gaby, t'es un ange tombé du ciel !

oOoOo

Gabriel était fatigué et avait été au lit alors que Charlie, Hermione et Harry discutaient encore tranquillement dans le salon. Hermione était collée à son compagnon qui avait naturellement passé un bras autour de ses hanches.

-Bon, Harry, qu'est-ce qu'il y a ?

-Pardon ?

-Ne fais pas le malin avec moi, tu m'as l'air pensif depuis deux trois jours. Et je sais que ce n'est pas seulement à cause de Gaby.

-Rien, je n'ai pas envie de m'avancer. C'est juste que…

-Que quoi ?

-Ma puce, tu devrais le laisser répondre ou ne pas le forcer s'il ne veut pas en parler maintenant.

Harry regarda Charlier comme le messie, il avait toujours eu le don de tempérer leur conversation surtout lorsqu'il vivait encore chez eux. Il n'était pas du genre bavard et écoutait plus qu'il ne parlait. Mais le peu qu'il disait était souvent juste et avisé. Surtout quand il s'agissait de calmer sa femme qui pouvait vite s'agiter. Elle se demandait parfois pourquoi il était à Gryffondor et puis elle se rappelait le métier qu'il exerçait. Qui d'autre qu'un Gryffondor pour travailler avec des bêtes aussi têtues et teigneuses que des dragons après tout.

-Merci Charlie. Je me demande juste depuis quelques jours si Gabriel ne serait pas…Enfin, je crois qu'il est peut-être enceint…

-Pardon ?!

Pour le coup même Charlie parut surpris par ce que venait de dire Harry.

-Je sais, je sais, je me fais peut-être des idées mais il a les mêmes envies que moi quand je l'attendais. Je pensais que c'était une coïncidence, mais il a parfois des sautes d'humeur, l'odorat surdéveloppé et puis il y a eu aussi cette fois où j'ai rechargé la magie de sa gourmette. Je suis pratiquement sûr d'avoir ressenti une troisième magie. Ça expliquerait aussi pourquoi il a eu besoin de connaitre ses parents biologiques, je ne peux pas m'empêcher de me le demander.

-Et tu ne lui en as pas parlé ?

-Non, j'avais peur de le braquer et je n'en suis pas sûr.

-Et que te dis ton instinct d'obstétrimage ?

Cette fois ce fut Charlie qui posa sa question d'un ton très sérieux. Harry le regarda et parut réfléchir un moment rassemblant toutes les informations qu'il avait relevées au fil des jours et qui lui avait mis la puce à l'oreille.

-Je crois qu'il attend un bébé.

-Alors discute avec lui et dans le pire des cas, si c'est faux, tu le froisseras peut-être. Mais si c'est vrai. Il aura besoin de ton aide et je pense que tu es le mieux placé pour le guider dans les choix qu'il aura à faire et fera. Tu nous l'as dit toi-même tu ne pensais pas de façon rationnelle quand tout ce qui s'est passé est arrivé. Tu as décidé de vivre ça seul, mais s'il t'a retrouvé pour ça c'est qu'il ne savait pas vers qui d'autre se tourner.

-Charlie a raison, il faut que tu lui parles Harry. Tu n'auras rien à perdre.

Le brun baissa la tête en attrapant ses mains et acquiesça, il devait savoir avant que Gabriel ne reparte pour l'école.

oOoOo

Le lendemain matin quand Harry entra dans le salon, il eut la surprise de trouver Gabriel déjà réveillé dans le salon. Depuis seulement quelques jours qu'il était arrivé chez Harry et Gabriel avait déjà l'impression d'être dans un deuxième chez lui. C'était peut-être l'atmosphère chaleureux qui régnait, la bienveillance avec laquelle Harry se pliait en quatre pour lui faire plaisir ou juste le fait d'avoir un troisième parent. Mais le fait était qu'il se sentait juste bien et se comportait comme il le faisait chez lui et profitait légèrement du fait qu'Harry ne pouvait pas lui dire non. Par exemple pour pouvoir manger la dernière part de tarte à la mélasse. Allongé sur le canapé, il était plongé sur son téléphone pianotant des messages sans remarquer la présence d'Harry et sursauta quand il le salua.

-Bonjour Gaby !

-Oh, Harry ! Tu m'as fait peur.

-J'ai vu ça ? Tu parles avec Zahran ?

-Comment tu as deviné ?

-Ton regard niais, rigola Harry.

-N'importe quoi ! S'insurgea le petit brun les joues rouges.

-Gabriel, il faut qu'on parle, commença Harry en s'asseyant également sur le canapé près de son fils qui déposa son portable sur la table basse.

-Oui ?

-Ecoute, si ce n'est pas vrai, je ne veux pas que tu te vexes d'accord. Mais si c'est vrai, j'ai besoin savoir pour pouvoir t'aider.

-Tu me fais peur…

-Gabriel, est-ce que tu attends un enfant ?

Gabriel se tétanisa et le regarda quelques secondes avec des yeux écarquillés avant qu'ils ne se remplissent de larmes prêtes à couler. Surpris par sa réaction, Harry posa une main sur son épaule et la serra doucement.

-Je…

Il le savait. Gabriel savait le jour où Harry lui avait avouer qu'il était obstétrimage qu'il finirait par deviner qu'il attendait un enfant. Mais il ne savait pas ce qui avait pu le trahir, il ne vomissait pas et n'avait plus de vertiges.

-Gaby, c'est pas grave ok, c'est pas grave.

-Comment tu…

-Je suis obstétrimage tu sais, les symptômes je les connais. Il n'y a pas que les nausées matinales qui indique une grossesse. Donc tu es bien enceint. Est-ce que tes parents sont au courant ?

-Non, souffla Gabriel en retrouvant sa voix, ils ne savent même pas que je suis là, ils croient que je suis resté à Poudlard pour les vacances.

-Et Zahran ?

-Non, je ne peux pas lui dire, je ne veux pas lui faire peur et qu'il me quitte.

-Même si vous êtes encore des enfants, tu dois lui dire. Et à tes parents également. Tu es mineur Gaby.

-Non, tu ne comprends pas…

-Qu'est-ce que je ne comprends pas, tu peux tout me dire tu sais, assura Harry avec un sourire rassurant.

-Zahran, c'est pas un élève.

-Quoi ?

Harry le regarda surpris alors que les larmes que le Serpentard retenait vaillamment se mirent à couler le long de ses joues serrant le cœur de son père biologique. Gabriel vit le chemin se faire lentement dans l'esprit d'Harry. Il était plus âgé, il n'était pas élève mais il était pourtant à Poudlard…

-C'est un…professeur ?

-C'est mon professeur d'Histoire de la magie, et c'est un elfe élémentaire de feu. Enfin il est trois quarts elfes pour être exact.

-Bon, écoute calme-toi, ça va aller d'accord ? Tu t'es fait examiner, pour être sûr ?

-J'ai fait quatre tests différents…Ils étaient tous positifs, je suis enceint de 6 semaines. Je ne savais pas quoi faire. Alors je me suis dit que peut-être si j'arrivais à comprendre ceux qui m'ont fait adopter, ça m'aiderait dans mon choix. Je ne pensais pas que tu serais...comme ça. Et je ne sais pas quoi faire, j'ai peur.

-Gaby, arrête de pleurer, je suis là d'accord. Je suis là. Bon déjà, tu si acceptes j'aimerais qu'on aille dans mon cabinet pour te faire les examens nécessaires pour être sûr que vous allez bien tous les deux, ensuite on pourra discuter des différentes options et de ce qui va se passer ensuite.

-D'accord, souffla Gabriel alors qu'Harry le serrait fort contre lui.

Pour la première fois depuis deux semaines, Gabriel respira un peu mieux. Il avait encore peur, mais il n'était plus seul. Harry, lui, bouillonnait intérieurement depuis qu'il avait appris l'identité de Zahran. Mais pour l'instant la priorité allait au soin de Gabriel. Il aurait le temps de parler à ce professeur et adapté son discours en fonction de sa réaction face à la grossesse.

oOoOo

-Bon, tu vas t'allonger là et relever ton haut, je vais chercher le nécessaire.

Harry installa Gabriel sur le petit lit de son cabinet et entra dans une petite pièce attenante. Harry avait rapidement constaté que le monde sorcier était en retard sur le plan médical. Avant d'ouvrir son cabinet, Harry avait fait des formations dans le monde moldue dans le but d'ouvrir une sorte de cabinet hybride dans lequel il utilisait des méthodes et des instruments issus des deux mondes. Il avait dû également adapter les appareils électriques pour que les flux magiques ne fassent pas sans arrêts exploser les appareils. En 2 ans seulement, il avait acquis une notoriété suffisante pour que son carnet de rendez-vous soit rempli en quasi-permanence.

Il avait également réussi après des discussions avec la co-directrice de Poudlard à instaurer des cours de sexualité en 7ème année et essayait de l'étendre à la sixième année mais les parents bloquaient la démarche considérant tous que les enfants ne devraient de toute façon pas avoir de rapports encore moins dans une école. Leur expliquer que de toute façon s'ils voulaient le faire, ils trouveraient un moyen alors mieux valait faire en sorte qu'ils soient protégés et éviter ainsi des grossesses indésirées. Le monde sorcier était en retard sur ce point et Harry voulait faire bouger les choses.

-Gaby, je vais appliquer cette crème sur ton ventre ça va nous permettre de voir l'intérieur de grâce à des ultrasons, on va voir l'intérieur de ton ventre par imagerie électronique et l'image apparaîtra en 4D d'accord ? Ça va être un peu froid, annonça Harry d'une voix douce et rassurante que lui conférait l'habitude.

Il appliqua la crème bleue et posa l'embout de la machine sur le ventre de Gabriel et exerça de doux mouvements circulaires. Au bout de quelques instants, une image de plus en plus nette apparut sur l'image. Harry pointa deux zones à Gabriel du bout des doigts.

-Alors ici c'est la poche magique qui s'est formée permettant la conception et ici c'est l'embryon du bébé, tu en es à 7 semaines et 3 jours exactement.

-Oh putain, Gabriel regarda l'image s'afficher à l'écran avec un air incrédule.

-Je sais que même si tu étais au courant, le voir sur un écran rend les choses plus réelles. Donc on va discuter des options possibles et je ne veux pas que tu paniques et surtout je veux te rappeler que tu as encore un peu de temps pour réfléchir. Par contre, tu vas devoir le dire à tes parents, à Zahran et à ton établissement. Certains cours tels que les potions, le cours de vol ou la pratique de DFCM te seront impossibles.

-Harry, qu'est-ce que je vais faire…

-Tu en es à 7 semaines donc tu peux choisir d'interrompre ta grossesse, de la mener à termes et dans ce cas tu peux le garder ou faire le choix de l'adoption. Il faut que tu saches que quel que soit le choix que tu fais, ça ne fera pas de toi une mauvaise personne, mais tu devras vivre avec ce choix.

Et pendant qu'il répétait à son fils les mêmes mots que sa psychomage lui avait répété quelques années plus tôt et qu'il avait lui-même plusieurs fois répété à de jeunes parents, son cœur se serra. Parce que peu importe le tact et la patience avec laquelle il prononçait ses mots, la terreur s'installait dans les yeux de son fils à mesure qu'il réalisait l'ampleur de la situation lui rappelant cruellement sa propre situation. Il essuya le gel du ventre de son fils et rangea le matériel avant de s'asseoir en face de lui.

-Gabriel regarde-moi. Ça va aller d'accord, je suis là quoiqu'il se passe. Je vais te faire les certificats jusqu'au prochaine vacances pour les cours le temps que tu décides quoi faire.

-Mais, je…j'ai que 16 ans, si je le garde j'en aurais 17 quand il arrivera. Je ne sais pas comment vont réagir Zahran et mes parents, et mes études.

-Ne décide pas dans la précipitation. Prends ton temps. Tu en as un peu pour le moment et il reste quelques jours avant la rentrée. Je vais t'aider Gabriel, je le promets, tu as bien fait de venir me trouver. Je ne te laisserai plus jamais tomber.

Harry berça son fils contre lui qui s'accrocha à ses épaules en pleurant silencieusement. Oui, il allait aider son fils, et il serait là quoiqu'il lui en coûte.

A suivre…

Voilà, la fin chapitre est un peu mouvementé mais la vraie histoire commence ici ! La semaine prochaine, retour à Poudlard où vous en apprendrez un peu plus sur Zahran.

N'hésitez à me mettre en commentaires vos avis, vos ressentis sur les personnages, vos attentes voire vos hypothèses !

J'espère que ce chapitre vous a plu.

Lilomanga