Une part de bonheur
Autrice : Lilomanga
Chapitre : 5/24
Coucou, j'espère que vous avez passé une bonne semaine ! me revoilà avec un nouveau chapitre pour vous.
Merci pour vos reviews, vous êtes supers.
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Retour à Poudlard
Gabriel rangeait dans son sac ses affaires la boule au ventre. Châtaigne s'était allongée sur son lit en le regardant comme elle le faisait souvent depuis que le petit brun était arrivé. Deux semaines, c'était le temps qu'il avait eu pour prendre de la distance vis-à-vis de sa situation et faire connaissance avec son père biologique.
La rentrée le terrifiait car elle promettait une discussion avec Zahran qui s'annonçait chargée en émotion. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'il pliait ses t-shirts et qu'il s'efforçait de garder son calme. Gabriel avait toujours pensé avoir les nerfs solides, mais cette situation était anxiogène au possible et il n'avait aucune idée de comment gérer la situation. Être à Serpentard lui avait appris à être rusé, ambitieux parfois sournois mais pas à gérer l'annonce d'une grossesse à son copain qui se trouvait être professeur dans son école. Il passa sa main dans ses cheveux en soupirant et tourna la tête vers la porte de sa chambre. Harry était là, adossé sur le chambranle de la porte les bras croisés avec un sourire un peu triste et un regard bienveillant comme une maman poule regarderait son poussin quitter le nid.
En vérité, pour Harry c'était une véritable agonie, laisser Gabriel retourner à l'école dans cette situation sans avoir la certitude de le revoir était un supplice. Pourtant, Gabriel lui avait promis qu'ils se reverraient, qu'il reviendrait chez lui et que de toute façon il était devenu trop accro à sa cuisine pour ne pas revenir.
-Harry, tu sais qu'espionner les gens c'est mal.
-Je voulais juste être sûr que tu allais bien. Tu as mon numéro personnel et celui de mon cabinet. Et…
-Harry, je ne vais pas disparaitre tu sais. De toute façon, je ne veux personne d'autre que toi pour suivre ma grossesse quel que soit le choix que je ferai.
-Je sais, c'est juste, enfin…
Harry et se redressa et entra dans la chambre en fixant le sac de voyage à moitié rempli. Gabriel se redressa et avança d'un coup pour prendre son père biologique dans ses bras. Il fit glisser ses bras derrière son dos et ceux d'Harry se refermèrent sur ses épaules pour le serrer contre lui. C'était la première fois qu'ils avaient un geste aussi intime l'un envers l'autre. Harry ne s'était jamais permis de franchir cette frontière. Ça faisait 16 ans qu'il n'avait pas tenu son bébé dans ses bras et le sentir se blottir dans son étreinte le submergea et sa gorge se serra.
-Je n'ai pas envie de partir non plus... Je t'envoie un hibou dès que j'arriverai et que j'aurai tout dit à Zahran.
Gabriel se dégagea doucement de l'étreinte et offrit un joli sourire à Harry.
-Oh, attends, j'ai quelque chose pour toi !
Le brun s'échappa de la chambre et revint quelques secondes plus tard avec un petit cadre dans les mains qu'il tendit à Gabriel.
Il attrapa le cadre et regarda la photo qui était dedans. C'était une photo, la seule d'Harry et Gabriel. Harry le serrait contre son cœur une main posée sur le crâne du nourrisson qui regardait l'appareil avec des yeux curieux qui avaient fait fondre Harry dès qu'il l'avait vu. Harry avait l'air fatigué mais heureux de tenir son fils dans ses bras. Il chérissait cette photo depuis des années et en avait fait une réplique lors d'une de leurs sorties pour la donner à Gabriel avant qu'il ne parte.
Gabriel regarda Harry qui avait l'air presque gêné ne sachant pas comment son cadeau serait reçu.
-Merci beaucoup, Harry.
Gabriel emballa le cadre dans une serviette pour le protéger et le rangea dans son sac.
-Aller, on doit y aller si tu ne veux pas louper ton train.
La mort dans l'âme, Gabriel attrapa son sac de voyage et se dirigea vers la sortie à la suite d'Harry.
oOoOo
Le trajet en train fut long et angoissant pour Gabriel même si la présence de ses camarades de chambre eut le mérite de lui changer un peu les idées. Il avait donné rendez-vous à Zahran après le couvre-feu dans sa chambre et avait lutté tout le repas pour ne pas passer son dîner à le dévorer des yeux. Deux semaines sans lui, ça avait été abominablement long, même en s'appelant quasiment tous les jours.
Quand Gabriel fut sûr que tous ses camarades furent endormis, il se rhabilla et prit la poudre d'escampette. Il traversa l'intégralité des cachots en guettant le moindre bruit annonciateur de la présence potentielle d'un professeur ou d'un préfet et emprunta un passage secret le menant directement dans l'aile où se trouvait l'appartement de Zahran. Arrivé devant le tableau représentant un pégase de feu, il murmura le mot de passe et entra dans le petit passage qui donnait sur le salon.
A peine eut-il le temps de balayer la pièce du regard que l'elfe de feu s'empara de son compagnon le plaquant doucement contre un mur pour s'emparer de ses lèvres. Tous les deux eurent un soupir de soulagement tandis que leurs lèvres s'unissaient. Gabriel glissa ses doigts dans la queue de cheval auburn de son amoureux en pressant ses lèvres contre les siennes ne se séparant que quelques secondes pour récupérer un peu d'air et recommencer leur balai amoureux.
Zahran glissa une main sur la joue de Gabriel et l'autre derrière sa hanche, le rapprochant un peu plus de lui. L'elfe libéra ensuite de la chaleur du bout des doigts ce qui exalta Gabriel comme à chaque fois qu'il le faisait.
Lors de leur première nuit ensemble, l'elfe de feu avait libéré une vague de chaleur pour réchauffer Gabriel qui avait un peu froid. Non seulement, il n'avait plus eu froid mais en plus cela l'avait excité au point qu'il avait sauté sur son amoureux pour qu'il lui fasse son affaire. Depuis l'expérience avait été réitérée maintes fois avec toujours la même réaction des deux côtés. Gabriel gémissait de plaisir en proie à un brasier terrible et Zahran se faisait un plaisir d'éteindre l'incendie qu'il avait commencé.
-Tu m'as manqué, Gaby.
-Toi aussi, répondit-il en gémissant tandis que Zahran embrassait son cou en le maintenant contre le mur.
Toute l'anxiété que ressentait Gabriel avait été balayée dès l'instant où les lèvres de Zahran avaient touché les siennes. Tous ses problèmes s'étaient envolés loin pour ne laisser place qu'au désir qu'il avait pour son homme. Naturellement, quand celui-ci le souleva, il glissa ses bras derrière son cou et enroula ses jambes autour de ses hanches le tout sans quitter ses lèvres une seconde. Il se laissa transporter dans la chambre puis déposer délicatement sur le lit. Quand les lèvres de l'elfe descendirent pour embrasser son cou, son torse, son ventre et puis, plus bas, il oublia tout. Oui, il devait lui parler, mais il pourrait le faire plus tard. Demain.
Oui, demain.
oOoOo
Quand il rouvrit les yeux, le soleil était déjà haut dans le ciel. Ils avaient dû dormir une bonne partie de la matinée. En même temps on était samedi, ils avaient donc le temps de récupérer de leur nuit de concupiscence. Gabriel baissa les yeux vers son ventre contre lequel reposait la tête de son amoureux qui enserrait ses hanches d'une étreinte amoureuse. L'elfe avait toujours aimé dormir contre son ventre lorsque le Serpentard ne calait pas d'autorité sa tête dans son cou ou sur son torse. Il passa sa main dans les cheveux fous qu'il avait libéré du ruban qui les maintenait ensemble au cours de la nuit et regarda son homme qu'il n'avait pas vu depuis deux semaines. Il avait toujours la bouille d'un enfant quand il dormait puis quand il se réveillait avec son air ronchon. Sa peau hâlée presque brune tranchait avec celle pâle de Gabriel et ses yeux mordorés le faisaient toujours fondre quand il le regardait.
S'il devait perdre son amoureux à cause de sa grossesse comme son père biologique avait perdu le sien, il ne savait pas s'il s'en remettrait.
Lorsque Zahran Morel, elfe de feu, avait été présenté dans la grande salle par la directrice comme leur nouveau professeur d'histoire de la magie, la quatrième année qu'était Gabriel en avait avalé ses légumes de travers. L'elfe portait alors une tenue elfique typique composée de bottes en cuire de dragon brun surmontant un pantalon marron caché en partie par une tunique de cérémonie rouge et dorée. Ses longs cheveux auburn avaient été attachés et organisés pour former une natte simple un peu lâche et positionnée sur son épaule. Il était juste magnifique et Gabriel qui se découvrait tout juste une attirance pour les garçons était tombé sous le charme devant la beauté du jeune elfe de tout juste 21 ans. Gabriel avait été sûr d'une chose il devait l'avoir par n'importe quel moyen.
Lors du premier cours, Gabriel qui s'était placé au premier rang avait bu chaque mot prononcé par le professeur. La révolte gobline ne lui avait jamais paru aussi sexy.
Gabriel avait alors commencé une longue période de séduction qui mit l'elfe très mal à l'aise car il ne voyait alors le jeune étudiant de 14 ans que comme un enfant, à juste titre. Le Serpentard pas du tout découragé continua à draguer gentiment son professeur le rejoignant à chaque intercours, traînant à la fin de ses propres cours dans l'espoir de gratter quelques minutes de plus avec lui. La présence omniprésente du brun était devenue essentielle à la routine de l'elfe sans que celui-ci ne s'en rende compte. Jusqu'à ce qu'un jour lors de la cinquième année de Gabriel, excédé et de mauvaise humeur, le professeur lui avait hurlé dessus à s'en décrocher la mâchoire que s'il passait la moitié du temps qu'il passait à le draguer à se faire des amis, il serait sûrement moins seul et ne ferait pas de tentative minable pour attirer son attention.
Gabriel ne prit même pas le temps de lui répondre que la peur de l'abandon, issue de son adoption et qui lui collait à la peau depuis l'enfance avant même qu'il ne sache d'où elle venait, l'avait toujours empêché de tisser des liens solides avec ses camarades. Il n'était pas seul, il avait des copains et des camarades de chambré avec lesquels il rigolait bien. Mais devenir proche de quelqu'un qui pouvait potentiellement l'abandonner plus tard le terrifiait. En fait, Zahran était la première personne autre que sa famille de qui il voulut se rapprocher de son plein gré au risque de se faire lâcher. Non. Il le regarda avec des yeux écarquillés et embués avant de les baisser et de quitter la salle sans un mot le cœur meurtri et l'égo écrasé.
Pendant trois longues semaines, Zahran ne vit plus Gabriel que pendant les cours et ce dernier était toujours le premier sorti de la salle. Le brun gardait si bien la face qu'aucun de ses camarades ne vit qu'il allait mal et qu'il peinait à se remettre de cette formidable veste qu'il s'était pris après un an et demi de séduction quasi quotidienne. De son amour qui s'était développé à partir d'une attirance physique et qui avait évolué au fur et à mesure qu'il apprenait à la connaître et qui lui avait été jeté à la figure. Il avait fallu que lors d'une ronde, le jeune professeur trouve le brun en train de pleurer, recroquevillé dans une alcôve pour que les choses changent.
Il s'était assis auprès de lui au lieu de le réprimander et de le renvoyer dans ses quartiers comme il aurait dû le faire et avait posé une main sur le haut de son crâne faisant sursauter Gabriel qui n'avait pas vu le temps passer. Il s'était mis là car personne n'y passait jamais et comptait rentrer avant le couvre-feu. Il venait toujours ici quand ses idées noires le rattrapaient et qu'il avait besoin de faire le point.
L'elfe de feu éclaira l'alcôve d'un sortilège et s'excusa pour son comportement et ses propos. Il était de mauvaise humeur certes, mais il n'avait pas à passer ses nerfs sur un élève, et encore moins sur lui. S'il avait voulu que le brun arrête de venir la voir, il aurait mis un holà un an de demi plus tôt. Au début il pensait que c'était une amourette d'adolescent qui finirait par passer quand il ne découvrirait qu'un elfe passionné d'histoire de la magie sans aucun intérêt. Pourtant il avait vu son intérêt pour lui grandir à mesure qu'il découvrait des petits détails sur lui comme le fait qu'il ne sache pas nager car il détestait l'eau, que la façon dont il parlait l'elfique était vraiment trop sexy ou encore son sourire qui décidément le faisait craquer.
Gabriel s'excusa à son tour pour sa persistance. C'était la première fois de sa vie qu'il avait voulu quelque chose aussi fort et il n'avait jamais réussi à lâcher prise, mais il avait compris et qu'il ne recommencerait pas. Mais peut être qu'ils pourraient quand même devenir amis ?
En entendant ces mots avoués d'une voix légèrement tremblante, l'elfe fut pris d'une pulsion incontrôlable. Il attrapa le visage boursoufflé du brun et posa ses lèvres sur les siennes occultant totalement leur différence d'âge et le fait qu'il était son professeur. Il écouta son instinct elfique qui lui disait que cet homme-là, il devait le faire sien parce que tout son être le voulait.
Leur relation avait commencé ce jour-là et Gabriel ne regrettait aucun des moments qu'il avait vécus depuis. Mais en regardant Zahran dormir, il se demandait vraiment si ce bébé mettrait fin à leur relation. Son ventre se serra quand l'elfe commença à remuer signe d'un réveil imminent.
Des yeux mordorés fatigués croisèrent les siens gris avant de ses refermer légèrement. Zahran n'avait jamais été du matin, mais Gabriel savait d'expérience que les baisers aidaient beaucoup. Il releva la tête auburn et pencha la sienne jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent s'attirant un soupir de son amoureux qui se mit à son niveau pour l'embrasser de tout son saoul.
Il leur fallut encore une bonne demi-heure de papouille pour quitter le lit et commencer à préparer un petit déjeuner dans la kitchenette du professeur. Qui avait enfilé une robe de chambre par-dessus son boxer. Gabriel le trouvait vraiment sexy et enlaça ses hanches par derrière. Respirant à fond sa fragrance naturelle de sable chaud qui le rendant toujours fou.
-Qu'est-ce qui se passe Gaby, ça ne va pas ?
Le brun se crispa se demandant ce qui l'avait trahi. Sentant le corps tendu de son petit ami, Zahran se tourna pour le prendre dans ses bras les sourcils froncés.
- …ça va.
-Ah bon ? Alors pourquoi ton pouls bat anormalement vite, ce matin…
Merde, il oubliait toujours que les elfes avaient une ouïe surdéveloppée. La plupart du temps, il l'oubliait car l'elfe devait se concentrer et qu'il n'utilisait que rarement cette capacité.
-…Et puis ton cœur bat bizarrement, on dirait un écho.
-C'est vrai, j'ai quelque chose à te dire. Il me faut juste un peu de courage.
-Tu sais que tu peux tout me dire mon cœur.
-Zaza…
Plus l'elfe parlait et plus il avait du mal à former des phrases cohérentes dans sa tête et à rassembler l'énergie considérable qu'il lui fallait pour tout lui avouer.
-Je suis enceint.
Voilà, rapide et efficace. Gabriel avait soufflé d'une petite voix ce secret qu'il gardait depuis presqu'un mois.
-Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?
Zahran écarta Gabriel de lui tout en maintenant un contact le forçant à le regarder dans les yeux.
-J'ai dit, que j'étais enceint, de toi. J'attends un bébé.
L'elfe resta silencieux un moment comme pétrifié et Gabriel crut vraiment qu'il allait se mettre à pleurer tant il pensait que Zahran le quitterait. Il ne s'attendit donc pas du tout à ce qu'il l'embrasse doucement après voir repris ses esprits et essuya les larmes qu'ils n'avaient pas senti rouler sur ses joues.
Il explosa en sanglot tandis que Zahran l'emmenait jusqu'au canapé le plus proche et s'agenouillait face à lui.
-Pleure pas, mon cœur, on va…on va gérer d'accord.
-T'es pas en colère ?
-Pourquoi je serais en colère, on est deux à l'avoir conçu cet enfant et c'est moi qui aurais dû être plus responsable mais je pensais pas que… Enfin pas aussi tôt...
-Tu pensais pas quoi ?
-J'étais pas sûr que tu sois déjà en âge d'accepter une union elfique.
-Une quoi ?
-Gaby, tu n'as pas lu le livre que je t'ai acheté l'an dernier n'est-ce pas ? demanda Zahran légèrement moralisateur avant de sourire face à l'air fautif de Gabriel.
-Pour ma défense, il était long !
-Quand un elfe des quatre éléments rencontre son compagnon de vie, il existe ce qu'on appelle l'union elfique. Quand les deux compagnons sont assez matures, le corps de celui qui est pris peut concevoir un bébé. Mais en général ça n'arrive pas avant au moins les 19 ans du plus jeunes des deux. Je pensais t'en parler à la fin de septième année. Tu vois c'est ma faute, j'aurais dû faire plus attention !
-Mais qu'est-ce qu'on va faire, j'ai que 16 ans.
-Ecoute Gabriel si tu décides de le garder, on fera ça ensemble. Je t'aime et je prendrais mes responsabilités, n'en doute pas une seule seconde.
-Tu me laisses le choix ?
-Bien sûr, c'est ton corps, et même si ça me ferait mal au cœur, si tu décides qu'il est trop tôt je ne t'en empêcherais pas.
-Je veux pas avorter. Mais j'ai vraiment peur. J'ai seize ans, tu es mon prof et mes parents... ils vont flipper c'est sûr…
-Et bien, on fera front ensemble. Et s'il le faut je te kidnapperais et je t'emmènerais dans le pays des elfes.
Gabriel rigola et essuya sa joue des dernières larmes qui y étaient.
-J'ai encore un truc à t'avouer…Pendant les vacances j'étais pas chez mes parents…
-Tu étais où alors ?
-Tu te souviens quand je t'ai dit que j'ai été adopté ? Eh bien quand j'ai appris pour ma grossesse, j'ai décidé de retrouver mes parents biologiques. Donc j'ai utilisé un sortilège de localisation.
Zahran fronça les sourcils en regardant Gabriel qui se sentit tout petit comme toujours quand il le regardait de son air pas content.
-Gabriel, c'est un sortilège puissant et dangereux, tu t'imagines si tu avais raté ? Tu aurais pu te blesser, et le bébé aussi. Et comment ça se fait que le ministère ne t'ait pas retracé ?
-Je sais, je sais. Mais j'ai réussi, et comme j'ai réalisé le sortilège quand j'étais encore dans l'enceinte de l'établissement ça n'a pas déclenché la trace. J'avais besoin de réponses pour savoir quoi faire. Et je les ai eues.
-Tu as retrouvé tes parents biologiques ?!
-Disons plutôt que j'ai trouvé mon père biologique, celui qui m'a mis au monde. J'ai deux pères biologiques en fait. Et tu ne devineras jamais qui c'est ?
-Mais tu vas me le dire je suppose.
-Harry Potter.
-Harry Potter, comme dans Harry-Potter-j-ai-tué-Voldemort?
-Oui, ce Harry Potter et il est devenu obstétrimage spécialisé en grossesse masculine. Il m'a laissé rester chez lui les deux semaines de vacances.
-Putain. Gabriel tu as eu de la chance, mais fais plus attention à toi, il aurait pu vous arriver n'importe quoi. Et ton deuxième père biologique ?
-Il n'a pas voulu me dire qui c'était, ça avait l'air douloureux pour lui donc j'ai pas insisté.
Zahran accusait le coup et écouta Gabriel lui raconter ce qu'il avait appris sur son père biologique en deux semaines et qu'ils allaient garder contact. Il fut moins content quand il lui avoua avoir dit à Harry que ses parents étaient au courant qu'il allait le rencontrer ce qui étaient bien évidemment faux puisqu'ils le pensaient tranquillement à Poudlard.
-Et tu sais, tu sais, il a dit que, qu'il m'aimait et que s'il m'a fait adopter c'était pour que j'ai la chance d'avoir une enfance heureuse comme lui n'en avait pas eu. Tu sais j'ai toujours cru qu'il ne m'aimait peut-être pas en vérité, mais en fait si. Zaza, mon papa m'aime. J'ai un nouveau parent.
-Je suis content pour toi, mon cœur. Mais il va falloir qu'on prévienne la directrice et tes parents. Et ça me rassurerait vraiment que tu viennes à plein temps dans mes appartements. J'ai beau être seulement à trois quarts elfes, je sais que mes instincts vont me rendre assez protecteur et que je te voudrais près de moi autant que possible.
-D'accord, mais est-ce qu'on peut attendre ?
-Gaby…
-Pas longtemps ! Juste une semaine ou deux le temps que je digère tout ça et que je sois sûr de la façon dont je veux gérer ça. S'il te plait, Zaza.
Gabriel offrit à son amant une moue qu'il savait irrésistible et déposa un baiser sur sa joue tout en enserrant la main que l'elfe avait posée sur son genou. Il semblait douter mais finit par lui sourire.
-Deux semaines, d'accord ? Tu en es à combien de semaines de grossesse ?
-9 semaines.
-Et tu es au courant depuis… ?
- 3 semaines environ. Je suis désolé de pas te l'avoir dit tout de suite mais j'avais peur. Je pensais que tu…que tu…
-Tu pensais que je te quitterai ? comprit Zahran.
L'homme à la peau basanée attrapa les joues de son amant et l'embrassa doucement avant de lui murmurer des « je t'aime » à l'oreille. Il attrapa ensuit une de ses mains et l'attira dans la chambre où ils s'allongèrent face à face en silence. Au bout de quelques minutes, Zahran colla son oreille contre le ventre de Gabriel et sourit lorsqu'il entendit un deuxième battement plus faible qui semblait entrer en résonnance avec celui du père porteur. Il posa ses lèvres contre le ventre et libéra de la chaleur elfique en souriant quand une autre chaleur bien que plus faible lui répondit.
-Je l'entends, je le sens.
-Moi aussi, je le sens.
Zahran releva la tête surpris par la voix tremblante du brun qui lui souriait les yeux embués.
-C'est la grossesse qui te rend si émotif ? Je te vois si peu souvent pleurer d'habitude, rigola Zahran se prenant de ce fait un coup d'oreiller sur le crâne.
-Franchement, tais-toi ou je vais te frapper !
-Ce que tu fais déjà, fit remarquer justement l'elfe.
-La ferme !
Les deux hommes rigolèrent avant que Zarhan ne prennent un air terrifié.
-Oh mon dieu !
-Quoi ? demanda Gabriel inquiet.
-Imagine, c'est une fille il faudra chasser ses prétendants !
Gabriel leva les yeux au ciel et étouffa son amant à nouveau, qu'est-ce qu'il pouvait être bête parfois…
OOoOo
-Alors, Monsieur Audragon, vous avez trouvé une parade pour ne plus assister à mes cours ? « Raison médicale », aucun autre argument que ce bout de papier.
-Mais puisque je vous dis que les vapeurs peuvent être dangereuse pour ma santé !
Gabriel était exaspéré, ça faisait dix minutes qu'il était dans le bureau de son professeur de potion qui refusait d'entendre raison. C'était stupide, Gabriel était un des meilleurs de sa classe en potion, il n'avait aucun intérêt à sécher ce cours.
-C'est ce que nous verrons, je vais demander à voir vos parents pour un réunion parents-professeur.
-Vous êtes sérieux ? Tout ça pour un certificat de santé ?
-Parfaitement, vous leur enverrez ce message par hibou et je veux une réponse dès ce soir où il vous en cuira monsieur Audragon. Votre entourloupe marche peut-être avec les autres professeurs mais pas avec moi ! Maintenant je vous prierai de rentrer dans vos quartiers.
-Mais…
-Et fermez la porte, derrière vous. Merci.
Le professeur de potion tendit le parchemin à son élève avec un regard qui n'admettait aucune discussion. Gabriel récupéra le parchemin d'un geste rageur et quitta la salle en laissant la porte grande ouverte.
-5 points en moins pour Serpentard, pour insubordination.
Le Serpentard grimaça légèrement mais au fond il s'en fichait, il savait qu'il rattraperait ces points dès le lendemain. Ce prof avait toujours été infect. Comme tous les professeurs de potions qu'il avait eu depuis la première année d'ailleurs.
Il marcha rageusement jusqu'aux appartements de Zahran qui se préparait un potage de légume rempli de vitamines. Ce dernier allait saluer son petit ami mais celui-ci traversa rageusement le petit salon et entra dans la chambre sans un regard pour lui. Il trouvait son petit ami plus colérique depuis sa grossesse mais ne l'avouerait jamais devant le principal concerné sous peine de s'attirer ses foudres.
A dire vrai, Gabriel avait toujours su plus ou moins contrôler ses émotions. De toute façon, il ne fallait pas faire étalage de ses émotions quand on était à Serpentard. De plus, le petit brun ne se sentait pas assez en confiance avec ses camarades pour montrer totalement son caractère parfois légèrement trop gryffondorien pour son compagnon. Dans l'intimité Gabriel se montrait parfois assez impulsif. Mais depuis quelques semaines, sans qu'il ne comprenne pourquoi, il avait trouvé son amant plus impulsif que d'habitude se posant des questions en silence avant de comprendre vraiment de quoi il était question.
Il finit de préparer sa soupe rapidement avant de ranger la cuisine et d'entrer dans leur chambre en espérant que Gabriel se soit calmé un minimum, quelquefois que l'envie ne lui prenne de retourner ses foudres contre lui. Il le trouva allonger sur le lit tourner vers le mur une main sur le ventre, geste qu'il commençait à faire sans vraiment sans rendre compte depuis qu'il avait tout avoué au père de son enfant.
-Mon cœur ? Ça va ?
Aucune réponse. Très bien. Mieux fallait éviter d'insister. Il s'allongea derrière en position grande cuillère et passa un bras par-dessus ses hanches en espérant ne pas être rejeté ce qui ne fut heureusement pas le cas.
-J'ai fait de la soupe comme tu aimes.
-…
-Je t'aime ? tenta l'elfe une nouvelle fois.
-…
-Tu veux qu'on se marie ?
-Quoi ?!
Gabriel se retourna avant de rougir face au regard goguenard de l'elfe.
-Va te faire voir ! T'es con.
-Quoi, j'ai bien l'intention de passer la bague au doigt un jour, on en a déjà parlé tu sais que je le pense.
-Mais avec le bébé ?
-Eh bah ça ne change rien au fait que je t'aime comme un fou. Tu sais que l'amour est sacré chez les elfes, si la magie était contre notre union, elle n'aurait jamais permis l'union magique de se produire. Maintenant, tu me dis ce qui ne va pas ?
-Le prof de potion veut voir mes parents pour parler de mes certificats. Je vais être obligé de leur dire. Le parchemin est scellé pour n'être ouvert que par un de mes parents.
-De tes parents ou de tes représentants légaux ?
-Parents.
-Donc, techniquement, Harry pourrait l'ouvrir ? "Parent" signifie autant la personne qui t'a élevé qu'une personne avec un lien de parenté si je ne m'abuse?
-Zaza, tu es diaboliquement intelligent.
Ni une, ni deux, Gabriel sauta sur son téléphone et téléphona à Harry qui à cette heure-ci devait avoir fini ses consultations. Il répondit presque immédiatement et après quelques explications et des supplications de la part de Gabriel, Harry finit par soupirer et accepta de se rendre au rendez-vous s'il pouvait ouvrir le parchemin dont il était question. Zahran qui avait suivi toute la conversation soupira.
-Pourquoi j'ai l'impression qu'il ne te refusera jamais rien ?
oOoOo
Harry transplana aux environs de Poudlard et guetta les environs avec nostalgie. Ça faisait 16 ans qu'il n'était pas venu et ce serait mentir de ne pas avouer que ça lui faisait du bien. Cet endroit où il avait trouvé refuge loin de sa « famille », où il avait eu ses premiers amis, où il était tombé amoureux et enfin où il avait eu le cœur brisé.
Il savait qu'il n'aurait jamais dû accepter la proposition de Gabriel mais quand il l'avait supplié avec sa petite voix à travers le téléphone, il avait été incapable de dire « non ». Il pensait de toute façon que le sceau magique ne craquerait pas, mais il avait cédé avec un facilité déconcertant. Le courrier était court et demandait simplement un rendez-vous avec le parent de Gabriel Audragon par rapport à ses certificats de santé. Le rendez-vous avait été placé le samedi suivant soit presqu'une semaine après dans le bureau du professeur.
Gabriel l'attendait devant le château et il le serra dans ses bras quand il arriva à sa hauteur.
-Bon, faisons ça rapidement que je t'invite à manger au « trois balais », d'accord?
-Oui, c'est dans les cachots.
Ils traversèrent le château et quand Harry arriva devant la porte il récita son texte intérieurement. Gabriel avait des allergies graves et devait éviter de respirer des fumées de potions. Il se répéta son texte jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur le professeur de potion qui écarquilla les yeux.
-Harry ?
-Draco ?
A suivre…
Oh mon dieu le suspens est à son comble, les retrouvailles tant attendues !
Des commentaires?
Il est minuit une, nous sommes donc dimanche. Pour m'excuser de ce retard, je vais poster le chapitre suivant avec toutes mes excuses u/u
