Une part de bonheur

Autrice : Lilomanga

Chapitre : 6/24

Un chapitre en duo ce week end pour m'excuser d'avoir publié en retard.

Vérifiez d'avoir bien lu le chapitre précédent, bonne lecture !

Chapitre 5 : Souvenirs douloureux

Cela faisait maintenant 3 ans que Draco était professeur de potion à Poudlard. Après avoir passé ses aspics, il était rentré dans une fac de potion contre l'avis de ses parents qui voulaient qu'il devienne politicien. Il avait de la répartie, il était intelligent et savait analyser des situations ce qui était un atout dans le monde politique selon son père. Après une énorme dispute à l'issue de laquelle Draco finit par quitter le manoir en claquant la porte, le blond avait décidé de demander l'asile à son parrain Severus Rogue. Il avait déjà trop perdu à cause de ses parents et il n'allait plus les laisser décider de sa vie.

Il avait eu son diplôme haut la main et avait travaillé comme assistant dans une boutique de potions quelques années avant d'ouvrir sa propre enseigne. Il était sérieux dans son travail et ses potions étaient toujours d'une grande qualité ce qui contribua en quelques années à lui forger une excellente réputation.

Quand son parrain était tombé malade il y avait trois ans de cela, il lui avait demandé de récupérer son poste le temps qu'il se remette. Draco avait laissé les rennes de sa boutique à son adjoint qui menait depuis le navire d'une main de fer. Draco travaillait à Poudlard du lundi au jeudi et consacrait la plupart de son week-end à sa boutique.

Ce qui devait seulement durer un ou deux ans s'était prolongé quand son parrain prit la décision de prendre une année sabbatique, loin de ses cornichons une année de plus. Draco avait accepté parce qu'il savait que son parrain avait besoin de repos et qu'il était ce qui ressemblait le plus à un parent pour lui.

Draco s'était battu toute sa vie pour être le petit enfant modèle que son père voulait qu'il soit. Le parfait petit Serpentard sournois, vicieux et ambitieux. Il avait toujours eu ce qu'il voulait et rien n'allait changer ça. Rien à part un petit brun à lunette mal coiffé qui avait refusé sa main et son amitié pour une belette aux robes usées.

L'élu dont tout le monde parlait avait refusé d'être son ami à lui. Il le détesta instantanément et il avait tout fait pour faire de sa vie un enfer. Et il avait plutôt réussi. Il lui avait fait des crasses, s'assurait qu'il ne réussisse pas ses potions et surtout l'observait de près pour transformer chaque détail de sa vie en poison. Et c'est tous ses petits détails qui l'avaient fait lentement et irrémédiablement tomber amoureux de sa Némésis.

Le fait qu'il mange de la confiture à la rhubarbe chaque matin, la façon dont il remontait ses lunettes sur son nez, sa sale manie de passer ses mains dans ses cheveux, son rire. Tout ce qui l'insupportait avait fini par devenir mignon et adorable. Et un jour en se battant comme des chiffonniers dans un couloir vide, ils s'étaient retrouvés à s'embrasser comme des forcenés.

Leur premier baiser avait eu un goût de sang et avait été violent. Les deux s'étaient battus pour avoir la domination du baiser. Pendant presque deux mois, leur petit manège avait continué dès qu'ils étaient seuls, ils s'embrassaient jusqu'à plus soif. Jusqu'à ce qu'un soir, après avoir passé une journée merdique, leurs baisers violents prirent un gout salé. Surpris le blond eut un mouvement de recul et découvrit le visage du Gryffondor couvert de larmes. Ce fut leur première vraie discussion et le début de leur relation secrète en tant que couple.

Plus le temps passait, plus ils devinrent complices. Et quand Draco eut sa chambre personnelle de préfet, ils découvrirent un nouveau corps à corps qu'ils n'avaient jusqu'alors qu'à peine commencé à explorer.

La première fois que Draco avait réalisé l'ampleur de ses sentiments envers son copain, l'air lui avait manqué. Parce que son père lui avait appris beaucoup de choses, mais aimer n'en faisait pas parti. Il peinait déjà à prouver son affection à Harry autrement qu'avec des baisers ou en l'attirant dans son lit. S'il n'avait pas appris autant d'informations sur lui lorsqu'ils étaient encore ennemis, il aurait eu bien du mal pour lui offrir des cadeaux à son anniversaire et pour la fête de Yule.

Il se demandait comment réagiraient ses parents s'ils apprenaient leur relation. Mal, assurément. Comment pourrait-il un jour assumer leur relation publiquement, avoir une vie de couple normale ? Tout ça lui paraissait impossible. Petit à petit alors que ses sentiments ne faisaient que gagner en intensité, il se persuada qu'une vie après Poudlard ne serait pas possible et qu'il n'assumerait jamais leur relation. Quand il pensait au futur il avait mal au ventre, alors il n'y pensait pas.

Du moins, il n'y pensa pas jusqu'à qu'un beau jour, son copain lui annonça avec une petite mine et une voix tremblante qu'il attendait un bébé, leur bébé. Ils avaient alors 17 ans et tout le corps de Draco prit froid. Non. Non, il ne voulait pas avoir un bébé avec Harry parce que cela impliquait trop de changements, de décisions et de choix dans sa vie et qu'il était trop immature pour ne serait-ce qu'envisager.

Il avait à peine conscience que ses lèvres bougeaient qu'il annonçait d'une voix froide empreinte de toute la peur qu'il ressentait que non, il ne voulait pas d'enfant avec lui. Pas maintenant, pas comme ça…Il se souviendrait longtemps de l'air de pure trahison d'Harry à ce moment-là : Les yeux écarquillées, les yeux embués, l'air hébété…

Il aurait voulu se rattraper lui expliquer que rien n'était propice pour l'arrivée de ce bébé. Qu'il n'avait aucune fibre paternelle, que sa famille le déshériterait voire le tuerait. Lui faire comprendre qu'avoir un bébé avec lui maintenant était une mauvaise idée et pas du tout envisageable. Au lieu de ça, il avait parlé d'avortement à son petit ami qui terrifié s'enfuit à toutes jambes. Le temps que Draco réalise sa connerie et son manque de tact, son copain baignait déjà dans son sang et avait perdu le bébé.

Harry le quitta et l'évita jusqu'à la fin de l'année scolaire et puis, il disparut sans laisser de trace. Il l'avait cherché pendant des mois dès qu'il avait un instant de libre avec le peu de moyens dont il disposait sans jamais aucun résultat. Pas une trace, même ses amis ne semblaient pas savoir où il était parti.

Plus le temps passait et plus Draco se demandait. Et s'ils avaient eu ce bébé, où en seraient-ils maintenant ? Peut-être qu'ils seraient encore ensemble, peut-être vivraient-ils ensemble ? Ou peut-être qu'ils auraient fini par se détester et se séparer…

Il ne le saurait jamais puisque le brun avait disparu de toute façon. Devant son verre d'il ne savait plus trop quel alcool, le blond rumina. Son meilleur ami, Théodore l'avait traîné dans un bar moldu, sa grande lubie depuis quelque temps. Draco ne se sentait pas à l'aise dans ce genre d'endroit au milieu des moldu et paradoxalement hors du monde sorcier il se sentait plus libre de ses mouvements. Il avala le liquide ambré et tourna la tête pour regarder on meilleur ami se déchainer sur la piste de danse quand son regard capta une tignasse brune qui fit manquer un battement à son cœur. Il s'était réveillé face à cette crinière assez de fois pour la reconnaître entre deux. Il s'approcha lentement et profita de l'inattention du brun pour se placer derrière lui et l'interpela. Il vit les muscles d'Harry se tendre et son visage se tourner lentement vers lui comme s'il avait vu un fantôme. Il glissa sa main le long de la colonne du brun, un geste qui, il savait, le faisait défaillir à tous les coups.

Avant même de réaliser ce qui se passait, il avait transplané jusqu'à chez lui et embrassait le brun à en perdre haleine. Il passa la nuit à aimer ce corps qui lui avait tant manqué, à embrasser cette bouche dont il avait rêvé. Et quand il se réveilla le matin suivant le sourire aux lèvres avec l'intention de récupérer son homme, il se tourna et sa main effleura un morceau de papier. Son coeur se serra douloureusement. Son âme et son égo en prirent un coup qui le laissa remplit d'amertume pendant des semaines.

Il avait continué de vivre sa vie en essayant de faire comme si de rien était. Comme si Harry Potter n'avait jamais existé dans sa vie. Et ça avait assez bien marché. Jusqu'à ce qu'il débarque accompagné d'un de ses meilleurs élèves en tant que parent de celui-ci.

Son cerveau calcula en deux secondes l'âge de la conception de Gabriel et il fixa ses yeux gris comme s'il l'observait pour la première fois. Et son corps se tendit.

Harry avait reculé d'un pas, incapable de réagir.

-Potter, c'est quoi ce bordel ?!

-Draco, attends. C'est pas ce que tu crois…

-Ah bon ? Tu ne m'as pas menti sur ta fausse couche et tu n'as pas élevé notre fils en secret pendant 17 ans ?

-Non. Enfin pas entièrement. Ecoute, c'est très compliqué, mais je peux t'expliquer.

-Attends…Harry, mon deuxième père c'est Draco Malfoy ?

Gabriel qui jusque-là avait regardé la scène sans vraiment comprendre ce qui se déroulait devant ses yeux compris rapidement les enjeux de la conversation qui prenait très vite des proportions énormes. Harry le regarda, les yeux rouges, la main tremblante et le cœur de Gabriel se serra de le voir si fragile.

-Potter tu m'expliques ce qui se passe par Merlin !

-Oui, je t'ai menti, tu m'as clairement fait comprendre ce que tu pensais de cette grossesse alors je t'ai libéré de ce fardeau…

-Donc j'ai raison…

-Non! Je l'ai fait adopter. Je n'aurais pas pu…J'étais tout seul. Mais je n'ai pas pu éteindre cette étincelle de vie que j'avais réussi à créer.

Harry jeta un regard à Gabriel qui suivait l'échange qui se déroulait devant lui avec attention assemblant les pièces manquantes du puzzle qu'il avait déjà commencé à assembler pendant les deux semaines qu'il avait passées chez Harry. Draco semblait tendu. Il avait déjà vu son professeur en colère à de nombreuses occasions contre les cornichons de sa classe comme il les appelait, mais là il semblait fulminer sur place.

-ATTENDS, MAIS A QUOI TU PENSAIS BORDEL !

Draco commençait à s'échauffer et une envie de tout casser autour de lui le prit aux tripes.

-A RIEN DU TOUT, cria Harry pantelant alors que ça voix tremblait légèrement. Je n'avais pas toute ma tête. Du tout. Cette nuit-là, celui que je pensais être l'amour de ma vie à qui j'ai annoncé ma grossesse alors que j'étais terrifié du haut de mes 17 ans m'a regardé dans les yeux en m'annonçant que tu « ne voulais pas d'un bébé avec moi ». Moi, orphelin qui n'avait aucune de famille et qui avait cru en trouver une, ça m'a tué de l'intérieur Draco. Alors je suis parti, en prétendant aller bien, en prétendant que je n'étais plus qu'une coquille vide. Mon seul objectif, ma seule raison de vivre c'était de donner à mon petit garçon une chance d'être heureux dans ce monde qui n'avait voulu ni de lui, ni de moi. Et quand j'ai eu Gaby dans mes bras alors j'ai…Tout cet amour que j'avais pour toi et qui me tuait à petit feu, m'a paru presque fade. Parce que l'amour que j'avais pour Gabriel était dix mille fois plus puissant que tout ce que j'ai pu ressentir pour quiconque dans ma vie. A la minute où je l'ai eu sur moi, je savais que l'abandonner pour qu'il soit heureux loin de son papa cassé serait la chose la plus difficile que j'aurais à faire de ma vie. Plus dur que d'accoucher, que de passer le concours de médicomagie, que de t'avoir quitté. Alors non, tu n'as pas le droit de m'en vouloir parce que TOI tu m'as dit d'avorter, tu voulais que je tue ce petit ange aux yeux gris. Tu m'as dit de me débarrasser de ma seule vraie famille. De la seule qui avait une petite chance de m'aimer et tu m'as tellement cassé que je n'ai même pas réussi à lui donner tout cet amour que j'avais pour lui. Alors, tu la fermes, okay…tu la fermes…

Harry s'était approché tout le long de son discours jusqu' à faire face à Draco et a martelé son torse de petit coup. Quand il eut fini, il était essoufflé. Essoufflé d'avoir enfin réussi à formuler tout ce qui lui empoisonnait la vie depuis…

En retrait, une main crispée sur son ventre, des larmes roulaient sur les joues de la Gabriel en résonnance avec la douleur de son père. Il posa sa main sur l'épaule d'Harry qui se ressaisit un peu et sembla se reconnecter à la réalité.

-Papa. Je suis désolé.

-Mais pourquoi tu t'excuses mon bébé, c'est moi qui ai été médiocre. C'est moi qui suis désolé. Pardon, je suis désolé.

Harry étouffait dans cette salle sous le regard pétrifié de Draco dont la situation lui échappait complètement. Il avait à peine le temps d'assimiler une information, qu'une nouvelle arrivait. Le sentiment de culpabilité qui l'étreignait depuis des années atteint son point culminant. Il posa sa main sur son bureau pour garder contenance tandis qu'il passa la deuxième dans ses cheveux à défaut d'autre chose.

-Merde Harry ! Me faire culpabiliser c'est… Attendez, si tu l'as fait adopter qu'est-ce que tu fais là avec lui ?

Les deux bruns échangèrent un regarde et c'est Gabriel qui prit la parole.

-J'ai retrouvé la trace d'Harry juste avant les vacances et je lui ai demandé de venir à cette réunion et il a accepté de me couvrir.

-De te couvrir ? Pour ton ordonnance d'absence en cours de potions ? Pourquoi tu ne peux pas assister à mes cours.

-…Parce que…parce que, je suis enceint.

Draco s'adossa à son bureau et pinça l'arrête de son nez.

-Bordel de merde. Et je suis censé ne pas faire remonter l'information à la direction ? Et toi, tu es au courant et tu ne l'as dit à personne ?

-Je lui ai laissé un délai pour tout avouer au père, à ses parents et ensuite à la direction. Je suis obstétrimage, je sais ce que je fais.

Le professeur de potion eut un rire amer.

-Vraiment, tu le sais ?

-Monsieur Malfoy, je…

-Franchement Gabriel au point où en est appelle-moi par mon prénom.

-Euh…Draco. Non, c'est définitivement bizarre…Je vais tout avouer, j'ai juste besoin d'un peu de temps. De toute façon, je ne vais pas pouvoir cacher ma grossesse bien longtemps…

-Bon, on reparlera de ça plus tard, retourne dans ta salle commune, je dois parler avec Harry, y a trop de choses à gérer.

Gabriel lança un regard à Harry qui hocha la tête et le brun s'évinça de la pièce. Draco et Harry se regardèrent en chien de faïence avant que le blond ne soupire et ne l'invite dans ses appartements pour avoir une discussion posée sur la situation et sur ce qu'il fallait faire maintenant.

oOoOo

Assis l'un en face de l'autre dans le salon des appartements du professeur de potion, les deux hommes se faisaient face sans qu'aucun des deux n'ose vraiment prendre la parole en premier. C'est le blond qui se lassa le plus vite puisqu'il se leva et posa ses deux mains sur la cheminée en regardant les flammes d'un air perdu.

-Pourquoi tu es parti ?

-Je te l'ai dit pour mettre au monde Gabriel…

-Non, je veux dire après la nuit qu'on a passé ensemble quand on s'est retrouvé dans le bar. Pourquoi tu es parti au petit matin sans un mot ? Quand je me suis réveillé j'ai eu droit à un mot.

Draco souleva le couvercle d'un petit pot posé sur le manteau de cheminée et récupéra un petit papier qu'il tendit à Harry qui écarquilla les yeux en récupérant le papier d'une main tremblante.

-Tu l'as gardé ?

-J'ai voulu le brûler. Mais c'était la dernière chose de toi qui me restait.

-Mais je croyais que tu…

-J'avais 17 ans, Harry...Tu sais dans quelle condition j'ai été éduqué et élevé. Tu croyais que j'allais réagir comment ?

-…mieux que ça. Je m'attendais à ce que tu es peur, à ce que tu rejettes l'idée d'un bébé maintenant. Pas que tu ne supportais même pas l'idée d'avoir un gosse avec moi. D'être relié à moi par un lien plus fort que ce que je pensais qu'on avait.

-C'est ma faute. Les mots se sont échappés de ma bouche avant que je puisse les retenir. C'est pas que je voulais pas d'enfant avec toi. C'est juste que, j'ai pas ce qui faut pour être un papa. Je sais pas être gentil, être affectueux.

Harry se leva et se rapprocha de Draco qui avait les baisser les yeux refusant obstinément de montrer ses faiblesses. Le brun s'approcha doucement et releva son menton vers lui pour croiser son regard.

-C'est pas vrai Draco. Tu m'as donné de l'affection, à ta manière certes. Mais personne ne montre son affection de la même manière.

-Oui, je t'ai aimé. Et regarde où en est…

-Ecoute Draco. On ne peut pas défaire ce qui est fait. Mais là il n'est plus question de nous. On doit aider Gabriel. Je sais ce qu'il traverse et ça doit être le bordel dans sa tête. J'aimerais qu'il évite de prendre des décisions qu'il regrettera peut-être. J'ai vu trop de jeune prendre des décisions sous la panique et revenir à mon cabinet désemparés.

-Comment tu as retrouvé Gabriel ?

-C'est plutôt lui qui m'a trouvé. Il est têtu comme son père biologique que veux-tu ?

-J'espère que tu parles de toi, sourit légèrement le blond.

-Pour avoir passé deux semaines avec lui, je peux t'assurer que niveau caractère, il a pris beaucoup de toi. Un Serpentard jusqu'au bout des ongles !

-J'aurais aimé que les choses se passent autrement tu sais. Quand on s'est revu cette nuit-là, je m'étais dit que j'essaierai de te récupérer. Je m'étais dit que peut être que je n'avais pas merdé autant que ce que je pensais et que je pourrais arranger les choses. Maintenant je me rends compte à quel point je me faisais des illusions. Et je n'arrive même pas à être en colère… Et contre qui ? Toi ? Je suis sûr que tu as été celui qui le plus souffert de la situation.

-Je suis désolé, j'ai vraiment voulu faire au mieux pour tout le monde. Surtout pour Gaby. Il est devenu ma priorité et même aujourd'hui il l'est toujours. Donc je vais l'accompagner dans sa grossesse, je vais m'occuper de lui-même dans mon cabinet et faire le suivi.

-Ah oui, j'ai lu dans la gazette que tu avais ouvert ton cabinet il y a quelques années. Félicitations.

-Merci.

Un silence un peu gênant s'installa interrompu seulement par le crépitement des flammes.

-Et donc quel est le plan pour Gabriel ?

-Pour l'instant, lui laisser le temps de digérer et de l'annoncer à tout le monde. C'est important et ça fait partie du processus d'acceptation.

-Et le deuxième père ?

-Euh, on en parlera plus tard d'accord ?

-Tu sais qui c'est ?

-Oui, mais on en reparlera. Je dois y aller. Si tu veux me joindre je vais te rajouter à ma ligne de cheminée et tu pourras toujours m'envoyer un hibou. Ou prendre mon numéro si tu as un téléphone.

-Non, j'ai pas de téléphone, je t'enverrai un hibou.

-D'accord. Bon, je devrais y aller alors ?

Draco se leva surpris pour retenir le brun.

-Non, attend ! Enfin… Ne pars pas tout de suite. S'il te plaît.

Harry se réinstalla surpris et regarda Draco plus attentivement. Ses cheveux étaient toujours aussi clairs mais son visage avait un peu changé. Les traits de son visage avaient perdu leurs dernières rondeurs adolescentes. Son regard s'attarda sur les yeux gris anthracite dans lesquels il n'avait pas pu contempler depuis des années.

Pendant près de deux ans, ça avait pourtant été son lot quotidien. Se réveiller et croiser ce regard qui avait le don de l'apaiser et de le faire se sentir bien. Ce regard qui pouvait en une seconde se noircir de désir en le regardant. Il ne s'était jamais senti aussi désiré que lorsque le regard de Draco parcourait son corps finissant immanquablement sur son visage. Harry se donnait sans concession dans cette relation qui avait pourtant commencé sur les chapeaux de roue. De satisfaisante, cette relation qu'il avait entamé avec sa Némésis était devenue un élément clé de son équilibre quotidien. Il portait également les cheveux légèrement plus longs qu'auparavant ce qui selon Harry ne faisait qu'augmenter son charisme.

-Et toi, ça va ? Je ne savais pas que tu étais professeur de potion à Poudlard.

La dernière fois qu'il avait vu le nom de Draco Malfoy apparaître dans un journal c'était à propos d'une boutique de potion.

-Oui, Severus est tombé malade et m'a demandé de reprendre son poste pour quelque temps, je suis sensé reprendre la gérance de ma boutique l'année prochaine. Mais je ne m'inquiète pas elle est entre de bonne main. En fait, je comptais même demander à mon apprenti s'il voulait devenir mon associé.

-Ah, c'est bien. Et…tes parents ont accepté ?

Harry savait très bien que ce n'était pas la carrière qu'ils avaient décidée pour lui et que ses parents avaient une grande influence sur lui et sur ses choix. Faire des choses contre leur volonté était difficile pour Draco. C'est un des facteurs qui les avaient fait garder leur relation secrète. Au début parce qu'ils pensaient qu'elle serait éphémère puis parce que préserver leur jardin secret leur avait semblé vitale pour le conserver intacte.

-Disons que je suis un peu parti en claquant la porte. Je ne les vois plus vraiment. Voire plus du tout en fait. J'ai fini par exploser et j'ai trouvé refuge chez mon parrain. J'en pouvais plus de vivre selon leur désir.

-Ouah. Je pensais pas entendre ça un jour. Et ils ne te manquent pas ?

-Bien sûr que si, mais comparé au sentiment de liberté que je ressens depuis, j'ai gagné au change.

-Je suis content pour toi alors. Et j'espère que ça ira mieux entre vous.

- …Quand je vais leur dire pour Gabriel, je suis pas sûr d'arranger mon cas.

-Attends, tu comptes leur dire ? Imagine qu'ils le révèlent à la presse ou pire. Et puis ils ne savent même pas qu'on était ensemble toi et moi. Tu viens à peine de l'apprendre et…

-Ce sont mes parents, Potter. Tu crois que je vais leur cacher ça ? Je sais que toi, tu n'en as pas mais…

Le regard blessé d'Harry le coupa net dans son élan et il soupira en le voyant se lever les dents serrées et les sourcils froncés.

-Harry, attends. Je m'excuse.

-Ecoute Draco. Tu as déjà beaucoup mieux réagi que je ne me l'imaginais. Je sais que tu es un sale con, c'était déjà le cas quand on sortait ensemble, je ne vois pas pourquoi ça aurait changé. Je viendrais faire le suivi de la grossesse de Gabriel toutes les deux semaines, le vendredi soir donc le mieux se serait qu'on fasse ça dans ton appartement. Quel que soit les choix qu'il prendra, moi, ma priorité c'est sa santé mentale et physique. Donc on se voit dans deux semaines. Bonne soirée.

Draco n'eut pas le temps de réagir qu'Harry quitta ses appartements. Il venait encore de braquer le brun à cause de sa langue de vipère qu'il avait tant de mal à maîtriser quand il se sentait attaqué ou blessé dans sa personne. Il avait merdé.

A suivre…

Voilà le retour de Draco tant attendu!

Ce fut houleux et déstabilisant mais certaines choses ont été dites et éclairées...

A la semaine prochaine!