Une part de bonheur
Autrice : Lilomanga
Pairing : HPDM/ GAZM
Chapitre: 7/24
Chapitre 6: Kintsugi
Il avait été convenu que Gabriel se rendrait une fois par semaine chez Draco pour que celui-ci le fournisse en potions anti-nausées et qu'une semaine sur deux, Harry viendrait également pour vérifier l'avancée de la grossesse et lui donner des conseils et des compléments alimentaires.
Draco ne s'était jamais imaginé père parce qu'il ne se pensait pas fait de ce bois-là. Il ne voulait pas risquer de détruire l'enfance d'un pauvre gamin comme son père avait ruiné la sienne. Il ne saurait même pas quoi faire avec un bébé dans les bras. Il était maladroit, incapable de nouer des contacts avec les gens sans penser que les autres lui voulaient quelque chose. Après tout, c'est ce que lui avait appris son père, s'il devenait ami avec quelqu'un il devait avant tout penser aux bénéfices que lui prodiguerait ce lien. Alors pourquoi les autres fonctionneraient-ils autrement ?
Apprendre du jour au lendemain que son bébé avec Harry était venu au monde et avait été choyé l'avait bizarrement soulagé. Savoir que sa relation avec Harry n'avait pas causé que du malheur lui avait retiré un poids des épaules et pour la première fois depuis des années, il respirait mieux. Il avait dans un premier temps pensé qu'il serait assez imperméable à son lien de parenté avec Gaby mais il s'était très vite rendu compte que ce n'était pas le cas.
Gabriel était un élève brillant, l'un des seuls qui ne mettait pas le bazar dans ses classes et ne répondait pas des ignominies dans ses devoirs. Quand il ne savait pas, il ne répondait pas et Draco l'en remerciait car certaines copies lui donnaient envie de s'arracher les cheveux. Il commençait pourtant à voir le jeune homme sous un nouvel angle. Il se mit à l'observer beaucoup et quelque chose dans son comportement l'intrigua. Il était au milieu de ses camarades, il discutait et mangeait avec eux dans la grande salle, pourtant, il semblait se distancer d'eux. A plusieurs occasions, il l'avait vu s'éclipser de son groupe de camarades sans que personne s'en soucie vraiment. Pas comme s'ils s'en fichaient, mais plutôt comme s'ils en avaient l'habitude. Il s'était alors demandé s'il se rendait à la bibliothèque mais se posait des questions.
Il se demanda également qui pouvait être le père de l'enfant mais ne trouva aucun indice. Gabriel était discret et semblait être un pro de l'évasion de la même façon qu'Harry lorsqu'ils devaient se retrouver à l'époque. Et c'est ça qui le fit tilter, pourquoi Gabriel aurait une relation secrète. Sortait-il avec un Gryffondor ? Il n'était pas assez proche de l'adolescent pour lui poser la question directement et ne récolterait sûrement pas de réponse.
Il fut tiré de ses pensées par le bruit de quelqu'un frappant à sa porte et l'ouvrit d'un coup de baguette. Gabriel entra dans l'appartement du professeur de potion. Draco attrapa une boite dans laquelle étaient stockées une dizaine de potions anti-nausées qu'il avait brassées par prévention puisque Gabriel n'avait pas encore eu de nausées matinales.
-Bonjour, professeur Malfoy.
-Bonjour Gabriel, entre je t'en prie.
Gabriel entra et s'installa sur un des canapés du salon tandis que le potionniste prépara un thé au Rooibos auquel il ajouta des feuilles d'ortie bonnes pour les grossesses et servit deux tasses. Harry devait arriver un peu plus tard dans la soirée mais Draco avait demandé au jeune Serpentard de venir plus tôt pour discuter un peu.
-Ça va ?
-Oui, je suis juste un peu fatigué, mais ça va. Je tiens le coup.
Décidemment, c'était une bien étrange situation, discuter avec son professeur de potions surnommé affectueusement professeur Satan dans les couloirs du château. Il ne ressentait pas ce lien presque palpable qu'il avait ressenti directement avec Harry mais les conditions de sa naissance et même son existence méconnue pour le blond jusqu'à deux semaines auparavant devaient jouer. Pourtant, sa compagnie n'était pas désagréable bien qu'un peu distante.
-Ecoute, Gabriel. Je sais que c'est une situation complexe et difficile mais je veux que tu saches que si tu as besoin, je suis là.
Le blond avait parlé en gardant un visage impassible, mais Gabriel vit passer un éclair de chaleur dans ses yeux aussi gris que les siens et sourit.
-Merci, beaucoup.
Draco resta silencieux un moment en contemplant Gabriel de la tête aux pieds. Le parfait mélange de Harry et lui-même. Il avait participé à la procréation de ce jeune homme, son sang coulait dans ses veines. Ce petit était un Malfoy et pourtant il n'était pas mauvais, ni méchant. Le blond ressentit du soulagement. Alors ce n'était pas ses gènes qui étaient mauvais. Juste son éducation. Il aurait pu être comme ça avec des parents bienveillants.
-D'après ce que m'a dit Harry, tu as passé deux semaines chez lui ?
-Oui, c'est ça. Pendant les dernières vacances scolaires.
-Et ça s'est bien passé ?
-Oui, Harry est un peu papa poule si je puis dire. Et il voulait rattraper le temps perdu. Il m'a gâté, je l'avoue.
Le blond eut une esquisse de sourire et avala une gorgée de thé.
-Oui, il est un peu envahissant par moment quand il s'agit d'affection, mais il veut tellement bien faire comment lui en vouloir ?
-Il…il était comme ça, quand vous étiez ensemble ? Vous n'êtes pas obligé de répondre.
-Oui, il était comme ça. On se chamaillait beaucoup aussi parce que j'ai un caractère… difficile dirons-nous.
-Vous-voulez bien me parler de votre relation ?
-Tu n'en as pas déjà parlé avec Harry ?
-Si, bien sûr mais je voudrais avoir les deux côtés de l'histoire.
-Il n'a pas dû faire un portrait très reluisant de notre relation, le blond se gratta la nuque.
-Au contraire, même si ça a fini dans la douleur, j'ai eu l'impression qu'il vous aimait très fort que même si vous ne lui montriez pas de l'affection comme tout le monde, le peu qu'il avait, il savait s'en contenter.
-Eh bien, il aurait pas dû. Il aurait dû demander plus, exiger plus. Mais avec la famille qu'il avait...le peu que je lui donnais lui suffisait. Pourtant je sais qu'au fond de lui il savait l'étendu de l'affection que je lui portais parce que certains gestes, certaines paroles ne trompent pas. Et puis après je me suis détendu un peu plus, j'étais à l'aise avec lui. Mais une part de moi est restée bridée. Tu sais Harry a dit qu'il est cassé, mais je suis vraiment pas mieux…J'avais beau l'aimer, j'arrivais pas à lui dire à voix haute tout ce que je ressentais pour lui, pire parfois je disais l'inverse de ce que j'aurais vraiment voulu dire. Je ne suis pas un cadeau non plus et ce qu'il a fait pour toi, je ne suis pas sûr que j'aurais été capable de le faire. Il n'en a pas conscience mais il est beaucoup plus fort que ce qu'il croit.
Gabriel regardait son deuxième géniteur raconter sa relation avec Harry et il mettait tout en relation avec ce que Harry lui avait raconté pendant les vacances et une seule pensée ne le quitta pas tout au long du discours .
Quel Gâchis...
Aucun des deux hommes n'avait l'air de vraiment se rendre compte de ce que l'autre ressentait vraiment à cette époque. Et Gabriel était sûr d'une chose, cette histoire n'était pas finie, elle ne le pouvait pas l'être, ça serait trop triste.
Au fur et à mesure de la conversation il découvrit un autre aspect de son professeur qui d'après lui-même ne savait pas aimer. La bonne blague, la plupart des anecdotes qu'il avait à raconter lui prouvait le contraire. Parce que retirer une des couvertures du lit en hiver pour s'assurer que son copain se colle à soi la nuit ou encore lui faire une surprise le jour de la Saint-Valentin alors qu'on déteste cette fête juste pour le voir sourire, c'était de l'amour.
Pendant la conversation, Gabriel commença à cerner un peu le personnage qu'était Draco Malfoy. Il était de mauvaise foi, parfois chiant, irritable et cynique mais la vérité c'est que derrière tous ces défauts qui auraient pu le rendre infréquentable, Gabriel comprit pourquoi Harry avait pu en tomber amoureux. Il n'était pas sûr que le blond s'en rende compte lui-même mais il aimait se faire dorloter. Il aimait qu'on s'occupe de lui comme s'il était important parce que jamais ses parents ne l'avaient fait se sentir important.
Et il comprit vraiment la démarche de son adoption. Parce que lui il avait eu deux parents qui lui répétaient tous les jours qu'ils l'aimaient, qu'il était intelligent, beau, qu'il était un cadeau de la vie. Et même si l'abandon était quelque chose qui le terrifiait au point de lui créer une carapace, ses parents étaient un pilier inébranlable dans sa vie qui lui avait appris à aimer et surtout à être aimé. Ce qui n'était pas le cas de ses papas biologiques, parce que personne ne leur avait montré, ne leur avait appris.
Alors Harry avait voulu lui donner une chance, celle qu'il n'avait pas eu et n'était pas capable de lui donner.
-Donc voilà, mon côté de l'histoire, un jeune de dix-huit ans qui a merdé.
-Vraiment ? Vous pensez que vous avez merdé ? Moi je pense que surtout vous pouvez encore réparer les choses. Vous connaissez la technique japonaise du Kintsugi ?
-Réparer les vases cassés avec de la jointure en or ? J'ai toujours trouvé un réparo plus efficace !
Gabriel eut un léger rire qu'il camoufla derrière sa main, son professeur était aussi très terre à terre ce qui était étrangement mignon.
-Chez moi, on utilise cette technique parce que ma mère trouve ça plus joli. Au début j'étais sceptique, mais maintenant je suis d'accord. Certaines choses ne sont pas inéluctables. On peut réparer ce qui est cassé et le rendre encore plus joli.
Le potionniste regardait cet adolescent de presque dix-sept assis sur son canapé qui sirotait son thé et quelque chose en lui se serra. Gabriel semblait avoir une maturité sentimentale qui l'étonnait.
Leur conversation fut interrompue par un bruit provenant de la cheminée leur indiquant que Harry débarquait et effectivement, quelques secondes plus tard, le brun arriva par la cheminée en tombant par terre mettant de la poussière verte partout. L'ancien Gryffondor se releva et eut un sourire contrit.
-Bonjour !
oOoOo
Allongé dans le lit, sous les couvertures, Gabriel se reposait contre le torse de Zahran qui lisait un livre sur les unions elfiques à travers l'histoire. Une des mains du brun caressait la poitrine basanée et l'autre était posée sur son ventre, geste qu'il faisait de plus en plus. Ce geste anodin, Gabriel ne se l'était pas permis avant de savoir si oui ou non il garderait cet enfant. Zahran avait lui aussi commencé à le toucher parfois que ce soit lorsqu'il faisait l'amour, lorsqu'il le serrait contre lui ou même lorsqu'il prenait une douche ou un bain ensemble. Il avait même surpris plusieurs fois l'elfe regarder son ventre avec tendresse.
En fait, le comportement de Zahran avait légèrement changé. Il s'assurait régulièrement que Gabriel se sentait bien, le couvait du regard et insistait pour qu'il passe plus de temps dans ses appartements au point que Gabriel n'avait pas été dans son dortoir depuis près d'une semaine en remerciant le fait que ses camarades ne lui fassent pas de commentaires bien qu'ils le charriaient le lendemain sur ses escapades nocturnes.
Il ne pouvait évidemment pas savoir que tout l'instinct elfique de Zahran le poussait à créer un espace reposant et sécurisant pour son compagnon. Le fait d'être séparé de lui lorsqu'il devait rejoindre son dortoir générait un malaise profond en lui qu'il fit taire en invitant Gabriel tous les soirs chez lui le gardant chez lui à coup de bisous et de déclarations d'amour enflammées.
Bien que la situation soit presque normale avec Zahran, Gabriel savait que le plus difficile restait à venir. Il devait dire la vérité à ses parents et avait très peur de leur réaction, surtout quand ils apprendraient qui est le père. Il comptait plaider en sa faveur en évoquant l'union elfique mais tout de même bénie par la magie ou pas, ils avaient 6 ans d'écart et Gaby était encore jeune quand leur relation avait commencé. Il savait que juste la relation en elle-même professeur/élève passerait moyen, voire pas du tout. Mais la grossesse…ça serait une autre paire de manches à laquelle il aurait préféré ne pas faire face. Pourtant il leur devait la vérité. Il était sous leur responsabilité et ce n'est pas comme s'il pourrait leur cacher un bébé de tout façon.
Il soupira et attrapa le livre de l'elfe sous le regard surpris de ce dernier et entoura sa hanche de ses bras.
-Zahran j'ai peur. J'arrive pas à me motiver pour le dire à mes parents et je ne suis pas sûr que leur dire par lettre soit le meilleur moyen de leur annoncer. Je veux d'abord leur dire pour toi et moi avant de balancer la bombe. Et il faudra que je leur parle d'Harry…et du professeur Malfoy. Déjà, si t'étais pas là, je sais pas ce que je ferais...
L'homme se releva et regarda le père de son futur enfant qui avait l'air plus vulnérable que jamais. Il se doutait depuis quelques jours que Gabriel essayait de prendre sur lui et de donner le change mais qu'il balisait à l'intérieur. Après tout, leur situation allait bientôt devenir inconfortable et des choix devront être pris aussi bien par l'un que par l'autre.
-Gaby, moi aussi je suis inquiet. Parce que je suis en plein terrain inconnu et je t'avoue que je ne m'attendais pas à avoir un bébé tout de suite. On est jeune et on est dans une situation qui n'est pas stable. Mais je t'aime Gabriel. Et je suis prêt à tout affronter avec toi…pour toi. Et je pense que tu devrais le dire à tes parents ce week-end. Profite de la sortie à Pré-au-lard de cette semaine. Je sais que leur dire, quelque part, ça va rendre les choses plus réelles, mais on va avoir un bébé.
-Je sais…Je vais leur envoyer un message.
Gabriel se plaça sur le côté, une main sous l'oreille, et Zahran le suivit dans son mouvement pour qu'ils se retrouvent face à face. Pendant quelques secondes il se regardèrent dans les yeux.
Zahran, son bel elfe aux cheveux de feu. Le père de son enfant, son amant, son amoureux. Il tendit la main et attrapa une des longues mèches de cheveux auburn de Zahran et l'embrassa presque timidement avant d'aborder ce sujet qui le travaillait depuis quelques jours.
-J'avais pensé…à Alia pour une fille et pour un garçon Eliel.
-Je voulais pas te permettre plus de pression, je pensais pas que tu y pensais déjà. Je pensais à Manon ou Ariel pour une fille. Je n'avais pas trouvé pour un garçon mais j'aime beaucoup Eliel. J'aime bien Alia aussi.
-Ariel ? J'aime bien on dirait un mélange de Harry et Gabriel.
-C'est aussi ce que je m'étais dit ! En fait, je sais que tu t'es très vite attaché à Harry et j'aimerais beaucoup le rencontrer si ça ne te dérange pas. Voilà, ce que je te propose, comme pour des raisons évidentes je ne peux pas aller chez Draco quand tu y es avec Harry, je comptais lui demander qu'on se rejoigne à Pré-au-lard et si tu veux après on pourrait vous rejoindre toi et tes parents s'ils le veulent.
-Ouah. Ça fait beaucoup d'un coup. Je suis pas sûr que ça soit une bonne idée.
-Au pire si ça se passe vraiment mal, tu m'envoies un message et on reportera à plus tard, d'accord ?
-D'accord je vais envoyer ton numéro à Harry pour que vous puissiez vous joindre sans passer par moi sans arrêt, ça sera plus simple.
Le petit brun se rallongea sur le dos en soupirant fatigué par les évènements à venir qui s'annonçaient éprouvants. Il n'arrivait pas à s'imaginer la réaction de ses parents mais son père était parfois assez sanguin et quand Gabriel se sentait agressé, il se mettait très rapidement sur la défensive. Il ne se disputait qu'assez rarement avec son père mais ça faisait toujours des étincelles, notamment parce que le Serpentard avait beaucoup de mal à gérer sa langue de vipère quand il était blessé dans son égo ou sa sensibilité et que son père détestait l'insolence. Sa mère était beaucoup plus tempérée que son mari et son fils mais elle avait un côté assez imprévisible qui laissait entrevoir son caractère de Gryffondor. Elle était d'un naturel calme mais parfois, elle pouvait s'énerver quand on la titillait et ce n'était jamais joli à voir.
Le ventre de Gabriel se tordit d'angoisse et une brusque nausée le prit de court. Il n'avait jamais eu de nausées depuis le début de sa grossesse et il ne s'en plaignait pas au contraire. Harry lui avait dit que chaque grossesse était différente et qu'il en était encore au tout début, elles pouvaient arriver plus tard ou pas du tout. Gabriel avait espéré que ce ne soit pas du tout.
Il se redressa et dégagea sa main de celle de Zahran pour la porter à sa bouche en se précipitant vers les toilettes de l'appartement pour y rendre le contenu de son estomac. Il détestait cette sensation alors que son ventre se contractait et se tordait. Il sentit à peine la main de Zahran frotter son dos et le repoussa d'une main pour le faire sortir mais le demi-elfe resta sur ses positions, les sens en alerte alors que Gabriel ne voulait clairement pas qu'il assiste à ce spectacle avilissant. Pourtant, paradoxalement, sentir la chaleur que dégageait la main de son chéri lui fit du bien et apaisa même ses nausées après quelques minutes.
-Ça va mon cœur ? Tu veux un verre d'eau ?
-Non, je veux me brosser les dents, s'il te plaît.
Les deux hommes se relevèrent et Gabriel tira la chasse, n'osant pas relever les yeux vers son petit ami qui quitta les toilettes pour la salle de bain. Quand le brun le rejoignit dans la salle d'eau, Zahran lui tendit sa brosse à dent sur laquelle il avait déjà posé de la pâte dentifrice et il la fourra dans sa bouche pour faire partir le goût âcre infecte au fond de sa gorge.
Zahran se plaça derrière lui le fixant à travers le miroir et posa une main sur ses hanches et l'autres sur son ventre libérant la même vague de chaleur qu'il avait fait quelques minutes plus tôt dans la salle de bain et Gabriel s'avachit sur lui tout en continuant à frotter ses dents énergétiquement.
Quand il était petit, sa mère lui faisait ça lorsqu'il était malade.
Ashana Morel était une elfe de feu qui avait eu un enfant avec un homme métisse sorcier et elfe dont elle était tombée folle amoureuse. Les grands-parents maternels de Zahran avaient vu d'un mauvais œil cette union et elle avait réglé le problème en déménageant loin de ses parents emmenant fils et mari avec elle à la limite entre le monde sorcier et le monde elfique. Elle en avait eu assez des discours patriarcales et fermés d'esprit lui dictant comment élever son fils malgré la tare dont son sang était imprégné.
Quand il avait eu 5 ans, ils étaient donc partis de la maison où il avait grandi près de celle de ses grands-parents et avaient emménagé dans un petit village où beaucoup de couples mixtes habitaient. Zahran avait donc eu une éducation où prônait l'amour, le respect et la tolérance.
Ashana était une elfe de feu à la peau brune, aux yeux mordorés et à la longue chevelure auburn. Zahran avait toujours aimé jouer avec les longues tresses qu'elle se faisait tous les jours au point qu'elle ne décide de ne plus couper les cheveux du garçon le laissant décider de lui-même la longueur laquelle il préférait les avoir. Il ne les avait jamais coupés et les entretenait parfaitement grâce à diverse potions et concoctions elfiques que sa mère lui avait appris à faire très jeune. Elle avait également de petites taches de rousseur que Zahran lui avait toujours enviées. Elle avait rencontré Adrian à la fac alors qu'elle étudiait la magie elfique et les runes. Adrian était un des seuls sorciers de la fac mais il excellait partout. On ne l'entendait presque jamais mais il répondait toujours juste quand on l'interrogeait et récoltait souvent les meilleures notes aux examens.
La première fois qu'elle lui avait parlé c'était dans le cadre d'un travail de groupe à rendre sur les différentes runes elfiques et la façon dont elles pouvaient booster le pouvoir d'un elfe élémentaire. Bien qu'il soit calme, il avait naturellement pris le rôle de leader et dirigeait les recherches et l'assemblage final du dossier et de l'exposé oral. Ils avaient eu la note maximale, et Ashana était tombée amoureuse. Elle l'avait poursuivi pendant des mois dans l'espoir qu'il la remarque sans savoir qu'il était déjà amoureux d'elle depuis longtemps. Un soir alors qu'il l'aidait à développer son combat au corps à corps, il la mit à terre, plaquant ses mains au-dessus de sa tête tandis qu'elle se débattait. Il attrapa son visage de sa main libre, se pencha lentement vers elle, lui donnant le temps de refuser et l'embrassa doucement. Ashana avait cessé tout mouvement et piqua un fard monstrueux caché partiellement par la mélanine de sa peau et l'éclairage faible du parc d'entrainement.
De leur union elfique naquit quelques années plus tard un magnifique petit garçon qu'ils prénommèrent Zahran. Ce petit mi-elfe mi-sorcier avait été la risée de sa famille jusqu'à ce que sa mère l'emmène loin. Adrian, aussi fou de son fils que sa femme, avait suivi le mouvement.
Adrian et Ashana avaient donc élevé leur fils en lui apprenant toutes les us et coutumes de ses deux origines. Ils avaient également veillé à ce que son potentiel élémentaire se développe correctement et sa mère l'avait entraîné toute son enfance en magie du feu.
Les mains posées sur Gabriel en libérant de la chaleur magiquement, Zahran se remémora des instants de son enfance qui lui serrèrent la gorge. Ses parents savaient qu'ils voyaient quelqu'un depuis près de deux ans mais n'avaient aucune idée de l'âge de son compagnon. Il fut détourné de ses pensées quand Gabriel qui avait fini de se brosser les dents sursauta légèrement contre lui. Il allait demander pourquoi quand il comprit et sourit comme un fou.
C'était très léger mais il pouvait sentir la magie du bébé répondre subtilement à la sienne. Le bébé serait un élémentaire de feu. Gabriel sentait les deux magies voyager à travers son ventre et sa petite crise de nausée lui passa au-dessus de la tête. Il était juste bien et oublia ses problèmes le temps d'un instant. Parce qu'il n'était plus un élève de seize ans dans un situation scandaleuse engrossé par un professeur de 5 ans son ainé. Il était juste un homme enceint de son compagnon qu'il aimait et qui l'aimait partageant un moment complice avec le petit bébé grandissant en son sein. Ils se regardèrent à travers le miroir, le sourire aux lèvres et leur regard criant des je t'aime.
oOoOo
-…Allô ?
-Allô, ça va maman ?
-Oui, qu'est-ce qui se passe mon chéri ? C'est rare que tu nous appelles depuis l'école !
-Rien, je voulais juste vous demandez si vous étiez libre ce week-end ? Y a une sortie libre à Pré-au-lard et j'ai besoin de vous parler de quelque chose de vraiment important.
-C'est grave ?
-…Disons qu'en quelque sorte oui, mais pas vraiment en fait.
-Ecoute, je vais demander à ton père mais normalement on n'a rien de prévu. Tu sais ton père ne me sort plus depuis des années, ahaha !
-Bah toi sors-le, tu sais qu'il préfère se faire un film avec toi dans le canapé que t'emmener quelque part. Il est juste heureux d'être près de toi.
-Ahah tu sais parler aux femmes toi ! Bon mon chéri, je te laisse ton père vient de rentrer, à ce week-end peut-être je t'aime !
-Moi aussi je t'aime, maman.
Gabriel raccrocha et posa son téléphone sur la table basse du petit salon avant de replier ses genoux vers lui. Zahran prenait sa douche et il avait profité de ce moment au calme pour prendre son courage à deux mains en appelant sa mère pour programmer une rencontre. Quand il entendit l'eau arrêter de couler, il releva la tête et resta quelques minutes dans cet état d'attente et se leva quand la porte s'ouvrit. Il se mordit les lèvres quand Zahran sortit couvert en tout et pour tout d'une serviette jaune entourant ses hanches. Ses yeux glissèrent le long du torse finement musclé de son amoureux et il s'approcha plus pour déposer une myriade de baisers le long du torse halé. Mon dieu, il aimait tellement son corps, il ne se lassait pas ni de le toucher, ni de le regarder. Sa main glissa également le long des abdos et finit sa course sous la serviette attrapant le sexe de Zahran lui tirant un gémissement qu'il avala de ses lèvres alors que sa seconde main glissa derrière la nuque de son compagnon qui attrapa son visage en coupole pour répondre à son assaut improvisé.
-Arrête de me tenter, Gaby, il est tard et tu as cours tôt demain, murmura Zahran entre deux baisers tandis que le brun l'ignorait et accélérait ses mouvements.
-Comme si on l'avait jamais fait tard, une veille de cours !
-J'essaie de te préserver.
-Oh la ferme, j'ai besoin de toi en moi maintenant !
Gabriel arrêta tout mouvement s'attirant un grognement insatisfait qu'il ignora pour traîner Zahran dans leur chambre. Il s'allongea sur le matelas et plaça l'elfe au-dessus de lui, qui vaincu, embrassa son cou, sa clavicule avant de lui retirer son débardeur et son petit short de nuit. Il embrassa son torse, son nombril et fit glisser sa langue le long de l'aine du brun qui miaula presque, son corps commençant à frissonner. Il le prépara ensuite doucement tout en continuant ses attouchements ce qui avait le don de faire perdre la tête à Gabriel qui en réclama toujours plus.
Il caressa le ventre dans lequel grandissait leur enfant et libéra de la chaleur comme il l'avait fait quelques jours plutôt et reçu de magie une réponse presque instantanée.
-Hm, j'aime beaucoup trop quand vous faites ça... Maintenant fais-moi l'amour !
-Jeune homme, il y a de chastes oreilles ici, rigola Zahran. Mais si c'est demandé si gentiment…
Zahran releva délicatement les jambes de Gabriel vers son ventre et entra doucement en lui.
-Oh Merlin !
-Tu peux juste m'appeler Zahran, tu sais !
-Plus fort !
Zahran rigola et embrasse Gabriel. Une fois que le brun était dans son plaisir, le monde environnant n'existait plus. Il pouvait lui dire ce qu'il voulait ça lui passa au-dessus…
-Le bébé…
-Le bébé a survécu quand tu m'as pris contre le mur de la salle de bain avant de savoir qu'il était là donc, il survivra !
…et il parlait mal aussi. Dans l'intimité du lit, son doux Gabriel changeait totalement de visage et pouvait lui sortir des mots tellement crus qu'il en restait parfois sans voix. Il accéléra ses allées et venues tout en s'assurant qu'aucune pression ne soit émise sur l'estomac du brun qui se cambra contre lui et griffa ses épaules. Il commençait lui-même à perdre toute notion de réalité et se sentait proche de la libération. Il détacha les mains de Gabriel accrochées à ses épaules pour les plaquer sur le matelas au niveau de son visage et entrelaça leurs doigts. Il accéléra ses mouvements alors que la température de son corps augmentait graduellement.
Gabriel lui avait dit une fois que faire l'amour avec lui, c'était comme faire l'amour avec le soleil parce que plus son excitation montait, plus il dégageait de la chaleur. Et quand il jouissait il libérait des vagues chaudes qui excitaient le brun comme jamais. Cette fois-ci ne manqua pas à l'appel et Gabriel gémit quand les premières vagues de chaleur se dégagèrent du corps de l'elfe de feu. Encore plus quand le bébé répondit à ses vagues en envoyant vers la source primaire faisant gouter à Zahran sa propre médecine pour la première fois. Gabriel cria le premier sa jouissance et tout son corps se tétanisa un instant avec de se détendre tandis que Zahran après quelques mouvements désordonnés enfonça sa tête dans le cou du brun et se libéra en lui.
-…ouah, s'exprima Gabriel en caressant le dos de son amoureux.
-Comme tu dis. Les vagues de chaleurs... c'est vraiment quelque chose. Je ne pensais pas que c'était…comme si, somme si...
-Comme si de la lave ardente coulait dans tes veines. Oui, ça surprend la première fois je te l'accorde !
A suivre…
Voilà, le chapitre du jour !
On en apprend plus sur Zahran et sa famille et également sur la relation entre Gabriel et Zahran. Habituellement je ne suis pas trop fan d'écrire des lemons, mais celui-ci me semblait nécessaire pour qu'on comprenne la connexion magique qui se créée par la grossesse d'une union magique !
J'espère que vous avez apprécié à la semaine prochaine ! :D
