Bien le bonjour tout le monde ! Pour la 4e année consécutive, on repart avec un calendrier de l'avent avec Ejes ! Je la remercie beaucoup de me suivre encore dans cette aventure, c'est vraiment un défi très chouette qui permet de sortir des sentiers battus et d'écrire sur des personnages improbables. En plus, cette année, j'ai des petits défis sympas que je présenterai au fur et à mesure, ainsi que des thèmes incroyables ! Et cette année, j'ai également un calendrier One Piece si vous voulez aller y jeter un oeil ! Ejes tient un calendrier KH aussi, alors zou, on va voir ça tout de suite !

Pour commencer en beauté, on démarre avec le thème porte qui grince, que j'ai souhaité avoir, je l'avoue. Et forcément, avec un thème pareil, je suis partie sur de l'angst. Avec des persos FF héhé. Je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir, bonne lecture !


« Aerith, ta poooorte ! »

Aucune réaction. Cid soupira. Elle n'avait certainement pas entendu, ou peut-être qu'elle n'était tout simplement pas là. Aerith sortait souvent se promener et elle ne prévenait pas toujours. Elle n'avait pas besoin de prévenir de toute façon, Cid n'était pas son père. Quand-même, il maudissait cette porte qui ne cessait de grincer quand elle était mal fermée. Ou quand elle était entrouverte. Ou même quand elle était fermée en fait. Elle faisait un bruit d'enfer et aucune huile ne parvenait à apaiser ses gonds, aucune réparation d'aucune sorte.

« - Cette porte, je vais la…

- Cid, calme-toi, intervint Aerith, surgissant de nulle part. Ce n'est qu'une porte.

- Oh, tu m'as fait peur. Mais elle grince si fort !

- Eh bien, c'est certainement à cause du fantôme, dit-elle d'un ton enjoué.

- Le fantôme ? s'étonna Cid. Quel fantôme ?

- Eh bien, celui qui habite note maison, voyons. Celui qui fait grincer la porte. Qui veux-tu que ce soit d'autre, mon cher Cid ?

- C'est vrai, qui cela pourrait-il être d'autre, soupira-t-il.

- Je sors me promener, à tout à l'heure.

- A tout à l'heure, Aerith. Oh, je cuisine ce soir.

- Je ne rentrerai pas tard alors. A tout à l'heure. »

La jeune femme lui donna un rapide baiser sur le haut du crâne puis sortit de la maison. Cid grommela par habitude mais il n'était pas aveugle. Derrière son apparente joie, il n'avait pas manqué la tristesse qui luisait dans les yeux de sa colocataire et il en connaissait trop bien la raison. Cid se sentait honteux quelque part, de continuer à jouer ce jeu après bien des années, mais dans le fond, il savait que c'était un moyen de la rassurer.

« Tu sais… Il ne reviendra pas. »

Après la défaite du faux Ansem, de l'apprenti Xehanort, la fine équipe de la ville de traverse était revenue vivre au Jardin Radieux, un lieu où il faisait très bon vivre maintenant que les sans cœurs étaient partis pour de bon. Chacun avait décidé de s'installer quelque part dans la ville et le hasard avait conduit Cid le mécanicien à s'installer avec Aerith la fleuriste. Un duo inattendu mais ils s'entendaient bien et ils se complétaient bien pour la vie en communauté. Tout se passait globalement bien et ils vivaient en harmonie.

Puis, il y avait eu la porte.

En apparence, ce n'était qu'une vieille porte grinçante qui donnait sur les quartiers d'Aerith. Un peu de réparation ou d'huile aurait dû permettre de retrouver le calme. Cependant, rien à faire, elle semblait hantée et tout ce qu'avait pu tenter Cid n'avait servi à rien, voire avait empiré les choses. Cette porte continuait à n'en faire qu'à sa tête. Cid était à deux doigts de la changer définitivement quand Aerith avait inventé l'histoire du mystérieux fantôme.

« C'est forcément lui qui vient chez nous la faire grincer ! »

En apparence, ce n'était qu'une histoire amusante, rien de vraiment sérieux, c'est ce que le mécano avait cru au début en tout cas. Puis, il avait fini par comprendre que la fleuriste attachait beaucoup plus d'importance à ce fantôme que si c'était une simple histoire pour rire. Cid le comprit pleinement lorsqu'elle refusa tout simplement qu'il change la porte, sans lui donner une explication sérieuse. Que cela fasse partie du charme de la maison, c'était un peu bancal comme justification. Il la laissa agir à sa guise pendant un temps, jusqu'à ce que le bruit de la porte devienne vraiment insupportable. Même si on la fermait, elle finissait toujours par s'ouvrir et cela devenait un peu dangereux, rien que pour des raisons de sécurité. Alors, Cid décida de faire admettre à la fleuriste qu'il était temps qu'il la change pour de bon, au diable le fantôme. Il se heurta à un mur.

« Tu ne comprends donc pas, Cid ? C'est le fantôme. C'est lui. »

Comment avait-il pu mettre autant de temps à réaliser ? Bien sûr, c'était évident. Aerith était sa colocatrice et il la connaissait depuis très longtemps, il aurait dû faire le lien. Il se rappelait cette époque lointaine où les sans cœurs n'étaient encore qu'un concept inconnu pour eux et que la fleuriste avait une personne qui illuminait sa vie bien plus que le soleil, un homme merveilleux possédant un sourire communicatif et un regard si sûr de lui qu'on l'aurait suivi au bout du monde.

Zack Fair.

Qu'était-il advenu du jeune homme après la chute de leur monde ? Cid n'en savait rien, mais il le devinait. Et il était persuadé qu'Aerith savait très bien où était passé l'élu de son cœur. Elle n'avait jamais rien dit et esquivait toujours le sujet de manière élégante. Derrière son sourire sa cachait un cœur brisé. Le mécanicien pesta. Est-ce que c'était à cause du disciple d'Ansem que tout ceci était arrivé ? Ou de cet être malfaisant baptisé Xehanort ? Ou de ce connard de Sephiroth ? Le résultat était le même, Zack n'existait plus dans aucun monde.

Pourquoi Aerith avait-elle décidé d'inventer cette histoire de fantôme ? Cid pensait que c'était parce que cela permettait à la jeune femme de s'accrocher à un espoir éphémère, comme quoi il était encore présent dans cet univers, d'une façon ou d'une autre. Aerith avait besoin que Zack Fair existe toujours dans la même réalité qu'elle, sinon à quoi bon ? La fleuriste tirait son énergie hors du commun de cette petite histoire de fantôme. Et Cid l'aidait.

« Aerith, ta porte ! »

Dès qu'il entendait la porte, il râlait. Cela permettait à Aerith de reparler du fantôme et de remettre toute cette histoire sur la table à nouveau. C'était devenu un petit jeu entre les deux colocataires, une vieille habitude dont ils ne pouvaient plus se passer. Pourtant, Cid savait que ce n'était pas très bon de s'attacher aux fantômes du passé et de vivre par eux. Pour eux.

Aerith revint en fin de journée, toute souriante, comme à son habitude. Pendant son absence, Cid avait beaucoup réfléchi. Il risquait de regretter ce qu'il allait lui dire, mais c'était pour son propre bien. Elle ne pouvait pas passer sa vie à chasser un fantôme et à s'accrocher à une porte qui grince. La fleuriste ne méritait pas un destin aussi triste ni aussi morne. Ce n'était pas facile de lui dire tout cela et le mécanicien n'était pas un grand orateur, alors il utilisa des mots simples.

« - Aerith, tu ne crois pas qu'il serait temps qu'on répare ta porte ?

- Cid, qu'elle fasse du bruit, ce n'est pas si grave ! Et puis le fantôme…

- Justement. Tu ne crois pas qu'il serait temps…, commença-t-il, n'osant finir.

- Temps de quoi ?

- De dire au revoir au fantôme. »

Il n'avait pas voulu être si brutal mais au moins, c'était dit. Aerith resta un moment interdite et ses yeux semblèrent voir plus loin que la réalité présente devant elle. Bien sûr, la fleuriste comprenait très bien ce qu'il lui demandait. Quelque part, elle comprenait qu'elle ne pouvait pas vivre toujours tournée vers Zack mais c'était si dur à admettre. Cid s'attendait à ce qu'Aerith s'effondre mais il avait bien sous-estimé la fleuriste. Elle n'était pas du genre à se laisser abattre. Une larme coula le long de sa joue droite, mais c'était bien la seule.

« C'est d'accord, Cid. Il est temps de changer cette porte. »

Ce jour-là marqua le début d'un tournant dans la vie des deux colocataires.


Alors, ému par cette porte qui grince ? J'espère que ça vous a plu ! Promis, je n'ai pas fait que de l'angst cette année !

Le prochain thème est accent circonflexe. Une idée ? (bon courage !)