Hello tout le monde ! Voici un autre thème aujourd'hui : couture ! Outre que ça me fait beaucoup penser au cosplay, je l'ai tout de suite associé à certains personnages de KH et j'ai eu envie d'écrire sur eux, ce qui était pas forcément gagné à la base. C'est ce que j'aime avec ce challenge, écrire sur des personnages absolument improbables. Merci Ejes pour la variété des thèmes ! Attention, parce que l'OS du jour spoile la fin de KH3 et même si le jeu est sortit depuis longtemps, je préfère préciser au cas où ! Bonne lecture.


C'était une belle journée en haut de cette grande tour mystérieuse. Enfin, belle journée, difficile à dire car le ciel ne changeait presque jamais. De jour comme de nuit, on pouvait y observer des myriades d'étoiles, formant des dessins si on prêtait suffisamment attention. On racontait qu'on pouvait voir la constellation du Tomberry en été, en regardant en direction de l'ouest. Cette pénombre ne dérangeait pourtant pas les quelques habitants des lieux, qui vaquaient à leurs occupations. C'était un jour absolument comme les autres, sans lever de soleil ni coucher, un jour où rien de notable n'allait se passer dans ce lieu ancien.

« Pimprenelle, tu n'as vraiment aucun goût. »

Yensid ne put s'empêcher de soupirer. Et ça y est, les trois fées étaient encore en train de se disputer sur il ne savait quel sujet trivial. La vieille, c'était pour savoir s'il fallait plus de sel ou de poivre sur la quiche, l'avant-veille pour une histoire de draps à sécher et encore avant, à cause d'une aiguille perdue. Quel était le débat cette fois ? Le vieil homme hésita mais décida de s'y rendre. Plus vite le problème serait réglé, plus tôt le calme reviendrait dans la tour.

Il s'approcha discrètement de la porte entrouverte et jeta un œil dans la pièce. Mieux valait tâter le terrain avant d'entrer pour de bon ! Au premier coup d'œil, il ne vit rien d'anormal. Le sol était recouvert de tissus, d'aiguilles et d'autres affaires de couture, ce qui n'était pas inhabituelle. Les trois fées devaient probablement travailler sur un nouvel ouvrage et comme chaque fois qu'elles œuvraient ensemble, elles ne pouvaient s'empêcher de se disputer. Flora avait l'âme d'un réel leader et elle avait souvent des idées inverses à celle de Pimprenelle. Pâquerette tempérait souvent les deux autres, mais elle avait ses propres façons de voir les choses. Restait juste à savoir ce qu'elles manigançaient et si cela valait le coup de s'immiscer dans leurs affaires.

« - Flora, ma pauvre, tu n'y connais rien. Il faut plus de couleurs ici.

- Et rajouter un peu de rouge, ce n'est pas de la couleur, Pimprenelle ?

- Plus de couleurs douces ! Du bleu est donc parfait ici.

- Moi, je mettrais bien un peu plus de vert, pour donner un côté plus naturel au tout.

- Pâquerette ! s'exclamèrent les deux autres, visiblement outrées.

- Oui, je sais bien que vous n'appréciez jamais mes idées. Nous ne sommes jamais d'accord de toute façon. Mais pour une fois, on pourrait peut-être…

- Suivre tes idées ? Ce sera sans moi pour le vert, pesta Pimprenelle.

- Ce n'est pas… Cette couleur ne lui conviendra clairement pas, c'est tout, lâcha Flora.

- Le rouge et le bleu par contre, aucun problème. C'est ça le problème avec vous, il n'y en a jamais pour moi ! Les idées de Pâquerette, à la poubelle !

- Mais tu vas trop loin ma pauvre, ce n'est pas ça, s'emporta Flora.

- Quel cirque, grinça Pimprenelle, prenant un air bougon.

- Mesdames, ça suffit ! »

Les trois fées laissèrent tomber leur ouvrage alors que Yensid entrait dans la pièce, véritable maître des lieux. Rapidement, elles essayèrent de ranger tout, sachant très bien que leur propriétaire adorait l'ordre plus que tout. Cependant, elles ne réussirent qu'à mettre un peu plus de pagaille et tombèrent même les unes sur les autres, dans un concert de jérémiades et de cris. En son for intérieur, Yensid soupira. Ces drôles de dames étaient totalement imprévisibles, il aurait probablement dû les renvoyer dans leur monde pendant qu'il le pouvait. Pourquoi les avait-il gardées à ses côtés ? Le magicien aurait été bien en peine de donner une réponse.

« - Quelle est la cause de tout ce remue-ménage ?

- Eh bien, monsieur le magicien, commença Pâquerette, nous… Nous…

- Ce n'est rien du tout, grogna Pimprenelle. Rien du tout.

- Nous travaillions sur un projet, expliqua Flora. Rien d'important.

- Rien d'important ? Vous osez perturber le calme de ma tour et ce n'est rien d'important ? Je crois que vous avez abusé de ma patience ! Répondez-moi : que faites-vous ? »

Sa voix était caverneuse, ne souffrant aucune réplique. Yensid détestait qu'on se moque de lui, encore plus sous son propre toit. Les fées étaient allées trop loin. Maintenant, il les regardait avec ses yeux jaunes sévères. Les petites dames regardèrent un peu partout, n'osant pas répondre. Il leur laissa un moment, prenant son mal en patience. Cela ne lui apporterait rien de s'énerver de toute façon. Une des trois finiraient bien par parler. Cependant, devant le silence qui s'offrait à lui, le magicien comprit qu'il ne pourrait pas s'en sortir avec sa méthode.

« Très bien, vous ne voulez pas parler. Dans ce cas, montrez-moi ! »

Après un instant à se jeter des regards, c'est finalement Pâquerette qui tendit un vêtement à Yensid. Le magicien prit l'objet sans aucune douceur. Enfin, il allait voir ce qui les mettait en rogne et peut-être leur donner des conseils pour avancer dans leur projet en paix. Au départ, le vieil homme ne savait pas de quoi il s'agissait. Le vêtement avait une forme plutôt masculine, ce qui ne correspondait ni aux trois fées ni à lui-même. C'était donc pour quelqu'un d'autre, mais pour qui ? Yensid regardait un peu mieux le vêtement, évaluant le style pour deviner qui devait le porter.

Puis soudain, tout fut clair.

La matière, les coutures sur le tissu, la façon dont l'habit était conçu et même tout simplement les couleurs appliquées pour le moment, tout cela était forcément destiné à une seule personne. Pendant un moment, le magicien n'osa rien dire et continua de fixer l'objet. Les fées avaient retrouvé leur contenance et ramassèrent distraitement les affaires, avant de se tenir bien droite, bougeant un petit peu leurs ailes sous la pression. L'attente leur semblait interminable.

« - C'est pas mal, déclara soudain Yensid.

- Quoi ? s'exclamèrent les trois fées d'une seule voix.

- Le vêtement est pas mal, mais vous devriez renforcer les coutures au niveau des bras et des jambes. Il faut que le mouvement soit facilité, vous comprenez ?

- Oui, bien sûr, approuva Pâquerette.

- Un peu plus de poches aussi. Il n'y a jamais assez de poches.

- Ah, exactement ce que je disais ! déclara Pimprenelle.

- Et pourquoi pas faire un petit sac en plus ? Ce serait sans doute pas mal pour transporter ses affaires. Il en aura toujours besoin de toute façon.

- Merci beaucoup, s'inclinèrent les dames ailées.

- Maintenant, je vais retourner profiter du calme de ma tour. Je compte sur vous. »

Elles le laissèrent tranquilles et retournèrent à leur ouvrage tandis qu'il regagnait son bureau le cœur lourd. Comment leur dire la vérité ? Il n'en savait strictement rien à vrai dire, ce n'était pas évident. Les trois fées préparaient ce vêtement avec amour pour la prochaine aventure de Sora et cela partait d'une extrêmement bonne intention. Cependant, c'était inutile. Il ne savait pas comment leur dire mais elles n'auraient sans doute pas besoin de préparer un nouvel habit pour le garçon.

Sora n'aurait sans doute plus besoin d'un nouvel habit désormais.

En regardant le ciel du haut de sa tour, il ne put empêcher une larme de couler le long de sa joue. Il avait beau être vieux et avoir vécu de nombreux événements, cela ne changeait rien au fait que derrière ce regard sévère et cette barbe, il y avait un cœur sensible.


Je suis sûr que même papy Yensid est un peu triste. Enfin je crois. Allez Sora, reviens vite le voir !

Prochain thème : Mélodie. Une quelconque idée ? Encore à demain !