Trois jours passèrent encore après la dispute entre Amalia et son frère. Elle n'avait toujours pas bougé du Sanctuaire Sadida, malgré toutes les tentatives d'Armand ou des gardes pour l'en déloger. Elle passait son temps à prier le jour, et à dormir la nuit sous le feuillage de l'Arbre de Vie. De temps à autre, elle se laissait aller à la rêverie ou au souvenir, se rappelant du contact de ses lèvres avec celles de Yugo ou s'imaginant avec lui assis sur la plus haute branche d'un arbre en fleurs. Refusant toujours de sortir, elle renvoyait tous ceux qui venaient lui rendre visite, même quand il s'agissait de lui apporter un peu de nourriture.
Un jour, alors qu'une énième prière se soldait encore par un échec, elle entendit quelqu'un derrière elle. Sans se retourner, elle lança :
- Combien de fois devrais-je encore le répéter ?! Partez ! Je ne veux voir personne !
- Pas même ta meilleure amie ? répondit une voix familière.
Amalia resta figée sur place une demi-seconde… Puis, elle se retourna lentement pour faire face à Evangelyne, debout devant la porte du sanctuaire, lui adressant un sourire éclatant.
- EVA ! cria la Princesse Sadida avant de se jeter dans ses bras. Eva, c'est vraiment toi !
- Qui d'autre ? répondit la Crâ en riant. Je n'allais pas laisser ma princesse préférée se morfondre toute sa vie.
- Mais… Que fais-tu ici ? Ce Sanctuaire est réservé au peuple Sadida.
- "Dit-elle, alors qu'elle m'y a elle-même emmené il y a près de 8 ans"
- C'était différent, Eva. Ce jour-là, mon père était en danger, et la situation l'exigeait. Mais là, ça m'étonnerait que mon frère t'ait autorisé à entrer.
- Perspicace, dis-donc. Ne t'inquiète pas, le "Roi" (elle appuya fort sur le mot) ignore que je t'ai rejoint ici. En fait, il a d'autres chachas à fouetter en ce moment, comme quelqu'un qui s'appelle "Tristepin", par exemple.
La jeune Princesse ouvrit de grands yeux ronds.
- Attends… Tu es en train de me dire que tu as laissé ton mari défier mon frère… Juste pour te permettre de venir me parler ?
- Je savais que ça marcherait. Ton frère n'a jamais digéré l'humiliation que Pinpin lui a fait subir lors de leur dernier combat.
- Celui où il a libéré Rubilax et cassé ton arc ?
- C'est ça. Ne t'inquiète pas pour Armand, Amalia… Il m'a promis qu'il essayerait de ne pas trop l'abîmer.
Pour la première fois depuis près de 20 jours, Amalia se mit à rire. À rire comme une andouille.
- D'accord, d'accord. J'imagine que je peux faire confiance à ton Dieu Iop chéri pour tenir sa promesse. Au fait… Où sont tes enfants ?
- Elely est restée avec son père pour voir le combat. J'ai confié Pin à Canar et Renate, et Flopin garde l'entrée du Sanctuaire, au cas où des curieux viendraient. En tout cas, je suis contente de te revoir, ma petite peste.
La Princesse était tellement heureuse de revoir sa meilleure amie qu'elle en oublia de relever ce qu'elle venait de dire. Mais très vite, ses soucis refirent surface, et elle s'écarta d'Evangelyne.
- Je… Je suis contente de te revoir, moi aussi. Mais… Ta visite ne tombe pas vraiment au bon moment.
- Je sais, Amalia. C'est bien pour ça que je suis là.
- Comment ça ? s'étonna-t-elle.
- J'ai reçu un message il y a quelques jours, de la part de Maître Joris. Il m'a expliqué la situation et je suis venue voir si je pouvais t'aider. Tout le monde s'inquiète pour toi, tu sais ?
- Oui Evangelyne, je le sais…
- Raconte-moi, Princesse. Si je ne peux pas t'aider, le fait d'en parler t'aidera déjà à te sentir mieux.
Amalia sourit, malgré sa tristesse. Alors, elle s'assit avec Eva sur le sol herbeux, et commença à lui raconter. Elle lui raconta comment elle se sentait coupable de n'avoir jamais pu dire adieu à son père, qu'elle aimait Yugo après toutes les aventures qu'elle avait vécu avec lui, combien elle avait souffert après ce qu'il s'était passé dans la Tour des Rêves, suite au combat avec le demi-dieu Féca, et à quel point elle se sentait malheureuse loin de lui. Lorsqu'elle eût terminé, Eva posa ses mains sur ses épaules, et lui dit :
- Tu sais Amalia, tu me rappelles quelque chose.
- Ah oui ? Quoi donc ?
- Tu te souviens quand on a cru Pinpin mort, alors qu'en fait, il avait été sauvé par son Shushu ? J'entendais sa voix me parler, quand j'étais assise devant sa statue.
- Oui, je m'en souviens. Et quand tu es venue m'en parler, je ne te croyais pas…
- Ce n'est pas la question, Amalia. Tu te trouves dans la même situation que moi, à quelques détails près. Le fait que tu m'aies crue ou non n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est que moi, j'ai écouté mon cœur et je l'ai suivi. Il ne tient qu'à toi de faire la même chose.
- Faire la même chose ? Mais Eva, c'est impossible. Si je m'enfuis, j'abandonne mon peuple. Je ne peux pas le laisser seul. Et avec Armand qui surveille toutes les allées et venues du Royaume, autant essayer d'apprendre les bonnes manières à un Pandawa.
Evangelyne sourit de plus belle. Malgré toutes ses aventures, Amalia semblait avoir oublié que pour la Confrérie du Tofu, le mot "impossible" est rayé du vocabulaire de ses membres.
- Voyons, Princesse… Le Royaume est parfaitement capable de se débrouiller sans toi pendant quelques jours. Et puis, ce ne serait pas la première fois que tu fugues, ils commencent à s'y habituer, non ?
- Et comment veux-tu t'y prendre pour me faire sortir d'ici ? On n'a même plus le havresac de Ruel.
- J'ai ma petite idée pour ça…
- Maman ! cria une voix depuis l'entrée du Sanctuaire. Des gardes arrivent par ici !
- J'arrive, mon petit Flopin ! répondit Eva. D'abord, il faut qu'on sorte d'ici avant qu'on m'y aperçoive.
- De quelle manière ? interrogea Amalia. Cette fois, Yugo et ses portails ne sont pas là.
- Pas besoin de lui, on sait se débrouiller.
Flopin se trouvait dos à la porte du Sanctuaire, debout face à deux gardes plutôt menaçants.
- Que fais-tu ici, petit morveux ? lança l'un d'eux. Personne n'est autorisé à entrer dans la salle du trône en l'absence du Roi !
- Je… Je savais pas… bredouilla Flopin. Je… Je me suis perdu en cherchant ma maman…
- Ben voyons, grogna l'autre garde. Qu'est-ce que ta maman irait faire dans le Sanctuaire Sadida ? T'essayais pas plutôt d'y entrer en douce ?
- Tu sais ce qu'on leur fait ici, aux fouineurs comme toi ? reprit le premier garde. Et crois-moi, c'est bien pire qu'une simple fessée !
Soudain, la voix d'Amalia leur parvint de l'intérieur du Sanctuaire.
- Au secours ! Gardes ! GARDES ! Venez à mon aide !
- C'est la voix de la Princesse… On dirait qu'elle a des ennuis, fit le deuxième garde.
- Tant mieux, je commençais à m'ennuyer ! répondit son collègue. Viens, on va aller l'aider !
Et ils ouvrirent la porte du Sanctuaire à la volée, en envoyant Flopin faire un vol plané au passage, et se précipitèrent à l'intérieur… De là où il était, le petit Crâ entendit des coups frappés et des cris de douleur, avant que le silence ne retombe. Mais avant que Flopin n'ait pu aller voir ce qu'il se passait, Evangelyne et Amalia sortirent du Sanctuaire en souriant.
- Eh bien Amalia, fit Eva, je constate que tu n'as pas perdu la main. Superbe, ta ronce pile entre les deux yeux !
- Merci Eva, répondit-elle. Toi non plus, tu n'es pas trop rouillée. J'espère juste que ta flèche glacée ne dure pas longtemps.
- Tante Amalia ! cria Flopin en se précipitant sur elle. Je suis heureux de te voir !
- Moi aussi Flopin, dit-elle en le prenant dans ses bras. Bon, Eva… C'est quoi, la suite du plan ?
- D'abord, il faut récupérer Pinpin et les enfants. Ensuite, il faut te faire sortir du Palais, mais sans que personne ne te voie. Officiellement, tu es toujours à l'intérieur du Sanctuaire.
- Sans que personne ne me voie ? Impossible… Là, c'est comme demander d'apprendre à un Iop à faire la cuisine.
- Bon… Quand tu auras fini de toutes me les sortir, tu remarqueras peut-être ce que j'ai dans la main.
Amalia jeta un coup d'œil à ce que tenait Evangelyne et eût un mouvement de recul :
- Une… Une potion BTBG ?
- Eh oui, comme celles qu'on a utilisées à Brâkmar.
- Mais ça va pas, non ?! Pas question que j'avale à nouveau de cette horreur ! La dernière fois, ça m'a valu de me retrouver la tête sur le billot !
- Hé ! Si t'as d'autres solutions, je veux bien les entendre. Mais au cas où tu l'aurais oublié, ton frère a fait renforcer la surveillance du Palais et des frontières. Donc, si tu veux revoir Yugo, va falloir faire un effort.
La Princesse reposa Flopin sur le sol et prit la potion des mains d'Eva, après avoir laissé échapper un long soupir :
- Bon, d'accord… Mais pas un mot de tout ça à Yugo, compris ?
- Compris, petite peste, répondit Eva avec un sourire.
Et elle avala la potion d'un coup. L'effet fût immédiat et bientôt, un jeune homme Sadida apparut à l'endroit où Amalia se trouvait un instant auparavant :
- Wouaw ! L'effet est très réussi ! s'exclama Flopin ravi. Je peux t'appeler "Oncle Amalius", maintenant ?
- L'effet de la potion s'épuise après 24 heures, déclara sa mère. Bon… Je vais chercher notre famille. Amalia, attends-nous à la statue de Pinpin.
- Hein ? s'étonna celle-ci d'une voix grave. Mais… Et mes affaires ? Je ne vais quand même pas partir sans…
- Je m'en occupe ! répondit Flopin. J'ai ma petite idée pour ça. J'en profiterais pour récupérer Pin au passage !
- En espérant que Canar et Renate n'aient pas fait trop de bêtises avec lui, murmura Evangelyne.
Le Roi Armand, furieux, tenta d'invoquer une gigantesque plante carnivore droit sur Tristepin qui, d'un geste presque nonchalant, la trancha à l'aide de son bras droit transformé en épée.
- Par Sadida, grogna Armand. Vous m'avez déjà humilié une fois, sire Tristepin, mais vous ne remporterez pas ce combat-ci !
- Alors, cessez de vous comporter en lâche avec vos plantes ridicules, déclara le Iop, et venez vous battre comme un homme.
- Attendez un peu ! cria le Roi en se précipitant sur son adversaire. Tout Dieu Iop que vous êtes, vous aussi avez vos faiblesses !
Pinpin regarda Armand arriver droit sur lui sans broncher, et regarda sa main droite :
- Prêt, Rubilax ?
- Quand tu veux, mon pote ! répondit le démon niché au creux de sa main.
Et au moment où le Roi s'apprêtait à lui asséner un violent coup de poing, le bras du Iop gonfla d'un bloc et frappa son adversaire en plein dans l'estomac !
- OUAIS ! s'écria une petite fille rousse dans l'assistance. Vas-y Papa, t'es le meilleur !
- PINPIN ! ELELY ! s'exclama une voix de femme. Nous devons partir maintenant !
- Déjà ? s'étonna Tristepin. Je commençais tout juste à m'amuser, Eva.
- Oh allez, Maman… fit la petite fille Iop. On peut pas rester encore 5 minutes ?
- Non, nous devons partir ! répliqua Evangelyne. Allez viens, Elely !
Pinpin s'approcha de son adversaire recroquevillé sur le sol et lui dit :
- Ce fût un beau combat, votre Majesté, mais je dois m'en aller. J'espère que nous nous reverrons bientôt.
- Attendez une minute, grogna Armand. Quelque chose me turlupine… Qu'étiez-vous venu faire ici ? Vous ne reviendriez pas au Royaume Sadida juste pour un combat avec moi, non ?
- Ah, euh… Eh bien, nous étions venus voir Am…
- Maître Joris ! l'interrompit Eva. Nous étions venus voir Maître Joris ! Il disait qu'il avait un message important à nous donner de vive voix !
- Maître Joris ? s'étonna Armand. Il est parti pour Bonta, il y a moins de trois jours.
- Euh… Oui, évidemment… bafouilla-t-elle. Mais on ne savait pas qu'il était absent, alors Pinpin a voulu en profiter pour vous proposer un petit duel. N'est-ce pas, Pinpin ?
- Tout-à-fait, Eva… répondit celui-ci. C'est exactement ça…
Le Roi Armand se releva et toisa Tristepin d'un regard circonspect et plutôt hautain. Puis, il lâcha :
- Ces Iops… Tous les mêmes. La bagarre passe toujours avant tout le reste. Ma pauvre Eva, ajouta-t-il à son adresse, je vous plains… Ça ne doit vraiment pas être facile tous les jours.
Puis il s'en alla, laissant Pinpin seul avec sa femme et sa fille.
- Ouah, c'était vraiment génial, Papa ! s'écria Elely. Tu lui as vraiment mis une sacrée dérouillée !
- Cervelle de Iop ! lança Evangelyne. Personne ne doit savoir qu'on venait pour Amalia !
- Désolé… s'excusa Tristepin. J'avais oublié, c'est tout… Mais au fait, où est-elle ? Et où est Flopin ?
- Flopin est parti chercher son petit frère et des affaires de rechange pour Amalia. Quant à Amalia, elle nous attend devant ta statue.
- Quoi ?! Tu veux dire qu'elle va partir avec nous ?!
- C'est exact, Pinpin… On t'expliquera tout une fois qu'on sera là-bas.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent au pied de la statue représentant Tristepin brandissant fièrement son épée, et retrouvèrent Flopin assis sur un banc à côté d'un jeune homme Sadida, portant Pin sur ses genoux.
- Fiston ! s'exclama Pinpin. Alors, est-ce que ton petit frère a été sage ?
- Comme une image, Papa. On va juste oublier qu'il a essayé de couper la barbe de Renate.
- Alors Amalia, demanda Evangelyne au jeune homme. Prête pour le départ ?
- Attends… s'étonna Tristepin. Cet homme, c'est Amalia ?!
- Cervelle de Iop jusqu'au bout, soupira celle-ci (ou celui-ci, c'est selon…). Oui, c'est moi, Pinpin. J'ai bu une potion BTBG, comme à Brâkmar pour qu'on puisse jouer au Bouf…
- Amalia, non ! l'interrompit Eva. Je te rappelle que ce mot annule les effets de la potion.
Elely prit Pin sur ses épaules, et s'exclama :
- Bon, on y va maintenant ?! C'est quoi, la suite du plan ?
- La suite du plan, répondit sa mère, c'est que tu rentres à la maison avec tes frères et ton père, et vous y attendez mon retour.
- Comment ça ?! s'exclama Pinpin. Je… Je croyais qu'on devait accompagner Amalia pour retrouver Yugo.
- JE vais accompagner Amalia pour retrouver Yugo, corrigea-t-elle.
Il y eut une vague de protestations :
- Tu ne peux pas partir sans moi, Eva ! déclara Pinpin. Et si tu es attaquée, qui va te défendre ?!
- Maman, je veux me battre avec toi ! ronchonna Elely.
- On y va ensemble, ou pas du tout ! renchérit Flopin.
- ÇA SUFFIT ! cria Evangelyne. Je ne reviendrais pas sur ma décision ! Pin est encore trop jeune pour un tel voyage, il faut donc que quelqu'un le ramène à la maison et le surveille. Et ce quelqu'un, ce sera vous trois, compris ?!
- Eva a raison, intervint Amalia. C'est une affaire que je dois régler seule. Je veux bien être accompagnée de ma meilleure amie, mais seulement d'elle. Arrêtez de vous inquiéter, on sait se défendre.
Ne trouvant plus d'arguments pour contester, les autres membres de la famille Percedal acceptèrent la défaite et sortirent l'un après l'autre des potions de Rappel. Flopin en prit une, et disparut, suivi par Elely et Pin (avec qui sa sœur partagea sa potion). Mais Pinpin, avant de porter la sienne à ses lèvres, se rapprocha de sa femme, l'embrassa et lui dit :
- Je t'aime, Eva… Fais bien attention à toi, d'accord ?
- Je fais toujours attention, grand toqué, répondit-elle avec un sourire. Veille bien sur eux.
Ses doutes dissipés, Tristepin but sa potion et disparut à son tour.
- Bien… On y va, Amalia ?
- Oui, Eva… Je suis prête, répondit la Princesse transformée. J'arrive, Yugo… ajouta-t-elle à voix basse.
Evangelyne et Amalia se mirent alors en route. En arrivant à l'orée de la Forêt, la Princesse ne put s'empêcher de jeter un dernier coup d'œil au Palais. Elle espérait que son peuple lui pardonnerait, mais l'heure n'était plus à se morfondre.
- Racontez-moi ce qu'il s'est passé exactement ! ordonna le Roi assis sur son trône. Je veux tous les détails !
- Mon Roi, répondit un garde qui portait encore des stalactites sur sa barbe. Nous venions d'entrer dans le Sanctuaire pour porter secours à la Princesse qui appelait à l'aide. Et là, nous…
- Nous avons rien vu venir, compléta son collègue qui avait une grosse bosse sur le front. On nous a attaqué par surprise.
- Vous vous êtes faits avoir comme des choux… soupira Armand.
- Que fait-on, votre Majesté ? demanda le garde à la bosse. Doit-on lancer un avis de recherche et rattraper la Princesse ?
- Non ! répondit le Roi d'un ton catégorique. Non, on ne fait rien du tout.
- Mais, votre Majesté… fit son collègue à la barbe gelée. Il s'agit tout de même de votre sœur. Notre peuple a besoin d'elle.
Le Roi Armand se leva de son trône et domina les gardes de toute sa hauteur :
- Ma sœur sait parfaitement se débrouiller, et a déjà participé à la survie de notre Monde bien plus souvent que vous ne le feriez jamais dans tout votre service ! Et si vous discutez encore mes ordres, je vous cantonne à la surveillance des écuries ! C'est compris ?!
- Oui, votre Majesté… répondirent les gardes.
- Allez, du balai !
Les deux gardes s'inclinèrent, et quittèrent la salle du trône, tandis qu'Armand se rassit, l'air découragé. Une main bleue se posa alors sur son épaule, et une voix de femme retentit :
- Est-ce que tout va bien, mon Roi ?
- Aurora… Ça va aller, oui.
- Ne vous inquiétez pas pour votre sœur. Elle vous reviendra saine et sauve, comme elle l'a toujours fait.
- Je ne m'inquiète pas pour elle, ma douce… J'espère seulement qu'elle sait ce qu'elle fait.
