La franchise et l'univers de Frozen ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent aux studios Disney.
Il s'agit ici d'une Fanfiction.
L'histoire prends place dans un univers alternatif.
Mature Content - Futanari
Zakuro Ruby Kagame
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La Seconde Moitié du Miroir
Seul mon souffle s'échappant lourdement de ma bouche murmure pour briser ce silence installé au cœur de cette obscurité enveloppée par la luxure elle-même. Mes lèvres sont telle l'étoile du berger par une nuit très sombre éclairée de plaisir seulement et ma respiration sème les graines ardentes de mon désir telles des braises pour me conduire à Vénus. Encore un peu et je caresserai bientôt le firmament.
—Ne t'arrête surtout pas... Tu fais cela si bien...
Mon corps brûle et mes doigts dansent dans les flammes. Ce plaisir diffus m'enivre un peu plus seconde après seconde et ma tête bascule mécaniquement en arrière sur le dossier de ce canapé ma foi loin d'être désagréable pour donner plus de puissance à ma voix s'évanouissant dans les graves. Je m'agrippe un peu plus sauvagement dans cette crinière maintenant désordonnée et mes cuisses s'écartent davantage sous les assauts de cette jolie jeune femme. Sa langue glisse sur mon membre fièrement dressé qu'elle enveloppe langoureusement de sa bouche pour le faire en partie disparaître et me le rendre un peu plus dur et gonflé. La chaleur fait presque un bond de mon sexe nervuré à ma tête lorsqu'elle insiste sur le gland qu'elle découvre délicatement de ses doigts froids et je peine très sincèrement à me souvenir de la couleur des yeux de mon amante tant je l'ai vu rapidement disparaître entre mes jambes. Je me rappelle néanmoins les tâches de rousseur mouchetant ses pommettes rosées puisque les même habillent ses épaules découvertes devant moi.
Mes yeux ne quittent plus cette bouche exquise qui s'ouvre légèrement devant ma verge qui accueille sa respiration telle une chaleureuse étreinte. Sa langue sort de nouveau pour venir saluer l'extrémité de chair découverte et particulièrement sensible avec timidité dans un premier temps, me recouvrant de baisers et d'humides caresses puis plus franchement en y refermant ses lèvres. Ha... Si seulement elle pouvait m'avaler toute entière. J'entends mon cœur taper dans ma poitrine en rythme avec les mouvements de sa tête que mes doigts guident pour intensifier tous ces intenses va-et-vient. Si je n'étais pas assise, je m'écroulerai par terre tant la danse de sa langue est ivresse et fait pulser de la lave dans mes veines pour me tenir éveillée.
—Ha... Ne t'arrête surtout pas...
Mes mains se saisissent de sa chevelure pour enfoncer un peu plus son visage sur mon sexe désireux de la sentir davantage. Cette petite comprend vite puisqu'elle accélère aussitôt des gestes éphémères qui s'évanouiront bientôt. Mon corps tout entier est en ébullition et je ne suis même pas capable de la moindre réflexion tant mes pensées se disloquent à peine formées dans ma tête brumée de cette intense ivresse. La sensation est si bonne que si l'on m'en laissait le choix je ferai cela des heures durant sans jamais m'arrêter. Une extase que nulle âme rationnelle ne saurait nommer.
Mes cuisses tremblent et mes doigts se referment sur les mèches enflammées. Mes muscles semblent tous se crisper les uns derrières les autres sur une réaction en chaîne qui ne veut s'arrêter. J'ai l'impression que mon cœur manque un battement lorsque je me décharge dans la bouche de cette femme qui déglutie en me fixant intensément. Ha... Ils sont d'un bleu très clair, je m'en souviens maintenant.
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Rien d'intéressant sur mon écran aujourd'hui, et cela n'est pas plus mal ainsi puisque j'ai tant de choses à faire. Ma foi, je n'aurais tout de même pas été contre quelques minutes de distraction bien que je ne sois personnellement pas très emballée par l'ambiance fortement romantique des lieux publiques. Je ne suis pas fleur bleue, bien au contraire mais j'aime la propreté et les bonnes manières. La dernière fois que je me suis retrouvée coincée dans les toilettes d'un bar, certes en très agréable compagnie, j'ai eu si peur d'avoir choppé une quelconque maladie que je n'en ai pas dormi pendant des nuits.
J'ai commencé à parcourir les sites de rencontre lorsque je fus enfin en âge de faire tout ce que je désirais, tout ce qui me plaisais, sans me soucier de quiconque. Et puis, j'ai très rapidement compris qu'il me serait bien vain de tenter d'évacuer une frustration qui ne cessait de s'accumuler seule. J'aime la compagnie des femmes et je ne nourris aucun doute quant au fait que les femmes aiment également ma compagnie. L'amour ? Les sentiments ? Si inutiles que cela est navrant. Et puis, aimer leurs corps se tordant sous mes gestes sûrs et précis, sous ma douceur passionnée et mes ardeurs fleuries, c'est les aimer aussi. Seulement, à ma manière. Certains disent de moi que je suis telle la moitié d'un miroir brisé de laquelle l'amour a été arraché. Ils ont peut-être raison.
J'ignore si je fais un quelconque blocage dans mes relations avec autrui, après tout, j'ai toujours été seule puisque d'aussi loin que je puisse m'en souvenir, je n'ai jamais compté sur personne. Pour autant, je n'ai pas l'impression d'en garder de séquelles et je ne suis certainement pas la seule adulte à avoir passé la majeure partie de son enfance basculée d'une famille d'accueil à une autre. Si aujourd'hui je ne suis point capable d'aimer, cela n'est pas un problème. Quelque chose que l'on ne connait pas ne peut nous manquer, n'est-ce pas ?
Rien à faire, je ne pense qu'à cela. Aujourd'hui est certainement une des plus importante journée de ma vie et pourtant je n'arrive à décrocher de mon écran où mes doigts switch une quantité innombrable de femme dont le physique ne m'ébranle pas le moins du monde. La majeure partie d'entre elles n'arriverait même pas à provoquer l'ombre d'une érection dans mon pantalon noir. Je ne désespère pas cependant et laisse le métro me guider à ma destination tout en continuant mes recherches particulières. Nul doute qu'à la fin de cette journée ou par malchance demain si je peux tenir jusque là, j'aurais envie de m'aérer l'esprit. Il me faut tout de même avouer que depuis ma dernière partie de jambes en l'air j'ai du mal à trouver des femmes à mon gout et à la hauteur de cette rouquine à qui je n'ai même pas demander le prénom. Cela n'est absolument pas dans mon genre après tout, mais je regrette tout de même de ne pas avoir pu hurler son nom lorsque je m'abandonnais dans sa bouche et que mon désir libérait profondément ses braises dans sa gorge. Ha, sa langue me manque et je rêverais de la sentir m'envelopper là maintenant, même sur les horribles et répugnants sièges du métro.
Je dois me ressaisir et le vent frais qui fouette ma peau lorsque je sors enfin des galeries souterraines est loin de me déplaire. Je ne viens que rarement par ici mais aujourd'hui, la raison est très particulière. C'est d'ailleurs bien la première fois que je fais autant de manière pour aller rencontrer quelqu'un et que j'accorde autant d'importance à l'impression que je fais. Les femmes disent habituellement de moi que je suis froide et détachée, et ce n'est pas ma peau pâle et mes yeux de ce bleu presque glacial qui attesteront du contraire. Pour autant, je prends sur moi car malgré mon assurance naturelle j'admets être légèrement stressée. Quoi de plus normal après tout puisque la personne que je dois rencontrer n'est définitivement pas celle qui m'accompagnera lorsque le soleil sera couché.
J'ai à ma majorité récupéré mon dossier auprès des services sociaux et je dois reconnaître qu'après avoir passé plusieurs années en familles toutes plus étranges les unes que les autres et les suivantes en foyer, je n'avais pas vraiment le cœur de l'ouvrir. Ce n'est que récemment que j'ai fait cet effort pour m'infliger une réalité que je ne faisais que jusque là fuir. La raison est très simple : elle vient de fêter sa majorité.
J'ai une sœur. Je l'ai toujours su mais elle était si petite lorsque nous avons été séparées qu'elle ne se souvient qu'à peine de moi. Je ne peux pas lui reprocher puisque si je la croisais aujourd'hui je serais incapable de la reconnaître et puis, lorsque je l'ai pu je ne l'ai pas contacté. Elle ne m'en veut pas et était plutôt ouverte à l'idée de me rencontrer lorsque je lui ai téléphoné il y a quelques jours. J'ai passé des semaines, voir des mois à hésiter et j'ignore d'ailleurs ce qui m'a poussé à faire un pas vers elle. Je vivais très bien seule mais force est de constater qu'à un moment la curiosité est supérieure au confort d'une bulle aseptisée. Voila pourquoi je suis là, aujourd'hui, les jambes tremblantes et le cœur miséricordieux.
Je termine de mettre quelques femmes qui pourraient potentiellement me satisfaire de côté dans mes favoris en espérant ce soir en avoir toujours envie, je ferai plus tard le tri. J'arrive devant le café à l'angle de la rue où nous avons rendez-vous, mes yeux détaillent la vieille enseigne et heureusement d'ailleurs puisque cela a au moins le don d'occuper un instant mon esprit. Puisque je suis ici, autant aller jusqu'au bout de toute manière et je n'ai nullement l'intention de fuir plus longtemps, alors, je pousse la porte et laisse l'odeur de bois mêlée à celle du café fraîchement coulé m'envelopper. J'avance, fais quelques pas en balayant l'assemblée mais je ne repère personne dans un premier temps. Le plancher craque sous mes pieds et je m'étonne de ce petit côté authentique que je trouve à ce lieu, visiblement ma sœur à le gout sûr puisqu'elle m'affirmait régulièrement s'y rendre. Je reconnais parfaitement les banquettes en cuir dont elle m'a parlé à plusieurs reprises. Et puis...
Et puis je sens une présence dans mon dos, je n'ose me retourner de peur de voir cette petite bulle de confort éclater. C'est maintenant. C'est maintenant où jamais. Mon cœur ne m'a jamais semblé battre si rapidement, mon excès de confiance envolé, soufflé curieusement. Lui parler est une chose, la voir est autrement. J'ignore combien de secondes s'écoulent, perdue dans mes pensées, et c'est le son de sa voix qui me ramène à la réalité puis se soulèvent mes longueurs dorées.
—Elsa ?
Mes yeux écarquillés, je n'arrive pas à y croire. Non, comment le destin pourrait se jouer ainsi de moi ? Chercherai-t-il à me punir d'une quelconque manière ? Je ne sais plus quoi penser, seigneur, est-ce vraiment cela la réalité ? Cette chevelure de feu, cette peau tachetée et ses yeux bleus. Que de regrets. Si seulement. Si seulement je lui avais demandé comment elle se nommait.
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Je cherche désespérément mon propre reflet dans ma tasse noire et lorsque je lève les yeux je vois encore les marques de l'expression choquée qui est restée pendant de très longues minutes sur le visage de ma sœur. J'ai bien à un moment cru qu'elle ne disparaîtrait jamais d'ailleurs. L'ambiance avec une femme n'avait jamais été si lourde, si... pesante et tout aussi embarrassante. C'est l'une de mes conquêtes mais c'est aussi ma sœur, et réfléchir me fait mal à la tête. Mes neurones tentent de se connecter les uns aux autres mais m'envoient une douloureuse décharge lorsqu'enfin ils se lient. Mes pensées se livrent un duel sans merci et la dualité de mes propres sentiments ravage mon esprit. Je ne me suis jamais sentie aussi... stupide. Stupide et honteuse.
—Pour ma défense, j'ignorais que c'était toi, j'ose enfin prononcer.
Elle lève enfin les yeux lorsqu'elle manque de s'étouffer avec une gorgée de son café. Quand je pense que quelques jours à peine auparavant c'était... tout autre chose qui envahissait sa gorge. Je me secoue la tête et passe mes doigts sur mes sourcils avant de me faire silencieusement violence. Pourquoi pensé-je à cela, maintenant ? Quelque chose doit clocher chez moi pour que de telles pensées m'envahissent en de pareilles circonstances.
—Anna... je tente à nouveau.
—Tais-toi ! Je... J'ai besoin de réfléchir.
Son regard n'a pas croisé le mien une seule fois depuis que je me suis retournée sur son expression pantoise et maintenant que nous sommes toutes les deux attablées le silence demeure. Je devais seulement enfin rencontrer ma sœur... Seigneur, quelle torture, quelle horreur.
Je soupire avant de passer nonchalamment mes doigts dans mes cheveux entre l'or et le blanc et fais signe au garçon de m'apporter un verre. Nul doute qu'un seul ne sera suffisant mais peut-être que l'alcool saura accompagner mes pensées un instant. Que puis-je faire d'autre après tout puisqu'Anna n'ose ni me parler ni même me regarder, et c'est tout aussi ennuyant que cela me parait agaçant. Qu'est-ce qu'elle croit, que tout était prémédité ? Que cette rencontre était malaisément calculée ? Même l'âme la plus torturée n'aurait pensé à pareilles menées.
—Comment peux-tu rester si calme... elle finit par souffler.
—Tu trouves que j'ai l'air calme ?
Car déjà mes lèvres trempent dans le liquide d'orge et de malte et l'amertume très prononcée de l'élixir ambré à beau brûler ma langue il ne me fait pas taire pour autant.
—Parfaitement. Ta descente semble à peine perturber alors que j'ai la gorge nouée.
J'entends le bruit du verre frappant la table lorsque je dépose presque un peu trop violemment ma pinte devant mes yeux avant d'observer les deux assiettes vides laissées sur le côté. Elle est vraiment en train de se foutre de moi, là, n'est pas ?
—La gorge nouée ? je répète outrée. Ça ne doit pas être le cas de ton estomac puisque tu as déjà avalé une demi-douzaine de pancake !
—J'ai besoin de manger lorsque je suis nerveuse ! elle s'écrie presque. Mon métabolisme est particulièrement rapide, elle ajoute en croisant les bras sur sa poitrine et en plissant le nez. Et puis je ne vois pas en quoi cela te regarde.
—Tu mangeais déjà comme un ogre quand on était petite... je soupire.
Ses bras se décroisent presque immédiatement et ses yeux bleus percent enfin les miens qui sont presque de la même nuance. Sa curiosité pèse sur moi et brûle ma peau, et ma respiration s'échappe comme la brise du vent nostalgique.
—Tu... Tu te souviens de ça ?
J'hoche la tête et mon regard se perd en un point invisible au plafond avant que je ne noie ma gorge pour faire disparaitre cette désagréable sensation de ma poitrine. Un petit pincement au cœur qui n'a rien à faire dans ma vie.
—Maman ne savait plus quoi faire de toi, je ris nerveusement sur des souvenirs qui m'éprouvent curieusement. Peu importe où elle rangeait le chocolat tu finissais toujours pas tomber dessus et faire un vrai carnage.
J'avale une nouvelle gorgée du liquide ambré et je jurerai une migraine peser sur moi prête à m'infliger ses maux au fut et à mesure que je chuchote mes mots.
—Tu n'avais que trois ans.
Et moi, je n'en avais que cinq. C'est le souvenir le plus récent que j'ai de ma sœur, d'ailleurs, ses mains et sa bouche recouvertes de chocolat et ce petit air à la fois fier et coupable. Cinq ans... Comment aurais-je pu seulement me souvenir de son visage ? Elle a tellement changé, et pourtant, d'une certaine manière aucunement.
—Je n'ai aucun souvenir de Maman.
—Tu étais si petite, c'est normal.
Nos parents sont morts quelques jours après cette petite mésaventure avec le chocolat dans un accident de la route, en plein hiver. Nous avons immédiatement été placées en foyer mais les familles d'accueil ne voulait jamais nous prendre à deux alors nous avons été séparées. Anna a trouvé un couple de parent aimant, elle était plus jeune alors c'était bien plus simple pour elle, quand moi, était insupportable... Au final, je n'ai jamais trouvé ma place près de personne et j'ai simplement fini par... oublier, je suppose. Peut-être est-ce vraiment pour cela que je suis aujourd'hui tout simplement incapable d'aimer, mais je m'égare.
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Je n'ai presque pas fermé l'œil les jours qui ont suivi la rencontre avec ma jeune sœur. J'ai un peu tout essayé, les tisanes même imbuvables, les plantes sous forme de pilule et même certaines à fumer, les promenades nocturne, entre autre. Les deux femmes que j'ai rencontrées ne m'ont qu'à peine émoustillée bien qu'elles m'aient proposé une agréable soirée en compagnie des deux, le tout en simultané. Je dois être particulièrement déboussolée pour avoir osé refuser cette délicieuse distraction. Mais rien d'étonnant à cela, puisque je n'ai qu'Anna en tête et ce qu'il s'est passé.
Ni elle ni moi ne savons vraiment comment réagir face à cette... situation, si je puis ainsi le dire. Nous ne nous sommes pas encore revues mais nous échangeons encore par messages tous les jours bien que cela soit légèrement différent d'auparavant. Quand j'y pense, j'aurais du lui demander une photo lorsque je l'ai contacté mais je voulais avoir la surprise, ou bien je n'étais peut-être tout simplement pas prête. Sans doute la plus grosse erreur de ma vie. Depuis, mon propre corps me répugne presque et lorsque je me mets nue et croise mon propre reflet dans mon miroir c'est elle que j'y vois, ses mains et lèvres sur moi. Ha, si j'avais osé prendre de ses nouvelles plus tôt, tout cela ne serait certainement jamais arrivé. Si écœurant... Si lourd est ce péché. Ma propre sœur... J'ose à peine l'avouer, encore moins l'assumer.
C'est drôle, de jour, le chemin jusqu'à chez d'Anna ne ressemble pas à celui que nous avons emprunté de nuit. Elle vient d'avoir dix-huit ans mais loue déjà un appartement. Je ne vois définitivement pas comment j'aurais pu deviner en la voyant nos liens de parenté. Lorsque son profil sur mon écran s'est affiché il n'y avait nulle trace de son nom et immédiatement ce sont ses cheveux de feu qui ont attiré mon attention. Je savais que je la voulais et je n'ai pas cherché davantage d'informations.
J'arrive en bas de l'immeuble dans lequel elle vit et appuie aussitôt sur le bouton à côté de son prénom. Elle m'a proposé de venir chez elle prendre un café pour continuer de discuter. Anna apprécie lorsque je parle de nos parents bien que j'avoue ne pas me souvenir de grand chose très franchement, mais elle se raccroche au moindre détail que je lui offre curieusement. J'ignore pourquoi elle essaie désespérément de se rappeler alors que moi fais tout pour oublier. Ma foi, si je peux lui rendre ce service, pourquoi m'en priver ? Après tout, je demeure et reste sa sœur.
—Je t'ouvre Elsa.
Sa voix disparait dans les grésillements métalliques de l'interphone et j'entends la porte s'ouvrir. Je n'hésite pas une seule seconde et pousse l'épaisseur d'acier pour pénétrer dans l'immeuble comme je l'ai déjà fais. Elle est au troisième étage et bien qu'il y ait un ascenseur je préfère prendre les marches pour laisser le temps à mes pensées de trouver ordre et sérénité. Mission impossible cependant, sans doute que le calme a perdu sa définition depuis un moment déjà et rien d'anormal à cela puisque là dernière fois que j'imitais mes pas j'étais guidée par une toute autre volonté et rien que d'y penser... J'en ai déjà le corps en feu et le cœur malheureux.
Je me fais violence, prend une inspiration avant de frapper à la porte. Ha, il y avait une sonnette, tant pis. J'entends ses pas, elle n'est pas très délicate j'ai l'impression qu'il y a un éléphant dans cet appartement, elle ouvre, et me sourit très curieusement.
—Entre, fais comme chez-toi.
Mais je vais m'abstenir car si cela était vraiment le cas je pense qu'elle n'assumerait pas. J'aime être à l'aise lorsque je suis chez moi.
Les souvenirs de notre petite soirée m'éprouvent lorsque mes yeux se posent sur le canapé du salon où j'étais il y a une bonne dizaine de jours encore assise et que... Me voila de nouveau en train de me secouer la tête. Si je n'ai jamais connu l'amour je n'avais pas non plus connu la haine du moins jusqu'à aujourd'hui. Mes propres émotions me flagellent. Je sais devoir me faire une raison mais rien n'y fait, lorsque je la regarde ce n'est pas ma sœur que je vois mais bien ma partenaire.
—Tu veux boire quelque chose ? elle demande.
—Tu avais parlé d'un café si je ne m'abuse.
—Ha oui, c'est vrai.
Quelle tête en l'air, cela lui donne un air candide et fait presque disparaître un instant la tension et l'embarra que je ressens. Il me faut prendre sur moi si je ne veux pas qu'elle le remarque, que penserait-elle si elle savait que je continue d'éprouver certains désirs bien qu'ils relèvent du péché.
Je la suis dans la cuisine dans laquelle elle disparaît, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre et refusant de m'installer sur les coussins de cuir... la raison étant évidente. Je ne suis qu'à peine surprise lorsqu'elle ouvre un à un les placards à la recherche des grains moulus et que s'écroulent presque sur elle les dizaines de tablettes de chocolat qui étaient vraisemblablement négligemment entassées. Bordélique n'est pas le terme qui me viendrait à l'esprit si l'on me demandait de parler de ma sœur mais celui qu'il me faudrait trouver ne serait hélas pas plus flatteur. C'est amusant, je n'avais pas fait attention à ces détails la dernière fois, j'étais sans doute trop occupée.
—Fais attention, c'est encore chaud.
Mes doigts frôlent à peine les siens lorsque je prends la tasse entre mes mains. J'ai l'impression que des étincelles viennent de courir sur ma peau pour aller mourir dans mon ventre. J'ignore à quoi je dois cette étrange réaction si ce n'est que le regard de ma sœur arrive à allumer des braises dans mon bas-ventre. Je dois vraiment avoir un problème pour continuer de la désirer malgré les récentes révélations.
On s'assied dans le salon et cette fois impossible d'échapper au canapé. J'aurais presque préféré m'asseoir par terre. Je suis la seule apparemment ébranlée puisqu'Anna ne cille même pas en prenant place alors qu'elle n'arrivait même pas à me regarder quelques jours auparavant. Ma foi, cela est surement mieux ainsi. Sans doute que m'écouter parler de nos parents lui aura fait me voir autrement. Je suis sa sœur, je ne cesse de me le répéter, essaie de m'en convaincre. Je suis sa sœur...
—Est-ce que ça va, Elsa ?
—Excuse-moi, je pensais seulement à...
Mais je ne termine pas ma phrase car réalise que j'allais trop en dire. Voila, comme je m'y attendais, elle détourne les yeux. Je ne suis somme toute pas la seule à très mal vivre cette situation bien qu'elle n'en montre rien. Elle est surprenante, tout aussi fascinante, elle me parait parfois naïve et innocente. Mais quand je ferme les yeux... Tout me revient. Je suis sa sœur... et pourtant, je n'arrive définitivement pas à la voir ainsi.
—Je devrais peut-être y aller.
Quelle conne. Pourquoi suis-je venue ici ? c'est trop tôt, beaucoup trop tôt et ni elle ni moi ne sommes prête à... Assumer, et oublier. Est-ce seulement possible après ce que nous avons fait ?
Je lie le geste à la parole et tente de me lever mais ma sœur me retient et ma tasse s'échappe de mes mains. La douleur du liquide brûlant se répand immédiatement et refroidit mon sang. Ha, putain, c'est toujours lorsque l'on pense qu'il ne peut rien arriver de pire qu'une galère pareille nous tombe dessus. Cette brûlure ardente aura au moins eu le don d'en faire taire une autre.
—A- Anna ?! Qu'est ce que tu fais ?
Mes yeux ne quittent plus ses mains sur mon pantalon dont elle défait déjà le bouton avant de tenter de l'enlever. Mais le tissu est humide, imbibé et colle fortement à ma peau et mes bras qui s'agitent pour l'arrêter ne l'aident certainement pas.
—Tu vas te brûler !
C'est déjà fait mais je vois ce qu'elle veut dire par là, après tout la chaleur possède déjà mon bas ventre et une partie de ma cuisse et nul doute qu'elle laissera pendant plusieurs jours sa trace. J'avoue que la morsure de ce café est loin d'être agréable, bien au contraire et lorsque mon pantalon glisse cela ne fait qu'attiser la douleur. Je réalise qu'il se s'agit pas d'une petite brûlure anodine bien au contraire et cela me désespère. Bientôt le ciel me tombera littéralement sur la tête à défaut de l'atteindre.
Son regard plisse sur moi, elle me détaille comme si elle me découvrait pour la toute première fois et rien que d'imaginer que ses yeux ont déjà été... plus prêts, la brûlure n'existe plus. Elle se réveille très rapidement cependant lorsque ma sœur lève les yeux, l'air soucieux, et c'est cette fois son silence qui prend la parole quand elle se lève et me somme de la suivre en me tirant par le bras. Je n'ai visiblement point mot à dire.
Elle me fait m'asseoir sur le rebord de la baignoire alors qu'elle cherche quelque chose dans la petite pharmacie murale de sa salle de bain. Cette dernière est bien mieux rangée que sa cuisine, mais je m'égare encore. La sensation glaciale de sa main sur ma cuisse me ramène cependant à la raison et je me rappelle que mon pantalon est resté dans le salon.
—Ne bouge pas, elle m'ordonne presque.
Même si je le voulais, je crois qu'il me serait impossible de m'échapper et je suis bien obligée de... me laisser faire, si je puis le dire ainsi. Elle étale sa crème, innocemment, mais mes pensées sont indécentes... Ses doigts glissent sur ma cuisse, effleure mon ventre et même si le froid apaise la brûlure c'est tout autre chose qui s'enflamme. Et, une fois encore... j'ai honte. Si honte que je pourrais en mourir.
—Anna... Attend. Arrête s'il te plait...
Elle lève les yeux sur moi, l'air curieux et je me demande si elle réalise seulement ce qu'elle est en train de faire et... ce qu'il se passe entre mes jambes maintenant que l'espace y semble considérablement réduit. Ha... je n'ai jamais autant détesté un mécanisme naturel du corps humain répondant à un contact rapproché. Je suppose que si cela avait été une autre personne, cela se serait passé de la même manière et je mise sur cette raison pour qu'elle... ne s'offusque pas, j'imagine.
—Je suis désolée...
Mais a quoi bon m'excuser ? Quelle idiote je fais... Anna souffle et reprend ses caresses médicinales pour apaiser la douleur qui continue de m'incendier la peau, et ce n'est pas peu dire. Le chaud et le froid se mêlent parfaitement et j'ai presque du mal à savoir ce que quoi m'inflige.
—C'est bon... Ce n'est rien, elle avoue. Et puis ce n'est pas comme si je ne l'avais jamais vue...
Mes oreilles brûlent et sans doute que la chaleur qui éprouve mes cuisses vient de remonter jusqu'à mes joues pour roser ma peau diaphane. Quel embarra, je n'ai jamais été aussi gênée alors que je déborde habituellement d'assurance et d'un excès de confiance démesuré.
—Tu devrais le retirer aussi.
C'est mon boxer que je trouve lorsque je suis ses yeux bleus et je ne suis plus certaine d'avoir bien compris ses paroles.
—Pardon ?
—Ta peau est rouge, Elsa.
—Je peux le faire moi-même.
Je lui prend le tube de crème des mains sans mot dire sous son regard surpris et presque... accusateur je dois dire.
—Très bien, si tu insistes.
Je l'ouvre, déverse une noix de l'épais liquide blanc dans ma paume avant de me frotter les mains. Rien que ce geste est embarrassant quand j'imagine l'avoir fait pour une toute autre raison.
—Retourne-toi, s'il te plait.
Elle soupire mais s'exécute. Elle m'a peut-être déjà vu nue, j'ai tout de même une certaine fierté et je n'ai absolument pas envie qu'elle me voit dans cet état... pitoyable, alors que mon corps me réclame la seule chose que je ne peux lui apporter. Mais qu'importe.
Je lève délicatement le morceau de tissu de jais et découvre sans surprise que ma verge qui vient aussitôt me saluer n'est pas restée insensible aux sollicitudes de ma sœur. Destin cruel... Si elle et moi n'avions pas été liées par le sang nul doute que je l'aurais prise sur le champs mais à défaut ce sont mes doigts que mon sexe rencontre. Ma peau est en effet plutôt rouge et la crème m'apaise mais plus je m'approche de la base de cette forme de chaire dressée plus je suis tentée d'y monter. J'ai tant de difficultés à me retenir de seulement y toucher mais ma main glisse si facilement sur mon intimité qu'il ne serait pas humain de résister. J'essaie de faire abstraction et de me concentrer sur la brûlure du café et non sur... l'incendie et relève la tête pour amarrer mes orbes bleus sur les cheveux de feu. Ha... Je rêverais de sentir leur odeur m'enivrer, mes doigts s'y égarer et avant même que je ne le remarque je suis déjà en train de me caresser. J'essaie de garder mes lèvres scellées mais mon souffle tente désespérément de s'échapper. Je l'expulse lentement, tente de le réguler mais rien n'y fait, je me consume tant que je ne sais comment me retenir de gémir.
—Elsa... Je t'entends, tu sais...
Mais elle ne se retourne pas, du moins, pas tout à fait... Juste assez pour apercevoir ses yeux azurés dans le reflet du miroir à côté. J'ignore ce qu'il se passe mais son regard ne décroche pas une seule seconde de l'honteux spectacle que je lui offre bien malgré moi.
—Anna...
L'une de mes mains vient se plaquer sur ma bouche quand je réalise avoir lâcher son prénom sans raison et mes mouvements s'arrêtent lorsqu'elle se retourne entièrement. Ha... ses joues sont rouges et ses petites tâches brunâtre contrastent bien plus que la dernière fois.
Sa crinière flamboyante cascade sur son épaule lorsqu'elle s'approche de moi et qu'elle se baisse. Son expression parait presque figée, non pas sévère mais bien fermée et je n'ai aucune idée des pensées que ses yeux scellent. La seule chose que je vois est son regard et l'océan dans lequel je me noie, et bientôt, la sensation de ses doigts qui me frôlent... Si froids.
—Anna, ne fais pas ça...
—Regarde-toi.
Inutile, je me vois. Je sais comment je suis. Je sais ce que je suis. Pitoyable. Incapable de retenir des pulsions primitives. Et le pire, dans tout cela, c'est que je la laisse faire. Je suis faible... Faible et détestable. Détestablement faible.
Mes cuisses s'écartent mécaniquement pour lui faire de la place lorsque sa paume m'enveloppe entièrement et qu'elle commence à décrire de très lents mouvements de bas en haut, et puis de haut en bas. Je sens ce membre érectile se durcir et se lever un peu plus sous ce contact inespéré, et tout aussi désespéré. Plus elle me touche, plus je le sens gonfler.
Lorsque ses doigts se resserrent un peu plus les miens s'agrippent sur son t-shirt large qui laisse apparaître son nombril. J'ai envie de marquer sa peau pâle et avant même que je ne le réalise mes lèvres effleurent déjà son ventre et je jurerai la sentir toute entière frémir. Nos pensées ont beau se livrer bataille et nos cœurs se taire, nos corps ne mentent pas.
Elle approche un peu plus et me relâche. Son bassin se place au dessus du mien, son pantalon devenant dernier rempart face à mes propres pulsions et... lorsqu'elle me fixe, c'est ma raison qui vole définitivement en éclats.
Ses doigts viennent effleurer la base de mon oreille et redessinent ma mâchoire avant de trouver mes lèvres sur lesquelles ils se posent, cet air toujours aussi fermé, et tout aussi curieux. J'imagine qu'à ses yeux, je suis toujours une inconnue bien que... nous nous sommes découvertes de bien des manières. Et quand son souffle se mêle au mien, mon cœur manque un battement. J'entrouvre la bouche quand je sens ses lèvres s'y poser et me fait violence pour garder la tête froide malgré la température qui m'éprouve et la chaleur qui me fait chavirer. Sa langue sort de sa bouche et s'engouffre dans la mienne avec beaucoup d'assurance. Une assurance qu'elle n'avait pas la dernière fois quand je faisais ce que je voulais d'elle... Essaierai-t-elle de prendre une sorte de revanche ou quelque chose comme ça ? Sa langue danse et balaye la mienne, nos lèvres se pressent et nos soupirs se rejoignent en de très lourdes plaintes. Elle ne me touche plus mais ma verge se dresse encore un peu plus et son pantalon m'entrave avec beaucoup trop d'agacement. Je sais pourtant que nous ne pouvons allez... plus loin. Nous avons une fois brisé un interdit qu'on ignorait et aujourd'hui il n'y a plus aucune raison de recommencer. Mais... Ses doigts qui glisse derrière ma nuque et sa langue qui s'engouffre plus profondément dans ma bouche me font perdre la tête et tout oublier. Cette chaleur est si intense que même les règles se consument.
Elle relève mon t-shirt d'un geste très sûr et embrasse mes seins. Ha, cette fois je ne peux plus me retenir et ne tiens pas plus d'une demi-douzaine de secondes avant d'ôter ses mains de mes hanches, de pousser sur mes jambes pour la plaquer sur le carrelage froid en lui bloquant les poignets sous un regard... pantois. J'ignore comment m'arrêter et le silence qui possède ses lèvres ne m'aide pas bien au contraire. Ma bouche s'ouvre à la base de son cou et ma langue creuse des sillons de lave jusqu'à son oreille que je prends entre mes dents. Mon corps se frotte pour tenter de décharger sa frustration mais rien y fait, trop de contraintes, trop de vêtements. Je la relâche pour lui relever le haut que j'envoie je ne sais où sans attendre la moindre réaction de sa part avant d'enfin pouvoir marquer son ventre. Là aussi, quelques petites tâches brunes apparaissent. Mon bassin s'agite, je perds patience, cela ne fait que quelques minutes mais j'ai la sensation que cela fait des jours que je me retiens.
—Arrête-moi Anna... S'il te plait.
Je me déteste, Seigneur, je me déteste. Car mes doigts ont déjà déboutonné le pantalon de ma jeune sœur, amante et partenaire. La haine flirt avec mes désirs et assiège ma raison mais je n'arrive décemment pas à l'écouter. Mon envie est si intense que peu importe les conséquences, je ne peux m'arrêter. Alors je la supplie, malgré mes gestes, malgré ma langue embrassant chaleureusement sa peau, malgré mes doigts qui font maintenant glisser son pantalon pour la mettre à nue devant moi, je la supplie. Silencieusement, mon cœur est à l'agonie.
—En serais-tu seulement capable ? Elle soupire à mon oreille. Moi non.
Et les éclats de ma raison volent en poussière.
Je lui retire sa culotte déjà trempée sans point réagir et m'allonge presque sur elle pour apprécier le nu de sa peau brûlante. Le froid du carrelage saisit mes mains alors j'imagine aisément ce qu'il en est dans son dos mais la chaleur qui se diffuse de ma verge qui frotte sur ses cuisses à l'entrée de son sexe embrume totalement ma tête. Comment réfléchir quand il ne reste que cendre et charbon ? Elle écarte les cuisses comme si cela représentait une quelconque autorisation et d'une main je guide le membre durci qui la pénètre profondément avec facilité et immense soulagement. Je n'attends pas longtemps avant d'entamer une série de va-et-vient en me tenant fermement à ses hanches. Son souffle quitte lourdement sa bouche et le mien en fait autant. Elle est si chaude... et son vagin est si serré sur ma verge que je sais ne pas pouvoir tenir bien longtemps. J'accélère quand je la sens mouiller un peu plus ce qui me facilite grandement la tâche et me donne envie de la prendre un peu plus, et comme si ses yeux perçaient les miens et avaient la faculté de lire dans mes pensées, ses jambes se referment sur mes fesses pour me pousser plus profondément en elle. Mon sexe s'enfonce entièrement dans le sien et cette sensation de pleinement la posséder est incomparable à toute autre. Je sais briser un interdit mais n'en ai à présent que faire quand la seule chose qui m'obsède est de la faire sauvagement mienne. Je veux qu'elle me sente en elle comme elle n'a jamais senti personne auparavant, au point de ne pouvoir marcher pendant des jours. Qu'elle soit à moi, et rien qu'à moi. Ha... J'ignorais être aussi possessive.
Lorsque je la vois ouvrir la bouche je la fais taire d'un baiser langoureux. Je refuse d'entendre mon nom s'en échapper, je n'en ai aucun droit. Seul le silence est capable d'accueillir nos désirs insidieux. Elle s'accroche fermement à moi, je sens ses doigts balayer mes longueurs dorées et les miens empoignent ses cuisses. Elle ma parait si fébrile, si... fragile et je m'en veux un peu plus. J'accélère cependant et puis enfin... Je jouis, je caresse le ciel et me déverse en elle, pendant de longues secondes. Et toute ma frustration s'envole au moment ou la culpabilité me gagne. Bientôt me ronge.
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Ma cuisse bandée et ma brûlure apaisée, j'ai pu repasser mes vêtements et essaie d'enfin profiter de ce café dans un silence de nouveau quelque peu gênant. Anna est assise dans le canapé, pensive certainement quand moi ne suis absolument plus capable de me détourner. J'ai l'impression de m'auto-flageller à m'imposer sa vision mais quand je ferme les yeux mes crimes me semblent encore plus lourd. Je suis une assassin, de son innocence, de son insouciance, qui brise les rêves de son enfance. Elle espérait trouver une sœur mais il n'y à que pécheur. Voila ce que je suis, une femme qui n'a que faire de l'interdit et qui vit uniquement selon ses égoïstes envies.
—Elsa.
J'écarquille les yeux et resserre les doigts sur ma tasse afin d'être certaine cette fois-ci qu'elle ne m'échappe pas. Une fois mais certainement pas deux, j'ai encore le ventre en feu.
—Il va falloir poser certaines règles
J'imagine, bien que le dire est pour moi futilité. A quoi bon, après tout, ces règles ne tarderont de se briser. Je le devine. A son unique façon de m'observer.
Tant d'indécence, celle de mon corps, celle de mon cœur.
Ces maux sont biens ceux du péché.
Que puis-je y faire ?
Elle est ma sœur.
Mais aussi la seconde moitié d'un miroir resté longtemps brisé.
