En cette matinée de mi-mars, il est temps pour les dernières années reçues de faire leur cérémonie de départ du lycée. Avec les derniers stages et quelques malheureux incidents, la remise de diplôme se fait au milieu du mois. Alors même si ce sont les vacances scolaires, les élèves portent leurs uniformes. Certains pour la dernière fois.

Car il n'y a pas que les dernières années présentes mais aussi leurs cadets pour les applaudir et les encourager pour leur vie active.

Le proviseur fait son discours pour féliciter ses pupilles, c'est toujours un sentiment fort de voir partir une génération d'élèves. La remise des diplômes se fait dans un calme religieux : un simple applaudissement entre chaque élève, un mot de la souris et une annonce du diplômé sur son avenir. Comme par exemple l'agence qu'il va fréquenter.

Ce calme pesant contraste avec l'arrivée de Neijire Hado sur scène. Elle parle beaucoup, beaucoup, beaucoup trop. Si bien que Ectoplasme, son dernier professeur principal l'éloigne de la scène.

-Vous n'avez rien à me dire à présent, clame Neijire. Je suis diplômée.

Dans la foule, deux hommes se regardent et rigolent de bon cœur. Un blond, un grand sourire porté au visage et une petite fille sur les genoux, tient par l'épaule son ami d'enfance. Plus petit, plus fin le second a le rire plus discret et se tasse sur sa chaise pour être le moins regardé possible.

Nejire rejoint son amie, trois rangs devant sous l'œil bienveillant du deuxième.

-Tu comptes faire quoi ? Demande le blond.

-De quoi tu veux parler ? Prévient le deuxième.

-De ton attirance pour Hado-san, affirme le blond.

-Mirio tu racontes vraiment n'importe quoi, pouffe le plus discret.

-Tu sais Tamaki, reprend Mirio. Beaucoup de garçons tournent autour d'elle et elle est déjà plein de fans.

-Un mec parmi d'autres quoi, s'enfonce Tamaki.

-Mais non tu es vraiment pessimiste, contre Mirio.

-Monsieur Le million, coupe la petite fille. C'est quoi pessimiste ?

-C'est quand on est sûr que quelque chose ne va jamais se produire, explique Mirio.

-Et pourquoi Monsieur Sun eater l'est ?

-Heureusement tu es trop jeune pour le comprendre, sourit Sun eater. Trop innocente, Eri-chan.

-Tu ne nies plus, constate Mirio. Tu sais après vous allez tous les deux travailler et vous allez avoir moins de temps.

Tamaki attend un long moment, durant la matinée, il y a eu des occasions mais à chaque fois, au dernier moment, il finit par se cacher, les mains dans les poches, le front contre le mur de l'établissement. Mais bientôt, tout le monde va se diriger vers un lieu plus festif que le lycée en ce moment. Ce n'est pas sa préférence de discuter ou s'amuser devant du monde. À l'inverse de Neijire qui adore ce genre d'endroits, qui parle avec tout le monde, qui rit et chante à tue-tête.

C'est sûrement cela qui l'attire chez elle. Sa franchise, son audace, sa pureté, son sourire, sa douceur avec Eri. Mais il doit arrêter de l'idéaliser ou sinon il ne pourra vraiment rien tenter. Il la trouve à la sortie de l'ancienne classe, leurs regards se croisent, elle lui sourit, il a du mal à lui rendre :

-Amakiji-kun, fait Nejire. Comme une maladroite, j'avais oublié un cahier dans la salle. Heureusement qu'on a pu revenir ! Ça m'a fait très plaisir ! On est tous déjà tellement occupés pour tous se voir en même temps. J'ai même du mal à venir m'occuper de Eri-chan. Ou même venir te voir ou Toga-kun. On devrait faire quelque chose ! Une visite, un cinéma ou parc d'attractions. Mais tu voulais quelque chose ?

-Hado-san je...

Il serre les poings, aucun son ne sort de sa bouche tremblante de stress. Il est frustré, gêné, lui aussi à des choses à dire. Il lui faut toujours plus de temps, mais ce temps il ne l'a pas. Pourtant Nejire s'approche de lui et lui prend la main :

-Dis Tamaki, presse Neijire. Si on se voit plus souvent. Est-ce que tu seras moins gêné avec moi ? Tu as toujours du mal à me dire les choses, alors que tu es si naturel avec Mirio. J'aimerai que ce soit pareil, qu'on soit proches !

-Sûrement, bafouille Tamaki rouge. Si on se voyait plus, je serai plus à l'aise.

-Parfait, rit Nejire. Là il faut qu'on...

Et elle part dans un long et éprouvant monologue que Takami se doit d'écouter car elle continue de lui tenir la main.