Disclaimer: Les personnes ne m'appartiennent pas, mais ils appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Cependant, l'histoire est de mon invention et de ce fait, elle m'appartient.
Première publication sur le site 'Wattpad' sous le nom de 'Licorne-Toffee-2', le 25 juillet 2020.
Contient un lemon, vous êtes prévenus!

Résumé publié sur ce même site: Midorima se fait traîner par Takao à une soirée où il n'a certainement pas envie d'aller.

Alcool, jeunes bourrés, musique agressive au volume beaucoup trop élevé, malbouffe présente autant dans les boîtes en plastique que sur le sol, commerce pas très net... Très peu pour lui.

En plus de ça, il est obligé de jouer à un jeu cliché et stupide...! Pas de chance...

Pourtant, un événement étrange s'y passe... Changeant absolument tout, changeant le cours de la soirée...

Personnages en scène, acteurs de l'histoire ou non: Shintaro Midorima, Kazunari Takao, Seijuro Akashi. Les autres sont des oc, ou 'original characters'.

Pairing: Midotaka


Midorima soupira, profondément énervé. Il se retenait d'en coller une à Takao. Oh et quelle retenue! Il se faisait violence mentalement pour ne pas ne serait-ce que regarder le brun. Il était froid, glacial, Midorima.

— Oh allez Shin-Chan, on va bien s'amuser!

Goutte d'eau. Le vase débordait.

Une veine pulsait dans la tempe battante du vert. Rien à faire, le brun lui tapait trop sur le système! Quoiqu'il fasse ou qu'il dise, il trouvait toujours LE moyen de l'énerver! Pourtant, celui-ci se retenait toujours de laisser sa fureur exploser. D'abord, il ne savait pas cogner, aucune chance qu'il blesse physiquement cet idiot de Takao. Ensuite, c'était son coéquipier et même s'il l'énervait et que ça lui coûtait de l'avouer, il était indispensable à l'équipe. Il ne pouvait pas se permettre de faire tomber l'un des piliers de cette forte équipe.

— Je ne pense pas. Je ne voulais pas venir, je te rappelle, répondit froidement l'adolescent à lunettes. C'est toi qui m'as forcé, continua-t-il toujours sur sa lancée, de cette même voix glaciale.

— Comment ça? s'indigna faussement le faucon. C'est faux! Tu... Tu as voulu venir! C'est ton choix! dit-il de façon bancale, amusé.

Il finit même par rire.
Encore une fois, une veine tapait sur la tempe du vert.

— Se faire bander les yeux et jeter dans un pousse-pousse pour m'emmener je ne sais où, j'appelle pas ça un choix, crétin! cria néanmoins gentiment le grand adolescent, mi énervé, mi lassé par l'attitude du plus petit.

Il remonta ses lunettes pendant que l'autre pouffa. Quel comique ce Shin-Chan! Non vraiment, il ne savait pas s'énerver... À croire qu'il ne connaissait que le désespoir et la lassitude, comme émotions, si on peut appeler ça des émotions. Il le faisait toujours rire, ce grand dadais de Shin-Chan. Bon, il était grand, certes, mais dadais... Pas vraiment. Coincé, est un mot plus approprié.

— Roh allez! Arrête de faire ton coincé, Shin-Chan! Je te promets que ça en vaut le coup! Ce genre de soirées est super génial! s'enthousiasma le plus petit, essayant de transmettre sa bonne humeur au plus grand.

— Je ne vois pas ce qu'il y a de bien à aller à des soirées constituées de jeunes ivres où on ne s'entend même pas penser, où on y mange peu et très mal, où on se fait bousculer, salir et parfois même insulter. Il n'y a aucun sens à aimer ça, désespéra-t-il devant tant d'idiotie.

— C'est parce que t'as jamais bu! Mais t'inquiètes pas, on va remédier à ça! s'exclama l'infini amusé avec un clin d'oeil, qui fit soupirer Midorima.

Il le tira par le bras et l'approcha de la maison d'où ils pouvaient entendre s'échapper des basses d'une musique à en faire saigner les oreilles du shooter. Non, il n'allait pas aimer cette soirée. Il ne l'aimait déjà pas en fait, mais en plus de ça, il avait un mauvais pressentiment.

Takao ouvrit la porte sans gêne aucune pendant que l'autre se massait les tempes, déjà agacé par cette musique horrible. Avant qu'il ne puisse se retourner et détaler, l'autre le tira dans la maison, refermant la porte derrière lui.

Piégé.

Le brun sourit en regardant son coéquipier bouillir intérieurement, mais se contenir pour ne pas (essayer de) frapper Takao. Il s'amusait déjà comme un petit fou! Le tout maintenant était de faire boire son Shin-Chan pour le détendre un peu.

— Viens avec moi.

Puis il le hala sans lui laisser le temps de réfléchir, sans explication, vers la cuisine. Elle était bondée de monde. Certains discutaient joyeusement en buvant un verre, certains étaient complètement ivres et dansaient - ou du moins essayaient - pas du tout en rythme avec la musique, si tant est qu'il y ait un rythme. Une jeune fille vomissait dans l'évier, provoquant des bruits absolument pas ragoûtants, ses cheveux tenus par une de ses amies. Midorima avait même repéré deux, trois jeunes qui s'échangeaient des petits sachets bien louches et des billets, dans un coin un peu plus reculé. Ceux-là n'avaient pas échappé aux yeux du faucon, évidemment.

Navrants.

Et dire que certains jeunes réitéraient cette désolante expérience chaque weekend? Que leur vie était chiante! Comment ils pouvaient boire à en vomir tous les weekend?

Pendant ses contemplations dégoûtées et désolées, Takao lui tendit un gobelet en plastique d'où une effluve désagréable s'échappait et lui chatouillait le nez. De la bière, sérieusement?

— ...

— Bois Shin-Chan! Je t'assure que c'est très bon!

— Je ne bois pas d'alcool Takao.

Le susnommé pouffa. Bien sûr que non, quelle question!

— Ça pour une surprise! rit-il, ironique. Je m'en serais jamais douté! continua-t-il, agaçant le vert. Bon, goûte au moins! Moi je le bois bien! demanda-t-il, joignant le geste à la parole.

— Hors de question!

Prévisible. Mais tellement prévisible! Le vert était si facile à déchiffrer que ça en devenait naturel chez le meneur. Il sourit et prit un autre gobelet qu'il remplit d'eau devant les yeux inquisiteurs du vert. Il le lui tendit. Celui-ci l'attrapa, sceptique. Sans le vouloir, il avait laissé traîné ses doigts sur ceux de Takao. Celui-ci, amusé de ce geste involontaire, attrapa ses doigts avec les siens, provoquant un léger rougissement sur les pommettes du plus grand.

— Qu'est-ce que tu fais, crétin? demanda-t-il pour garder la face, un léger trouble dans la voix.

— A toi de me dire? répondit-il en souriant.

Son sourire était à la fois sincère et à la fois amusé. Même si l'amusement était bien plus présent. Le grand retira ses doigts précipitamment et porta le gobelet à ses lèvres, buvant une gorgée. Il ne regardait plus le plus petit qui voulait s'écrouler de rire. Ah la la, là il tenait quelque chose! Il avait trouvé un moyen d'embêter très efficacement Midorima, et il n'allait certainement pas laisser passer cette incroyable chance! Il serait le plus tactile possible ce soir... Oh oui! Il allait vraiment beaucoup en profiter! Et si Shin-Chan était bourré? Encore mieux!

Il rit seul en pensant à son plan pour embêter Midorima.

Le soucis, à s'être perdu dans ses pensées, est qu'il n'avait pas remarqué qu'il observait les lèvres de Midorima depuis quelques minutes maintenant. Il suivait les courbes épousant celles du gobelet. Il se surprit même à imaginer ses lèvres sur ces courbes parfaites.

— Takao, je peux savoir ce que tu fais? demanda Midorima, ayant remarqué cette observation clairement pas de ses yeux.

Il vit même le plus petit se passer la langue le plus discrètement possible sur les lèvres. Que pouvait-il bien se passer dans l'esprit de Takao? Ou peut-être que c'était encore une de ses blagues pour le déstabiliser?

— D-désolé Shin-Chan... s'excusa-t-il quand il sortit de sa torpeur, en détournant les yeux, les joues visiblement rouges.

Il se gratta la nuque et porta son verre de bière à ses lèvres. Il but une gorgée et sembla se reprendre puisque son sourire revint. Quel imbécile... Il avait failli se jeter sur Midorima... Pourquoi, d'ailleurs?

— Allez, viens Shin-Chan! On va s'amuser de l'autre côté!

Midorima allait répliquer un «crétin, comment est-ce possible de s'amuser dans un endroit et un moment pareils!» mais il n'eut pas le temps, Takao était déjà en train de l'entraîner vers le salon. Là se tenait un groupe de jeunes éméchés assis en cercle qui faisait tourner une bouteille vide dans son centre.

Pathétique. S'ennuyaient-ils donc au point de devoir jouer à ce célèbre jeu cliché?

— Oh viens Shin-Chan, on va s'éclater! C'est un jeu trop bien en soirée ça! s'excitait Takao en tirant «Shin-Chan».

— Non, répondit-il catégoriquement, se raidissant intentionnellement pour rester sur place. Je ne jouerai pas à ce jeu. C'est puéril et absolument pas drôle.

Takao pouffa.

— Et qu'est-ce qui est drôle pour toi, hein? se moqua toujours le même.

Ses rires doublèrent quand il vit la tronche que Midorima arborait. Il était las, sans aucune expression. Ou si, une seule: le mécontentement. En clair, il portait la même expression qu'à son habitude.

Sans un mot, il le tira et l'assit de force entre lui et une jeune fille à sa gauche. Elle n'avait pas l'air ivre. Elle avait visiblement bu deux ou trois bières, mais ce n'était clairement pas assez pour qu'elle soit aussi ivre que la moitié des autres joueurs présents dans le cercle.

— Hé les p'tits nouveaux! Vous vous joignez? On est resté classique: Action ou Vérité.

La personne qui avait parlé était une fille également sobre. Elle tenait un verre de jus d'orange dans la main. Étrange, en soirée... Elle était plutôt banale, fine avec des formes convenables, ni trop ni pas assez, ses cheveux étaient longs, noirs et très légèrement ondulés. Par contre, le détail qui la détachait des autres est qu'elle avait des yeux d'un bleu si clair qu'il était presque transparent. Déroutante, cette couleur. Elle semblait être la meneuse du jeu.

— Bien sûr! Pas vrai Shin-Chan? sourit Takao en lui donnant un coup de coude amical.

Pour seule réponse, il soupira. Il ne le sentait pas, ce jeu. Durant un Action ou Vérité, tout pouvait se passer, chaque question, dérangeante ou pas, pouvait être posée. Et en plus de jouer avec Takao, qui adorait s'immiscer dans la vie privée de Midorima, et qui n'hésiterait pas à lui faire faire des actions ridicules - ou compromettantes -, Midorima n'avait pas son objet porte-bonheur. Cet idiot qui lui servait de coéquipier l'avait fait lâcher : Midorima le tenait, le faucon le tira si brutalement qu'il le lâcha. Le pauvre hibou en porcelaine s'était vautré lourdement et cassé en mille morceaux.
Il était dépité de ne pas avoir prévu que Takao le forcerait à poser ses fesses par terre et maintenant, il était ennuyé. Comment s'en aller de là? S'il se levait, Takao attraperait ses jambes pour qu'il ne coure pas à l'autre bout de la pièce. S'il prétextait une envie pressante, Takao le suivrait comme un petit chien jusque devant la porte. D'ailleurs, aucun des prétextes pour aller dans une autre pièce ne marcherait. Takao était un crétin, certes, mais un crétin intelligent. En plus de ça, sa vision de faucon ne lui facilitait pas la tâche, à Midorima.

Rien à faire, il devait jouer.

— Chiho, à toi!

— Hmm? Euh, oui, euh, d'accord...

Ladite Chiho semblait perturbée. La voix venant de sa gauche, Midorima avait sursauté. Donc la fille à côté de lui s'appelait Chiho? Elle était très fine et avait l'air petite, peut-être même plus que Kuroko. Elle avait des cheveux blonds/gris, mi-longs et ondulés. Sa peau était légèrement hâlée. Elle avait aussi un piercing sur le nez - un anneau sur la narine - et ses cils étaient très longs. Elle avait les yeux d'un noir si profond qu'on aurait dit que ses iris et ses pupilles ne faisaient qu'une. Midorima avait même remarqué que ses joues étaient rouges, et que son regard se faisait fuyant envers lui. En bon tsundere ignorant qu'il était, il ne comprenait pas ce comportement. Ou plutôt, il espérait ne pas comprendre...

Takao lui, bouillonnait sur place. Cette fille était trop belle et en plus de ça, elle était sous le charme de Midorima. Et à en voir les yeux scrutateurs du vert, il commençait probablement à l'être également.

— Waouh, Chiho, t'es pas en train de mourir hein? demanda un garçon assis en face d'elle en tapant dans ses mains.

— N-non non... Hum, c'est à qui?

Un garçon ivre se mit à rire, fort. Il dégoûta Midorima. Non, il ne voyait pas le côté positif à boire de l'alcool... Ça détruit la santé et ça provoque des comportements étranges. Comme rire sans aucune raison... Les Hommes avaient quand même de drôles d'habitudes...

— C'est à toi Chiyo! s'exclaffa-t-il d'un rire purement moqueur.

Chiho se raidit et lui jeta un regard rempli d'éclairs.

— Moi c'est Chiho, idiot!

Et en plus elle utilise les mêmes expressions que lui...

Takao bougonna, étonnant Midorima qui ne comprenait pas ce qui arrivait à son idiot de coéquipier.

— Alors? demanda la meneuse, impatiente.

— Hmm?

— Action ou vérité!

— Ah, hum... Action...? dit-elle sur le ton d'une question plus qu'une affirmation.

— Ok alors...

La meneuse réfléchit, puis en voyant l'effet que le vert faisait sur Chiho, elle sourit sadiquement.

— Alors, tu dois...

— Moi, moi! J'ai une idée! la coupa un garçon surexcité à cause de l'alcool qu'il avait évidemment dans le sang, en levant la main et sautillant sur ses fesses. Alors, tu dois...

— Ta gueule, Renz'!

— Je t'ai dit d'arrêter de m'appeler comme ça, Fumi!

— Oui oui, bref, ferme-la! J'ai un bon gage pour Chiho...

Et son sourire sadique revint, pendant que le dénommé «Renz'» bouda.

— Embrasse le gars à côté de toi là, euh... Shin, je crois? Bon t'as compris de qui je parlais, donc embrasse-le!

Midorima manqua de s'étouffer avec l'eau qu'il était en train d'avaler, Takao avait lâché un «comment ça?!» de surprise mélangée à une légère colère perceptible et Chiho avait écarquillé les yeux en rougissant jusqu'aux oreilles.

— Ahem... Tu... Tu plaisantes j-j'espère? réussit à articuler Chiho, sur le bord de la crise de nerfs.

— Non! sourit Fumi, fière d'elle. Tu dois embrasser ce grand coincé.

Midorima fronça les sourcils, stressé et en colère. Que venait-il faire là-dedans? Il n'avait rien demandé à personne, pourquoi devrait-il subir? Non pas que la fille le dégoûtait, au contraire, elle était vraiment très jolie, peut-être même qu'elle était la plus jolie fille présente dans ce jeu. Mais quelque chose lui disait de ne pas faire ça. Quelque chose l'en empêchait. Il avait l'impression que s'il faisait ça, il trahirait quelqu'un, et ce sentiment l'ennuyait vraiment.

Une fille et un garçon ivres morts, qui semblaient être en couple, se mirent à rire si fort que tous les autres en avaient mal aux oreilles. Takao, en colère après ce gage stupide, était encore plus agacé par ce rire. Il commença à se lever pour aller cogner les deux adolescents chiants, mais Midorima lui prit la manche. Le faucon se retourna, baissa la tête et la pencha sur le côté, surpris. Il était légèrement hébété que le plus grand ait un comportement comme ça.

— Ne fais rien de stupide, Takao. Ils sont juste saouls! Crétin... lui ordonna-t-il en le regardant droit dans les yeux.

Le dernier mot fut cependant murmurer, avant qu'il baisse les yeux, les joues rosées. Il ne savait pas pourquoi, mais regarder Takao droit dans les yeux le gênait beaucoup. Et Takao avait des yeux si perçants, si bleus, si beaux... Il lâcha la manche de son coéquipier, toujours les yeux détournés. Takao pouffa devant cette vision en se rasseyant. Donc il arrivait à mettre Shin-Chan mal à l'aise, même en ne faisant rien d'autre que le regarder dans les yeux? Bon à savoir, pensa le faucon. Il retrouva toute sa bonne humeur en un instant! La mine gênée de Midorima, plus ses joues craquantes roses, c'était la plus belle vision qu'il pouvait avoir! Et il était le seul autour du cercle à avoir la clé du cadenas qui scellait ses émotions, celles-ci en particulier.

Et bouuuum! Toi tu sais pas faire ça hein Emma Watson de mes deux?! la recadra-t-il mentalement. Et il pouffa une seconde fois, étouffant son rire avec sa main. Il but une, deux gorgées de sa bière qu'il reposa devant lui.

Midorima, lui, se demandait pourquoi ce crétin étranglait son rire et pourquoi il riait. Aucun doute, il avait pensé à quelque chose, et sans comprendre pourquoi, le vert voulait savoir. Il lui jeta un regard en biais, s'étant remis de son malaise, et se résigna à poser des questions, sous peine de paraître suspect, et surtout de faire imaginer des choses idiotes à Takao. Il l'agaçait vraiment, ce crétin rieur aux yeux de fous! Euh... Fous à cause de leur particularité... Le fait qu'il ait des yeux de faucon... C'est de ça qu'il parlait, évidemment.

— Bon, c'est pour aujourd'hui ou pour demain? s'impatienta Fumi, agacée.

— Une seconde! C'est le gage de Chiho, pas Shin-Chan... Alors pourquoi tu le fourres là-dedans?

La brune rit franchement, faisant froncer les sourcils à Takao, avant qu'il n'explose de rire également. Les autres du cercle les suivirent, à l'exception de Chiho devenue rouge comme une tomate bien mûre et Midorima qui ne comprenait pas les sous-entendus. Pourquoi riaient-ils tous?

— Oh meeec... Franchement... essaya de s'exprimer un garçon sobre, en essuyant une larme au coin de ses yeux.

— C'est pas sympa de parler comme ça de Chiho, beau gosse! rit Fumi en se tenant le ventre.

— J'ai un paquet de vannes bien sales qui me viennent mais... Waaah! articula le précédent garçon avant de continuer de rire.

— Mais les gaaaars! dit Takao entre deux éclats de rire. Je pensais pas à ça! continua-t-il, toujours aussi hilare.

— Bon, Takao, tu vas m'expliquer? s'impatienta Midorima, vexé de ne pas comprendre.

— Oh c'est vrai Shin-Chan, tu es trop pur pour ce monde! sourit Takao une fois sa folie rieuse passée, s'essuyant les yeux où perlaient des larmes causées par ce fou rire. T'es vraiment sûr de vouloir comprendre? lança-t-il, un sourire défiant sur les lèvres.

— Mais oui! Si je te le demande! s'agaça Midorima, énervé que l'autre joueur de Shūtoku présent ce soir joue avec ses nerfs.

— Fourrer... sourit mystérieusement le faucon avant d'exploser de rire devant la mine déconfite de son Shin-Chan.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, le vert vira au rouge. Un vrai feu de signalisation! rit Takao intérieurement. Vraiment, son Shin-Chan le fera toujours rire. Son?

Une ampoule qui était en train de clignoter dans la tête de Chiho s'éclaira subitement.

Sans aucune prévention, elle se posa devant Midorima, prit ses joues entres ses mains et lui embrassa le front avant de se rasseoir, comme si de rien. Le vert était abasourdi, paralysé par ce geste. Une teinte légèrement rose avait pris possession de ses joues. Takao lui, avait la bouche grande ouverte, formant un parfait O, et ses yeux étaient écarquillés. Sa mâchoire menaçait de se décrocher et ses yeux étaient à deux doigts de s'exorbiter. Le reste du groupe n'en menait pas plus large, chacun étant surpris par ce geste. Le couple ivre applaudit en riant, le garçon aux vannes salaces de plus tôt sifflait d'admiration tandis que le reste ne savait pas quoi dire, ou alors murmurait entre eux.

— Euh... Chiho... Je t'ai demandé de l'embrasser... reprit contenance Fumi, perturbée.

Elle ne pensait pas que Chiho oserait l'embrasser mais en même temps, elle n'avait pas vraiment respecter la consigne. Enfin...

— Et c'est ce que j'ai fait. Tu n'as pas précisé où, à ce que je sache? répliqua aussitôt Chiho, d'un air légèrement soulagé et victorieux.

— Mais... Enfin... Tu avais compris...

— Allez, c'est à moi! dit-elle enthousiaste, sans lui prêter aucune attention.

Peu à peu, Midorima reprit ses esprits, admettant pour lui-même que c'était un vrai coup de génie. Détourner la question à son avantage était digne d'un génie manipulateur, comme Akashi par exemple. Takao mit sa rancoeur de côté, se disant qu'il pourrait se venger à un moment donné. Suffisait de faire tomber la bouteille sur cette Chiho... Et même si elle ne choisissait pas une action, il pourrait lui poser une question embarrassante du type «As-tu déjà fait ta première fois?» ou «Quels sont tes sentiments pour mon Shin-Chan?». Il n'avait que l'embarras du choix!

Encore une fois, il se mit à rire, sans explications, ce qui agaça une fois de plus son coéquipier.

Quelques tours passèrent, où multiples questions personnelles et puériles furent posées, de même que des actions complètement idiotes et ridicules furent demandées, sans que nos deux amis ne jouent une seule fois. Une chance pour Midorima qui détestait déjà ce jeu avant même d'y jouer, une malédiction pour Takao qui ne rêvait que deux choses là maintenant: ridiculiser cette profiteuse de Chiho, et mettre mal à l'aise Midorima. Takao avait bu au total deux cannettes de bière durant ces tours de vide total, ce qui n'était pas excessif.

Le vert soupira pour une énième fois.

— Je vais aux toilettes, déclara-t-il.

— Je viens avec toi! Si tu crois que tu vas pouvoir t'enfuir!

Et un soupir, un!

— Je n'en avais pas l'intention.

Ils se levèrent donc et se dirigèrent vers la petite pièce où Midorima s'engouffra après qu'une fille bourrée et sa copine en soient sorties.

Répugnant.

Takao vit là une occasion en or! Midorima lui avait confié son gobelet. Il détestait simplement l'idée de se tromper et de boire après quelqu'un d'autre, alors la meilleure solution était de le donner à une personne de confiance. Le faucon se dirigea vers la cuisine, un sourire radieux sur le visage. Il vida le pauvre reste du gobelet dans l'évier - comment Midorima pouvait se résoudre à boire de l'eau dans une soirée comme celle-ci? - et il y versa une moitié de bière aromatisée pomme, non sans grimacer. Bière goût pomme... Ridicule! Une bonne bière n'a pas besoin d'arôme... Mais s'il mettait de la vraie bière, Midorima s'en apercevrait tout de suite. Il remplit l'autre moitié d'eau et se reposa devant la porte d'où Midorima sortit presque instantanément.

C'était moins une!

Il reprit le gobelet et retourna s'asseoir, accompagné d'un Takao satisfait et souriant.

— Ah! Vous revoilà! Tant mieux, c'était à ton tour beau gosse, dit Fumi à l'égard de Takao.

Ce surnom avait le don d'agacer Midorima, sans qu'il ne sache pourquoi. Takao, beau gosse? Et puis quoi encore?

— Action! sourit Takao, sachant que Fumi donnait toujours des actions compromettantes...

— Hmm... Fais une demande en mariage à la personne de ton choix - qui devra obligatoirement accepter - et ensuite, tu dois l'embrasser sur la bouche! insista-t-elle sur la dernière partie de la phrase.

Takao explosa de rire, suivi par le garçon aux blagues salaces de tout à l'heure, et d'autres personnes du cercle pouffaient simplement légèrement.

— Oh bien joué Fumi! rit toujours le même garçon inconnu.

— Alors là! J'aurais pas rêvé mieux! rit Takao à son tour, des larmes perlant au coin de ses yeux. Et d'ailleurs, c'est quoi ton nom à toi? demanda-t-il entre deux rires à l'inconnu au même humour que le faucon.

— Raphaël! Et toi? répondit-il, calmé.

— Takao, sourit-il. Tu es du coin?

— Nan, je viens des États-Unis. Je suis là pour un programme d'échange. Et toi?

— Oh! Sympaaa! s'extasia le Shūtoku. Moi oui, je suis du coin.

— On vous dérange pas? Ça va? demanda ironiquement Fumi, impatiente de voir cette action, mains croisées sur la poitrine.

Takao sourit en guise de réponse et tourna la tête vers Midorima.

S'il y en avait un qui n'avait pas ri ni même souri, c'était bien lui. Même Chiho avait esquissé un sourire. Midorima, non. Précisément parce qu'il savait que Takao le choisirait lui pour cette action stupide, et il en rougissait rien que d'y penser. Pour éviter tout contact visuel, il prit son verre et le porta à sa bouche. Il eut le temps de boire à peine trois gorgées que Takao lui arracha pratiquement le bras pour le faire se lever. Ces trois gorgées avaient pourtant étaient assez pour qu'il remarque que l'eau n'était pas de l'eau... Elle avait le goût de pomme. Étrange... Takao lui aurait servi du jus de pomme? Et pour quelle(s) raison(s)?

Il reposa son gobelet avant de se retrouver devant Takao qui se retenait de rire. Midorima ne le regardait toujours pas dans les yeux. Ses pupilles observaient la moquette à sa droite, le cercle de la bouteille étant à gauche. Cette moquette semblait vieille et elle semblait également avoir déjà pas mal vécu au vu des tâches grasses et foncées qui imbibaient certaines parties du matériau. Elle était aussi cachée par parties de biscuits apéritifs, tombés plus tôt dans la soirée, sans aucun doute. Oui, cette moquette était vraiment remplie d'histoires bizarrement devenues intéressantes pour le vert. Et cette chaleur dans ses pommettes, et ce fort «boum boum» qu'il entendait dans sa poitrine... Son coeur était sûrement en train de fracasser ses côtes, du moins Midorima en avait l'impression.

— Hum hum.

Takao s'était raclé la gorge plus pour capter l'attention du vert que pour s'éclaircir la voix. Le shooter orienta ses yeux vers lui d'une lenteur incroyable. Maintenant que leurs pupilles s'affrontaient, Midorima vit que Takao était amusé, très amusé par son attitude. Il le vit ensuite rétrécir: le joueur venait de poser un genou sur le sol poisseux de cette maison bruyante. Il prit la main du vert avec une telle vitesse et une telle force que celui-ci ne pouvait rien faire, malgré qu'il secouait sa main énergiquement. Il laissa tomber au bout de quelques secondes, voyant bien que Takao ne lâcherait pas l'affaire. Maintenant que sa main sans bandages était dans celles de Takao, et qu'il observait ses yeux, Midorima se rendit compte à quel point son agaçant coéquipier avait de beaux yeux, et à quel point ses mains étaient moites et chaudes. Ses iris grises ressortaient avec le noir de ses cheveux longs, créant une harmonie parfaite sur son visage. Le joueur de basket était vraiment beau. Par contre, il ne trouvait pas d'explications plausibles qui expliqueraient pourquoi ses mains étaient si moites. Ce ne pouvait être la chaleur, car Takao était habillé d'un simple t-shirt et un pantalon. Et puis, le connaissant, s'il avait chaud, il se serait déjà plaint plus d'une fois.

— Shintarō Midorima, commença le faux demandeur en mariage.

Le vert réprima un frisson qui voulut gagner son corps lorsque le plus petit avait prononcé son prénom. Le seul à l'avoir fait jusque-là était Akashi, ou parfois Takao lorsque Midorima le passait à tabac. Cette fois-ci, c'était dans un contexte tout autre, alors forcément le shooter était déstabilisé. Quoique cette appellation de la bouche de l'autre joueur n'était pas déplaisante à entendre.

— On s'aime depuis maintenant tant d'années, (il pouffa), on se supporte mutuellement et bon dieu ce que tu me fais marrer! rit-il. On a vécu tant de moments géniaux ensemble, on a regardé tant de fois l'horoscope aussi mais ça, ne fait pas partie de ces moments géniaux... sourit-il.

Midorima soupira. Son discours le gênait, mais il essayait de cacher sa gêne derrière ce soupir.

— On s'est rencontré au lycée, au basket. Ennemis puis coéquipiers, drôle de coïncidence hein? On a gagné un sacré palmarès de compèts' ensemble et c'est sûrement à ce moment-là que j'ai commencé à ressentir quelque chose pour toi. Il y avait l'ombre et la lumière de Seirin, et nous, l'ombre et la lumière de Shūtoku. On est même allé jusqu'à créer une technique ensemble pour contrer ton pote, là, le gars qui se la raconte trop tout ça parce môsieur n'a jamais perdu, Akashi... Bref, pour cette technique il fallait avoir confiance l'un en l'autre.

Midorima aurait voulu lui lancer un «ne t'éternise pas, crétin!» mais sa bouche était bloquée, fermée à clé. Le discours décousu et démuni de sens du joueur titillait sa curiosité. Takao était un excellent acteur et doué en improvisation, pour sortir un tel paragraphe sans s'y perdre, et si naturellement. Oh oui, ce naturel avec lequel il disait ces mots le déconcertait. On pouvait presque croire que c'était sincère.

— Je ne sais pas à quel moment tu m'as accordé ta confiance, mais quand tu m'as proposé de nous entraîner pour cette technique après les cours, j'ai été si heureux! Me retrouver seul avec toi, quel pied!

Frissons.

— Bon, je me perds un peu dans tout ce blabla, rit-il, alors allons droit au but: veux-tu m'épouser?

Midorima déglutit. Il devait répondre oui, mais il redoutait la suite. Il ne voulait pas embrasser Takao! Ou peut-être que si... Enfin non! Et puis surtout, en public! Les trois lettres miracles étaient coincées dans sa gorge. Non, pas moyen qu'il se fasse embrasser, en public, et par Takao en plus! Pourquoi n'avait-il pas choisi Fumi, tiens? Eux qui se faisaient les yeux doux, l'un inconsciemment et l'autre intentionnellement. Qu'est-ce qu'elle pouvait le gonfler, cette Fumi!

— Alors grand coincé, c'est pour aujourd'hui ou pour demain? s'agaça Fumi devant ce mutisme, légèrement amusé.

Là, la bouche de Midorima se débloqua. Oh la la, quelle chiante celle-là!

— Pardon?! tourna-t-il la tête violemment, une veine battant dans sa tempe, énervé.

Sa main était toujours dans celles de Takao.

— Oh allez Shin-Chan, t'énerves pas! Elle a pas tort! T'es grand, et t'es coincé. Bon, tu te dépêches? C'est que, je commence à avoir mal aux jambes moi!

— Oui! Ça va! Mais tu vois p...

Il fut coupé par Takao appuyant sur son épaule pour lui faire tourner la tête, puis écrasant ses lèvres sur les siennes pour le faire taire. Stupéfait, Midorima écarquilla les yeux et ne répondit pas au baiser.

Il eut seulement le temps d'entendre Fumi leur dire que leur baiser devait durer sept secondes minimum, avant que son esprit ne quitte définitivement son corps.

Il ferma les yeux involontairement et répondit au baiser. Doux, chaud, passionné... Comment pouvait-il être si réel sans l'être? Il semblait si naturel, si... Volontaire? Comme si les deux cobayes d'une action stupide attendaient cela depuis un moment, ou plutôt comme si ça leur plaisait... Midorima, trop enivré d'une telle douceur, passa sa langue sur la lèvre inférieure de Takao pour lui demander l'accès à la sienne. Accès qu'il autorisa immédiatement, presque comme si lui-même allait le demander. Leurs langues se rejoignirent, se frottant, se caressant, dansant ensemble.

L'esprit de Takao avait aussi quitté son corps. Pour être honnête, ça faisait longtemps qu'il attendait ça. Embrasser son Shin-Chan qui n'était pas le sien, le serrer dans ses bras, lui dire qu'il l'aime... Et même si ce n'était que par le biais d'un gage, il était content et se sentait soulagé d'avoir dit ce qu'il ressentait. Le jeu auquel ils jouaient n'était qu'un prétexte lui permettant de se déclarer... Pourtant, le fait que Midorima réponde à son baiser le surprit vraiment. Il ne s'attendait pas à ce que son coéquipier y mette du sien. Pourtant, le voilà qui voulait glisser sa langue dans sa bouche...

Au final, tous les indices convergeaient: Midorima ressentait peut-être bien quelque chose pour lui également...

— Hé ho!

Leur surdité soudaine s'éteignit instantanément et c'est Midorima - étonnant! - qui coupa court à leur échange.

— Et bah! Ça se galochait bien, dites donc! Z'avez un truc à cacher? Ça fait au moins cinq fois que je vous appelle! Vous avez largement dépassé le temps! On vous a pas demandé de vous bouffer devant nous hein, juste de vous embrasser, expliqua Fumi, blasée. Ça fait exactement 16 secondes.

Cette fille était vraiment impatiente. Un rien l'énervait, et si ça n'allait pas vite, ou durait trop longtemps, elle était agacée... Ou blasée. Elle était vraiment énervante pour Midorima.

Les deux amoureux le temps d'un défi étaient sonnés, immobiles, transportés. Leur esprit regagnait leur corps d'une telle lenteur qu'il leur faudrait bien un quart d'heure pour être tout-à-fait eux-mêmes à nouveau. Et encore... Leurs joues rouges écarlates témoignaient de la gène qui allait rester un très long moment, même après la soirée. Ils se rassirent, Midorima remontant ses lunettes, silencieux, pendant que le cercle applaudissait, souriait ou riait simplement, à l'exception de Chiho qui semblait triste, ou en colère... Ou peut-être bien un mélange des deux.

— Bon, beau gosse, je sais que t'es dans ton monde à part après ce beau roulage de pelle mais c'est à toi.

— ...

Takao était simplement incapable de parler, bien trop retourné pour ne serait-ce qu'ouvrir la bouche. Il repensait aux dernières secondes. Jamais il n'aurait deviné que Midorima soit si doué, ni qu'il provoquerait une telle réaction chez lui. Une partie de lui avait été sur le point de se réveiller. Encore un peu, elle ça se serait passé...

— Fumi...

— Quoi, Renz'? répondit-elle, sèchement, agacée du mutisme des deux comparses.

— Renzaburō! Merde à la fin! cria-t-il, énervé. Bon passons, tu m'énerves. Je pense pas qu'ils soient en état de jouer... T'as vu leur mine? Ils ont l'air ailleurs. Jouons à leur place.

— Ok ok mais moi j'en connais un autre qu'a une sale gueule, qui est pas en état de jouer et qui pourtant joue... rit-elle, provoquant un soupir chez Renzaburō.

Les défis et questions s'enchaînèrent, tous plus bizarres les uns que les autres. Takao avait presque totalement repris ses esprits, agissant comme si rien ne s'était passé, prenant part aux conversations alcoolisées ou aux choix des défis gênants. La seule différence est qu'il ne regardait plus Midorima, ni ne l'embêtait plus. Le vert, toujours dans les vapes (NDA furtif: pourquoi mon tél a voulu changé "vapes" en "capotes?" O_O'), n'ayant pas digéré ce baiser, n'y faisait pas trop attention au début. Mais au fur et à mesure que sa conscience revenait, il se rendit bien compte de ce changement qui pouvait paraître minime de l'extérieur mais qui était réellement énorme. Il était partagé entre un ridiculement petit sentiment de soulagement, et une colère mélangée à de la tristesse.

Takao le lâchait enfin, mais pour une raison qui lui était inconnue, il espérait que son coéquipier recommence. L'attention qu'il lui donnait d'habitude n'était peut-être pas si insupportable au vert, après tout...

En même temps que ces émotions partagées, un grand sentiment de honte gagnait l'estomac et le coeur du shooter. Avait-il vraiment embrassé cet idiot de Takao, en public, et... Avec la langue?

La colère dissimulée de Chiho lui prouvait bien que oui, Takao et Midorima s'étaient embrassés.

La honte gagnait ses joues sous formes de chaleur, et d'une teinte si rouge que les tomates en seraient jalouses... Espérant la faire déguerpir ou tout au moins la cacher, il mit ses mains sur son visage baissé vers le sol. Quand il disait qu'il n'avait pas senti ce jeu ... Était-ce de ce genre d'actions qu'il s'était méfié? Ou bien... D'autres encore pires?

— Takao! A ton tour!

— Ah, c'est fini le «beau gosse»? rit le faucon.

Doux bruit parvenant aux oreilles du vert, s'immisçant dans son cerveau, se baladant de sa tête à son coeur, le réchauffant immédiatement, apaisant aussi sa honte.

— Attends, je peux plus t'appeler «beau gosse» après que t'aies galoché aussi profondément le grand coinc... Je peux plus non plus l'appeler comme ça... murmura-t-elle cette dernière pour elle-même, en mettant une main sur son menton et en penchant la tête sur le côté.

Une quinte de toux gagna Midorima, surprenant Chiho et Takao. Ce dernier tapa automatiquement dans le haut de son dos pour la faire passer, tandis que Chiho sembla se crisper. Ses poings se serrèrent sur ses genoux, au point d'en faire blanchir ses jointures et ses sourcils se froncèrent.

— T'étouffe pas tomate, dit Fumi après quelques instants de réflexion. Bon alors, Action ou Vérité?

— Hmm...

Takao fit mine de réfléchir alors qu'il savait déjà. Il pouffa après cette fausse réflexion.

— Vérité! On va pas perturber Midorima plus qu'il ne l'est déjà, rit-il, se risquant un regard envers le shooter, qui une fois de plus piquait un fard, ce qui renforça son rire.

— Alors... As-tu déjà été amoureux?

— Pffff, quelle question pourrie! s'exclaffa Raphaël qui n'avait pas parlé depuis un moment. Tu peux pas choisir autre chose de moins pourri? continua-t-il de rire.

— Trouves-en une mieux alors! bougonna Fumi en croisant ses bras sur sa poitrine.

— Oh t'inquiètes pas! C'est déjà tout prêt! pouffa le précédent garçon.

Puis un sourire sadique apparut. Le faucon ne sentait pas cette question...

— T'as déjà eu une attirance, une envie sexuelles pour un gars? sourit-il de ce même rictus sadique.

Takao écarquilla les yeux et son visage devint rouge, tel un personnage de dessin animé. Il s'attendait peut-être à tout, sauf à ça...

— P-pardon? redemanda-t-il pour être bien sûr qu'il avait entendu ce qu'il avait entendu.

— Oui, je te demande si t'as déjà eu envie d'un gars ou si même un gars t'a juste plu, dit-il, son sourire s'élargissant.

Takao baissa la tête. Se l'avouer à lui-même était déjà tabou entre lui et son subconscient, alors l'avouer en public... Et devant la personne concernée, en plus... Certes, il y avait eu l'action du mariage quelques minutes avant, peut-être quinze ou vingt, où il avait dit aimer Midorima depuis quelques années, mais ce n'était pas pareil... L'action exigeait qu'il se déclare, c'était comme s'ils étaient tous deux dans un rôle. Mais cette question... Cette question-là était réelle. Ce n'était pas un rôle à endosser, mais une question à laquelle le vrai Takao devait répondre sincèrement, sans artifice ni entourloupe. Une confidence qu'il devait faire en présence d'inconnus, à part évidemment la personne pour qui il ressentait une attirance. Un secret inavouable qu'il devait avouer.

Voilà la difficulté.

Il tritura ses doigts pendant un moment avant de relever la tête, où ses joues étaient rouges contrairement au reste de son visage qui avait retrouvé sa couleur d'origine.

Il allait le faire, et fièrement en plus. De toute manière, son attitude avait déjà répondu à la place de sa langue. Quelle bêtise d'avoir baissé la tête après avoir viré au carmin! Maintenant c'était évident que la réponse était oui! De toute façon, il n'avait pas vraiment envie de mentir. Takao avait beau être mauvais joueur, moqueur, vicieux, envieux, irritable, fier et tout ce qu'on voulait, l'une de ses grandes qualités dûes à ses défauts était de dire les choses telles qu'elles sont, ne pas se cacher, être fier de qui il était.

Alors il allait le dire tout haut.

— Oui. J'ai déjà eu envie d'embrasser, câliner ou coucher avec un garçon, dit-il après avoir bu une gorgée de sa troisième cannette de bière.

L'alcool commençait à monter et il n'avait franchement pas envie d'être saoul, alors il décida d'arrêter là de boire de la bière. Il troqua sa bière contre un gobelet en plastique qu'il remplit de jus multifruit.

— Ah ouais? Dis-nous en plus! s'enthousiasma Fumi en buvant à son tour une gorgée de multifruit.

— Non. Une seule question! sourit-il.

— Je parie que c'est Midorima! s'exclama Raphaël, guettant leur moindre réaction.

Takao recracha son jus dans son verre et rit, tandis que Midorima se raidit en rougissant.

— Et bah! Tomate, ça te va bien... Tu sais hein, Midorima? T'es un vrai feu de signalisation! Tes cheveux sont verts et ton visage est rouge! En plus il redevient blanc presque aussi facilement qu'on change de slip, s'exclaffa-t-elle, hilare.

Cet idiot de Takao était toujours en train de rire, rire qui redoubla à la remarque de Fumi.

— Eh attends! T'as pas vu nos maillots de basket! Ils sont oranges! parvint-il à dire entre deux éclats, en essuyant ses yeux pour la énième fois depuis le début de cette soirée.

— Oh non! Me dis pas que c'est vrai parce que là, c'est trop pour moi! s'écroula de rire Fumi en se tenant le ventre, s'étouffant presque à force de manquer d'air, à force de rire.

Le cercle s'était rétréci, les jeunes étant pratiquement tous bourrés déjà à l'arrivée des deux Shūtoku, ils n'avaient pas survécu. Ils étaient presque tous tombés endormis, ivres morts. Le cercle était passé d'une quinzaine d'ados à sept, dont Midorima, Takao, Chiho, Fumi, Renzaburō et Raphaël. En fait, il ne restait qu'une jeune fille qui n'avait pas parlé depuis le début de la soirée. Elle semblait si timide qu'elle en devenait transparente. Cette fille ressemblait à Kuroko, elle lui rappelait à Midorima... Pas son physique, mais son caractère, et ce manque de présence...

Troublant.

Tous étaient en train de rire, sauf le concerné qui était agacé, et la petite timide qui n'osait simplement pas. Au moins, ces idiots se moquant de lui avaient eu le don de lui faire retrouver complètement ses esprits. Pas de doute là-dessus, il s'était remis de son baiser avec Takao.

Après avoir montré une photo du vert en tenue de sport - pas très avantageuse d'ailleurs, il était en train de crier sur Takao parce qu'il le prenait en photo à son insu, et de ce fait, il tirait une tronche à en faire rire plus d'un - et que tout le monde se soit calmé, le meneur fit tourner la bouteille.

— Renzaburō, il me semble? sourit le faucon.

— Oui oui oui! répondit ledit Renzaburō en s'extasiant bien trop pour une simple question sur son prénom. Action!

— Ok alors, embrasse Fumi! Et sur la bouche hein!

— EHHHHH?! cria la concernée, indignée.

Le vert soupira en remontant ses lunettes, la blonde esquissa un sourire, et le brun explosa de rire.

Le demandé, lui, vira au rouge.

— Depuis le début de la soirée vous vous chamaillez comme un vieux couple! rit le faucon.

— Alors là, il a pas tort! rit à son tour Raphaël.

L'alcool faisant marcher sa machine depuis un moment déjà, Renzaburō prit Fumi par le col et déposa sur ses lèvres un chaste baiser. Il la lâcha et se remit à sa place en haussant les épaules comme si de rien. Finalement, son visage qui avait viré au rouge n'était peut-être qu'à cause de l'alcool...

Fumi, déstabilisée, balbutia.

— Re-Renz'... Mais... Tu... On... Ami... D'enfance... Quoi... Pour... Quoi...

Elle mit ses mains sur son visage. Puis soudain, elle enleva ses mains et assassina Takao du regard, qui lui était stupéfait et amusé par ce qui venait de se passer.

— Toi, dit-elle d'un ton menaçant en le regardant droit dans les yeux. Tu vas me le payer.

Et elle fit tourner la bouteille qui tomba sur Midorima.

Le vert soupira. Il n'avait pas envie de répondre à une de leurs questions trop personnelles... Il préférait encore faire quelque chose de stupide plutôt que de devoir répondre à une question. Eh oui, sa personnalité réservée ne jouait pas en sa faveur durant cette soirée...

— Action, qu'on en finisse, déclara-t-il.

— Ah tant mieux! Ok donc allez échanger de t-shirt et de caleçon! dit-elle avec un sourire machiavélique, en insistant bien sur le «et».

Étrange, Midorima pensait avoir entendu quelqu'un lui ordonner d'échanger de sous-vêtement avec Takao mais... Ça ne pouvait pas être vrai, non?

— Eh? fut tout ce qu'il put dire, clignant des yeux plusieurs fois pour être sûr de ce qu'il voyait.

Après tout, peut-être rêvait-il...

— Toi et Takao devez aller échanger de t-shirt et de caleçon. C'est ma punition pour m'avoir forcé à embrasser mon pote d'enfance.

— Et... Qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans? demanda-t-il d'un ton acide, amer en remontant ses lunettes.

— Et moi? J'avais quoi à voir dans l'action de Renz'?

— Renzaburō!

— Chut, dit-elle toujours en fixant Midorima dans les yeux, en mettant son index sur la bouche de son ami.

— Tu nous as fait le même coup tout à l'heure, je te signale, répondit-il de sa même voix acide.

— Mais c'est pas pareil! fulmina-t-elle. Vous, vous vous kiffez clairement! Vous vous bouffez des yeux, vous rougissez au contact de l'autre... Et puis tout à l'heure, excuse-moi hein... Mais on galoche pas son pote comme ça. A moins que vous soyez sex friends... finit-elle une main sur le menton. Et puis, la réponse de Takao à la question de tout à l'heure... J'vous donne juste un coup de main pour vous mettre ensemble parce qu'en vous voyant juste comme ça, j'ai pas l'impression que l'un de vous va faire un pas vers l'autre. Donc maintenant, bougez-vous! On discute pas les actions dans ce jeu! C'est ma punition, et elle est méritée!

Ni l'un ni l'autre ne savait quoi lui répondre. Trop d'informations étaient en train d'affluer dans leur cerveau.

— Viens, Shin-Chan. Elle lâchera pas, lui dit Takao en fixant le sol devant lui.

Il commença à se lever, étourdi, la tête baissée, fixant toujours le sol à ses pieds.

— Hep hep hep! Croyez pas que vous allez nous rouler! Montrez la couleur de vos slibards!

Takao sortit de sa torpeur et rit très franchement. Il se mit ensuite de profil pour baisser un bout de son pantalon, dévoilant un bout de son sous-vêtement.

— Hmm... Bleu marine... T'es classique toi, je savais pas! Je pensais que t'étais du genre à en acheter avec des motifs, pouffa Fumi, à présent détendue.

Bipolaire, cette fille... pensa Midorima.

— Oh je te rassure, j'en ai aussi, répondit-il sur un ton léger, souriant, déclenchant un léger rire chez Raphaël et Fumi.

Renzaburō était éclaté. Il riait très fort pour tout et pour rien à cause de l'alcool, et à part les «Renzaburō!» qu'il lançait à Fumi, il ne parlait plus depuis un moment déjà. Depuis le baiser de Takao et Midorima en fait. Chiho était pensive, une tristesse visible dans ses yeux. La fille timide avait juste souri très légèrement, avant que son visage redevienne impassible.

— Et toi, tomate? sourit-elle en tournant sa tête vers lui.

— Arrête de m'appeler comme ça. Et je ne montrerai pas mon sous-vêtement...

Avant qu'il ne puisse faire quelque chose, Takao l'avait remis sur ses pieds, écarté son pantalon et regardé la couleur de son boxer.

— Oh c'est mignon, pouffa-t-il. Blanc avec des l...

Midorima plaqua sa main sur la bouche du plus petit. Celui-ci releva les yeux vers lui pour le regarder droit dans les yeux.

— Tu parles, t'es mort. Ils n'ont pas besoin de voir les deux.

— Et qui nous dit que tu n'as pas un caleçon de la même couleur, hein?

— Je sais! Son élastique est gris, le mien est noir! Tiens, regarde, dit-il après avoir enlevé la main qui était sur sa bouche, en remontant juste l'élastique du boxer de son coéquipier et le sien.

Il colla leur bassin pour que les autres puissent comparer les couleurs.

Les joues du shooter prirent une teinte légèrement rose au contact de son corps et de celui de l'autre joueur.

— Ok ok, ça va aller comme ça! Je vous crois et vous fais confiance... Allez-y!

Alors Takao sourit à Midorima et le regarda de côté. Celui-ci évita son regard, soupira et remonta ses lunettes. Takao lui prit le poignet et l'emmena à l'étage où se trouvaient cinq pièces. Il vit un écriteau sur lequel était écrit "salle de bain" et il essaya de l'ouvrir, en vain. Un «occupé!» suivi d'un «blurg» répugnant se fit entendre. Le faucon tourna sa tête dégoûtée vers Midorima et grimaça. Puis il chercha les toilettes, fermés à clés également.

— Bon bah... commença le faucon en se grattant la nuque. Je crois qu'on va devoir aller dans une chambre... Avec un peu de chance, on en trouvera une libre? rit-il légèrement d'un rire nerveux.

Et dès la première poignée, la porte s'ouvrit, laissant apercevoir une chambre de taille moyenne. Le lit était d'une grandeur exagérée. Midorima, toujours aussi maniaque vérifia dans chaque recoin s'il y avait quelqu'un. C'en était risible, alors Takao ne se gêna pas!

— Ça existe pas les lutins hein, rit Takao.

Pour seule réponse, le vert soupira.

— Ferme la porte à clé, Takao.

Le faucon pouffa une dernière fois avant de s'exécuter, après avoir trouvé la clé sur le bureau.

— Bon alors, j'espère qu'on fait la même taille de mensuration hein, s'exclaffa le meneur de jeu.

Midorima piqua un fard.

— Ou-oui...

En vérité, il n'avait pas digéré le discours de la brune plus tôt. Comment pouvait-elle tenir de tels propos? Pourquoi tenait-elle de tels propos?

En y repensant, ses joues se chauffèrent instantanément. L'ambiance de la pièce était pesante. Cette brunette avait réussi à installer un profond malaise et un tas de questions chez l'un comme chez l'autre...

Midorima et Takao étaient maintenant debouts tous les deux, ne sachant pas quoi faire, gênés. Midorima n'avait pas du tout envie de porter le sous-vêtement du faucon, il réfléchissait à une manière de feinter. Ou du moins essayait de trouver une manière de feinter... Des pensées parasites se préparaient des petits nids dans lesquels roupiller, faisant tourner l'arbre dans lequel ils se trouvaient en bourrique. Plus il essayait d'éloigner ces pensées invasives, et plus elles s'implantaient profondément. De tel que maintenant, il ne pensait qu'à ça. Son cerveau était rongé de ces pensées, son estomac d'un malaise sans précédent, ses oreilles d'un discours lucide prononcé par Fumi, et sa gorge était nouée par les questions qu'il se posait. Oui, ces questions, plus ou moins profondes et faciles à répondre nouaient sa gorge, l'asséchaient, lui faisaient faire des tours et détours, lui martelaient la tête...

— C'est drôle, sourit Takao, faisant sortir Midorima de ses élucubrations, elle a pas de spécialité particulière mais a mieux vu que moi ce qui se tramait... déclara-t-il, baissant le volume vers la fin de la phrase, ce qui fit planer un doute.

Puis, d'un geste lent, il fit passer son t-shirt par-dessus sa tête, délivrant son torse aux muscles bien proportionnés. C'est qu'il était musclé, le faucon... Le vert laissa libre court à ses yeux, redessinant le haut du corps du joueur dans son esprit. Puis il leva les yeux une fois que le faucon le regarda. Mon dieu... Le t-shirt avait décoiffé Takao, ses cheveux étaient en bataille, le rendant diablement désirable.

Leurs pupilles s'entrechoquèrent, l'air venait de radicalement changer. Un orage était passé ou quoi? Toute cette tension électrique... Elle était grisante. Oh oui... Un frisson passa dans l'échine du vert. Il dut se faire violence pour ne pas trembler.

— Qu'est-ce que tu veux dire, Takao?

Sourire.

— Je ne sais pas pour toi mais... Pour moi, elle avait raison... (il baissa la tête) Je te bouffe des yeux et... déclara-t-il en se grattant la nuque, semblant chercher ses mots, ou peut-être semblant réfléchir à s'il devait dire la suite... Tu sais, rien que te frôler me... M'émoustille? (il rit quelque peu nerveusement) J'aurais jamais pensé utiliser ce mot... Et surtout pas pour décrire une réaction que toi, tu aurais provoqué...

Il baissa les yeux, profondément gêné. Ses pommettes avaient pris une teinte de fraise. Quoi de plus normal...

Le faucon, cet idiot de Takao, cet insupportable Takao, ce moqueur, rieur, amateur de blagues, incapable de rester tranquille plus de deux minutes, cet énervé et énervant, cet adolescent dont la passion était d'embêter Midorima, ce joueur si invivable et pourtant aux talents indiscutables...

Lui, Takao Kazunari, était en train de déclarer sa flamme.

Midorima se sentait gêné, mais aussi apaisé, une chaleur gagnait progressivement son ventre ainsi que son coeur. Il ne comprenait pas pourquoi, ou plutôt espérait se tromper sur ses propres sentiments... Mais cette déclaration maladroite, aléatoire, hasardeuse, imprévue, lui procurait un bonheur incontrôlable. Midorima se sentait bizarre, mais néanmoins heureux que Takao lui annonce ça...

Bizarre, hein?

— Tu sais... Cette question, tout à l'heure... Que Raphaël m'a posé... Je... Je parlais de... De t-toi, Shin... Tu ne t'en rends pas compte mais... Si tu savais l'effet que tu as sur moi... Pour être honnête, l'action de tout à l'heure, c'était... Pas vraiment faux... Enfin, certaines choses étaient vraies... Comme le fait que...

Il releva la tête, ses yeux tournés sur le côté, ses joues peintes de rouge, et sa lèvre se faisant mordiller. Un nombre incroyable de secondes passa, pendant lesquelles Takao essayait de se donner du courage, essayait de calmer son palpitant, essayait de décoincer les noeuds dans son estomac, essayait de faire refroidir ses joues... Tous ses efforts furent vains cependant... Il baissa la tête, renonçant à toute la force qu'il essayait d'acquérir. Non, il n'arriverait jamais à dire ça...

— Pourquoi tu me dis tout ça Takao... souffla Midorima en baissant la tête à son tour, vraiment, profondément gêné.

Le susnommé put à peine entendre sa question. En fait, le shooter se la posait surtout à lui-même. En effet, cette déclaration, même sans dire les trois mots révélateurs, compliquait tout.

Tout allait changer, à présent.

Takao reprit contenance après cette question, sans vraiment de raison(s) particulière(s). Cette question faisait en fait diversion à la gène du meneur, et elle lui avait redonné un minimum de courage, il pouvait désormais articuler à peu près correctement quelques mots.

— Bah... J-je... Fumi a foutu le bordel... Entre nous... Même si ça faisait déjà un... Bon moment que c'était le bordel... Et puis... Pourquoi tu m'as embrassé en retour, tout à l'heure?

Il avait posé cette dernière question en relevant la tête, faisant relever celle de Midorima en même temps. Une fois de plus, leurs pupilles s'entrechoquèrent.

Quelle drôle de scène, vue de l'extérieur... Deux ados aux joues colorées se regardant intensément, tenant une distance assez conséquente, l'un torse nu et l'autre bien couvert...

Le cerveau de Midorima se mit à tourner à toute vitesse. Il avait failli oublier que c'était lui qui avait forcé l'entrée buccale de Takao pour glisser sa langue... Pris d'une gêne soudaine à cause de ce souvenir, il baissa à nouveau la tête. Décidément, leur tête à tous les deux jouait à la balançoire ce soir...

Il sentit une main chaude se poser sur son menton, qui le releva doucement. Les yeux de Takao étaient brillants d'une lueur qu'il n'avait jamais eu jusque-là. Puis ils se rapprochèrent... Leurs lèvres se rencontrèrent pour la deuxième fois ce jour-là. Les deux avaient essayé d'y faire abstraction le plus possible, mais les lèvres de l'autre avaient manqué à chacun.

Une fois de plus, leur esprit décolla. Midorima posa ses mains sur le bassin de son amant et le colla à lui. Takao posa ses mains sur les joues brûlantes du plus grand.

Le baiser qu'ils échangeaient n'était pas pareil que celui du gage... Celui-ci était plus impliqué, plus passionné...

Déclaration d'amour silencieuse, exposée par le biais d'un baiser ardent d'un feu qui les consumait depuis quelques temps. Les deux Shūtoku brûlaient d'amour pour l'autre, sans jamais le dire, essayant d'éteindre leur feu, ne faisant de ce fait que l'amplifier. Et en parlant de brûler, le corps à moitié nu du faucon était d'une chaleur enivrante, chauffant celui du vert. Ses vêtements devenaient lourds et étouffants, si bien qu'il aurait voulu les enlever...

Le manque d'air les força à se décoller, à contrecoeur. Midorima ne le se serait jamais avoué, et encore moins au garçon en face de lui, mais ce baiser lui avait été vraiment agréable. Leurs souffles haletants, décadencés, s'attaquèrent, s'abattirent sur les lèvres de l'autre. Leur front était collé, leurs yeux fermés, et leurs mains toujours à leur place.

— Pour... Pourquoi... essaya d'articuler le plus grand.

Ce n'était pas vraiment une question, plutôt une réflexion.

— Shin.

Sa voix était ferme. L'apostrophé rouvrit les yeux, et vit ceux grand ouverts du faucon. Le gris de ces yeux le fascinait toujours autant.

— Ne réfléchis pas. Fais juste ce que tu veux. Ce dont tu as envie. Lâche-toi un peu...

Alors c'est ce qu'il fit.

Il embrassa à nouveau Takao avec un peu plus de force, ce qui n'était pas pour déplaire à ce dernier. Il le repoussa après quelques secondes.

Midorima se sentait hébété, vraiment beaucoup... Et triste, et honteux, et en colère...

Puis quand le plus petit posa ses mains sur son ventre, sous son t-shirt et sa veste, avec des yeux envieux, faisant appel à la luxure, il comprit.

Takao lui demandait l'autorisation.

— Oui... répondit-il en détournant les yeux, gêné.

— Ne détourne pas les yeux, Shin.

Il obéit.

Alors Takao commença à caresser le ventre du vert, faisant remonter ses mains jusqu'à son torse, redessinant ses muscles à l'aveuglette.

— Tu sais... C'était dur dans les vestiaires, au moment de se changer... Si je te regardais trop longtemps...

Il rit, laissant le vert deviner de lui-même. Les sous-entendus, il ne les comprenait pas, mais les choses dites aussi explicitement... Ou du moins sous-entendues explicitement, celles-ci, il les comprenait. Le rouge de ses joues s'intensifia.

Puis le faucon baissa la fermeture éclair de la veste du vert, lentement, avant de la faire tomber agilement à leurs pieds.

Il ne put s'empêcher de rire en voyant le t-shirt décoré d'une grenouille que portait le grand.

— Alors là... T'as aucune excuse! Ton porte-bonheur c'était ce hibou là... Que j'ai cassé... Mais du coup, tu m'expliques? s'exclaffa-t-il.

— Je n'avais plus que ça. C'était un de mes portes-bonheur... J'avais oublié de le jeter et c'était le seul t-shirt qu'il me restait, les autres étaient tous sales. Si t'es pas content, regarde-le pas. Ou mieux, enlève-le. Je ne sais pas moi... dit-il d'un ton blasé, las, en remontant ses lunettes.

Il rougit en se rendant compte de ce qu'il avait dit pendant que le faucon riait.

— Ne t'inquiètes pas, c'était dans mon intention, répondit-il, un amusement perceptible dans la voix, accentuant le rougissement du vert.

Takao embrassa le vert frénétiquement en attrapant l'ourlet de son t-shirt. Il se décolla ensuite afin de faire basculer le t-shirt à l'effigie d'une grenouille par terre. Le vert n'était pas super musclé, il était surtout très sec, mais le peu qu'il avait ressortait vraiment. Takao passa ses doigts sur les fines lignes de son torse en les détaillant des yeux. Midorima s'apprêta à remonter ses lunettes pour cacher sa gêne, mais Takao le stoppa dans ses gestes.

Il attrapa une des branches des fameuses lunettes et les posa sur le bureau se trouvant pas loin. Le shooter n'avait heureusement pas une grosse correction. Il était myope alors pour... Ça, il n'y avait aucun problème...

Takao ne riait plus, ni ne souriait. Il voulait simplement se sentir aimé par Midorima. Il attrapa sa main dans laquelle il glissa la sienne et l'embrassa passionnément, en collant leur torse qui émanait une puissante chaleur.

L'adrénaline remplissait peu à peu ses veines et son corps, au faucon, si bien qu'il n'avait plus peur, et qu'il ne réfléchit pas avant de dire:

— Je t'aime, Shin.

Il l'avait dit contre les lèvres du susnommé avant de les reprendre en otage, l'empêchant de réfléchir, paniquer et répliquer.

Effet qui marcha, car le cerveau déconnecté du shooter n'eut pas le temps de se mettre à tourner.

Alors que leurs corps se collèrent, chacun sentit une bosse en dessous du ventre de l'autre, signifiant clairement que le temps était venu.

Takao, le plus entreprenant, déboutonna le pantalon de Midorima. Il laissa trainer son doigt sur la bosse derrière la fermeture éclair, qui faillit faire lâcher un gémissement au vert. Il essayait de se retenir, parce qu'il se serait senti vraiment honteux de se montrer ainsi devant Takao. Celui-ci se fit boudeur que Midorima n'ait pas la réaction qu'il espérait. Alors il caressa à nouveau, avec un peu plus de présence cette fois. Midorima eut un petit "hi" étranglé et il posa sa main sur sa bouche en détournant les yeux, les joues écarlates. Ayant remarqué ça, Takao enleva la main du vert et le regarda dans les yeux après que le vert les ait orientés vers lui.

— Ne te retiens pas, Shin. Je veux entendre que je te fais plaisir... murmura-t-il lascivement, augmentant la chaleur présente dans le bas-ventre du joueur.

Il n'aurait pas deviné que Takao connaisse l'art de la sensualité... Pourtant, il avait vraiment l'air de s'y connaître... De le maîtriser...

Le faucon recommença à caresser son érection par-dessus le jeans encombrant. Cette fois, comme il tenait le poignet du vert et qu'il lui avait presque ordonné de ne pas se cacher, il put entendre des faibles gémissements. Faibles, certes, le vert se sentait toujours honteux, mais au moins il y avait eu un plus. Le meneur baissa la fermeture éclair, puis le pantalon d'une lenteur d'escargot, essayant de faire languir le Shūtoku. Le boxer blanc décoré de lapins, bombé fut révélé, et Takao pouffa devant ce motif d'une stupidité sans nom. Un vrai enfant, le Midorima...

— J'avais déjà oublié... Shin, faudra vraiment que tu m'expliques ce que t'as avec les animaux, s'exclaffa-t-il.

Puis son visage s'assombrit faussement.

— T'es pas zoophile au moins?

— T... T... Takao!

Vraiment gêné, il donna un coup sur le torse dénudé du meneur qui pouffa.

— Hé regarde! Ce lapin là a les joues gonflées à cause de ton...

Là, c'en était trop. Le faucon allait dire quelque chose de vraiment gênant et déplacé... Il le stoppa en lui donnant un coup de poing dans la côte. Le brun grimaça en gémissant un "ouille", et en se massant la zone maltraitée.

— Ne... Ne dis pas... Des trucs comme ça! Et... Ne... Ne regarde p-pas! balbutia-t-il, mal à l'aise.

Le faucon arrêta de faire semblant d'avoir mal et sourit en attrapant le menton du joueur en face de lui. Qu'il était beau... Déjà d'ordinaire, c'était quelque chose, mais sans ses lunettes et torse nu... C'était un cran au-dessus! Il déposa un bisou sur son nez, puis un baiser sur sa bouche avant de baisser lui-même son pantalon, révélant un boxer tout aussi bombé que celui du vert.

Les jambes des deux amants devenaient de plus en plus faibles, et leur corps de plus en plus lourd...

Takao colla son corps à celui du plus grand et fit de petits mouvements: il se mettait légèrement sur la pointe des pieds puis baissait ses talons, et recommençait... Cela avait pour but de frotter leurs érections ensemble, faisant gémir l'un comme l'autre.

Vraiment, Midorima ne le reconnaissait pas... Dans un domaine intime comme celui-là, Takao se révélait être un expert...

Leurs boxers devenaient trop serrés, endolorissaient leurs entrejambes...

Midorima en avait marre de recevoir sans donner en retour. Il prit l'initiative de plonger sa main sous l'unique tissu que portait Takao. Il commença de lents va-et-vient, déclenchant des gémissements à son amant qui enroula ses bras autour du cou de son bourreau, et posa sa tête sur son torse en fermant les yeux.

— Ahhh Shin...

Frissons dans le corps dont le nom fut prononcé si avidement, dans un gémissement. Ce son était d'une telle beauté aux oreilles du vert qu'il voulait l'entendre encore et encore. Cette façon de prononcer son nom était simplement exquise.

— Je... Je sav-vais p-pas que... T-tu... Étais si... Si d-doué... essaya-t-il de dire malgré ses gémissements et sa respiration erratique, pendant que le vert accélérait le mouvement.

Il s'arrêta soudainement alors que Takao commençait doucement à se réveiller. Il était loin d'être sur le point de la jouissance, mais sa frustration était tout de même présente. Il releva la tête vers Midorima, reprenant progressivement une respiration rythmée correctement.

— Shin... Tu... Es... Horrible... souffla-t-il à travers ses respirations désordonnées en regardant Midorima droit dans les yeux.

Sourire.

Un fin, léger, minuscule, à peine visible sourire se dessina sur les lèvres du shooter. Mais Takao, aux yeux de faucon, n'en loupa pas une miette.

Il avait finalement réussi. Il avait réussi à faire sourire son Shin-Chan! Certes, en match il souriait de cette façon aussi quand ils se faisaient des passes, depuis sa défaite contre Seirin, mais là, c'était différent. Parce que c'est Takao, seul, qui avait offert un sourire tel que celui-là aux lèvres de Shintarō Midorima.

Se sentant immensément heureux et apaisé, il embrassa les lèvres de son vis-à-vis, baiser rempli d'un amour brûlant et apyre.

Puis il descendit sa bouche dans son cou, sur son omoplate, où il commença à prendre un bout de chair en bouche et à suçoter... Le vert, se réveillant de son hypnose immédiatement, allait le repousser - avoir des suçons? Et puis quoi encore? - mais il était trop tard, la marque était posée. Takao pouffa devant la mine renfrognée du plus grand. Il avait eu l'effet escompté!

Il s'arrêta de rire et joua un instant avec l'élastique du boxer du shooter, avant de le descendre, doucement, suavement, s'abaissant en même temps. Le vert se sentait gêné d'être si peu vêtu, surtout à ce niveau-là, mais il préféra ne rien dire et laisser faire Takao qui semblait s'y connaître plus que lui.

Le meneur de jeu - et du soir... - posa son index sur le pénis du vert, où il vint chatouiller son gland, le caresser, provoquant des râles de plaisir saccadés à celui qui "subissait".

—Ta... Takao... gémit-il pendant que ses jambes le lâchaient.

— Assieds-toi Shin. Je voudrais pas que tu tombes... sourit narquoisement le bourreau.

Il s'exécuta, s'asseyant au bord du lit exagérément grand.

Takao commença d'abord par suçoter le bout du pénis, faisant gémir toujours plus le shooter. Puis il commença de lents va-et-vient, qu'il ne terminait jamais. Il n'allait jamais jusqu'au bout, et ça avait sur le grand un effet si puissant qu'il voulut rire.

Il s'amusa de sa langueur.

Au fur et à mesure, il rétrécissait les va-et-vient. Oh oui, il allait jouer avec ses nerfs comme celui-ci l'avait fait avec lui... Maintenant, il était au même endroit qu'au point de départ, son gland.

— T-takao... Tu es...

— Un monstre! s'exclama le susnommé en se relevant, souriant. Je sais! Tu vois ce que ça fait hein?

En effet, il était tout aussi frustré que le faucon quelques minutes avant.

C'est alors qu'il arracha presque le boxer du faucon, libérant son érection devenue douloureuse il y avait un petit moment déjà, et qu'il le coucha dans le lit. Il l'embrassa en se penchant au-dessus de lui. Takao le stoppa quand il comprit l'idée qu'avait Midorima derrière la tête.

— Shin... J'ai pas de... De lubrifiant... Et j'ai pas de préservatif non plus...

— ... Et c'est maintenant que tu le dis?

Oups.

Takao, pris d'une nervosité soudaine, eut un éclair. C'était une grande chambre, avec plusieurs meubles et surtout un lit très grand... De plus, les placards ouverts laissaient voir des vêtements d'homme. Ce serait étonnant s'il n'y avait pas de capotes ici, ni de lubrifiant! Il regarda dans la commode à côté de son lit, qui avait trois tiroirs. Le premier était rempli de papiers, le second était un bric-à-brac sans nom, mais le troisième était le bon! Préservatifs et lubrifiant.

Midorima enduisit ses doigts de lubrifiant, et lança un regard interrogatif à son amant, qui hocha la tête.

Il plaça un doigt à son entrée qu'il enfonça progressivement, s'arrêtant jusqu'à obtenir approbation lorsqu'il entendait un gémissement de douleur ou qu'il voyait Takao grimacer.

La douleur était insoutenable. Jamais Takao n'avait connu de douleur plus vive. Il avait l'impression d'être déchiré de l'intérieur. Et encore, heureusement qu'il y avait du lubrifiant.

Ils restèrent ainsi de longs instants sans bouger pour que Takao s'habitue et que la douleur s'atténue. Au bout d'un moment, elle commença à devenir supportable. Il fit bouger son bassin, qui voulait dire que c'était bon. Alors Midorima commença à bouger son doigts de façon à ce que ça écarte le plus possible. Voyant que Takao s'habituait et que son visage se décrispait pour laisser place à une mine traduisant potentiellement un léger plaisir mélangé à une douleur, il en inséra, tout doucement, un autre. Il dut attendre quelques instants que la douleur parte, encore, avant de commencer le travail. Au début, il limitait ses mouvements à des va-et-vient, puis il commença à les écarter en même temps. Takao s'accrochait à Midorima comme si sa vie en dépendait, ses bras enroulés avidement autour de son cou.

La vision qu'avait Midorima était une des plus belles qu'il avait jamais vue. La tête de Takao était penchée légèrement en arrière, ses yeux clos, sa bouche entrouverte, laissant échapper de petits gémissements, et ses joues rougies d'un désir ardent et plaisir intense.

Pas de doute, c'était le plus beau des paysages.

— Sh... Shin... gémit-il.

Comprenant qu'il était assez prêt, Midorima retira ses doigts et ouvrit une capote, qu'il enfila.

Il regarda son amant une dernière fois dans les yeux en se plaçant à son entrée.

— Tu es sûr?

Hochement de tête.

— Absolument.

Alors il le pénétra, doucement, lentement. C'était serré, et même si la préparation avait duré un long moment, il avait peur de faire mal à Takao.

Une fois que celui-ci fut habitué et qu'il commença à onduler son bassin pour donner le feu vert à Midorima, il commença à bouger. Il commença d'abord par de très faibles coups de butoir, pour ne pas faire mal à Takao. Sauf que quand celui-ci donna un coup de bassin, il comprit qu'il fallait passer à la vitesse supérieure. Ses coups de reins se firent de plus en plus rapides et forts, s'enfonçant un peu plus chaque fois dans Takao. Les gémissements se firent de plus en plus rapides et forts également, s'enfonçant eux dans le silence apprécié de la pièce. Le faucon griffa le dos de son bourreau sous le plaisir qu'il prenait, puis ouvrit les yeux jusque-là fermés, ne voulant pas rater le spectacle qui se déroulait devant lui.

Midorima était rouge, de plaisir, d'effort, de chaleur ou de honte, il ne savait pas trop... Sûrement un mélange des quatre. Une magnifique peinture qui se peignait en direct devant lui.

Le rythme s'accélèrait toujours, en même temps que les gémissements se transformaient progressivement en râles, et en même temps que la température augmentait. Un coup de reins fit lâcher un râle plus fort que les autres. Midorima comprit qu'il venait de toucher la prostate de Takao. Il donna un autre coup de reins à cet endroit, puis reprit des mouvements lents.

— T-tu... Le... F-fais... Ex-xprès... articula Takao, déclenchant une nouvelle fois un minuscule sourire à Midorima.

Alors, dans un geste agile et souple, il échangea leurs positions, se retrouvant maintenant au-dessus de Midorima. Celui-ci n'eut pas le temps de réagir que Takao commençait à bouger ses fesses, se soulevant et se laissant tomber à un rythme fou, ses mains posées sur le torse du shooter, et celles de ce dernier accrochées au bassin de son amant.

Les gémissements reprirent, mêlés cette fois au bruit des fesses de Takao qui claquaient sur les jambes de Midorima. Une fois de plus, sa prostate fut touchée.

— T-takao... gémit le vert entre deux respirations décadencées.

— Ap-ppelle-moi p-par mon p-prénom, Shin... répondit le susnommé en n'arrêtant pas sa folle dance.

Le vert rougit. Il n'en était pas capable pour le moment...

— Je... V-vais... Venir...

Et la jouissance les frappa dans un ultime coup de rein ayant touché encore une fois le point sensible de Takao. Celui-ci se délivra sur son ventre et celui de Midorima, tandis que ce dernier avait été protégé par le préservatif.

Ils restèrent sans bouger quelques secondes, essayant de calmer leurs respirations effrénées, avant que Takao ne se retire, enlève le préservatif de son amant pour le jeter, et s'allonge à côté de lui en posant sa main sur son torse. Il déposa de doux baisers sur son torse.

— T-takao...

— Chuuut... Ne dis rien Shin... Tu vas briser ce moment...

— Mais... Les autres vont se demander ce qu'on fait...

— À mon avis, ils le savent déjà, rit le faucon, faisant rougir Midorima. Ce n'est pas grave.

— D'accord...

— Shin. Je dois te dire que je n'aime pas du tout Chiho.

Midorima sourit très franchement, cette fois.

— Moi non plus.


Alors? Assez citroné? ¬‿¬