DISCLAIMER :
- L'univers et les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer
- L'intrigue et les OC sont à moi
-Avertissements (si il y a) en bas de page
-Traduction en bas de page
Je poste les deux premiers chapitres le même jour.
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Chapitre 2 :
Un autre temps
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Elle fronça les sourcils dans son sommeil. Elle avait un mal de tête atroce. Pourtant, la douce chaleur du soleil apaisa son corps meurtri l'espace d'une seconde. Ce n'était qu'une illusion, bien sûr. L'herbe était mouillée sous elle, mais ses vêtements étaient étrangement secs. Sa respiration était calme et posée.
Que s'était-il passé ?
Elle se rappelait du collier, de leur départ, de leur dispute...et de l'éclair.
Ses yeux bruns s'ouvrirent brusquement. Elle mit du temps à adapter sa vue à la luminosité. Le soleil était haut dans le ciel.
Depuis combien de temps était-elle là ?
La première chose qu'elle vit fut les branches de l'arbre de la colline. Des branches avec des feuilles et des fleurs roses. Elle fronça les sourcils.
L'arbre...n'était-il pas censé être mort ?
Elle se redressa difficilement. Une grimace de douleur lui échappa. Elle passa une main derrière son crâne. Elle n'avait pas rêvé. Sa tête avait bien heurté quelque chose de dur. Pourtant à cet instant, il n'y avait rien sous elle. Pas une seule petite pierre. Non, rien que l'herbe verte. En écartant la main de son crâne, elle ne fut pas surprise de trouver du sang sur ses doigts.
Génial. Vraiment génial.
Elle se leva difficilement. La première chose qu'elle vit, c'était Volterra au loin, toujours aussi calme et paisible. Le clocher sonnait d'ailleurs l'heure de midi. Bella balaya la vallée du regard. Elle lui trouva quelque chose de changée. Mais elle n'arriva pas à dire ce qui avait vraiment changé. Sa tête lui faisait atrocement mal. Elle se retourna lentement vers la route qu'elle avait quitté plus tôt pour venir se réfugier ici et…elle ne la trouva pas.
La route avait disparu. La voiture avait disparu. Edward avait disparu.
Bella resta ainsi, comme une idiote, à se tenir la tête au sommet de cette colline, cherchant son mari des yeux.
Mais il n'était plus là.
La panique l'envahit.
Oubliant sa blessure, elle dévala la colline à toute vitesse. Arrivée en bas, elle chercha la voiture rouge des yeux. La voiture n'était nulle part. Edward n'était nulle part.
Il m'a abandonné, songea-t-elle, à la fois hors d'elle et profondément choquée.
« Edward ! »
Son cri désespéré raisonna dans la clairière silencieuse. Aucune réponse ne lui parvint. Des larmes d'angoisse naquirent aux coins de ses yeux sombres et ruisselèrent lentement contre ses joues rouges.
Non, c'est impossible...il ne m'aurait jamais abandonné. Jamais.
Elle s'élança dans la campagne italienne, à la recherche d'une route. Ses petits pieds s'enfonçaient dans la terre môle. Elle courrait, courrait et courrait sans s'arrêter. Il lui arrivait d'hurler le nom de son mari parfois. Mais elle savait, elle savait que s'il avait été dans les parages, il l'aurait entendue et il serait venu. L'absence de réponse ne lui révéla qu'une chose : il n'était plus là. Il était parti. Soudain, le sol devint dur sous ses pieds. Elle s'arrêta, essoufflée. Elle avait enfin trouvé une route. Quand elle baissa les yeux vers celle-ci, elle remarqua avec effroi que la route n'était pas faite de bitume...mais de terre et de cailloux. Elle pensa immédiatement qu'il s'agissait d'un petit sentier de campagne. Mais sa largeur prouvait qu'il s'agissait bien d'une route. Trop stressée d'être abandonnée en plein milieu d'un pays dont elle ne savait rien, elle ne nota pas cette révélation. Ses oreilles commencèrent à siffler et la tête lui tourna. Elle pensait faire un malaise quand des hurlements la ramenèrent brusquement à la réalité.
« Hey ! Dolce, amico »
Elle se retourna vers la voix et tomba nez à nez avec un cheval.
Bella écarquilla les yeux. Le museau de la bête n'était qu'à quelques centimètres de son visage. L'animal souffla bruyamment et elle reçut avec contentement de la morve de cheval sur la joue. Elle essuya brièvement son visage avec la manche de son pull avant de lever les yeux vers l'homme à qui appartenait la voix qu'elle venait d'entendre. Trop contente de trouver enfin une forme de vie humaine, elle ne fit pas attention au fait que le cheval tirait une vieille charrette contenant du foin moisi. L'homme était assis et la toisait bizarrement.
« Heu...Salut ? Je me suis perdue et... » elle s'arrêta en voyant l'homme plisser le nez de dégoût. Elle se demanda un instant si elle avait encore de la morve de cheval sur le visage.
« Cosa stai facendo? Togliti di mezzo, ragazza. »
Bella se mordit la lèvre inférieure. Elle ne parlait pas un mot d'italien.
« J'aimerais aller à l'aéroport... » reprit-elle. Elle ne savait pas pourquoi elle lui demandait le chemin de l'aéroport. Elle n'avait pas de passeport sur elle. Sur le moment, ça lui paraissait une bonne idée de rejoindre la civilisation, « Aéroport ? » demanda-t-elle de nouveau en mimant le décollage d'un avion avec sa main, espérant se faire comprendre.
L'homme la regardait de plus en plus bizarrement. « Rosetta? Questa ragazza parla inglese. Io davvero non capisco niente. »
Soudain, une petite tête rousse émergea de la charrette. La jeune fille souriait largement. « Bonjour. » dit-elle en descendant à la rencontre de Bella.
Celle-ci poussa un soupir de soulagement « Vous parlez anglais, Dieu soit loué »
La jeune fille arriva à sa hauteur en hochant la tête, murmurant brièvement « Oui, je suis née en Angleterre » En la détaillant, Bella se rendit compte en effet que cette fille n'avait pas le physique d'une italienne. C'était un petit bout de femme charmant, aux cheveux roux et à la peau si claire que le soleil impitoyable d'Italie avait laissé des traces rouges, sur son nez et sur ses joues. Et c'est là que Bella remarqua sa tenue. La jeune fille était vêtue d'une longue robe marron qui lui arrivait aux pieds. La robe faisait en sorte d'affiner sa taille, et d'élargir ses hanches. Mais ce n'était rien de disproportionné. Son décolleté était caché par une sorte de foulard, qui devait être blanc de base, mais qui tirait davantage vers le gris à cause de la poussière. Ses cheveux roux étaient attachés et cachés par un petit bonnet de gaz. Elle tenait un panier dans sa main droite, un panier rempli de légumes sales et abîmés.
« Heu...c'est une reconstitution historique ? » demanda Bella en montrant légèrement les vêtements de la fille.
Celle-ci abaissa son regard émeraude sur ses propres habits, avant de relever la tête en souriant aimablement, « Ce sont mes habits de tous les jours. »
« Heu...ok... »
« Comment t'appelles-tu ? »
« Bella... »
La fille hocha la tête, « Moi, c'est Rosetta. »
« Je croyais que tu étais anglaise. »
« Je le suis. »
« Rosetta ne sonne pas très anglais. »
Rosetta sourit, « Ma maîtresse est italienne. C'est elle qui a choisi ce nom-là pour moi. Je crois qu'elle n'aime pas beaucoup les anglais. Je m'appelle Lily en vrai, mais personne ne me nomme jamais ainsi. Que fais-tu sur cette route ? »
« Je...suis perdue... » répondit Bella, gênée.
« Oh, je vois. Viens avec nous. » répondit gentiment Rosetta en lui prenant le bras de sa main de libre.
La jeune fille aida Bella à monter à l'arrière de la charrette avant de glisser deux mots à l'homme pour lui demander de reprendre la route. Les deux filles s'assirent sur les bottes de foin moisies. « Lui, c'est Alberto. » expliqua brièvement Rosetta, « Il est paysan. C'est lui qui s'occupe des terres de ma maîtresse. » Bella hocha brièvement la tête, ne répondant rien. La petite rousse l'examinait attentivement, « Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? »
« Je...je me suis évanouie... » répondit-elle brièvement. Elle avait peur de donner trop de détails. Rosetta n'insista pas. Ils croisèrent d'autres charrettes en chemin, et en détaillant les « conducteurs » et tous ceux qui se trouvaient dans les charrettes, un boule d'angoisse se forma dans la gorge de Bella. C'était anormal. Ils ne croisèrent aucune voiture.
Il y avait quelques personnes qui travaillaient dans des champs. Les vêtements qu'ils portaient étaient identiques à ceux d'Alberto et de Rosetta. Mais ce n'était pas le plus troublant. Ils travaillaient la terre avec des pioches, des faux voire même à la main.
L'angoisse paralysait Bella sur place. Mais à la vérité, elle n'était pas au bout de ses surprises. La charrette venait de prendre un virage plutôt sec qui donna une vue parfaite sur…
« Volterra... » murmura Bella, bien malgré elle.
« Oh, tu connais la ville ? » demanda Rosetta avec un sourire espiègle, « Ma maîtresse est une des grandes aristos de ce trou. »
« Tu veux dire que l'on va à Volterra ? » demanda brusquement la jeune femme, légèrement paniquée.
« Bien sûr, tu vois d'autres villes dans les parages ? » s'amusa la rousse. « Florence est à des lieues d'ici. »
Bella était tétanisée. Volterra. Volterra. Non, elle ne devait pas aller à Volterra. Edward avait dit que…
Oh...Mais Edward n'était pas là. Elle était seule. Puis soudain, le doute la frappa davantage. Elle remarqua brusquement que les fleurs étaient sorties de terre et que les arbres avaient des feuilles, ce qui était impossible.
Ils étaient partis en voyage de noce mi-mars...ce n'était pas encore le printemps. Les bourgeons étaient à peine sortis.
Combien de temps était-elle restée inconsciente ?
« Quel jour sommes-nous ? » demanda-t-elle, paniquée.
« Le 7...non, le 8 mai » répondit Rosetta après hésitation. La terreur frappait à peine Bella que la petite anglaise l'achevait d'un « 1789. On est le mardi 8 mai 1789. Pourquoi ? »
Bella la regarda fixement pendant une longue minute avant de lâcher « C'est une blague ? »
« Non, pourquoi ? »
« Mais enfin...c'est impossible. C'est une caméra cachée, c'est ça ? »
Rosetta cligna plusieurs fois des yeux, confuse « Qu'est-ce qu'une ''caméra cachée'' ? »
Elle ouvrit la bouche pour répondre mais ils furent soudainement doublés par une autre charrette dont les chevaux étaient au galop. A la vérité, non, ce n'était pas une charrette, c'était un carrosse. Et il n'était pas tiré par des chevaux de trait, comme le cheval d'Alberto. Non, c'était des chevaux de sport, d'un blanc immaculé.
La réalisation frappa Bella. En tournant la tête vers Rosetta, Bella remarqua que celle-ci regardait le carrosse s'éloigner, son nez plissé de dégoût.
La petite rousse renifla avec dédain, « C'est le comte de Calboli. Un autre aristo de Volterra. On dit qu'il est accro au jeu et aux femmes. Pour le premier j'sais pas, mais pour le deuxième c'est certain. Il a tripoté Marina une fois. Ce vieux bougre dégueulasse. »
Un comte ?
« Qui est Marina ? »
« La servante de la comtesse de Calboli. Marina est une chic fille. »
Servante… ?
« C'est ton amie ? »
Rosetta hocha la tête, « Tu sais, toutes les servantes se connaissent entre elles. »
« Même si elles ne servent pas les mêmes maîtres? »
« Oui. Surtout dans ce cas-là. Tu sais, la plupart des grands de Volterra se connaissent et sont amis. Ils s'invitent tous entre eux. Eh bien, c'est un peu pareil pour les serviteurs. Bien sûr, on ne s'invite pas. Mais je dois suivre ma maîtresse partout, quand elle va chez les Calboli, je vois Marina. Et, pendant que nos maîtresse papotent en prenant le thé, nous on est en cuisine et on se moque d'elles. »
Cette conversation n'avait vraiment aucun sens. Ce qui se déroulait sous ses yeux n'avait aucun sens. Pourtant...cela semblait réel. Bella ne savait pas quoi penser de tout cela.
Elle se résigna cependant bien vite en entrant dans Volterra. Elle n'était jamais allée dans cette ville et pourtant, tout était si différent. Elle n'aperçut aucune trace de technologie. Aucun panneau, aucun magasin de souvenir, aucun feu rouge, aucune voiture. Rien de tout cela. C'est à ce moment, sans doute, qu'elle pensa rêver. Elle se pinça plus d'une fois le bras et fut horrifiée de constater qu'elle était bien éveillée. La place centrale grouillait de monde. Toutes les personnes étaient habillées à la mode du XVIIIe siècle. Les femmes portaient de longues robes qui les couvraient de haut en bas. Les hommes étaient vêtus d'une simple chemise, grise ou marron, d'une sorte de manteau – souvent usé – d'un pantalon sale et de sabots . Les couleurs des vêtements, pour les hommes comme pour les femmes, étaient ternes et sombres : le marron, le noir ou le gris dominaient.
Là, Bella comprit.
Elle était au XVIIIe siècle.
Elle était dans le passé.
Elle ne s'y connaissait pas vraiment en Histoire, surtout en Histoire Européenne, mais elle était plutôt certaine que ce n'était pas la plus plaisante ni la plus calme des périodes.
Dans trois mois, la Révolution Française débuterait. Dans trois mois, l'Europe allait sombrer en enfer. Elle devait partir. Elle devait absolument partir.
Puis elle le vit...l'immense château qui dominait fièrement la place et toute la ville. La richesse et la puissance qui se dégageait de ce bâtiment la laissa muette de stupéfaction.
Rosetta s'aperçut de son trouble, « C'est le château du Duc de Volterra » expliqua-t-elle, amusée.
Bella tourna la tête vers la petite anglaise, « Le Duc...de Volterra ? Qui est-il ? »
La jeune fille haussa les épaules, « Personne ne le voit jamais. Il ne sort pas de son château. Mais c'est lui qui tire les ficelles au sein de l'aristocratie de Volterra, à c'qu'on raconte. On dit que son influence s'étend à l'Italie entière voire à toute l'Europe. Apparemment, il ne se rend qu'aux grandes réceptions officielles. »
« Alors, tu ne l'as jamais vu ? »
Rosetta pouffa doucement, « Les domestiques ne sont pas invités aux grandes réceptions. »
« Mais, ta maîtresse n'a jamais été invité ici ? » demanda Bella en désignant l'immense château.
« Jamais ! Le Duc n'invite personne chez lui. »
Bella regarda le château s'éloigner doucement à mesure que la calèche avançait dans la ville. Elle soupira de fatigue. Alberto les déposa dans une rue passante. Il leur dit quelque chose en italien que la jeune femme ne comprit pas.
« Viens avec moi. On doit te trouver des habits propres » dit Rosetta en sauta de la calèche.
Bella la suivit à travers les petites rues désertes de la ville. Elle marchèrent pendant quelques minutes, en silence, avant que Bella ne prenne finalement la parole.
« Il n'y a pas beaucoup de monde... » fit-elle remarquer doucement.
« Ce sont les bas quartiers, c'est là où vivent la plupart des domestiques et où travaillent les putes » répondit brièvement Rosetta. « Tiens, nous sommes arrivées. » reprit-elle joyeusement.
Elle traîna Bella dans une auberge plutôt minable. L'intérieur était assez calme. Il y avait seulement un groupe de six personnes regroupés autour d'une table rectangulaire. Rosetta les salua.
« Les amis, je vous présente Bella... » dit-elle en italien, montrant la concernée de la main. Rosetta se retourna brièvement vers la brune, « C'est quoi ton nom ? »
Bella hésita un moment. La bague autour de son doigt lui pesait bien plus que d'habitude. Elle déglutit difficilement avant de répondre. « Swan. Bella Swan. »
« Bella Swan » reprit Rosetta, rapportant son attention sur ses amis « Elle est nouvelle ici. »
Six têtes se levèrent au même moment vers les deux jeunes femmes. Il y avait quatre filles et deux garçons. Tous la saluèrent en se présentant brièvement. Ils avaient l'air gentils mais Bella était trop préoccupée pour le remarquer, et même pour retenir leurs noms. Leur anglais était plutôt moyen voire même mauvais, mais elle arrivait tout de même à les comprendre.
« Cécilia, j'ai besoin de toi pour trouver des vêtements à Bella. »
Une jolie blonde se leva de la table en souriant. Elle prit Bella par la main en lui murmurant un « Viens » à peine audible. Bella jeta un bref coup d'oeil à Rosetta qui hocha simplement la tête d'un air rassurant. Elle se laissa donc conduire à l'étage par Cécilia. Celle-ci l'emmena dans une chambre. A peine Bella était-elle à l'intérieur que la blonde dit « Déshabille-toi »
La brune se retourna vers elle,« Pardon ? »
« Tu ne peux pas rester ainsi. » répondit patiemment Cécilia en désignant sa tenue, « Se travestir en homme est interdit. »
Se...travestir ?
Bella cligna plusieurs fois des paupières, confuse. Elle détailla ses propres vêtements d'un air gêné. Elle portait un de ses vieux jeans, un pull noir et des baskets rouges crottées par la boue.
« Déshabille-toi, je vais te chercher des vêtements propres » reprit Cécilia en disparaissant derrière la porte.
Trois minutes plus tard, Bella était seulement là, au milieu de cette chambre froide, en sous-vêtements. Elle se balançait d'un pied à l'autre, clairement mal-à-l'aise, tout en se demandant comment rentrer chez elle. Elle ne savait même pas comment elle était arrivée ici. Une chose était sûre, elle ne pouvait pas rester. Il n'y avait personne pour l'aider à résoudre son problème, elle était seule. Inspirant profondément, elle se promit de tout faire pour revenir au XXIe siècle, quoi qu'il arrive. Elle devait d'abord découvrir comment faire. En attendant, elle s'adapterait du mieux qu'elle pouvait à la situation.
Cécilia revint enfin avec des vêtements. Elle gloussa d'amusement en voyant Bella se dandiner sur place. Posant contentieusement les habits sur le lit, elle se retourna vers la jeune femme en fronçant doucement les sourcils.
« Qu'est-ce que cela? » demanda-t-elle en désignant les sous-vêtements de la jeune femme.
Bella gémit bruyamment. « Hum...ce sont...Enfin...C'est un soutien-gorge » répondit-elle en désignant brièvement le bout de tissu qui comprimait sa poitrine, « C'est la dernière mode à Paris » ajouta-t-elle pour appuyer ses propos.
Cécilia fronça les sourcils « Vraiment? »
« Bien sûr. »
« Et ça ? » demanda la petite italienne en désignant la culotte « Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est une culotte. »
« Une culotte ? » Cécilia semblait surprise dans un premier temps, avant d'éclater de rire, « Non, ce n'est pas une culotte. Il n'y a que les hommes de l'aristocratie qui portent des culottes et...ce vêtement ne ressemble pas du tout à ce qu'ils portent. »
A la vérité, Bella ne comprenait vraiment rien, elle ne trouva qu'à répondre quelque chose comme « Les hommes portent des pantalons. »
« Les paysans portent des pantalons. Les hommes de l'aristocratie portent des culottes. De quelle planète viens-tu ? Oh, peu importe...retire ta culotte et le truc autour de ta poitrine. »
« Je...je ne peux pas les garder? » gémit Bella.
« Non, tu ne peux pas. »
Bella n'eut pas d'autre choix que d'obéir. Elle se laissa donc habiller par Cécilia qui était une jeune femme pleine de vie, et qui riait de tout...surtout des autres. Dans un premier temps, la petite blonde lui passa une chemise blanche qui lui arrivait juste au dessus du genoux. Elle lui mit par la suite des bas gris, dans une matière douce qui rappelait le coton. Tout devint plus compliqué quand Bella vit Cécilia arriver avec un corset. Naturellement, la jeune femme recula, légèrement paniquée, s'emmêla les pieds dans le tapis et de tomba. Cécilia se moqua gentiment d'elle avant de l'aider à se relever.
« Est-ce vraiment nécessaire ? » demanda Bella en désignant le corset du menton.
« Bien sûr. »
Un soupir frustré lui répondit. Bella accepta de passer le corset. Elle était certaine que Cécilia faisait exprès de le serrer plus que nécessaire. Néanmoins, elle endura ce supplice sans broncher. Le corset était en fait là pour affiner la taille, rejeter les épaules en arrière et remonter la poitrine. Il était l'ancêtre du soutien-gorge et c'était clairement un objet de torture. Bella pouvait à peine respirer. Cécilia revint avec des sortes de petits pouffes à la main, qu'elle attacha autour de hanches de la jeune femme. C'était ce qui élargissait les hanches des dames. Un jupon fut ensuite passé par dessus suivit très rapidement de la jupe de la robe. Celle-ci était plutôt lourde, épaisse et de couleur marron clair. Bella ne comprit qu'à ce moment là que les robes des femmes étaient constituées de deux parties, le haut et le bas. Justement, Cécilia revenait avec le haut de la robe. Il était bleu foncé et avait une forme qui rappelait celle d'un petit manteau. Il tombait légèrement sur les côtés, au niveau de ses hanches, et se fermait grâce à des petits boutons ronds de la même couleur que le tissu de base. Des boutons qui allaient jusqu'au cou. Aucune parcelle de sa peau n'était donc à découvert, à l'exception de ses mains et bien évidement, de son visage.
Cécilia s'éloigna une dernière fois et revint rapidement avec des bottines à lacets.
Bella eut un nouveau mouvement de recul « Je ne sais pas marcher avec des talons » lâcha-t-elle, paniquée.
« Tu vas apprendre. »
Seigneur, c'est un cauchemar !
Quand elle eut enfin terminée de l'habiller, la petite italienne s'éloigna de quelques pas pour admirer son œuvre.
« Alors ? » demanda Bella, anxieuse.
« Tu es plutôt jolie quoique...un peu maigrichonne » Bella était sur le point de répondre, mais elle reprit, « On doit t'attacher les cheveux. »
Il ne manquait plus que ça !
« Heu...ok. »
« Tu veux un bonnet pour les recouvrir ? »
« Est-ce obligé ? »
« Pas vraiment. Mais c'est plus pratique. Tu sais, souvent, on travaille dehors et plein de choses dégoûtantes peuvent tomber dans nos cheveux. Il n'y a vraiment que les femmes de l'aristocratie qui peuvent se permettre de laisser leurs belles chevelures sans protection. »
« Je ne prendrai pas de bonnet...merci... »
« Comme tu voudras. »
Les longues mèches brunes furent donc domptées, et attachées derrière le crâne de la jeune femme. C'est à ce moment là que Cécilia découvrit qu'elle était blessée. Elle proposa gentiment à Bella de nettoyer sa plaie, ce qu'elle accepta d'une petite voix.
« Nous n'avons pas de miroir pour que tu puisses t'admirer dans ta nouvelle tenue » murmura Cécilia après avoir terminé de la soigner. Elle vint s'asseoir sur le lit avec un soupir, « Que comptes-tu faire à présent? »
Bella soupira, « Je ne sais pas vraiment. Je n'ai nulle part où aller. »
« Tu pourrais rester ici. »
« Tu veux dire...dans cette chambre ? » demanda la jeune femme en détaillant la pièce, perplexe.
« C'est pas l'grand luxe, mais c'est suffisant... »
Elle avait raison. Mais il y avait un problème néanmoins.
« Je n'ai pas de quoi la payer... » expliqua Bella.
« Tu vas travailler. Ils ont besoin d'aide dans les champs. »
Elle y réfléchit silencieusement pendant quelques secondes. Elle vint rapidement à la conclusion qu'il serait totalement idiot et irresponsable de refuser cette offre. De plus, les gens ici semblaient très gentils. Elle gagnait un toit, un repas, et potentiellement de nouveaux amis. Elle était déjà moins seule qu'en début d'après-midi.
« D'accord. »
Cécilia lui offrit un sourire éblouissant avant de lui demander si elle avait faim. Le repas fut plutôt bien accueilli. Elle retrouva Rosetta et les autres, apprenant à mieux les connaître. Elle travaillerait avec les deux garçon, Benitto et Matteo, dans les champs dès demain matin. Ils ne parlaient pas très bien anglais, mais ils arrivaient à se comprendre tout de même, avec des signes. Bella se coucha tôt. Elle remarqua qu'elle était fatiguée quand elle posa la tête sur l'oreiller. Elle s'endormit rapidement, malgré ses doutes et ses peurs.
Toute la semaine, elle travailla au champ. Sa mission principale était de semer les graines à la main et de ramasser des mauvaises herbes. Elle effectuait sa besogne en silence et dans son coin, tout en pensant à des moyens de rentrer chez elle. A la vérité, ses idées étaient très limitées pour y parvenir car elle ne savait pas vraiment comment elle était arrivée là. Cependant, elle se promit de retourner à la petite colline où tout avait commencé, dès qu'elle aurait un temps de libre.
Elle pensait justement avoir un peu de répit dimanche après-midi. Mais au moment où elle allait sortir de l'auberge, Rosetta l'interpella.
« Bella, j'ai besoin de toi. » dit-elle en allant à sa rencontre. La jeune femme se retourna, l'anglaise lui tendait une pièce « Peux-tu aller chercher du pain pour ce soir, nous n'avons plus rien à manger. Ma maîtresse est malade, je dois retourner près d'elle. »
Bella avait très vite compris que le pain était la base de l'alimentation des petites gens. Désireuse de rendre service pour une personne qui avait tant fait pour elle en si peu de temps, elle acquiesça en se saisissant de la pièce.
Elle marcha d'un pas pressé dans les rues de Volterra. Elle avait toujours pour projet de se rendre à la colline. Cette petite course, bien qu'imprévue, ne changeait pas ses plans. La plupart des boutiques étaient ouvertes, malgré le fait que ce soit dimanche. La boulangerie était de l'autre côté de la ville. Elle fit la queue pendant plus d'une heure chez le boulanger. Quand son tour arriva enfin, elle demanda un pain tout en tendant sa pièce de monnaie. Il y avait encore beaucoup de monde derrière elle et en détaillant de plus près les pains sur les étagères, elle devina sans difficultés qu'il n'y en aurait pas assez pour tout le monde. Le boulanger lui donna son pain et elle fit demi-tour en soupirant.
La place était pleine de monde quand elle y rentra. C'était jour de marché. La plupart des stands vendaient de la nourriture ou des tissus. Elle les détailla brièvement mais ne s'y attarda pas plus que ça. Quand elle releva les yeux vers la foule, quelque chose attira son attention. Un carrosse traversait la place. Ce n'est pas vraiment lui qui attisa la curiosité de Bella. C'était le blason qui était sculpté sur la portière du carrosse. Un aigle, un arbre mort et la lettre « V » au milieu.
Elle s'arrêta au milieu de la foule en mouvement.
Elle connaissait ce blason.
A quoi pensait-elle en venant ici ?
Elle ne put distinguer si le carrosse transportait quelqu'un. Les rideaux des vitres étaient tirés, il était impossible de voir à l'intérieur.
Paralysée d'effroi, sa bouche s'ouvrit néanmoins assez pour murmurer « Volturi... »
Elle savait que c'était une horrible erreur à l'instant même où le mot glissa de ses lèvres. A peine l'avait-elle dit que le rideau du carrosse était écarté. Deux yeux rouges sang apparurent soudainement, scrutant la foule pour finalement se poser sur elle.
Le cœur de Bella bondit dans sa poitrine. Elle fit immédiatement demi-tour, bousculant les gens sur son passage. Elle regagna l'auberge en courant comme si elle avait le diable aux fesses.
Elle dormit peu, cette nuit là, son esprit hanté par des yeux de sang.
Traductions :
- Dolce, amico : Tout doux, l'ami.
- Cosa stai facendo? Togliti di mezzo, ragazza : Qu'est-ce que tu fais ? Dégage du chemin, gamine
-Rosetta? Questa ragazza parla inglese. Io davvero non capisco niente : Rosetta? Cette fille parle anglais. Je ne comprends vraiment rien.
AVERTISSEMENT(S) : Aucun.
