Je ne pense pas pouvoir être très régulière pendant un mois environ, car je suis à l'Université et j'ai des exposés à faire. Je suis vraiment navrée. J'essayerai de poster des chapitres tout de même, dans le pire des cas je me rattraperai le mois prochain !

Merci encore pour vos commentaires, vos fav's et follows.


AVERTISSEMENT D'AVANT CHAPITRE :

- Le XVIIIe siècle est une période violente. Des mentions de violence sont donc nécessaires pour plus de réalisme. CEPENDANT, il s'agit bien d'une histoire notée T, dans le sens où les choses ne seront jamais détaillées, mais plus ou moins sous-entendues.

- Les Volturi sont des meurtriers. Ils se nourrissent de sang humain, la vie humaine n'a pas d'importance pour eux. Mais ils font toujours les choses pour une bonne raison. Ce n'est jamais complètement gratuit.

Si vous pensez être offensés par ces idées, ne lisez pas le début de ce chapitre ou allez voir les avertissements de bas de page.


oOo

Chapitre 5 :

Dans les bras de la mort

oOo

Elle était recroquevillée sur le sol froid de sa cellule. Son corps tout entier était endolori. Elle devait avoir des hématomes. Il la frappait assez fort pour la faire réfléchir, mais pas assez pour la blesser sérieusement. Il ne touchait jamais son visage. Pas une fois il ne l'avait frappée à cet endroit-là...pas une fois depuis la fameuse gifle. A la vérité, il levait peu la main sur elle. Mais quand il le faisait, son corps tout entier convulsait de douleur. En revanche, il usait abondamment de la torture mentale, à laquelle il excellait.

Bella ne savait pas très bien depuis combien de temps elle était là, dans ces cachots, mais elle avait eu tout le loisir, et tout le temps, de songer à sa situation. Bien sûr, elle n'avait rien dit du tout. Sa bouche restait obstinément close. Sa bouche restait certes fermée, mais les larmes coulaient abondamment sur ses joues. Elle n'avait revu aucun roi depuis l'épisode de la salle des trônes. Elle ne voyait que Rosetta...et Demetri.

Bella avait fort bien réfléchi et, pour elle, il n'y avait que deux issues possibles : soit elle finissait par mourir de ses blessures et de sous-alimentation (ce qui pouvait prendre des mois) soit elle finissait par parler et ils la tuaient.

Dans tous les cas, bien sûr, elle mourrait. Elle devait trouver un moyen de ne pas entraîner Rose avec elle.

Cette nuit-là, dans sa cellule, elle laissa divaguer son esprit un peu trop loin, imaginant ce qui se passerait si elle leur disait la vérité. Toute la vérité. Son corps ne supporterait bientôt plus les mauvais traitements de Demetri et ce, même s'ils étaient rares. En réalité, son corps ne supportait déjà plus rien. Elle était sous-alimentée, ne dormait pratiquement pas, était « interrogée » cinq heures par jour, et mourrait de froid la nuit. C'était autant de facteurs qui épuisaient son petit corps fragile d'humaine.

La cellule de Rose était juste à côté de la sienne. Elles pouvaient se voir, et même communiquer. C'était presque toujours la petite anglaise qui parlait. Bella était trop épuisée pour tenir une conversation normale.

Rose était debout, près de la porte de sa cellule. Elle tenait les barreaux entre ses mains, « Hum...ils sont plutôt corrects...pour des geôliers. » murmura-t-elle pensivement.

Bella se demandait si elle était sérieuse, « corrects » n'étant pas le premier mot qui lui venait à l'esprit pour designer les Volturi. Mais Rose n'avait reçu aucun mauvais traitement de leur part, après tout. Elle était juste enfermée là, à prendre son mal en patience.

« Tu sais, » reprit-elle en se détournant de la porte, « J'ai déjà été enfermé dans une prison comme ça. » reprit la rousse. « Pour vol...et pour avoir ''agressé'' des officiers royaux. Quelle connerie. » Elle arriva au fond de la cellule, se mit sur la pointe des pieds pour accéder à la seule petite fenêtre présente, et respirer l'air frais, « Je peux te dire que les gardes qui nous surveillaient à l'époque n'ont rien à voir avec ceux-là. Ici, ils sont presque des gentlemen. »

Bella lui lança un regard noir.

« Enfin, ils seraient des gentlemen si on met de côté le fait qu'ils te torturent pour avoir ce qu'ils veulent. », elle regarda Bella à travers les barreaux qui les séparaient, « Mais je peux te dire qu'il existe des moyens plus...intrusifs pour te faire parler. Et qu'ils ne semblent pas les utiliser sur toi. J'espère qu'ils ne le font pas. »

Bella n'était pas sûre de savoir de quoi elle parlait. Son cerveau et son corps étaient trop fatigués pour la suivre dans sa conversation. Elle essayait néanmoins de se concentrer sur la voix douce de son amie, pour se rattacher à la réalité...et à la vie, d'une certaine manière.

« Il faut nous faire à l'idée, nous vivons dans un monde d'hommes, contrôlé par les hommes. Nos institutions profitent aux hommes. La loi est faite par et pour les hommes. » la rousse soupira. Bella se demanda si elle était une sorte de féministe avant l'heure. « Les gardes qui surveillent les prisonniers sont des hommes...il estiment souvent que les femmes emprisonnées n'ont plus rien à perdre, pas même leur dignité. »

Seigneur

Bella venait de comprendre de quoi elle parlait.

« Tu as… ? Quand tu as été emprisonné...ils t'ont… ? » elle n'arriva pas à dire le mot.

Rose s'écarta de la fenêtre, « Est-ce important maintenant ? », elle s'assit à côté de la cellule de Bella, contre les barreaux les séparaient, « Tu es mariée ? Tu as des enfants, Bella ? »

La brune hocha la tête, « J'ai...un époux. »

« Tu l'aimes ? »

« Oui. »

« C'est bien. » répondit la rousse. Elle sortit de sa poche un petit ruban rose, « J'ai une fille. » avoua-t-elle.

Bella se redressa difficilement. Une grimace de douleur lui échappa. « Vraiment ? » demanda-t-elle dans un souffle, « Comment s'appelle-t-elle ? »

« Clara. », Rose tourna le ruban entre ses doigts « Elle est née hors mariage. Je ne pouvais pas la garder, la laisser vivre dans ma misère, alors je l'ai confiée aux sœurs. Je ne la vois jamais, mais je lui fait parvenir la plus grande partie de mon salaire. »

« Et...son père ? Il ne pouvait pas...la garder ?»

Un rire sec s'échappa des lèvres de la rousse, « Son père... » songea-t-elle, « C'est un aristocrate. Tu crois qu'il s'en soucie ? Il a une femme et des enfants légitimes. »

Bella se mordilla la lèvre inférieure. « Je vois... »

Rose lui montra le ruban qu'elle tenait depuis tout à l'heure, « C'est un morceaux de sa toute première robe. » dit-elle doucement, « A l'origine, ce ruban était un nœud cousu sur sa jupe. C'est la seule chose que j'ai d'elle. »

« Je suis désolée, Rose...Je suis désolée pour tout. »

La rousse lui sourit gentiment, « On a tous quelque part une personne pour laquelle on doit se battre, Bella. Tous. Il ne faut pas perdre espoir. »

Le regard chocolat de la brune tomba au sol. Un long soupir lui échappa. « Si je parle...les personnes que j'aime seront en danger...»

« Alors, ne parle pas. »

« Mais si je ne parle pas...nous allons mourir toutes les deux. » reprit-elle lentement, « Que je meurs est une chose. D'une certaine manière, ça arrangerait tout. Mais tu n'as pas à payer pour mes fautes. »

Le rire de Rose s'éleva dans l'air, elle embrassa le petit ruban qu'elle tenait dans ses mains « Ne t'inquiète pas pour moi. »

Mais elle s'inquiétait. Elle se mit à réfléchir une fois de plus à sa situation.

Edward n'était pas né. Jasper, Alice, Rosalie, Emmett et même Esmée ! Aucun d'entre eux n'étaient nés. Ils ne craignaient donc rien, en théorie.

Il ne restait que Carlisle.

Bella soupira. Se collant contre le mur, elle rabattit ses jambes contre sa poitrine pour se préserver du froid. Une nouvelle douleur naquit au niveau de son ventre. Elle grimaça légèrement.

Aro ne ferait jamais de mal à Carlisle. Ils avaient été amis.

N'est-ce pas… ?

Bella se mordilla la lèvre inférieure.

Elle n'en était pas sûre.

Elle ne connaissait pas du tout Aro. Et ce qu'elle avait vu de lui ne la rassurait pas du tout. Il pouvait se montrer si gentil et la seconde d'après si brutal.

Il est clairement bipolaire, songea-t-elle.

Caius, quant à lui, était un enragé. Il voulait sa mort. Marcus semblait moins impliqué dans les affaires. Cela l'ennuyait visiblement. D'une certaine manière, elle serait morte sans son intervention. Aro l'aurait tuée

Mourir...

Elle comprit que la mort était la seule issue souhaitable. La seule issue qui la libérerait.

Je vais mourir. Reste à savoir de quelle façon je vais mourir. Et par dessus tout, je ne dois pas entraîner Rosetta dans ma chute.

Elle avait de plus en plus du mal à lutter contre le froid et la faim. Mais la douleur physique n'était rien par rapport à la douleur mentale, qu'elle s'infligeait elle-même en pensant à tout ce qu'elle laissait derrière elle.

Elle ne reverrait jamais Edward, ni Charlie, ni Renée, ni Jacob.

Elle aurait dû leur dire plus souvent qu'elle les aimait.

A quel point elle les aimait.

Elle essuya rageusement sa joue d'un revers de main, en remarquant qu'elle pleurait de nouveau.

Aujourd'hui je vais mourir se dit-elle avec amertume, Enfin.

Quand Demetri apparut, ce matin-là, elle était prête.

Il voulut la saisir par le bras, mais elle recula.

« Je veux voir Aro » dit-elle d'une voix brisée par la douleur.

« Aro n'a pas le temps de jouer aux devinettes. Il veut des réponses. Alors, tu me dis gentiment le nom de celui qui nous a trahi et j'irai lui répéter. »

Bella le regardait avec une détermination qu'il ne connaissait pas, « Je vais le lui dire. En personne. » elle accentua bien le dernier mot.

Demetri poussa un soupir frustré. Elle pensait qu'il allait passé totalement outre cette déclaration, et allait la battre quoi qu'il arrive. Mais à sa grande surprise, il sortit de la cellule, refermant la porte derrière lui.

« Si tu lui fais perdre son temps, je te jure que je te tue. »

Il disparut après ça.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda brusquement Rosetta, « Tu ne vas tout de même pas parler ? »

Bella lui sourit faiblement, « Tu as une fille qui t'attend dehors, Rose. »

« Ne fais pas ça. Il doit y avoir un autre moyen ! »

« Il n'y en a pas.»

Rose commença à pleurer. Mais sa décision était prise.

Elle attendit que Demetri revienne une bonne partie de la matinée, et l'attendit aussi l'après-midi entière. Mais il ne revint pas. Bella pensa avec ironie qu'il s'était fait tuer pour avoir désobéit aux ordres.

Mais la nuit venait tout juste de tomber qu'il revint.

La porte de la cellule grinça quand il l'ouvrit. Il la toisait méchamment, la regardant comme si elle était un immonde cafard.

« Debout. » ordonna-t-il.

Bella ne se le fit pas dire deux fois.

Elle suivit Demetri à travers les couloirs du château. Plus d'une fois, elle crut tourner de l'œil et s'évanouir. Mais à chaque fois, elle trouva la force de se ressaisir. Son corps tout entier criait à l'agonie, chaque mouvement, chaque pas était un supplice.

C'est avec un certain soulagement qu'elle aperçut la fameuse double porte qui donnait sur la salle des trônes.

Elle était la seule victime consentante qui gravirait d'elle-même les marches de l'échafaud.

Quand les portes s'ouvrirent, elle croisa directement le regard de son bourreau. Elle n'avait jamais été aussi contente de voir un vampire de toute sa vie. Elle savait que, d'une façon ou d'une autre, c'était lui qui allait la tuer. Soit de sa propre main, soit par ordre direct.

Elle avait tellement hâte que tout cela cesse.

Ses pieds s'arrêtèrent d'eux-mêmes en atteignant le centre de la pièce.

« Isabella. »

Bella ferma les yeux, profitant de la façon dont son nom roulait sur sa langue avec une telle délicatesse et une telle élégance. Elle en vint presque à aimer son prénom. Ses jambes tremblaient légèrement, mais pas de peur. De fatigue, sûrement. Ou d'autre chose. Ça n'a pas d'importance.

« Je dois dire que je suis assez étonné de votre persévérance. Néanmoins, vous êtes là...contre toute attente. »

Sa voix était toujours d'une telle douceur, elle s'élevait dans l'air et glissait sur son corps, soulageant partiellement la douleur. Ses entrailles se tordirent. Oui, sa voix était sans doute la plus belle chose que Bella avait entendu de toute sa vie. Cette pensée la frappa. Elle la mit sur le compte de la fatigue. Relevant la tête vers les trois rois, elle se racla la gorge avant de dire.

« Oui, je suis là. »

« Quel est son nom ? » siffla Caius, égal à lui-même.

Bella eut une envie folle de lever les yeux au ciel, mais elle s'abstint. Se concentrant sur Aro, elle reprit.

« Je veux votre parole que Rosetta pourra sortir de ce château vivante. »

Elle misait tout sur la parole d'Aro. En espérant qu'il ait un honneur, à défaut d'avoir un cœur.

« Vous n'êtes pas en position de demander quoi que ce soit ! » cracha Caius.

Aro leva la main pour le faire taire, son regard accroché à celui de la petite humaine téméraire en face de lui. Sa main dévia lentement et se posa sur son cœur mort, « Je vous donne ma parole. » dit-il en inclinant doucement la tête « Bien que...son salut ne dépende que de ce que vous allez dire... »

Bella hocha la tête. Inspirant profondément pour se donner du courage, elle murmura du bout des lèvres.

« Je vous ai menti. Je ne viens pas d'Angleterre. »

« C'est certain » répondit-il avec bienveillance.

« J'ai menti aussi quand j'ai dit que je m'appelais Bella Swan. »

Elle vit le doute naître dans le regard vitreux du roi. Mais le doute était mélangé à autre chose. Serait-ce... de la curiosité ?

Elle s'en délecta un moment.

« En réalité, je m'appelle Bella Cullen. »

C'est tout ce qu'il fallut pour briser le self-control d'Aro. La haine déforma ses traits pourtant si beaux. Ses yeux meurtriers la dévoraient.

« Cullen ? » Il avait craché ce mot comme on cracherait une insulte. « Ne me dites pas que... »

« Il y a un mois, je me suis mariée à Edward Cullen, le fils de Carlisle Cullen. »

« Vous mentez. » fut tout ce qu'Aro dit dans un premier temps, « Carlisle Cullen n'a pas de fils. »

« Non, pas encore » répondit-elle avec mélancolie, « Je m'appelle Bella Cullen et je suis née le 13 septembre...1987. » un silence mortel suivit sa déclaration. Caius la regardait comme si elle était folle. Aro portait à nouveau un masque parfait de neutralité. Marcus la fixait intensément, mais comme d'habitude, son regard n'était pas hostile. Jane et Alec, qui avaient été dans l'ombre depuis le début, échangèrent un regard incrédule.

Elle savait qu'aucun d'eux ne la croyait.

Mais ça comptait pas, pour elle.

Bella inspira profondément par le nez avant d'ajouter inutilement « Je viens du futur. »

Rosetta avait raison : Quelle connerie. Se dit-elle en les observant.

Un nouveau silence lui répondit.

Un silence qui s'éternisa pendant bien une minute.

Ils étaient tous si sérieux...

« C'est ridicule ! » lança fortement Caius.

« C'est impossible... » murmura doucement Marcus.

Bella regarda Aro, attendant qu'il la traite de folle. Mais il ne dit rien, se contentant de la fixer. Il ne resta pas silencieux longtemps, cependant.

Se levant d'un bon, il descendit rapidement les marches de l'estrade et avant qu'elle ne puisse cligner des yeux, il était en face d'elle, se penchant dangereusement dans sa direction.

« Vous aurez au moins appris à mentir pendant votre petit séjour dans mes cachots. »

Son regard chocolat croisa courageusement le sien, « Que faire si je ne mens pas ? »

« Alors vous êtes folle. » trancha-t-il

« Pour la plupart des gens, penser que les vampires existent relève de la folie pure. »

« Je suis navré mais je vais devoir défaire une histoire qui, sans doute, a été très soigneusement préparée. »

« Je vous en prie, faites. » répondit-elle avec défi.

Les yeux de l'homme se plissèrent dangereusement, il recula de quelques pas, assez pour pouvoir l'observer.

« Commençons par Carlisle, voulez-vous ? Savez-vous, par tout hasard, où il est né ? »

« Il est né à Londres dans les années 1640. Il a même fait parti de votre clan, pendant un temps. Que puis-je dire d'autre à son propos ? C'est sans doute la personne la plus gentille que je n'ai jamais rencontré. Il se nourrit exclusivement de sang animal. Dans quelques années, il rencontra sa femme, qu'il transformera, avant de fonder sa propre famille. Mais ça, bien sûr, vous l'ignorez car ce n'est pas encore arrivé. », elle eut un petit sourire nostalgique en repensant à tout ça.

« Charmant. Vraiment charmant. », répondit Aro, d'une voix dangereusement douce « Venons-en à votre époux, si vous le voulez bien. », le sourire de Bella mourut aussi vite qu'il était apparut, « Edward, c'est cela ? Vous vous êtes unie à lui en étant encore...humaine ? »

Bella se rappela soudainement des paroles d'Edward.

Il est interdit de révéler à un humain notre secret

« Il allait me transformer » répondit-elle. Mais elle savait que son ton et son corps la trahissaient. En réalité, Edward avait rarement parlé de sa transformation. D'ailleurs, elle savait qu'il était catégoriquement contre son changement.

Le sourire qu'affichait Aro la figea de peur, « Il vous l'a promis ? »

« Nous sommes des âmes-sœurs ! » répondit vivement Bella.

Les yeux de l'ancien riaient d'elle, « Le pauvre homme doit-être absolument bouleversé de votre disparition, alors. » répondit-il en s'approchant lentement de la jeune femme, « Vous savez, il est impossible pour un vampire d'être séparé de son âme-sœur. Il doit incroyablement souffrir, à cet instant...peut-être va-t-il se laisser mourir de faim...Vous savez ce que l'on dit, le désespoir est le suicide du cœur. »

Elle savait qu'il la testait, et qu'il cherchait à la blesser. Il y parvint facilement. Edward avait toujours été un sujet délicat pour elle. Un sujet qui la rendait incroyablement émotive, et irresponsable.

Ils se toisaient fixement comme chien et chat. Chacun allait prendre la parole, quand Marcus les interrompit.

« Mon frère. »

Aro se retourna vers Marcus pour le trouver debout, à tendre la main. Il jeta un bref coup d'œil à l'humaine devant lui, avant de se détourner vers son frère. Bella l'observa saisir la main de Marcus en silence.

Marcus la regardait intensément. Bella en était légèrement gênée, mais elle ne pouvait pas détourner les yeux des deux frères. Sa curiosité surpassait sa peur. Aro avait les yeux fermés. Son visage ne laissait rien paraître de ses émotions. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, il regarda son frère pendant de longues secondes. La main de Marcus était toujours dans la sienne. Ils semblaient avoir une conversation silencieuse. Quand Aro se retourna de nouveau vers Bella, quelque chose dans son attitude avait changé. Mais c'était un changement tellement infime qu'elle le remarqua à peine. Il était toujours incroyablement neutre. Ses yeux cependant, laissaient entrevoir une émotion que la jeune femme ne put identifier.

A la vérité, elle était tellement éreintée qu'elle ne chercha pas à comprendre.

« Il semblerait qu'il y ait...un malentendu. » reprit Aro en insistant légèrement sur le dernier mot. Sa voix avait retrouvé sa douceur naturelle, et sa bienveillance. Elle croisa son regard et ne le lâcha plus. Elle détestait vraiment sa manie de changer d'humeur en moins d'une seconde.

Un malentendu. Après pure réflexion, il y en avait un, en effet.

Avant qu'il ne reprenne la parole, Bella se saisit du peu de courage qui lui restait.

« Écoutez...Je sais très bien que vous ne me croyez pas. Vous devez me prendre pour une folle ou une menteuse. Si ce n'est les deux à la fois » dit-elle en jetant un bref coup d'œil à Caius, avant reporter son attention sur les deux autres, « Je sais que vous avez décidé de ma mort. Vous l'avez décidée, Aro, la première fois que vous m'avez vu, sur cette place. Aujourd'hui, je vous ai dit la vérité parce que je n'ai plus la force, ni l'envie de lutter. Je l'ai dit dans l'espoir que vous mettiez enfin fin à tout ceci. Alors, s'il vous plaît, faites-le. »

Elle avait chaud. Elle mourait de chaud, à la vérité. Sa vue était troublée. Elle supposait que c'était à cause des larmes qui avaient commencé à couler. Elle ne les voyait plus vraiment. Elle ne distinguait que des formes, des silhouettes. Sa poitrine se soulevait et s'abaissait à un rythme beaucoup trop rapide. Son corps tout entier hurlait de douleur. Elle souffrait horriblement. Mais jamais elle ne s'abaisserait à le dire. Elle cligna plusieurs fois des paupières, et sa vision revint doucement à la normale. Elle retrouva la vue juste à temps pour voir Aro descendre les marches et revenir vers elle. Son pas était pressé et ses sourcils froncés. Oui, s'il te plaît, tue-moi implora-t-elle silencieusement. Le monde tournait autour d'elle. Son cœur battait à se rompre.

Une dernière fois, elle croisa ce regard rouge vitreux, étrangement familier, « Je veux juste rentrer à la maison. » sa phrase était à peine achevée que ses jambes se dérobèrent brusquement sous elle, et tout devint sombre. Ses oreilles commencèrent à siffler. Elle était sourde et aveugle, attendant patiemment que son corps s'écrase au sol. Mais cela n'arriva jamais.

Elle était brièvement consciente des bras qui se refermèrent autour de son corps mou, avant de se laisser définitivement engloutir par les ténèbres.

oOo

Elle émergea doucement d'un sommeil sans rêves. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis qu'elle était arrivée ici. Ses yeux demeuraient clos. Par pur contentement. Elle sut apprécier à sa juste valeur la sensation du matelas mou sous son corps, et des draps doux qui la recouvraient. Un soupir s'échappa de ses lèvres rouges. Un instant, elle pensa avoir rêvé. Oui, tout ça avait été un affreux cauchemar. Quand elle ouvrirait les yeux, Edward serait à ses côtés.

Un léger courant d'air chaud lui parvint. Les oiseaux gazouillaient tranquillement dehors. L'odeur de l'été, des fleurs et des plantes arriva jusqu'à ses narines.

Ses yeux chocolats s'ouvrirent.

Sa vision mit du temps à s'adapter à la lumière blanche de la pièce.

Il faisait jour.

Et non, ce n'était pas un rêve.

Elle n'était pas chez elle. Edward n'était pas là. Cette chambre lui était totalement inconnue.

Doucement, elle tourna la tête et trouva la grande fenêtre ouverte. Les rideaux flottaient à l'intérieur de la chambre. Le vent était chaud, mais pas étouffant. Elle aperçut brièvement les arbres en feuilles, dehors. Mais elle était trop loin pour voir autre chose, et dans une position peu propice à la contemplation de la nature.

Bella se redressa légèrement sur ses coudes, jetant un coup d'œil admiratif à ce qui l'entourait. Elle prit le temps d'admirer la chambre pour ce qu'elle était : sublime. Bella avait l'impression d'être dans un film. Le lit à baldaquin dans lequel elle se trouvait trônait majestueusement au centre de la pièce. Les meubles étaient si différents par rapport à ceux de son siècle. Ils étaient, pour la plupart, finement sculptés dans du bois, décorés de diverses manières, avec de la peinture, des feuilles d'or ou des broderies. Les couleurs étaient claires, blanc, beige et même pastel à certains endroits.

A cette époque, le style rocaille qui avait triomphé sous Louis XV, paraissait daté. Fin XVIIIe, le goût des aristocrates européens se portaient davantage vers les lignes néoclassiques, c'est à dire, s'inspirant souplement de l'Antiquité grecque et romaine. C'était bien sûr la France qui avait lancé cette mode. Bella ne pouvait que rester muette d'admiration devant ce mobilier royal, véritable travail d'orfèvre, qu'avait déployé les ciseleurs pour donner au bronze l'allure d'une parure d'or. Les ébénistes, eux, avaient fait courir sur les pieds et les ceintures des sièges de gracieux rangs de perles. Et, partout, des fleurs, des feuillages et des rubans prenaient possession des panneaux des commodes, des teintures et des revêtements. Les boiseries aux murs, recouvertes quelques fois de feuilles d'or, étaient aussi délicates que de la dentelle, et représentaient majoritairement des guirlandes fleuries. A certains endroits, ils abordaient un élément typique de cette fin de siècle, de scènes champêtres peintes à même le mur.

Aucun mot ne pouvait décrire l'état d'esprit de Bella à cet instant. Elle qui avait connu pendant une semaine une chambre minable, elle qui avait vu et vécu la misère du peuple, ne pouvait que rester sans voix face à tant d'éclat et de richesse. Tout ça était injuste. Mais c'était le quotidien au XVIIIe. C'était normal.

Bien sûr, la jeune femme du XXIe était scandalisée par cette inégalité. Mais que pouvait-elle y faire ?

Elle n'était certainement pas là pour changer le monde.

Non, elle devait absolument retourner à son époque.

Ayant terminée sa petite inspection, des pensées émergèrent brusquement dans son esprit.

Que faisait-elle ici ?

Que s'était-il passé ?

Était-elle toujours dans le château des Volturi ?

Pourquoi ne l'avaient-ils pas tuée ?

Elle s'assit correctement, la tête du lit et les oreillers moelleux dans son dos. C'est là qu'elle remarqua qu'elle portait une chemise blanche en mousseline, propre, plus légère et plus transparente que celle qu'on lui avait passé à l'auberge. Elle oublia d'en rougir en réalisant que son corps ne présentait plus aucune trace de torture. Plus aucune marque...plus aucune douleur.

Elle avait été soigné.

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement.

Bella sursauta, tirant immédiatement les draps sous son menton pour préserver sa pudeur. Un petit bout de femme charmant apparut. Quand elle vit Bella parfaitement éveillée, la petite femme s'immobilisa et fit une courte révérence.

C'était clairement une domestique. Ses habits le prouvaient. Sa robe sombre était couverte d'une sorte de tablier blanc. Ses cheveux bruns, attachés, étaient cachés derrière un petit bonnet.

Les deux femmes se fixèrent pendant de longues secondes. Bella avait l'air terrifiée. La petite femme s'avança lentement pour ne pas l'effrayer

« Bonjour » dit-elle doucement, son accent italien était évident, « Je m'appelle Amélia. »

Bella la fixait intensément. Elle n'avait pas encore enregistré ses paroles. La petite femme s'arrêta avant d'atteindre le lit. Son expression était attendrie, quoique, légèrement inquiète par le mutisme de la jeune femme.

« Heu...Bonjour. » répondit finalement Bella, « Je...êtes-vous humaine ? »

Amélia sourit et hocha la tête « Oui, Madame. Je le suis. »

Bella soupira de soulagement, se détendant légèrement. Regardant autour d'elle, puis regardant à nouveau Amélia, elle osa demander « Pourquoi suis-je ici ? Et vous, pourquoi êtes vous-là ? »

« Vous vous êtes évanouie, Madame. Quant à ma présence ici, eh bien, Aro m'a mutée à votre service. »

« Quoi ? » s'écria la brune, « Vous connaissez Aro ? Attendez, depuis combien de temps suis-je restée inconsciente ? »

Elle avait soudainement très peur de la réponse.

Amélia pencha doucement la tête sur le côté, « Cela fait un peu moins d'une semaine, il me semble. »

« Excusez-moi ? »

« Oui, vous étiez très affaiblie. Maître Aro a fait venir un médecin. Il semblait très préoccupé par votre état de santé »

« Et, est-ce que maître Aro vous a dit aussi que j'étais dans cet état à cause de lui ? » cracha-t-elle, sans réfléchir.

« Eh bien, non. Mais c'était assez évident. », répondit doucement Amélia.

Bella la regardait, légèrement horrifiée à présent, « Vous voulez dire...que vous savez ce qu'ils sont ? »

« Bien sûr. » répondit la petite femme, « Tous les domestiques ici sont humains, et tous savent ce qu'ils sont. La plupart des serviteurs présents dans ce château servent les Volturi depuis plusieurs générations. Nous avons un contrat avec eux. »

« Vous êtes exploités. » résuma grossièrement Bella.

« Tous les domestiques sont exploités par leurs maîtres, Madame. La différence pour nous, c'est que nous sommes bien payés et protégés en échange de notre silence. »

« C'est complètement...fou. »

Amélia lui sourit aimablement. Osant enfin faire quelques pas vers le lit, elle demanda « Avez-vous faim ? »

La présence de la domestique, sa gentillesse et sa douceur rassurèrent Bella, et soulagèrent ses angoisses. « Pas vraiment » avoua-t-elle.

« Vous devriez manger quelque chose, Madame. Voulez-vous du chocolat chaud ? »

« Attendez, vous avez du chocolat chaud ? »

Le sourire d'Amélia se fit plus indulgent, elle répondit d'un ton très aimable et très patient, comme si elle parlait à une enfant, « Oui, bien sûr. C'est une boisson exotique qui trouve grâce aux yeux des grands de ce monde. On dit que la Reine de France en raffole.»

Une boisson exotique, vraiment ?

« Ouais, Marie-Antoinette raffole de beaucoup de choses apparemment. Elle adore les moutons dans le film de Sofia Coppola. » lança Bella avec ironie. Amélia ne chercha pas à comprendre, « Je veux bien une tasse de chocolat, merci Amélia. »

Amélia fit une petite révérence avant de tourner les talons. Elle revint quelques minutes plus tard avec un plateau rempli de sucreries délicieuses, tout en assurant à Bella qu'elle devait manger quelque chose. La principale concernée soupira, mais préféra s'exécuter. Elle avait si peur de salir les draps en mangeant, ou de casser cette jolie tasse en porcelaine en la faisant tomber par terre. Sa maladresse ne devait certainement pas s'être envolée avec ce voyage dans le temps. Amélia était une petite femme absolument adorable. Bella lui proposa plus d'une fois de venir s'asseoir sur le lit avec elle, et de l'accompagner, il y avait bien assez de nourriture pour deux après tout, mais Amélia refusait toujours poliment. Le repas terminé, Amélia décida de rapporter le plateau aux cuisines.

Elle semblait un peu gênée en revenant. Rajustant doucement les draps autour de Bella, elle finit par avouer d'une petite voix, « Aro sait que vous êtes réveillée. Il souhaiterait vous parler... » Bella lança à la domestique un regard horrifié, « Pensez-vous...pouvoir...le recevoir ? »

« Ai-je vraiment le choix ? »

Amélia semblait surprise, « Bien sûr. » l'expression que Bella affichait prouvait clairement qu'elle ne la croyait pas, « Aucun homme – ayant reçu une éducation correcte – n'oserait s'inviter dans les appartements de quelqu'un – en particulier d'une femme - sans y être explicitement invité. Par ailleurs, si vous dites être souffrante, il n'insistera pas et reportera sa visite. »

« Vous semblez oublier deux trois choses à ce propos. D'un, ce n'est pas ma chambre. De deux, je suis théoriquement sa prisonnière. De trois, il ne fera que reporter sa visite, ce qui signifie que dans tous les cas, je vais devoir le recevoir un jour ou l'autre puisque, de toute façon, je suis chez lui. »

« Madame, » expliqua patiemment Amélia, « en réalité, cette chambre est à vous tant que vous l'occupez. »

Bella soupira doucement, « Peu importe. Je vais le recevoir. Autant en finir tout de suite. »

La domestique hocha la tête, « Dans ce cas, je vais vous apporter des vêtements et vous aider à vous préparer. »

Quelques minutes plus tard, Bella était levée et totalement affolée par ce que Amélia avait préparé pour elle.

« Suis-je censée mettre ça ? » demanda-t-elle en se retournant vers la domestique et en pointant du doigt la robe étalée sur le lit.

Amélia revenait vers elle avec des chaussures dans la main.

« Oui, effectivement. »

« C'est beaucoup trop beau. Je ne peux pas la mettre. Où sont les vêtements que j'avais en arrivant ici ? » demanda Bella en regardant autour d'elle, espérant les trouver quelque part.

« Ils ont été jeté. »

La tête de la brune pivota violemment vers le petit bout de femme à sa droite, « Pardon ? Mon alliance était dans la poche de ma jupe ! » s'écria-t-elle, paniquée.

« Vous voulez dire, cette alliance-là ? » demanda Amélia en sortant la petite bague argentée de sa propre poche.

Bella se jeta pratiquement sur le bijou, le tournant entre ses doigts. Relevant la tête vers Amélia, « Merci » murmura-t-elle

Elle passa la bague à son doigt pendant qu'Amélia finissait de préparer les affaires.

« Alors, quel est le plan ? » demanda Bella en l'observant, perplexe.

« Vous allez enfiler cette robe » répondit Amélia en montrant ladite robe du doigt.

Bella secoua la tête, « Non »

« Si »

« Non »

« Vous voulez vraiment recevoir Aro dans votre chemise de nuit ? Elle est un peu transparente... »

« Très bien, je vais mettre la robe. »

Les deux femmes se penchèrent sur la robe. Elle était sublime. Bella était certaine de faire tâche avec une telle beauté sur elle. « Elle est différente de la robe qu'on m'avait donnée... » songea Bella à haute voix, en touchant légèrement le tissu du bout des doigts.

Amélia hocha doucement la tête, « Oui, c'est une robe dite '' à l'anglaise ''. Elle est devenue à la mode avec le mouvement des Lumières. Levez vos bras, il faut que j'enlève votre chemise. »

Bella s'exécuta, « Oh...heu…je sais que je devrais probablement savoir de quoi vous parlez...mais je n'en ai aucune idée à la vérité. »

« Je sais. Aro m'a mis au courant de votre...situation. Ne vous inquiétez pas, je dois être la seule à le savoir, à l'exception des personnes présentes dans la salle des trônes ce jour là, bien sûr.» ajouta-t-elle en voyant la mine horrifiée de la jeune femme. Amélia revint avec une autre chemise, pratiquement identique à la première, qu'elle passa à Bella. « Il y a plusieurs types de robes, pour les femmes, dans ce siècle. Et je parle des femmes de l'aristocratie. Il y a le '' grand-habit '' réservé pour les grandes réceptions royales. Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez pas à en mettre un. Heureusement pour vous. Ces robes sont très inconfortables. Ensuite, nous avons les robes dites '' à la française '' qui sont des robes de Cour, assez volumineuses. Elles ne sont pas très confortables, mais idéales pour les réceptions et pour faire connaître sa richesse. Ensuite, il y a les robes à l'anglaise, comme celle-ci. » expliqua-t-elle en faisant un geste vers cette dernière, posée sur le lit « Elles sont moins prestigieuses que les deux autres, mais restent élégantes et raffinées. Elles sont très en vogue depuis 1780. Beaucoup plus confortables, elles n'entravent pas les activités d'intérieur, ni d'extérieur. »

« Wow » fut tout ce que Bella trouva à dire dans un premier temps. « Alors… elles sont uniquement populaires pour être plus...confortables ? »

« Oui, en quelque sorte. Tenez, regardez le corset, il est ajusté mais – et c'est la grande nouveauté – est dépourvu de baleines dans le dos, ce qui donne un aspect moins '' rigide'' et figé à la silhouette. Il n'y a pas de dentelles, ni de rubans. Les rembourrages des hanches sont bien moins volumineux que les robes à la française. Et d'ailleurs, les motifs en eux-mêmes sont bien plus simples, dans la grande majorité des cas la robe est de couleur unie ou à rayures. »

« Vous n'aviez pas à essayer de me la vendre, je vais la mettre pour éviter de rencontrer Aro à moitié nue. »

« Ce serait très inconvenant, en effet. »

Amélia s'exécuta rapidement. La robe était en taffetas de soie rose, de jolies fleurs blanches y étaient brodées. Les manches s'arrêtaient aux coudes et la jupe était si longue qu'elle traînait légèrement derrière.

« Voulez-vous un fichu pour vous couvrir? »

« Eh bien, le décolleté est assez indécent. » répondit Bella, en plissant doucement le nez.

Amélia lui lança un sourire bienveillant, « Il y a pire.»

Bella balaya sa remarque d'un revers de main, « Peu importe, je vais prendre le fichu, merci. »

Le fichu était une sorte de petit foulard que l'on passait autour des épaules pour dissimuler la gorge des femmes, afin de préserver leur pudeur. Quand Bella prit le fichu que Amélia lui tendait, elle voulut hurler de rire, puis pleurer.

« Il est transparent » fit-elle remarquer.

« En effet. »

« Il ne cache rien du tout, alors. »

« En effet. »

Bella leva les yeux au ciel, « A quoi sert-il ? »

« Il est appelé le '' fichu trompeur'', à cause de sa transparence. Je suis vraiment navrée mais...je n'ai que celui-là à vous proposer. C'est ce type de fichu qui est porté par les femmes de l'aristocratie...»

« Mais je ne suis pas une aristocrate. Je ne peux pas en avoir un pas du tout transparent, comme le vôtre? »

« Je suis navrée...mais le mien est bas de gamme. »

« Je veux un fichu bas de gamme, s'il vous plait. »

« Je vais voir ce que je peux faire, pour la prochaine fois. En attendant, enfilez-le » elle l'aida à le passer autour de ses petites épaules. « Vous êtes très jolie. » reprit gentiment Amélia.

« Je ne suis pas sûre de ça... »

« Si, venez voir. »

La domestique la conduit devant un grand miroir.

Elle n'était pas jolie du tout. La robe était jolie. Le fichu était joli. Mais pas sur elle. Ses cheveux bruns pendaient de chaque côté de son visage blanc. Elle avait des cernes immondes sous le yeux.

« J'ai l'air d'un cadavre. Non, attendez, j'oubliais. Les cadavres ici sont vraiment magnifiques. »

Amélia secoua négativement la tête en soupirant. « Je vais vous attacher les cheveux et vous maquiller. »

Maquillage ?

« Pas de maquillage, pitié »

« D'accord. Vous voulez des perles ? »

« Pardon ? »

« Des perles, autour de votre cou ? »

« Non. Pas de bijoux. Merci. »

Un quart d'heure plus tard, elle était prête. Amélia finissait de ranger la pièce. Quand elle eut terminé, elle se dirigea vers la porte d'entrée, « Aro ne devrait pas tarder. » expliqua-t-elle. « Si vous avez besoin de moi, sonnez la petite cloche qui est posée sur votre table de chevet. Je viendrai. »

Bella hocha lentement la tête. Amélia lui offrit un dernier sourire d'encouragement et disparut derrière la porte.

La brune soupira doucement. Elle se dirigea lentement vers la fenêtre, les mains devant elle. Elle était terrifiée à l'idée même de cette rencontre. Une seule petite chose la rassurait, s'il avait voulu la tuer, il l'aurait déjà fait.

Il faisait beau. La lumière du soleil se posa doucement sur son visage. Une chaleur et une douceur bienvenue. Elle ne savait pas ce que Aro lui voulait. Elle n'osait même pas l'imaginer. Tant de pensées, tant de souvenirs se bousculaient dans son esprit. Son avenir était clairement incertain.

Mais une chose était sûre.

Contre toute attente, elle était toujours en vie.

Et elle entendait le rester.


AVERTISSEMENT(S) :

- Le personnage principal a été victime de torture morale et physique.

- Abus sexuels sous-entendus par un des personnages.