DISCLAIMER :

- L'univers et les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer

- Les OC sont à moi

-Avertissements (si il y a) en bas de page

-Traduction en bas de page


Je suis un peu nerveuse car ce chapitre s'éloigne de l'oeuvre originale pour plusieurs raisons. Je vous retrouve en bas pour en parler.

Bisous.


oOo

Chapitre 7 :

Reines de cœur

oOo

Aro avait permis à Bella de retourner à l'auberge qu'elle avait occupé pendant ses premiers jours à Volterra. Ainsi, elle put s'assurer qu'il avait tenu parole, et que Rosetta allait bien. Ce qui était le cas. Elle en profita également pour rembourser ses dettes auprès des autres, grâce à l'argent que les Volturi avaient mis à sa disposition.

Rosetta était absolument ravie de la voir, bien qu'un peu inquiète.

« Alors, » avait-elle dit, « tu es toujours leur prisonnière ? »

« Si c'était le cas, ils ne m'auraient pas laissé venir ici. » avait répondu Bella. Bien que, après tout, où qu'elle aille, ils la retrouveraient.

« J'imagine que tu ne peux pas me dire qui ils sont ? »

« Je ne peux pas. »

« Je vois. Fais attention à toi. Ils ne sont pas nets. »

En effet, ils ne l'étaient pas.

Bella était sur le chemin du retour. Les rues étaient étrangement vides de monde. Elle constata la même la même chose arrivée sur la place centrale de la ville, juste en face du château des Volturi.

Elle s'apprêtait à gravir les marches pour rentrer dans le palais quand un cavalier apparut de la rue adjacente du bâtiment.

« Je vous cherchais partout. » lança une voix douce, qu'elle ne connaissait que trop bien.

Elle pivota sur elle même pour le voir, souriant, l'air satisfait de la prendre au dépourvu.

« Aro ? » demanda-t-elle, confuse, en redescendant les marches.

Elle s'arrêta à quelques pas de lui, en silence.

Son regard chocolat était rivé sur le cheval noir qu'il montait. C'était un lusitanien. Une race extrêmement populaire au XVIIe et au XVIIIe, appelé aussi « Cheval des rois », pour sa noblesse. Tout aristocrate digne de ce nom possédait un lusitanien.

Celui-là semblait nerveux, sur le qui-vive. Elle ne voyait que son profil, mais remarqua son œil exorbité de peur et son souffle lourd, bien que rapide. Il piaffait sur place. Il paraissait intenable.

Pourtant, l'homme semblait contrôler parfaitement la situation, et ne semblait nullement dérangé par la nervosité de sa monture.

Bella leva les yeux vers lui. Ses cheveux noirs, détachés et légèrement ondulés, pendaient de chaque côté de son visage blanc parfait. Il était habillé différemment par rapport aux fois précédentes. Ses vêtements étaient plus foncés. Une cape avec une capuche était sur ses épaules. La capuche n'était pas tirée sur sa tête, puisque les nuages régnaient en maîtres dans le ciel. Il avait également de longues bottes d'équitation qui lui arrivaient juste au dessous des genoux. D'une main de fer, gantée, il tenait les rênes de la bride. Son autre main reposait sur sa cuisse.

« Que faites-vous ici ? » demanda-t-elle après un moment de silence.

« Je l'ai dit, je vous cherchais. »

« Pourquoi ? »

« Je viens de terminer ma dernière réunion. Le prochain conseil est dans une heure. » expliqua-t-il doucement, « Une heure, c'est exactement le temps qu'ils nous faut pour aller à votre petite colline, chercher des indices et revenir. »

Tout devint clair dans son esprit.

« Je vois... » répondit-elle.

« Vous venez ? » demanda-t-il en tendant une main vers elle. Elle prit le temps d'admirer ses longs doigts élégants se déplier dans sa direction, avant de réaliser ce qu'il attendait d'elle.

Elle eut un mouvement de recul légitime.

« Quoi, vous voulez dire...avec vous ? Sur le cheval …? » elle déglutit en regardant la bête, aussi nerveuse qu'elle à présent.

« Oui. »

« Ne pouvons-nous pas... »

« Atteler les chevaux et préparer la voiture serait gaspiller inutilement notre temps. J'ai une heure à vous accorder. Pas une minute de plus. »

« Mais...je ne sais pas monter à cheval ! » s'exclama-t-elle, de plus en plus paniquée.

« Oui, c'est pour cette raison que je vous propose de monter derrière moi. »

« Mais...mais ! »

Il lui sourit, « Une personne qui est prête à risquer sa vie pour les personnes qu'elle aime, à se sacrifier sans hésiter, peut tout faire. Y compris monter à cheval. »

Elle le regarda fixement pendant un moment. Son sourire était réconfortant. Étrangement familier. Et tout aussi étrangement que cette pensée lui était venue, elle céda en un soupir.

Sa main était à peine dans la sienne qu'il la tirait vers le haut sans effort. Elle atterrit derrière lui, à califourchon, aussi blanche qu'un cadavre.

Je n'arrive pas à croire qu'il m'ait convaincu de faire ça ! Pleura-t-elle intérieurement.

Elle était sûre que monter à cheval, avec sa maladresse légendaire, n'était pas la meilleure idée du monde. Et pour tout arranger, sa tenue n'était certainement pas adaptée à une telle activité.

« Accrochez-vous. »

Elle n'avait pas enregistré ses paroles qu'il lançait le cheval au galop. Au début, elle s'accrocha vainement à sa cape. Mais trop secouée par le mouvement du cheval elle se décida à passer les bras autour de lui, et à resserrer ses jambes autour du ventre de la monture. Elle était plus stable, mais tout autant tétanisée. Elle serrait Aro si fort qu'une personne normale en aurait très certainement souffert. La tête contre son dos, elle n'osait pas ouvrir les yeux. Elle priait inutilement les dieux. Comme si les dieux ne l'avaient pas déjà abandonnée.

Finalement, elle s'y habitua malgré-elle et trouva le courage d'ouvrir lentement les yeux.

Le paysage défilait à toute vitesse. L'air frais frappait doucement son visage, pourtant baissé. Lentement, elle osa relever la tête, expirant lourdement.

Ce sentiment de liberté était incroyable.

Sa coiffure n'était plus qu'un vaste souvenir, et ses cheveux bruns s'agitaient au vent. Elle ne sait pas très bien combien de temps ils galopèrent ainsi. Quand le cheval ralentit, jusqu'à s'arrêter, elle en fut presque déçue.

« C'est là, j'imagine. » dit-il.

Elle tourna la tête du côté droit. La colline se dressait devant eux, aussi calme que le premier jour.

« Oui. »

« Nous devrions descendre. »

« Oui. »

Il marqua une pause. « Pensez-vous pouvoir...me lâcher ? »

Elle desserra immédiatement ses bras autour de lui en rougissant, « Pardon ! »

Il descendit rapidement, se retournant vers elle pour l'aider à faire de même. Il se figea néanmoins en la voyant là, totalement paniquée à l'idée d'être seule sur le cheval. Il ne put s'empêcher de rire.

« En effet, vous ne savez pas monter à cheval. » reprit-il légèrement.

« C'est mon extrême assurance qui vous fait dire ça ? » demanda-t-elle avec ironie.

« Non. Votre position. Les dames ne montent pas à califourchon. »

« Je ne suis pas une dame. »

Il rit ouvertement, « Je vois. Alors j'imagine que tous les artifices féminins que vous portez ne sont qu'illusion. » il fit un geste vers elle, lui tendant une main pour l'aider « Pour information, je vois vos bas. »

Bella baissa brusquement la tête vers ses jambes, s'apercevant en effet que sa robe était remontée jusqu'aux genoux et que ses bas de soie étaient visibles. Elle aurait dû en être gêné. Pourtant, elle répondit presque immédiatement, « Au moins, vous avez la confirmation que j'en porte. »

Elle savait parfaitement que sa réponse et sa position allaient absolument contre toutes les règles de bienséance que Renata avait commencé à lui apprendre. Néanmoins, il ne releva rien de tout ça, se contentant simplement de l'aider à descendre en lui offrant un de ses rares sourires, semble-t-il sincère.

Ils se fixèrent un instant en silence, se souciant peu de cette soudaine proximité. Bella se disait de plus en plus que tout chez lui lui paraissait familier. Ses yeux. Ses lèvres. Son sourire. Ses cheveux parfaits. Ses mains. Son attitude. Tout.

Elle mit cette pensée sur le compte de sa perfection vampire, une perfection dont elle était habituée.

Elle se racla la gorge en le dépassant. Faisant avec précaution le tour du cheval, elle se figea néanmoins une seconde pour admirer la colline qui se dressait devant elle. Elle commença à la gravir, Aro sur ses talons.

« Que cherchons-nous? » demanda-t-il, derrière elle.

Bella haussa doucement des épaules, « Un indice. N'importe quoi. »

Arrivés au sommet, ils commencèrent à chercher chacun de leur côté, sans parler, sans se regarder. Le silence régnait en maître. Ce petit jeu dura bien un quinzaine de minutes.

Bella porta son attention sur l'arbre au sommet de la colline. Un arbre mort à son époque. Elle posa doucement sa petite main sur le tronc. L'écorce était rugueuse sous ses doigts, elle sentait l'énergie de l'arbre. Il était vivant.

Que t'est-il arrivé ? Demanda-t-elle silencieuse.

« Il n'y a rien. » dit-il en arrivant à ses côtés. « Rien de visible, du moins. »

Elle perdit espoir.

« Je doute sincèrement de l'utilité de cette démarche » admit-elle brusquement.

Se détournant de l'arbre, elle s'éloigna pour aller observer Volterra au loin. Elle se tenait exactement au même endroit que ce fameux jour. Levant les yeux au ciel, elle observa les nuages gris en silence, cherchant à présent un indice dans le ciel.

Bella finit par soupirer, de dépit. Elle s'assit par terre. « C'est sans espoir. » murmura-t-elle.

Aro la rejoint. Il s'assit à côté d'elle sans un mot. C'était une action si normale qu'elle trouva étrange qu'il le fasse, comme si toute normalité s'était échappée de lui dès l'instant où il était devenu un vampire.

« Vous aviez dit que les gardes m'emmèneraient ici. » murmura-t-elle après un moment de silence.

Aro tourna lentement la tête vers elle, mais elle ne le regardait pas. « Oui, j'ai dit ça. »

« Et pourtant, vous êtes là... et pas eux. »

« Est-ce que cela vous dérange ? » il n'y avait pas d'animosité dans sa voix, mais toujours, cette étrange douceur qui semblait naturelle chez lui.

« Non, pas vraiment. Je pensais juste que vous seriez trop occupé pour le faire vous-même »

« Je suis occupé » confirma-t-il « Et les gardes aussi. »

« Dites plutôt qu'ils ne se soucient pas de l'humaine minable que je suis. »

« Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas entièrement faux non plus. Ils ont des choses plus importantes à penser. Les Volturi sont en guerre contre le clan roumain. Les gardes se chargent des membres de ce clan. »

« Ils les punissent ? »

« Non, ils les traquent, ils les trouvent et les exterminent. »

La tête de Bella pivota violemment dans sa direction. Sa lèvre trembla. Elle voulait parler. Mais aucun mot ne franchit ses lèvres dans un premier temps. Il ne la regardait plus, fixant simplement Volterra au loin d'un air satisfait.

« Vous...vous... » bégaya-t-elle, « Au nom de quoi...prétendez-vous décider de la vie ou...de la mort des gens ? »

Elle était trop pure, innocente et naïve pour concevoir une telle chose. Elle était aussi une fille moderne. Cette idée était inconcevable.

Il reporta son attention sur elle. Leurs yeux se captèrent.

« La justice.»

« Quelle justice ? » demanda-t-elle immédiatement « Votre justice ? La justice est ce qu'un homme s'estime légitimement en droit de faire de par sa raison ou, de par sa conscience individuelle. Il existe donc plusieurs justices. »

Aro lui sourit comme un adulte sourirait à un enfant ignorant. Il se leva lentement, descendant de quelques pas la colline, il finit par se retourner vers elle. Ses cheveux flottaient légèrement au vent. Ses yeux étaient plus foncés.

« Je pense que vous avez tort. Il n'y a qu'une seule justice. », elle ouvrait déjà la bouche pour contester, mais il reprit, « La mort qui frappe le nouveau-né : ceci, est un injuste. Toutes les misères auxquelles font face le peuple sont injustes. La femme qui se fait abuser par un homme, c'est injuste. Nous avons tous la même vision de l'injustice, n'est-ce pas ? Si nous avons tous une même vision de l'injustice, nous avons aussi la même vision de la justice. »

Bella pensait qu'il avait tort « Vous comptez donc éradiquer tout ça ? Sortir le peuple de sa misère ? »

« Les malheurs des hommes ne concernent pas les Volturi. J'ai seulement donné des exemples. »

« Alors, malgré votre vision très personnelle de la justice, vous dites que vous pourriez laisser un homme qui a violé une femme s'en sortir, juste parce que les affaires humaines ne vous concernent pas ? »

« Je ne punirais pas un homme qui a commis un tel crime. » admit-il en douceur.

« J'en était sûre. »

« Je le tuerais. »

Elle le regarda intensément. Il était tellement...tellement imprévisible. « Vous comptez également éradiquer la mort, qui touche les enfants en bas âge ? »

Il lui sourit doucement, « Nul ne peut éradiquer la mort, ni même la contourner. »

« Excusez-moi, mais n'est-ce pas la définition même du vampirisme, de l'immortalité dont vous jouissez ? »

« Les vampires sont déjà morts. Par ailleurs, le terme ''d'immortels'' semble erroné pour parler de nous. Cela sous-entendrait que nous ne pouvons pas mourir or, en plus d'être déjà morts, nous pouvons être détruits par le feu. Je préfère largement le terme ''d'éternels'' dans le sens où, le temps n'a pas d'emprise sur nous. »

Bella continuait de le regarder fixement, « C'est un point de vue plutôt intéressant, je dois dire. » admit-elle en douceur, « Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. »

Il inclina respectueusement la tête pour seule réponse.

« Cependant, je pense que vous avez tort en ce qui concerne la justice. Il ne s'agit pas d'une science exacte et neutre. Un dictateur n'aura certainement pas la même vision de la justice qu'un roi, qu'un président, ou qu'un homme du commun. De même, l'injustice semble subjective. »

Un nouveau sourire, plus indulgent, naquit sur les lèvres du vampire, « Vous êtes mignonne. Votre vision moderne du concept de justice me dépasse, je dois l'admettre. Et c'est parce que vous êtes une femme moderne et moi, un vieil homme vivant dans le passé, que nous n'arrivons pas à nous entendre»

« J'ai admis que votre vision de l'immortalité ou plutôt, de l'éternité, me paraissait logique. » elle cueillit une petite fleur, la tournant entre ses doigts « Pensez-vous que nous puissions nous entendre sans nous battre constamment l'un contre l'autre ? Ou faut-il toujours que l'un de nous ait tort ?»

« Nous ne nous battons pas. Nous débattons. »

« Un débat n'est-il pas un combat verbal ? »

« Non, un débat est une discussion entre deux personnes ayant des avis différents. N'avez-vous jamais eu ce type de discussion avec vos proches ? »

Elle hésita, un instant. « Si. Avec mon mari. Mais les débats que nous avions tournaient surtout autour du mariage. Et...ce n'était pas toujours si...civilisé. » Elle lâcha brusquement la petite fleur qu'elle tenait en main depuis une minute, et décida qu'il fallait changer de sujet, « Comment s'appelle votre cheval ? »

Aro souffla lourdement, « Son nom est Titus. Ne vous moquez pas. Ce n'est pas mon cheval, c'est celui de Caius. Il aime chasser. » il marqua une pause, avant d'ajouter « Je veux dire...chasser les animaux. Il le fait ''pour le sport'' dit-il» il grimaça doucement, comme si l'idée même lui donnait la nausée.

« Vous n'avez pas l'air de cautionner sa...distraction. Peut-on appeler la chasse comme cela ? » demanda-t-elle, souriant doucement.

« C'est une pratique que je trouve tout à fait barbare. Les animaux sont les êtres les plus purs et innocents de cette misérable terre. »

« C'est ironique ? » demanda-t-elle immédiatement, « Je veux dire, qualifier la chasse de barbare alors que, excusez-moi mais, n'êtes vous pas censé chasser les êtres humains? »

« Les hommes sont loin d'être purs et innocents. Ce sont des êtres sales et corrompus. »

« C'est une raison légitime pour les tuer ? »

« Ça l'est, pour moi. »

« Que faites-vous des enfants, innocents et purs, eux ? »

« Je ne me nourris pas d'enfants. »

« Je vois. Mais, d'un autre côté, vous définissez les êtres humains comme sales et corrompus alors que vous avez été vous-même humain, vos ancêtres sont des humains. Il y a une faille dans votre raisonnement... »

« Je n'ai jamais dit que je ne m'incluais pas dedans. »

« Vous avez une très basse estime de vous même, alors. »

« Pas vous ? »

Elle réfléchit, et sourit, « Je suis la première à admettre que je suis la femme la plus malchanceuse, la plus laide et la plus stupide de cette terre. » admit-elle.

« Vous n'êtes rien de tout ça. » reprit-il en regardant au loin, « Bien que j'apprécie nos conversations, le temps s'écoule, et nous nous sommes écartés de l'objet de notre venue. »

Bella se leva, lissant la jupe de sa robe, « Puis-je vous poser une question ? » demanda-t-elle alors qu'ils redescendaient la colline.

« Hum ? »

« Où est Carlisle ? Je pensais qu'il faisait parti de votre clan... »

Elle vit son visage se fermer brusquement, ses yeux froids ne la regardaient plus, « Carlisle a quitté les Volturi dans les années 1720. J'ignore où il est. »

Ils s'arrêtèrent devant Titus, le cheval fou de Caius. Il rajustait les rênes sans la regarder, sans parler. Leur étrange complicité était partie, morte, aussi rapidement qu'elle était née. Elle venait de tout gâcher par une simple question. Et pourtant, elle s'était surprise à aimer leur conversation. C'était facile, avec lui. Plus facile qu'avec ses propres parents, plus facile qu'avec Edward.

« Je serai absent pour un temps. » dit-il finalement. « Je dois aller à Rome. »

« Oh... » fut tout ce qu'elle trouva à répondre. D'une certaine manière, elle était triste qu'il parte. Cette tristesse était inexplicable.

« Rentrons. »

Elle eut mal au cœur.

Littéralement.

oOo

Bella avait épluché absolument tous les livres en anglais de la bibliothèque, allant même jusqu'à en faire des nuits blanches. Le problème principal étant que les ouvrages en anglais ne représentaient que 3 % de la bibliothèque des Volturi. Tous les autres étaient soit en italien, soit en grec, en français, en espagnol, en russe mais surtout en latin. Ses bases en espagnol et en français n'étaient pas suffisantes pour l'aider dans ses recherches. Et au final, elle n'avait rien trouvé concernant son problème. Rien du tout.

Bella se sentait si seule, de nouveau.

Ses journées étaient partagées entre ses recherches et ses cours avec Renata. L'une des rares personnes qu'elle côtoyait d'ailleurs, avec Amélia.

Au fur et à mesure que ses recherches avançaient, son courage s'envolait. L'espoir commençait à mourir doucement dans son cœur.

Ses doutes étaient de plus en plus forts, de plus en plus présents. Elle commençait à en faire des cauchemars.

Seule, au milieu de cette immense bibliothèque, elle songeait à tout ce qu'elle avait à perdre. Peut-être avait-elle déjà tout perdu. Ses yeux chocolat balayaient frénétiquement les titres des livres, sur les étagères. Elle se perdait volontiers dans les différents rayons de la bibliothèque. Elle ne croisait jamais personne. Comme si personne ne venait.

Oui...elle était si seule.

Soupirant, elle s'arrêta et leva la main pour saisir un livre. Il semblait vieux. Les pages étaient jaunies, et abîmées. Et surtout, il était en italien. Elle s'assit à même le sol et commença à le feuilleter en silence.

Elle ne parlait pas l'italien, mais certains mots pouvaient être compris facilement.

Elle ne savait pas trop ce qu'elle cherchait. Bien sûr, elle cherchait des informations, n'importe lesquelles. Peut-être...des témoignages de personnes ayant fait la même expérience. Ou encore...une explication sur la façon d'effectuer un tel voyage. Oui, une explication. N'importe quoi, en fait.

Elle soupira lourdement, fermant le livre avec plus de brutalité qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle s'était levée pour le remettre à sa place quand des petits bruits de talons raisonnèrent dans la bibliothèque. Bella se figea dans son mouvement.

« Ah, vous êtes là ! » s'écria joyeusement une voix de femme, « Cela fait une éternité que nous vous cherchons. On ne parle que de vous dans ce château. »

Bella tourna la tête vers l'entrée du rayon pour voir les deux plus belles femmes qu'elle n'avait jamais vue de toute sa vie. Celle qui ouvrait la marche était une petite femme brune souriante et belle à damner. Elle semblait glisser sur le sol, tant elle était élégante. Sa robe bleue pâle paraissait voler autour d'elle quand elle se déplaçait. Son rire était une musique aux oreilles de Bella. Son visage, par ailleurs, était étonnant et ne lui était pas totalement inconnu. Sa mâchoire était plutôt bien dessinée, mais pas de façon grossière. Ses lèvres pulpeuses abordaient un sourire bienveillant. Elle ne semblait que joie et bonheur.

La seconde femme était plus grande, plus fine et plus svelte. Sa chevelure blonde était à demi attachée par un ruban, derrière son crâne. Elle semblait beaucoup plus calme que la première femme, mais son sourire était, bien que plus réservé, tout aussi bienveillant. Sa robe rouge était assortie à ses lèvres et à ses yeux. Quelque chose chez elle respirait la simplicité. Une noble simplicité.

Bella resta sans voix. Elle regardait, incrédule, la petite femme brune arriver à sa hauteur en riant.

« Bonjour ! Comment allez-vous ? »

La blonde apparaissait derrière son amie en soupirant « Mon Dieu, tu fais les choses dans le désordre. Tu ne vois pas qu'elle est effrayée ? »

La petite femme paraissait fort triste par cette révélation, « Est-ce vrai ? Vous n'avez pas à avoir peur de nous, vous savez. »

Bella plissa légèrement les yeux, confuse. Elle plaqua le livre contre sa poitrine, « Excusez-moi...qui êtes-vous ? »

« Oh ! » s'écria la brune en hurlant de rire, « Bien sûr ! Quelle tête en l'air je suis ! Je m'appelle Didyme, je suis la femme de Marcus et la sœur d'Aro. »

La sœur d'Aro. Voilà pourquoi ce petit bout de femme lui paraissait tellement familier. Ce sourire. Ce sourire était exactement le même que son frère.

« Et elle, » reprit tranquillement Didyme en montrant la jolie blonde d'un geste de la main, « C'est Athenodora, la femme de Caius. Mais vous pouvez l'appeler Dora. »

Ladite Dora jeta un coup d'œil fatigué à la sœur d'Aro, « Elle est intenable depuis qu'elle sait que vous êtes ici. »

« Marcus m'a tant parlé de vous, Isabella ! J'ai l'impression de vous connaître déjà ! »

« C'est juste...Bella. Je n'aime pas mon prénom. »

« Oh ! Vraiment ? Il est très joli, pourtant. » répondit aimablement Didyme.

Bella se sentait bizarrement bien. Tous ses doutes, toutes ses incertitudes, ses peurs disparurent brusquement.

« Merci beaucoup... » répondit-elle maladroitement, « Hum...alors...vous êtes les femmes de Marcus et Caius... »

Didyme hocha vivement la tête, « Oh, oui. Mon mari vous apprécie beaucoup. Il vous trouve très gentille. »

Bella fronça les sourcils, « Je n'ai vu Marcus que deux fois...dans la salle des trônes. Nous n'avons pas beaucoup échangé. »

« Eh bien, il vous trouve tout de même très gentille. »

« Ah... », fut tout ce qu'elle trouva à répondre, « Je crois que...c'est un peu grâce à lui si je suis en vie...Il a empêché Aro de me tuer la première fois. »

Didyme hocha vivement la tête, « Oui, il me l'a raconté. Il dit que vous êtes la clé.»

Bella fronça les sourcils, « La clé ? La clé de quoi ? »

« Oh, vous savez » dit-elle joyeusement en haussant les épaules, « Il aime philosopher sur la vie. Je ne comprends pas toujours ce qu'il dit. Mais je le trouve vraiment adorable ! »

Athenodora leva doucement les yeux au ciel, « Seigneur...Tout ce que tu aimes chez ton mari est détesté par le reste du monde. »

« Dora est simplement jalouse de ne pas avoir un mari aussi charmant et gentil que le mien. »

« Caius peut se montrer très gentil. »

« Oui, une fois tous les trois cent ans. »

« Ce n'est pas vrai, et tu le sais. »

« Oh, je t'en prie, Dora ! Il est insupportable la plupart du temps. »

Elles étaient drôles. Bella donnait tout pour ne pas rire. Elles étaient une bouffée d'air frais bienvenue.

« Excusez-moi...je ne veux pas être indiscrète ou quoi que ce soit mais...la femme d'Aro n'est pas avec vous ? »

Didyme cligna plusieurs fois des paupières, « Mon frère n'est pas marié. »

Quoi ? Sérieusement ?

« Oh... »

Elle était persuadée qu'il l'était. C'était d'une telle évidence pour elle, qu'elle tomba des nues. Sa surprise devait se voir sur son visage car Didyme éclata de rire.

« Vous ne le saviez pas ? Aro se fiche un peu de tout cela. Pour tout vous dire, je crois qu'il se met lui même des barrières inutiles. Il va me tuer pour avoir dire ça, j'en suis certaine. En fait, il n'est pas très porté sur la chose. Il est un intellectuel. L'Amour est quelque chose de futile à ses yeux. Mais voyez-vous, il est roi. Et les hommes de pouvoir attirent les femmes vénales. Il se faisait couramment harceler par des harpies qui voulaient mettre la main sur une jolie couronne. Alors, il a lui-même laissé courir le bruit qu'il avait des goûts italiens. C'était à mourir de rire, bien sûr ! »

Bella fronça les sourcils, « Des...goûts italiens ?»

Didyme semblait très amusée par ça, « Oui, vous savez… un homme qui aime la compagnie d'autres hommes... »

« Vous voulez dire qu'il s'est fait passer pour gay ? »

La sœur de ce dernier acquiesça, « Oui, ça à tellement bien marché que les harpies ont arrêté de le harceler.»

« Oh mon Dieu...c'est... fou »

« C'était affreusement drôle…Il en était très amusé aussi. Mais il a arrêté de rire quand il a commencé à recevoir des avances d'hommes. »

Bella plaqua une main devant ses yeux, gênée, « Seigneur… Êtes-vous certaine que vous ayez le droit de me dire ça ? »

« Je n'en suis pas tout à fait sûre...Je pense qu'il va me tuer. » songea Didyme, « Voulez-vous faire un tour dans les jardins avec nous ? »

Bella jeta un coup d'œil rapide aux étagères et aux livres à sa gauche, « Eh bien...c'est que… »

« Oh, de grâce, faites-nous ce plaisir. Votre histoire semble fabuleuse, je veux l'entendre ! »

L'humaine céda dans un soupir.

oOo

A partir de ce jour, Bella ne fut plus jamais seule. Et plus jamais, elle n'eut le sentiment d'être perdue et abandonnée. Au contraire, pour une raison tout à fait inexplicable, elle se sentait plus optimiste, paisible et revigorée. Elle avait très vite compris que cette exaltation était liée à la présence des deux reines. Leur compagnie lui faisait un bien fou.

Didyme et Athenodora eurent même la bonté de l'aider dans ses recherches. Parlant couramment l'italien, le grec, le latin, l'espagnol et le français, elles purent traduire un bon nombre d'ouvrages de la bibliothèque.

Tous les matins, les trois femmes se retrouvaient à la bibliothèque et cherchaient le moindre petit renseignement. Leurs efforts n'avaient pas été récompensé, pour le moment.

L'après-midi, elles sortaient dans les jardins, profiter du grand soleil d'Italie.

Bella adorait les jardins de Volterra. Ils étaient délimités par de grands murs, qui les cachaient du reste de l'Humanité. Ainsi, les vampires de ce château pouvaient jouir aisément du soleil d'Italie, sans prendre le risque d'être aperçu par les humains. Les jardins étaient à l'anglaise, la nature n'était donc pas soumise comme pour les jardins à la française. Les formes étaient donc volontairement irrégulières, pour laisser un semblant de chaos, mais à la vérité, ce manque d'organisation n'était qu'illusion. Les jardiniers s'activaient à donner au jardin une allure champêtre. L'aspect sauvage et poétique de la nature demeurait donc contrôlé.

Mais qu'importe, Bella adorait absolument tout de ces jardins : les chemins tortueux, la végétation en apparence non domestiquée, les arbustes, les rochers, les statues, les bancs, les fontaines, les fleurs de toutes les couleurs.

C'était si beau que souvent, Bella empruntait un livre à la bibliothèque et allait s'installer sur un des bancs de pierre des jardins, bercée par le bruit de l'eau qui s'échappait des fontaines. Athenodora et Didyme n'étaient jamais très loin. Leurs rires raisonnaient souvent et apaisaient son âme torturée.

Cette après-midi là, nulle lecture à l'ombre d'un arbre de prévue. Didyme et Athenodora l'avaient ouvertement accaparée. Elles ne cessaient de parler, surtout Didyme, lui posant des questions sur son siècle, sur sa vie, sa famille. Bella répondait avec bienveillance, sans donner beaucoup de détails.

Elles flânaient ensemble sur un petit chemin de terre. Didyme avait passé son bras sous celui de Bella d'une façon familière. Athenodora était à quelques pas derrière elles, et cueillait des fleurs.

« Vous êtes belle. Cette robe semble être faite pour vous. » complimenta gentiment Didyme, « Elle est très populaire chez les femmes de l'aristocratie française et européenne. On dit que c'est Marie-Antoinette qui a lancé la mode. »

« Oui. Elle est très confortable. Merci de me l'avoir prêtée, Didyme. » répondit doucement Bella

« Je vous la donne, en fait. »

Les joues de l'humaine devinrent rouges, « Oh, non, je ne peux pas accepter. »

La femme de Marcus leva sa main libre pour la faire taire, « Allons, ce n'est pas négociable. Elle est trop grande pour moi. De toute façon, Aro refuse que je mette une telle robe. »

Bella fronça doucement les sourcils, confuse, « Pourquoi ça ? »

La reine haussa les épaules en riant, « Il dit que ce n'est pas digne d'une reine et que cela est indécent. Il nous interdit d'en porter, Athenodora et moi. Aro n'est pas quelqu'un qui accepte un ''non'' alors, nous nous adaptons. »

Cette robe qui leur était interdite était appelée couramment « Chemise à la Reine ». Cela désignait, entre autre, une robe blanche et ample, en percale de coton, en lin ou bien encore en mousseline, sobrement garnie de volants et de plissés. Il s'agissait bien d'une robe, et non d'une chemise comme le laissait penser son nom. Cette appellation venait en fait du blanc uni de cette dernière, qui était la couleur réservée aux sous-vêtements féminins de l'époque, tandis que les robes étaient traditionnellement coupées dans des étoffes colorées.

Très loin des représentations officielles, cette tenue estivale était souvent agrémentée d'un simple chapeau de paille, d'une ceinture de couleur et parfois d'un châle ou d'un fichu selon les différentes variantes du décolleté. Beaucoup plus légère qu'une robe classique, plus confortable que les robes à l'anglaise, elle avait été en effet démocratisée par la Reine de France. Cependant, malgré la simplicité de ce vêtement, la tenue ne se dispensait bien sûr pas d'une chemise en guise de sous-vêtement, d'un jupon et d'un corset.

Cette robe avait la mauvaise réputation de faire trop « paysanne », même si les robes des femmes du peuple n'avaient rien à voir avec ceci. Et il était très mal vu que les femmes de l'aristocratie se donnent ainsi en spectacle dans de telles tenues, jouant les paysannes dans leurs jardins alors même qu'elles ignoraient tout de la misère du peuple.

C'était par la simplicité épurée et dénuée d'afféterie de leurs robes que les bergères d'un jour se voulaient en osmose avec la nature.

Cette simplicité et cette légèreté plurent immédiatement à Bella.

« Alors...Aro vous dit vraiment ce que vous pouvez ou non porter ? »

Didyme rit de bon cœur, « Oh, non, pas vraiment. Il a juste mis son veto pour la Chemise à la Reine. »

« Je vois... »

« Vous savez, je sais qu'il paraît assez effrayant et dur mais en réalité, c'est quelqu'un de bon qui se soucie sincèrement des autres. La plupart des vampires de ce château descendent directement de lui. Il est aimé d'eux. »

« Pourquoi me dites-vous ça ? »

Didyme la fixa de ses deux yeux rouges doux et familiers, « Je sais que vous avez un peu peur et que vous ne savez pas quoi penser de lui. Mais il ne faut pas croire tout ce qu'on dit à son propos. Les gens le détestent, mais pour les mauvaises raisons. »

Bella ne dit rien pendant un moment, méditant ses paroles en silence. Didyme avait raison : elle ne savait pas quoi penser de Aro. Edward avait dit tant de choses à son propos, des choses vraiment horribles et terrifiantes. Et ces choses-là avaient été en partie vraies...Mais c'était avant qu'il ne lui propose son aide. Maintenant, elle était juste totalement perdue. Elle ne savait plus ce qu'elle pensait de lui. Une partie d'elle était toujours effrayée, bien sûr. Mais il y avait autre chose. Quelque chose d'inconscient, qu'elle n'était pas prête à admettre tout de suite. Il lui avait donné sa parole et pour une raison inexplicable, elle le croyait aveuglément.

Elle avait confiance en lui.

« Je pensais qu'il était cruel » avoua brusquement Bella, baissant les yeux au sol.

« La plupart des gens le pensent. »

« Il a essayé de me tuer. »

« Il voulait juste nous protéger. »

« Je sais. », murmura Bella, « Je sais... »

Didyme l'obligea à s'arrêter et à la regarder « S'il vous plaît, vous ne pouvez pas lui en vouloir pour une chose que vous ne comprenez pas... »

Bella la fixa un moment en silence. « Je comprends. » répondit-elle en douceur « Et je ne lui en veux pas. »

Elle avait essayé cependant. Elle avait essayé de continuer à le craindre pour ce qu'il faisait, pour ce qu'il était. Mais elle était faible.

Une lueur étrange apparut dans le regard de la petite reine, « Vraiment ? Vous ne le haïssez pas ? »

« Je n'ai jamais détesté personne. »

« Vous êtes si différente de Daphné... » lâcha brusquement la petite sœur d'Aro. Puis, réalisant ses paroles, un expression paniquée naquit sur son visage.

« Qui est Daphné ? » demanda immédiatement Bella

Athenodora apparaissait soudainement à leur côté, fusillant Didyme d'un regard noir meurtrier « Personne. » répondit-elle catégoriquement d'une voix froide. « Tu ne peux pas tenir ta langue ? »

« Je suis vraiment navrée. Son nom m'a glissé des lèvres. »

« Tu es impossible, Didyme. Vraiment impossible. » soupira la blonde, « Maintenant, arrête de parler. Tu vas nous embarrasser. »

Sur ces dernières paroles, elle les dépassa pour aller cueillir une rose.

Bella regardait fixement Didyme « Est-ce tabou? »

Le rire nerveux de la reine répondit de lui-même, « S'il vous plaît, pourriez-vous garder ce qui vient de se passer pour vous ? »

« Est-ce vraiment si terrible ? »

« Cela dépend si vous tenez à la vie. »

Ne voulant pas être indiscrète, Bella ne posa pas plus de questions. Mais sa curiosité avait été piqué et le nom de Daphné était à présent gravé dans sa mémoire.

Elles finirent leur petit tour des jardins, trouvant un banc pour s'asseoir, à l'ombre d'un arbre.

« Puis-je vous demander quelque chose, Didyme ? » demanda nerveusement Bella, après s'être installée aux côtés de la femme de Marcus.

« Bien sûr. » répondit cette dernière, avec un sourire.

« Quel est le pouvoir d'Aro ? »

« Carlisle ne vous l'a pas dit ? », Bella secoua négativement la tête pour seule réponse, Didyme reprit « Je vois. Eh bien, Aro est un télépathe. Il peut voir toutes les pensées qu'une personne n'ait jamais eu avec un simple contact. »

Bella essaya de ne pas paraître trop terrifiée par cette révélation. Mais c'était effrayant, à la vérité. « Je vois...cela semble vraiment horrible. »

« Il ne le porte pas comme un fardeau. »

« Et...Marcus ? Il a...un pouvoir ? »

Le visage de Didyme s'illumina d'un sourire charmant à l'évocation de son époux, « Marcus voit les liens entre les personnes. Haine, Amour...rien ne lui échappe. »

L'humaine hocha la tête, « Caius ? »

« Caius n'a pas de faculté spéciale. » répondit Athenodora en le rejoignant, « J'ai terminé mon bouquet, comment le trouvez-vous ? », demanda-t-elle joyeusement en s'asseyant à la droite de Didyme. Les deux autres femmes la complimentèrent brièvement avant de passer à autre chose. « Il paraît, Bella, que vous êtes immunisée contre les pouvoirs des vampires. Est-ce vrai ? »

« Je...je ne saurais le dire. Mon mari est télépathe également et il ne peut pas lire dans mes pensées. Mais… », Bella soupira, « l'une de ses sœurs a la faculté de voir l'avenir...et elle a déjà vu le mien... »

« C'est étrange, en effet. » confirma la blonde « Surtout en sachant que Marcus a vu les liens puissants que vous partagez avec Cullen...et d'autres... Par ailleurs, vous semblez réceptive au pouvoir de Didyme. »

Les yeux de Bella glissèrent lentement vers la sœur d'Aro, son regard rouge et doux la rassura « Vous avez...un pouvoir ? »

Didyme lui fit un clin d'œil pour seule réponse avant de tourner la tête vers le petit chemin qu'elles avaient empruntées pour venir jusqu'ici. Là, un sourire radieux éclaira son visage d'ange et elle se leva d'un bon, « Mon frère ! Comme il est bon de te revoir ! »

Bella tourna immédiatement la tête et le vit, lui. Sa respiration se figea un instant. Il était là. Didyme était arrivée à sa hauteur en un éclair, se hissant sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue.

« Regardes, » dit-elle en faisant un geste vers les deux femmes qui étaient restées assises sur le banc « Nous avons rencontré Bella ! Tu ne pensais tout de même pas la garder cachée ? »

Aro lui sourit avec indulgence « Tu te trompes sur mes intentions, petite sœur. »

Didyme balaya sa remarque d'un revers de main, lui agrippant fermement le bras, elle l'obligea à rejoindre les deux autres. Bella se leva quand ils arrivèrent près d'elles.

« Que faisais-tu à Rome, de toute façon ? » reprochait Didyme, « Tu es parti depuis si longtemps que l'on pensait te remplacer définitivement par Caius. »

« Je suis sûr qu'Athenodora aurait été ravie de devenir la première dame de ce château. » répondit-il aimablement en laissant glisser son regard jusqu'à la principale concernée.

« Tu ne me connais que trop bien. » répondit la blonde avec une fausse arrogance.

« J'imagine, oui... », puis, ses yeux rouges vitreux se posèrent enfin sur elle. Bella se redressa légèrement, liant sagement les mains devant elle. Il prit le temps de détailler sa tenue et cette robe, qu'il détestait tant. Il ne souriait pas, mais il semblait tout de même amusé. Ses yeux brillaient d'une malice qu'elle ne connaissait pas. « Madame Cullen » la salua-t-il d'un ton parfaitement neutre.

« Bonjour, Aro. »

Son prénom avait encore glissé de ses lèvres bien malgré elle. Quelque chose d'inimaginable se passa dans ses entrailles quand elle le prononça. Une chose idiote qu'elle réprima immédiatement.

Didyme se retourna vers son frère et demanda joyeusement « Tu viens te balader un peu avec nous ? »

Il soupira d'un air désolé, « Hélas, non, je ne suis pas là pour ça. J'aimerais, si vous n'y voyez aucun inconvénient, vous emprunter Madame Cullen, quelques instants. » Ses yeux se reposèrent sur elle.

Didyme paraissait fort fâchée par cette nouvelle. Pour la première fois depuis que Bella la connaissait, un froncement de sourcils assombrit son visage « Tu as tout intérêt à nous la ramener rapidement. »

« Je m'y engage. »

Cette réponse arracha un soupir exaspéré à sa sœur.

Bella le regarda s'avancer vers elle.

« Faisons quelques pas, voulez-vous ? » dit-il aimablement en montrant les jardins d'un geste du bras.

Ils marchèrent en silence dans un premier temps, s'éloignant doucement des deux autres. Bella était nerveuse. Elle ne pouvait s'empêcher de lui jeter des petits coups d'oeil discrets. Il ne le remarqua pas, du moins, s'il l'avait remarqué, il n'en montra rien, se contentant de regarder droit devant lui. Après quelques instants, elle cessa son petit jeu et commença à fixer ses pieds.

Qu'allait-il lui dire ?

Avait-il une piste ?

Tant de questions sans réponses se bousculaient dans sa tête. Elle voulait qu'il parle. Immédiatement. Mais il demeura silencieux encore longtemps.

Sa robe de mousseline blanche volait légèrement au vent. Elle tripota nerveusement le ruban rose autour de sa taille.

Quand il estima qu'ils étaient assez éloignés des oreilles indiscrètes il s'arrêta et se retourna vers elle.

« J'ai des nouvelles. »

Le cœur de Bella bondit dans sa poitrine, « Vraiment ? »

Il hocha la tête, « J'ai eu l'autorisation d'effectuer des recherches à la bibliothèque de Rome. Je ne vous cache pas que cela a été dur, mais je suis doué pour découvrir les secrets des gens et les utiliser contre eux. Vous allez donc vous rendre dès que possible à Rome pour y faire des recherches. »

Bella hocha la tête, « Merveilleux. Mais je pensais que la bibliothèque de Volterra était la plus grande d'Italie. En quoi nous rendre à celle de Rome nous aiderait ? »

« Vous ne comprenez pas, n'est-ce pas? » demanda doucement Aro, « A Rome, nous aurons accès à l'Index librorum prohibitorum »

« Je...je suis censée savoir ce que c'est ? », elle avait vraiment l'impression d'être inculte.

Elle l'était sûrement en fait.

« Ce sont les ouvrages et documents interdits par l'Église catholique » expliqua Aro, dans un murmure « Je mise toutes nos chances là dessus. Si il y a, dans ce monde, un témoignage d'une personne ayant voyagé dans le temps, il est dans l'Index. Vous comprenez, ce n'est pas très catholique d'affirmer que l'on vient d'un autre temps. L'Église a peut-être étouffée l'affaire, comme elle l'a fait tant de fois. »

Bella leva les deux mains devant elle, ses yeux écarquillés d'admiration, « Ok, vous êtes un putain de génie. »

« Je sais, j'ai tant de qualités exceptionnelles à admirer. Mais ce n'est pas tout. »

« Je ne suis pas sûre que vous puissiez faire mieux ça. »

« Je suis certain du contraire, cependant. Je crois vous avoir parlé d'une personne qui pourrait nous aider. »

« Celle qui est à Paris ? »

« Elle-même. Figurez-vous qu'elle est rentrée, il y a deux jours. Elle est à Florence à l'instant même où je vous parle. »

« Eh bien, qu'attendons-nous ? » demanda Bella

« Vous ne pouvez pas la rencontrer, c'est une comtesse. »

« Et alors ? »

« Et alors, vous êtes une inconnue, vous n'avez pas été présenté à la Cour donc vous n'avez pas été introduite dans le monde. Si vous n'avez pas été introduite, vous ne pouvez pas rencontrer d'autres nobles. »

« J'espère que vous êtes conscient de la débilité de cette tradition, si je puis l'appeler comme ça. Les choses sont légèrement différentes, vos coutumes attendront. Je ne vais pas être présentée à la Cour d'Italie juste pour rencontrer une seule noble »

« Nous ne serons pas obligés d'en arriver là. » tempéra-t-il doucement, « J'ai une solution. »

« Magnifique, pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ? »

Il lui lança un regard fatigué avant de reprendre, « Le comte d'Este organise une réception demain soir, toute la noblesse de Florence y est conviée. »

« Donc potentiellement votre amie aussi. »

« Oui, potentiellement. Et c'est plus une connaissance qu'une amie, à dire vrai. Peu importe. Il se trouve que je suis un homme particulièrement influent et puissant, voyez-vous... »

« Vous êtes invité à la réception » devina Bella en levant légèrement les yeux au ciel.

« Oui, c'est exact. »

« Alors, vous allez vous y rendre. » comprit-elle avec justesse.

Il pointa légèrement le doigt vers elle « Et vous allez m'accompagner. », il la détailla brièvement et un sourire moqueur naquit sur ses lèvres sombres « Mais pas dans cette tenue. »

Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire.


AVERTISSEMENT(S) : Aucun.


Le blabla d'après chapitre :

- Didyme : Didyme est censée être morte dans l'oeuvre originale. Mais comme c'est un personnage que j'aime d'amour, j'ai décidé de l'inclure. Dans la réalité, Didyme et Marcus vont vouloir quitter le clan ce qui ne va pas du tout plaire à Aro. Didyme est alors tuée par Aro après sa « trahison » . Dans cette histoire, Marcus et Didyme n'ont pas voulu partir, donc Aro n'a pas à tuer sa sœur. Le côté maussade de Marcus vient du fait qu'il s'ennuie et déteste son travail. Malgré le fait que sa femme soit toujours vivante, j'ai voulu gardé son côté mélancolique.

- Carlisle : S. Meyer a laissé entendre qu'il aurait rejoint les Volturi dans les années 1700 et qu'il les aurait quitté vingt ans plus tard. Dans cette histoire, la froideur d'Aro laisse penser que Carlisle et lui ne se sont pas quittés en bons termes (contrairement à l'œuvre originale).

- Le célibat d'Aro : Il est censé être marié à Sulpicia dans l'histoire originale. Ce n'est pas le cas ici. En revanche, ça ne veut pas dire que Sulpicia n'interviendra pas dans le récit plus tard.