DISCLAIMER :

- L'univers et les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer

- Les OC sont à moi

- Avertissements et traductions (si il y a) en bas de page comme d'hab'

- Certains éléments de ce chapitre s'éloignent de l'œuvre originale

Blabla :

Cela fait tellement longtemps ! Je travaille jusqu'en août et c'est compliqué de poster un nouveau chapitre car je suis très fatiguée. Alors, c'est le seul chapitre que je posterai jusqu'en août. Après le boulot, je pars en vacance...j'essayerai de poster avant de partir. Si je n'y arrive pas, je posterai après. Je suis désolée, j'ai dit que je serai régulière et je me rends compte que je n'y arrive pas. Je fais de mon mieux.

Bisous et merci de vos mots, de votre compréhension.


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Chapitre 9 :

« L'amour, souvent, se cache sous les apparences d'une innocente amitié. »

- Marie-Jeanne Riccoboni (1772)

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Il l'avait abandonnée pour parler à la comtesse. Elle était seulement là, près de cette immense cheminée à boire du vin.

Elle détestait le vin.

Son dos était appuyé contre le mur. Ce n'était sans doute pas une position très correcte, mais elle s'en fichait.

François la fuyait comme la peste, à présent. Pas étonnant son « oncle » l'avait humilié devant une assemblée entière. Et il y avait eu des témoins. Pour se racheter un honneur, le petit français devait à cet instant répandre les pires des calomnies sur Aro. Des bassesses bien sûr, car son esprit et ses arguments ne pouvaient égaler ceux d'Aro, quand il se retrouvait face à lui. Que voulait-il faire face à un vampire de plus de trois milles ans, de toute façon ?

Trois milles ans, songea Bella avec horreur. Il était le vampire le plus vieux qu'elle n'ait jamais rencontré.

Les autres nobles lui jetaient des regards curieux ou mauvais. Ils n'osaient pas l'approcher. Le dernier qui l'avait approchée était François, et Aro avait été furieux. Elle avait un démon pour oncle et tout le monde le savait, donc personne ne voulait l'approcher.

Elle ne se souciait pas de ce qu'ils pensaient. Au moins, elle n'avait pas à faire semblant d'être polie.

Soudain, elle aperçut Aro et Virginia revenir vers elle. Elle se redressa correctement, finissant son verre d'une traite.

Aro plissa doucement le nez en arrivant à sa hauteur.

Virginia souriait aimablement, « Si nous allions faire une promenade dehors, Victoria ? »

Bella la regarda, puis elle regarda Aro. Il hocha la tête à sa question silencieuse.

Elle soupira « J'arrive. »

« Très bien. Je vous attends dehors. » répondit la comtesse avant de se détourner et de sortir.

Aro lui prit le verre des mains, « Êtes-vous ivre ? »

« Non. Absolument pas. Et ce vin est dégueulasse. »

« C'est un vin français. »

« Ça doit être pour ça, alors... »

« Les vins français sont les meilleurs. »

« Je pensais que vous détestiez les français. »

« Eh bien, ils sont plutôt savoureux. »

« Les vins ou les français ? »

Il haussa doucement les épaules, « Les deux j'imagine. »

Elle tripota nerveusement une mèche de ses cheveux, « Je devrais peut-être la rejoindre. »

Aro hocha sèchement la tête, « Si vous avez besoin d'aide, il suffit de dire mon nom. Où que vous soyez, je vous entendrais. »

Il voulait sans doute être gentil, mais sa voix était vide de toute émotion

La remarque sur Carlisle n'était visiblement pas passée. Il était en colère.

Il l'a cherché, se dit-elle.

Mais elle se réprima rapidement.

Cette froideur était de sa faute. Il avait, peut-être, été un peu brutal dans la manière de choisir ses mots, mais il n'avait jamais cessé de veiller sur elle. En contrepartie, elle avait juste été d'une profonde ingratitude en touchant une corde sensible, une amitié perdue qui était visiblement, une blessure toujours ouverte.

« Merci, Aro. »

Le vampire acquiesça simplement avant de se détourner d'elle.

Bella soupira.

Je suis vraiment la reine des idiotes, se dit-elle tristement.

Elle se promit de se faire pardonner cependant, et de faire davantage d'efforts pour se montrer reconnaissante et aimable avec lui.

Elle sortit de la demeure. Le vent était frais, mais pas glacial. Cette fraîcheur lui fit du bien. Elle chercha Virginia des yeux. Elle la trouva difficilement. Cette grande femme en noir semblait se fondre dans la nuit. Bella descendit les marches et alla à sa rencontre.

Virginia lui sourit aimablement quand elle arriva à sa hauteur, « Aro semble vous apprécier. » dit-elle simplement, « Il n'apprécie pas grand monde, pourtant...C'est étrange. »

« Vous vous trompez. » répondit doucement Bella, « Il me hait en ce moment. »

« Eh bien, heureusement pour vous, la haine n'est pas le contraire de l'amour. »

Bella baissa les yeux au sol, « J'ai été exécrable tout à l'heure. Je devrais sans doute m'excuser... »

« Ne faites pas ça. » répondit la vieille femme, « Il n'a pas besoin d'un esclave. Il en a déjà plein. »

La jeune femme la regarda, sans comprendre.

Savait-elle que Aro était un vampire ? Bella n'osa pas poser de question, de peur de la condamner.

« Marchons » reprit Virginia.

Elles s'engagèrent ensemble sur un sentier illuminé de chandelles. Le ciel était découvert. On voyait les étoiles. Bella ne put s'empêcher de lever les yeux pour admirer le ciel. Une éternité qu'elle n'avait pas pris le temps d'observer les étoiles. Pourtant, il n'y avait rien de plus beau. Un plaisir simple...

Virginia rompit le silence

« Aro m'a mis au courant de votre situation. »

Bella cligna plusieurs fois des yeux, rabaissant son regard sur la femme à ses côtés, « Il dit...il dit que, peut-être, vous pourriez m'aider. »

« Il est un homme optimiste. »

« Alors, vous ne pouvez pas m'aider ? » demanda-t-elle faiblement, sa voix était brisée par la déception.

La vieille femme lui jeta un bref coup d'oeil, « Comment est-ce ? Le XXIe siècle, comment est-ce ? »

« Je ne saurais le dire. »

« Mais si vous deviez le comparer avec ce siècle ? »

Bella hésita quelques instants, « Eh bien, les gens ici sont plus aimables...et polis. Cependant, la condition des femmes est- »

« Je sais. »

Bella croisa les mains devant elle, se raclant la gorge, elle décida qu'il fallait parler du sujet. « Bien...concernant ma situation »

Elle fut coupée, « Je suis née en 1910 en Angleterre, vous savez. C'était une époque terrible. Je ne la regrette pas du tout. Avons-nous gagné la guerre, d'ailleurs ? »

« La première ? »

« Non, la deuxième. »

Bella se crispa spectaculairement. Ses pieds refusèrent de la porter plus loin, elle s'arrêta au milieu du chemin, « Depuis combien de temps êtes vous là ? »

Virginia se retourna vers elle, l'air songeur, « Je crois que ça fait environ vingt et un ans...Je suis partie en 1943 et je suis arrivée ici en 1768...oui, c'est ça. »

Toute l'énergie s'échappa de son corps. Elle commença à paniquer, et à ventiler. Son corsage limitait l'air qui entrait dans ses poumons. Elle sentait la panique refaire surface et les larmes menaçaient de s'échapper de ses yeux chocolats. « Vous voulez dire...que vous n'avez pas réussi à repartir ? »

Voyant sa détresse, Virginia s'approcha d'elle et lui frotta doucement le bras dans un geste réconfortant, « Non. J'aurais pu repartir. Mais je n'ai pas voulu. C'était mon choix. »

« Mais...pourquoi...vous- »

« Je suis tombée amoureuse d'un homme. Si je partais, je le perdais à tout jamais. »

Le regard de Bella tomba sur la robe noire de la comtesse.

Elle est en deuil, réalisa-t-elle.

« Est-ce que...ça en valait vraiment la peine… ? »

Virginia lui sourit doucement, « L'amour nécessite parfois des sacrifices. Vous êtes sans doute la mieux placée pour le comprendre. »

Est-ce qu'elle parlait d'Edward ? Comment pourrait-elle connaître l'existence d'Edward ? Bella était perdue et totalement désemparée.

« Comment est-ce arrivé ? Comment êtes vous arrivée jusqu'ici ? » demanda-t-elle brusquement.

« Un éclair. »

« Moi aussi. » répondit la jeune femme, « Un éclair aveuglant. Comment puis-je repartir dans mon siècle ? »

« Tout commence et tout se termine par un éclair, Isabella. Il suffit juste de le vouloir. »

« C'est ce que je désire le plus au monde ! » répondit-elle fortement, à la fois paniquée et agacée par ces énigmes.

Virginia continuait de la fixer d'un air aimable. Un maigre sourire naquit sur ses lèvres ridées, « En êtes-vous sûre ? »

« Evidemment ! »

Le sourire de la vieille comtesse devint plus indulgent, « Aro m'a dit que vous projetiez d'aller à Rome. »

« Oui ? »

« Les réponses à vos questions sont là-bas. »

Bella hocha la tête, « D'accord. Elles sont dans l'Index ? »

« Les réponses sont à Rome. » insista de nouveau la vieille femme

Bella fronça les sourcils, « Que voulez-vous dire ? Je dois étudier tous les ouvrages de la bibliothèque et pas uniquement ceux de l'Index ? »

« Isabella, » tempéra doucement la vieille femme, et Bella se disait de plus en plus qu'il était étrange qu'une autre personne que Aro la nomme ainsi. « Vous ne vous posez pas les bonnes questions. Le problème n'est pas comment repartir. Mais plutôt, pourquoi n'arrivez-vous pas à repartir. »

« Mais parce que je ne sais pas comment faire ! » s'écria-t-elle, exaspérée et paniquée. Elle avait crié et quelques personnes se retournèrent dans leur direction.

« Isabella, vous êtes la seule à avoir le pouvoir de retourner dans votre siècle. Je ne peux pas vous aider, Aro ne peut pas vous aider, personne ne peut vous aider. Il n'y a que vous. »

« Mais- »

« Allez à Rome. » répéta Virginia, « Et posez-vous les bonnes questions. »

Sur ces paroles, la vieille dame la dépassa et disparut dans la nuit. Bella resta plantée là, perdue et terrifiée. Elle pleurait.

Elle ne comprenait pas. Elle voulait absolument repartir. Pourquoi n'y arrivait-elle pas ? Il y avait une chose qui lui avait échappée. Il y avait forcément quelque chose qu'elle n'avait pas compris.

« Est-ce que vous allez bien ? »

Elle sursauta brusquement, levant ses yeux paniqués vers la source de cette voix.

Elle se détendit en comprenant que ce n'était que lui.

Il lui passa la cape rouge autour de ses petites épaules tremblantes.

« Vous tremblez » remarqua-t-il

Sa voix était toujours si douloureusement neutre. Il était là, en face d'elle, mais Bella se sentait si seule. Elle essuya ses joues d'un geste sec, détournant les yeux de lui.

Je vous déteste tellement ! Vous êtes d'une telle insensibilité !

Ses pensées étaient fausses et injustes. Elle le savait. Et au fond, elle ne les pensait pas. Mais elle était tellement furieuse contre le monde entier, qu'elle ne put les réprimer. Elle tremblait toujours. Mais pas de froid. Elle était terrorisée.

C'était terminé. Elle ne rentrerait jamais à la maison. Elle ne reverrait jamais ses parents. Elle mourrait ici. Seule.

Une grande main élégante se posa brusquement sur son épaule délicate.

Elle le regarda de nouveau. Il lui tendait un mouchoir en tissu. Il y avait l'emblème des Volturi brodé dessus.

Elle leva lentement la main pour s'en saisir, « Merci. » murmura-t-elle douloureusement en essuyant ses yeux et ses joues.

Aro hocha doucement la tête « Venez, nous rentrons à Volterra. »

Une main se glissa brusquement dans la sienne, et il l'entraîna loin de ce sentier. Loin de cette stupide réception. Loin de ces gens hypocrites.

Le regard de Bella tomba naturellement sur leurs mains jointes. Celle de l'homme était gantée. Elle ne ressentait donc pas le froid de sa peau. Elle avait pourtant, toujours au fond d'elle cette furieuse envie de toucher sa peau.

Ses yeux remontèrent doucement vers le visage de l'homme.

Il était beau, même dans sa fureur.

Pourquoi était-il en colère ?

Était-il toujours en colère contre elle ou était-ce pour une autre raison ?

Ils arrivèrent rapidement dans la cour de la propriété, où les calèches attendaient patiemment le retour de leurs maîtres. Aro avisa leur voiture et se précipita vers elle. Il aida Bella à monter à l'intérieur et, après avoir donner ses ordres au cocher, il la rejoint, s'installant sur la banquette face à elle sans un mot.

Elle s'attendait à ce qu'il la questionne sur l'entretien avec Virginia. Mais il n'en fit rien. A peine était-il installé qu'il tournait son visage vers la fenêtre à sa droite. Bella se mordilla nerveusement la lèvre inférieure, tournant et retournant le mouchoir d'Aro dans ses mains.

Elle était blessée par le silence qu'il imposait. Mais elle n'avait plus la force de lui en vouloir. Dans son désespoir, elle avait compris que tout était de sa faute. Ses enfantillages, ses remarques déplacées, étaient autant de facteurs qui expliquaient l'agacement et la colère d'Aro. Il était un vampire de plus de trois milles ans. Qu'avait-il à faire d'une jeune fille ingénue comme elle ?

La ville de Florence disparaissait derrière eux.

La calèche était perdue au milieu de la campagne italienne.

Il faisait trop sombre dehors pour que Bella puisse se distraire par les paysages. Aro, cependant, pouvait y trouver son compte grâce à sa vision améliorée.

N'en pouvant plus de ce silence, elle leva la tête vers lui et murmura doucement.

« Je vous remercie de m'avoir protégée, ce soir... »

Il ne répondit rien, hochant simplement la tête sans la regarder.

Les doigts de Bella se crispèrent autour du mouchoir.

Je vous en prie, parlez.

« Puis-je vous poser une question ? » demanda-t-elle avec réserve.

Aro soupira pour seule réponse. Il tourna pour la première fois la tête, ses yeux noirs froids se posant sur elle.

Bella sut immédiatement que cette froideur lui était destinée, à elle et à personne d'autre. Mais elle ne pouvait pas revenir en arrière à présent. Elle avait eu le courage de lui poser une question et elle devait aller jusqu'au bout, au risque de le fâcher davantage.

« Pourquoi avez-vous créé les Volturi ? »

Son intérêt était sincère. Elle voulait le connaître, lui et ses proches. Bien sûr, elle savait déjà deux ou trois choses sur les Volturi grâce à Edward. Mais Edward n'avait jamais rencontré personnellement les Volturi. Il tenait toutes ses informations de son père et Carlisle parlait rarement de cette période de sa vie. Si bien que tous les éléments que Bella avait à sa disposition étaient des banalités logiques ou des déductions.

Les Volturi sont considérés comme la famille royale des vampires.

Caius, Marcus et Aro sont les rois.

Athenodora et Didyme sont les reines.

Ils font les lois.

Ils sont visiblement tous très vieux.

Voilà tout ce qu'elle savait. Elle espérait donc en apprendre plus. Mais Aro la fit déchanter rapidement.

« Votre charmant petit mari ne vous l'a pas dit ? »

Bella fut sidérée par la violence de son ton. Le mépris dans sa voix était tel qu'elle en sursauta. Elle rajusta la cape autour des ses maigres épaules, se raclant doucement la gorge.

« Non. »

« Je me demande ce qu'il a pu vous dire. » reprit-il sur le même ton, « Il a très certainement dû juger des choses qu'il ne comprend pas, tout comme vous. Vous paraissez être faits l'un pour l'autre, effectivement. »

« Vous vous trompez. Il n'a prêté aucun jugement sur vous, ni sur vos frères. » c'était un demi-mensonge parce qu'elle avait peur de l'énerver davantage.

Ne l'énerve pas plus, répétait une petite voix dans sa tête, il pourrait drainer ton sang en quelques secondes ou te briser la nuque.

Pourtant, Bella savait qu'il ne ferait jamais ça, même si il était très en colère. Comment diable pouvait-elle encore faire confiance à un vampire buveur de sang humain visiblement très remonté contre elle ? Mystère. Mais elle avait toujours foi en lui.

« Oh ! Comme c'est étrange ! Pourtant il y a tant de choses à dire sur nous. Des choses horribles dont vous feriez des cauchemars, petite fleur. Vous n'aurez qu'à demander à Carlisle à votre retour, il y a pris part, après tout. »

Il tourna rageusement la tête vers la fenêtre.

Elle resta statufiée pendant quelques instants. Son corps tout entier était crispé. Elle avait envie de pleurer de nouveau. Mais pour une raison différente cette fois. Bien différente.

Il me hait vraiment, réalisa-t-elle, horrifiée.

« On m'a seulement dit que vous régniez tous les trois, mais que vous étiez celui que prenait toujours la décision finale...»

« Et maintenant je suis un tyran. Comment supportez-vous d'être si près de moi ? Je dois vous répugner.»

« Vous ne me répugnez pas... » Cela lui avait échappé malgré elle. Elle rabaissa la tête vers ses genoux. « Je vais... partir. Je veux dire, à notre retour à Volterra, je partirai. Vous n'entendrez plus jamais parler de moi »

« Oh, je vois. Vous comptez vous rendre à Rome toute seule. Et qui va vous traduire les documents en latin, hum ? » lança-t-il froidement.

Ce fut la goûte de trop. Excédée, elle explosa à son tour :

« J'ai compris que vous me détestiez. Vous m'avez blessée alors j'ai tenté de vous blesser à mon tour. » hurla-t-elle tout d'un coup, relevant son petit visage mouillé vers lui, « C'était stupide, j'étais énervée. C'était digne de l'enfant que vous pensez reconnaître en moi. Je suis vraiment désolée, d'accord ? Même si je suis très douée pour remonter le temps, il n'y a rien que je puisse faire pour revenir en arrière. » Elle soupira tristement, « Je voulais juste... apprendre à vous connaître. »

Ce n'était certainement pas la réponse à laquelle il s'attendait. Il semblait totalement stupéfait par sa colère. Tellement stupéfait qu'il se contenta de la fixer en silence pendant de longues secondes.

« Je ne vous déteste pas » finit-il par dire, sa voix était plus douce à présent, « J'ai essayé, cependant. Mais vous êtes une personne difficile à haïr. »

« Avec quelques efforts supplémentaires, peut-être y parviendrez-vous. Les autres semblent y arriver. »

« Je ne suis pas les autres. »

Une sourire triste naquit sur les lèvres de Bella, « Je sais. »

Ils se fixèrent un moment sans rien dire. Elle ne pleurait plus. Et la haine n'était plus sur le visage d'Aro.

Un petit soupir échappa à ce dernier, « Les Volturi sont là pour protéger le secret des vampires. » finit-il par dire pour répondre à la question qu'elle avait posé quelques instants auparavant « Toute société a besoin de règles, même une société cachée et immortelle ou ce serait l'anarchie. Et l'anarchie n'est pas quelque chose de souhaitable. »

Bella hocha la tête, « Alors, vous faites les lois et vous les faites respecter par tous ? »

Il acquiesça doucement d'un signe de tête « C'est l'idée »

« Que se passe-t-il si un vampire transgresse une loi ? »

« Cela dépend de la gravité de la loi transgressée. J'ai tendance à penser que le dialogue est primordial. Mais certains de mes congénères poussent leur chance un peu trop loin. »

« Qu'est-ce que cela signifie ? »

« Que les Volturi n'accordent pas de deuxième chance. »

« Je vois. » répondit-elle, rabaissant son visage vers ses mains, « Edward m'a dit que la mort attendait ceux qui transgressaient les lois. Alors, c'est ce que vous faites ? Vous punissez ? »

« Isabella, nous ne sommes pas des bourreaux. » expliqua-t-il patiemment, « Nous veillons simplement à ce que le monde tourne normalement. Mais bien sûr, la plupart des vampires nous haïssent pour ce que nous sommes, et ce que nous faisons. Ils ont la mémoire sélective et ne retiennent que ce qu'ils veulent. Ils retiennent d'ailleurs souvent les choses les plus horribles, parce que ça les arrange de penser qu'il y a toujours plus monstrueux qu'eux. Mais la vérité, uccellino, c'est que nous sommes tous des monstres. »

« Edward avait peur de vous. » déclara-t-elle, sans oser le regarder, « Je pense qu'il vous considère comme un monstre. »

« Il ne serait pas premier, ni le dernier. Et je ne peux pas vraiment lui donner tort.»

Sa réponse lui brisa le cœur. Il y avait un tel abandon dans sa réponse, comme si il acceptait tout ça. Comme si c'était normal. Elle releva le visage vers lui. Ses yeux noirs étaient si doux à cet instant. Elle en fut bouleversée.

« Il y a une telle résignation dans votre réponse » dit-elle doucement, tachant de dissimuler ses émotions.

« C'est comme ça. » répondit-il simplement, sans aucune trace d'apitoiement, « C'est mieux ainsi. »

Elle avait une envie furieuse et folle de le prendre dans ses bras et de le serrer fort contre son cœur. Bien sûr, elle n'oserait jamais le faire. Et cette pensée, comme toutes les autres pensées qu'elle avait eu à son propos et qu'elle avait réprimé, ne la choquait plus à présent. Elle s'était faite à lui. A son caractère changeant, à son visage, à sa voix, à ses yeux.

Brusquement, elle se rappela des paroles de Didyme

Je sais que vous avez un peu peur et que vous ne savez pas quoi penser de lui. Mais il ne faut pas croire tout ce qu'on dit à son propos. Les gens le détestent mais pour les mauvaises raisons.

Bella comprit le sens de ces mots. Les gens le détestaient parce qu'ils le voyaient comme un bourreau, un despote les privant de libertés. Mais il faisait tout ça pour leur secret… pour les protéger. En retour, il ne demandait rien et acceptait avec un tel abandon toutes les conséquences de son travail. Y compris la solitude éternelle.

« Je ne pense pas que vous soyez un monstre. » dit-elle sans réfléchir.

Elle maudit une fois de plus ses lèvres, plus rapides que son cerveau. Mais la réaction d'Aro apaisa son ego.

Il sourit doucement « C'est incroyablement gentil et naïf de votre part. »

« Il faut toujours quelqu'un pour faire le sale boulot. Celui que personne ne veut. C'est tombé sur vous, et sur vos frères. Si vous n'étiez pas là, ce serait le chaos, les humains seraient persécutés par les vampires...ce qui serait terrible parce que les hommes se persécutent déjà entre eux. Je comprends très bien ce que vous faites, et pourquoi vous le faites. Et je ne pense pas que cela vous rende plus monstrueux que les autres.»

Quelque chose changea dans son regard noir. Elle fut satisfaite de ce changement, qui apaisa son cœur meurtri.

« Je vous remercie. » déclara-t-il après un moment de silence.

C'était la première fois qu'il disait une chose aussi simple et commune que des remerciements.

« Je le pense. »

« Je vous remercie de le penser. »

« De toute façon, vous ne pouvez pas vérifier si je dis la vérité ou pas. »

Le petit rire qu'il lui offrit en retour lui réchauffa le cœur.

Quelque chose d'inimaginable se passa en elle à cet instant. Mais elle ne s'embêta pas à le repousser. C'était agréable de parler avec lui. Elle poursuivit donc la conversation, sachant que c'était un sujet qui l'intéressait. Elle voulait réellement le connaître, et percer sa personnalité.

« N'est-ce pas trop pesant ? Le pouvoir ? »

Il semblait amusé à présent, un autre petit sourire naquit sur ses lèvres, « Je ne me plaindrait pas pour quelque chose que j'ai voulu et choisi. »

« Kant dit que le pouvoir corrompt inévitablement la raison. »

Aro inclina respectueusement la tête, « Il n'y a rien de plus vrai. »

« Avez-vous perdu la raison, alors ? »

« Ne l'avez-vous pas constaté vous-même ? » demanda-t-il aimablement, « Je suis l'homme le moins raisonnable au monde. Caius s'est perdu dans sa rage et Marcus s'ennuie à mourir. Tel est le prix du pouvoir. Nous avons tous perdu la raison. Notre folie se manifeste de manière différente, voilà tout. »

Elle médita ses dernières paroles en silence. D'une certaine manière, il avait raison. La possession du pouvoir avait eu des effets différents sur chacun. Caius était toujours en colère contre le monde entier, et cette haine était destructrice pour les autres. La mélancolie de Marcus était destructrice pour lui-même. Le cas d'Aro était plus complexe cependant, les conséquences de l'exercice du pouvoir restaient floues sur sa personne. Bella était perplexe.

« Cependant, vous êtes assez lucide pour remarquer que vous manquez parfois de bon sens » constata-t-elle, « Alors...vous n'êtes pas complètement fou. Vous raisonnez juste de manière différente. Vous raisonnez comme un dirigeant. Et j'imagine que votre pouvoir télépathique est le ciment de votre autorité. Vous savez tout sur tout le monde avec un simple contact. Vous êtes la personnification du célèbre dicton, le savoir c'est le pouvoir. »

Il expira brusquement par le nez, visiblement toujours très amusé, « Le savoir n'est pas le pouvoir, Isabella. » expliqua-t-il patiemment, « Le savoir n'est que l'échelle qui mène au pouvoir. Le pouvoir n'est rien d'autre que le pouvoir, et toutes les choses insensées que vous êtes prête à faire pour l'acquérir et le conserver. Le pouvoir est la façon dont vous bougez vos pions pour anéantir vos ennemis. Le pouvoir est tous les moyens que vous utilisez pour asseoir votre autorité. Vous arrivez souvent au sommet par des méthodes jugées immorales. Mais qu'importe tous les risques, tous les sacrifices. Il n'y a rien de plus satisfaisant que ça. Et une fois que le pouvoir est entre vos mains, vous ne pouvez plus le lâcher. C'est...comme une drogue, si vous préférez. Vous êtes dépendant. »

Bella resta quelques secondes silencieuse.

Son discours était effrayant.

La principale conséquence de la possession du pouvoir sur sa personne serait donc une dépendance pour ce même pouvoir ? Non, pas une dépendance. Une obsession.

Elle se questionna sur tous les sacrifices qu'il avait dû faire pour accéder au sommet, et conserver sa couronne.

Elle tournait toujours le mouchoir brodé entre ses mains pendant qu'elle réfléchissait.

« Je pense qu'il y a une chose plus satisfaisante que le pouvoir » finit-elle par dire.

Il arqua un sourcil noir avec élégance, « Qu'est-ce ? »

Bella leva les yeux vers lui, lui tendant le mouchoir « La liberté »

Aro se contenta de la fixer. Ses yeux trahissaient toujours son amusement. Mais ce n'était pas de la moquerie. « La liberté. » répéta-t-il, songeur.

Elle hocha la tête, « Un concept moderne pour vous, sans doute. Mais il est ancré dans mon être et dans la société dans laquelle j'évolue tous les jours. Les hommes, les femmes naissent libres et égaux. C'est le pouvoir qui leur met des chaînes. »

« Êtes-vous rousseauiste, Isabella? » demanda-t-il, amusé. Mais la façon dont il avait dit le mot « rousseauiste » laissait deviner son dégoût.

« Seigneur, non ! » répliqua-t-elle immédiatement, « Comment pourrais-je soutenir un homme qui a dit que ''La femme est faite pour céder à l'homme et pour supporter même son injustice''. »

Aro regarda le mouchoir qu'elle lui tendait. « Les hommes et les femmes ne sont pas égaux. La femme est bien supérieure à l'homme. Gardez le mouchoir, je vous le donne. ».

Bella ne put cacher sa surprise face à ces propos si peu ancrés dans leur siècle. Il était aberrant de songer qu'un homme si vieux puisse avoir une vision si moderne de l'égalité des sexes, alors que toutes ses autres conceptions du pouvoir et de la justice étaient dépassées. Elle se demanda une seconde si il était sincère, et s'il ne cherchait pas à lui donner raison par pure gentillesse ou encore par galanterie. Puis elle réalisa rapidement qu'il disait toujours ce qu'il pensait, surtout quand il n'était pas d'accord avec elle.

« Pour en revenir à votre chère liberté… » reprit-il en douceur, « Il en a coûté pour établir la liberté en Angleterre. C'est dans des mers de sang qu'on a noyé l'idole du pouvoir despotique. Pourtant... les Anglais ne croient pas avoir acheté trop cher leurs précieuses lois. »

« La liberté, comme le pouvoir, nécessite des sacrifices. Et comme le pouvoir, une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer. La mort est préférable à une vie sans liberté.»

« Vous êtes fascinante. », elle releva brusquement les yeux vers lui. Il avait le même regard que le jour de leur rencontre, quand il avait découvert que son pouvoir ne fonctionnait pas sur elle. « Je crois que vous n'êtes pas consciente de votre pouvoir de persuasion. Vous pourriez facilement me convaincre que le soleil tourne autour de la terre. »

Elle essaya vraiment de ne pas rougir de ces compliments, et échoua lamentablement. Elle se racla la gorge « Eh bien non, la terre tourne autour du soleil et pas l'inverse. C'est ce qu'on appelle l'héliocentrisme. Le premier a proposer cette théorie est- »

« Copernic, en 1513. » finit-il. Il dissimulait à peine son étonnement, « Comment savez-vous tout ça ? »

Elle se mordilla nerveusement la lèvre inférieure, « Je suis allée à l'école » murmura-t-elle en baissant son petit visage sur ses mains qui tripotaient le joli mouchoir blanc, « Et j'ai énormément lu...parce que je n'avais pas beaucoup d'amis... »

La dernière phrase resta en suspend dans l'air. Elle regretta immédiatement ses paroles. S'exposer si facilement n'était pas dans ses habitudes. Au contraire, elle s'était forgée une carapace pour endurer toutes les remarques, toutes les épreuves, sans jamais se plaindre. Mais à présent, elle livrait ses faiblesses et ses peines avec une telle facilité, qu'elle en resta figée d'effroi dans un premier temps. Ce n'était même pas le fait d'exposer ses faiblesses qui la dérangeait. C'était de reconnaître à haute voix qu'elle avait été trop insociable pour réussir à se faire des amis, et que la lecture n'avait été qu'un moyen de s'échapper de cette réalité décevante. Mais elle savait au fond que tout était de sa faute. S'enfermer dans son petit monde imaginaire l'avait juste rendue « bizarre » aux yeux des autres adolescents prépubères qui ne comprenaient pas son amour pour les beaux mots. Ce qui n'était qu'un échappatoire avait amplifié, aggravé sa solitude...jusqu'à l'arrivée des Cullen.

Elle serrait le mouchoir si fort entre ses mains. Ses jointures devenaient blanches. Elle donnait tout pour ne pas fondre en larmes.

Bella se sentait partir et se laisser engloutir par ses pensées les plus sombres. Elle se reprochait son propre malheur sans réaliser une seconde que rien n'était de sa faute.

Elle allait craquer, quand deux jolies mains blanches se refermèrent sur les siennes. Elle cessa brusquement de respirer pendant quelques secondes. Il avait enlevé ses gants. Sa peau était vraiment douce, mais glaciale. C'était comme toucher de la neige. Elle leva lentement les yeux pour rencontrer les siens. Elle le trouva légèrement penché vers elle, son beau visage assombri par un froncement de sourcils.

« Isabella, » sa voix avait retrouvé sa douceur naturelle. Il n'y avait plus d'amusement. « Vous ne pouvez pas douter de vous-même et les laisser gagner. Croyez-moi, beaucoup ont perdu à ne pas être votre ami. Vous devez apprendre à vous faire confiance. »

« On ne peut pas avoir confiance en une personne que l'on méprise. »

« La confiance en soi c'est reconnaître ses imperfections et faire au mieux avec elles, rien de plus. » il serra brièvement ses petites mains dans les siennes pour l'encourager à avancer. « Je pense que nous aurions été de bons amis si j'avais deux mille neuf cent quatre-vingt deux ans de moins. »

Bella ne put retenir un petit rire, « Je pense que nous pouvons être amis. Il nous suffit juste de faire des efforts. Vous êtes un roi et un vampire. Je suis humaine, je suis juste de la nourriture. Si nous parvenons à aller au-delà de ça, nous pourrons peut-être... »

« Nous serons amis. » décida-t-il en libérant ses mains et en s'asseyant correctement. « De quoi parlent les amis ? »

« De ce qui leur plaît. »

Aro acquiesça d'un signe de tête, ses yeux dévièrent rêveusement vers la fenêtre de la voiture, « Vous savez, je pense à présent que vous avez raison. »

Bella fronça les sourcils, « A propos de… ? »

« La liberté » reprit-il en la regardant de nouveau, « Ce doit être fascinant et exaltant d'être libre. Je me demande ce que cela fait. »

Elle se contenta de le fixer, surprise, la bouche entrouverte prête à répondre, mais ne trouvant pas les mots face à cette déclaration.

« Vous voulez dire...que vous n'êtes pas libre… ? » réussi-t-elle à répondre après un instant de silence.

Il rit doucement, « Comment le pourrais-je ? Je me suis moi-même enchaîné aux Volturi pour toujours. »

« Mais...votre parole est loi. Vous êtes libre de faire ce que bon vous semble. »

Un autre sourire, plus indulgent face à tant d'innocence, s'étira lentement sur les lèvres de l'homme, « Oh, non, petite fleur. Un tyran fait ce que bon lui semble, c'est pour cette raison qu'il est appelé ''tyran''. Je suis un roi. La différence est grande. Je ne fais pas ce que je veux. J'œuvre avant tout pour le bien commun. Mes désirs personnels passent toujours après les Volturi. C'est ce qu'on attend d'un chef de clan. »

Elle baissa de nouveau les yeux sur ses mains, admettant dans un murmure à peine audible, « Je pensais que le pouvoir était une forme de liberté »

« Un bon chef doit toujours prendre en compte les autres avant lui-même. »

« Y arrivez-vous ? Faire passer les autres avant votre propre désir ? » demanda-t-elle, fixant son visage parfait pour discerner une quelconque faiblesse à ce propos.

Elle ne vit que son sourire triste reprendre place sur ses lèvres, « Je m'y efforce. Parfois, c'est plus compliqué.»

Il était presque humain à cet instant, désirant une chose qu'il ne pouvait avoir sans tout abandonner de sa vie.

Bella était triste pour lui.

Elle tourna et retourna dans son esprit ses mots sur ''le bien commun'', et ne put s'empêcher de songer à haute voix

« La liberté serait donc de l'égoïsme personnel...? » c'était ce que sous-entendait les propos d'Aro. Mais au fond, elle ne pouvait y croire.

« Et l'égoïsme est propre à l'être humain » finit-il en souriant aimablement, « Mais rassurez-vous, les vampires n'y sont pas totalement étrangers. »

Bella le savait malheureusement. Ses pensées dérivèrent immédiatement vers Edward, qui lui avait presque fait du chantage pour qu'elle l'épouse. Le mariage en échange de la vie éternelle. C'était de l'égoïsme. Et elle, pauvre petite chose, avait accepté par peur de l'abandon.

Finalement, malgré le mariage et les promesses d'Edward, elle était toujours humaine.

Elle était cependant trop fatiguée pour être en colère contre lui. Elle dissimula un bâillement derrière sa jolie main blanche, laissant ses yeux vagabonder vers le paysage qui défilait à toute vitesse. Elle ne percevait que des formes noires dans l'obscurité de la nuit.

« Alors...Didyme est votre sœur de sang...» c'était plus une affirmation qu'une question.

Il hocha brièvement la tête, « Je l'ai transformée après être devenu un vampire. »

« Je vois. Alors, elle fait partie des fondateurs des Volturi ? »

« Oui. Elle et Marcus sont tombés rapidement amoureux. Puis, Caius à rencontré Athenodora. Les autres membres ont suivi après. »

« Est-ce que Daphné faisait partie du clan aussi ? », osa-t-elle demander.

Elle ignorait si elle avait le droit de poser une telle question. Cela lui semblait indiscret. Didyme avait laissé entendre que c'était un sujet délicat.

Mais Aro ne semblait pas fâché, ni même surpris par le fait qu'elle sache l'existence de Daphné. Il ne fit que soupirer « Didyme ne sait pas tenir sa langue. Elle n'a jamais su la tenir. Plus d'une fois, j'ai songé à la lui couper » il leva lentement les yeux vers Bella, « Daphné était ma femme quand j'étais humain. »

Bella le fixa sans rien dire dans un premier temps. Ses petits mains se resserrèrent autour de la jupe de sa robe et du mouchoir blanc. Son coeur battait douloureusement dans sa poitrine.

Sa femme.

Il a été marié.

« Je vois. Vous l'avez transformée, elle aussi. »

Aro hocha doucement la tête, « J'étais toujours amoureux d'elle, même après ma transformation. »

C'était étrange qu'il se confie si facilement à elle après tous les désaccords qu'ils avaient eu, et même s'ils se disaient « amis » à présent. Il ne semblait pas être le genre d'homme à étaler sa vie.

Mais Bella relevait à peine ces informations. Elle était trop occupée à repousser la douleur et la rancœur qui étaient nées en son sein. Elle avait toutes les peines du monde à ne rien laisser paraître sur son visage. Encore plus quand elle réalisa qu'elle était jalouse.

« Pourquoi n'est-elle plus au château ? » demanda-t-elle avec raideur.

« Elle est morte. »

Tous ses sentiments négatifs s'envolèrent brusquement. Et la honte la submergea, colorant ses joues jusqu'à lors pâles.

« Je suis vraiment navrée. »

« Merci. »

Il semblait si distant avec tout ceci. Comme si ça n'avait plus la moindre importance, alors qu'il avait lui même avoué qu'il l'avait aimée. Bella n'osa pas poser plus de questions. Il avait retourné son visage vers la fenêtre, coupant tout contact visuel avec elle. Elle n'aima pas la distance qu'il imposait de nouveau.

« Je suis déçue, je dois dire. » déclara-t-elle d'un ton faussement joyeux, « On m'avait dit que vous aviez des goûts italiens. »

Un rictus malicieux tordit les lèvres du roi, « Eh bien, je suis grec.» déclara-t-il comme si cela expliquait tout.

« Et les grecs sont réputés pour leur bisexualité, hum ? » demanda-t-elle, amusée, n'étant même pas sûre que le mot ''bisexuel'' existe à cette époque, « J'imagine que les choses ont changé, depuis l'Antiquité. »

Elle le vit secouer négativement la tête, « Certaines choses ne changent jamais. Et je pense que je peux vous le dire à présent : Carlisle n'était pas qu'un ami. » répondit-il avec légèreté, sans toutefois la regarder.

Elle se demanda immédiatement si c'était vrai...ou si c'était juste une plaisanterie. Elle donna tout pour ne pas rougir. Et échoua encore.

Bella leva les mains devant elle, « Wow. Vous savez, nous ne sommes pas assez proches pour que vous me racontiez vos ébats sexuels avec mon beau-père et que je vous raconte les miens. »

Ses yeux rencontrèrent de nouveau les siens. Il souriait à présent, « Vous avez raison, cette conversation devra avoir lieu autour d'un chocolat chaud et près d'un feu de cheminée, en plein hiver. »

« Cela ressemble étrangement à une pyjama party... »

« Une quoi ? »

« Une pyjama party. C'est une sorte de soirée que font les meilleures amies où elles se racontent plein de choses autour d'une glace au chocolat ou d'une pizza, selon les versions. Dans l'imaginaire collectif, elles parlent de leurs déceptions amoureuses et insultent les garçons parce qu'après tout, c'est vrai, les garçons sont tous des porcs. »

« Cela semble amusant. » dit-il simplement, « Faites- vous souvent ce genre de soirée ? »

« Ouais, avec Carlisle. »

« J'espère sincèrement que vous me montrerez comment faire une pyjama party avant votre départ. Cela semble très stimulant. »

« Vous trouverez ça moins amusant et stimulant quand je commencerai à vous brosser les cheveux tout en vous parlant des disputes stupides que j'ai eu avec mon mari, ou pire, avec ma mère. »

Il rit, incrédule, « J'ai hâte, en fait, que vous me brossiez les cheveux tout en me racontant vos petits problèmes de cœur. J'espère que vous me laisserez faire de même. »

« Ouais. Vous serez même autorisé à me faire des tresses. »

Aro éclata de rire. Le son qui sortait de sa bouche était si beau que Bella se jura de tout faire pour l'entendre de nouveau.

« Je ne cesserai jamais de vous harceler tant que je n'aurais pas tressé vos cheveux. »

Bella lui sourit en retour, « Ouais, eh bien, ne vous emballez pas, cela n'arrivera qu'une seule fois. Je n'ai pas envie que Carlisle soit jaloux. »

Ils rirent ensemble alors que Volterra apparaissait au loin.

Leur discussion continua d'être aussi légère et stupide. Il semblait heureux, et sans filtre.

« Vous étiez superbe, ce soir. » déclara-t-il doucement à un moment.

Bella le regardait fixement, ne pouvant lutter contre ce que ses paroles firent naître en elle. Elle remisa ses paroles dans son cœur, comme un trésor qu'elle gardait pour plus tard.

Vous étiez superbe, ce soir

« Avant ou après être devenue toute rouge à force de pleurer ? »

« Les deux. »

« Vous êtes un menteur terrible, Monsieur le Duc de Volterra. »


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