La guerre avait fini par être déclarée, Voldemort était sorti de l'ombre et maintenant, Harry, Ron et Hermione était des fugitifs. Tous les trois à la recherche des Horcruxes, les tensions viennent et s'en vont dans un esclandre ou dans un câlin.
Hermione était le piler de ce groupe, même si elle refusait le rôle, elle restait présente quoi qu'il arrive, quoi qu'on puisse lui dire ou lui faire.
Ce soir, allongée dans son lit alors que Harry monte la garde elle essaye de se calmer. Elle essaye de trouver une nouvelle fois la force d'être là pour eux. Plus la chasse durait plus cela devenait difficile. Pourtant elle savait qu'au fond d'elle, demain matin, elle remettrait ce masque impassible et elle continuerait aux mépris de ses blessures.
Ce soir, la mélancolie l'envahissait et l'étreignait tel un étau. Elle repensa à la colère de Ron, elle repensa aux éclats de Harry, elle se souvenait de leurs réactions quand elle avait eu son premier petit ami, elle se remémorait comment Ron l'avait méprisé quand il a cru que Pattenrond avait mangé Croutard, elle se souvenait comment Harry l'avait envoyé promener alors qu'elle essayer de l'aider à résoudre l'énigme de l'œuf d'or. Mais surtout elle se souvenait de comment ils avaient réagi quand elle leur avait demandé de l'aide. Rien. Rien n'était venu, rien ne viendrait. Elle sait qu'ils ont vu à quel point elle était mal, à quel point s'était douloureux. Elle les avait entendu parler, mais cela n'avait duré que quelques minutes… Quelques minutes où elle a cru qu'ils formaient une équipe, qu'ils allaient enfin la pendre pour autre chose que la « je sais tout » qui trouve toujours la stratégie pour les sortir des mauvais pas. Quelques minutes, où elle a espéré qu'ils la prennent dans leurs bras pour qu'elle puisse laisser couler ses larmes… Quelques minutes où…
Et puis le Quidditch a fait son retour. Qui était-elle en comparaison de ce sport ? Personne à leurs yeux, personne qu'elle ne savait pas bien voler sur un balai, car elle trouvait ce sport certes beau et intéressant mais pas au point d'en discuter pendant des heures. Une nouvelle désillusion pour le cerveau de l'équipe.
Ses parents lui manquaient mais elle ne pouvait pas leur en parler. Elle ne pouvait pas leur dire qu'elle avait pris la décision de les protéger, de les oublietter. Son chat lui manquait, lui qui pouvait sentir son vague à l'âme et qui lui sautait sur les genoux pour la câliner tendrement. Poudlard lui manquait, les professeurs présents pour les aider, même Rogue lui manquait…
Rogue.
Elle se souvenait de son dernier échange avec son professeur. Elle avait compris qu'il était à mille lieu de l'image qu'il donnait. Il l'avait surprise le dernier soir de l'année scolaire alors qu'elle trainait dans la bibliothèque. Il lui avait simplement déposé un livre sur sa table de travail avec un mot à l'intérieur. « Chapitre 23 ». Elle avait alors emprunté le livre et avait passé la nuit à l'étudier. Une fois encore il ne s'était pas trompé. Le chapitre 23 l'avait aidé, elle et les garçons plusieurs fois depuis le début de la quête.
Hermione sentit une larme rouler du coin de son œil jusqu'à son oreiller. Bientôt elle fut suivie par une autre et encore une autre. Elle faisait tout pour ne pas être entendu. Elle ne voulait pas qu'ils l'entendent eux qui n'ont pas vu sa peine. Ses yeux se fermèrent et lentement, elle plongea dans le sommeil. Un sommeil qui devait être sans rêve compte tenu de la potion qu'elle avait préparée et prise. Cependant, une voix était présente, une voix lui murmurait encore et encore de tenir, une voix familière mais en même temps, elle n'arrivait pas à trouver à qui elle appartenait.
Quand elle était au plus mal, elle entendait cette voix lui donner de l'espoir, mais ce soir, tous les mots qu'elle pouvait dire n'avait pas d'effet sur elle. Ce soir sa tristesse était plus forte qu'elle. Ce soir elle n'était pas assez forte. Alors, lentement, la voix se retira et laissa la jeune fille…
Dans le château de Poudlard, la salle personnelle de Severus Rogue était encore illuminée malgré l'heure tardive. Le nouveau directeur de Poudlard était assis dans son grand fauteuil de cuir et était plongé dans une transe. La concentration était forte et l'on pouvait apercevoir sur ses tempes quelques goutes de sueurs. Lentement sa respiration redevint normale, ses yeux s'ouvrir et dans un souffle il dit :
Atlas est tombé…
