Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.

Résumé : Le premier Noël de Marigold à Brancaster était aussi le premier que Mirada Pelham passait en tant que grand-mère.

Note de l'auteur : Cet OS est une réponse au défi d'écriture Calendrier de l'Avent 2020 de la page Facebook « Bibliothèque de Fictions ». Les conditions étaient : deux cents mots minimum, cinq mille mot maximum, inclure les mots « lutin » et « présent », inclure la phrase « Attends mon petit/ma petite ».

En attendant Noël

L'hiver était bel et bien là. Plus rude que dans le Yorkshire, la neige était tombée plus tôt et plus épaisse sur Brancaster. Noël arrivait à grands pas et Edith avait hâte. C'était le deuxième Noël qu'elle passait avec Marigold, le premier depuis leur emménagement dans le nord suite à son mariage. Elle n'avait plus à cacher ses sentiments, ses élans maternels et sa fille pouvait enfin l'appeler Maman. Bertie aurait aimé lui en faire la surprise pour le jour de Noël mais suite à un quiproquo, elle avait appris la nouvelle : son époux avait fait les démarches pour adopter officiellement Marigold comme leur fille. Aux yeux du monde, Lady Edith Pelham, par amour pour cette enfant qu'elle élevait, l'adoptait comme sa fille et son mari la suivait dans son rêve. Bertie lui rendait un peu de cette maternité volée et c'était le plus beau cadeau du monde.

Le sapin de Noël venait d'être installé dans le grand hall et Marigold, excitée comme une puce, avait pris la main de sa grand-mère adoptive pour l'emmener le voir. Mirada Pelham s'était attachée très vite à cette petite fille, la voyait aussi comme la sienne, l'aimait comme telle. La vérité sur ses origines avait été difficiles à avaler mais une fois le choc passé, elle n'avait vu qu'une enfant adorable, aux débuts difficiles et qui, comme sa mère, avait joué de malchance.

- Les guirlandes ! Décorer ! S'écriait la fillette

- Attends ma petite. Lui souriait la matriarche. Les domestiques doivent nous apporter toutes les décorations. Elles sont dans des grosses boîtes très lourdes. Ca prend du temps ! Mais on peut faire quelque chose ensemble pour patienter si tu veux !

Marigold était toute ouïe.

- Nous allons écrire au Père Noël ! Tu sais qui c'est, le Père Noël ?

Elle acquiesça avec un petit sourire malicieux. Mirada eut un rire léger.

- Nous allons lui écrire une jolie lettre où tu pourras lui demander ce qui te ferait plaisir pour Noël ! Et comme tu as été une petite fille très sage, nul doute que tu seras gâtée ! Je t'aiderai à écrire.

A l'heure du thé, Bertie et Edith eurent la surprise de trouver Mirada et Marigold dans la bibliothèque jaune. Assise à son secrétaire, la fillette sur les genoux, elle écrivait ce que lui dictait leur fille tout en répondant à ses questions avec une tendresse que Bertie lui-même n'avait jamais soupçonnée en elle. Il n'avait jamais douté que sa mère l'aimait mais elle avait été assez réservée et distante avec lui. Il n'en avait cependant pas souffert. Il voyait les yeux d'Edith qui commençaient à briller sous l'émotion.

- Comment il va rapporter les cadeaux ? Demanda Marigold

- Eh bien, il a un grand atelier au Pôle Nord. Des lutins les fabriquent et dans la nuit de Noël, grâce à son traîneau, à ses rennes et à sa magie, il distribue tous les présents aux enfants sages. Et même aux grands enfants. C'est pour cela que les adultes ont aussi des cadeaux ! Maintenant, dis-moi. Qu'est-ce que tu voudrais demander au Père Noël ?

- Je ne sais pas...

- Des vêtements pour ta poupée ? Une petite calèche pour elle ? Oh, peut-être un nouvel ourson ?

Marigold avait toujours été une enfant assez timide et qui n'osait pas vraiment demander quelque chose. Edith en ressentait une certaine culpabilité, convaincue que l'avoir reprise aux Drewe avait dû être néfaste pour sa fille. C'était un regret avec lequel il vivait, un doute qui l'empoisonnait : pour son bien personnel, avait-elle fait du mal à sa petite fille ? Soudain, l'enfant sembla avoir une idée après avoir vu le couple s'asseoir sur le divan.

- Je sais ! S'exclama-t-elle

- Oh ?

- Un petit frère ou une petite sœur !

Bertie éclata de rire, Edith dut reposer sa tasse car secouée par un fou rire elle aussi. Mirada la regarda avec tendresse.

- Oh, ça, c'est du ressort du Seigneur, ma chérie. C'est lui qui accorde les enfants aux parents.

Le majordome arriva, les informant que les décorations étaient descendues. Prenant Marigold dans ses bras, suivie par son fils et sa bru, Mirada quitta son poste.

- Eh bien ! Nous allons pouvoir le décorer, le sapin ! Nous le ferons aussi beau qu'à Downton Abbey ! Peut-être pourrions-nous en faire une photographie et l'envoyer à tes cousins Sybbie et George ? Qu'en dis-tu ?

La petite fille acquiesça. Bertie regardait sa mère avec une fierté certaine dans les yeux.

Malgré ses principes, elle avait réussi à passer au-dessus de ses préjugés.

Et elle était une merveilleuse grand-mère.

FIN