6.
Une tasse de thé fumante en main, Fried écouta le récit quelque peu turbulent de la jeune femme qui reniflait tous les trois mots, s'arrêtait en levant les yeux au ciel pour éviter de faire couler encore plus de larmes.
« Donc si j'ai bien compris, tu l'as embrassé devant tout le monde ? »
Enfin, devant tout le le monde est un bien grand mot.
« Sans la langue, précisa-t-elle en voyant le mage aux runes ouvrir la bouche précipitamment.
- Tu sais bien ce que ton geste implique ? »
Elle ne le savait que trop bien et c'était la raison pour laquelle elle pleurait.
« Mais ce n'est pas tout, déclara-t-il en en posant sa tasse. Tu pleures beaucoup trop pour qu'il n'y ait que ça. »
Elle leva encore une fois ses yeux vers le plafond, pinçant son nez.
« J'ai fais n'importe quoi, avoua-t-elle en maintenant son nez entre ses deux doigts. Je sais pas comment sortir de ce pétrin…
- Arrête ça.
- Ça m'empêche de pleurer », lui dit-elle avec une voix canarde, le faisant soupirer.
Elle baissa la tête et libéra son nez. Ses mains cachèrent son visage. D'une voix étouffée, elle dixit alors tout ce qu'elle avait sur le coeur :
« J'ai vu qu'il me regardait, j'ai pas réfléchis. En fait si, j'ai pensé à ce que m'avait dit Laxus.
- Qu'est-ce qu'il t'as dit ?
- Que Mira pensait qu'Elf...man voyait quelqu'un. Une femme. J'ai ressenti une sorte de picotement à mon coeur et une énorme boule au ventre et j'ai eu envie de me venger. »
Elle prit le verre d'eau que Fred lui avait apporté plus tôt et l'amena à ses lèvres.
« Bix ne s'en est toujours pas remit tu sais. »
Elle avala de travers à l'entente de la phrase du vert et toussa violemment.
« Enfin, le terme exact serait qu'il avait finit par abandonner. »
La fée se reprit tant bien que mal. Une main sur sa poitrine, elle observa le mage aux runes qui avait l'air irrité.
« Je sais bien, râla la jeune femme en se recroquevillant sur le fauteuil. J'ai fais ça sur un coup de tête. Puis je... »
Sa grossesse inattendue. Elle n'allait quand même pas rejeter la faute sur cet enfant qu'elle attendait. Ses yeux roulèrent.
« J'ai mal agis, je m'excuserai demanière plus appropriée auprès de lui quand il ne sera plus fâché.
- C'est la moindre des choses.
- Il m'aime toujours autant ? »
Fried soupira longuement en réponse. Si c'était bien ce qu'elle pensait, elle avait réellement merdé.
« Oui. »
Ses genoux se rapprochaient un peu plus de sa poitrine. Elle qui pensait que cette amourette lui était passé. Bien évidemment, il ne lui avait jamais avoué quoique ce soit. Cet homme semblait bruyant mais quand il s'agissait de ses sentiments, ce dernier devenait silencieux. Beaucoup trop silencieux. Comme une tombe.
« Il me pardonnera tu penses ?
- J'en sais rien. Mais excuses-toi en bonne et due forme. »
Le mage épéiste se leva et alla s'asseoir près de la jeune femme qui nicha son visage contre ses genoux.
« Qu'est-ce qui te rend aussi malheureuse ? »
Elle dévoila son faciès. Ses yeux rougis et gonflés par les larmes toisait l'homme assis à ses côtés. Comme elle détestait être aussi vulnérable, elle avait l'impression de faire un bond dans le temps et de revoir la petite Evergreen, maltraitée qui n'aimait personne et que personne n'amait.
Ses mains séchaient ses larmes, frottaient ses yeux puis les cacha. La honte la submergea, même en sachant pertinemment qu'elle ne devrait pas ressentir cela. Fried était comme un grand frère. Il allait être avenant, c'était certain, mais pourtant…
Elle sortit simplement la feuille de papier contenant les résultats de son sac et le lui tendit.
Les yeux bleus du mage s'écarquillèrent. La panique montait. Peut-être avait-elle découvert qu'elle contractait une maladie incurable..? Il prit maladroitement la feuille et la déplia violemment. Ses prunelles bougeaient à une vitesse folle jusqu'à se figer brusquement. Elles se posèrent sur sa colocataire qui baissa la tête.
« Je vais être tonton ? »
Elle hocha la tête positivement. Il se leva un grand sourire aux lèvres et s'écria alors :
« Mais c'est fantastique ! Il faut que tu lui en parles ! »
A peine avait-il finit sa phrase que sa montée en adrénaline s'évapora.
« Oh merde. »
La réalité le rattrapa.
« T'as vraiment merdé. »
Ses fesses rebondissaient sur le fauteuil alors qu'il gémissait, plaintif. Evergreen s'allongea sur le torse du jeune homme qui s'arrêta.
« Attendons ce soir, la rassura-t-il en lui caressant ses cheveux ondulés. Tout ira pour le mieux. »
Elle espérait vraiment que tout s'arrangerait.
Evergreen avait fait une petite sieste se sentant d'un coup terriblement fatiguée. A son réveil, elle se sentait terriblement mal à l'aise, dans une position inconfortable. Elle se positionna sur le dos et posa mécaniquement sa main sur son ventre. Après une longue minute à le caresser elle remarqua alors qu'il arborait une forme arrondie.
« Hein ? »
Elle se redressa, difficilement. Elle regarda abasourdie son ventre qui avait grossit. Elle se leva de son lit à une vitesse folle, voulant se contempler dans le miroir.
Son ventre était bel et bien arrondi. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait. Peut-être avait-elle peur. Peut-être avait-elle envie de rire parce qu'elle était devenue aussi grosse que Mirajane en quelques heures. Elle pourra raconter à son enfant, si jamais ce dernier demandait comment est-ce qu'il a été conçu, qu'elle avait juste fait une sieste et qu'il est apparu comme par magie.
Elle ria à cette pensée.
Une petite fée dans son ventre. Sa petite fée. Toute la peur qu'elle avait put ressentir s'évapora.
Elle ouvrit alors son placard et sortit une de ses nombreuses chemises de nuit aussi grande qu'elle. Elle eut un petit regard triste. Dire que la jeune femme ne se décidait pas à les jeter, suite à l'échec de sa première grossesse non désirée. L'enfilant aussi vite qu'elle s'était déshabillée, elle sortit en trombe de la chambre, souriant comme si elle avait enfin eut la réponse à tous ses problèmes. Elle descendit les escaliers prudemment mais tout en étant hâtive.
« Fried ! Fried ! Regarde-moi un peu ça ! »
Elle s'arrêta et amena ses mains à son ventre, comme pour le protéger.
Car, une drôle d'atmosphère s'était installée dans le salon de l'unité Raijin.
Le susnommé Fried regarda en direction de la futur maman, surprit.
« Bonsoir. »
Evergreen abaissa ses mains, laissant ses bras le long de son corps. L'irrésistible envie de se cacher lui prenait. Un Laxus se trouvait assis sur un des fauteuils du salon. Les jambes croisées, les bras suivant l'exemple de ses grandes sœurs. Sa voix grave était calme, beaucoup trop calme.
« Bonsoir, lui répondit-elle en clignant seulement des yeux.
- Eh bien, vient t'asseoir », l'invita Fried en tapotant le fauteuil à côté de lui.
Elle avança à grand pas vers son colocataire qui avait l'air détendu mais quelque peu surprit. Il y avait de quoi. Voir un ventre aussi gros du jour au lendemain ça donnait à réfléchir.
« Je demandais donc, dixit le blond en haussant quelque peu sa voix, ne lâchant pas sa coéquipière du regard, si Bixrow n'était toujours pas rentré ?
- Non. »
Fried jeta un coup d'oeil vers sa camarade qui tiqua légèrement avant de gonfler ses joues, regardant en direction du mage de foudre.
« Ne me regarde pas comme ça.
- Franchement, arrête d'agir comme une enfant.
- Je n'agis pas comme une enfant ! C'est toi qui me voit tel quel !
- Gamine.
- Laxus, tenta de calmer l'épéiste en sentant que la situation risquait de déraper pour de bon.
- Et toi qu'un emmerdeur !
- L'emmerdeur sait où il fout ses pattes. L'emmerdeur fait toujours attention à bien regarder où il fout ses putains de pattes. Et, l'emmerdeur n'écarte pas les jambes a qui veut bien lui accorder de l'attention. »
Et ce qui se passa après se déroula assez vite. La joue du dragon slayer étaient écarlate. Evergreen se trouvait debout, le poing serré près de ses lèvres. Fried s'était levé et son regard vacillait entre ses deux coéquipiers.
Elle recula en pinçant ses lèvres et leva ses yeux au plafond. Elle voulait pleurer, car les paroles du blond, son blondinet, étaient blessantes. Peut être qu'au fond elle pensait comme lui. Qu'elle n'était qu'une sale gamine capricieuse. Une sale gamine qui accorde de l'attention au premier venu. Que dire devant ça ?
« Salaud...réussit-elle à murmurer en posant ses yeux sur le concerné qui se leva, la surplombant de sa taille. Si tu veux me rendre mon coup vas-y. Je le mérite quoi. »
Il la regarda de haut, en plissant des yeux.
Fried s'interposa alors entre ses deux coéquipiers qui se toisaient avec fureur.
« Allons, allons...Calmons nous. Ever, va t'asseoir, tu ne devrais pas te mettre dans cet état. Et toi Laxus, t'as été un peu trop loin. Je peux comprendre ton énervement, néanmoins il y a des manières plus diplomates de régler cet incident...hein ? »
Evergreen ne lâcha pas le blond du regard et s'asseyait tant bien que mal, tenant son ventre. Laxus soupira en se laissant tomber sur le fauteuil. Cependant, Fried ne bougea pas, regardant l'entrée du salon.
Bixrow s'y trouvait, accoudé négligemment à l'encadrure de la porte.
« Bixrow, t'es rentré depuis quand ? »
Les deux autres coéquipiers présents dans le salon détournaient leur attention vers le marionnettiste qui avança, titubant.
« Lààà », dit-il, las.
Il retira son masque et le jeta dans un coin de la pièce sans forcément vérifier où. Il avançait alors vers la seule femme de la maison, s'agenouillant face à elle, ignorant totalement ses compères hommes. Cette dernière plissait ses paupières, sachant pertinement qu'il était ivre.
« Ever… »
Il lui prit la main, l'enveloppant dans les siennes, plus grandes.
« Je t'ai... »
Il fut coupé par un doigt qui s'était posé sur ses lèvres.
« Ne dit rien, stoppa la jeune femme en fermant les yeux, dépitée. T'es ivre, ne fais pas quelque chose que tu risques de regretter demain.
- J'ai besoin de te le dire.
- Je ne veux pas l'entendre. »
Elle leva sa main enveloppé par celle de son protecteur de toujours. Elle déposa tendrement ses lèvres sur le dos de l'une d'elle avant d'y amener son autre main.
« Je t'aime beaucoup, mais pas comme tu peux le penser.
- Tant que je suis à tes côtés... »
Il s'asseyait à même le sol et déposa sa tête sur les genoux de la fée qui lui caressa instantanément les cheveux.
« Je suis désolée, murmura la future maman. Je ne voulais pas te faire de mal.
- C'est ce que tu as fais, pourtant.
- Je n'ai pas réfléchit.
- Quand il n'est pas loin, tu ne réfléchis plus. »
Les larmes lui montaient aux yeux, soudainement.
« Je ne voulais vraiment pas te faire de mal, gémit-elle.
- Pleure et mets ça sur le compte de ta grossesse.
- Idiot... »
Elle décala alors la tête de l'homme, se mettant au sol. Elle lui attrapa les joues et le regarda droit dans les yeux.
« T'as une place spéciale dans mon coeur. Personne ne te la prendra. Sache-le. »
Elle le pris dans ses bras. Elle sentit le corps de l'homme vibrer tout contre elle. Elle regarda alors Laxus et Fried, qui observait silencieusement la scène.
Peut-être qu'elle devrait aussi s'excuser auprès du blond pour l'avoir frappé ? Peut-être devait-elle aussi s'excuser auprès de Fried car il se prenait tout sur la tronche ? Peut-être devrait-elle s'excuser auprès de Mirajane pour lui piquer son mari à chaque fois qu'elle n'allait pas bien ? Ou encore de lui avoir mentit délibérément ? Et au final, elle devrait peut-être s'excuser auprès d'Elfman aussi, pour avoir été aussi égoïste.
Elle ferma les yeux.
Oui, c'était la meilleure chose à faire.
Bonsoir bonsoir !
Le chapitre 6 est pas très riche en rebondissement mais la suite promet d'être forte en émotions !
Je sais pas trop quoi dire de plus alors je vais faire court, merci d'avoir lu ce chapitre !
J'espère tout de même que ce chapitre vous aura tout de même plu et n'hésitez vraiment pas à donner vos avis (constructifs ou non) !
Sur ce, à lundi prochain pour le chapitre 7 !
