10.
La suite d'évènements qui déroulaient sous ses yeux résultaient d'un caprice.
Un simple et vilain caprice comme elle avait prit l'habitude d'en avoir et d'en faire. Caprices, auxquels Fried répondait au début, avant de s'imposer et d'y mettre des limites, comme auraient pus le faire ses parents, s'il n'avaient pas été d'horribles personnes.
Il s'agissait juste d'un jeu auquel elle décidait de jouer, sans se prendre la tête. Sa petite vengeance personnelle envers les hommes, comme aimait dire Bixrow. Il n'avait pas totalement tort.
Elle ne vouait pas une haine envers le sexe masculin, cependant elle ne les appréciait tout de même pas. Le nombre de remarque qu'elle avait put recevoir après avoir rejoint l'équipe du dragon slayer de la part de clients, lors des missions…
« Fais pas attention, ils sont juste stupides. », que lui disait Bixrow en haussant les épaules.
« Je n'y prête aucune attention.
- T'as la mâchoire serrée pourtant.
- Oh, c'est l'expression de mon dégoût à la vue de ces gens, c'est tout. »
Elle se souvint l'avoir vu hocher la tête lentement, l'air pensif. Peut-être avait-elle été trop franche ? La châtaine se souvint avoir soupiré. Elle connaissait à peine ces gens qu'ils la prirent dans leur unité. Une unité qui faisait référence à l'éclair.
Bon.
Cet élément ne lui plaisait guère, beaucoup trop apeurant. Il s'accompagnait aussi d'un torrent de pluie. Non pas que la fée détestait la pluie. Une pluie torrentielle lui paraissait désagréable à l'oreille, faisant un drôle d'écho au plus profond de son âme. Alors elle se bouchait les oreilles à chaque fois qu'elle pouvait entendre un éclair.
Ah, elle ne pouvait pas se boucher les oreilles devant la personnification de l'éclair. Cet homme blond qui regardait vraiment mal avec ses yeux d'un vert perçant. Elle avait eut envie de les crever la première fois qu'il lui parlait, l'air dédaigneux.
Lui, il était devenu, au fur et à mesure, le grand frère qu'elle n'avait jamais eu. Et son grand-père, le maître de la guilde de Fairy Tail, un père exemplaire et aimant.
Une famille...Une vraie famille se tenait sous ses yeux. Un grand homme aux longs cheveux verts et au regard bleuté inquiet se tournant vers elle. Un autre, plus grand que celui aux cheveux verts, possédant une chevelure coupée courte et blonde, zieutant, aux premiers abords, avec fureur les nouveaux arrivants regard qui était plus nerveux que furieux. Et un dernier, le plus grand des trois, ayant une couleur aussi peu commune que le premier avec une coupe assez punk qui, laissait ses prunelles grenâtes se poser sur elle, avec douceur et assurance.
Ces yeux qui lui disaient que tout irait bien.
Elle sentit les larmes lui monter. Un drôle de sentiment, qu'elle n'avait pas ressentit depuis un bon bout de temps, refit surface. Violemment, une image de sa sœur lui vint à l'esprit. Ce regard que lui adressait Bixrow lui rappelait sa jumelle.
Et dans toute cette réflexion intérieure, son esprit vagabonda alors.
Pourquoi sa vie était-elle un bazar sans nom ? Pourquoi devait-elle faire face à autant de situations aussi lourdes ? N'avait-elle pas subit toutes les abominations possibles ? Il fallait maintenant qu'elle le regarde dans les yeux. Ces yeux bleus qu'elle déteste.
Ces yeux bleus qui la regardaient toujours avec ce trop plein d'amour et de niaiserie.
D'où lui est sortit l'idée saugrenue de jouer avec un tel enfant de cœur ?
Jouer n'était même pas le mot adéquat pour la situation.
Se divertir ? Passer le temps ? Se distraire ? Oh, la future mère n'en savait fichtre rien.
Au début Evergreen s'éclatait. Oh oui, ça l'amusait vraiment de contrôler l'humeur des autres. Fried détestait quand elle commençait à fréquenter un homme parce qu'il en connaissait la finalité :
Une sonnette, des cris, des larmes et des supplications. Au bout de la deuxième fois c'était déjà trop pour lui.
« Cesse d'être aussi dure, il ne t'a rien fait. », râla alors le vert en parlant de l'homme qu'elle venait de plaquer.
Evergreen lui adressa un regard par dessus son épaule.
« Il fera plus attention à la personnalité qu'au physique d'une femme. C'est sa leçon du jour. »
Un énième caprice de la fée Evergreen.
Puis vint la bataille de Fairy Tail. Ah, cette bataille. La seule impression que lui laissait cette rébellion fut la même que lorsqu'elle se trouvait sous la coupe de sa génitrice. Ne pas se montrer faible. Elle a sut le faire durant plus d'une quinzaine d'années, pour une journée cela n'allait pas la tuer.
Actuellement elle ne savait pas si elle en voulait au dragon slayer pour lui avoir fait un coup pareil, tout en sachant ce qu'elle avait put vivre. Elle ne lui en a jamais fait part. Et puis, elle était une adulte responsable et en pleine capacité cognitive. Un choix pouvait être fait. Et il a été fait. Cela doit être la raison pour laquelle elle doutait autant de ce qu'elle ressentait face à ces actes passés.
« Tu trembles. »
Elle jeta un regard furtif vers le mage de Seith avant de secouer la tête négativement.
« Je vais bien. »
Était-ce la vérité ou un mensonge ? Le doute total. Que du doute depuis qu'elle fut en capacité de réflexion. Pourquoi elle et pas une autre ? Pourquoi avoir fait tel ou tel choix ? Pourquoi tout lui a échappé des mains avant même qu'elle ne put dire quoique ce soit ?
Aucune réponse à l'heure actuelle.
Mais s'il y a bien d'une chose dont Evergreen ne doutait guère : l'existence de l'effet papillon.
Tous les choix qu'il lui a été donné de faire avait une incidence monstrueuse sur sa vie.
La fois où le maître avait réunit durant cette journée d'hiver tous les mages de Fairy Tail dans le hall du bâtiment. Qu'il fit un teaser digne d'un des plus grands films d'action concernant l'examen de rang S.
Que Laxus, lui, ce traître les avait abandonné (elle savait pourtant que le blond n'y pouvait rien mais elle n'arrivait pas à accepter ce fait à l'époque) et que même s'il avait été présent, être mage de rang S ne l'intéresserait pas car ce titre lui appartenait déjà.
Néanmoins, à l'entente du nom de Fried, elle eut l'envie de l'accompagner et de…
« Bixrow, deviens mon binôme. »
Elle l'avait vécu comme une trahison. Broyer du noir se trouvait être sa seule option. Roulage de yeux par-ci, roulage de yeux par là, une voix grave hurlant lui parvenait.
Un géant hurlant. C'était tout ce qu'elle avait retenu avant de se rendre compte qu'il s'agissait du jeune homme qu'elle avait attaqué durant la bataille de Fairy Tail, celui qui avait un superbe nom qui ne lui sciait tellement pas…
Elle le regarda alors et se souvint que son nom fut cité par le maître plus tôt. Oh. Oh.
« Oh... »
Ce grand gaillard était l'un des participants de l'examen.
Elle le vit frissonner lorsqu'il croisait son regard.
Ce simple caprice, qui était de faire payer le choix de Fried, fit d'elle une femme enceinte ayant le « cul entre deux chaises ». Ses sentiments n'étaient pas clairs. Tout devenait confus depuis cet examen.
Enfin.
Après ces sept années de sommeil - où, concrètement, la châtaine voulut ne jamais se réveiller - son train train habituel avait reprit. Sauf qu'une chose avait changé. Ou bien, une personne avait fait irruption dans sa petite vie tranquille.
Elfman Strauss.
Ce jeune homme était gentil et obéissant comme un petit chiot, mais beaucoup trop bête. Ça l'irritait autant de bêtise concentrée en une seule personne. Il lui arrivait de le fixer pendant quelques minutes, se demandant pourquoi est-ce qu'elle lui adressait encore la parole avant de soupirer.
Puis au fil du temps, une autre facette de cet étrange homme lui était dévoilée. Elle qui aimait beaucoup lire dans le jardin de la guilde quand le temps le lui permettait, il venait la rejoindre et sortait un livre de sa poche et le lisait.
Sa première pensée fut « un livre imagé, certainement ». Puis elle jeta un coup d'œil et vit alors qu'Elfman Strauss, ce grand dadais bagarreur, lisait un roman. Un vrai roman. Elle eut un petit sourire en constatant cela avant d'avoir un mouvement de recul. Qu'est-ce que c'était que ce sourire ? Elle toussota et se plongeait alors dans son livre.
Au début, elle pensait lui faire peur et cela lui faisait bien rire. Evergreen, faisant plusieurs têtes de moins que lui, voyait l'intimidation dans le regard de celui qui s'autoproclame être un homme viril. Et plus le temps passait, plus cela l'agaçait parce qu'elle trouvait le moyen d'assimiler cette frayeur à sa magie. Ses yeux.
Une autre chose qui l'avait surprise concernant cet idiot.
« Ever ? T'as l'air énervée.
- Ne m'adresse pas la parole.»
Chose à laquelle il avait obéit sans broncher. La châtaine eut un brusque mouvement de recul et jeta alors ses cheveux lui chatouillant la clavicule en arrière.
Ils se retrouvaient dans le jardin de la guilde, livres en main. La fée s'était assise sur l'herbe et le Strauss se trouvait en face d'elle, assis en tailleur. Il avait aussitôt la tête plongé dans son livre. Elle voulut en faire de même, pourtant une dizaine de minutes plus tard elle clôtura le temps de lecture et par la même occasion le silence en ferma bruyamment son livre. Elle leva les yeux vers l'homme aux cheveux blancs face à lui, qui n'avait pas bougé d'un pouce.
Cela l'irrita encore plus.
« Dis le si t'as peur que je te pétrifie sur place et que c'est pour ça que tu es aussi obéissant.», déblatéra alors la châtaine dans un débit beaucoup trop rapide pour que sa parole paraisse contrôlée. Elle voulut se donner une gifle mentale.
Elfman leva alors ses yeux vers elle. Son regard lui posait des questions, comme si ce qu'elle disait avait l'air insensé. Ce qu'elle détestait ça…
« En tant qu'homme, j'me dois de te dire que c'est pas tes yeux qui m'effraie le plus chez toi. T'as de très beaux yeux. »
Elle plissa ses paupières lentement.
« Tu vois, c'est ça qui m'effraie. L'aura que tu dégages. Elle est virile. »
Evergreen ne releva pas ses paroles, exaspérée.
« C'est tout ? T'as fini ? »
Elle s'était penchée en avant en prononçant ces paroles, souhaitant se relever et vit le regard insistant qu'il avait vers...ses yeux ? Il la regardait droit dans les yeux pendant qu'elle se mit sur ses deux pieds.
« Tes lunettes, tu ne les portes pas aujourd'hui. »
La châtaine terminait d'enfiler sa première chaussure à talon et s'apprêtait à enfiler la deuxième lorsqu'il prit la parole.
Un mouvement de surprise suite à sa remarque. Sa jambe la soutenant pour enfiler la deuxième chaussure avait tremblé de manière étrange la faisant sursauter. Et malgré sa tentative de maintien, elle se sentit tomber sur le côté. Elle ferma instinctivement les yeux en lâchant un petit cri.
Elle se heurta a quelque chose qui n'avait pas la fragrance fraîche et amère que pouvait avoir l'herbe. Non, une fragrance qu'elle avait déjà sentit auparavant. Un parfum qui lui rappelait l'examen à Tenrou. Âcre aux premiers abords, s'adoucissant d'emblée entrée dans les narines. Un peu comme du musc.
Elle ouvrit alors les yeux et croisa cette paire d'yeux bleus. Ah, il avait lui aussi les yeux bleus, tout comme ses sœurs ?
Elle entrouvrit la bouche avant de la refermer. Il avait remarqué qu'elle ne portait pas ses lunettes ?
Seuls ses paupières clignaient actuellement. Ça n'était pas la première fois qu'elle le voyait aussi d'aussi près. Pourtant, quelque chose différait de toutes ces fois là.
Ils n'étaient pas en danger de mort et les yeux du Strauss la fixaient un peu trop intensément pour que cela soit réel. Si Evergreen était naïve, elle aurait pu croire qu'il la regardait avec amour et tendresse.
« Ça va ? C'est pas très viril de faire une chute aussi ridicule. »
La voix grave de l'homme la fit sortir de sa torpeur. Elle se figea un instant avant de le repousser avec force, son postérieur se heurtant au sol. Elle se releva rapidement, retirant son talon et garda alors ce dernier accompagnée de son jumeau dans sa main. Elle lui lança un regard à faire mourir n'importe quel humain sur place :
« Dernière fois de ta vie que tu me touches ainsi... »
Après ces féroces paroles, elle s'en alla, sans se retourner et pieds nus.
Evergreen ne pensait pas qu'il était possible de voir un concentré d'amour et de tendresse en une seule personne. Elle s'était retournée dans son lit en pensant à ce regard qui lui était destiné. Cet idiot était tombé amoureux d'elle. En si peu de temps ?
Idiote, vous avez vécu beaucoup de choses ensemble à Tenrou, ne l'oublie pas.
Non, elle ne l'oubliait pas. C'était intense, cet examen. Et Elfman Strauss l'était tout autant, à sa grande surprise. A chaque fois qu'elle pensait le connaître un peu mieux, elle se trouvait dos au mur face à une nouvelle facette du détenteur du beast soul.
Elle eut un petit sourire. Les choses s'annonçaient intéressantes, pour une fois qu'un homme ne voyait pas en elle qu'un corps.
« Et si je m'amusais juste un petit peu...ça ne fera de mal à personne. »
Au début elle voulut vérifier son hypothèse avant de se lancer dans quoique ce soit.
Durant son temps de lecture dans le jardin, où il l'accompagnait, silencieux – cela était étrange pour elle de ne pas l'entendre hurler ou bien de le voir être tout simplement idiot – elle fermait subitement son livre et se penchait vers Elfman, feintant de regarder ce qu'il lisait. Il eut un petit mouvement de recul. Elle leva la tête vers l'homme dont le visage se trouvait à une quinzaine de centimètres de distance.
« Qu'est-ce que tu lis ? », lui demanda-t-elle en passant des mèches de ses cheveux derrière son oreille, esquissant un petit sourire.
Il était drôlement amusant de voir le visage tanné du mage devenir rouge en quelques secondes.
« Hein ?...Euh...Je...Je lis... »
Pendant qu'il bafouillait, elle attrapa la main de du Strauss en une caresse. Délicatement, la châtaine retira la main du livre qui se ferma sur le pouce de l'homme.
« Oh, je te savais pas intéressé par la science... »
Elle jeta un coup d'œil rapide. Il rougissait et marmonnait des choses incompréhensibles.
Un grand sourire se dessinait sur les lèvres de la jeune femme. Finalement...
Il était drôle pour la fée de le voir rougir à chaque fois qu'elle lui frôlait intentionnellement la main en s'excusant, ou encore, qu'elle lui disait des choses assez gênantes et qu'elle se ravisait aussitôt en riant ou en le traitant d'abruti.
Puis sans vraiment que la fée s'en rende compte, ce petit jeu commençait à lui échapper - doucement, mais sûrement - des mains. Elle pensait encore savoir où elle mettait ses pieds à ce moment là. Car oui, une fois par semaine, Lisanna l'invitait chez elle pour créer plus une cohésion familiale que sociale, puisque Laxus et Mirajane sortaient ensemble. Chose qu'elle n'avait pas refusé. La benjamine Strauss lui laissait une bonne impression et elle aimait bien son sourire.
Lisanna se levait de son fauteuil pour aller faire un petit tour dans la cuisine, vérifier l'état du gâteau qu'elles avaient fait ensemble. Elfman rentrait dans le salon, passant par le couloir d'entrée.
« 'Suis rentré !
- Oh ! Elf attends ne monte pas ! Viens voir deux secondes ! »
Il avança jusque dans la cuisine, disparaissant de la vue d'Evergreen. Elle eut un petit moment de réflexion avant de se lever et d'aller en direction de la cuisine.
Elle s'appuyait à l'embrasure de la porte observant alors une partie de la fratrie Strauss vivre un moment familial comme un autre. Un moment anodin. Elle songea alors à ce que pouvait être sa vie si sa jumelle était encore en vie et qu'elle avait elle aussi rejoint Fairy Tail, en sa compagnie.
Lisanna passa à côté d'elle, pressée.
Si elle avait apprit la magie, quel aurait été ses compétences, ses affinités qui auraient été plus variées que les siennes…
« Ever ? »
Elle sursauta et regarda alors un géant aux cheveux blancs qui la regardait avec inquiétude.
« T'étais là ?
- Mhm. », répondit-elle en haussant les épaules. La châtaine fit un pas en arrière, en baissant la tête. Elle vit une goutte tomber sur le verre gauche de sa monture. Avant même qu'elle ne put s'en rendre compte, une main étrangère à la sienne lui caressa la joue. Un pouce passa sous ses yeux sans pour autant retirer la monture, puis ses joues, essuyant des larmes incontrôlées.
« Désolé, je ne savais pas que t'étais là. »
Elle laissa échappé un sanglot mélangé à un début de rire :
« Idiot, c'est pas ça qui me contrarie. »
Il lui adressa un sourire qui lui fit rater un battement de cœur. Elle sentit alors une chaleur monter à une vitesse fulgurante sur ses joues.
« Elf, j'ai trouvé le set de moules, Mira les a rangé au fond du placard ! »
Les pas de la benjamine se fit entendre et de plus en plus proches. Evergreen dégagea alors la main du Strauss et retira ses lunettes avec précipitation.
« Ah...Merci Lisa. »
Les yeux bleus du mage la regardait avec confusion.
Ces même yeux bleus qui, à chaque fois qu'elle mettait un pied à la guilde, la cherchaient. Et quand ils la trouvaient, ces orbes ne la quittaient plus. Observant chacun de ses gestes, des mouvements que pouvaient faire ses lèvres lorsqu'elle parlait ou les moues ennuyées, pensives ou autres qu'elle pouvait faire. Ces mêmes yeux qui lui donnait une drôle d'impression.
Une autre fois comme celle-là, où le cadet Strauss réussissait une énième fois à la déstabiliser sans s'en rendre compte. Alors que l'envie de se poser sur le comptoir lui prenait, il s'était approché près d'elle, en grognant son surnom.
« Ever, je peux m'asseoir ici ? »
Elfman et elle était devenu assez proches et cela faisait maintenant plusieurs mois ? Ou bien une année ? Ou plus ? Ah, elle ne savait plus et elle s'en foutait. La châtaine avait finit par prendre l'habitude d'entendre son nom de la bouche de cet idiot.
Cependant, un picotement étrangement adorable chatouillait son ventre. Ses yeux noisettes le regardaient alors de haut en bas, en envoyant au diable ce que pouvait bien faire ses organes internes. Elle ne releva même pas le fait qu'il l'appelait pas par son nom entier.
« T'es un homme non ? Pourquoi me demander la permission ? »
Il s'était assis et avait commandé à boire. Une pinte de bière brune et un verre de blanc. Evergreen eut un petit sourire. Une attention touchante qu'elle ne va pas refuser. Ces yeux qui la fixaient intensément. Encore plus quand ils descendaient et s'attardèrent un long moment sur ses lèvres quand Fried avait décidé de se pointer au comptoir faire un check-up du mental de sa camarade.
« Tu ne bois pas en semaine... », affirma alors le vert en fronçant son seul sourcil visible.
Elle eut un petit sourire mignon. Sa main caressa la joue de Fried et se fraya un chemin vers la longue chevelure étrangement verte et douce du capitaine de l'unité Raijin.
« Une simple envie. »
Elle lui souriait franchement tandis que Fried soupira.
« L'alcool c'est mauvais pour la santé. Tu devrais faire attention.
- T'es trop mignon. »
De l'autre main, elle attrapa la joue de Fried et la tira gentiment. Ce dernier grimaça et se dégagea de l'emprise de son amie. Elle pouffa de rire en le voyant partir, la joue rougie tout en faisant part de son désaccord et continuant son monologue auprès de son éternel camarade aux yeux grenats. La fée détourna son attention sur son verre. Ses doigts jouaient avec celui-ci.
Evergreen le regarda. Il n'avait pas bougé d'un pouce, la fixant. Il détourna alors le regard et finit sa pinte d'une traite avant de se lever. Il s'apprêtait à partir quand elle lui attrapa le bras. La châtaine enroulait ses bras autour du sien afin de le retenir et le regarda avec questionnement.
« Où tu vas ? »
Ses sourcils se haussèrent avant de redescendre furieusement.
« Un homme sent quand il n'est pas désiré.
- Oh. »
Elle le lâcha et prit son verre qui se trouva bien vite entre ses lèvres. D'une traite, le liquide fut ingurgité.
Elfman était jaloux. La fée le voyait qu'il tentait de le dissimuler mais son air mauvais le trahissait. Parce qu'elle le défiait, ses prunelles marrons fixaient les yeux bleus du géant. Et face à lui, elle paraissait minuscule et ça, c'était d'un ridicule…
« Je te supporte, c'est déjà bien non ? »
Il tiqua.
« A quoi tu joues Ever ?
- Evergreen, souffla-t-elle, agacée par les picotements provenant de son ventre.
- Peu importe. »
Elle haussa ses sourcils et croisa ses bras.
« Je te trouves bien insolent aujourd'hui.
- Et toi bien trop souriante pour que ça soit vrai. »
Un énième haussement de sourcils de la part de la châtaine, qui fut réellement étonnée. Il savait avoir du répondant...Et bizarrement, elle ressentit une sorte de satisfaction. Une boule s'était formée dans ses entrailles pour remonter à une vitesse fulgurante jusqu'à sa gorge. Un sourire étirait ses lèvres faisant plisser des yeux le Strauss.
« Quel idiot… », soupira-t-elle en attrapant le bras du géant. Elle le tira avec force vers le bas.
Leur visage se retrouvait proche. Beaucoup trop proche. Les joues du cadet Strauss prirent une teinte carmine.
Evergreen pensait maintenir un quelconque contrôle de la situation. Son tempérament de feu laissait penser le contraire. « Suis moi, je te fuis ». Faire un pas en avant, puis dix pas en arrière. Et voir ce grand dadet perturbé à chaque fois qu'elle l'ignorait ou qu'elle faisait comme si de rien était. C'était comme ça durant un bon bout de temps. Elle faisait abstraction des drôles de réactions que son corps ou son coeur pouvait faire de temps à autres. Cela n'était pas important.
Oh, certes. Il n'avait clairement rien à voir avec ces hommes dégoûtants qui avait put abuser d'elle durant sa jeunesse. Mais Evergreen – pensait – prenait un malin plaisir à se jouer d'un jeune homme amoureux. A vrai dire, il était tout de même satisfaisant pour son égo de se sentir aimée, et aimer en retour ne se trouvait pas dans ses plans. Encore moins si ce grotesque personnage faisait partit de la famille Strauss. Ils étaient bien trop spéciaux pour elle.
Et un jour, les évènements la dépassèrent et ce fut à ce moment là que la fée se rendit compte de sa bêtise de croire qu'elle ne ressentait rien pour le détenteur beast soul.
Une simple invitation de la benjamine Strauss qu'elle avait accepté. Du thé, des petits gâteaux et du papotage assez rigolo. Leur rendez-vous hebdomadaire, quoi.
Lisanna lui laissait encore et toujours cette bonne impression et elle avait eut envie de la connaître encore plus qu'elle n'avait déjà apprit à la connaître. Elle se retrouvait à faire cette réflexion à chaque fois qu'elle la voyait. Même si cette petite faisait partie de la fratrie maudite.
Puis cette gamine, aussi adorable et prévoyante soit-elle, dût s'en aller faire une course. Une course qui ne dura pas plus d'une demi-heure. Une demi-heure qui donna un nouveau tournant à sa vie.
La châtaine se retrouvait seule dans la maison. Bien, il n'y avait pas à en faire une affaire d'état. Ça lui arrivait assez souvent de se retrouver seule dans leur salon ou encore dans la chambre de la cadette quand le reste de la famille était présente. Cependant, cette petite dernière avait omit de la prévenir d'une chose.
Elle avait entendu les pas, pensant que c'était Mirajane. Mais elle se rappela bien vite qu'elle était de service. Une voix grave retentit alors, lui donnant des frissons dans le dos. Un mélange entre un frisson d'horreur et...d'excitation.. ? Une gifle mentale et deux faibles jurons plus tard, la châtaine tourna la tête vers cette voix grave.
« Lisa, j'avais laissé du linge sur la machine à...Ever ? »
Elle avait eu une soudaine envie de se gifler et pas que mentalement. Il entrait dans la pièce seulement vêtu d'un serviette cachant ses…
« Euh...T'as pas vu Lisa ?
- J'ai rien vu. »
Evergreen détourna vite son attention vers le plafond. Une forte chaleur s'empara des joues de cette dernière. Ah mais qu'est-ce qui lui prenait ? Elle en avait vu, malgré elle, des hommes nus dans sa vie alors pourquoi réagir comme une pauvre adolescente ? De plus que cet idiot adorait se foutre torse-nu quand il se battait à la guilde, alors…
Serait-ce les gouttes d'eau qui glissaient le long de son torse ou encore ses cheveux, habituellement hirsutes qui était bien sagement plaqués en arrière qui…
Non.
« Ah...euh…d'accord...Mais… »
Elle réalisa alors qu'elle n'avait pas correctement répondu à sa question. Terrible erreur. Certes, elle était un peu perturbée mais elle n'était pas intéressée par un débile qui ne jurait que par sa masculinité.
Il reste tout de même bien bâti le bougre.
Evergreen se donna une énième gifle mentale.
« Elle est allée faire une course.
- Ah...Euh bon, j'y vais.
- 'M'en fou. »
Elle avait croisé ses bras, ne sachant plus quoi faire de ses mains qui commençaient à trembler follement. Son cœur aussi n'arrêtait pas de danser à une vitesse impressionnante.
D'accord. Elle connaissait ces signes. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas…
Cela n'était pas une raison valable pour baver sur le premier venu torse nu qu'elle croisait et encore moins si ce premier venu est Elfman Strauss a.k.a l'homme le plus idiot avec qui elle a put faire équipe sa vie.
Mais aussi le plus spontané et intense, jeune fille.
Elle ferma les yeux et se concentra sur une reprise de son souffle normal et d'essayer de faire taire cette voix du diable qui lui soufflait des absurdités.
Quelques minutes plus tard, elle se levait alors, voulant se dégourdir les jambes. En réalité, elle avait envie de se changer les idées. Elle remonta sa monture sur le sommet de son crâne. Ses mains passèrent sur son visage, signe de profond dépit.
Lisanna était archi mignonne. C'est vrai, elle voulait faire de la pâtisserie avec elle mais aussi apprendre à la connaître, donc elle l'invita a rester dans son salon en attendant son retour. Ce fait ne la dérangeait pas jusqu'à son grand-frère montre le bout de son nez. Si elle l'avait sut, elle l'aurait accompagné.
Elle entendit des pas. Une forte envie de répliquer quelque chose de salé lui prenait, mais elle se ravisa. Il se trouvait dans son territoire. Et Evergreen n'avait nullement envie de jouer, là.
Il entra dans le salon, vêtu cette fois-ci. Il s'avançait alors vers la porte d'entrée, passant juste à côté d'elle, sans vraiment lui accorder d'attention.
Ses sens se mirent alors en alerte. Avant même qu'elle n'eut le temps de se rendre compte de se qu'il se passait, elle lui agrippa le bras, retenant. Surprit, il lui adressa un regard interrogatif. Une immense bouffée de chaleur monta aux joues d'Evergreen. Les sourcils blancs du Strauss se fronçaient. Elle avait un regard brillant, les joues d'un rouge pourpre.
La châtaine rapprocha le bras de l'homme contre sa poitrine et posa sa tête sur ce même bras. Son nez caressa lentement ce dernier avant de laisser la place aux lèvres de la jeune femme. Lentement, elle posa ses lèvres sur la peau hâlée du mage qui se figea, sentant ses membres s'engourdir.
Elle huma avec une passion étonnante l'odeur du Strauss avant de lever les yeux vers lui. A ce moment précis, peu importe si l'homme en face d'elle la prenait pour une folle. Elle se mit sur la pointe des pieds et tira sur le col du t-shirt de celui-ci, l'obligeant à se baisser.
Deux lèvres se frôlèrent, puis se touchèrent. D'abord timidement, puis, s'entremêlèrent les langues, des dents mordants les lèvres.
Les jambes de la fée ne touchaient plus le sol, soulevée par les puissants bras d'Elfman.
Cette demie-heure qui avait donné un autre sens à sa vie. Tout cela, parce que Lisanna avait oublié de mentionner la présence de son frère dans la maison. Parce qu'Evergreen a eut le malheur de le voir en serviette chez lui. Parce qu'elle s'était habituée à son parfum, depuis Tenrou et qu'elle ne s'en lassait pas de le sentir près d'elle ou encore que ses cheveux d'un blanc immaculé, toujours plaqué en arrière suite à sa douche, étaient mouillés. Ce fut la goutte de trop. Sans mauvais jeu de mots.
Lisanna était rentrée, retrouvant Elfman dans le salon, en compagnie d' châtaine se trouvait à genoux sur le canapé, regardant en direction du mage masculin qui avait l'air en proie à une réflexion intense.
« Ce qui vient de se passer, n'a jamais existé, t'as compris gros bêta ? », murmura la jeune femme, n'ayant pas remarqué la venue de la benjamine.
« J'ai pu tout récupérer.. ? »
Evergreen sursauta légèrement et lança un dernier regard féroce au cadet Strauss, avant de se relever précipitamment et de se rapprocher d'elle.
« Cool », répondit la fée en récupérant les sac de courses des mains de Lisanna. Les cils de cette dernière battaient à une vitesse folle. Elle se dirigea dans la cuisine sous le regard médusé de la blanche.
Les courses en mains, elle put entendre ce qui se déroulait dans le salon :
« Qu'est-ce qu'elle a ? », demandait la benjamine d'une voix aiguë, appuyant son questionnement
Aucune réponse.
« D'acc...ord... », continua la petite sœur, l'air incertaine.
Elle put alors entendre du mouvement dans le salon, signe que l'un des deux Strauss était en mouvement.
« Bref !, s'exclama la blanche. Tu avais l'intention de sortir ? »
Ah c'était donc Elfman qui avait bougé. Evergreen avait récupéré une bouteille de lait sans vraiment y faire attention.
« Ouais.
- Oh, je comptais sur toi pour nous aider…
- Une autre fois, promis. »
La châtaine entendit alors des pas lourds s'éloigner puis une porte se claquer, quelques secondes après. Le soufflement de Lisanna lui parvint alors. Elle observa avec attention la bouteille de lait, laissant ses pensées vagabonder. Que lui avait-elle prit de...Oh non. C'était bien réel tout ce qui s'était passé.
« Ever ?
- Hein ? Oui..? »
Elle s'était tournée vers la cadette qui plissa ses grands yeux bleus. Comme si elle était en pleine suspicion. La benjamine se rapprocha d'elle.
« Il s'est passé quelque chose pendant que j'étais pas là ?
- Non, quelle idée. »
Elle posa la bouteille avec force, sans vraiment sans rendre compte. Elle jeta un coup d'oeil agacé avant de suggérer d'une voix forte :
« Bon on commence ? »
La blanche n'avait pas l'air convaincue. Et la gorgone ne comptait pas lui faire comprendre qu'il s'était réellement passé quelques choses durant son absence. La plus jeune n'allait certainement pas relever, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Cela l'arrangeait.
Evergreen tentait de se changer les idées par tous les moyens possibles. Cependant, cela ne semblait pas être une tâche facile. A chaque fois qu'elle pensait avoir oublié, un flashback vif lui revint en mémoire et elle se figeait. Son cœur agissait en traître, battant à une vitesse supérieure à la normale. Elle fermait les yeux avec force en secouant sa tête férocement.
« Ça va ?
- Parfaitement. »
Lisanna fit une moue boudeuse en réponse. La châtaine voyait que ses réponses ne la convainquait absolument pas. Elle la regarda longuement, semblant réfléchir. La lueur qu'elle avait, durant une fraction de seconde ressemblait à celle que pouvait avoir Mirajane lorsqu'une idée sadique lui venait en tête. Du coin de l'œil, Evergreen l'observait.
« Tu sais, je me disais que c'était dommage qu'Elf ne soit pas resté... », annonça-t-elle d'une voix aiguë.
Evergreen, qui tenait un saladier en verre dans les mains faillit le faire tomber. Elle le posa négligemment sur le plan de travail avant de souffler grandement.
« ...Il est vraiment doué quand il s'agit de faire des douceurs... », continua-t-elle d'une voix toute aussi aiguë.
A ce moment précis, la châtaine s'était baissée pour ouvrir le four qui doraient des cookies. Tentant de sortir le plats de cookies tout en écoutant son amie parler, un frisson lui parcourut l'échine. Le plateau chaud heurta le sol. Elle ferma les yeux en inspirant intensément. Puis elle souffla longuement, plus agacée par son comportement que par la mention du frère de son amie.
« Oh tu vas bien ?! Tu ne t'es pas brûlé j'espère ?! »
Lisanna avait lâché cette phrase sans arrières pensées bien évidemment. Et c'était ce qui énervait Evergreen. Réagir aussi stupidement...
« J'ai rien de cassé ni de brûlé, ne t'en fais pas.
- T'as vraiment l'air distraite...Tu es sûre qu'il ne s'est rien passé ? Tu n'étais pas aussi ailleurs avant mon départ…
- Tout va bien. Je ne supporte pas la mention de ton idiot de frère. C'est tout.
- C'est pas très sympa pour lui... »
Evergreen eut un petit sourire rassurant que Lisanna accepta. La première se baissa alors, ramassant les malheureux cookies tombés au sol. La deuxième la rejoignit, l'aidant dans sa démarche.
« Il est pas aussi idiot que tu le penses. Il est juste un peu trop spontané.
- Ah ça, je l'ai bien vu... »
Oups. Elle s'arrêta. Elle n'avait pas réfléchit, trop attelée à sa tâche. Lisanna lui offrit des yeux perplexes.
« Définitivement, il s'est passé quelque chose pendant que je faisais les courses. »
C'est alors que la plus jeune fronçait ses sourcils blancs. Evergreen ne la regardait pas dans les yeux et quand elle le faisait, c'était de manière brève. Et cette petite l'avait remarqué, la fée en était certaine. Elle priait pour que la blanche ne lui pose aucune question.
« Mais bon, ça ne me regarde pas. »
Elle continuait de ramasser les quelques morceaux de cookies.
« Cependant, j'aime pas vous voir aussi perturbés.
- Vous ?
- Elf était trop bizarre, c'est comme si tu l'avais sortit d'un sortilège de pétrification...Oh non j'espère que vous ne vous êtes pas battus ?! Oh mais j'ai dis que ça ne me regardait pas... »
Evergreen voulut mourir sur place. Ses joues prirent pour la énième fois de l'après-midi une teinte rougeâtre. Son corps se comportait comme celui d'une adolescente. C'en était désolant.
« Non, je ne l'ai pas pétrifié et on ne s'est pas battus.
- Ouf... »
Elle amena sa main à son cœur, comme soulagée.
Le temps passa rapidement et Lisanna tentait de la distraire. Une attention adorable qu'elle retiendra. La pâtisserie finie, elle s'était installée dans le salon, discutant de tout et de rien. Puis un long blanc où Lisanna semblait réfléchir, elle marmonna alors pour elle-même :
« De toutes les façons, il tient beaucoup trop à toi pour te faire quoique ce soit.
- Qu'est-ce que tu dis ? »
La fée posa sa tasse de thé, ne souhaitant pas boire. Son intuition lui hurlait de laisser cette tasse chaude de côté.
« Elf. Il tient trop à toi, réitérait la benjamine. Puis il est trop gentil pour merder. Il a un cœur en or, mon grand-frère. »
Lisanna n'avait pas tort. Elfman Strauss avait un cœur en or. Il avait eut le temps de le lui prouver à maintes reprises. Et a chaque fois, elle le repoussait. Au début parce qu'elle n'était réellement pas intéressée, mais au fur et à mesure que le temps passait et que d'inopinés sentiments pour lui apparurent, les raisons de cet éloignement perpétuel changeaient.
Il était trop bien pour elle. Il lui était même arrivé de penser que si elle avait fait une fausse couche, c'était parce que ses organes étaient pourris de l'intérieur à défaut d'avoir un visage et un corps irréprochable.
Mais ce ventre arrondi et le regard de l'homme qu'elle affectionnait particulièrement lui prouvait le contraire.
Fried avait amené les deux aînés de la fratrie Strauss. La surprise de ces deux là fut énorme lorsqu'il virent le ventre arrondi de la gorgone.
« Asseyez-vous s'il vous plaît. »
La voix froide de l'épéiste attira l'attention des frères et sœurs Strauss qui exécutaient sa demande. Il jeta un regard sur chacune des personnes présentes dans la pièce.
« Je commence. »
Se plaçant au milieu de la pièce, Fried continua de scruter ses camarades.
« Je vais vous dire ce que je vous reproche à chacun d'entre vous. Puis je vous dirais ce que je ressens actuellement. Et on va tous y passer.
- C'est-à-dire ?, demanda férocement le dragon slayer, pensant que son capitaine n'était pas sérieux dans sa démarche.
- Ce que je fais, vous allez le faire. Un par un. C'est une thérapie familiale. »
Le blond pesta, il avait donc bien comprit.
« Tiens, Laxus, tant que j'y suis, déclara-t-il en ouvrant légèrement ses bras. Ce que je te reproche, c'est d'être parfait. »
Tous froncèrent des sourcils. Qu'est-ce qu'il leur faisait là ? Le concerné voulut répliquer mais fut coupée par son capitaine :
« C'est ce que j'aurai dit en temps normal. Mais là, il est question des trois fondamentaux que l'on a instauré après la bataille de Fairy Tail. Tu t'en souviens ? »
Le visage de deux autres membres de l'unité Raijin ainsi que leur chef se décomposèrent.
« Ouais, c'est bien ce que je me disais. Communication, Confiance et Considération. Besoin d'une piqûre de rappel ou pas ?
- Non merci, ça va aller, répliqua calmement le blond.
- Bien. Ta priorité c'est Mira et ton enfant. Je veux bien comprendre que tu nous vois comme les frères et sœurs que tu n'as jamais eu, et que tu veux à tout prix nous protéger de tout mal, mais ça c'est pas possible.
- J'ai jamais dit le contraire.
- Il est là le problème. Tu ne l'as jamais dit, mais tes gestes...Combien de fois Ever t'en as fait la remarque ? J'ai arrêté de compter à quinze. Et c'était il y a trois mois – Laxus tiqua et gratta sa nuque nerveusement. Tu dois pas porter tous le malheur de tes proches sur tes épaules. Et une dernière chose. »
Fried leva ses yeux vers le plafond comme s'il cherchait une bonne tournure de phrase.
« Tu devrais accorder un peu plus d'importance aux mots que tu peux employer.
- Il n'a pas tort, déclara Mirajane en acquiesçant frénétiquement s'attirant un regard agacé du blond.
- Ça va, j'y travaille.
- Merci. »
Fried se tourna alors vers Mirajane.
« Mira, je t'apprécie énormément parce que je vois que tu rends notre Laxus heureux. Cependant, s'il y a bien une chose qu'il déteste, c'est être fliqué. Je peux comprendre que tu as des insécurité et que ça se développe de manière aiguë parce que tu es enceinte. Tu te poses des questions, auxquelles il ne donne pas de réponse parce qu'il n'accorde pas forcément d'attention aux détails qu'il considère comme futiles. Mais ne te laisse pas submerger. Tu sais bien comment il est. La communication verbale c'est important, mais la non-verbale importe tout autant. Ta présence est imposante et la sienne aussi. Ça peut qu'être explosif. Je devrais peut-être t'initier aux « trois c ».
- Compris. Merci Fried. »
Mirajane avait écouté calmement Fried, le trouvant assez avenant et puis il avait une voix des plus apaisantes. Il lui était rare de l'entendre parler autant, alors elle ne lui coupa pas la parole. Accompagnée de sa réponse, l'aînée Strauss lui offrit un sourire sincère auquel il répondit par un demi-sourire. Il se tourna alors vers Bixrow.
« Ah, mon ami. Tu vas en prendre pour ton grade.
- J'suis celui que tu connais le mieux, pas étonnant. »
Il haussait les épaules tandis que le vert eut un sourire.
« Il est vrai. »
Son sourire se dissipa.
« S'il y a bien une chose que je t'ai toujours reproché et ce depuis notre plus tendre enfance, c'est la facilité que tu as de t'attacher aux personnes qu'il ne faut pas et le fait que tu ne pratique que deux c sur les trois.
- Ah, Fried. Tu peux parler de tout, sauf de ça.
- Tu vois ? Sérieusement Bixrow. A quand remonte notre rencontre avec Ever ? Plus d'une dizaine d'années, sans compter les 7 ans ? Autant de temps sans lui dire ce que tu ressens ? T'as réussi à ne pas péter les plombs parce que tu m'en parlais quand tu buvais un peu trop.
- Fried…
- Communication !, s'exclama l'épéiste, coupant son ami. Co-mmu-ni-ca-tioooon. »
Il décortiqua le mot en faisant de grands gestes à l'attention du marionnettiste qui le regarda avec désolation.
« Tiens on va faire une chose. Ever est là, maintenant dis-lui ce que tu as sur le cœur.
- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée, déclara la concernée, le regard alternant entre Fried et Bixrow.
- Et pourquoi pas ? »
Evergreen eut un frisson qu'elle ne sentit pas arriver. Elle amena sa main, qui forma un poing, à ses lèvres avant de fermer les yeux. Elle fut partagée entre l'envie d'insulter celui qui avait prit la parole et l'envie de courir dans ses bras.
« Parce que j'ai décrété que ça n'était pas une bonne idée et ce en connaissance de cause, répondit-elle en grinçant des dents.
- Ah, tu l'as décrété... »
Elle desserra son poing et ouvrit les yeux. Qu'est-ce qu'elle pouvait détester ce côté désinvolte qu'il pouvait avoir. Les Strauss et leur multiples facettes.
« Dis moi concrètement...Quel est ton problème ? »
Evergreen s'était levée et avançait lentement sous le regard médusé de Fried qui chercha alors à établir un quelconque contact avec la jeune femme qui visiblement n'avait pas l'air de rire. Il chercha alors un soutien auprès de ses camarades don l'un avait l'air amusé par la situation et un autre mi-moqueur, mi-étonné. Ah ils n'allaient pas l'aider. Eh bien...
« Ever, tu devrais peut-être…
- Non mais sérieusement, quel est ton putain de problème avec moi ?! »
Elle s'arrêta devant l'homme qui avait clairement changé le cours de sa vie. Celui qui l'effrayait tellement, qu'elle ne savait plus comment réagir face à lui. Elle qui perdait que très rarement son sang froid, venait de franchir le pas. Son regard bleu et dur qui ne flanchait pas.
Dire qu'auparavant il évitait tout contacts visuels avec ses yeux. Et c'est en ce jour, qu'il dérogea à la règle. Si elle pouvait lui crever, ces yeux, elle le ferait avec grand plaisir.
Elfman Strauss la regardait, calme. Et cela eut le don de l'énerver encore plus. Pourquoi ? Aucune raison ne lui traversait l'esprit. Cela la rendait furieuse. Rien de plus.
« Aucun problème. »
Le tout prononcé froidement.
« Allons, calmons nous. », tenta alors Mirajane en amenant une main sur le bras de son cadet et offrit un sourire à Evergreen. La main de cette dernière frotta frénétiquement sa lèvre inférieure.
Fried lança un énième regard appuyé à deux autres hommes qui répondirent d'un même geste qui signifiait « patientons ». Ah ça Fried voulait bien patienter mais il ne s'attendait pas à ce que cette réunion familiale se transforme en règlement de comptes...
« Aucun problème que tu dis...admettons que ça soit vraiment le cas. »
Cette dernière ignora les sages paroles de la blanche et se pencha vers Elfman qui ne la lâcha point du regard. Il resta cependant silencieux, comme s'il attendait ce qu'elle avait à dire. Elle grinça des dents à cette idée.
« Pourquoi me regarder avec ces yeux là ?
- Ever, fous pas la merde, prévint alors Bixrow d'un voix forte. Viens t'asseoir sagement. »
La future mère se redressa et regarda par dessus son épaule, le marionnettiste qui l'incita à s'asseoir d'un mouvement de la main. Ses prunelles noisettes s'élevèrent au plafond. Elle se remit à frotter frénétiquement sa lèvre inférieure pensive.
« Désolée, ma réaction était disproportionnée... »
Tout ça parce qu'elle avait finit par tomber amoureuse de cet homme qui visiblement, n'avait peur de rien, en réalité. C'est bien une caractéristique familiale ça. Cependant, Evergreen était enceinte, pas mourante. Et tant que la fée sera encore en vie, sa fierté ne se laissera pas piétiner par un idiot qui a vu le jour plus tard qu'elle n'a pu le voir.
« Je suis allergique à tout ce qui relève de la stupidité. »
Elle eut un petit sourire avant de se continuer :
« Alors s'il-vous-plaît, veuillez continuer sans moi. Je me sens épuisée. »
Trois hommes soupiraient désespérément en chœur tandis qu'elle se dirigeait vers les escaliers menant à l'étage. Mirajane haussa ses sourcils en ouvrant la bouche, surprise non par ses paroles mais aussi par ce qui se déroulait sous ses yeux. Fried avait fait de son mieux pour les réunir et elle balayait le tout d'un revers de la main ? Sans sourciller ?
« Evergreen, l'interpela-t-elle, je peux comprendre que tu te sentes dans tous tes états, mais tu devrais peut-être…
- Mira. »
Elle fut coupée par son petit frère qui, le connaissant beaucoup trop bien, semblait...énervé.. ? La barmaid de Fairy Tail n'en croyait pas ses yeux. Elle ne le quitta pas des yeux tout en lui maintenant le bras. Elle ne savait pas ce qui l'avait rendu aussi irrité, mais c'était pas une chose qu'elle avait envie de voir. Lui comme Lisanna était des enfants de cœur, la colère n'était pas fait pour eux. Si elle pouvait récupérer toute la colère qui sommeillait en eux, elle le ferait sans hésiter. Elle inspira grandement :
« Elf, je…
- Laissons-la faire un autre de ses caprices. »
L'aînée jeta un œil à son mari qui ne disait rien depuis le début, observant ce qu'il se déroulait ses yeux avec attention. Lui qui aimait tant protéger le membre féminin de son équipe faisait étrangement rien.
« Laxus, tu devrais peut-être intervenir, suggéra-t-elle en lui agrippant le bras.
- Non.
- Quoi ?
- Non.
- Mais...pourquoi ? »
Il ne lui répondit pas immédiatement, voyant alors qu'Evergreen s'était arrêtée.
« Pourquoi on s'arrêterait pas là pour aujourd'hui ?, proposa alors le marionnettiste. Nan c'est vrai, on est trop tendus là.
- Si tu veux t'arrêter là, Bixrow, ça ne regarde que toi. »
Evergreen revenait sur ses pas.
L'effet papillon.
« Moi, j'ai des comptes à régler. »
Fried observa alors la scène les bras ballants. D'accord, Evergreen voulait enfin parler avec le père de son enfant et c'était un des principaux objectifs de cette réunion. Mais le reste dans tout ça ? Il se rapprocha alors de son chef, dépité.
« Il n'y a rien qui va là... »
C'est à ce moment que Laxus décida de répondre à la précédente question de sa femme tout en s'adressant à son capitaine :
« A partir de maintenant, ça ne nous regarde plus. »
Il attrapa la main de Mira qui ne comprenait plus rien. Le dragon slayer se leva, attirant dans son geste sa femme. Elle supposa alors qu'il connaissait assez bien l'autre future maman pour ne pas avoir voulu intervenir.
« Fried t'as fait l'essentiel, repose-toi. Maintenant, dit-il en regardant sa femme, montons. On a des choses à se dire. »
De son côté, Lisanna put voir sa sœur s'éclipser avec Laxus. Qu'est-ce qu'il se passait ? Et déjà, pourquoi devait-elle se trouver dans cette pièce ? Ça n'était pas comme si cela la regardait de près. Certainement de loin mais en quoi sa présence pouvait apporter quoique ce soit ?
« Lisa, ça te dit d'aller se promener un peu ? »
Surprise, la benjamine sursauta et leva ses yeux bleus verts d'autres, d'un rouge profond. Une main tendue en sa direction et un sourire bien commun à celui qui le possède fut totalement persuasif.
« Volontiers. »
Elle attrapa sa main et eut un fin sourire. Elle savait bien que si Bixrow lui proposait une promenade c'était pour laisser son grand frère et celle que son crush considérait comme une sœur s'entretenir en privé.
Enfin, s'entretenir…
Elle avait bien vu dans le regard de la future mère qu'elle avait l'intention d'en découdre. Et dans celui de son frère aussi, étonnement. Les fois où elle avait put voir son frère dans un état de colère noire se comptent sur les doigts d'une main et tous les doigts n'étaient pas impliqués. Il n'était pas rancunier et pardonnait vite. Alors le voir aussi dur...Autant accepter la proposition de Bixrow.
Fried se rapprocha d'eux, dépité.
« On va se balader avec Bixrow, tu viens ? »
Fried et Bixrow regardaient Lisanna qui leur offrit un sourire en réponse. Avait-elle fait quelque chose de mal pour qu'ils la regardent ainsi ?
« Allons-y. », déclara alors l'épéiste en jetant un dernier regard vers celle qui avait une place de sœur dans son cœur.
Il espérait réellement que tout irait pour le mieux.
Bonjour bonjour !
Désolée pour le retard ! Ce chapitre m'as prit plus de temps que prévu...Pendant ma relecture, j'ai complété le chapitre et...ça a donné ça…
Je tiens à remercier Ishandra et Bartonned pour leurs reviews ! Ca me rend trop soft je vous kiffe je vous jure ! Vous me donnez vraiment envie de continuer d'écrire, déjà que l'envie était déjà présente, et bien c'est décuplé ! (je vous réponds dans l'après-midi, je m'en vais dormir uwu)
On peut voir que les souvenirs sont un peu disparates et sans réelle transition, c'est un peu comme dans un rêve où on ne sait pas trop pourquoi on atterrit dans tel endroit et à tel moment. Étant donné que la miss est perdue, j'ai choisi de faire un chapitre fucked up et loooong (bon la longueur n'est pas un choix ahah j'ai été trop prise et je ne pouvais le séparer en deux ça couperait le rythme).
Encore un saut en arrière mais centré sur les deux. Enfin. Comment Evergreen vivait les choses, en tout cas.
Bon en tout cas, j'ai bien aimé écrire ce chapitre, même si en réalité quelques scènes ont été modifiées :
- celle du début;
- la scène du comptoir, il devait y avoir un baiser que j'ai retiré parce que ça me faisait littéralement chier de la laisser là.
Ou des scènes qui ont été ajoutées :
- les scènes de lecture dans le jardin, c'est d'la nouveauté;
- la première scène avec Lisanna;
- La mention de Tenrou.
Les prochains chapitres vont être intenses à taper, je sens que ça va être drôle pour moi mais pas pour les persos ahah…
Je me demande combien de chapitre aura en tout cette fanfiction. Une vingtaine ? Une trentaine ? Je sais pas trop, mais sachez que le chapitre 11 a déjà été bien entamé et fait presque 2000 mots et je suis pas prête de le finir à 2000.
Bon, voilà voilà ! En espérant que ce long chapitre vous aura plu !
Merci de m'avoir lu et à Lundi prochain !
Bisouuus
