Hello mes sadiques préférés !
Juste pour vous prévenir que ce chapitre est le plus dur de la fic. Si vous êtes tatillons sur la torture, méfiez-vous...

Have fun ?


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Il ne sait pas trop ce qui est le pire.

Et vu qu'il est privé de sa chère petite lampe depuis un bon moment déjà, il essaie de fixer ses pensées sur des choses un minimum rationnelles.

Mais plus rien ne peut être rationnel, à ce stade.

Alors, l'idée absolument malsaine de comparer ses douleurs entre elles ne lui parait pas si torve que ça, sur le coup.

Il n'y a que ça à penser dans toute cette horrible obscurité.

Pour oublier la souffrance de son bras, celle qui brûle l'ensemble de son visage, celle qui irradie dans ses deux mains, celle qui lui lacère le bas des reins.

Pour oublier l'odeur de son propre sang qui le prend tellement au nez qu'il en oublie l'immonde moisissure autour de lui.

Pour oublier le mélange de transpiration, de saleté et de sang coagulé qui macule une bonne partie de son corps.

Pour oublier la phrase de Kidd, avant qu'il ne commence vraiment ses affreuses séances, et qui tournait encore et encore dans sa mémoire :

« Je vais te briser comme tu m'as brisé Luffy. »

Il ricane, parfois. Seul, allongé sur son lit qui était encore si accueillant il n'y avait pas si longtemps encore.

Quand le pire que ce Kidd pouvait lui faire subir était une sodomie un peu trop violente et non-consentie.

Quand il pensait que dans ces moments, il était au fond du trou.

Non.

Le fond du trou, il est là.

Quand vous avez perdu tout espoir de sortir un jour de la cave puante dans laquelle on vous a jeté pour vous battre, vous violer, vous affamer et vous laisser ensuite agoniser dans votre propre sang.

Dans le silence et l'obscurité totale.

Cette immonde, infâme, affreuse, abominable obscurité...

Et tout ça pour quoi ? Pour une foutue relation qui avait duré à peine trois mois.

Alors oui, Luffy ricane. Encore une fois.

Parce que la vie peut-être d'une cruauté sans borne, par moment.

La porte en haut des escaliers grince et un rayon de lumière passe. Il prend soudainement conscience de l'espace autour de lui, alors qu'il est affalé ventre contre le matelas, le visage à moitié caché dans les draps teintés de rouge de son sang.

- ... Woh, t'as pas bougé d'un pouce depuis la dernière fois ? T'es vraiment mort, ou quoi... ?

Il entend les pas lourds de Kidd s'approcher et reconnaît ses jambes apparaître dans le mince champ de vision que sa position lui permet d'avoir.

Mais qu'importe. Il n'a plus la force de hurler, il l'a déjà trop fait. Ses cordes vocales lui font peut-être aussi mal que le reste de son corps et ses yeux semblent sur le point d'exploser tant il a pleuré. De toute façon, il se sent si desséché par le manque d'eau et de nourriture qu'il y a finalement peu de chance que son corps ne puisse encore produire le moindre fluide.

À part du sang, bien évidemment.

Il est retourné sur le dos sans aucune délicatesse et ses yeux rencontrent ceux de Kidd. Le roux l'observe avec dégoût de haut en bas, s'attardant sur ses doigts dont la vue lui arrache un immense sourire de satisfaction.

- C'pas joli à voir... Ça fait mal ?

Il a beau être amorphe corporellement parlant, l'esprit de Luffy carbure à mille à l'heure. Et cette pique l'agace bien plus que sa situation actuelle devrait le lui permettre.

Alors, la réponse sort d'elle-même dans un souffle à peine audible.

- Va te faire foutre, Kidd...

Comme un réflexe, la main du roux fond sur son cou et il le décolle presque du lit de cette manière, le faisant à moitié tomber sur le sol. L'instant d'après, il est traîné par les cheveux jusqu'à la chaise bien connue et se met à hurler de nouveau de sa voix brisée.

Il déteste cette putain de chaise.

Mais le peu de force qu'il lui reste fait pâle figure face à la puissance monstrueuse de Kidd. Le roux reste calme quand il lui sangle les bras et les jambes contre le bois pour l'entraver. Et une fois que Luffy ne peut plus rien faire que décoller légèrement la chaise avec lui à chaque mouvement, Kidd se fait un plaisir de passer un doigts à l'endroit où demeurait ses ongles il y avait encore quelques heures –ou quelques jours, impossible à savoir.

Et Luffy hurle de nouveau.

- Plus trop envie de m'insulter, on dirait ? Tant mieux. J'espère pour toi qu'c'était la dernière fois, Luffy. Sinon j'vais vraiment finir par...

Il s'interrompt pour le toiser de toute sa hauteur. Et alors que Luffy lève des yeux aussi épuisés que coléreux sur lui, il se prend un coup de poing en pleine mâchoire.

Apparemment, Kidd a envie de reprendre la bonne vieille technique du simple punching-ball, aujourd'hui.

Heureusement –ou malheureusement, tout dépendait de ce qui allait suivre-, son épaule handicapée rappelle bien vite le roux à l'ordre. Il grimace de douleur, porte une main sur son articulation pour la faire rouler et peste.

- Putain... T'as de la chance que j'puisse pas continuer à t'massacrer. J'ai tellement, tellement envie de ruiner ton putain de visage angélique...

Sa langue se retrouve collée à la joue ensanglantée de Luffy l'instant d'après et remonte lentement jusqu'à sa tempe.

- T'sais, celui avec lequel t'as pris un malin plaisir à me ruiner le cœur ?

Il relève mollement la tête vers lui et lui lance la même expression qu'un peu plus tôt.

- ... Parce que t'as un cœur, toi... ?

Le sourire carnassier de Kidd ne lui fait même pas plus peur que ça. Il sait qu'il va morfler quoi qu'il arrive. C'est son but, après tout : le massacrer jusqu'à ce qu'il craque. Physiquement en mourant ou mentalement en se remettant à le supplier à genoux, ça, Luffy ne le sait pas trop.

Tout ce qu'il sait, c'est que l'espoir est réduit à néant depuis longtemps. Alors autant continuer à se débattre encore un petit peu.

Un tout petit peu...

Et pourtant, la peur s'immisce de nouveau dans ses os lorsque Kidd sort un énorme couteau de chasse pour lui passer doucement sous le nez avec un sourire mauvais.

- Tu vois ça ? C'est ton nouveau meilleur pote pour les prochaines heures à venir. J'suis sûr que vous allez parfaitement bien vous entendre, encore mieux qu'avec la pince qui t'a pris tous tes ongles hier.

Ah, alors c'était seulement hier...

La pointe de la lame se pose doucement sur son bras gauche et Kidd prend un malin plaisir à la faire tourner doucement de gauche à droite, tout en sifflotant un air que Luffy ne reconnaît pas.

... De la musique. Bon sang, ça fait si longtemps qu'il n'en a pas entendu...

Sa chair qui se perce et qui s'ouvre lui arrache un nouveau hurlement. Kidd prend son temps, évidemment. Il observe chaque centimètre de la ligne de sang qu'il crée sur sa peau dans son sillage avec curiosité.

Et il réitère l'expérience lorsque la coupure arrive à ses mains. Il trace une seconde ligne parallèle à l'autre, alors que le cri affreux de Luffy doit lui percer les tympans.

Mais il paraît n'en avoir cure, vu comme il commente avec amusement la netteté impressionnante que dessine son jouet parfaitement aiguisé.

Il lui chuchote soudainement à l'oreille d'essayer d'imaginer la sensation que cette même lame ferait s'il devait la faire se promener entre ses jambes.

Mais Luffy n'a pas le temps de réaliser que son cerveau anéanti l'imagine déjà sans son consentement : le métal glisse soudainement sous sa peau, la décollant légèrement, la séparant lentement de ses chairs.

Et ses hurlements redoublent. Parce que la douleur est immonde, insoutenable. Presque du même niveau que les ongles. Cette sensation que deux parties de son propre corps qui n'ont aucune raison de se retrouver divisées soient ainsi séparées, aussi lentement, aussi précisément... Luffy aurait tout donné pour ne jamais connaître ça.

Alors, entre deux hurlements étranglés et raillés, il le supplie de nouveau d'arrêter. Il lui promet d'être sage, il lui promet de ne plus l'insulter, il lui promet de redevenir un amant à la hauteur.

Tout, n'importe quoi, sauf cette douleur...

Et à travers ses yeux embués de larmes, il voit à peine le petit carré de peau que Kidd observe du bout de ses doigts avec une satisfaction intense. Il entend à peine ses commentaires amusés sur les différentes formes qu'il pourrait ainsi s'amuser à créer sur son corps.

Mais passé la distraction, le roux remarque finalement ses sanglots sonores et misérables. Et il se permet de passer le bout de son pouce sur ses joues pour les essuyer. Puis Luffy le voit le dévisager, les iris presque rouges passant de son œil gauche à son œil droit par à-coups.

Et le nouveau sourire qui se forme sur les lèvres ne lui annonce rien de bon.

- Comment tu m'as dit que tu t'étais fait cette jolie cicatrice, déjà ? Lui murmure-t-il sur le ton de la conversation tout en caressant la fine ligne sous son œil gauche.

Luffy n'a évidemment ni la force, ni l'envie de lui répondre. La douleur de ses bras pulse, pique, brûle. Ses mains déjà complétement meurtries tremblent. Et il doit batailler pour garder les yeux ouverts, même si cet effort lui paraît terriblement vain et idiot.

- Luffy, réponds moi ou j'te coupe une oreille.

La sensation de la lame qui passe doucement dans ses cheveux lui fait l'effet d'un électrochoc. Il rouvre brutalement les yeux pour fixer Kidd et sa respiration s'accélère.

- J'ai... J'ai voulu... Épater un ami de la famille... Quand j'étais petit... J'me suis fait ça tout seul...

- ... Ouais. Tu t'es fait ça tout seul.

Le ton de Kidd est froid, soudainement. Il a perdu son sourire.

Et il fait revenir la lame sur sa joue droite.

- Ça aussi, tu te l'es fait tout seul, Luffy. L'oublie pas.

Et la vieille souffrance de ses sept ans, lorsqu'il s'était enfoncé ce couteau dans la joue, lui revient brutalement en mémoire alors que la lame glisse et s'enfonce pour écarter ses chairs de la pire des manières.

Cette fois, sa voix se brise sous son hurlement étranglé qui finit par mourir dans sa gorge. Et il a l'impression que c'est encore plus douloureux : c'est encore plus douloureux de ne pas pouvoir exprimer à quel point on souffre.

Kidd s'éloigne légèrement tout en ne le lâchant pas des yeux et Luffy capte son regard aussi fasciné que satisfait.

Le voilà défiguré pour de bon, à présent.

Comme si ça changeait quelque chose, au fond. Il est persuadé que s'il croisait son reflet dans un miroir à l'heure actuelle, il ne se reconnaîtrait même pas.

Personne ne le reconnaîtrait.

La bouche de Kidd qui s'écrase soudainement contre la sienne lui donne un haut le cœur. Il a la fugace envie de lui mordre les lèvres pour essayer de les lui arracher...

Mais il n'en a plus la force.

Il n'a plus la force de rien.

Même plus la force de plonger un peu plus loin dans la détresse lorsqu'il voit Kidd ouvrir sa braguette et sortir son pénis pour lui coller au visage.

- Suce et je promets que je te laisse tranquille pour aujourd'hui.

... Même plus la force de refuser un marché aussi pitoyable.

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[Défi des adultes 58 - Votre personnage écorche un autre ou fini écorché]