Chers tous,
Si les aventures sentimentales de Tony et Steve t'intrigue encore alors la suite de Te faire sourire aujourd'hui, demain, toujours est par ici :)
Bonne lecture,
ChatonLakmé
« Et là, le copain de la fille arrive. Je pensais qu'il allait m'en mettre une mais au contraire, il me met la main au cul et me propose de faire une folle partie de baise à trois dans les toilettes de la boîte. Sérieusement ?! », s'exclama Tony en faisant de grands gestes dans le vide. « Est-ce que j'ai l'air si en manque de sexe que ça ?! Dans des toilettes Steve ! Des toilettes ! », répéta-t-il avec une petite grimace de dégoût.
Steve éclata de rire, ramassant leurs tasses de café vides pour aller les remplir à nouveau dans sa cuisine. Le brun le suivit brièvement du regard avant de se caler plus confortablement dans le canapé bleu nuit en soupirant d'aise. En entendant les discrets bruits domestiques dans son dos, il eut un sourire satisfait.
Presque deux ans qu'il continuait à faire rire le blond aux éclats et Tony était persuadé que jamais il ne s'en lasserait. Le rire sincère de Steve résumait tout entier cet homme qui avait fini par devenir son meilleur ami. Il était solaire, doux, incroyablement communicatif et d'un ton un peu enfantin terriblement attendrissant. Quand le brun l'entendait, une chaleur l'envahissait, réconfortante comme le rire de Steve. Il l'adorait, plus encore parce qu'il savait qu'il était le seul à faire s'exclamer le blond de la sorte, sincèrement et sans retenue. Plus encore aussi depuis qu'il savait le gouffre dont Steve était parvenu à sortir.
Quand leur amitié lui était devenue précieuse, Tony avait demandé à Clint et à Natasha de lui raconter son histoire, refusant de blesser le blond encore une fois par ses maladresses même taquines et dépourvues de la moindre méchanceté.
En repensant à ce jour où il s'était invité chez le couple pour demander des réponses, un grand sourire aux lèvres et déjà empli de joie à la perspective de pouvoir apprendre ce qui lui permettrait de devenir le plus parfait des meilleurs amis, le jeune homme sentit son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine. Il se mordit les lèvres et s'enfonça plus fort contre le dossier, rentrant imperceptiblement la tête dans ses épaules.
Le brun n'était pas quelqu'un de très emphatique, les souffrances d'autrui le mettaient mal à l'aise. Aussi, quand Natasha, en parfaite maîtresse de maison, avait déposé une assiette de cookies à côté de sa tasse de café, Tony en avait joyeusement attrapé un, l'estomac délicieusement chatouillé par l'odeur chocolatée.
Puis le récit avait commencé.
Le brun avait alors reposé le biscuit, incapable de mordre dedans, l'estomac noué et le cœur au bord des lèvres. La vérité, qu'il aurait trouvé auparavant trop romanesque et tragique, le frappait à présent avec une force qui le rendait presque malade.
Le couple ne lui avait rien caché, notamment le caractère fusionnel de la relation entre Steve et le dénommé Bucky, toujours aussi incompréhensible pour eux et qui avait brièvement pincé le cœur de Tony d'envie.
Il ne lui avait rien épargné non plus.
Ni l'apathie silencieuse de Steve durant les six mois qui avait suivi sa mort, ni sa douleur bruyante à la mort de Sarah moins d'un an après l'accident, victime d'un second AVC. Après douze mois, Steve avait vraiment sombré et ses amis avaient craint pour sa vie. Jamais le jeune homme ne se serait suicidé mais, comme inconscient de son environnement, il s'était simplement éteint et avait commencer à descendre la pente douce menant vers un monde sombre, morne et glacé.
Lorsque les ténèbres autour de lui se dissipaient un peu, Steve avait parfois été envahi par une rage destructrice. Il avait retrouvé sa peinture et ses crayons, noircissant la toile et le papier avec fureur. Clint et Natasha avait prit peur en voyant la noirceur et la mort qui avaient envahi l'art auparavant si lumineux du blond. Ses amis avaient emménagé chez lui mais Steve avait à peine remarqué leur présence. La première année s'était écoulée, lente et noire, sans que Steve ne paraisse retrouver un peu de sa lumière, les laissant glacé par la terreur.
Au mois de mars de la deuxième année, le couple avait reçu une aide inattendue.
Une voisine de Steve, dame âgée et en convalescence, avait demandé au blond de l'aide pour s'occuper de son chien. Bosie était un grand schnauzer gris, puant et acariâtre mais aussi détestable qu'il soit, il avait obligé Steve à retrouver une vie plus structurée. Un soir, en rentrant de la promenade du vieux chien, le jeune homme avait été accueilli chaleureusement par Clint et Natasha, assis dans son salon en train de l'attendre pour décider du menu du soir. Le blond avait soudain éclaté en sanglots convulsifs, son cœur se brisant et extériorisant enfin toute la boue collante et putride qui l'avait envahi depuis des mois.
Il n'était pas seul, il ne l'avait jamais été.
À l'été, Steve avait démissionné de son emploi d'infirmier et avait quitté l'association d'aide aux vétérans pour se concentrer sur lui, sur la manière d'apprivoiser sa douleur à défaut d'en guérir, Bucky encore trop présent dans ses souvenirs et dans son cœur. Un peu par hasard, le blond avait sympathisé avec le propriétaire d'une grande librairie du Lower East Side. Du jour au lendemain, ce dernier lui avait proposé un emploi que le jeune homme avait accepté.
Nick Fury, ancien militaire aussi doux qu'un porc-épic accolé à un cactus, s'était discrètement pris d'affection pour lui. Il l'avait assommé sous le travail, lui confiant de plus en plus de responsabilités notamment auprès de la clientèle et le bousculant sans cesse de son ton bourru.
Et Steve était peu à peu redevenu Steve.
Trois ans après la disparition de son compagnon et une longue traversée du désert, le jeune homme en était là.
Mieux campé sur ses pieds qu'avant mais pas encore complètement guéri, ses amis en étaient persuadés.
Les yeux fixés sur sa tasse de café froid, Natasha avait même avoué du bout des lèvres sa surprise de le voir les rejoindre pour la fête organisée chez elle et dont Tony chérissait le souvenir. Parce que cette semaine avait été celle de l'accident et que, de jour comme de nuit, Steve était encore envahi par ses fantômes.
Quand les trois amis avaient terminé leur discussion, la nuit était bien avancée. Tony était pâle comme un linge, une fine sueur glacée sur le front. La langue lourde et épaisse, il n'avait su que répondre, ses pensées tourbillonnant violemment dans son esprit tandis qu'il repoussait d'une main écœurée l'assiette de cookies, définitivement oubliée et obscène dans son étalage de pâte dorée et de pépites de chocolat luisant.
Il était rentré chez lui un peu comme un automate et n'avait pas dormi de la nuit, la gorge toujours serrée et révolté des épreuves injustes que le bon et doux Steve Rogers avait dû affronté. Sa tête enfoui dans les oreillers, une honte brûlante l'avait envahi en songeant à ses propres caprices de génie ou de petit-ami, parfois un peu égocentrique et un peu trop gâté. Alors que le blond se tenait droit, beau et souriant, enfouissant dans son cœur ses souvenirs douloureux tout en y puisant un admirable courage et une volonté sans faille. Qu'il trouvait la force de s'inquiéter de son rythme de vie décousue et de son alimentation trop riche.
Toujours allongé dans son grand lit, plongé dans l'obscurité, Tony s'était alors fait une promesse.
Clint et Natasha avaient aidé le jeune homme. Lui aiderait l'homme qu'il était devenu. Il serait son ami, son meilleur ami même si Steve le lui permettait.
Lui aussi ajouterait sa pierre à l'édifice solide que le couple avait construit pour que le blond s'y appuie lorsqu'il souffrait encore un peu trop. Tony y assiérait de nouvelles fondation en pierre de taille, il consoliderait les maçonneries et couronnerait la construction de marbre. Il en ferait un palais plus grand et plus somptueux, comme Steve le méritait, et sur le fronton duquel, des lettres dorées inscriraient le mot « Amitié ».
Tony revint à lui en sentant le canapé s'affaisser doucement à ses côtés, une tasse d'un café particulièrement odorant et délicieux lui chatouillant les narines. Il tourna légèrement la tête et sentit ses yeux s'humidifier un peu en croisant le beau regard bleu de Steve, encore un peu bouleversé par ses souvenirs teintés de mélancolie.
Le brun le remercia d'un petit signe de la tête et but une gorgée brûlante pour tenter de dissimuler sa gêne.
« Tout va bien Tony ? », lui demanda le jeune homme avec une pointe d'inquiétude.
« Oui, je réfléchissais... »
« Pas trop j'espère », le taquina Steve. « Après tout, tu reviens d'une folle nuit de drague. »
Alors que Tony allait ouvrir la bouche pour répliquer, le jeune homme le coupa rapidement, levant une main devant lui en guise d'avertissement.
« Et je ne veux pas en savoir plus pour le moment. Il est encore trop tôt pour que tu me racontes par le menu tes frasques sexuelles de ces dernières heures... », s'empressa d'ajouter Steve tout en levant les yeux au ciel.
Tony ricana, sentant son trouble se dissiper rapidement.
« Imbécile », gloussa le brun tout en le bousculant légèrement du coude. « Je pensais à ton anniversaire en fait. Trente-et-un ans, ce n'est pas rien. D'autant plus que je n'étais pas là pour fêter tes trente ans l'année dernière. Tu es sûr que tu ne veux pas que je loue le Met pour la soirée ? », lui demanda-t-il avec sérieux tout en se tournant vers son ami sur le canapé. « Ça serait grandiose et du meilleur effet. En plus, le traiteur avec lequel le musée travaille est merveilleux... »
« Tony... »
Steve roula légèrement des yeux et le brun l'observa avec attention boire une autre gorgée à sa tasse, attendant avec impatience sa réponse. Le jeune homme rit doucement et secoua la tête.
« Qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis qu'une fête avec mes plus proches amis est bien suffisante ? Je te laisse déjà choisir le dessert et même si tu connais mes goûts, je sais que tu vas nous proposer une overdose de sucre dont rien que l'idée me donne déjà la nausée », le taquina Steve sans méchanceté. « Contente-toi de t'assurer que tu pourras venir avec ta bonne humeur et tes blagues déplacées et tout sera parfait. », le rassura le blond avant de froncer légèrement les sourcils. « Quoique, si tu pouvais aussi amener une bouteille de cet excellent vin que tu m'as fait goûter lors de notre dernière soirée « ciné culte » chez toi, là ce serait vraiment parfait, ajouta-t-il avec une pointe de malice.
Tony prit soigneusement note dans un coin de sa tête de lui apporter une caisse de six bouteilles de ce piquant cépage californien qu'il avait découvert lors d'un séminaire il y a quelques mois.
« En plus » , poursuivit distraitement le blond, « tu nous imagines à quatre dans le Met privatisé ? Je ne sais pas si je devrais pleurer devant le ridicule de la situation ou éclater de rire... »
Tony avait son idée sur la question mais il ne répondit pas, gloussant intérieurement en visualisant leur petit groupe d'amis assis autour d'une table ronde, dressée dans le département de peinture européenne, le préféré de Steve, et entouré par un obséquieux personnel de service. Et même s'il était persuadé que le profil du blond se découperait merveilleusement bien sur La Toilette de Vénus de François Boucher, ses lèvres comme sur le point de baiser la bouche de rose de la déesse alanguie dans ses coussins et ses cheveux blonds se détachant parfaitement sur le fond peint en camaïeu de bleu, il dut reconnaître à contrecœur que son ami avait raison.
Le brun resserra ses mains sur sa tasse en faïence blanche, une petite moue boudeuse aux lèvres.
« … S'il ne s'agit que de cela, tu sais que tu peux t'organiser une fête avec trois cent invités dès que tu me donneras ton accord. Il suffit de me le demander. »
« Merci, oh génie de la lampe », ricana Steve tout en évitant de justesse le coussin décoratif que Tony fit mine de lui lancer au visage. « Mais ça ne me rendrait pas heureux pour autant. » Le jeune homme acheva sa tasse avant de se lever pour la ramener dans la cuisine et la rincer. « Je n'ai besoin que de ta bonne humeur pour sourire Tony. Pas d'un buffet un peu prétentieux ou d'inconnus me souriant avec complaisance. Juste toi, Clint et Natasha devant un bon dîner. »
Le brun aurait pu lui rétorquer que, pour avoir été invité plusieurs fois au Met lors de soirées privées, le buffet était tout sauf prétentieux et que les gens prenaient rarement la peine d'être hypocrites et complaisant mais les paroles de Steve lui coupèrent la parole.
Il rougit légèrement de plaisir tandis que ces mots résonnaient délicieusement à ses oreilles.
Je n'ai besoin que de ta bonne humeur pour sourire.
Juste toi.
Tony termina avidement sa tasse et sauta presque par-dessus le canapé pour rejoindre Steve dans la cuisine. Avec un petit sourire taquin, il lui tendit sa propre tasse afin que le blond la rince et s'appuya nonchalamment contre le plan de travail pour poursuivre leur conversation.
Le brun sourit doucement en pensant à la fête d'anniversaire à venir. Il avait hâte d'offrir à Steve les deux cadeaux coûteux qu'il lui avait déjà acheté plusieurs mois auparavant. Le jeune homme allait encore protester mais Tony rayonnait déjà de plaisir à l'idée de les lui donner car il savait qu'ils rendraient le blond profondément heureux.
Et dans son monde peuplé à présent d'yeux bleus, de cheveux et de peau dorés et de sourires, c'était tout ce qui importait.
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Comme il s'y attendait, Steve avait effectivement protesté.
Du point de vue de son ami, il semblait qu'une lithographie originale et en tirage limité de Cocteau ainsi qu'une première édition du Prince et le Pauvre de Mark Twain – livre de chevet de Steve quand il était enfant – étaient des présents bien trop somptueux. Même pour fêter ses trente-et-un ans.
Le jeune homme n'en avait pas moins serré vigoureusement Tony contre lui pour le remercier, lui chuchotant à l'oreille combien il était fou mais aussi combien il l'adorait. Le brun avait rayonné tout le reste de la soirée, oubliant presque de savourer pleinement le délicieux gâteau aux fruits et allégé en sucre qu'il avait commandé pour l'occasion dans une grande pâtisserie française.
La soiré était parfaite. Le dîner avait été délicieux, l'ambiance excellente, le dessert à tomber par terre et Steve était heureux.
Tony le voyait dans ses yeux bleus brillants, dans son enthousiasme dès que le blond parlait et dans ses rires, sans nombre depuis leur arrivée chez Natasha pour leur modeste petite fête.
Le brun en aurait presque oublié ses propres yeux un peu fiévreux, sa gorge qui le grattait désagréablement et son mal de tête lancinant après qu'il eut attrapé froid en restant au bureau pour rattraper un projet en retard, trop occupé à organiser la plus exceptionnelle des humbles fêtes d'anniversaire pour Steve. Malgré ces désagréments, le jeune homme se sentait transporté par la joie à la seule vue du ravissement adorable de Steve, apaisant doucement les désagréables symptômes de son rhume. Oui, la soirée était vraiment parfaite.
Rassemblé dans le salon autour de la table basse pour déguster le dessert – et Tony s'était presque gonflé d'orgueil en voyant le regard de remerciement que Steve lui avait adressé en reconnaissant son dessert préféré allégé en sucre – le groupe d'amis n'en finissait plus de rire d'une anecdote que Clint venait de raconter sur leurs années de fac.
Tout en essuyant les petites larmes qui perlaient à ses cils, Steve fit mine de se lever pour aider Natasha en voyant son amie commencer à débarrasser un peu la table basse. La rousse le gronda gentiment en le voyant faire.
« Lâche-moi immédiatement cette assiette Steve. C'est ton anniversaire, tu n'as pas à assurer la logistique », ricana la jeune femme.
Le blond haussa un sourcil avant de jeter un petit coup d'œil à leurs amis, assis dans les canapés.
« Tu veux vraiment que Clint ou Tony te donne un coup de main ? Alors que tu as sorti ce service en porcelaine que tu aimes tant ? »
En voyant les deux jeunes hommes ricaner doucement sur le canapé, confortablement installés dans une ivresse joyeuse, elle leva les yeux au ciel et fit signe au jeune homme de le suivre. Une fois debout, Steve chancela brièvement, se rattrapant en posant une main prudente sur le genou de Tony. Le brun ricana en le voyant tenter de retrouver son équilibre. Clint et lui n'étaient pas le seul à avoir fait honneur à son vin californien...
Alors que le blond s'éloignait avec Natasha, récupérant la vaisselle et les cadavres de bouteilles vides qui jonchaient la table basse, Tony le suivit machinalement des yeux. Il eut un petit sourire attendri en l'observant se déplacer prudemment, son ivresse rendant son grand corps musclé adorablement maladroit et incertain.
Steve était particulièrement beau ce soir pensa-t-il distraitement tout en appuyant son menton dans sa paume sur l'accoudoir. Il portait une chemise en jean sur un pantalon chino clair qui soulignaient d'une manière harmonieuse son corps, son large dos et le galbe musclé de ses fesses. Tony sentit sa gorge s'assécher et il s'humecta machinalement les lèvres.
Lorsque le blond se tourna vers Natasha pour répondre à une question, il admira son nez droit et l'angle de sa mâchoire, ornée depuis peu d'une barbe soigneusement taillée. Un essai de changement de la part de son ami, assorti à des cheveux légèrement plus longs et coiffés en arrière. Le brun eut un sourire stupide. Il avait toujours trouvé que Steve était un homme particulièrement séduisant mais cette nouvelle allure lui donnait un air terriblement sexy, plein d'une mâle assurance qui picotait agréablement le creux de son estomac chaque fois qu'il se perdait dans la contemplation de ses traits.
Le brun gigota légèrement sur l'assise du canapé, son corps entier soudain délicieusement chatouillé. Il sentait encore contre son genou la chaleur de la grande main de Steve quand le blond l'avait légèrement pressé pour se maintenir. Le jeune homme agita légèrement sa jambe, l'empreinte fantôme de la prise du blond faisant pulser quelque chose dans son aine. Tony se lécha les lèvres une fois de plus.
Un gloussement peu discret retentit à ses côtés, lui faisant tourner la tête tandis que Steve disparaissait de sa vue en entrant dans la cuisine. Le brun fronça les sourcils en croisant le regard brillant de Clint, un sourire moqueur aux lèvres.
« Sérieux mec... » Tony lui adressa un regard interrogatif qui le fit glousser à nouveau. « On dirait une ado qui contemple son béguin de lycée depuis sa table de cours. »
Le jeune homme écarquilla les yeux avant de ricaner mais le son lui sembla désagréable, tout autant que le bruit qui roula brièvement dans sa gorge.
« Tu es vraiment torché Clint... » Le brun passa une main nerveuse dans ses cheveux. « Je suis juste heureux que Steve passe une aussi bonne soirée et de le voir aussi joyeux. »
« Aussi joyeux grâce à toi tu veux dire », lui répondit le jeune homme en haussant un sourcil. « Merde, tu t'es vraiment donné du mal pour ce soir, plus que je ne t'ai jamais vu le faire pour quelqu'un d'autre. Steve était incroyablement ravi de ses cadeaux »
Tony se renfrogna, son cœur ne s'agitant plus vraiment de joie.
« C'est normal de le faire pour son meilleur ami... », maugréa-t-il.
S'enfonçant plus profondément dans le canapé, le brun baissa les yeux sur ses cuisses, évitant soigneusement de se perdre à nouveau dans la contemplation de son genou gauche . Il n'aimait pas le tour que prenait la discussion.
Clint avait trop bu de toute évidence, lui-même passait une superbe soirée, simplement heureux de voir Steve aussi enjoué et rayonnant. Il s'agissait de considérations parfaitement amicales et très attentionnées. Il ne laisserait pas Clint troubler la nature de sa relation avec Steve avec ses insinuations.
Le blond se pencha légèrement en avant et posa une main sur son genou d'une manière réconfortante.
Tony la regarda brièvement.
Elle était plus petite que celle de Steve, moins chaude aussi. Ses doigts étaient également plus courts et plus trapus, dénués de l'élégance qui caractérisait ceux du blond. Un peu distraitement, il songea qu'elle n'enserrait pas son genou de la même manière parfaite que le faisait celle du blond. Elle ne lui faisait pas remonter d'agréables papillonnements dans le corps non plus. En fait, elle ne lui semblait juste pas à sa place.
Clint cligna des yeux et s'assit à côté de lui tout en lui donnant une bourrade amicale dans les côtes.
« Tony, c'est pas grave du sais », murmura le blond avec gentillesse, la bouche un peu pâteuse. « Je veux dire, c'est Steve quoi... Il est difficile de ne pas- Tu vois... Et j'en suis heureux pour toi... »
Tony garda la tête ostensiblement baissé, sentant son ami chercher ses yeux probablement pour le rassurer et lui faire comprendre silencieusement que ce n'était pas un soucis si jamais il-
Le brun se mordit vivement les lèvres.
Si quoi ?
Si peut-être Steve commençait à remuer quelque chose dans son cœur endurci de célibataire hédoniste ? Si leur très forte amitié se teintait lentement d'autres couleurs ?
Bien malgré lui Tony sentit ses yeux s'humidifier légèrement, le sang battant plus fort encore à ses tempes. Le brun leva une main un peu tremblante à son front, à peine étonné de le trouver brûlant de fièvre. En sentant sa peau humide sous ses doigts, le jeune homme se rassérénera légèrement. Il était malade et il avait bu. Dans son esprit un peu embrumé, l'explication était étrangement limpide.
Environné par les bruits cristallins de Natasha en train de laver leurs verres, Steve se retourna doucement vers le salon, un peu étonné de ne plus entendre les gros rires de ses amis. Le silence l'inquiéta légèrement et le jeune homme tendit légèrement le cou vers l'embrasure de la porte afin de vérifier que tout allait bien.
Un petit ricanement aux lèvres, son amie lui mit d'autorité le premier verre à vin à essuyer dans les mains.
« Tout va bien Steve, ne t'inquiète pas », le rassura-t-elle tout en haussant les épaules.
Attrapant le verre d'un air distrait, Steve fronça légèrement les sourcils.
« Je ne sais pas... Tony couve un rhume mais il a insisté pour maintenir la soirée. Il a un peu de fièvre je pense, il avait les yeux brillants. »
La rousse leva les yeux au ciel.
« .bien », le morigéna-t-elle avec malice. « Il a bu donc il a les yeux brillants, tout comme Clint. Franchement, tous les deux, on dirait un couple de - »
Natasha se mordit vivement la langue, ses mots mourant sur ses lèvres pulpeuses.
L'expression flottait entre eux, dans la pièce envahie par le bruit de l'eau coulant en continu du robinet.
Un couple de jeunes mariés.
La jeune femme coula un regard en coin au blond mais Steve lui adressa un sourire bienveillant.
« Tu peux le dire tu sais, je ne vais pas entrer en combustion spontanée », le taquina le jeune homme tout en se saisissant d'un autre verre. « Et je serais bien en peine de te contredire de toute manière. C'est vrai que nous sommes souvent l'un après l'autre », acheva Steve dans un petit rire tendre.
Natasha le regarda attentivement avant de baisser les yeux sur le lavabo, abondamment envahi d'une mousse rosée au délicat parfum floral.
« Je- Excuse-moi », murmura la rousse tout en essuyant machinalement son front d'un revers de la main.
Le jeune homme haussa légèrement les épaules, indiquant qu'il n'y avait pas de sujet et Natasha sourit, se remettant à sa vaisselle avec enthousiasme.
« Tu sais, tu as changé pendant les deux dernières années », dit-elle après un petit silence. « Clint et moi nous avons l'impression de retrouver complètement le Steve – enfin, de te retrouver complètement – et et nous savons très bien à qui nous devons tous tes sourires et tes rires », le taquina la jeune femme tout en lui jetant un petit regard. « Rien que cette barbe par exemple... Je veux dire, tu es quand même terriblement casanier et bien que ça me dépasse encore, d'une terrible modestie en ce qui concerne tes incroyables atouts physiques », rit-elle en voyant Steve lever les yeux au ciel.
Le jeune homme termina de ranger les verres à vin, les alignant méthodiquement dans le placard.
« C'est Tony qui m'as suggéré d'essayer, que ça m'irait bien. Je ne comprends toujours pas le lien entre l'un et l'autre, mais il trouve que ça me rend très sexy. Je crois que ses mots exacts étaient « plus chaud que la braise », réfléchit-il un instant.
« Ah vraiment ? Tu m'en diras tant... », répliqua la rousse d'un ton un peu ironique.
Steve se retourna vers elle, lui tendant les tasses à café.
« Je sais ce que tu penses, tu sais. » Natasha lui envoya un regard dubitatif qui le fit sourire. « Je ne veux pas te vexer mais tu es assez transparente quand ça me concerne. Un reste de ton rôle d'amie-mère-poule je suppose », dit-il doucement.
Natasha fit la grimace, un peu gênée.
« Et... tu ne me reprends pas ? Tu ne me contredis pas ? », lui demanda-t-elle, un peu surprise que le blond ne bondisse pas devant l'insinuation.
Steve haussa légèrement les épaules.
« Pourquoi ? Tu ne me croirais pas de toute manière. Et puis, ça serait mentir et tu sais que je déteste ça. »
« Mentir ? Mais alors tu... Toi et Tony, vous... », balbutia la jeune femme, les tasses à café pendant dangereusement dans le vide par leurs anses.
Avec un petit sourire doux, Steve assura sa prise sur la faïence blanche et les déposa sur le plan de travail.
« Je ne peux pas me prononcer pour Tony. Qui sait ce qu'il peut se passer dans sa petite tête de génie même si je doute qu'il puisse voir autre chose dans notre amitié», gloussa le blond sous le regard attendri de son amie. « Je ne sais pas encore comment appeler ça, mais je sais que ça me fait du bien. Que Tony me fait du bien. »
Natasha songea brièvement au nombre de blagues salaces que Clint aurait pu faire s'il avait été avec eux et elle ricana discrètement.
Inconscient de son amusement, Steve reprit, perdu dans ses pensées.
« Il s'est démené pour organiser cette soirée d'anniversaire, il a commandé un gâteau peu sucré spécialement pour moi et s'est souvenu de ces choses dont je lui avais parlé l'air de rien il y a plus d'un an... Il fait tellement pour moi, il me fait sourire et rire comme ça ne m'est pas arrivé depuis des années. Enfin, je ne veux pas que dire- », s'exclama-t-il tout en lançant un regard gêné à Natasha mais son amie l'encouragea à continuer d'un sourire et Steve la remercia d'une légère inclinaison de la tête. « Il est tellement attentionné aussi, même s'il n'en a pas conscience. Il n'y a qu'une chose dont je suis sûr, c'est que je vais laisser les choses suivre leur cours. Il est important pour moi, Natasha, vraiment très important et il prend une grande place dans ma vie. Je suppose que cela doit signifier quelque chose. Même si ça m'effraye un peu parfois... », acheva Steve dans un souffle.
Natasha le regarda s'animer doucement en parlant de Tony avec chaleur, un petit sourire tendre ornant inconsciemment ses lèvres. La jeune femme se détourna vers le plan de travail pour enclencher la cafetière et cacher son propre trouble, se sentant soudain étrangement émue.
« Tu es incroyablement sentimental... C'est si adorable Steve... », murmura-t-elle tendrement avant de lui faire face à nouveau. « Clint et moi nous t'aimons de tout notre cœur mais je suppose que tu as raison, il y a des choses que Tony voit et réveille en toi que nous n'arriverons jamais à effleurer. Je suis contente pour toi », dit la rousse tout en l'embrassant doucement sur la joue.
En voyant Steve rougir légèrement, son amie cessa de le taquiner et retourna à la préparation du café. Le jeune homme s'était beaucoup confié ce soir, il avait le droit de conserver le reste de son jardin secret. Même si le blond était resté prudent dans ces paroles, cette histoire ne concernant après tout que lui et son cœur, un peu chamboulé ces derniers mois.
Steve lui en fut reconnaissant et se saisit de la boîte de cupcakes commandée en plus par Tony, son cœur battant doucement dans sa poitrine. Sentant ses joues s'enflammer, le jeune homme passa une main légère sur son visage, un peu étonné de son ivresse. Ses mots restaient pourtant prudents, le blond ne sachant pas encore comment nommer ce qu'il ressentait quand il était avec Tony. Tout ce dont il était sûr était qu'il adorait passer du temps avec le brun, que ses attentions à son égard le faisaient rougir de plaisir et que, si le brun adorait l'entendre rire, Steve aimait tout autant les siens.
Tout en disposant les pâtisseries décorées d'un glaçage en forme de lettres lui souhaitant un joyeux anniversaire dans des assiettes, le blond rit doucement devant l'attention, un peu enfantine et il se perdit dans ses pensées.
Il avait senti le changement lent qui s'opérait en lui, frémissant au début puis de plus en plus perceptible depuis quelques mois. L'année précédente, Tony n'avait pas pu être présent pour son anniversaire, envoyé en Europe par son père pour affaires. Le blond, un peu déçu, n'y avait pas accordé plus d'importance, l'air contrit du brun l'ayant rassuré sur leur déception partagée .
Steve avait sincèrement cru à son indifférence, rassuré par les messages et les photos que son ami lui envoyait plusieurs fois par jour assortis de commentaires humoristiques qui le faisait éclater de rire. Il y avait sincèrement cru jusqu'à ce que, la veille de ses trente ans, le blond ne soit envahi par une grande tristesse en rentrant à son appartement.
Il était vide. Tony n'était pas là, il était à l'autre bout du monde et même s'il savait qu'il pensait à lui, le brun lui manquait terriblement. Le jour J, il avait été ébahi de recevoir à la librairie un énorme bouquet de fleurs comiquement prétentieux assorti d'une carte ridicule qui l'avait fait éclater de rire, lui permettant de cacher sous son hilarité ses joues rougies par le plaisir et la gêne.
Tony n'avait pas oublié...
Au retour du brun, Steve l'avait simplement et longuement serré contre lui. Il savait que quelque chose avait changé.
Alors qu'elle détachait la cafetière de sa base, Natasha eut un sourire satisfait. Elle emboîta le pas au jeune homme qui lui indiquait d'un geste de la tête l'embrasure de la porte et la rousse saisit le plateau contenant le service à café.
Alors que Clint les appelait, brisant le silence étrangement recueilli de l'appartement, la rousse eut envie de croiser très fort les doigts pour souhaiter que Tony soit sensible à l'affection un peu tendre du blond à son égard, qu'il prendrait soin de ce cœur qui avait tant d'amour à donner depuis de si longues années.
« Ah, enfin vous revoilà ! Il reste encore du champagne ? », demanda le blond avec gourmandise.
Tony releva les yeux en reconnaissant le pas léger de Steve et il crispa ses doigts sur son jean sombre.
Alors que le blond se penchait sur la table basse pour y déposer les assiettes de cupcakes, son odeur envahit le nez du brun. Il reconnut sans peine ce parfum français qu'il lui avait conseillé d'acheter lors d'une de leurs dernières sorties. Il ne s'était pas trompé. L'odeur embaumait Steve de notes de vétiver et de musc, subtiles et masculines, viriles sans être trop agressives, délicates comme son ami. Il regarda attentivement le blond qui lui adressa un petit sourire un peu interrogateur. Tony voyait ses yeux bleus briller de joie, leur éclat souligné par sa barbe nouvelle qui lui remuait tant l'estomac. Il déglutit.
Quand Steve se réinstalla dans le canapé à ses côtés – avait-il été si près de lui pendant toute la soirée ? – Tony sentit avec une acuité particulière la chaleur de son corps ferme contre le sien. Il ferma brièvement les yeux, inspirant de manière un peu saccadée. Elle lui sembla remonter de plus en plus, de sa cuisse qu'il sentait pressée contre celle de Steve à son torse, faisant une station prolongée dans la région de son cœur avant de finir sur ses joues. Elle était confortable et son corps, un peu alangui par la fièvre et l'alcool, semblait lui suggérer subtilement de s'y abandonner afin de s'abreuver directement à sa source.
En se décalant légèrement sur la gauche, il pourrait se coller contre le flanc de Steve. Et en bougeant encore un peu plus, il pourrait se presser contre son torse puissant et s'enivrer de sa chaleur et de son odeur. Juste se presser, rien d'autre. Parce qu'Anthony Tony Stark ne se pelotonnait jamais contre quelqu'un et se lovait encore moins.
Peut-être qu'en le sentant contre lui, Steve passerait un bras autour de ses épaules – non, de sa taille – pour le rapprocher encore. Et peut-être qu'une main chaude et douce se faufilerait sous le tee-shirt de Tony, les doigts brûlants pour caresser distraitement la peau fine de sa hanche ou de ses reins.
Quand il rouvrit les yeux, il tomba dans ceux de Clint qui le regardait tout en en souriant un peu narquoisement, le nez dans sa flûte de champagne. Tony rougit brusquement, se retenant au dernier moment de se cambrer légèrement sous le toucher fugace qu'il imaginait effleurer le bas de son dos.
Natasha acheva de remplir leurs verres avant de les inviter à trinquer.
« Trente-et-un ans ! Une nouvelle étape dans ta vie Steve ! », s'exclama la jeune femme tout en levant sa flûte avec enthousiasme. « Aux changements ! »
« Aux changements », répéta doucement le blond.
Tony but sa coupe de manière un peu machinale, sa tête lui semblant soudain terriblement lourde et embrumée. Son mal de tête se renforça, le sang battant contre ses tempes douloureuses.
Il n'était pas sûr de savoir comment faire face à ses propres bouleversements.
o0O0o
Lorsqu'ils sortirent du palais des conférences, Tony et Loki eurent un soupir satisfait.
Les « nouvelles technologies et robotique dans leurs applications contemporaines à la médecine traumatique et chirurgicale : bilans et prospectives » était un sujet qui intéressait vivement le brun. Mais après plus de deux heures d'une conférence verbeuse et d'une incroyable platitude, les deux amis avaient rendu les armes.
Bruce était resté pour les questions, espérant relancer le débat. Ils lui souhaitaient bien du courage, eux avaient préféré s'enfuir...
Debout sur le trottoir, les deux amis se regardèrent, une même étincelle brillant dans leurs yeux.
« Sucre pour nous en remettre ? », proposa Loki.
« Tu lis dans mes pensées mon ami ! » Tony réfléchit un instant. « J'ai découvert une super boulangerie juive il y a quelques jours que je voulais justement te faire découvrir. »
Loki se lécha les lèvres de gourmandise.
« Je te suis ! »
Alors qu'il emboîtait le pas à Tony, le jeune homme haussa un sourcil interrogateur en voyant le brun descendre vers le sud de Manhattan.
« Tony, nous allons à l'opposé de Williamsburg... »
« Elle est dans le Lower East Side. Une merveille, tu vas voir ! Et je t'invite bien sûr ! », s'empressa-t-il d'ajouter en voyant le regard vert de Loki flamboyer.
Le grand brun grommela.
« Tu as intérêt, c'est à l'autre bout de Manhattan... »
De mauvaise grâce, le jeune homme se remit en route, un peu étonné en voyant le pas étrangement sautillant de Tony sur le trottoir. Loki sortit son smartphone pour regarder l'heure et ricana.
« Et le temps d'y arriver, on devrait trouver ton amoureux en pleine pause de seize heures. Pratique... »
« Steve n'est pas mon amoureux ! », protesta vivement Tony tout en rougissant violemment.
La possibilité qu'il puisse se gorger de miel et de fruits secs tout en étant en compagnie du blond n'était d'une agréable coïncidence, rien d'autre.
Loki éclata d'un rire moqueur dans son dos que Tony ignora soigneusement, redoublant le pas. Inutile de répliquer, la langue serpentine de son ami était un peu trop habile pour énoncer des vérités.
En arrivant vers la librairie, Tony se retint de trépigner d'excitation et d'accélérer le pas.
Il avait tellement hâte de voir le blond depuis sa soirée d'anniversaire il y avait quelques jours. Le brun voulait à nouveau ressentir le maelstrom intense d'émotions qui l'avait envahi à côté de Steve dans le canapé et auquel il refusait de donner un nom.
Trop tôt...
C'était très agréable et ça le chatouillait chaudement, n'était-ce pas suffisant ?
Alors qu'il s'apprêtait à traverser la rue pour rejoindre la boutique, il aperçut avec joie Steve marcher sur le trottoir opposé. Tony remarqua avec une acuité particulière le soleil qui jouait dans ses cheveux blonds et le petit vent encore frais qui rosissait délicatement ses joues. Il eut un sourire un peu idiot.
Soudain, le brun se figea, tout son corps s'immobilisant sur l'asphalte, désagréablement tendu. Loki manqua de le heurter violemment, les yeux rivés sur son téléphone, mais le jeune homme l'entendit à peine rouspéter devant son idiotie qui le faisait se figer sur un trottoir bondé.
Steve n'était pas seul.
Le jeune homme discutait avec animation avec un grand blond barbu au physique d'athlète et à l'air de baroudeur qui fit siffler Loki d'admiration.
« Plutôt canon. Tu sais qui c'est ? », demanda le brun avec des yeux gourmands, sa réponse au message de Bruce l'informait qu'il laissait lui aussi tomber la conférence complètement oubliée.
Tony ne put lui répondre, la gorge soudainement serrée.
En face de lui, il vit l'inconnu attraper Steve par l'épaule et le serrer contre lui. Le brun vit distinctement son ami lui rendre son accolade, les mains fermement agrippées au dos du colosse, froissant son tee-shirt, et la tête enfouie dans son cou.
Quand les deux hommes se séparèrent, Tony eut l'impression de retrouver brièvement la faculté de respirer mais son cœur se serra en voyant Steve sortir un petit objet de sa poche et le tendre à son interlocuteur.
À cet instant précis, le brun regretta d'avoir une excellente vue car il ne put manquer l'éclat métallique d'une clé, celle de l'appartement de Steve.
« Ce mec est vraiment beau », ronronna Loki dans son dos, ses prunelles perçantes détaillant la scène avec attention. « Est-ce que Steve a d'autres amis aussi sexy dont il aurait oublié de te parler ? »
Tony sentit l'aiguillon de la jalousie épingler son cœur aux paroles cruelles de son ami.
« Oui, je suppose... Si on aime le genre grand, blond et baraqué », croassa Tony sans quitter les deux hommes des yeux, ignorant obstinément la question du brun.
Loki lui envoya un regard effaré.
« … Tu te moques de moi là... ?! »
Une jalousie immense embrasa soudain sa poitrine, faisant palpiter un sang brûlant dans ses veines, avant d'être remplacé par une tristesse effrayante.
Il eut l'impression que son cœur se nouait à se briser en voyant l'inconnu blond sourire largement à Steve en prenant la clé avant de le ramener contre lui dans une autre étreinte en attrapant familièrement le jeune homme par la nuque. Un geste qui lui sembla d'une grande intimité et d'une grande tendresse et lui susurra mesquinement à l'oreille des bruits de draps froissés et de gémissements languides.
Tony secoua vivement la tête et, les ongles douloureusement enfoncés dans ses paumes, le brun décida d'être lâche pour la première fois de sa vie.
Il s'enfuit, se détournant brusquement de la devanture de la librairie, et s'éloigna vivement sur le trottoir. Il ne put toutefois manquer leur entrée dans la boutique et le salut cordial que Fury adressa à l'inconnu, en tout cas autant que son caractère un peu froid le lui permettait.
Tony hoqueta douloureusement.
Le patron de Steve connaissait ce mec mais Steve ne lui avait jamais parlé de lui...
Il ferma fortement les yeux et s'élança dans la foule dense peuplant le trottoir, bousculant sans ménagement des épaules pour s'éloigner plus vite.
« On ne va plus chercher Steve ? », demanda d'un ton faussement naïf Loki tout en le rattrapant en quelques grandes enjambées. « Bon sang, on a traversé presque la moitié de Manhattan pour ça », râla le grand brun.
« La ferme Loki », grogna Tony, la mâchoire contractée.
Loki le regarda avec insistance un long moment mais son ami l'ignora, redoublant le pas, la tête baissée et les épaules contractées.
« Tu es vraiment un imbécile », murmura-t-il alors que les deux amis avançaient dans un silence tendu.
Tony préféra se taire.
Il sentait une tension désagréable parcourir son corps, allant jusqu'à son cœur dont les battements lui semblaient désordonnés et furieux.
Attablés au Café de la Rose, même le délicieux gâteau à la semoule et aux fruits secs imbibé de miel resta coincé dans sa gorge, trouvant dans les reflets dorés du sirop le même éclat que dans la chevelure de l'inconnu qu'il voyait sans cesse enlacer Steve derrière ses paupières closes.
Exaspéré et le cœur au bord des lèvres, Tony finit par repousser son assiette.
Si c'était ça les changements que lui réservaient le destin, le brun n'en voulait pas.
o0O0o
Tony se tourna vers le réveil se trouvant sur sa table de chevet avant de soupirer lourdement.
Le rétroéclairage, d'une belle teinte douce, semblait le narguer tandis que l'affichage numérique indiquait un très matinal trois heures.
Il se passa une main agacée sur le visage avant de gigoter d'énervement.
Le brun ne parvenait pas à fermer l'œil. Dès qu'il tentait de s'assoupir, le souvenir de Steve avec l'inconnu, de leur étreinte, revenait danser sous ses paupières closes, aiguillonnant son cœur d'une désagréable jalousie.
Poussant un cri de martyr, le jeune homme se redressa brusquement sur son matelas et s'appuya lourdement contre ses oreillers.
Inutile de lutter, cette histoire continuerait de le tenir éveillé pour le reste de la nuit.
Une fois encore, il pensa à nouveau à l'homme inconnu. Grand, blond aux cheveux courts, bien découplé et le visage très séduisant – Tony détesta une fois de plus son excellente vision – il devait reconnaître avec aigreur que Loki avait raison. L'homme était vraiment torride. Il émanait de lui quelque chose de très viril et une grande assurance qui le firent grincer des dents.
Pourtant plutôt confiant en lui, en ses charmes et en ses attributs physiques, le brun eut soudain la désagréable l'impression d'être un peu fade, un peu trop petit, trop brun, de petites rides commençant à faire leur apparition aux coins de ses yeux... Le cœur ridiculement serré, Tony constata qu'il était le strict opposé de cet homme que Steve avait enlacé avec tellement d'aisance. Il eut l'impression d'étouffer.
Plus encore que la présence de cet homme avec son ami, c'était bien l'intimité que Steve semblait partager avec lui qui le blessait. Jamais le blond ne lui avait parlé de ce mec sublime et sexy qu'il avait invité chez lui en lui donnant une clé de son appartement. Tony était mieux placé que quiconque pour savoir que cet endroit était un véritable sanctuaire pour le blond, un endroit dans lequel il se sentait bien et en sécurité. Un endroit dans lequel il ne laissait pas entrer n'importe qui. Un refuge dont Tony lui-même n'avait pas la clé.
En deux ans d'amitié, le brun savait que les relations sentimentales de Steve avaient été quasi inexistantes. Le jeune homme l'avait parfois accompagné en boîtes de nuit mais il y avait été si mal à l'aise, entouré de corps transpirants et de techniques de drague ultra-agressives, que ça en avait été presque attendrissant. Le brun avait vite compris que son ami ne recherchait pas de compagnie, qu'elle soit masculine ou féminine, peu intéressé sensuellement et le cœur encore trop timide. Tony s'était donc fait un devoir de lui raconter ses propres aventures privées, nombreuses et souvent désopilantes. Et s'il devait reconnaître que Steve ne lui avait jamais rien demandé de tel, il en riait beaucoup en général, l'accompagnant souvent dans l'analyse de ses désastreuses histoires sentimentales.
Alors, s'ils partageaient tant de choses ensemble, pourquoi le blond ne lui avait-il pas parlé de ce superbe plan cul qu'il invitait chez lui… ?
Tony écarquilla légèrement les yeux avant de secouer la tête. Non, Steve ne ferait jamais ça...
Mais la seule autre explication que le brun pouvait envisager à la vue de l'intimité de leurs étreintes devant la librairie et au salut amical de Fury était plus douloureuse encore et serrait son cœur.
Steve était engagé dans une relation d'ordre romantique ou en tout cas sentimentale avec cet homme et c'était encore pire. Car si ce mec était ce qui faisait rêver Steve, alors Tony était hors course avant même toute tentative de rapprochement...
Le jeune homme se mordilla vivement les lèvres, enserrant distraitement un oreiller entre ses bras.
Le souvenir de leur proximité dans le canapé de Natasha, de ces rêves éveillés pendant la soirée, de cette chaleur si douce qui émanait de Steve, si beau et si gentil, lui serra la gorge. Il ne parvenait pas à oublier, ne voulait pas oublier, la proximité de son corps contre celui du blond même sans avoir cette fois de fièvre brûlante ou d'ivresse joyeuse à convoquer pour justifier son trouble.
Les paroles de Clint lui revinrent en mémoire.
Était-il possible que son ami ait vu juste ? Que Tony éprouvait quelque chose envers le jeune homme ?
Le brun sourit doucement dans la pénombre de sa grande chambre. Bon sang, voilà qui aurait été inédit. Tony ne s'était vraiment lié à personne depuis ses études au MIT il y a... très longtemps. Et, tout en grattant de l'ongle la trame finement tissée de ses draps, il se dit que Steve n'était pas le genre d'homme avec lequel on s'amuse et que lui-même en serait incapable. Il était de ceux qu'on aime et à cette pensée, Tony hoqueta légèrement, se sentant soudain un peu misérable avec ses nombreuses histoires de plaisir rapide pris avec des corps sans forcément de noms ni de visages.
Le brun grogna de frustration dans la grande chambre vide avant d'enfouir puérilement son visage dans la taie d'oreiller en coton pour cacher ses joues en train de se colorer délicatement.
Steve et lui ? Lui et Steve ? Vraiment ? Après deux ans d'une incroyable et fusionnelle amitié ?
Tout en tirant machinalement sur un fil un peu détendu de la couture de la doublure, Tony songea tout à coup que Steve et lui devaient se voir le soir-même pour un marathon nocturne Retour vers le futur au grand complexe cinématographique Regal Battery Park sur la 102 North End Avenue. Le brun avait insisté pour qu'ils y aillent parce que 1) Tony adorait ces films et 2) Steve les ignorait complètement, ce qui avait laissé son ami stupéfait.
Un rendez-vous au cinéma... Était-ce ce dont il s'agissait finalement? D'un « rencard » ?
Tony s'ébroua avant qu'une autre brusque flambée de jalousie et de possessivité le fit gronder.
Et si Steve décidait d'annuler leur soirée – que Tony attendait avec grande impatience, ricanant déjà des commentaires du blond devant les aventures de Doc et de McCarthy – à cause de l'inconnu qui était avec lui... Dans son appartement... Cette nuit... ?
Il n'était pas dans les habitudes du blond de se décommander au dernier moment et Steve n'avait pas donné de signe de vie en ce sens mais en ce moment, Tony devait être bien loin de ses pensées.
Le jeune homme ferma les yeux et appuya sa tête contre sa gigantesque tête de lit.
Sans doute était-il dans sa chambre, nu dans ses draps, le corps encore humide d'une étreinte sensuelle et lové contre le corps qu'il devinait puissant et musclé de l'inconnu. Tony hocha distraitement la tête. Oui, il était sûr que le blond était du genre à être tendre après l'amour, ses mèches collants sur son front, ses yeux bleus pétillantes de manière irréelle, un sourire de parfait contentement sur ses lèvres pleines et rougies par de fougueux baisers. Une beauté franche et honnête qui ferait sourire son rendez-vous secret avant que l'inconnu ne le renverse à nouveau sur le matelas pour le dévorer une nouvelle fois.
Tony eut un cri de rage possessive et s'agita sur son matelas, repoussant vivement les draps.
Il était presque quatre heures.
Impossible qu'il se rendorme, le sommeil le fuirait toute cette foutue nuit. Assuré que le blond finirait par se souvenir de son existence quand l'autre homme lui laisserait un instant de répit et que son ami lui préférerait cet inconnu, plus grand et plus beau, Tony serra ses doigts dans les draps avant de sauter de son lit. Il crispa ses orteils sur l'épaisse moquette crème, les poings serrés, tandis qu'une puissante jalousie palpitait à nouveau dans ses veines, un désir sourd commençant à lécher son aine.
Oui, Steve devait être vraiment beau dans l'intimité d'une chambre à coucher...
Le jeune homme enfila fébrilement un tee-shirt usé et un pantalon de jogging lâche avant de sortir de sa chambre, laissant la porte grande ouverte derrière lui. Il devait s'éloigner de la douceur de son matelas, de la chaleur lourde et enivrante de ses draps avant de faire quelque chose qu'il regretterait.
Après un crochet par la cuisine où il récupéra son gâteau aux fruits secs et au miel qu'il avait à peine goûté au Café de la Rose, le brun se réfugia presque en courant dans son atelier-bureau-laboratoire, grande pièce vitrée donnant sur le salon. Posant la petite boîte en carton sur son bureau à côté de son ordinateur de travail, le jeune homme se barricada soigneusement dans la pièce avant d'attraper un tournevis et de se mettre au travail avec ardeur.
Un peu de mécanique apaiserait le trouble qui faisait vibrer son corps et démonter (détruire) minutieusement un ordinateur hors de prix de la concurrence l'aiderait à se sentir mieux.
Et si quelque part dans ce processus cathartique il oubliait Steve et leur soirée, son activité serait doublement bénéfique.
o0O0o
Steve s'engouffra dans l'ascenseur qui desservait l'appartement de Tony et appuya vivement sur le bouton du dernier étage, passant une main gênée dans sa nuque.
Le jeune homme était en retard pour leur soirée cinéma et il détestait ça.
Après leurs retrouvailles, Thor avait insisté pour que le blond sorte pour rejoindre son ami, lui-même ayant prévu de revoir d'anciens camarades de régiment. Ils pourraient toujours passer le reste de la semaine ensemble avant le retour de jeune homme à la caserne à la fin de sa permission.
Steve était plus qu'heureux de la visite inattendue du grand blond mais il avait été rassuré par la proposition de Thor. Pour rien au monde il n'aurait manqué la soirée programmée avec Tony.
Il sortit la clé que le jeune homme lui avait spontanément donné il y a presque un an avant de pénétrer dans le gigantesque loft de son ami. À sa grande surprise, Tony ne lui sauta pas dessus en trépignant d'impatience comme il s'y attendait. L'appartement était étrangement silencieux, une chanson de hard-rock résonnant en sourdine.
« Bonjour, M. Rogers », l'accueillit une voix amicale.
« Bonjour, Jarvis. »
Steve salua l'assistant domotique de Tony, se demandant avec un petit rire depuis quand le fait de répondre à une intelligence artificielle était devenue parfaitement banal dans son quotidien. Tony avait changé bien des choses dans son monde...
« Est-ce que Tony est là ? », demanda-t-il un peu inquiet tout en fouillant l'appartement du regard.
« Oui monsieur. M. Stark est en train de travailler dans son laboratoire. Je tiens à vous informer qu'il n'a pas dormi depuis plus de vingt-quatre heures », le renseigna la voix électronique.
Steve traversa l'entrée puis le salon en fronçant les sourcils, remarquant la cuisine immaculée qui se dressait sur sa droite. Tony n'avait pas non plus mangé depuis plus d'une journée semblait-il. Aucune boîte cartonnée au logo d'un quelconque restaurant de Manhattan ne se détachait sur le grand plan de travail laqué. Il pressa le pas pour arriver à la porte vitrée du laboratoire, son inquiétude gonflant lentement dans sa poitrine.
Dans un effroyable fouillis de câbles, de composants électroniques et de robots à moitié terminés, le blond repéra sans difficulté la silhouette fine et nerveuse de Tony, assis dans un équilibre précaire sur un fauteuil haut, un tournevis à la main et semblant torturer ce que Steve croyait identifier comme ce qui avait été dans une autre vie un Iphone. Le jeune homme secoua la tête, vaguement incrédule. Leur soirée était probablement manquée car Tony au travail se déconnectait complètement du monde qui l'entourait.
Il remercia Jarvis quand celui-ci lui ouvrit la porte ultra-sécurisée du laboratoire tout en baissant sensiblement le volume de la musique.
« Jar', pourquoi tu baisses ma musique ? J'en ai besoin pour réfléchir », grogna Tony.
« Dans ton état, je doute que tu puisses réfléchir à quoi que ce soit... », lui répondit doucement Steve.
« Quoi ?! Merde... Steve ?! », sursauta le brun, manquant de chuter durement de son fauteuil.
Le blond le stabilisa en posant une main prudente au creux de ses reins. Il fronça une fois encore les sourcils en voyant les cernes violettes autour des yeux noisettes du brun. Tony le regarda, l'air un peu hébété avant de s'éloigner légèrement de lui, sa main crispée autour du manche d'un tournevis.
« Steve, mais qu'est-ce que tu fais ici ? Attends... Oh, c'est pas vrai, c'est l'heure de notre rencard cinéma c'est ça ? Et tu es venu ? », balbutia le brun tout en descendant de son siège et en passant une main fatiguée sur son visage.
Steve trouvait que Tony s'embrouillait adorablement mais il préféra ne pas relever son bafouillement légèrement décousu.
« Pourquoi voulais-tu que je décommande ? Tu m'as dit que je devais avoir honte de ne pas connaître ce monument de notre cinéma national. Et puis, il s'agit de ta saga préférée, non ? », rosit-il légèrement.
Tony s'ébroua, le mouvement faisant remonter légèrement son tee-shirt usé, révélant une bande de peau hâlée qui accrocha distraitement l'œil de Steve.
« Oui, ermh... Désolé, je travaillais et je n'ai pas vu le temps passer. » Il jeta un coup d'œil à sa montre tout en se mordillant les lèvres. « Même en faisant vite, on ne sera pas à l'heure au début de la séance. Désolé mais je bosse sur un projet vraiment passionnant en ce moment et j'ai eu une illumination cette nuit alors... », expliqua-t-il d'un air contrit.
Steve sourit doucement.
« De toute façon, je dois avouer que je suis un petit peu soulagé. J'ai peu dormi cette nuit et je craignais de m'endormir pendant la séance... »
« Ah, vraiment ? » Tony se mordit les joues en entendant son ton trop sec qui fit passer une lueur de surprise dans les yeux bleus du blond. « Si je termine ça, on pourra y être pour le second épisode si tu veux. Ou pour aller voir autre chose. Ce film anglais en costumes dont tu me parlais passe encore je crois », proposa-t-il de manière plus apaisée.
Steve lui jeta un regard dubitatif, croisant les bras sur son large torse.
« Tony, tu détestes les films en costumes... »
« Oui, mais toi tu aimes ça », grommela-t-il.
Le blond soupira avant de décroiser ses bras, un petit sourire aux lèvres.
« Je te propose autre chose. Puisque je suis là, je peux attendre que tu aies terminé ton projet, ou que tu t'écroules de fatigue, et on peut dîner ensemble tout en regardant Retour vers le futur dans ton salon. Vue la taille de ton écran géant, on se sera pas très loin d'une séance au cinéma », le taquina Steve.
Tony éclata de rire.
« Vendu ! Je fais vite, promis », gloussa-t-il avant de désigner le salon d'un geste du menton. « Fais comme chez toi mon ami. »
Steve sortit du laboratoire en riant. Il savait que Tony ne le rejoindrait pas avant plusieurs heures et encore faudrait-il probablement qu'il vienne le chercher pour le forcer à avaler quelque chose. Finalement, la soirée se passait encore mieux que prévue.
Plus léger, le blond retira sa veste et se dirigea vers le qu'il posait son vêtement sur le dossier du grand canapé en cuir, il sourit légèrement.
Le loft de Tony lui avait toujours fais une impression un peu étrange. D'inspiration très contemporaine, il était meublé avec beaucoup de goût mais de manière plutôt impersonnelle. Tony y avait imprimé sa patte et sa personnalité en y accumulant son joyeux bazar un peu partout. Steve se perdait souvent dans la contemplation d'un magasine de musique un peu passé ou d'un bout de câble dépassant d'un tiroir, cherchant à déchiffrer derrière ces minuscules indices de petits détails sur la vie du jeune homme.
Quand il baissa les yeux sur le somptueux équipement audiovisuel et le mobilier du salon, le blond fronça les sourcils. Dans l'immédiat, trouver une place assise sur le gigantesque canapé en cuir s'annonçait compliqué, tout comme le fait de pouvoir poser sur la table basse une tasse de cet excellent café colombien que le brun achetait à prix d'or dans une petite boutique du quartier de Tribeca.
Steve retroussa les manches de sa chemise. Un peu de rangement l'aiderait à passer le temps et son ami ne lui en voudrait sans doute pas. Il se mit au travail, tout en écoutant Tony s'activer vivement dans son dos.
Toujours assis sur son tabouret haut, le jeune homme tachait de se concentrer sur le démontage méthodique d'un ordinateur portable Samsung dernier cri, l'Iphone ayant définitivement rendu l'âme sous ses mains intrusives.
Son esprit s'évadait toutefois souvent en direction du salon dont les bruits lui parvenaient distinctement depuis qu'il avait progressivement baissé le volume de sa musique jusqu'à finalement l'éteindre. Il préférait de loin entendre les bruits assourdis que faisait Steve en se déplaçant et en s'occupant dans son appartement. Mais les sons métalliques qu'il entendait depuis peu l'inquiétait légèrement.
« Jar ? », demanda distraitement le brun. « Qu'est-ce que Steve est en train de faire ? »
À ces mots, Tony sentit son cœur se gonfler un peu stupidement de joie. Steve était venu, pour lui, pour leur soirée. Et il restait malgré leur changement de programme inopportun.
« Monsieur Rogers est en train de préparer le dîner, monsieur », l'informa Jarvis de sa voix un peu désincarnée.
Tony se releva brusquement de son bureau, les sourcils froncés. Posant vivement son tournevis sur son établis, il sauta en bas de son tabouret pour se précipiter vers la porte du laboratoire. Il voulait inviter Steve à dîner en se faisant livrer un repas gargantuesque de chez La Grenouille sur la 52nd Street. Le brun redoubla le pas et posa sa main sur la poignée de la porte avant de se figer.
Il fut tout d'abord agréablement surpris de voir que le blond avait rangé son salon – Tiens, la table basse avait toujours été aussi jolie ? Il avait oublié… – et se tordit le cou pour voir la cuisine qui s'étendait sur sa gauche. Le brun observa Steve se déplacer avec aisance, allant des nombreux placards au gigantesque frigo américain, tout en découpant des ingrédients sur le plan de travail de l'îlot central. Le blond avait l'air parfaitement à sa place, son grand corps s'insérant parfaitement dans la gigantesque pièce que Tony avait toujours trouvé un peu trop prétentieuse pour ses ambitions culinaires. Cela avait probablement toujours été le cas mais jamais Tony ne l'avait perçu avec une telle évidence qui lui réchauffait agréablement l'estomac.
Une délicieuse odeur parvenait jusqu'à lui et son estomac gronda.
Tony regarda l'horloge de son ordinateur. Il était plus de vingt-et-une heures et grand temps qu'il s'arrête pour aujourd'hui. Tout en s'étirant, le dos douloureux et contracté, le jeune homme passa dans sa chambre pour aller prendre une douche rapide et se rendre un peu plus présentable.
Il revint une vingtaine de minutes plus tard, les cheveux encore humides, habillé d'un tee-shirt propre et d'un jean sombre. Tony regarda attentivement Steve qui remuait le contenu d'une casserole et d'une poêle dont le contenu frémissait gentiment sur les plaques dans un petit grésillement alléchant.
Le jeune homme se perdit dans la contemplation de sa nuque, ombrée par les petits cheveux qui la frôlaient, la largeur de son dos, la finesse de ses hanches... Une envie irrépressible d'enlacer le blond par derrière le prit, de croiser ses mains sur son ventre ferme et ciselé pour poser ensuite son menton sur son épaule. Voire même d'embrasser doucement cette nuque dorée qui attirait de plus en plus son regard s'il se hissait légèrement sur ses pointes de pied.
Tout cela lui semblait tout à coup si naturel, tout comme la veste en cuir de Steve accrochée dans l'entrée à côté de son blouson ou encore le livre et le carnet de croquis que le jeune homme avait abandonné sur la table basse avant de décider de préparer leur dîner.
Bon sang, mais pourquoi ne réalisait-il cela que maintenant ?
Steve lui semblait si parfait dans son appartement, il s'intégrait si magnifiquement dans son univers tout en le respectant. Le blond y mêlait harmonieusement son calme, son sens de l'ordre sans bousculer le sens du désordre de Tony. Il en eut la gorge serrée d'émotion.
Il rougit légèrement en réalisant que Steve lui jetait un regard interrogatif tout en continuant de surveiller ses préparations et Tony grommela pour se redonner contenance.
« Je m'apprêtais à venir te chercher pour le dîner et vérifier si tu ne t'étais pas électrocuté... », le taquina le blond avec un petit sourire en coin.
Le jeune homme le rejoignit dans la cuisine, s'asseyant sur un des hauts tabourets disposés autour de l'îlot central tout en jetant un regard intéressé aux préparations de Steve.
« Je t'avais invité pour le dîner Steve... Je voulais commander », protesta-t-il mollement en reconnaissant un délicieux plat de penne alla vodka aux tomates fraîches et pancetta.
« Et essayer de trouver le restaurant le plus gras et copieux de Manhattan ? Ton frigo et tes placards regorgent de nourriture et j'adore cuisiner. Je me suis dis que je pouvais en profiter pour nous préparer quelque chose. Ne pas utiliser une telle cuisine est un crime Tony... », le sermonna faussement le jeune homme.
Tony sentit son cœur manquer un battement.
Nous préparer.
Cela lui semblait si agréable à entendre, si domestique. Les mots lui chatouillant le bout de la langue, le brun faillit lui répliquer qu'il pouvait l'utiliser autant de fois qu'il le voudrait. Peut-être même pour toujours. Et que Tony se ferait une joie d'assurer à l'infini l'approvisionnement des placards et du frigo si cela signifiait que Steve continuerait à cuisiner si merveilleusement dans sa grande cuisine un peu trop froide.
Il revint brusquement à lui quand le jeune homme reprit la parole, goûtant du bout des lèvres une cuillerée de sauce qui assécha brusquement la bouche de Tony quand il aperçut un petit bout de langue rose et humide.
« Je te laisse nous trouver le dessert », lui proposa Steve avec malice avant de retirer la casserole de pâtes du feu et de les égoutter.
Afin de cacher ses joues qu'il sentait chauffer en voyant le large dos du blond se contracter sous l'effort, ces biceps tendant déraisonnablement le tissu de son polo, le brun se jeta sur le téléphone fixe sous le rire de son ami pour appeler une biscuiterie proche de chez lui.
Il se félicita une fois de plus de son choix tandis que, assis dans le canapé, les deux hommes buvaient un café, un assortiment de financiers et de madeleines accompagnant parfaitement l'arôme puissant de leur arabica d'une petite touche plus ronde et sucrée.
Avec un soupir de parfait contentement, Tony se rejeta au fonds du canapé pour grignoter du bout des lèvres un petit gâteau au chocolat. Le repas avait été délicieux et le jeune homme devait reconnaître qu'il se sentait mieux, son corps agréablement engourdi malgré son manque de sommeil et la légère douleur qu'il sentait parfois dans son dos.
Le générique du second épisode de Retour vers le futur défilait sur l'écran géant de son home cinéma et Steve se redressa légèrement sur le canapé.
« Je parie que tu aurais rêvé d'inventer seulement la moitié des gadgets de Doc, pas vrai ? », le taquina-t-il tout en attrapant sa tasse posée sur la table basse.
Tony s'étira longuement dans un grognement un peu douloureux. Il tendit le bras vers la tablette posée à côté de lui afin de télécharger le troisième et dernier épisode de la saga.
« C'est vrai », reconnut-il dans un rire. « Quand je suis allé au cinéma pour voir le troisième volet, j'ai été intenable pendant toute la séance. J'ai même rempli un cahier entier avec des croquis d'inventions nouvelles ou d'objets à améliorer. »
« Tu l'as toujours ? », lui demanda Steve avec un sourire attendri tout en se tournant plus franchement vers lui.
Tony fit une petite grimace et le blond fronça légèrement les sourcils.
« Mon père l'a jeté quand il m'a vu griffonner dedans pour la première fois », répondit le brun dans un rictus un peu amer. « Il trouvait que c'était une trop grande source de distraction, que ça m'éloignait des vrais sujets... Ma gouvernante a essayé de le récupérer mais c'était trop tard. J'avais pourtant des pistes sérieuses sur l'amélioration de la machine à voyager dans le temps de Doc », ajouta-t-il d'un ton plus enjoué.
Steve crispa ses doigts sur la porcelaine et se retint de réagir à l'annonce un peu désinvolte du brun. Tony détestait attirer la compassion, il ne la différenciait pas de la pitié et il haïssait ça.
Il cacha néanmoins plus mal qu'il ne le pensais sa désapprobation aux méthodes d'éducation de Stark père car Tony le chahuta un instant en lui donnant un petit coup de pied sur le genou depuis son emplacement sur le canapé.
« Eh, pas la peine de faire cette tête là Steve. J'ai arrêté de pleurer la perte de ce carnet depuis très longtemps tu sais. L'avantage d'avoir une mémoire eidétique. »
Tony lui fit un clin d'œil qui lui arracha un petit sourire.
Satisfait d'avoir effacé des beaux traits de son ami le petit pli soucieux qu'il marquait son front, le brun jeta un regard gourmand vers l'assiette de biscuits sur la table basse.
Tout en se mordillant les lèvres, il tendit vivement une main vers un financier aux pistaches qu'il lorgnait depuis quelques minutes tout en défiant du regard le blond de l'arrêter. La douleur dans son dos se réveilla soudainement devant son geste brusque et Tony ne put retenir un petit couinement de douleur.
Steve, qui se levait pour aller chercher de l'eau à la cuisine, revint rapidement vers le canapé.
« Tony ? Est-ce que tout va bien ? »
Le brun ne parvint pas à lui répondre aussi vite qu'il aurait voulu, les dents serrées par la douleur. Le jeune homme se rapprocha de lui, posant une main douce sur son épaule mais il la retira immédiatement en sentant Tony tressaillir désagréablement sous son toucher.
« Ça va », tenta de le rassurer le brun, une petite grimace aux lèvres. « J'ai juste fait un mouvement un peu trop brusque. J'ai travaillé plusieurs heures d'affilé au labo, je suis un peu contracté. »
« Tu permets ? », demanda Steve en avançant à nouveau la main.
Tony déglutit avant de hocher timidement la tête. Il sentit la main du blond palper le haut de ses épaules, la base de sa nuque avant de descendre le long de sa colonne vertébrale et de passer sous ses omoplates. Il ne put retenir un gémissement de douleur.
« Tu as une méchante contracture musculaire sous l'omoplate gauche. Je me demande si tu ne t'es déplacé une côté... En tout cas, la tension est en train de remonter dans tes épaules et dans ta nuque. »
Le jeune homme réfléchit un instant et Tony se tortilla légèrement de gêne sous son regard clair et précis. Il sentait la chaleur des doigts du blond pulser encore sur sa peau et il rosit légèrement
« Déshabille-toi. »
Tony fit mine de se retourner brusquement vers lui mais Steve assura sa prise sur son dos afin de l'empêcher de faire un autre mouvement brusque et donc douloureux.
« Qu... Quoi ?! », balbutia le brun.
« Retire ton tee-shirt, je vais te masser », lui expliqua sobrement le bond avant de ricaner en voyant le regard un peu apeuré de son ami. « J'ai été infirmier je te rappelle et j'ai appris à masser. Si ta côte est vraiment déplacée je ne pourrai rien faire pour elle par contre mais peut-être qu'en défaisant le nœud, elle se remettra en place naturellement. Et avec du repos », ajouta-t-il avec un regard perçant.
Voyant que Tony ne faisait pas mine de bouger, Steve soupira.
« Tony... Tu as confiance en moi non ? Je ne te ferais pas de mal. Jamais », ajouta-t-il avec assurance. « Mais si tu ne fais pas quelque chose, ça va s'empirer. Je pense que c'est à cause de ta manière de travailler, toujours penché en avant sur tes établis. Tu pourrais finir par ne plus pouvoir bouger ton bras du tout... »
Le brun hocha faiblement la tête. Un peu hésitant, il retira son tee-shirt avant de s'allonger prudemment sur le ventre contre le cuir. Il se trémoussa légèrement sur l'assise tiède, le rouge lui montant aux jours en pensant à l'évolution de leur soirée. Enfouissant ses doigts dans les poils longs du tapis, le brun se mordilla les lèvres. Steve lui avait dit qu'il allait dans sa salle de bain chercher une bouteille de cosmétique pour faire office d'huile de massage. Tony avait presque été tenté de lui dire qu'il avait plusieurs flacons parfumés dédiés entièrement à cet usage mais en songeant aux utilisations sensuelles et humides qu'il en avait déjà fait, il s'était mordu les joues.
En entendant les pas discrets de Steve sur le parquet clair, le jeune homme releva paresseusement la tête vers lui avant d'écarquiller les yeux en reconnaissant dans sa main une bouteille bleue à l'étiquette sobre et élégante.
« Tu te moques de moi ? C'est mon huile d'argan pour entretenir ma barbe. Elle coûte une fortune ! », protesta-t-il vivement tout en se redressant sur ses coudes avant d'enfoncer sa tête entre ses bras dans un grognement de douleur.
Steve ricana et posa sans pitié le flacon sur la table basse en verre tout en lui faisant signe de se décaler brièvement afin qu'il puisse placer sur le canapé la serviette éponge qu'il avait apporté pour le protéger.
« Maintenant, ne bouge pas. Dis-moi juste si je te fais mal ou si j'y fais trop fort », lui enjoignit le blond avant de s'asseoir à côté de lui.
Tony aurait voulu faire une remarque salace afin de cacher sa gêne.
Il aurait vraiment voulu.
Steve avait-il seulement conscience à quel point ses paroles étaient tendancieuses dans l'esprit un peu troublé du brun ? Mais lorsque ses mains se posèrent sur son dos, il laissa juste échapper un souffle un peu tremblant qu'il trouva parfaitement ridicule.
Les mains du blond étaient aussi douces, chaudes et lisses qu'il s'était parfois laissé à le penser. Elles glissaient doucement sur son dos, pétrissant soigneusement toutes ces fibres douloureuses, remontant vers sa nuque pour se faire presque caressantes. Tony sentait la concentration du jeune homme dans chacun de ses gestes, attentif à la moindre de ses réactions.
Après avoir travaillé sur l'ensemble du dos de Tony afin de l'aider à se détendre, Steve s'attaqua à la contracture qu'il sentait sous son omoplate. Il se déplaça subtilement afin de se rapprocher de Tony mais ce dernier le remarqua à peine, de plus en plus alangui sous ces mains merveilleuses qui ne cessaient d'aller et venir sur sa peau.
Tony fut peu à peu envahi par une profonde lassitude l'envahir, sa mauvaise nuit pleine de doutes et d'interrogations nerveuses le rattrapant subitement. Il sentait les mains du blond travailler doucement sur ses muscles, son odorat être envahi par l'odeur sucrée de l'huile d'argan et par le parfum du blond. Malgré sa fatigue, le brun perçut une chaleur bien connue, sensuelle et langoureuse, monter peu à peu dans ses reins et il poussa un petit soupir languide proche du gémissement.
Steve rit doucement à côté de lui, son grand corps faisant imperceptiblement vibrer le cuir du canapé et Tony se figea, se sentant gonfler lentement dans son jean. Le brun tenta de se déplacer lentement sur l'assise afin de soulager le début d'érection qui frottait désagréablement contre le tissu rêche de son jean mais une main large et chaude se plaqua fermement contre le creux de ses reins, l'invitant à rester immobile.
Dans un hoquet, Tony se figea sous le geste délicieusement autoritaire.
« Cesse de te tortiller Tony. Reste tranquille pour une fois. Je n'ai pas encore finis de m'occuper de toi », le gronda Steve tout en continuant à travailler ses muscles crispés.
Le brun serra les dents, tentant de se concentrer uniquement sur les mains de son ami qu'il sentait revenir sur ses épaules et le haut de son dos, achevant de défaire la contracture, plutôt que sur les enthousiastes pulsations de son aine.
Il lui sembla que les mains de Steve se faisaient plus insistantes, plus dures aussi, faisant rouler plus fermement les muscles sous ses doigts, appuyant consciencieusement sur ses endroits encore noués. Tony laissa échapper un petit soupir de bien -être qui se mua en un hoquet de stupeur en sentant son ami se déplacer à ses côtés, se mettant presque à califourchon sur son bassin et le recouvrant de son corps.
« Désolé, pour ça Tony mais bon sang, tu es vraiment dur... », murmura Steve.
Le brun eut envie de pleurnicher de frustration. Enfonçant sa tête dans ses bras pour espérer cacher ses joues brûlantes, il préféra se focaliser sur la douleur qu'il sentait refluer doucement.
Après plusieurs longues minutes, Tony entendit Steve émettre un petit bruit de satisfaction tandis que ses doigts allaient et venaient de son omoplate jusqu'à son épaule et sa nuque, suivant les anciennes tensions. Le jeune homme redressa légèrement la tête, surpris de ne plus sentir la moindre douleur.
Les gestes du blond se firent plus aériens, achevant de dénouer complètement son dos et Tony enfouit à nouveau sa tête entre ses bras croisés en soupirant de bonheur. Quand Steve se releva, effleurant une dernière fois son dos, il frissonna violemment, tout à coup épuisé.
« J'ai fini, Tony. Ne bouge pas, je reviens te nettoyer avec une serviette », murmura-t-il alors que le brun acquiesçait d'un vague geste de la tête, un petit sourire lascif aux lèvres.
Il s'endormit sur son canapé sans même entendre le blond revenir au salon.
Tony s'éveilla le lendemain, parfaitement reposé mais un peu décontenancé d'être torse-nu dans son canapé, recouvert par un plaid épais et la tête posée sur un coussin. Alors qu'il s'étirait langoureusement, le souvenir de la soirée lui revint en tête et il se redressa brusquement pour chercher Steve du regard, les joues brûlantes tandis que le souvenir persistant de deux mains merveilleuses envahissait son esprit.
L'appartement était vide, la cuisine soigneusement rangée et nettoyée. Sur le comptoir, posée en évidence à côté d'une corbeille de fruits que Tony ne se souvenait pas d'avoir acheté, le brun trouva une boîte de décontractants musculaires dont le blond avait précisé la posologie.
Le jeune homme s'empara avec curiosité du mot que Steve avait déposé à côté, bien en évidence.
D'un ton ferme, il lui indiquait de prendre deux à trois comprimés dans la journée, de bien s'hydrater (Avec de l'eau Tony, pas du café !) et de manger (Ne pense même pas à déjeuner des biscuits restants ni à te faire livrer de la malbouffe. J'ai caché ton portable et ton fixe).
Naïf et si attendrissant Steve.
Tony éclata d'un rire de joie, ses reins le chauffant agréablement.
