Bonjour à tous et à toutes :)
Après beaucoup de travail, je publie aujourd'hui la cinquième et dernière partie de Te faire sourire aujourd'hui, demain, toujours.
La relecture de cette histoire a été un travail de très longue haleine (la première version comptait 59 pages Word, la seconde 105...) mais je suis heureuse d'avoir réussi à maintenir un rythme de publication correct pour ne pas trop vous faire attendre entre deux épisodes de la tendre histoire de Steve et Tony.
Attention, les lignes qui suivent comptent un long épisode acidulé dans le dernier gros tiers de l'histoire ;)
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions à l'issue de votre lecture. Cette histoire est la plus longue que j'ai écrite jusqu'à présent (et également la plus ancienne, elle a été commencée pendant le premier confinement mais l'idée en est bien plus ancienne encore) et je serais ravie d'avoir votre retour :)
Bonne lecture et à bientôt !
ChatonLakmé
Installé à son bureau dans son gigantesque atelier personnel à Stark Industries, Tony était incapable de se concentrer.
Son esprit papillonnait, voltigeant gaiement sans jamais parvenir à se fixer et le brun ne cessait de soupirer, ses yeux regardant vaguement le projet sur lequel il travaillait depuis le début de la semaine sans parvenir à avancer. Rarement le réseau brillant d'une carte-mère et l'amas presque sensuel des câbles électriques lui avaient semblé aussi peu propices aux vives réflexions de son génial cerveau. Celui-ci restait étrangement muet sous sa boîte crânienne, presque mou et indolent, se laissant doucement porter par son liquide céphalo-rachidien comme un poisson suivant le courant lent d'une rivière argentée.
D'une main distraite, il attrapa la casquette holographique posée sur la tête de Dum-E et commença à la faire tourner sur le bout de son index, ses yeux rivés sur le plafond blanc. Alors qu'un nouveau soupir lourd lui échappait, Loki lui envoya un regard noir avant de redresser vivement sur son établi. Dans un cri d'exaspération profonde, le jeune homme lâcha le morceau de câble qu'il était en train de souder et pointa son fer à souder vers Tony de manière menaçante, ses yeux verts brillant d'un profond d'agacement.
« Maintenant ça suffit Tony ! », s'exclama-t-il vivement.
Le brun lui jeta un regard un peu vague avant de recommencer distraitement son manège, renversé sur sa chaise de bureau et le cou tendu vers le plafond, fouillant la peinture blanche comme pour y déceler un mystère caché. Un signe. Une réponse à ses interrogations existentielles bruyamment silencieuses dans la gigantesque pièce.
Loki crispa violemment ses doigts sur son outil et, marmonnant des injures fleuries qui auraient probablement fait la fierté de Tony s'il les avait entendu, il posa brusquement son fer à souder avant de contourner son bureau pour se planter devant le brun. D'un geste brusque, il repoussa ses pieds posés sur son établi, le déséquilibrant brusquement et manquant de le faire tomber. Tony se rattrapa de justesse au bord avant de lui jeter un regard noir. La casquette de Marty McFly tomba au sol dans un petit bruit mou, innocente victime de leurs troubles mutuels.
« Tu es malade ?! J'aurais pu me blesser ! », protesta vivement le brun tout en se réinstallant sur sa chaise de bureau dans une attitude plus prudente.
Son ami grogna une réponse inintelligible et se pencha rapidement en avant pour récupérer l'accessoire avant de le rendre dans un geste brusque à Tony, le plaquant contre son torse avec une telle violence que le jeune homme en eut la respiration momentanément coupée. Il récupéra la casquette avec précaution tout en coulant un autre regard de reproche à Loki pour avoir malmené sa première trouvaille vintage au Chelsea Flea Market. À cette pensée, son cœur se serra légèrement et il baissa les yeux sur l'objet, caressant du bout des doigts la toile holographique aux couleurs un peu psychédéliques.
Grattant du bout de l'ongle une petite tache sombre sur la visière, Tony soupira une nouvelle fois.
« Bon sang ! Tony ! », cria presque Loki tout en frappant du plat de la main sur son bureau, le faisant violemment sursauter. « Cesse de jouer avec cette horreur pour avoir mon attention et de soupirer comme une héroïne de Jane Austen ! Tu l'as maintenant alors c'est quoi le problème ?! »
Le souffle court, le jeune homme leva la main pour se pincer l'arête du nez avant de passer une main fébrile dans ses cheveux noirs pour les rejeter en arrière. Tony se mordit les lèvres et se perdit une fois de plus dans la contemplation des œillets ornant le tissu à intervalles réguliers.
« Tony... »
La menace, sourde mais clairement perceptible dans la voix de Loki, lui fit relever les yeux. Son ami dût y voir une chose assez surprenante car le brun le vit écarquiller légèrement les yeux avant d'appuyer lourdement ses reins contre le bureau et de croiser les bras.
Tony se sentit vaguement intimidé sous son regard clair et sa haute stature et il se mordit les joues.
« Je ne suis pas une héroïne de Jane Austen... », protesta-t-il faiblement.
Loki ricana.
« Alors arrête de te comporter comme cette gourde de Anne Eliott soupirant après le capitaine Frederick Wentworth et dis-moi ce qui ne va pas. » Tony lui jeta un regard étonné qui le fit légèrement rosir et il secoua vivement la tête, faisant voler ses longues mèches noires. « Ce n'est pas sujet. Ton auto-apitoiement envahie tout ton atelier et nous empêches de travailler », se reprit-il.
« Tu ne me déranges pas vraiment moi... »
Au fond de l'atelier, un horrible bruit de couinement leur parvint et les deux hommes tournèrent la tête en cœur. Bruce leur adressa un petit regard gêné en guise d'excuse et bloqua les roues du grand tableau blanc qu'il venait d'approcher de leurs postes de travail, un marqueur effaçable entre les dents.
Loki lui jeta un regard noir avant de se retourner vers Tony qui le regardait, un petit sourire moqueur aux lèvres.
« Et bien laisse-moi corriger dans ce cas. Le bruit du fouet dont tu t'auto-flagelles me dérange. » Le brun gloussa doucement et le jeune homme lui adressa un regard taquin. « Si tu m'expliquais ce qu'il se passe maintenant... », lui proposa-t-il d'un ton plus doux, teinté d'une légère mais réelle inquiétude.
Ses doigts faisant tourner la casquette entre ses doigts, Tony hésita un instant.
Les histoires sentimentales n'étaient pas la tasse de thé de Loki mais il était son ami... Avec son regard acéré, peut-être pourrait-il être de bons conseils après tout. De toute manière, le jeune homme avait besoin de parler. De partager avec quelqu'un les sursauts de son cœur depuis qu'il avait réalisé qu'il était bien moins vide qu'il ne le pensait. Mais loin de l'apaiser, l'évidence continuait à le bouleverser une semaine après sa merveilleuse sortie avec Steve au Chelsea Flea Market.
Tony jeta un regard en coin à Loki et sourit un peu mesquinement en entendant presque son ami grincer des dents. Partager ses états d'âme avec le brun pourrait être une douce vengeance eu égard aux récits particulièrement sensuels de Loki concernant Thor qui avaient souvent enflammé ses propres reins en imaginant un autre blond aux yeux bleus coincé sous lui, le regard brouillé par le plaisir et le corps tendu dans l'attente de l'extase.
Le jeune homme inspira profondément et releva presque timidement les yeux sur Loki avant de se lancer. Avec un certain courage trouva-t-il, un peu chatouillé au fond de lui.
« Je suis sorti avec Steve la semaine dernière. Et- Enfin... J'ai réalisé certaines choses... Il- Il y avait ce couple de personnes âgées en face de nous et ma glace coulait sur le banc. Je- Je me suis juste mis à penser. Et puis Steve était si- Voilà quoi », acheva-t-il tout en bombant bravement le torse, près à écouter le rire un peu moqueur de Loki.
Un peu étonné, il regarda son ami qui, les yeux fixés sur lui, l'observait d'un air un peu troublé. Tony fronça les sourcils. Loki avait parfois la capacité émotionnelle d'une soupière mais il lui semblait avoir été plutôt clair dans ses explications pourtant.
« Bon sans Tony, mais qu'est-ce que tu racontes ? Je n'ai pas compris un traître mot de tes paroles et pourtant, Dieu sait que je suis loin d'être idiot... » Le brun se redressa. « Ça a donc à voir avec Steve ? », reprit-il prudemment.
Tony le fusilla du regard devant le caractère parfaitement flagrant de leur discussion. Il poussa un petit couinement outré en entendant Loki marmonner dans sa barbe que c'était de toute manière toujours le cas.
Dans un sursaut de courage qu'il trouva parfaitement surprenant, le brun se tourna vers son ami, si vivement que ce dernier haussa un sourcil surpris et un peu inquiet, et se pencha en avant vers lui, ses mains posées sur ses genoux.
«Je suis amoureux de Steve. »
À ces mots, un long frisson remonta le long de son dos et Tony se rejeta en arrière dans sa chaise avant de passer une main tremblante sur son visage, soudain très fatigué. Est-ce que l'aveu de ses sentiments pour son meilleur ami allait toujours le rendre à moitié fou ? De plaisir, de joie, de tristesse aussi... Le brun se recroquevilla légèrement sur lui-même.
« Et ? »
Tony tourna si brusquement la tête vers Loki qu'il sentit sa nuque douloureusement craquer.
Un sourcil levé, le brun le regardait d'un vague air d'ennui tout en croisant ses bras sur son torse comme si le jeune homme venait juste de lui apprendre une chose d'une prodigieuse évidence.
Tony en tomba des nues.
« Quoi « et ? » ? », bondit-il de sa chaise. « Je viens de t'avouer que j'aime mon meilleur ami, peut-être depuis toujours, et c'est tout ce que tu trouves à me dire ?! »
Tony se tourna brusquement vers Bruce qui s'était remis au travail un peu plus loin, griffonnant des formules arithmétiques sur le grand tableau blanc.
« Eh, Bruce ? », l'interpella le brun pour attirer son attention. « Je suis amoureux de Steve. »
Une main posée sur le cadre du grand tableau blanc pour s'appuyer, le jeune homme se releva à demi, le capuchon de son stylo toujours coincé entre ses dents.
« Ah... », marmonna-t-il difficilement, tout en remontant ses lunettes sur son nez, son marqueur à quelques centimètres du tableau. « C'est... étonnant. »
Tony haussa légèrement un sourcil dubitatif avant de hausser les épaules et de se retourner triomphalement vers Loki qui avait observé toute la scène en silence, un petit sourire moqueur aux lèvres.
« Ah ah ! Ça tu vois c'est une réaction – à peu près normale – à l'annonce d'un truc pareil ! », répliqua vivement le brun tout en pointant leur ami du doigt et en ignorant le grognement de Bruce.
Ce dernier se redressa complètement avant de refermer son marqueur et de se gratter la tête, un peu gêné.
« En réalité, je pensais plutôt au fait que tu aies fini par t'en rendre compte Tony et que tu aies trouvé le courage de nous en parler... Désolé », murmura-t-il avec une petite moue d'excuse.
Loki ricana devant l'air défait du jeune homme qui vint se laisser retomber sur sa chaise à côté de lui. Le brun se pencha en avant pour tapoter son épaule du bout des doigts dans un geste de réconfort un peu moqueur.
« Oh Tony, tu es amoureux de Steve depuis longtemps, je confirme », pouffa Loki. « Et contrairement à ce que tu penses, je peux être observateur quand il s'agit de sentiments. Bon dieu, tu es tellement lisible », soupira-t-il en levant les yeux au ciel.
« N'importe quoi ! » Les joues de Tony se mirent à flamber. « Si j'étais aussi facile à décrypter, tu ne penses pas que Steve s'en serait rendu compte ? », lui demanda-t-il avec assurance.
Le brun roula des yeux et avant de se mordre les lèvres pour étouffer ce qui s'annonçait être un bruyant éclat de rire.
« C'est parce qu'il est aussi doué que toi en ce qui concerne les sentiments. » Loki se pinça l'arête du nez entre deux doigts avant de soupirer. « Franchement, vous formez le petit couple le plus ridiculement amoureux qui soit. Tony, personne ne parle de son meilleur ami avec des étoiles dans les yeux et une telle adoration comme tu le fais. C'est d'ailleurs assez adorable et pathétique en même temps... », dit le brun tout en faisant mine de réfléchir et en appuyant son menton dans sa main.
Tony grogna, les joues à présent complètement écarlates.
« Enfoiré... » Le brun gémit avant de se prendre la tête entre les mains. « Merde, mais qu'est-ce que je vais faire ? J'adore Steve et j'adore notre amitié, je ne veux pas tout foirer... »
Loki récupéra distraitement un tournevis sur l'établis du jeune homme et commença à le faire tourner entre ses doigts, le regard rivé sur l'éclat métallique du l'outil dans l'éclairage puissant qui illuminait l'atelier.
« Ce qui est surtout stupéfiant, c'est qu'avec ton super cerveau tu n'aie pas envisagé la possibilité que tes sentiments puissent être partagés... », lui répliqua-t-il, un sourire un peu moqueur aux lèvres.
« Ne sois pas ridicule Loki. » Tony renifla brusquement avant de renverser en arrière contre son dossier, croisant ses mains derrière sa tête. « Steve est une sorte de héros tragique qui vit dans le souvenir de son grand amour disparu. Je... Je suis plutôt confiant en général mais je ne peux pas me battre contre un fantôme aussi puissant », dit-il dans un souffle douloureux tout en baissant les yeux, les épaules basses. « Et puis, il est tellement... parfait alors que je suis... moi. »
Loki fronça les sourcils et porta le tournevis à ses lèvres, appuyant le manche recouvert de silicone contre sa bouche pour tapoter la chair sensible à intervalles réguliers. Le jeune homme avait les yeux rivés sur le brun mais à sa grande surprise, il vit Tony se recroqueviller lentement sur lui-même comme pour mieux accueillir le poids du monde sur ses épaules.
Le brun grogna.
« Tu es sérieux... », constata-t-il du bout des lèvres, vaguement incrédule, avant de reposer bruyamment l'outil sur le plan de travail dans un bruit sourd. « Cesse donc d'être aussi mélodramatique Tony. Tu as des défauts c'est certain mais je sais aussi que tu déplacerais des montagnes pour lui comme je ne t'ai jamais vu le faire pour quelqu'un avant. Tu es plus que digne de lui. »
Malgré son ton ferme et assuré, Tony haussa doucement les épaules et garda les yeux baissés, triturant du bout du pied un petit morceau de câble tombé de son établis.
« Tu es vraiment un idiot... », reprit son ami en haussa le ton, de plus en plus exaspéré. « Je pensais que tu trouvais que les mots et les précautions des amis de Steve à son égard étaient ridicules. Qu'il n'était pas un poussin tout juste sorti de l'œuf. Pourtant tu l'infantilises exactement de la même manière ! »
Tony releva brièvement la tête, les yeux brillant de colère et Loki redoubla d'ardeur, heureux de voir son ami enfin se réveiller. Il croisa les bras sur son torses, dardant sur lui ses yeux brillants.
« Je ne peux pas me prononcer sur l'affection de Steve pour son ancien compagnon, je ne le connais pas assez pour cela, mais comment veux-tu qu'il parvienne à se détacher de ce... fantôme », reprit-il en citant le jeune homme, « si tu ne lui montres pas que d'autres soupirent sincèrement après lui ? Parce qu'un jour ça arrivera Tony... Que feras-tu si un autre te prend de court et que Steve répond à son affection ? Est-ce que tu accepteras de le voir aimer et chérir quelqu'un sous tes yeux ? De savoir qu'il l'étreint et qu'il construit des choses avec cette personne tandis que tu restes son meilleur ami ? Tu le pourras Tony ? »
Le brun pâlit brusquement aux paroles de Loki et il resserra convulsivement ses mains sur le tissu de son jean, le cœur au bord des lèvres et des larmes plein les yeux.
Le jeune homme réalisa alors son immense naïveté.
Bien sûr que cela arriverait un jour et que Steve et Tony ne seraient pas toute leur vie juste deux. Un jour, peut-être demain, peut-être dans un mois, dans un an, le cœur du blond cicatriserait et le ferait chercher une autre personne avec qui partager son affection et sa tendresse. Quelqu'un qui découvrirait quel homme magnifique et merveilleux est Steve Rogers et serait fasciné par la beauté de son corps, de son sourire, par l'éclat doré de ses cheveux et celui, doux, de ses si beaux yeux bleus. Un homme ou une femme qui prendrait la place du brun dans le vieux canapé crème du salon et se presserait contre le blond dans une tendre étreinte tandis qu'ils regarderaient un programme stupide à la télévision.
Quelle serait la place de Tony dans ce bonheur simple et doux ?
Plus dans la cuisine pour des petits-déjeuner ou des dîners pris sur l'îlot central tandis qu'il regarderait Steve évoluer élégamment dans la pièce, ses belles mains découpant d'un geste sûr des ingrédients qu'il veillerait ensuite à assaisonner au goût du brun. Sans sa tasse personnelle un peu ridicule et enfantine à motif de robot Gundam stylisé en lignes noires sur la faïence blanche [ndla : franchise d'animation japonaise de science-fiction, célèbre pour ses robots géants appelés Gundam pilotés par des humains].
Plus dans ce même canapé dont Tony adorait l'assise un peu fatiguée mais si parfaite sous lui et dont l'étoffe était imprégné de l'odeur chaude et rassurante du blond.
Plus dans son propre appartement qui resterait froid et vide dans la lumière de Steve pour le réchauffer doucement, lui rappeler de manger avant de l'écouter parler de ses projets avec enthousiasme, un petit sourire attendri aux lèvres en n'en comprenant qu'un mot sur deux.
Voyant son immense détresse, Loki tira une chaise à lui pour s'asseoir devant Tony avant de poursuivre, d'un ton un peu adouci.
« Est-ce que je dois te rappeler ta réaction quand tu as pensé qu'il était avec ce canon blond ? », continua pourtant le brun sans pitié. « Parce que ce n'est pas vraiment ce que tu as fais de plus glorieux... »
Tony grogna de honte, sentant ses joues s'enflammer sous le souvenir.
« Thor. Il s'appelle Thor », ne put-il s'empêcher de corriger son ami.
Loki haussa un sourcil intéressé.
« Thor ? », répéta-t-il tout en faisant rouler exagérément le « r » entre ses dents. « Bon sang, c'est vraiment trop sexy... Quelque chose de guttural et de si viril... Je me vois bien le crier pendant que- »
« Loki... Si tu veux bien, on peut revenir à mes états d'âme s'il-te-plaît ? », ricana Tony, sa tristesse un peu apaisé devant les joues rouges d'excitation de son ami et sa peau légèrement frissonnante.
Le brun secoua légèrement la tête et Tony grimaça en le voyant se lécher machinalement les lèvres, son corps semblant déjà brûler pour le jeune homme. Loki se racla la gorge.
« Herm... Bref, Steve est un homme adulte et il t'adore. S'il ne répondait pas à tes sentiments, ça ne remettrait pas votre amitié en question et tu finiras par oublier... », dit-il.
Tony passa une main tremblante dans ses cheveux noirs, les ébouriffant comiquement.
« Je ne pense pas que ça arrivera... », murmura-t-il du bout des lèvres. « Loki, on se connaît depuis le MIT et tu sais que le nombre de mes relations peut se compter sur les doigts d'une main. Elles ont été fortes mais pas de nature à révolutionner mon monde comme il le fait lui... »
« Tu oublies Pepper. Tu t'es quand même demandé à un moment si tu ne devrais pas l'épouser... », lui rappela son ami tout en croisant ses bras sur son torse.
Le jeune homme eut un petit sourire nostalgique à ce souvenir. Ils se seraient probablement entretués avant même la fin de leur première année de mariage...
Tony releva les yeux sur le brun.
« Non Loki, je n'oublie pas Pepper », le corrigea-t-il. « Mais ce que je ressens pour Steve n'a rien de commun avec... ça. C'est tellement plus fort. Le genre de trucs qui me fait souhaiter de me réveiller tous les matins à côté de lui pour le reste de notre vie. De partager les milliers de petites disputes de couple ridicules sur la couleur des rideaux et les cadres à accrocher aux murs alors que je déteste toutes formes de conflits. »
« Tu n'as pas de rideaux et tu détestes aussi accrocher des choses aux murs », remarqua doctement Loki, un petit sourire moqueur aux lèvres.
Le jeune homme se releva dans un grognement et commença à arpenter frénétiquement l'atelier tandis que Bruce, muet, se concentrait soigneusement sur ses formules mathématiques. Les états d'âme amoureux de Tony étaient définitivement trop puissant pour lui.
« Ne fais pas ton salaud Loki... », grogna Tony tout en pointant un doigt menaçant vers son ami qui ricana. « Depuis ce foutu vide-grenier, j'ai l'impression de brûler, de ne penser qu'à lui. Et mes nuits... » Le brun s'arrêta un instant, se mordillant vivement les joues avant de repartir de plus belle dans sa déambulation désordonnée. « Oh merde Loki, je rêve de lui... Des rêves brûlants qui me réveillent en sursaut avec l'envie folle de courir jusqu'à chez lui pour me jeter à ses pieds et le supplier de me faire l'amour. Ou d'éclater en sanglots parce que c'est juste impossible. »
Il ne remarqua pas le haussement de sourcils suggestif de son ami à ses paroles et Tony se passa une main fatiguée sur le visage.
« Je suis fatigué d'être seul. Je- J'ai envie de rentrer chez moi les soirs et que quelqu'un m'attende, d'avoir un visage à contempler les matins à mon réveil », avoua le brun du bout des lèvres. « Mais je veux que ce soit Steve. »
Loki regarda ses ongles avec attention, délogeant d'un petit geste précis un petit morceau de caoutchouc noir coincé sous son ongle de pouce.
« Et en quoi est-ce incompatible ? Je suis sûr qu'il partagerait joyeusement tous tes petits fantasmes d'adolescente énamourée Tony. J'imagine très bien Steve être tendre et chaud dans un lit le matin, à te câliner doucement avant que vous vous leviez pour prendre un merveilleux petit-déjeuner dans ta grande cuisine design si glaciale. »
Toy retint à grande peine le couinement ravi qui envahi sa bouche à cette idée et qui fit se tortiller de plaisir ses orteils dans ses chaussures.
Loki leva les yeux au ciel si fort que le brun se demanda un bref instant si son ami allait parvenir à faire redescendre ses pupilles dans leurs orbites et il sursauta presque quand le brun claqua sa langue d'impatience contre son palais.
« Bien. Et maintenant qu'on a consciencieusement tourner autour du pot et que tu m'as imposé toutes ces images débordantes de sensiblerie, qu'est-ce que tu vas faire ? »
Tony sourit en coin, pas vexé pour deux sous. Il savait que sous les dehors cyniques et piquants de Loki se cachait un cœur énorme et attentionné. Ces paroles étaient comme lui, sèches et mordantes comme un serpent, mais pour mieux le faire avancer. Aussi maladroite soit la méthode.
Le brun soupira doucement.
« … Tu as raison, c'est aussi mon devoir de meilleur ami de l'aider à passer à autre chose. »
Loki se redressa vivement sur sa chaise.
« Attends une minute, je n'ai jamais dit- »
« Jusqu'à présent je me suis acharné à le faire rire et sourire, à lui rendre la vie plus belle », continua Tony sans remarquer l'intervention de son ami. « Par pudeur, je n'ai pas abordé le sujet de Bucky... J'ai fais exactement comme Clint et Natasha au fond. J'étais heureux d'être dans notre bulle mais Steve a le droit d'aimer à nouveau et si ce n'est pas avec moi, et bien en tant que meilleur ami je serais content qu'il trouve la bonne personne », acheva Tony avec une conviction un peu désespérée.
Loki le regarda longuement avant de se lever et de faire glisser sa chaise sous l'établi du brun pour la ranger.
« Ne m'utilise pas pour justifier ta propre lâcheté Tony. Ta décision est sage et étonnamment mature », le taquina-t-il un instant tout en évitant habilement l'horrible casquette de Marty McFly que lui jeta le jeune homme « mais ne retourne pas la charge de la tragédie sur tes épaules non plus. Tu devrais être un peu plus confiant et te battre pour lui s'il est vraiment ce que tu désires plus que tout. Libre à toi de te cacher derrière de grandes considérations amicales mais tu ne m'ôteras pas de l'esprit que tu te défiles alors que tu as toutes les armes pour avancer sur ce champ de bataille. Il est presque l'heure de déjeuner », nota le brun avec intérêt, « alors ce n'est certainement pas maintenant que je tenterai de m'acharner à te faire comprendre que tu es un imbécile fini si tu considères que la guerre est perdue avant même que tu ne te lances dedans. Laisse-moi juste finir sur une chose », dit son ami en se tournant vers lui. « Tu me déçois en se montrant aussi peu courageux à lutter pour ton bonheur alors que certains tentent de le trouver toute leur vie sans y parvenir. Et le déjeuner est pour toi bien sûr, pour m'avoir infligé tes états d'âme de lycéenne... »
Les yeux écarquillés, Tony observa son ami traverser le laboratoire sans un regard pour lui afin de rejoindre Bruce pour lui proposer de sortir manger. Un peu honteux, le brun baissa les yeux sur ses chaussures, le cœur étonnamment serré en songeant aux paroles tranchantes de Loki. Une fois encore, il avait dit vrai. Tony était lâche dans cette histoire. Mais comment faire autrement quand la situation le tétanisait littéralement ?
Un peu absent, il enfila sa veste et suivit ses amis à l'extérieur du laboratoire. Sur le chemin les menant vers le somptueux restaurant administratif de Stark Industries, les yeux fixés sur la nuque blanche de Loki, Tony prit une résolution.
Le brun était terriblement couard. Il y avait si longtemps qu'il n'avait été amoureux, et jamais de manière aussi forte, qu'il sentait le contrôle lui échapper des mains en même temps que sa confiance en lui. Tandis que son estime de lui s'effondrait lentement, l'ombre de Bucky devenait quant à elle plus grande, plus écrasante et pesante encore sous ses yeux peureux.
Sans même avoir à composer avec le disparu, Steve et lui étaient également si différents que la moindre relation lui semblait vouer à l'échec. Il ne se sentait pas assez digne du jeune homme et de son sourire bienveillant, envahi d'une honte brûlante en repensant à toutes ses histoires personnelles salaces qui lui semblaient aujourd'hui le salir imperceptiblement par leur inconséquence et leur désinvolture.
Tout en triturant sa plantureuse assiette de gnocchi au parmesan, Tony réfléchit.
Il serait le meilleur ami du monde pour Steve. Et si parfois sa main s'égarerait un peu trop sur sa nuque ou sur son bras pour le taquiner, s'il presserait un peu trop souvent son corps contre le sien, le brun espérait pouvoir s'en contenter sans briser tout le reste et conserver l'estime de son meilleur ami.
Il serait fort et brave. Mais en le regardant dans l'ombre et en continuant à veiller sur lui.
o0O0o
Tony en aurait pleuré.
Le brun y mettait vraiment toute sa volonté mais ses mains semblaient définitivement douées d'une vie propre, s'égarant sans cesse sur le corps de Steve au moindre prétexte. Il avait craint la réaction de son ami lors d'une caresse trop appuyée mais le blond lui avait juste souri comme toujours de cette manière bienveillante et douce qui lui retournait l'estomac et lui donnait envie de le dévorer de baisers.
Sa discussion avec Loki datait d'il y a seulement quelques jours et toutes ses belles résolutions semblaient s'être faites la malle aussi vite que son cœur s'affolait quand le jeune homme était dans les parages. Le brun n'avait pas encore trouvé le courage d'aborder le sujet des relations amoureuses avec Steve. Avec lâcheté – il avait l'impression d'entendre son ami le lui crier à l'oreille – il repoussait sans cesse cette discussion, désarçonné par les yeux bleus du blond et au fond de lui mort de peur à l'idée de connaître sa réponse. Parfois, une brève étincelle un peu inhabituelle dans son regard attirait son attention et le faisait douter légèrement de l'impossibilité d'une histoire entre eux. Son cœur se gonflait alors d'un timide courage avant que Steve ne se détourne de lui, lui coupant la parole avant même que le brun ne trouve la force d'ouvrir la bouche pour souffler un aveu timide et tremblant.
Assis dans le canapé crème de Steve, un verre d'eau pétillante devant lui, Tony inspira brusquement.
Ce soir, les choses seraient différentes.
Et le début de leur soirée l'invitait en effet à penser que peut-être un peu d'imprévu permettrait de libérer le lion rugissant enchaîné quelque part au fond de son estomac et de fixer enfin la girouette de ses sentiments qui le faisait sans cesse alterner entre des phases de doutes et d'espoirs intenses.
En allant chercher Steve à la librairie pour rentrer ensuite ensuite avec lui, leur dîner sous le bras, il avait interrompu l'intense séance de drague d'un client régulier de son ami. Il avait ricané en entendant le blond répondre à son prétendant avec la même politesse que d'habitude, de toute évidence inconscient de l'intérêt de l'autre homme à son égard.
Tony avait soudain serré les poings en le voyant se rapprocher de Steve pour se coller presque contre son flanc avec un obscène soupir de bien-être tout en lui murmurant à l'oreille des propositions salaces qui firent sursauter le blond. Incapable de se retenir, il préféra intervenir, le cœur palpitant sous le plastron de son armure en fer-blanc.
Aider Steve à retrouver l'amour passe encore – soit peut-être puiser au fond de ses tripes le courage de lui faire comprendre que Tony était fou de lui – mais avec un homme digne de lui – soit espérer que le blond s'aperçoive que le brun était définitivement son âme-sœur.
Tony l'avait rejoint en deux grandes enjambées avant d'enlacer la taille de son ami d'un bras possessif, pinçant vigoureusement la main vulgaire qui palpait le corps de Steve afin de l'éloigner. Le brun avait foudroyé l'autre homme du regard avant d'embrasser son ami dans le cou tout en lui murmurant qu'ils devaient rentrer. Ses joues n'avaient pas encore eu le temps de rougir devant son audace que son ami lui rendait son étreinte en passant son bras autour de ses épaules pour le serrer contre lui tout en embrassant son front.
Tony en était certain à présent. À cet instant, ses joues avaient dû probablement frôler le point de combustion spontanée.
Les deux hommes étaient sortis ensemble après un salut à Fury qui avait légèrement haussé un sourcil de surprise en les voyant toujours enlacé. Alors qu'ils tournaient à l'angle de la rue afin d'être hors de vue de l'homme, courroucé d'avoir été interrompu dans son plan de séduction, Steve lui avait murmuré un tendre remerciement à l'oreille avant de le relâcher. Tony n'avait pu que lui envoyer une bourrade amicale dans les côtes pour cacher la gêne qui lui brûlait la nuque.
Loki se foutrait tellement de lui s'il savait...
On était vendredi soir et Tony était chez Steve pour leur traditionnelle soirée cinéma. Le générique de fin de My Fair Lady défilait encore sur l'écran de la télé et le brun avait le regard légèrement béat d'un homme profondément satisfait. Il avait divinement bien dîné et le blond avait préparé un dessert français au nom imprononçable que le jeune homme avait dévoré de manière bien peu sophistiquée sous le rire attendri de son ami.
À présent qu'il avait puisé dans le sucre blanc raffiné et le chocolat tout le courage qu'il pouvait espérer y trouver, le moment était venu. Celui de lancer la discussion.
Tony gonfla légèrement le torse à cette idée avant de s'affaler à nouveau contre le dossier moelleux du canapé. Enfin, il le ferait quand Steve reviendrait avec les cafés. Ou peut-être quand ils auraient fini l'assiette de petits gâteaux qui les accompagnait et que le jeune homme l'entendait préparer dans son dos dans d'adorables petits bruits domestiques et réconfortants.
Grattant de son ongle la toile de son jean, le brun laissa son regard errer dans le salon de Steve. Il sourit en constatant le rangement impeccable et apprécia encore une fois la décoration simple mais chaleureuse qui le mettait toujours à l'aise et le faisait se projeter dans des situations à deux insensément domestiques et tendres dans cet appartement qu'il adorait. Le jeune homme secoua vivement la tête pour se concentrer à nouveau et plissa les yeux en regardant la cheminée, attiré par les motifs de la faïence encadrant le foyer.
Brusquement, son regard s'arrêta sur le manteau de la cheminée. Tony fronça les sourcils et se leva pour se rapprocher, n'osant croire à ce qu'il voyait. Le jeune homme eut beau regarder vivement autour de lui, il n'y avait pas de doute. Les photos de Steve et Bucky qu'il y avait toujours vu et qui lui tordaient le cœur depuis des semaines avaient disparu. Juste parfaitement et très étrangement disparu. Le brun fureta discrètement dans le reste de la pièce mais il n'y avait pas le moindre doute, Steve les avait bien retiré.
Son cœur bondit dans sa poitrine et c'est d'une voix bien moins assurée qu'il ne le voulait qu'il s'adressa à son ami qu'il entendait toujours s'affairer dans son dos.
« Steve, tu... Hum, où sont passées les photos de la cheminée ? », lui demanda-t-il d'une voix blanche.
Tony se gifla mentalement devant le caractère intrusif et fort peu subtil de sa question. Le jeune homme entendit les bruits dans la cuisine s'assourdit légèrement avant de reprendre de plus belle tandis que son cœur s'affolait lentement dans sa poitrine. Il sursauta presque quand il entendit Steve lui répondre d'une voix claire et assurée.
« Je les ai rangé », dit-il doucement. « J'y pensais depuis un moment à vrai dire mais ça m'a prit un peu plus de temps que prévu... Bucky est une partie de ma vie que je n'oublierai jamais mais il est temps de passer à autre chose. Il n'aurait pas voulu ça. Il est temps de lui dire au revoir. »
Tony se rapprocha de son ami, le cœur battant. Légèrement tremblant, il tenta de cacher l'agitation fébrile de ses mains en les enfouissant dans les poches de son jean dans une attitude faussement nonchalante.
« Tu... Tu as rencontré quelqu'un ? », lui demanda-t-il du bout des lèvres. « Je veux dire- Ne te méprends pas Steve mais je les vois depuis si longtemps et tout à coup tu- Tu ne m'as rien dis... », acheva le brun dans un souffle.
Le jeune homme avait l'impression de recommencer la détestable conversation tenue lors de leur petit-déjeuner français, lorsqu'il avait presque accusé Steve de fréquenter Thor. Les choses étaient alors différentes et seule la jalousie, mauvaise et amère, avait envahi son cœur. Mais à présent, le cœur et l'esprit emplis de Steve et d'amour, il pensait être en droit légitime de paniquer.
Et les mots de son ami lui brisèrent le cœur.
« En quelque sorte oui... », murmura Steve tout en versant le café dans leur tasse.
L'assiette de biscuits faits maison qu'il posa sur l'îlot de la cuisine ne parvint pas à détourner son attention.
Tony avait l'impression d'étouffer.
La discussion ne se passait pas du tout comme il l'avait envisagé. Au fond de lui, et malgré ses paroles incroyablement désintéressées à Loki, le jeune homme espérait de tout son cœur que la personne qui ferait à nouveau palpiter le beau cœur de Steve serait lui et uniquement lui. Que Steve, intelligent et attentif, s'en rendrait compte seul et l'embrasserait, lui épargnant une horrible discussion sur ses sentiments qui le ferait se sentir désagréablement vulnérable.
Ses rêves se brisèrent avec fracas.
Il devait être celui qui parlerait avec Steve de son cœur brisé, qui l'aiderait à faire le dernier pas vers une vie sentimentale et affective épanouie. Mais Steve ne l'avait pas attendu et un ou une autre l'avait devancé dans cette noble tâche.
Il paniqua.
Tony se rapprocha vivement de Steve et agrippa fortement son coude alors que le blond s'apprêtait à saisir leurs tasses pour les poser sur le plan de travail. Son ami s'arrêta et se retourna vers lui, lui adressant un regard interrogateur.
« Non... Non, tu ne peux pas... Steve... Je- Je... », balbutia le brun, le cœur au bord des lèvres.
Le jeune homme vit son ami froncer les sourcils et poser une main sur la sienne pour la presser doucement de manière rassurante. Si semblable à leur discussion jalousie concernant Thor.
Tony hoqueta douloureusement un sanglot un peu étranglé.
« Tony ? »
La voix douce du blond brisa sa dernière résistance.
Dans son esprit troublé, elle lui sembla caressante, invitante, pleine de promesses.
Tony percevait avec une acuité folle les muscles durs de Steve sous ses doigts, sa peau dorée découverte par son tee-shirt à manches courtes et il déglutit lourdement. Quand il croisa son regard bleu et brillant, un peu interrogateur, le jeune homme y puisa le courage dont il avait besoin. Il plongea en apnée.
Tony se pencha lentement en avant et posa ses lèvres sur celles du blond.
Enfin.
Le brun l'avait fantasmé des centaines de fois durant les semaines passées. Imaginer leur premier baiser avait incendié ses nuits, mouillé ses draps et souillé ses sous-vêtements. Tony s'était senti revenir à son adolescence quand il rêvait qu'il bécotait Sabrina Simpson, la plus jolie fille de sa classe derrière les gradins du gymnase.
Mais partager ça avec Steve était tellement plus. Tellement plus fort. Plus doux. Plus parfumé. Tellement meilleur.
Perdu dans ses sensations, il gémit légèrement tout en se rapprochant imperceptiblement de Steve pour mieux sentir sa chaleur. Sa main se crispa légèrement sur l'avant-bras musclé avant de remonter lentement le long de son bras. Sa nuque l'attirait. Sa nuque si belle, fine et dorée qu'il mourrait d'envie d'effleurer du bout des doigts pour y voir naître de petits frissons de plaisir.
Mais quand il sentit son ami se tourner vers lui légèrement afin de se mettre face à lui dans une position un peu moins inconfortable, Tony prit peur et se détacha rapidement de la bouche superbe du blond.
Incapable de le regarder dans les yeux, il emmêla ses doigts dans le tissu fin de son tee-shirt avant de chuchoter contre ses lèvres, le cœur battant à tout rompre.
« Steve, je-je t'en prie... », supplia le jeune homme du bout des lèvres. « Peu importe qui est cette personne mais si tu es à nouveau prêt à t'ouvrir à quelqu'un alors choisi-moi. Je... Je t'aime. Merde, je suis complètement fou amoureux de toi et je- je ne suis pas prêt à te laisser à quelqu'un d'autre... »
Un sanglot angoissé lui serra la gorge et il crispa plus fort sa main sur Steve. Les yeux fermés et le souffle court, le jeune homme appela dans sa tête tous les saints du Paradis, priant pour que ces derniers inspirent le blond et lui soufflent que peut-être, aussi maladroit soit-il, Tony pouvait être un petit peu digne de lui.
Le brun sentit son cœur se briser en entendant Steve glousser et ses doigts lâchèrent le vêtement, comme chauffés à vif par la morsure d'une flamme brûlante avant de s'éloigner doucement de lui. Il hoqueta de surprise en sentant le blond enrouler une main douce autour de sa nuque afin de le ramener contre son torse large et puissant.
« Oh Tony... C'est toi. Ça a toujours été toi. » Steve lui sourit avant de se pencher vers lui pour caresser ses lèvres des siennes avec tendresse. « Je n'y serais pas parvenu si tu n'avais pas été là. C'est toi », répéta-t-il avec tendresse.
Tony couina de joie en entendant ces mots et il referma vivement sa main sur le poignet de Steve. La peau était douce et chaude, le sang pulsant doucement dans le réseau délicatement bleuté des veines. Sous la pulpe sensible de ses doigts, le brun sentit le pouls, rapide et puissant. Le cœur du blond battait fort. Pour lui.
Incrédule, le jeune homme écarquilla légèrement les yeux, ses doigts se refermant plus fort encore sur Steve.
« Vraiment ? »
Steve gloussa tendrement avant de l'embrasser doucement, faisant hoqueter le brun de bonheur.
« Je suis assez sûr de moi en effet », pouffa-t-il. « Je t'aime Tony. »
Et là, à cet instant précis, au rythme tendre des chastes caresses du blond contre sa bouche, le lion un peu peureux qui habitait le cœur du brun se libéra.
Le jeune homme sentit ses joues s'enflammer et il se jeta avidement sur les lèvres de Steve. Ses émotions se bousculaient en lui, se heurtant comme les balles folles d'un flipper. Il dévora la bouche du jeune homme, pressant le corps musclé de son ami contre le piano de cuisson. Ses mains allèrent se perdre dans les courts cheveux blonds avant de griffer la nuque dorée du bout des ongles.
Enfin.
Quand le jeune homme gémit doucement sous la caresse, Tony happa sa lèvre inférieure entre les siennes pour la suçoter avec expertise. Il gémit bruyamment à son tour en sentant Steve commencer à onduler doucement contre lui, ses mains parcourant sensuellement ses flancs et son dos.
Quand leurs langues se rencontrèrent enfin, les deux hommes poussèrent un profond soupir de bien-être et leur échange devint plus langoureux. Les deux muscles se caressèrent longuement et Tony gémit une nouvelle fois en sentant l'assurance surprenante de Steve dans leur baiser. Le jeune homme avait naïvement pensé que l'absence de relations charnelles du blond et le fait qu'il n'ait jamais aimé qu'un seul corps serait l'occasion d'un délicieux apprentissage à deux, profondément enfouis dans les draps. Mais Steve semblait mettre un point d'honneur à être parfait en tout point et à cet instant précis, il émanait de lui une sensualité si voluptueuse que Tony sentit ses reins littéralement prendre feu. Son désir se réveilla avec la force de celui des premiers émois adolescents et il sourit contre les lèvres du jeune homme, son cœur palpitant d'une joie démesurée.
Comment avait-il pu penser que Steve et lui ne s'accorderaient pas alors que son ami semblait déborder du même appétit sensuel que lui à cet instant, coincé entre son corps brûlant et le piano de cuisson dans sa cuisine ? Que l'idée de faire l'amour ici avec le jeune homme, comme un jeune couple un peu dévergondé, serait trop demander au blond, sans doute plus amateur d'étreintes tendres et chaudes sous des draps blancs ?
Impossible de le croire. Pas quand il sentait déjà le désir de Steve pulser contre sa cuisse à travers son jean. Pas quand ses grandes mains le caressaient déjà si bien par-dessus ses vêtements. Pas quand sa langue parvenait à lui rendre les jambes légèrement flageolantes malgré toute son expérience.
Mais peut-être était-ce uniquement parce que c'était Steve et qu'il l'aimait.
Quand le jeune homme passa ses mains sur ses fesses pour les empoigner puis lui attraper les cuisses afin de l'asseoir avec une facilité presque vexante mais terriblement sexy sur le plan de travail de la cuisine, Tony se promit qu'il nierait toute sa vie avoir couiné de surprise et de contentement.
Steve se faufila entre ses cuisses grandes ouvertes, le maintenant fermement contre lui pendant qu'il reprenait sa bouche avec force, s'emparant puissamment du contrôle de leur baiser. Le brun sentit ses jambes trembler légèrement. Steve avait été décidément bien inspiré de ne pas le laisser debout... Le blond l'attaquait comme un militaire en campagne, le ravageant minutieusement de sa langue, ne lui laissant aucune autre échappatoire qu'une reddition sans condition. Il répliqua avec enthousiasme et se sentit ridiculement puissant quand il entendit Steve gémir doucement contre ses lèvres.
Étrangement, le feu brûlant qui les avait emporté s'apaisa doucement, faisant redescendre les deux hommes de leur passion à une tendresse amoureuse comme rassurés à présent dans la chair gonflée et sensible de leurs lèvres que tout était bien réel. Inspirant profondément, Tony serra Steve contre lui avec force. Le souffle court, son dos rendu déjà moite par leurs indécents baisers, le brun avait besoin de le sentir contre son propre corps, de s'assurer pleinement qu'il n'était pas dans un de ces rêves délicieux et bien trop sentimentaux à son goût qui peuplaient ses nuits depuis qu'il avait réalisé ses sentiments.
La tête dans le cou du blond, Tony murmura.
« Tu avais raison cette fois-là dans le parc, quand on rentrait du vide-grenier... Les bonnes choses arrivent quand c'est le bon moment, le meilleur moment. Grâce à toi j'ai changé et- »
« Tu as grandis tu veux dire », le coupa Steve avec taquinerie tout en l'embrassant doucement sous une oreille qui le fit ronronner de plaisir.
« Crétin... » Le brun lui mordit doucement le cou par vengeance, s'attirant un halètement délicieux. « Je suis sérieux Steve », reprit-il tout en cherchant son regard bleu. « Tu as fais de moi quelqu'un de meilleur, quelqu'un qui pouvait prétendre à espérer pouvoir te mériter. Ça n'aurait pas été possible avant... »
Le blond lui sourit avec tendresse avant de secouer légèrement la tête.
« Tony, tu as toujours été quelqu'un de bien. » Steve l'embrassa tendrement sur le bout du nez tout en le câlinant. « Il fallait juste que tu t'en rendes compte toi-même. Je n'ai jamais douté de toi et tu as toujours été digne de moi. Si tant est que je puisse l'être pour toi... »
Tony se décala vivement pour le regarder dans les yeux, un peu ébahi. Avant qu'il ne puisse le contredire, Steve poursuivit.
« Tu es si brillant, si flamboyant... Je me trouve parfois bien fade à tes côtés, avec ma petite vie sans grand intérêt. » Le blond sentit son compagnon s'agiter dans ses bras afin de se dégager mais il resserra doucement son étreinte afin de parvenir à le garder contre lui. « Pendant cette même journée, je t'ai dis que je pensais que tu me voyais meilleur que je ne suis et je le pense toujours. Je suis aussi égoïste, d'un sens moral et d'une honnêteté qui confinent parfois à l'obsession, raide comme la justice (Tony haussa un sourcil suggestif à ces mots qui le fit glousser brièvement) et parfaitement ignorant sur beaucoup de choses. Rien de très glorieux en somme... »
Le brun crocheta ses jambes dans le dos de Steve afin de le rapprocher encore de son corps, comme dans une tentative de fusionner avec lui.
« Mon dieu, même si c'est vrai, alors je souhaite que tu ne changes jamais. Parce qu'il n'y a rien à modifier chez toi et que j'aime tout ce que tu es. »
« Tout comme moi », lui souffla tendrement Steve avant de butiner ses lèvres.
Tony gloussa, sentant sa confiance en lui remonter en flèche.
Vil petit manipulateur sexy...
Steve était encore plus fantastique, merveilleux, fantastiveilleux qu'il ne le pensait.
Alors qu'il pensait que la situation ne pouvait pas être plus parfaite, le blond entama un lent balancement de son bassin qui arracha soudain un profond râle de plaisir à Tony. Il n'avait pas encore prit conscience de la force de son désir mais en sentant leurs deux virilités gonflées frotter l'une contre l'autre, il gémit lourdement tout en enfouissant son visage dans le cou du blond.
« Merde Steve... », haleta-t-il lourdement. « Ar- Arrêtes ! Je- je ne vais pas pouvoir me retenir si tu continues comme ça. On n'est pas obligé de- »
Mais ses mots moururent sur ses lèvres quand le blond lui donna un coup de bassin si rude qu'il l'allongea à moitié sur le comptoir de la cuisine. Steve grogna dans son cou et Tony se dit qu'il n'avait jamais entendu un bruit aussi torride de toute sa vie.
« Alors ne te retiens pas », gronda le jeune homme dans son cou. « Je ne suis pas un adolescent et j'ai... Merde, j'ai tellement envie de toi que je pourrais te faire l'amour là maintenant. À coté de cette assiettes de biscuits… Ça fait si longtemps que je n'ai pas serré quelqu'un contre moi. Désolé mais je ne pense pas pouvoir- » Steve donna un autre coup de bassin, frénétique et un peu désespéré et Tony se cambra violemment entre ses bras tout en haletant lourdement. « Tony... »
Sa voix sembla le supplier d'accepter, lourde et rauque.
Le brun releva difficilement la tête vers lui et manqua de jouir dans son jean comme un tout jeune homme. Steve le dévorait du regard, ses mains fermement agrippées à ses hanches, les joues rouges et les yeux brûlants. Il semblait irradier de l'intérieur d'une force sauvage, rude, terriblement sensuelle qui retourna l'estomac de Tony. Le blond n'avait plus rien du jeune homme doux et bienveillant qu'il connaissait. Il ressemblait à un animal sauvage, les muscles gonflés prêt à attaquer. À un homme magnifique et parfaitement désirable de trente-et-un ans, sûr de ses désirs, sans faux semblants ni fausse pudeur.
Tony ferma lentement les yeux. Il acceptait volontiers de se laisser dévorer. Le jeune homme s'abandonna.
« Oui... Oui », psalmodia-t-il tout en serrant le blond entre ses bras, « Tout ce que tu veux… Maintenant... Demain... Toujours… Merde Steve, je te veux tellement fort. »
Steve dévora sa bouche de plus belle avant de reculer légèrement et d'attraper la main de Tony pour le faire descendre du meuble. Ce dernier, les jambes flageolantes, rejoignit prudemment son ami alors que le blond les dirigeait dans sa chambre tout en continuant à le bécoter. Perdu dans son plaisir, le brun se demanda vaguement depuis quand il avait complètement perdu le contrôle de la situation pour se laisser entraîner par le torrent furieux du désir de Steve qui semblait promettre de l'emporter très loin. De tout et surtout de lui-même.
Quand ils entrèrent dans la pièce, le brun sentit le jeune homme l'enlacer doucement une fois la porte refermée sur eux et embrasser son cou avec une tendresse qui fit se crisper ses orteils de plaisir.
Steve cajola sa jugulaire de son nez, inspirant doucement son odeur, avant de lécher la peau fine. Le brun haleta bruyamment, portant son regard sur la pièce, déjà vaguement flou par le désir qui pulse dans ses veines. Quand sa vue se fit plus précise, Tony eut l'impression de s'étrangler de bonheur.
Devant lui s'étendait le grand lit de Steve, son matelas doux, ses draps blancs et son beau couvre-lit.
Pour lui. Juste pour lui.
Il se sentit vaguement stupide en sentant sa gorge se serrer d'émotion devant ce lit dont la blancheur lui évoqua brièvement un autel. Un autel sur lequel il lui était à présent permis de vénérer respectueusement le corps de Steve de la plus belle des manières. Parce qu'à partir de maintenant, le jeune homme était à lui et qu'il l'aimait avec une intensité au moins égale à la sienne. Sa gorge se serra d'émotion et un long frisson remonta le long de son dos.
Tony Stark, hédoniste et grand baiseur devant l'Éternel, était foutrement intimidé par de simples draps blancs en coton et un matelas confortable acheté dans une grande chaîne d'ameublement.
« Tony ? Quelque chose ne va pas ? »
Le blond relâcha légèrement son étreinte sur le corps de son ami, surpris de le sentir ainsi frissonner dans ses bras. Tony attrapa vivement ses mains avant qu'il ne puisse s'éloigner de lui et s'appuya lourdement contre son torse puissant. Steve resserra ses bras à cette invitation muette et sourit en sentant le brun soupirer d'aise contre lui.
« Non... Non », le rassura-t-il tout en caressant distraitement la peau chaude de ses mains. « C'est juste que... » Il eut un petit rire un peu étranglé. « C'est stupide tu sais mais encore ce matin je me persuadais que je ne t'avouerais jamais ce que je ressentais pour toi parce que je ne voulais pas te perdre. Et maintenant, je suis avec toi dans ta chambre et... Possible que ça me chamboule un tout petit peu tu vois... », avoua-t-il un peu timidement du bout des lèvres. « Merde, je déteste être aussi sentimental », grogna le jeune homme tout en tentant d'enfouir son visage dans son cou pour cacher ses joues brûlantes.
Sa voix incertaine fit sourire Steve avec attendrissement. Il lui embrassa le cou avec tendresse avant d'aller enfouir son nez dans les cheveux noirs en bataille.
« Ce n'est pas stupide du tout Tony. Tu oublies que je n'ai pas eu de relation depuis près de cinq ans alors je me sens un peu intimidé aussi. Même énormément en vérité », lui répondit le blond un peu timidement.
Son rire lui sembla aussi gêné que celui du brun quelques instants plus tôt et Tony eut follement envie de lui susurrer chaudement bouche contre bouche qu'il ne l'aurait jamais deviné à la vue de son comportement incroyablement torride. Mais le jeune homme l'embrassa doucement sur les lèvres, lui coupant la parole avant même qu'il n'ouvre la bouche.
« Et j'adore quand tu es sentimental », reprit Steve d'un ton taquin avant de rire quand Tony lui envoya une bourrade dans les côtes en représailles. « Nous ne sommes pas obligés de faire l'amour maintenant. Ça- ça me va aussi si on se câline juste. Ou pas ! », s'empressa d'ajouter le blond. « Enfin- On peut faire ce que tu veux Tony... »
Le brun sentit ses yeux le picoter légèrement aux paroles de Steve. Steve, toujours si prévenant, si parfait qui passait avec une innocence déconcertante de la passion la plus brûlante à une suggestion tendre et chaste des plus attendrissantes. Mais quand le blond le serra tendrement contre lui et qu'il sentit contre ses fesses son excitation toujours dure en train de pulser mais que son ami ignorait avec dévouement pour lui, le jeune homme haleta légèrement.
Faire l'amour avec Steve... Ces mots l'avaient bouleversé dans leur sensualité candide. Tony avait prononcé ses mots fort peu de fois dans sa vie.
Attendre pour faire l'amour avec Steve ? Non. Certainement pas.
Jamais.
Son hésitation un peu timide disparut avec la vitesse d'un téléchargement en fibre optique et à présent il ne souhaitait rien de plus que de sentir Steve sur lui pendant qu'il ruerait contre ses hanches comme il l'avait fait de si merveilleuse manière dans la cuisine. C'était peut-être rapide alors que les deux hommes venaient à peine de s'avouer leurs sentiments mais ils étaient amis depuis deux ans. Sans doute les préliminaires les plus longues de l'histoire, songea le brun en gloussant discrètement. Dans une autre situation, peut-être aurait-il affectivement attirer Steve à lui uniquement pour l'embrasser dans son canapé tout le reste de la soirée avant de franchir avec lui les différents paliers de la vie de couple. Mais pourquoi attendre quand le désir de Steve résonnait si parfaitement avec le sien ?
Le brun se retourna lentement dans les bras du jeune homme qui l'accueillit avec un sourire curieux et prit son visage en coupe pour poser ses lèvres sur les siennes. Leur baiser était humide, bruyant et délicieux mais il n'avait plus rien de la folle passion voluptueuse qui les avait guidé jusqu'à la chambre, franche et un peu brutale.
Parce qu'à présent, Tony ne souhaitait rien d'autre que de déshabiller le jeune homme pour pouvoir enfin admirer son corps entièrement nu et se frotter contre lui jusqu'à assouvissement. Le sentir en lui jusqu'à l'extase tout en étant transporté par sa tendresse.
Il sourit intérieurement. Il y aurait sans aucun doute un temps pour la passion. Pour des étreintes voluptueuses et sensuelles sur le canapé ou le plan de travail de la cuisine.
Plus tard.
Mais ce soir, bien malgré lui, le brun avait l'impression confuse de revenir un peu une première fois, fébrile d'anticipation et au fond de lui encore un peu intimidé par le grand lit blanc et la chaleur et la puissante du corps du blond pressé contre lui.
Quand Steve soupira d'aise dans leur baiser, un long frémissement agitant son corps musclé, Tony se sentit stupidement puissant. Les mains rendues un peu tremblantes par l'excitation, il passa sous le tee-shirt du blond pour sentir enfin ses abdominaux contre ses paumes, ses ongles courts éraflant la peau.
Le blond attrapa les bords de son vêtement pour le retirer mais Tony l'arrêta en posant ses mains sur les siennes.
« Non Steve », souffla-t-il chaudement contre ses lèvres. « Je veux le faire. Laisse-moi te déshabiller. »
Steve lui sourit doucement et Tony, ses yeux plongés dans les siens, attrapa son tee-shirt pour le faire passer par le dessus de sa tête, dérangeant légèrement ses cheveux blonds. Le brun le recoiffa avec tendresse avant de descendre ses mains sur ses épaules jusqu'à son torse. Il hoqueta lourdement.
« Merde Steve... Tu es tellement- »
Des souvenirs brûlants d'une peau rendue moite par une séance de sport et à l'odeur piquante lui revinrent brusquement. Le blond avait été tellement beau ce matin, surpris par Tony et sa brioche au beurre. Les muscles encore contractés, il lui avait fait l'effet d'un gladiateur qui aurait pu le renverser sans effort sur le parquet de son appartement. Le brun y avait souvent songé dans le secret de ses draps, le corps brûlant et tendu vers celui de Steve.
Ce soir, la peau était sèche et parfumée, les muscles au repos mais toujours merveilleusement dessinés. Tony déglutit légèrement. Vivement que Steve et lui pratiquent le sexe délicieux et spontané des étreintes lascives. En voyant les pupilles du blond se dilater légèrement sous son regard admiratif et gourmand, le jeune homme frémit lourdement.
Le jeune homme lui coupa la respiration en lui volant un baiser brûlant, le faisant reculer jusqu'à ce que Tony butte contre le pied du lit. Le brun s'assit rapidement au bord du matelas et gloussa avec taquinerie quand Steve tenta de l'allonger sur le matelas tout en rampant sur lui.
« Tu portes encore un peu trop de vêtements à mon goût pour m'étaler sur ce matelas Steve... », le gronda-t-il faussement, un éclat de rire aux lèvres quand le blond lui mordit tendrement la jugulaire.
Ses mains s'égarèrent du côté de la ceinture du jean du blond et d'un geste habile, Tony défit la boucle, le bouton et la braguette tout en effleurant la bosse déformant le tissu rêche et épais. Il se lécha légèrement les lèvres, son ouïe se régalant du hoquet surpris de Steve sous la caresse mutine. Le jeune homme promettait d'être magnifique à tout point de vue...
Le jean tomba au sol dans un bruit mou, dévoilant les cuisses dorées et musclées et le jeune homme inspira brusquement à la vue de l'excitation du blond, parfaitement visible dans le tissu fin de son boxer gris.
D'un geste câlin, Tony la caressa doucement de la paume avant d'y frotter la joue et Steve haleta lourdement, le repoussant légèrement en posant ses mains sur ses épaules.
« To-Tony... Pas ça... Pas- hum- »
Le brun gloussa doucement tout en recommençant à cajoler tendrement son érection.
« Pourquoi ? Tu viendrais déjà ? », le taquina-t-il. « Ça me plairait assez tu sais... De te faire jouir comme ça... »
Steve le poussa sur le lit avec force avant de grimper sur lui, l'écrasant de tout son poids. Tony gémit lourdement quand le blond l'épingla sur les draps frais en roulant savamment des hanches, faisant se frotter leurs deux érections.
« Je ne veux jouir que d'une seule manière Tony et c'est en toi... », souffla Steve avant de dévorer sa bouche pour étouffer son râle de plaisir. « En- Enfin, si tu veux bien », lui demanda-t-il avec une pointe d'hésitation tout en cherchant ses yeux, déjà vaguement vitreux sous le plaisir. « L'autre solution me convient aussi. Si tu veux, tu sais... »
Tony poussa un grognement rauque de pur plaisir quand le blond commença à les bercer dans un rythme langoureux de ses hanches, son aine pulsant durement aux mots du blond.
Comment Steve faisait-il pour être à la fois aussi assuré dans sa sexualité et ses désirs et lui proposer d'autres choses de la manière la plus mignonne du monde ?
Il sentit un lac de lave couler dans le creux de ses reins à la perspective de pouvoir faire frémir Steve entre ses bras parce qu'il posséderait amoureusement son corps superbe. Mais pour le moment, le jeune homme se sentait devenir à un rythme incroyablement rapide une petite chose frémissante et gémissante sous le corps puissant du blond et il ne voulait pas autre chose. Tony perdait pied trop vite et trop bien, il ne se sentait pas de parvenir à reprendre le contrôle de la situation et de ses sens pour pouvoir étreindre le jeune homme comme il le méritait.
Il voulait juste sentir Steve dans la moindre de ses fibres, dans le moindre de ses os. Et plus encore, il rêvait de s'abandonner entre ses bras puissants tandis que le blond l'enfoncerait dans le matelas au rythme de ses sensuels coups de reins. La souplesse de ses hanches frottant contre les siennes annonçait déjà de son point de vue de véritables merveilles qui le feraient gémir si fort et lui faire perdre la tête si vite qu'il était sûr d'en rester vaguement hébété.
Tony se cambra légèrement quand le blond accentua la friction, ses yeux bleus rivés dans les siens pour tenter d'y lire sa réponse.
« N- Non… Pas moi. Toi. Je- Je te veux », haleta-t-il, mortifié en réalisant combien ses pensées étaient déjà désordonnées alors même que les deux hommes ne faisaient que se frotter l'un contre l'autre.
Le blond lui sourit tendrement et l'embrassa doucement à la commissure des lèvres en signe d'accord. Quand Tony se redressa sur ses avant-bras avant d'inviter Steve à inverser leurs positions, il se sentit immensément puissant en parvenant à le renverser sur les draps, uniquement parce que le blond se rendit mou et malléable pour lui.
Le brun sentit son souffle mourir sur ses lèvres et il se lécha inconsciemment les lèvres, caressant le grands corps doré et sculpté de Steve du regard, délicieusement abandonné sur le matelas, longue ligne lisse et pure tranchant sur les draps blancs. Il laissa sa main caresser tendrement le torse ciselé.
« Merde Steve. Tu es tellement délicieux que je ne sais même pas de quelle manière commencer à te dévorer... » Le blond gloussa sous le toucher volatile. « Tu sais à quoi tu me fais penser ? », lui demanda vivement le brun, tout en observant avec fascination ses doigts aller et venir sur la peau chaude et lisse. « À un énorme et succulent cronut [ndla : une viennoiserie fameuse de New York invitée par Dominique Ansel dans sa Bakery en 2013. Il s'agit d'une pâte frite ayant la forme d'un beignet américain mais avec la texture feuilletée d'un croissant. Une recette depuis brevetée par son inventeur et qui a connu de nombreuses déclinaisons dont le cruffin. Je ne vous fais pas un dessin...]. Ouais, définitivement un cronut », acheva-t-il tout en commençant à parsemer la peau de baisers mouillés.
Steve se releva sur ses coudes pour le regarder faire, les sourcils légèrement froncés.
« Tu veux parler de ce truc plein de gras et de sucre que tu as dégusté une fois avec des gémissements presque obscènes après une heure d'attente dans la rue ? »
Tony releva les yeux vers lui tout en continuant sa douce torture, son pouce et son index allant taquiner un téton brun. Steve gémit légèrement sous le toucher et le brun sourit tout en commençant à laper la peau parfumée.
« Tu ne t'attaches qu'aux détails Steve... Tu oublies que le cronut de Dominique Ansel a été élu meilleure pâtisserie de 2013 par Vanity Fair », répliqua le jeune homme, son attention attirée par les merveilles qu'il sentait sous ses doigts.
Profitant du fait que Steve levait les yeux au ciel, Tony continua à descendre le long du torse en suivant le tracé des muscles. Quand il sentit les abdominaux superbes se contracter sous sa langue, il gémit sourdement avant de poursuivre et de suçoter la peau fine du bas-ventre juste au-dessus du boxer.
Steve se cambra légèrement tandis que le brun frottait doucement sa joue barbue sur le sexe encore emprisonné du blond.
« Tony... », siffla le jeune homme entre ses dents, ses hanches partant vers l'avant.
Tony était stupéfait d'avoir déjà autant de pouvoir sur le plaisir de Steve juste en cajolant son érection de sa joue un peu piquante. Ses yeux fouillant ceux du jeune homme, déjà brouillés par le désir, il finit par mordre doucement la forme se détachant sous le tissu gris du boxer, marbré par une légère trace humide. Dans un petit souffle tremblant, le blond se laissa retomber lourdement sur le matelas, ses mains agrippant fiévreusement les draps. Tony se mordit les lèvres. Ils venaient à peine de commencer et Steve était déjà si beau et désirable sous lui, si réceptif à ses caresses. D'un geste plus assuré, il cajola de ses pouces les os des hanches du jeune homme avant de descendre son sous-vêtement sur ses chevilles.
Quand la virilité tendue de Steve se déploya sous ses yeux, émergeant d'un nid de boucles blondes, le brun retint de justesse un lourd gémissement teinté d'admiration, de désir et de gourmandise. Le membre de Steve était aussi beau qu'il avait pu se l'imaginer la nuit dans son lit vide, quand il viendrait en lui langoureusement pour le ravager tendrement de l'intérieur et lui faire grimper l'échelle des étoiles à une vitesse sidérale.
La salive envahit brusquement sa bouche à l'idée de pouvoir enfin goûter à ce sexe superbe et le jeune homme se pencha vers l'avant pour lécher toute la longueur déjà palpitante.
« Tony... To- Oh Seigneur... »
Encouragé par les gémissements de Steve qui commençait à perdre la tête, le jeune homme se pencha à nouveau pour flatter son érection du bout des lèvres tandis que sa main allait doucement masser les testicules, lourds et brûlants dans sa paume.
Sous sa main restée sur les abdominaux du jeune homme, Tony sentait tout son corps être agité de soubresauts. Ses spasmes s'accentuaient à chaque nouvelle caresse de sa langue et quand le brun engloutit le membre appétissant, Steve rua si fort dans sa bouche qu'il se retira légèrement.
Tony écarquilla les yeux en sentant déjà perler au bout du gland le goût acre du liquide pré-séminal et il gémit de plaisir quand l'odeur puissante envahit sa bouche, le sexe de Steve se faisant plus lourd entre ses lèvres. Tout en taquinant doucement la peau sensible du bout des ongles, le brun remonta le long du grand corps musclé de Steve pour souffler à son oreille.
« Est-ce que ça va Steve ? Tu vas jouir ? », murmura-t-il chaudement contre la peau moite.
Il sourit doucement en voyant le blond ouvrir difficilement les yeux, son front déjà recouvert d'une fine sueur nacrée, ses cheveux collant à ses tempes. Dans un frisson causé par une autre caresse sur son membre, le jeune homme s'accrocha à ses épaules.
« Dé-Désolé mais ja- jamais on ne m'avait fait ça. C'est la première fois que- », haleta-t-il, les joues brûlantes.
Le blond gémit lourdement tout en enfouissant son visage dans le cou du brun qui en resta pantois.
En l'espace de quelques secondes, il fut envahi par la joie et par la gêne. Celle de savoir qu'il offrait quelque chose à Steve de complètement inédit pour lui et celle de se penser légèrement dépravé en sautant immédiatement sur son sexe magnifique pour lui faire une fellation alors qu'en trois de relation, jamais Bucky n'avait posé ses lèvres sur lui de cette manière si intime.
Tony se mordit légèrement les lèvres et sa main caressa plus paresseusement l'érection du blond.
« Tony... » Steve le força à le regarder et l'attira à lui pour lui donner un baiser. « Je ne sais pas à quoi tu penses », lui dit-il en le relâchant, « mais c'est parfait tu sais. Vraiment parfait… », le rassura-t-il avec un sourire.
Le brun hocha doucement la tête, un peu timide, et descendit à nouveau son visage vers le bas-ventre du blond pour suçoter la peau fine tout en continuant à le caresser avec une ferme expertise. Steve se tortilla sous ses lèvres tentant de réprimer le tressautement spontané de ses hanches. Le jeune homme sentait les muscles onduler sous la peau doré et quand il enfouit son visage dans le nid de boucles blondes ornant son sexe, Tony sentit son membre tressauter d'enthousiasme.
Le jeune homme inspira profondément avant de retourner honorer de ses lèvres le membre de Steve. Le blond poussa un soupir si obscène que Tony ferma vivement les yeux pour s'empêcher de l'admirer et de jouir comme un adolescent dans son pantalon. Il se réjouit en sentant le blond reprendre difficilement le contrôle sur son désir, une fois la surprise de sa première fellation passée. Tony sentit ses yeux s'humidifier un peu ridiculement à cette pensée.
Et dire qu'il offrait ce plaisir à Steve pour la première fois. Qu'il était le premier à honorer ainsi sa virilité superbe avec dévotion.
Tony s'appliqua avec tendresse à faire connaître au blond de nouvelles sensations, à l'aider à se les approprier tout en le câlinant de ses doigts agiles. Il releva la tête quand il sentit la grande main de Steve se poser sur son crâne pour attirer à nouveau son attention sur lui.
« Tony… S'il-te-plaît, reviens vers moi. À mon tour de te faire plaisir maintenant… », chuchota le blond tout en le regardant avec adoration.
Le brun obtempéra de bonne grâce tout en effleurant de ses ongles la peau fine, se régalant du grognement de Steve. Tony gloussa mais le blond but son rire à ses lèvres en dévorant sa bouche avec férocité.
Tony s'offrit langoureusement au jeune homme, s'allongeant de tout son long sur les draps. Il fut étonné par la précision avec laquelle Steve le déshabilla, parcourant sa peau dénudée de baisers légers, presque innocents, qui enflammèrent pourtant son bas-ventre.
Quand les deux hommes se retrouvèrent enfin entièrement nus l'un contre l'autre, ils se contemplèrent mutuellement, comme empreints d'un respect tendre envers ces deux années d'amitié qui les amenaient exactement là où ils étaient heureusement à présent. Assis sur le lit, Tony se pencha en avant pour câliner de ses lèvres la peau dorée de Steve, soudain intimidé par la beauté magnifique de son corps nu dont il sentait la chaleur irradier jusqu'à lui en vaguelettes douces. Même si lui-même n'avait pas à rougir de sa propre nudité, il lui semblait que jamais rien ni personne ne parviendrait à atteindre un tel degré de perfection.
« Pas un cronut… Tu es définitivement une brioche au chocolat noir et pralines de chez Guy Savoy [ndla : un fameux chef cuisinier français triplement étoilé qui a fait de la brioche sa madeleine de Proust au point de lui dédier une boutique entière dans le quartier de Saint-Germain-des-Près]. Ça, ça m'avait vraiment donné un orgasme culinaire... », murmura-t-il à voix haute avec adoration.
« Oh Tony… », gloussa Steve avant de reprendre ses lèvres tout en l'allongeant sous lui.
Tony tourna la tête, curieux, en voyant le blond se décaler légèrement de lui pour attraper quelque chose dans sa table de nuit. Quand il vit le tube de lubrifiant et les préservatifs reposés sur le matelas dans un écrin de draps blancs, il regarda Steve avec un tel ahurissement que son ami en rougit violemment.
« Je- Je voulais juste être prêt si jamais ça arrivait… », se justifia-t-il, les joues brûlantes.
Le brun aurait pu le taquiner monstrueusement sur les usages qu'il avait fait de ses accessoires en solitaire tant l'image de Steve achetant du lubrifiant et des capotes le chatouillait. Mais une seule question vint à ses lèvres, un peu timide et peureuse.
« Si- si ça arrivait avec moi ? », ne put s'empêcher de lui demander Tony.
Steve lui offrit un sourire si empli de tendresse et d'amour que le brun sentit ses yeux s'humidifier.
« Uniquement si ça arrivait avec toi Tony… Seulement avec toi », lui répondit-il dans ce qui ressemblait si fort à une promesse sincère, à un serment inviolable devant Dieu et les hommes que Tony ne put que se jeter sur ses lèvres pour tenter de cacher son émotion.
Il poussa un soupir tremblant quand Steve l'étourdit sous ses baisers tout en effleurant son corps du bout des doigts. Quand il caressa doucement son sexe avant d'aller caresser ses bourses pour aller se perdre un peu plus loin, cajolant son intimité, Tony eut l'impression de perdre la tête.
Il gémit si fort que Steve retira ses doigts prudemment, l'observant avec attention.
« Excuse-moi Tony, je- ça fait longtemps. Il faut que tu m'aides un petit peu pour ne pas te blesser », lui chuchota le blond avec gêne.
« C'est- c'est pour ça que tu t'es arrêté ? », haleta lourdement le brun. « Merde Steve, c'était du plaisir… J'ai déjà l'impression de me consumer alors que tu n'as fais que m'effleurer. » Il gloussa. « Bordel, continue… », grogna-t-il tout en commençant à onduler sensuellement du bassin. « Je suis sûr que tu seras merveilleux Captain… »
Sa taquinerie mourut sur ses lèvres quand Steve rua rudement contre lui par vengeance à l'entente de son surnom, faisant frotter leurs sexes gonflés à la peau brûlante et sensible. Tony se cambra violemment, se brisant presque les reins en deux.
« Tu- tu vois, tu apprends rudement vite… », souffla le brun avec malice. « Continue… », le supplia-t-il doucement.
Steve l'embrassa tendrement avant de descendre à nouveau sa main vers son entrée, un peu plus assuré, tandis qu'il cajolait sans relâche la peau fine et hypersensible de son cou.
Perdu dans son plaisir et ses sens enflammés, Tony ne distingua que vaguement le reste de leurs préliminaires. Sa tête dodelinait sur l'oreiller, ses gémissements résonnaient sans cesse à ses oreilles sans qu'il ne parvienne à être un peu honteux de ses bruyantes exclamations de plaisir.
Le brun s'était rarement offert à des amants et jamais de la manière dont il s'abandonnait ce soir si spontanément à Steve. Il se souvint avec émotion de toutes ses soirées passées en galante compagnie, où ses partenaires s'étaient alanguis entre ses bras pour se laisser emporter par son savoir-faire extraordinaire dans la sensualité, par sa maîtrise confiante des choses de l'amour et sa capacité à pouvoir faire chanter leurs corps d'une merveilleuse manière.
Sous les belles mains de Steve, Tony se sentait devenir un instrument de musique capable de jouer les plus beaux sons de la volupté. Les gestes un peu hésitants et timides du blond l'emplissaient de tendresse et faisaient ronronner tendrement son amour dans son cœur.
Quand Steve commença à apprivoiser prudemment son intimité et que Tony ondula du bassin en une invitation des plus explicites, le brun se sentit rougir violemment sous son regard empli de vénération.
Quand les doigts du jeune homme commencèrent à le caresser tendrement de l'intérieur avec de plus en plus d'assurance et qu'il griffa de ses ongles courts ce petit point extraordinaire en lui qu'il ne sentait que si rarement, il eut l'impression de ne plus savoir comment respirer.
Quand le blond se retira doucement pour enduire son sexe de lubrifiant et que Tony entendit les bruits humides et vit Steve se caresser, les joues rouges et les yeux à demi-clos, il crut jouir sur le champ.
Quand il entra enfin en lui, le brun crut qu'il allait vraiment mourir de bonheur, son cœur battant si fort dans sa poitrine qu'il craignit un instant qu'il ne s'arrête sous le torrent d'émotions qui l'envahissait.
Le blond se pencha en avant pour s'appuyer sur ses avant-bras, l'entourant de son torse comme d'une couverture douce, chaude et confortable. Son souffle tremblant mourut sur ses lèvres et Tony caressa tendrement sa bouche de la sienne, espérant pouvoir y puiser un souffle nouveau et apprendre à nouveau à respirer tandis qu'il sentait sa poitrine se soulever de manière erratique.
« Tony… Tony, c'est- Je- je suis désolé mais je ne vais tenir très longtemps. Je suis déjà au bord de l'orgasme, je vais bientôt jouir… », balbutia Steve contre lui, ses yeux papillonnant sous le plaisir.
Le brun grogna.
Entendre le blond verbaliser si naturellement son désir et prononcer des mots comme "orgasme" et "jouir" dans la même phrase le menait lui-même au bord de l'extase. Il enveloppa ses bras autour de son torse puissant, follement heureux de le sentir se presser ainsi contre lui, de sentir sa chaleur sous ses mains tremblantes, et enfouit son visage dans son cou.
« Ça dure jamais longtemps une première fois Steve », murmura-t-il avec un sourire à son oreille, faisant glousser le jeune homme et s'agiter délicieusement son grand corps et son membre en lui. « Ça devient meilleur avec le temps… »
Le blond amorça un premier mouvement de va-et-vient et Tony se cambra violemment en gémissant. Mon dieu, Steve était si gros en lui, si long et en un seul mouvement, il sentait déjà son sexe venir effleurer merveilleusement sa prostate.
Le brun se mordit la lèvre. Aussi mortifiant que ce soit pour son ego, lui-même ne tiendrait pas longtemps, le plaisir lui vrillant les reins et les tempes. Impossible de faire preuve de sa grande endurance sensuelle quand faire l'amour avec Steve lui donnait l'impression de mourir de plaisir et de revenir à la vie à chaque mouvement de ses hanches merveilleusement douées.
Tony descendit ses mains tout en s'accrochant spasmodiquement à la peau humide de son dos et agrippa les fesses musclées du blond, au bord de l'extase en sentant ses muscles se contracter au rythme de ses allées et venues en lui.
« Continue Steve, mon dieu ne t'arrête pas… jamais », psalmodia le brun, son désir grondant rudement en lui. « Je- je vais aussi venir comme un ado mais on- hum… On fera mieux la prochaine fois… »
Steve gloussa et enfouit son visage dans son cou pour lécher la peau fine avant de se redresser pour poser ses mains de part et d'autre de ses hanches.
Quand il croisa le regard bleu du blond, Tony déglutit. Avec une pointe de regret mêlée d'une immense excitation, il sentit que la fin de leur étreinte était arrivée. Le jeune homme le remarqua sans peine dans les yeux bleus aux pupilles si dilatées que leur couleur céruléenne disparaissait presque totalement, dans les tendons visibles de son cou, dans la tension de ses épaules, dans la contraction de ses biceps et de ses abdominaux. Il gémit lourdement quand le jeune homme accéléra progressivement le rythme de ses ondulations, de plus en plus puissantes et de plus en plus profondes.
Steve grogna soudain et agrippa un oreiller pour le glisser habilement sous le bassin de Tony tandis que le brun se cambrait une fois de plus, au bord de l'implosion. Une fois son bassin surélevé, le blond heurta son point de plaisir de plein fouet et le brun resserra spasmodiquement son intimité autour de lui, des points blancs dansant devant ses yeux.
Dans un grondement rauque, Steve vint enfin en lui, tout son corps tremblant violemment contre le sien. En sentant le sperme brûlant du blond envahir son corps, Tony l'attira rudement à lui pour le serrer contre son torse à l'étouffer tandis qu'il jouissait à son tour sans même se toucher, marbrant délicatement leurs ventres.
« Mon dieu, je t'aime tellement Steve… », chuchota-t-il d'une voix tremblante. « Merci de m'avoir attendu… »
Steve cajola tendrement son nez de son cou avant d'aller embrasser son oreille. Le blond le serra contre lui, tout son corps fusionnant avec le sien, encore agité par des spasmes de plaisir qui affluaient de toute part en Tony, ses sens rendus hypersensibles par son orgasme. Il lui murmura des paroles d'amour au creux de l'oreille jusqu'à ce que son membre sensible glisse doucement de l'intimité du brun, lui arrachant une grimace d'inconfort.
Le jeune homme se figea légèrement devant la soudaine absence de son compagnon en lui, tout son corps lui semblant appeler à grand cri son retour pour se sentir à nouveau parfaitement complet et il se mordit les lèvres, soudain envahi par une douce mélancolie.
Steve l'essuya doucement avec un mouchoir en papier et se recoucha contre lui, guettant attentivement le moindre signe de douleur ou d'inconfort sur son visage béat de plaisir. Tony lui jeta un regard taquin, ses yeux encore embués par le plaisir.
« Steve… Tu es sans aucun doute le meilleur gâteau que j'ai jamais dégusté », lui dit-il avec dévotion.
Le blond leva les yeux au ciel avant de s'allonger plus confortablement et de l'attirer doucement à lui pour le serrer contre son torse. Tony se laissa faire avec volupté, les yeux papillonnant déjà.
« Endors-toi Tony », murmura Steve à son oreille. « Nous aurons tout le temps de reparler de ton addiction au sucre plus tard… »
Tony grogna légèrement avant de se pelotonner contre le corps puissant de Steve, délicieusement musqué et moite.
« Tu t'attaches toujours trop aux détails Steve », bailla-t-il doucement. « C'est toi ma plus délicieuse addiction… »
Il sentit à peine le baiser que Steve déposa doucement sur son front moite avant de se caler contre lui.
Avant de s'endormir, Tony resta vaguement hébété à l'idée que, allongé contre le corps du blond, se lover tendrement devenait juste une évidence d'une terrible simplicité.
oO0Oo
La chambre était plongée dans une semi-obscurité, faiblement éclairée par l'éclairage public de la rue. Emporté par leur enthousiasme, ils n'avaient pas songé à tirer correctement les rideaux.
Tony ricana intérieurement en imaginant la réaction de son compagnon si ce dernier s'en apercevait. Ils avaient quand même longuement et joyeusement baptisé le matelas de la chambre de Steve pendant deux heures après avoir réalisé les préliminaires les plus voluptueux que le brun n'avait jamais connus.
Confortablement installé contre le large torse du jeune homme, Tony flattait négligemment ses abdominaux ciselés tout en frottant de temps en temps sa joue contre le pectoral droit, ridiculement sentimental. Le brun eut un soupir de profond bien-être et se lova plus souplement encore contre son amant quand Steve lui embrassa tendrement le front, s'éveillant lentement à son tour.
Au diable son orgueil et son sentimentalisme d'héroïne romantique qui ferait hurler Loki de rire !
Tony était fou amoureux de Steve, le blond l'aimait en retour et ils venaient de faire l'amour – rien que le dire lui chauffait les joues de plaisir – de manière passionnée et phénoménalement satisfaisante. Cette journée était vraiment parfaite et Tony se sentit immensément heureux. Il nicha brièvement son visage contre le cou du blond, ronronnant quand Steve passa doucement sa main dans ses cheveux encore légèrement humides.
Revenant câliner sa tête contre le pectoral gauche du jeune homme et calant sa respiration sur le rythme lent et rassurant de son cœur, il sentit contre sa joue la peau du jeune homme se couvrir d'un imperceptible frisson, une faible brise passant par la fenêtre entrouverte. En voyant ses tétons se durcir, le brun eut un sourire taquin et donna un coup de langue mutin sur celui qui se trouvait à portée de ses lèvres. Un grondement rauque lui répondit, vrillant ses reins, tandis qu'une voix encore un peu enrouée le grondait gentiment.
« Tony... »
Le brun pouffa de contentement avant de se dégager doucement de l'étreinte tendre des bras de Steve et de glisser légèrement le long de son corps pour pouvoir se placer en travers du matelas et appuyer sa tête sur son ventre. Il remonta légèrement le bras gauche pour pouvoir attraper la main de Steve qui reposait sur les draps à côté de lui et poussa un petit soupir de plaisir en nouant leurs doigts ensemble.
« J'ai toujours rêvé de faire ça », gloussa-t-il tout en embrassant brièvement le poignet du jeune homme et en frottant sa joue sur la peau fine de sa hanche. « Pouvoir utiliser tes superbes abdominaux comme oreiller… »
Tony ronronna tout en portant un bras en arrière pour aller griffer légèrement le bas-ventre de Steve qui grogna de plus belle et gigota légèrement sous la caresse sensuelle.
« Bon sang Tony, tu es vraiment un animal… »
Le brun se figea soudain et se mordit la lèvre tout en retirant sa main de Steve pour nouer presque timidement leurs doigts ensembles, une vague de culpabilité l'envahissant soudain.
Tony se sentit un peu mal. Il était un hédoniste convaincu mais savoir que ses sentiments pour le blond étaient partagés et qu'ils venaient de s'offrir l'un à l'autre avec passion faisait encore ronronner un sourd désir dans ses reins. Le seul souvenir de son merveilleux orgasme – couplé à la sensation fantôme du membre de Steve en lui – suffit à faire à nouveau pulser son aine d'enthousiasme et le brun gigota doucement sur le matelas moelleux.
Il avait aimé, adoré et vénéré le corps de Steve et il n'avait qu'une hâte, se perdre à nouveau entre ses bras pour pouvoir lui murmurer des paroles d'amour tandis qu'ils viendraient l'un contre l'autre, étroitement liés dans leur étreinte.
Faire l'amour avec Steve l'électrisait jusque dans la moelle de ses os. Il lui restait encore tant de merveilles sensuelles à découvrir avec le blond. Tant de creux et de reliefs à apprendre de ses doigts et de ses lèvres. Tant de marques à laisser sur la peau dorée et lisse pour achever de se convaincre qu'à présent, ils s'appartenaient vraiment l'un à l'autre.
La réaction de Steve en réponse à ses caresses mutines le refroidit un peu et une fois encore, il se sentit comme le pire des dépravés.
« Tony ? », l'appela doucement le blond tout en pressant leurs doigts ensemble.
Le brun se mordit la lèvre et joua distraitement avec leurs doigts, évitant le regard bleu de Steve qu'il sentait peser sur sa joue gauche.
« Tu- Enfin, ce n'était pas comme ça avec lui ? Avec Bucky ? », lui demanda-t-il du bout des lèvres.
Tony sentit le blond bouger doucement sous lui et il resserra leurs doigts, crispant presque douloureusement les siens sur la grande main chaude de blond. Il rit un peu faussement.
« Désolé Steve mais si tu me regardes, je ne serais pas capable de continuer… Je- Oh, laisse-tomber en fait, ça n'a pas d'importance… », balbutia-t-il, de plus en plus mal à l'aise.
Steve arrêta de bouger sur le matelas et dégagea leurs doigts. Tony ferma douloureusement les yeux. Il maudit son insécurité et son besoin d'être rassuré qui le faisait demander au jeune homme des détails sur son histoire avec son ancien compagnon alors qu'ils venaient de faire l'amour ensemble. Le brun ne lui demandait pas de devenir le centre de son univers comme il l'avait fait avec Steve, mais juste… juste pouvoir entendre dans sa voix sa tendresse et son amour. Le jeune homme n'espérait pas pouvoir se comparer avec la longue histoire du blond avec Bucky mais juste lire dans ses yeux bleus qu'il avait peut-être sa chance de faire réellement partie de sa vie.
Il expira un petit souffle tremblant quand il sentit Steve descendre ses doigts jusqu'à son visage pour cajoler tendrement sa joue et son cou. Tony inclina doucement la tête pour aller à la rencontre de ses caresses, profondément rassuré de ne pas sentir son amant s'éloigner de lui.
Le brun s'apprêtait à lui dire qu'il n'était pas obligé de répondre à ses questions indiscrètes quand la voix douce du blond le figea.
« Non… », dit Steve à voix basse. « Ce n'était pas comme ça entre Bucky et moi. Le sexe n'avait jamais été une finalité en soi. J'y trouvais du plaisir mais ce n'était qu'un moyen de nous lier encore un peu plus, de nous compléter. On a jamais été très aventureux parce que le plaisir n'était pas vraiment l'aboutissement qu'on recherchait. Juste l'étreinte entre nous, tu comprends ? », lui demanda le blond.
Tony gloussa bien malgré lui, attendri par la légère gêne qu'il percevait dans la voix encore rauque de Steve. Il roula légèrement sur le flanc pour mordiller la peau douce de son bas-ventre, y frottant légèrement son bouc.
« Si tu trouves qu'une fellation est déjà une aventure alors attends de voir tout ce que j'ai hâte de te faire découvrir... », ne put-il s'empêcher d'ajouter en haussant un sourcil suggestif.
« Tony..., » le gronda le blond tout en effleurant légèrement sa joue piquante.
Le jeune homme enfonça imperceptiblement sa tête entre ses épaules, un peu penaud. Il aurait dû savoir que son humour un peu déplacé ne tromperait pas Steve sur son malaise en l'entendant lui raconter son histoire avec une franchise aussi désarmante.
Il soupira d'aise en sentant le jeune homme caresser sa joue avec tendresse et se réinstalla sans un bruit sur le dos, attrapant à nouveau ses doigts pour les emmêler aux siens.
« Bucky était plus mon ami, mon presque-frère que mon amant », continua Steve à voix basse. « Je ne sais pas si je suis très clair... Notre relation était tellement particulière... »
Tony hocha distraitement la tête, amenant la main du blond à ses yeux pour pouvoir observer leurs doigts emmêlés et jouer avec ceux du jeune homme.
« Tu l'aimais vraiment, n'est-ce-pas ? », lui demanda-t-il timidement à voix basse.
« Je l'aimais éperdument oui. » Le brun sentit sans peine le sourire attendri de Steve dans sa voix et il sentit son cœur se serrer. « Mais ça n'a rien à voir avec ce que je ressens pour toi. Tu n'as pas à lutter contre un fantôme Tony », souffla-t-il avec douceur tout en cajolant tendrement sa joue du pouce. « Je l'aimais mais je savais que même nous resterions probablement toute notre vie ensemble, ça ne serait pas forcément en tant que couple. Que peut-être un jour notre cœur irait à quelqu'un d'autre. Je l'aimais mais je suis amoureux de toi. Je te désire comme je n'ai jamais désiré personne et plus encore, l'idée même que nous soyons séparés me brise le cœur. Il y a tellement de choses que je veux faire et construire avec toi. Des choses qui ne m'avaient jamais effleuré l'esprit quand j'étais avec lui… »
Tony frissonna violemment aux paroles du jeune homme. D'un coup de reins, il se retourna sur le ventre et rampa sur le corps du blond qui l'accueillit entre ses bras avec un sourire tendre et bienveillant.
« Est-ce que tu es rassuré à présent ? », lui demanda-t-il doucement dans un souffle chaud qui balaya ses lèvres et le fit frémir langoureusement. « Je ne t'aime pas ni plus ni moins que Bucky. Juste différemment…», acheva-t-il tout en baisant tendrement ses lèvres.
Le brun hocha timidement la tête, ses joues un peu roses. Il enfouit son visage dans son torse, cajolant ses flancs d'une main un peu molle et frottant sa joue piquante sur son pectoral.
« Ouais, plutôt pas mal… Mais attends-toi probablement à d'autres petites crises un peu sentimentales de ma part Steve. Ça me passera », admit-il avec gêne. « Désolé... »
Le jeune homme gloussa légèrement et passa sa main dans son dos avant de remonter jusqu'à ses cheveux qu'il caressa tendrement.
« Moi et mes abdominaux te rassurerons autant de fois que tu en auras besoin dans ce cas… » Tony ricana contre lui. « Je t'aime Tony et ça me rend tellement heureux. Tu me rends tellement heureux », insista-t-il. « Et tu dois me croire quand je te dis que je n'envisage pas ma vie sans toi. »
Le brun lui vola un baiser profond et langoureux avant de sourire et s'installer à nouveau confortablement contre lui. Il le croyait.
Les deux hommes restèrent silencieux un moment, continuant à se cajoler tendrement. Passée une heure à paresser l'un contre l'autre, ils se levèrent. Comme il l'avait pensé, Tony éclata de rire quand il vit Steve rougit violemment en constatant qu'ils avaient offert leur étreinte passionnée à ses voisins et le brun lui vola un baiser, juste follement heureux de pouvoir le faire librement.
Le jeune homme se mordit les lèvres en voyant le blond déplier son long corps du lit et s'étirer tout en cherchant du regard son jean, ses joues irradiant soudain de chaleur en contemplant sa beauté et sa puissance et ses reins le piquant en le voyant enfiler nonchalamment son pantalon sans sous-vêtement. Ses yeux noisette pétillèrent de malice quand il croisa le regard intéressé de Steve sur lui, encore alangui dans les draps blancs et froissés délicieusement parfumés de leur odeurs mêlées. La tête enfoncée dans l'oreiller, Tony enfouit son visage dans ses deux mains, riant d'aise et de joie devant le caractère si adorablement anormal et si naturel à la fois de la situation.
À demi-rhabillés, les deux hommes allèrent dans la cuisine en se tenant la main comme deux adolescents pour récupérer l'assiette de biscuits non entamée lors de leur café avorté et la grignoter sur le canapé devant une rediffusion d'un talk-show tardif, pelotonnés l'un contre l'autre.
En temps normal, Tony adorait ces biscuits au délicat goût de cannelle. Il aimait contempler leur forme parfaitement carrée et festonnée avant de commencer à en déguster les angles du bout des dents pour laisser leur goût délicieux des épices envahir progressivement sa bouche avant d'être remplacé par celui, réconfortant et riche, du beurre.
Mais quand Steve commença à caresser doucement sa cuisse dans un va-et-vient tendre mais distrait, le brun en oublia immédiatement son amour immodéré pour le sucre blanc industriel tandis que son corps se mettait à ronronner à nouveau langoureusement, vibrant au contact de la chaleur du blond.
Une demi-heure plus tard, assis sur les cuisses puissantes du jeune homme et ondulant voluptueusement sur sa virilité tendue, Tony pensait avoir définitivement perdu tout sens du goût et de l'odorat pour n'être remplacés que par la sensation du corps de Steve contre le sien. Il soupira de plaisir en sentant le jeune homme posa son front brûlant entre ses omoplates, son souffle rapide balayant sa peau humide et il redoubla d'ardeur.
Tony admira brièvement leurs reflets enlacés, à peine visible dans l'écran de la télévision diffusant l'interview d'une chanteuse pop et il poussa un petit cri en sentant Steve se relever doucement dans son dos, l'invitant à s'appuyer sur la table basse tandis qu'il entamait de longs bercements de ses hanches, frottant délicieusement ses parois encore sensibles.
Le brun aurait pu en éclater de rire. Qui aurait cru que Steve se donnerait si vite à lui de la sorte, hors des draps et dans un délicieux et spontané abandon qui lui ferait à jamais changer la vision qu'il avait du canapé crème du salon ?
Entre deux gémissements de plaisir, Tony oublia tout ce qui n'était pas Steve et leurs corps enlacés.
Ils n'étaient plus deux, ils étaient un à présent.
o0O0o
Debout au milieu du salon vide, Steve regardait autour de lui avec une sorte d'étonnement mâtinée de tristesse.
Clint venait de descendre le dernier carton, lui jetant un petit regard pour l'informer qu'il le laissait seul un instant. Le blond ferma fortement les yeux en les sentant s'emplir de larmes bien malgré lui. Partir était bien plus difficile qu'il ne le pensait et aujourd'hui, placé devant le fait accompli alors que se déployait devant lui les pièces vides de son appartement, il sentait son cœur s'emplir d'une tristesse un peu mélancolique.
Steve soupira légèrement en sentant un bras s'enrouler doucement autour de sa taille et un visage aux traits adorés s'appuyer doucement sur son épaule.
« Clint m'a dit que tu avais besoin d'un moment. Il est parti chez moi avec Natasha pour commencer à vider le camion. Je me suis dis que tu ne voudrais peut-être pas rester seul… », murmura Tony.
Le blond sourit doucement dans sa peine et enlaça la taille du brun à son tour afin de le rapprocher de lui.
« Tu as raison. Je pensais vouloir lui dire au revoir seul mais peu importe où je regarde maintenant, je ne vois que toi… Je suis content que tu sois là », lui répondit-t-il, la gorge un peu serrée.
Tony gloussa doucement contre lui tout en resserrant sa prise sur sa hanche
« Merde Steve, juste quand je pensais que tu ne pouvais pas me faire de plus belle déclaration que celle que tu m'as faite dans ton lit après notre première nuit ensemble. Tu es vraiment incroyable… », le taquina le brun avant de baiser doucement son menton.
Après un silence, le brun lui jeta un regard un peu inquiet.
« Je- Je ne t'ai pas forcé la main, n'est-ce-pas ? C'est vrai que je t'ai proposé de venir habiter avec moi très vite mais je comprendrais si tu voulais encore un peu de temps », lui demanda-t-il avec une pointe d'hésitation.
Steve éclata d'un rire joyeux tout en resserrant autour de sa taille.
« La moitié de mes affaires est déjà dans ton appartement Tony. Mes cartons sont en route et l'appartement vendu. Merci de ménager ma sensibilité mais je pense qu'il est un peu tard… »
« Je te faisais cette proposition pour la forme Steve », lui répondit le brun avec un sourire malicieux. « Il est hors de question que je sois encore séparé de toi au quotidien. J'adore ton appartement mais j'aimerai vraiment que nous ayons un chez nous maintenant. » Ses joues rosirent doucement à ces mots. « Même si je tenais à dire au revoir à ton appartement parce que c'est ici que j'ai passé ma première et plus merveilleuse nuit avec toi… », ajouta-t-il tout en haussant un sourcil suggestif.
« Tony… », gloussa tendrement Steve.
Le blond se pencha pour l'embrasser doucement, le tournant vers lui tout en posant ses mains sur ses hanches. Le jeune homme lui rendit son baiser avec enthousiasme, léchant et pinçant ses lèvres avec habilité avant de le relâcher pour contempler ses pommettes rougies et son souffle légèrement plus rapide.
« Et si nous allions chez nous maintenant ? », souffla Tony contre sa bouche, partageant son souffle brûlant avec son compagnon. « Je n'ai pas envie que Clint ouvre mes tiroirs et tombe sur le carnet où je répertories tous mes fantasmes à ton sujet depuis des mois… »
Steve lui jeta un regard incrédule avant de se pincer les lèvres.
« Je préfère ne pas te demander… », dit-il avec malice avant d'enlacer leurs doigts et d'entraîner le brun vers la porte d'entrée, ouverte sur le palier. « Allons-y Tony. »
Le brun ricana et, se laissant délicieusement guidé, il attrapa le bord d'un cadre encore posé contre le mur de l'entrée pour l'emporter. C'était une peinture de Steve, un assemblage abstrait de couleurs chaudes que le blond avait accroché dans le vestibule comme une carte de visite proclamant qu'à présent, seule régnait la vie dans cet appartement.
Tony frissonna légèrement en se rappelant l'atelier de Steve que les deux hommes avaient vidé il y avait déjà quelques jours. Les toiles de la période noire l'avaient laissé hébété de douleur et il n'avait pu que relever la tête vers le blond, ses yeux brillant de larmes.
Sans un regard en arrière, le jeune homme avait tout brûlé. Un acte cathartique pendant lequel il avait fermement tenu la main de Tony dans la sienne. Au départ un peu triste de voir Steve détruire le travail de plusieurs années, il avait dû reconnaître avoir été immensément soulagé en contemplant le petit tas de cendres noircis sur ce terrain vague près d'un camp d'entraînement de la police où Clint les avait conduit. Il lui avait semblé que, dans les fumées épaisses montant vers le ciel clair de cette fin d'été, c'était également le fantôme de Bucky qui disparaissait.
Qui lui laissait enfin Steve pour lui seul.
Le jeune homme contempla une fois de plus la petite toile bariolée aux couleurs rassurantes et douces, un sourire aux lèvres. C'était eux.
« Je suis sûr que tu n'as pas de carnet... », dit Steve après un instant tandis qu'ils descendaient les antiques escaliers en bois qui avait tant fait souffrir le brun.
Tony ricana et claqua sa langue contre son palais.
« Pour un génie comme moi qui a des dizaines d'idées par jour, je t'assure qu'un carnet est un excellent moyen mnémotechnique », le taquina-t-il tandis que le blond rougissait légèrement. « Mais crois-moi Steve, il n'y a rien qui pourrait t'ôter le sourire », le rassura le brun avec malice tout en reprenant sa main dans la sienne une fois dehors. « C'est la première chose que je me suis promis quand je t'ai rencontré. »
Tony resserra l'étreinte de leurs doigts et le tira doucement sur le trottoir. Il ne manqua pas le dernier regard que lança Steve au grand immeuble en brique dont l'escalier de secours brillait joliment sous les rayons du soleil de la splendide journée estivale qui s'annonçait.
Le brun le vit sourire avec tendresse avant de se détourner définitivement de ce qui avait été son appartement.
Celui de Tony, vaste, luxueux et plus si froid à présent les attendait et ses murs blancs seraient ceux sur lesquels ils écriraient leur propre histoire.
Avec quelques toiles colorées, deux sourires tendres et trois baisers amoureux.
