Voici ma toute première fiction. Cela fait très longtemps que je n'ai pas écrit et donc ai choisi de rester dans l'univers d'origine du manga afin de me donner une trame solide. Cependant, il est possible que je change la chronologie des événements pour pouvoir se raccorder au mieux à ma fiction.

En tout cas, n'hésitez pas à me partager vos avis, je suis preneuse de toutes critiques constructives, et aurait plaisir à débattre avec d'éventuels lecteurs.

Sachez toute fois que même si j'ai quelques chapitres d'avance, si l'histoire vous plaît, mieux vaut s'abonner à la fiction puisque je risque d'avoir un rythme de publication plutôt aléatoire. Au moins vous serez prévenus à chaque nouveau chapitre publié.

En espérant que ce second chapitre un peu flou, vous donne envie de poursuivre.

Votre dévouée Hana.

Bien entendu, je ne possède pas Naruto !

Chapitre 2.

Le spectre morne.

Dans le monde ninja, ceux qui ne respectent pas les règles et transgressent les lois, sont considérés comme des moins que rien. Mais, ceux qui abandonnent leurs compagnons, sont encore pires.

Un sourire sur les lèvres, il ne sentait plus rien. Hormis peut-être le délicat touché de la mort qui vint lui caresser son âme. Il n'était pas un moins que rien, il l'avait sauvé. L'amour de sa vie, celle qui devait protéger son rêve. L'abandon de celui-ci en valait bien la peine.

A cette pensée, son cœur se gonfla de fierté. Il avait enfin prouvé sa valeur face à lui, le prodige. Il ne serait plus le cancre que l'on devait protéger et traîner tel un boulet ralentissant inexorablement son équipe. Il lui avait montré, lui avait offert son précieux présent.

Il était heureux, ils étaient enfin amis. Désormais, c'est lui qui portera son rêve. C'est lui qui la protégera, il le lui avait promit.

Le palpitant léger, malgré le poids écrasant sa poitrine, il souriait.

Puis plus rien.

….

Si froid, tout était si froid. Son corps reposait sur une surface dure et glaciale. Une odeur humide de moisissure l'entourait. Ses membres étaient engourdis, si lourds. Il lui fût impossible d'esquisser le moindre mouvement. Il attendit, immobile. Après tout, il avait l'éternité devant lui.

Il sentait toujours cette sensation désagréable de froid qui le glaçait jusqu'au plus profond de son être. Il se concentra, ne pouvant toujours pas bouger, pour essayer de ressentir à travers ses paupières closes, ce nouvel environnement au sein duquel il évoluerait à jamais.

On l'observait.

Il se dit que ce ne pouvait qu'être dans sa tête, après tout, il était mort. Peut-être sentait-il le dernier espoir de son corps de les revoir, avant que son âme ne rejoigne définitivement l'autre côté.

Il tenta d'ouvrir les yeux. Ses paupières était si lourdes qu'il lui fallut ciller plusieurs fois. Un voile flou engloba sa vision. Tout était si sombre, si lugubre. Il lui semblait entendre de l'eau ruisselant sur les parois de l'espace où il se trouvait. Cette antre, avait l'aspect à ses yeux brouillés, des entrailles les plus profondes de la terre. Était-ce ainsi qu'était le Yomi*?

Dans cet épais brouillard, il crut apercevoir deux lueurs rouges l'observer.

- « Etes-vous Izanami* ? » Sa voix était faible, sa gorge sèche le faisait terriblement souffrir. Telles de milliers d'aiguilles lui transperçant ses cordes vocales. L'obligeant à tousser plusieurs fois avant de pouvoir dire ces quelques mots de manière intelligible.

Il entendit un son, affreux, amer, railleur. Il crut tout d'abord à un Yokai*. Ce son était effrayant, strident, presque nasillard. D'un murmure, il se transforma en esclaffes démoniaques. Puissantes et fortes. De terribles frissons lui remontèrent le long de sa colonne vertébrale.

Puis plus rien.

….

Il sentit qu'on le déplaçait. Impuissant de ses douleurs insupportables qui lui traversaient le corps, il ne pût se débattre. Au travers la légère fente que formait son œil, une vive lumière l'aveugla, lui déclenchant de terribles pulsations dans son crâne. Il aurait aimé pouvoir crier, hurler sa souffrance. Mais trop faible, aucun son ne pouvait traverser la barrière de ses lèvres desséchées.

Il trouva un moment de répits dans les rayons du soleil qui réchauffaient ce qui était auparavant sa peau. Cette chaleur le caressait et lui offrait une certaine félicité dans son affliction. Il sortait des ténèbres, enfin. Peut-être allait-il finalement mourir. Il se surprit à espérer. Espérer que l'enfer s'arrête. Rien ne pouvait être pire. La mort serait salvatrice.

Il esquissa un léger sourire à cette rêverie qui se déforma en une grimace de douleur lorsqu'il sentit son dos heurter violemment quelque chose de dur.

- « Le seul moyen de ne pas mourir, est de montrer ce que l'on pense vraiment à notre ennemi, sans rien cacher… et qu'on s'allie avec lui. Mais c'est impossible… parce qu'il n'est pas possible de voir… ce qu'une personne pense vraiment et ce qu'elle ressent au plus profond d'elle. » Une voix grave, profonde, rauque venait de s'adresser à lui, au creux de son oreille, dans un souffle chaud. Il ne comprit pas le sens de ces mots tant l'inconscience semblait le sonder.

Puis il sentit une entaille, pas assez profonde cependant pour toucher la chaire. Lentement, doucement, elle faisait le tour de son bras droit. Il écarquilla l'œil, plus sous la peur que la souffrance, son corps s'étant habituer à bien pire. Mais ce qu'il vit en face de lui le terrifia littéralement. Une fentes déformait en une sorte de rictus carnassier les lèvres de son vis à vis. Il savait que ce ne serait que le commencement.

Après avoir inciser le tour du bras de sa cible, le dominateur attrapa entre ses doigts la peau sanguinolente. Il tira, avec une infinie lenteur vers le bas, jusqu'à lui décalotter le coude. Le malheureux serra les dents.

Le tortionnaire, la folie au fond de ses prunelles rouges, sortit un kunaï de sa pochette de cuir attachée à sa jambe droite. Il insuffla un peu de son chakra dans la lame, afin de la rendre plus aiguisée qu'elle ne l'était déjà. Il le planta d'un coup sec dans le bras de l'homme à ses pieds.

Ce dernier puisa dans le peu de force qui lui restait pour pousser une sorte de cris déformé par la douleur. Des larmes incontrôlables roulaient d'elles-mêmes le long de sa joue.

Un large sourire, dévoilant des dents aussi blanches que l'immondice quelles représentaient, le surplombait de toute sa hauteur. L'homme s'accroupit, pour mieux profiter du spectacle qui se déroulait sous ses yeux scrutateurs. Ne manquant aucune contraction de muscle, aucun plis sur le visage, aucune expression de douleur. Des pupilles expertes se régalant de cette perception unique qu'elles s'offraient.

Le bourreau prit le temps d'écraser la chaire de sa victime, coupant, déchirant, une à une, chaque fibre des muscles qui reliaient son épaule. Jusqu'à dévoiler ses os. L'homme à terre crut défaillir. Mais malheureusement l'inconscience ne lui fit pas ce présent.

D'un coup de pied puissant, le monstre lui brisa l'humérus et le lui arracha de sa main droite, pour jeter derrière lui ce qui avait été son bras. Le morceau de chaire s'écrasant dans l'herbe dans un effroyable bruit sourd. Il répéta le même procédé sur la jambe droite de sa proie, non sans cacher la joie de sa délectation.

Le boucher attrapa le menton de l'homme à demi conscient, haletant à ses pieds, entre son pouce et son index pour l'obliger à le regarder dans les yeux. Le bourreau était si proche de lui, qu'il put sentir son souffle chaud lui effleurer le visage. Il pouvait sentir à travers sa respiration, toute l'excitation que sa souffrance provoquait à l'homme.

- « N'oublies pas ce que je viens de te dire... » Lui souffla le sadique dans un sourire fou, son haleine brûlante tout contre ses lèvres. Il vit au fond de ses iris rouges, un étrange motif tournoyer. Ne décuplant que plus encore sa terreur. Sa tête se mit à tourner. Comme noyée dans les profondeurs de l'océan.

Le démembré sentit tout à coup comme une odeur de fumée. Une terrifiante odeur de chaire brûlée. Il sentait ce liquide chaud lui couler le long de son visage, de son corps, le dégoûtant de cette écœurante odeur. Une vive douleur, répugnante, insoutenable lui prit la moitié droite de son visage. Il distingua de son autre œil d'étranges flammes noires qui semblaient se délecter de sa chaire. Elles dansaient, léchant sa joue pour mieux lui faire perdre la tête.

Enfin, il perdit connaissance.

Puis plus rien.

….

- « Mais il est encore en vit ! »

Il entendit à peine cette voix aiguë, mais elle suffit à le sortir de sa torpeur. Malgré la puissance dans ses mots, cette voix était douce, réconfortante, presque familière.

Il lui était impossible de ne serait-ce qu'ouvrir son œil, se sentant partir pour de bon. Et voulait-il seulement rester ?

Les battements de son cœur se firent de plus en plus espacés, de plus en plus faibles. Il se dit que cette fois il allait enfin atteindre la délivrance ultime. Peu importe où son âme irait. Peu importe que le Yomi existe ou non. Il voulait ne plus souffrir, ne plus être là, tout simplement ne plus exister. Qui qu'il pût être.

Il aurait voulu dire à cette voix son souhait le plus cher. Qu'elle ne s'inquiète pas, le monde ne lui manquerait pas. Mais il sentit sur son visage comme une vague de chaleur, apaisante. Il avait déjà senti cette aura consolante auparavant, mais où ? Il ne savait plus. D'où venait cette sensation si réconfortante, qu'elle réussissait presque à lui donner encore de l'espoir ? Lui qui ne désirait que le néant.

Il sentit à nouveau cet arôme familier se répandre sur son bras et sa jambe déchirés, violemment amputés. Cette délicieuse sensation de picotement lui aurait presque fait oublier sa douleur si elle n'avait pas été si forte. Mais il réussissait tout de même à se délecter de son goût qui lui parcourait le corps. Il avait déjà savouré cette sensation exquise, mais impossible de sonder les tréfonds de sa mémoire.

Soudain il ressentit le besoin de s'exprimer. Il voulait lui dire à cette voix qu'il était là, en vie, qu'elle lui faisait du bien. Il voulait lui demander s'ils s'étaient déjà rencontrés. Il perdait la tête. Une idée folle. Comment serait-ce possible ?

Un mot. Un unique mot lui vint à son âme. Sans attache, sans image. Seule cette syllabe résonnait inlassablement dans son esprit. Il fallait qu'il réussisse à l'exprimer. Il fallait qu'il en ait la force, sans savoir pourquoi ce sentiment d'urgence se faisait si pressant. Mais il puisera dans ces dernières forces pour le faire. Quitte à trépasser. Il pourrait donc accueillir enfin la mort dans un dernier souhait.

Il entrouvrit les lèvres. Elles lui faisaient tellement mal. L'air qui s'insufflait en lui, lui brûlait les poumons, formant une sorte d'expiration sifflante. Il sentit la voix se rapprocher de lui. Il fallait qu'il réussisse. Il fallait qu'il le lui dise, c'était plus fort que lui. Et dans un ultime effort, il lâcha un dernier soupir.

- « R-Rin... »

Puis plus rien.

Fin chapitre 2.

-Yomi = monde des morts dans la mythologie japonaise

-Izanami = Déesse de la création et de la mort

-Yokaï = sorte de d'esprit/démon