Hello à tous !
Voici enfin le chapitre 3, en espérant qu'il vous plaise.
Comme vous avez pu le constater, j'ai un style d'écriture plutôt lent, cherchant avant tout à bien mettre en place la psychologie de chaque personnage. C'est pourquoi, au cours de cette histoire, malgré le fait que je l'ai aussi classé en aventure, il ne faudra pas s'attendre à des déferlements de kunaï à chaque chapitre. Je vais mettre un certain temps, voire un temps certain, à développer chaque personnage et l'histoire, tout en laissant traîner si possible le mystère. J'aime les histoires qui mettent du temps à se construire. En espérant que cela vous plaises aussi.
Bref assez parlé, je vous laisse à votre lecture. Et encore une fois, n'hésitez surtout pas à laisser des reviews pour que je puisse toujours m'améliorer ! Je me ferais un plaisir de vous lire et de vous répondre. Après tout, elles servent à toujours nous améliorer et surtout de moteur de motivation !
Votre dévouée Hana.
Chapitre 3.
La louve.
Le ciel était bleu, presque dénué de nuage. Il faisait une chaleur insoutenable si une légère brise ne venait pas les embrasser dans leur dur labeur, soulevant la poussière qui venait se coller à leur peau tannée par les flammes sans pitié d'Amaterasu*.
Elle regardait, au travers les larges fenêtres de son bureau. Tout était détruit, pulvérisé. Comment avait-on pu en arriver là ?
Elle repensa à son ami. Peut-être aurait-elle dû l'écouter plus tôt. Peut-être aurait-elle pu agir différemment ? Peut-être serait-il toujours en vie… C'était une personne de plus à compter dans ces êtres chers, si chers qu'ils étaient appelés bien trop tôt par la déesse de la mort; sûrement jalouse de leur bonté.
Dans un soupir, elle se retourna. Toujours autant de travail. Plus encore, avec la reconstruction du village. Presque tous les ninjas étaient affectés à la rénovation. Ceux qui restaient, devaient partir en mission. Hors de question de montrer la faiblesse dans laquelle se trouvait le village caché de la feuille. Ils avaient été l'une des plus grandes puissances ninja, et ce serait encore le cas pour longtemps.
Elle avait beau avoir appelé des artisans d'autres villages pour aider à la reconstruction, celle-ci était encore trop lente à ses yeux. Bientôt la guerre frapperait. Il fallait encore convaincre le pays de l'eau, du vent, de la foudre et de la terre de s'unir. En ce qui concernait le Kazegage, elle ne se faisait pas de soucis. En relation étroite depuis de nombreuses années et d'autant plus depuis son sauvetage par le ninja le plus imprévisible; elle savait qu'elle pourrait toujours compter sur lui. Sa loyauté envers Naruto serait sans faille. Mais elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour le Raikage et le Tsuchigage, avec qui, Konoha n'avait pas toujours eut de bonnes relations. Voire des trahisons. Le prédécesseur du pays de la foudre ayant déjà essayé de leur voler l'un de leurs précieux Dojutsu. Ce qui avait amené bien entendu, son lot de problèmes et de sacrifices… L'une des nombreuses faces cachées de la feuille.
Elle soupira encore, fermant un instant les yeux. Lorsqu'elle trouva le courage de rouvrir ses paupières, son regard se posa sur son bureau de chêne. Des piles de paperasses s'entassaient les unes sur les autres, si bien, qu'il était presque impossible de distinguer le bois sous tous ces parchemins. Sa journée était loin d'être finie. Devenez Hokage ! Qu'ils lui avaient dit… Si seulement elle avait pu dire non à ce regard. Ce bleu si profond qu'il lui rappelait l'infinité de l'océan, jalousé par le ciel lui même. Mais il lui faisait tant penser à ces personnes. Ces quelques personnes qu'elle avait aimé de tout son être. Aujourd'hui, ce regard azur, si déterminé, était le porteur de leur espoir. Il allait accomplir leur rêve à leur place. Elle croyait en lui.
Ce sentiment de confiance, qu'elle s'était pourtant évertuée pendant si longtemps de s'empêcher de ressentir, qu'elle avait fuit à travers tout le pays du Feu. Se noyant dans l'alcool et les jeux. Elle en avait forgé une certaine renommée, la légendaire pigeonne. Ce sentiment d'attachement, qu'elle ne voulait plus porter en elle, pour ne plus perdre. Il s'était ravivé face à ces yeux. Aujourd'hui, ce n'était plus seulement elle qui croyait en lui. Il avait réussi, à prouver sa valeur. Aujourd'hui, c'était tout un village qui croyait en lui. Demain, ce serait le monde.
Elle s'installa derrière son bureau. Son assistante avait encore caché ses bouteilles de saké. Oui, décidément, la journée allait être terriblement longue. Elle tendit la main et se saisit d'un parchemin qui se trouvait tout en haut de l'une des innombrables piles qui jonchées le bois. Toujours en désordre, beaucoup se demandaient comment leur Hokage arrivait à se retrouver dans cet immense capharnaüm. Elle se le demandait aussi parfois. Heureusement, son assistante était là pour l'aider. Bien qu'elle lui retirait toujours son petit plaisir coupable, elle devait bien admettre que sans elle, elle aurait beaucoup de mal à s'en sortir dans ses fonctions.
Un petit papier tomba sur le sol. Le sourcil arqué, elle se pencha sur le parquet pour l'attraper. C'était un billet de loterie, un autre de ses plaisirs coupables. Il datait de ce jour là… Le jour où ils avaient mangé et bu toute la nuit. Le jour où ils s'étaient parlés à cœur ouvert. Le jour où elle l'avait envoyé à cette mission au village de la pluie. Le jour où il était parti, pour ne plus jamais revenir. Cet idiot... Encore un regret avec lequel elle devra vivre. Un de plus, ne faisant que renforcer sa propre culpabilité d'être toujours incapable de protéger ceux qu'elle aimait.
Le billet était encore valable. Par acquis de conscience, et surtout pour faire passer le temps qu'elle n'avait pas, elle s'attela à le vérifier. Elle ouvrit la bouche, ses lèvres formant un petit « oh » dans un son mimé. Elle écarquilla ses paupières. C'était impossible. Non pas possible. Ce ne devait pas être. Elle pressa son front contre ses mains, dans un mouvement négatif de la tête, les coudes appuyés sur son bureau, les épaules abattues.
Il était gagnant.
Elle ferma les yeux dans un énième soupir.
- « Mauvais présage... »
….
Elle soupirait, haletait. La sueur ruisselait abondamment sur son visage de porcelaine et son corps. Ce visage que l'on comparait volontiers à une poupée, n'était plus que vieillerie que l'on abandonnait dans le grenier. Trop usée pour être manipulée, trop ancienne pour ne pas être oubliée. Elle était à bout de souffle. Ses muscles bandés par l'effort lui étaient douloureux, elle fatiguait. Bien que leur mission s'était bien passée, elle avait tout de même était épuisante. Harassée elle ne devait pas défaillir. Il fallait faire vite.
Ils bondissaient tous deux à travers les branches de l'épaisse forêt familière qui entourait leur village. Le poids de l'homme qu'ils se répartissaient se faisant de plus en plus sentir. Ils s'étaient engagés dans une course contre la montre. Mais ils n'abandonneraient pas, il fallait tout essayer pour le sauver. Comme un espoir dans cette période instable qu'était la leur.
Après la destruction de Konoha, ils avaient tous les deux besoin de quelque chose pour leur redonner cet espoir. Une foi à laquelle se raccrocher, coûte que coûte. Accomplir quelque chose de bien, sauver cette vie, comme pour se racheter de tant d'autres perdues.
Enfin ils virent les grandes portes en bois peintes de vert qui leur étaient si coutumières. Ils se stoppèrent à peine, à bout de souffle, lorsque les deux gardes s'avancèrent vers eux. L'un deux baissa le regard vers la forme qu'ils portaient. Il fronça les sourcils. Le capitaine Asagorô les avait prévenu de l'arrivée imminente de ses deux coéquipiers, qui, selon lui, n'avaient pas obéis à son ordre. Un fait impardonnable pour des ninjas. Mais il ne s'attendait pas à les voir rentrer avec un cadavre.
- « Qui est-il ? » demanda-t-il méfiant, les défiant presque du regard. La suspicion étant de mise en ces temps troubles.
- « Nous ne savons pas, nous l'avons trouvé sur la route en revenant au village. Nous avons fait ce qu'on a pu, mais il faut rapidement l'emmener à l'hôpital. »
Le deuxième garde prit un moment pour analyser l'homme dans les bras de la kunoichi. Il semblait effectivement aussi mal en point qu'il avait pensé qu'il était mort. Se plongeant des les prunelles implacables de la kunoichi, il indiqua à son partenaire de les laisser passer, mais prit tout de même la peine de prévenir les plus jeunes qu'il en informerait l'Hokage.
La jeune femme inclina la tête en signe de remerciement, puis reprit avec Naoki, la route le plus vite possible en direction des urgences.
Affolée, le corps toujours dans ses bras enduits de son sang, elle frappa d'un puissant coup de pied les portes de l'hôpital. Elles s'ouvrirent dans un bruit sourd de fracas, alertant toutes personnes se trouvant devant eux.
- « Vite ! Des médecins ! Faites vite il va mourir ! » s'époumona-t-elle. Elle s'agrippait de toutes ses forces au corps dans ses bras. De traîtres larmes ruisselantes sur ses joues pâles. Elle avait tenue jusqu'à présent, mais une fois arrivée, ses émotions prirent le dessus sur son raisonnement. Laissant libre court à toutes ses craintes les plus sombres.
Dans un bruit infernal de roulettes, des infirmières ramenèrent un brancard se précipitant vers ce trio improbable. Elles lui intimèrent de placer le corps sur le fin matelas. La jeune fille s'exécuta mais refusait de lâcher le sombre haillon de l'homme. Peu importe ce que le personnel de l'hôpital faisait, elle ne lâchait pas ce bout de tissu.
Une jeune fille au cheveux roses s'approcha en courant de la brune, alertée par la panique environnante. Elle l'observa un moment, comme hébétée par un tel comportement venant de la kunoichi, elle pourtant si réservée. Ses pupilles émeraudes passèrent sur l'homme inerte, allongé face à elle. Elle écarquilla les yeux. Que lui était-il arrivé ?
Lors de sa formation avec la Godaime, et suite à l'invasion de Pain, elle avait vu de nombreuses blessures en tout genres. Elle pensait qu'elle ne pourrait plus être choquée par l'état d'un patient. Comme elle avait eu tord. Elle réprima un violent haut le cœur, ravalant sa bile acide au fond de sa gorge, puis se retourna vers le regard nacré dépourvu de pupille qui continuait de s'inonder de liquide salé. Elle fronça les sourcils dans l'incompréhension. La jeune héritière ne connaissait pourtant pas cet homme, pourquoi se débattre avec tant de hargne ?
- « Hinata, nous allons nous occuper de lui, mais il faut que tu le lâches... » essaya doucement la fleur de la calmer. En vain.
- « Non ! Il va mourir ! Il va mourir si je le lâche ! » répondit-elle, des sanglots secouant ses frêles épaules éprouvées par les nombreuses missions dans ses cris de désolation. Elle était complètement affolée, paniquée, elle n'entendait que son instinct qui lui rugissait de rester au près du malheureux. Il devait vivre.
Au bout du couloir, une femme soupira d'agacement. Que se passait-il encore ? Qu'est-ce donc que tout ce raffut ? Elle ouvrit violemment la porte de son bureau afin de passer la tête par l'encadrement. Celle-ci s'écrasa contre le mur qui la soutenait. Une fissure la traversa, sous la force du coup et de sa fureur. Nombre connaissait son caractère versatile et nul n'oserait s'y frotter. S'il n'y avait pas une bonne raison pour avoir osé la déranger dans son travail, elle ferait passer un très mauvais quart d'heure au responsable. Elle s'approcha d'un pas décidé à faire vivre les pires souffrances au malotrus, lorsqu'elle tomba sur une scène qui lui paraissait surréaliste.
La douce Hyûga s'agrippait de toutes ses forces à un corps. Elle paraissait épuisée, ruisselante de sueur et de larmes, Ses bras ainsi que ses vêtements dégoulinaient d'un sombre liquide visqueux, mais surtout, elle semblait désespérée. Ses pupilles passèrent sur son jeune coéquipier silencieux qui était comme paralysé, avant de revenir sur la jeune héritière.
- « Que se passe-t-il ? » Demanda la blonde d'une voix forte qui ne laissait aucun doute quant à la rapidité avec laquelle devait répondre son apprentie.
- « Hinata et Naoki ont trouvé cet homme en revenant de mission. Ils lui ont prodigué les premiers soins et l'ont ramené ici. Mais… Hinata refuse de le lâcher. Si nous n'intervenons pas de suite, je crains que ce ne soit sans espoir…. »
Les iris noisettes de la légendaire sannin plongèrent dans celles de l'héritière au Byakugan, qui semblait marmonner inlassablement quelque chose tout en s'accrochant désespérément à l'homme informe.
- « Lâches le Hinata, nous allons le prendre en charge ».
- « Il doit vivre, il doit vivre, il doit vivre... » Furent les seuls murmures que la jeune femme entonna. Elle ne semblait pas l'entendre, continuait de se débattre de toutes ses forces. Poussant, frappant toutes personnes qui avaient le malheur de s'approcher de trop près de son trésor. Elle ressemblait à une louve dans la nuit, ses pupilles brillant de fureur à la froide lueur de la lune, acculée, apeurée, enragée afin de protéger sa progéniture. La princesse à la limace leva la main et l'abattit avec force sur la joue de la brune. Celle-ci stoppa immédiatement ses mouvements. Dans le silence le plus total, elle poursuivit.
- « Hinata rentres chez toi c'est un ordre de ton Hokage ! Depuis quand refuses-tu les ordres ? Regardes-toi, tu es à bout de force ! Je veux le rapport de votre mission demain matin dans mon bureau au plus tard ! »
La jeune fille, honteuse, se rendit compte tout à coup de ses actes. Elle lâcha le bout de tissu déchiré, dans un mouvement lent, ses mains tremblantes, puis s'inclina profondément en signe de respect. Le cœur pulsant toutes ses émotions dans ses veines. Toujours la tête basse, d'une voix incertaine, balbutiant presque sur chaque mot, comme si elle revenait à elle, comme si elle se rendait compte de la situation, comme si sa nature fragile la frappait en plein visage.
- « V-Veuillez m'ex- m'excuser Hokage-sama. J-Je v-vais rentrer au domaine. Je serais à la p-première heure da-dans v-votre bureau avec m-mon r-rapport... »
- « Bien. » La sannin se retourna vers son équipe et leur intima d'immédiatement transporter le blessé en sale d'opération d'une voix autoritaire.
Elle jeta un dernier regard vers la jeune ninja, non sans remarquer ses mains qu'elle broyait presque et l'extrême terreur au fond de ses prunelles. Que lui arrivait-il ? Puis, se concentrant sur sa tâche qui sera, elle le savait, des plus ardues, voire sans espoir, elle suivit son équipe médicale d'un pas pressé. Elle devra faire abstraction de tout, pour se concentrer uniquement sur l'homme, si elle voulait avoir ne serait-ce qu'une petite chance de le sauver.
Fin Chapitre 3.
- Amaterasu = (Déesse du soleil)
