Konbanwa chers lecteurs !

Voici le chapitre 5. C'est avec un plaisir non dissimulé que je vous remercie tous de l'attention que vous porter à ma fiction. Je sais bien que le développement peut être un peu long, mais soyez patients ! Le meilleur reste à venir.

Merci aussi aux quelques personnes qui m'ont laissés des commentaires. Cela fait toujours plaisir et je me répète, mais ce qui nous motive à poursuivre. Alors n'hésitez surtout pas à me partager votre avis ! Bon ou mauvais, peu importe tant que cela reste dans le respect de chacun.

Voilà je vous laisse à la lecture de ce chapitre, en espérant qu'il vous plaise.

Bien entendu, l'œuvre de Kishimoto ne m'appartient pas.

Votre dévouée Hana !

Chapitre 5.

Deux-cent-dix.

Au travers les murailles de basalte du village de Tanzaku, l'on entendait le brouhaha des habitants, fourmillants sur la terre battue de l'artère principale, s'affairant à la préparation du Ohanami*. L'on pouvait voir d'innombrables échoppes, plus originales les unes que les autres, toutes plus colorées encore, se monter au fur et a mesure du labeur des commerçants. Une douce odeur d'épices, de fleurs, de fumé se rependait ainsi dans les ruelles. Les marchands hélant déjà les mérites de leurs produits pour les quelques touristes arrivés en avance. Il fallait éviter les enfants, emportés dans l'enthousiasme du festival à venir. Ils jouaient, riaient à gorge déployée, slalomant entre les stands et les commerçants qui les houspillaient, manquant par moment de les faire tomber, ne facilitant pas leurs mères qui s'affairaient à leurs besognes quotidiennes.

Là, attablé à un Yatai*, bordé de bosquets et d'arbres dont les bourgeons n'attendaient plus que la félicité de la caresse des rayons d'Amaterasu du doux printemps pour se manifester, un homme au visage dissimulé sous une cape sombre, tenait entre ses mains d'albâtre, seules parties de son corps visibles, une tasse en céramique céladon de thé fumant, d'où s'échappaient de douces effluves de jasmin et de kôcha.

De l'autre côté de la rue principale, se tenait dans l'ombre, invisible au yeux du monde, un masque de porcelaine blanche à l'effigie d'un chien, les yeux cerclés de rouge, les joues barrées de cette même couleur, qui observait la cape attablée face à lui.

Sans que les yeux scrutateurs ne s'en aperçoivent, un fin sourire découvrit une rangée de dents, une langue reptilienne effleurant sa lèvre inférieure. Sa tasse de thé vidée, ce dernier se leva lentement, puis se glissa au travers des nombreux passants de l'artère animée, évitant chaque personnes avec une facilité déconcertante. D'un pas las, il se dirigea vers la sortie du village.

….

- « Il prend la direction du Sud. » Informa un petit chien brun au museau aplati, bordé de plis et aux oreilles tombantes.

Qu'allait-il faire dans le Sud après avoir passé tant de temps aux abords de Konoha ? Pain était tombé, mais ses plans ne semblaient pas se limiter à l'Akatsuki. Il semblait avoir d'autres desseins, bien plus personnels. Et cela n'envisageait que plus de noirceur encore.

Après être resté deux semaines dans le village de Tanzaku suite à la chute de Pain, L'homme à la peau de serpent prenait aujourd'hui la direction du Sud pour une raison obscure.

Ancien Anbu, l'homme au masque ne le lâchait pas, le suivant telle une ombre silencieuse au travers l'épaisse sylve qui arborait le village, lui permettant d'être tout aussi discret qu'un yûrei*. Il avait reçu pour ordre de le prendre en filature et de rapporter le moindre de ses faits et gestes.

L'ancien serviteur était dangereux, un électron libre dans ces conflits qui gangrenaient le monde Shinobi. Il était incontrôlable. Depuis la mort de son maître, il paraissait devenir encore plus fou que celui-ci. Aucun moyen de prévoir ses actions, autant alliées qu'ennemies. Nul ne pouvait connaître à l'avance le camp qu'il allait choisir. Sûrement celui qui l'aiderait au mieux dans son propre objectif. Mais quel était-il ?

- « Bien, ne le lâches pas Pakkun. Je vais invoquer Bisuke pour qu'il transmette notre direction ainsi que les dernières informations récoltées à Tsunade-sama. » Ordonna d'une voix profonde l'épouvantail.

Il s'arrêta, s'accroupissant, position lui permettant de se dissimuler à l'ombre des nombreux arbres majestueux. Un genoux à terre, mordant son pouce jusqu'au sang, il joignit ses mains.

Tigre, Serpent, Chien.

Il abattit la paume de sa main gantée au sol. Des inscriptions semblables à de l'encre, se peignirent sur le sol poussiéreux d'elles-mêmes de manière circulaire autour de son bras. Un nuage de fumée apparut soudainement. Le vent emportant l'émanation. Des yeux cerclés de noir, les oreilles tombantes, le kanji Shinobi tatoué sur le front, un petit chien fauve prit place, attendant les ordres du ninja en face de lui.

….

Des pas résonnèrent dans l'un des innombrables couloirs de l'hôpital de Konoha. Tous identiques, des murs blancs, un carrelage gris, éclairés par une lumière vive et crue, projetée par les néons qui se trouvaient à intervalle régulier au plafond dallé. L'aurore pointant juste, elle ne croisa que les membres du personnel médical, qu'elle salua d'un sourire luminescent.

La jeune femme passa une large porte à battants, qui la mena à un énième corridor. Le service des soins intensifs, là où les patients les plus graves étaient soignés. Attendant d'être suffisamment stables. Ses pas la menèrent jusqu'à la porte numéro deux-cent-dix.

Un « Bip » régulier se faisait entendre, rassurant la fleur qui venait d'entrer dans la pièce aseptisée. Comme toutes les autres chambres, elle était lumineuse, comme immaculée, une odeur de médicament et de désinfectant en émanait en permanence. Elle ne la sentit à peine, trop habituée des nombreuses heures qu'elle passait au sein de l'hôpital. Elle referma la porte derrière elle sans bruit puis se saisit du dossier du patient.

Homme inconnu, d'environ vingt-cinq ou trente ans, présentant de grave blessures au niveau de son bras, sa jambe droite, possiblement arrachés, ainsi que la partie droite de son visage probablement brûlée. Présence également de multiples plaies et blessures internes semblant plus anciennes et d'origines inconnues s'étant consolidées vraisemblablement sans soin médical approprié.

Traitement prescrit : Administrer l'onguent sur toutes ses blessures toutes les quatre heures en renouvelant ses bandages pendant trois jours.

Vérifier ses constantes toutes les deux heures.

Administrer un traitement de fond pour la douleur à l'aide d'opioïde ainsi que d'anti-inflammatoire.

La jeune femme accrocha le dossier au pied du lit du patient, non sans indiquer l'heure à laquelle elle venait lui administrer son traitement.

Son regard émeraude se posa sur le visage de l'inconnu, un pincement au cœur. Des dizaines de tubes de plastique étaient reliés à son corps. Des électrodes collées le long de sa cage thoracique nue enregistrant les battements de son myocarde, un masque l'aidant à respirer sur le visage, l'on entendait le son de son souffle qui faisait s'élever puis s'abaisser les pompes de l'appareil. Comment peut-on subir autant de blessures et pour autant être toujours en vie ? Elle se dit qu'il devait avoir une volonté de vivre extraordinaire ou quelque chose à protéger plus précieux que tout à ses yeux, pour avoir trouvé la force au fond de lui d'encore respirer aujourd'hui.

Malgré les talents indéniables de sa shishou, elle devait bien admettre qu'une bonne étoile devait veiller sur cette homme. Pour la jeune médic-nin, le fait qu'il soit encore de ce monde relevait plus du miracle que de la science.

Lorsqu'elle avait vu son corps étendu sur le brancard, elle avait tout d'abord pensé qu'il était déjà mort, et que l'énergie dont faisait preuve Hinata pour le maintenir en vie était vaine. Si Tsunade-sama n'avait pas été présente, jamais elle n'aurait pu soigner le malheureux. Elle n'avait jamais vu de telles blessures, au point que son premier réflexe, malgré son professionnalisme reconnu, eût été de retenir un haut le cœur.

Elle prépara sur une petite tablette proche du lit, tout le matériel nécessaire afin de lui prodiguer ses soins.

Retirant le fin drap tout aussi immaculé que les murs de sa chambre, qui recouvrait le corps de l'étranger, elle attrapa avec une extrême délicatesse, le bandage au niveau de sa jambe.

Au mépris des excellents soins de la Godaime, les bandes étaient déjà imbibées de sang séché et de lymphe, teintant le tissu d'une certaine couleur brunâtre étrange. Elle plaça le linge usagé dans un récipient métallique prévu à cet effet puis nettoya les plaies. De deux doigts, elle préleva la pommade médicinale verdâtre, puis l'appliqua avec la même douceur, sur la blessure, déroula une bande propre. Elle réitéra le même procédé pour son bras.

La jeune femme, ses cheveux pastels semblables aux fleurs dont elle portait le nom, attachés en une simple queue de cheval haute, comme à son habitude lorsqu'elle était en soin, s'approcha du visage du jeune homme. Elle espérait que son coma lui permettait de moins souffrir.

Au fur et à mesure qu'elle déroulait la bande de tissu tachée, elle découvrit son visage. L'œil droit manquant, toute cette moitié de sa face était recouverte comme d'une sorte de pellicule blanchâtre qui ressemblait à une peau. Une peau vivement inflammée, très fine, fragile et marquée de profondes rides, s'étalant du haut de son front, jusqu'à sa lèvre inférieure puis s'étirant jusqu'à la racine de ses cheveux ébènes, ainsi que son oreille droite.. Il gardera de larges cicatrices à vie.

A l'aide d'une petite pince métallique, elle retira tous les tissus trop abîmés. Appliqua ensuite l'onguent, puis déroula le bandage. Celui-ci lui prenant la moitié de son visage, traversant son front et faisant le tour de sa tête. Elle se demanda qui était cet homme. Personne n'avait semblait le reconnaître et au vu de son état, elle n'en était pas étonnée.

Suite à l'invasion de Pain, de nombreuses personnes étaient portées disparues. Leur familles avaient accrochés des photographies de leurs êtres chers dans le hall d'entrée de l'hôpital. Tous les jours, la jeune femme voyait des dizaines de personnes se rassembler pour voir si on les avait retrouvés. Cela fendait le cœur de la rose.

Ce matin là, elle avait prit le temps de regarder toutes ces images, comme elle le faisait souvent depuis l'invasion de Pain. Cela lui permettait de continuer à croire, à se battre, à protéger son village, ses habitants, ses amis, Naruto. C'est grâce à toutes ces personnes qui comptaient pour elle, qu'elle arrivait encore à se lever le matin. Malgré le désespoir se faisant de plus en plus présent au fond de son être. Elle se donnait corps et âme dans son travail de médecin, et s'était durement entraînée pour ne plus jamais être un poids pour son équipe en tant que Kunoichi.

Mais aucun des portraits accrochés sur le large tableau de l'accueil ne correspondaient ne serait-ce qu'un temps soit peu à l'homme qu'Hinata avait ramené. Elle se demandait s'il avait une famille.

Sakura coinça la dernière bande à l'arrière de la tête du jeune homme. Elle se débarrassa du matériel usagé, puis s'attela à vérifier ses constantes et lui administrer ses médicaments par intra-veineuse non sans inscrire sur le recto de son dossier les soins qu'elle lui avait prodigué. Dans un dernier coup d'œil vers son patient, elle sortit de la chambre deux-cent-dix, numéro qu'on avait également attribué à l'inconnu.

Elle referma la porte derrière elle, lui arrachant un soupir de compassion, elle ne put empêcher l'image de l'homme qu'elle aimait de se matérialiser au sein de son esprit. Puis reprit le chemin en sens inverse afin de s'occuper des autres patients de sa journée.

….

Dans un « pouf » sonore, un petit chien apparaissait au travers la fumée, faisant s'envoler les innombrables parchemins qui parsemaient le bureau de la godaime. Un pinceau s'agitant entre son index et son majeur, un soupire s'échappa de ses lèvres carmins.

- « Bisuke… Des nouvelles ? » Demanda-t-elle dans un soupir, légèrement excédée par le nombre de papiers qu'elle allait devoir ramasser pour les trier.

- « Après avoir passé deux semaines au sein du village de Tanzaku, il vient de le quitter en prenant la direction du Sud. Nous n'avons encore pas connaissance de sa destination ni de ses desseins. Pakkun est toujours sur ses traces. »

Trois petits coups se firent entendre sur la porte. La princesse à la limasse fronça ses fins sourcils blonds, levant son regard noisette sur le battant. Elle intima au petit chien de continuer la filature et de l'informer du moindre de ses mouvements.

- « Bien Hokage-sama »

Dans un bref hochement de tête, témoignant de son respect, le canidé s'évapora aussi vite qu'il était apparu. Faisant à nouveau s'envoler le moindre papier qui avait eu la chance de rester sur le bureau.

Une veine palpitant sur sa tempe, elle ordonna d'une voix forte et ferme à la personne qui patientait derrière la porte d'entrer.

De long cheveux lisses sombres comme la nuit, deux blanches perles lunaires timides, le rose aux joues, une tête passa tout juste l'encadrement de la porte. Hyûga Hinata entra d'un pas mal assuré, embarrassée du comportement déshonorant dont elle avait fait preuve face à son Hokage la veille. Elle devait faire son rapport de la mission, qu'elle et son équipe, s'étaient vus confier.

Suite aux informations récoltées par Jiraya juste avant son assassinat par Pain, le village d'Ame semblait être un point clef dans l'organisation de l'Akatsuki. Il était donc convenu qu'Hinata, Naoki et le capitaine Asagorô, se rendent sur place afin de glaner le plus d'informations possibles, susceptibles d'aiguiller sur un éventuel repère, au sein du village même ou non. Malheureusement, leurs recherches furent bien maigres. Malgré la présence continuelle de « l'Ange de Dieu », qui semblait aujourd'hui diriger le village, il leur était toujours impossible d'y pénétrer. Cependant, ce dirigeant aussi obscur soit-il, ne semblait plus lié à l'Akatsuki.

Dans le reste, leur voyage se passa sans encombre, ne rencontrant aucun ennemie ou obstacle sur leur chemin, enfin, jusqu'à l'inconnu...

- « Bien, il va falloir que je prenne une décision quant à cet Ange de Dieu. Même si effectivement aujourd'hui il n'a plus de lien terroriste, nous ne pouvons ignorer son implication. J'en ferais sûrement part aux autres Kage. Dans un premier temps, il nous faudra bien découvrir son identité.»

La jeune fille s'inclina afin de prendre congé, mais la blonde l'arrêta.

- « Je n'ai pas fini. »

Hinata se retourna, face au regard sévère que lui portait l'Hokage, elle ne put s'empêcher de maltraiter ses pauvres doigts sous la nervosité. Elle n'allait sûrement pas apprécier ce qui allait suivre.

Fin Chapitre 5.

- Ohanami = Littéralement « la contemplation des fleurs ». L'on parlera ici des fleurs de cerisiers (sakura). Une véritable tradition au Japon, qui se déroule fin mars début avril.

- Kôcha = thé noir japonais.

- Yatai = petit restaurent de rue.

- Yûrei = fantôme japonais.