Et Konbanwa chers lecteurs.
Voici donc le sixième chapitre de ma fiction qui, je le sais, met beaucoup de temps à se mettre en place. Pour les personnes qui semblent perdues, rassurez-vous, tout ceci prendra forme et sens plus tard.
Bref… Voici donc le dernier chapitre que j'avais d'avance, ce qui veut donc dire qu'à partir de maintenant je vais vraiment publier de manière aléatoire en fonction de ma créativité et de mon temps.
Toujours est-il que je reste preneuse de toutes critiques alors n'hésitez surtout pas à commenter. De même qu'une ou deux petites reviews pourraient me motiver à publier plus rapidement ^^
Sur cet entre-chat, je vous laisse apprécier (ou non) votre lecture.
Votre dévouée Hana, que se réjouit de vous lire !
Chapitre 6.
Trois petits mots, trois petites morts.
- « Comment ?» Hinata écarquilla les paupières sous la surprise de la demande de l'Hokage. Comment pouvait-elle lui demander de remplir une mission pareille ? Elle n'était pas assez qualifiée pour cela et son clan allait nécessairement poser problème. Elle crut tout d'abord à une blague.
- « Tu as parfaitement compris. Dès demain, tu sera en charge des traitements, de la convalescence ainsi que de la surveillance de l'inconnu que tu as tant voulu secourir. En espérant qu'il se réveil un jour. » Répondit la Senju d'une voix ferme.
- « Mais… J-je n-ne suis pas assez c-compétente e-et mon clan… J-jamais ils n'accepteront... » La princesse au Byakugan baissa ses iris de nacre, trouvant ses pieds tout à coup très intéressants, s'arrachant la peau de ses paumes sous l'angoisse que cette nouvelle lui apportait. Comment pouvait-elle convaincre son père ? Comment seulement pouvoir lui en parler ?
- « Tu t'es acharnée pour pouvoir le sauver, sans toi, cet homme serait mort. Il est temps que tu assumes tes actes et tes choix jeune fille. Je veux que tu en parles toi-même à Hiashi-sama. Si cela pose trop de problèmes à ton clan, je tâcherais de trouver une solution. Mais cet étranger est ta responsabilité, c'est donc à toi que revient cette charge. Il est hors de question que je missionne un autre ninja sur son cas. » L'aînée laissa le temps à Hinata d'assimiler ce qu'elle venait de lui dire. Puis, sur un ton qui ne laisserait entendre qu'aucun refus ne serait toléré, elle poursuivit : « Dans la conjoncture actuelle, je pense que tu as parfaitement compris pourquoi. Dois-je te rappeler que nous serons bientôt en guerre ? »
Elle voyait bien la détresse dans laquelle la jeune kunoichi se trouvait. Mais elle ne pouvait se permettre de charger un autre ninja sur cette mission, ce serait une perte bien trop précieuse. Le village était en pleine rénovation, les ninjas restant étaient en mission de renseignement pour la plupart. Sakura et Shizune devaient rester à l'hôpital pour soigner les blessés de l'attaque de Pain et elle devait organiser ce fichu conseil des cinq Kage. Pour elle, il était aussi temps que la jeune héritière s'affirme, prenne confiance en elle, s'impose enfin face à ce clan si rigide et austère. Elle pensait qu'une mission de cette ordre, lui permettrait de se rendre enfin compte de ses réelles capacités.
- « B-Bien Hokage-sama » fit la jeune femme, inclinant profondément la tête en signe de soumission et de respect. Son palpitant battait à tout rompre, ses joues s'empourpraient déjà et quant à l'idée de devoir parler de cette mission au patriarche, elle ne put contrôler un tremblement de ses membres.
Un soupir échappa à Tsunade face au trouble de la brune. Il lui fallait un mot d'encouragement. Elle était une bonne médic-nin, preuve en était, elle avait réussi à maintenir en vie un homme aux portes du Yomi avec strictement le nécessaire de survie sur elle. Sa bonté, sa générosité et sa gentillesse faisaient d'elle la meilleure personne pour s'occuper de la convalescence de l'inconnu. Sa rigueur, sa constance dans ses entraînements ainsi que son Dojutsu seraient également des qualités indéniables quant à la surveillance de celui-ci, si tant est qu'il se réveil un jour. Il fallait juste qu'elle s'en rende compte et qu'enfin, elle montre ce dont elle était capable au monde.
- « J'ai confiance en toi Hinata. Tu as toutes les capacités requises pour remplir à bien cette tâche. » lui dit-elle avec sincérité.
- « M-Merci Hokage-sama... » lâcha la hime du bout des lèvres, comme un murmure, sans relever la tête. Elle avait confiance en la Godaime, mais elle ne put s'empêcher de penser qu'elle plaçait trop d'espoir en elle.
- « Bien, tu peux disposer. »
La kunoichi se retourna, referma la porte derrière elle, puis prit la direction de la sortie d'un pas incertain.
Hinata sortit de la tour du Hokage dans une anxiété apparente. Marchant sans réfléchir dans le village, laissant ses pas la guider au travers les nombreux ninjas et hommes travaillant toujours plus ardûment pour la reconstruction de leur foyer à tous. Tous les shinobis restés sur place et hommes en état disponibles s'affairant au dur labeur avec hargne et force de volonté.
Depuis l'attaque de Pain, il régnait au sein de leur abri une ambiance lourde, morose. L'on lisait le poids de la perte et de la culpabilité sur tous les visages. Autant pour les soldats de l'ombre que les civils. L'on n'entendait plus les nombreux commerçants du marché sur la place principale. L'on ne distinguait plus les enfants dans le parc, jouer au jeu de la cannette ou à l'apprenti ninja pour les plus téméraires. L'on ne voyait plus les couples se prélasser en cette belle saison au bord du lac, se régalant des rayons de la douce chaleur que leur offrait la déesse.
Aujourd'hui, la place était rasée, le parc pour enfants, qu'un lointain souvenir et un gigantesque cratère remplaçait l'étendue d'eau autrefois si propice au repos. Aujourd'hui, Amaterasu écrasait les habitants par sa chaleur furieuse, comme une punition divine face à leur impuissance contre ce monstre.
Les pieds de la jeune kunoichi continuaient de fouler la terre battue, témoin des atrocités de son monde, toujours perdue entre réflexions et angoisse. Comment convaincre son clan de la laisser accomplir une telle mission ? Comment convaincre les anciens, elle qui ne représente qu'un fardeau ? Comment convaincre son père, elle qui n'est que déception à ses yeux…
Elle releva la tête, observant au travers de ses yeux de nacre, toutes ces personnes qui s'activaient telles des fourmis. Malgré la tristesse et la profonde peine que l'on pouvait voir se peindre sur leurs visages, ils n'abandonnaient pas et c'est avec force de détermination et courage que tous s'unissaient afin de rebâtir leur havre de paix. Elle pouvait voir la sueur rouler sur leur peau musclée tannée par le soleil. Elle pouvait entendre les soupirs passer entre leurs lèvres sous leurs efforts. Mais surtout, elle pouvait percevoir cette étincelle au fond de leurs yeux. Une petite étincelle pour embraser la Volonté du Feu.
Les habitants du village caché de la feuille, force de cette volonté transmise à travers les âges par le Shodai Hokage, se relevaient toujours, avec cet héritage au fond de leur cœur. Aujourd'hui ils avaient un nouvel espoir. Le héro de Konoha. Mais pour combien de temps encore ?
A la pensée du blond, Hinata baissa le regard sur ses mains qu'elle n'avait cessé de torturer depuis sa conversation avec la Godaime. Un léger soupir traversa la barrière de ses lèvres rosées. Elle ferma un instant les yeux.
Naruto…
Elle s'était battue pour lui, pour le village. Face à l'homme qu'elle aimait, étendu sur le sol, ses joues mordant la poussière, son corps transpercé de toute part par ces effroyables transmetteurs de chakra noirs, l'immobilisant; elle n'avait pu se résoudre à l'abandonner. Lui qui envers et contre tous, s'était toujours battu pour prouver sa valeur, s'était toujours relevé, plus fort encore, plus généreux, plus souriant, plus lumineux malgré le rejet de son propre village pour sa personne. Lui qui était prêt à se sacrifier pour des gens qui le méprisaient. Elle ne voulait pas qu'il abandonne son rêve, il devait devenir Hokage, et comme lui, elle n'abandonnerait jamais. Elle serait la gardienne de ce rêve.
Il lui avait montré la voie toutes ces années. Toutes ces années depuis son enfance à l'observer dans l'ombre, à l'admirer, lui avait donné la force de se battre non pas pour elle même, mais pour lui, pour sa famille, pour Neji, pour ses amis, pour le village. Il lui avait transmit sans le savoir son nindô. En reconnaissance, elle s'était acharnée à l'entraînement, aussi bien avec son équipe que seule. Épuisée à vouloir toujours devenir plus forte pour tous les protéger. Un jour, elle rendrait fière son père et son village. Un jour, ces yeux azurs la regarderaient enfin.
Alors pour toutes ces raisons, pour le village, pour elle, pour lui, pour leur nindô, elle n'avait pu se résoudre à l'abandonner à une mort certaine. Elle s'était alors jetée à corps perdu entre son aimé et le monstre qui le surplombait de toute son terrifiante hauteur. Elle n'avait pas abandonné.
Elle lui avait dit ces mots, ces trois petits mots qui la hantaient depuis leur première rencontre à leur quatrième printemps, lorsqu'il avait prit sa défense contre ces enfants plus âgés qu'eux. Et comme lui, elle avait enduré les coups, se relevant pour toujours encaisser, jusqu'à ce que ses forces la quitte. Mais jamais elle n'avait abandonné.
Grâce à elle, il avait trouver la force de se relever, ne pouvant supporter de la voir souffrir, ne pouvant supporter de la voir mourir à sa place. Lui qui n'abandonnait jamais ses amis, elle, la première personne de sa vie à prendre sa défense. Elle se relevait, toujours plus blessée, toujours plus mutilée, toujours plus éreintée. Mais elle se relevait, encore et encore, pour lui, elle se battait pour lui. Grâce à elle, à sa détermination, cette chaleur au fond de son cœur s'était embrasée, jusqu'à consumer tout son corps meurtris. Il avait réussi à trouver la rage d'éliminer Pain.
Elle lui avait dit ces trois petits mots. De simples mots, si courts, pour tant de sentiments indescriptibles qui semblaient la tourmenter depuis l'éternité. Mais voilà, il ne lui avait jamais répondu. Il était son ami oui, il tenait à elle oui, mais comme il tenait à tout le village, comme il considérait ses habitants comme des membres d'une seule et même famille malgré ces années de souffrance, de solitude à cause d'eux, de leur ignorance, de leur haine, de leur intolérance. Mais il ne lui avait pas répondu…
Soudain, comme de concert, une furie blonde débarqua de nulle part devant elle. La noiraude ne put s'empêcher de hoqueter de surprise face à cette tempête d'enthousiasme.
- « Oi Hinata ! » Fit le jeune homme aux cheveux d'or, un éblouissant sourire sur ses lèvres faisant irrémédiablement manquer un battement au cœur de la jeune femme, sentant déjà ses délicates joues laiteuses s'empourprer d'une couleur rosée, rivalisant avec les bourgeons des cerisiers qui ne sauraient tarder à éclore.
Baissant le regard au sol, ses joues toujours en feu, elle essaya de se cacher derrière son rideau de cheveux lui tombant sur le front. Elle ramena son poing contre de ses lèvres, comme pour fortifier cette muraille qu'elle tentait vainement d'édifier.
- « Na-Naruto... » Tenta-t-elle de le saluer.
Le blond, fidèle à lui-même, ne fit pas cas de son embarras. Peut-être ne l'avait-il même pas remarqué. Son sourire toujours aussi lumineux, il continua.
- « Tu es enfin rentrée de mission. » Dit-il plus comme un constat qu'une réelle question.
- « Hm. » Répondit-elle, une boule se formant déjà au creux de sa gorge.
Pourquoi devait-elle être aussi sensible ? Pourquoi était-elle toujours si faible, telle l'enfant qu'elle n'était pourtant plus ? Pourquoi toujours devant lui, si fort, si solide, si… admirable. Encore une fois, elle se maudissait d'être ce qu'elle était.
- « Sakura m'a raconté tes exploits ! » Continua-t-il dans son éternelle bonne humeur. « Ce que tu as réussi à faire est incroyable ! Tu es vraiment trop cool Hinata ! » Ce même sourire, son pouce dressé devant lui dans un mouvement de joie, ressemblant étrangement à une certaine ombrageuse panthère de jade.
La jeune femme sentit ses joues lui brûler encore un peu plus, fût-il tout du moins possible. Mais elle ne put ignorer ce petit pincement qui lui étreignit le cœur à l'entente du nom de la rose. Sakura, si belle, si forte, la disciple de la Godaime en personne, si talentueuse, si… parfaite. En somme tout le contraire d'elle.
Au fond, elle comprenait Naruto. Elle ne pouvait que s'incliner face à cette perfection de kunoichi, de femme. Elle, si faible, si impuissante, si futile, comment seulement espérer atteindre le cœur du grand héro de Konoha ? Elle faisait bien pâle figure à côté de tant d'éclat.
- « Na-Naoki m'a beaucoup aidé… La chance était avec nous. » Répondit la jeune femme, se pinçant les lèvres et torturant une fois de plus ses doigts innocents dans un geste inconscient.
- « Ah… tu es trop modeste Hinata ! » Ria-t-il aux éclats, les bras croisés derrière sa nuque. Rire qui se fanât bien vite lorsque la douce kunoichi lui apprit ce qu'on lui avait rapporté à propos de Sasuke.
- « Haï… » Commença-t-il tout en abaissant ses bras dans un mouvement lent, l'une de ses mains s'attardant à gratter sa joue striée dans un geste d'inconfort, son sourire habituellement si large, ne se réduisant plus qu'en un rictus amère, le bleu azuréen de ses yeux s'assombrissant.
Aussitôt, Hinata s'en voulue d'avoir abordé le sujet. Elle savait pourtant parfaitement que le ténébreux était le talon d'Achille du blond. Mais dans son extrême embarra, elle n'avait sut que dire d'autre. Et plus que tout, elle voulait lui montrer son soutien.
Lui jetant de petits coups d'œil furtifs, elle put presque entendre le cœur du jeune renard se briser.
Se reprenant rapidement, sans pour autant réussir à cacher sa peine, Naruto continua.
- « Le teme a encore fait des siennes. » Un léger rire illustrant ses propos et sa gène. Puis, la défiant du regard de ses yeux céruléens si droits encrés dans ses lunes, comme pour se convaincre lui-même, il ajouta. « Mais je vais lui mettre la raclée de sa vie et le ramener à la maison par la peau du cou s'il le faut ! »
- « Hm… » Dit-elle à demi mot, croyant le dernier des Uchiha perdu au fond des ténèbres. Mais qui de mieux placé que Naruto et sa chaleur naturelle, sa détermination sans faille pour lui éclairer le chemin ? « Tu y arrivera. J-J'ai confiance en toi. »
A ces derniers mots, Naruto lui esquissa un doux sourire, bien différents de ceux aussi larges que sa douleur qu'il cachait en permanence derrière ce masque. Un simple mouvement de ses lippes, la couvant du regard, comme pour la remercier de croire en lui.
La brune se sentit égoïste sous ce regard qui ne put que lui réchauffer le cœur déjà bien trop meurtri. Elle ne put qu'éprouver du remord face à ses sentiments si déplacés. N'était-elle qu'un monstre d'égoïsme, aussi faible et fragile qu'une jeune pousse de crocus à la rosée du matin ? Elle s'en voulue de ne penser qu'à ses propres faiblesses et désirs face à cet homme solitaire qui avait tant enduré et trouvait pourtant encore la force de sourire jour après jour, éclaboussant de sa lumière si chaleureuse son monde.
Ce monde… dont elle avait le sentiment de ne faire partie, elle si terne. Empoisonnant de sa faiblesse et ses remords, sa famille et elle-même. Comment pouvait-elle prétendre se tenir à ses côtés ? Elle ne ferait que le contaminer de sa profonde et douce obscurité. Quel narcissisme désolant…
Malgré tout le soutien que la hime voulait apporter aux personnes qui lui étaient chères, elle ne pouvait faire autrement que de se comparer et se rabaisser.
Quelle ingratitude que de ne toujours penser qu'à ses propres faiblesses plutôt que de donner son énergie à les soutenir. Se sentant si seule mais pourtant si entourée. Elle ne faisait qu'espérer et se reposer sur leurs épaules, sur ses épaules bien plus robustes que les siennes, portant, néanmoins, déjà tout le poids du monde.
Elle se sentit ridicule, dans le cheminement de pensées tourbillonnant, incessant, qu'était son esprit torturé. Quelle piètre kunoichi faisait-elle, exposant ses failles au monde.
Un ninja devait être fort. Un ninja ne devait montrer le moindre sentiment. Un ninja devait être neutre, un soldat au service de son village et par extension, de son Daimyô. Un ninja devait obéir aux ordres sans scrupule.
En serait-elle seulement un jour capable ? Enterrer tous ses sentiments qui la noyaient jusqu'à en suffoquer.
Pas d'attachement, pas de sentiment, pas d'émotion, essaya-t-elle de se répéter comme un mantra qui se refusait de s'encrer en son sein.
La guerre approchait, elle n'était qu'une arme sans conscience, c'est tout ce à quoi elle devait penser.
Précipitamment, trébuchant sur presque chacun de ses mots, elle ferma définitivement la conversation avec le blond. L'informant de sa mission, afin de tourner les talons pour mieux fuir.
Le Jinchûriki lui répondit qu'il devait de toute façon aller voir obâ-chan pour la convaincre de l'envoyer en mission sur les traces de son meilleur ami. Ce qui en d'autres termes voulaient dire rien de moins que de harceler la pauvre femme jusqu'à suffisamment l'excéder, dans une confrontation éternelle qu'il ne lâcherait pour rien au monde. Pour ne finalement que la fatiguer d'avantage au point de céder à sa requête.
Ce fût donc sur ces dernières paroles que les deux ninjas se séparèrent, empruntant un chemin aussi opposé que leur imposait leur vie respective. Lui dans la lumière, elle dans son ombre, se prosternant toujours à ses pieds.
Fin chapitre 6.
