Bonjour à tous ! Voici quelques informations générales : mon rythme de publication sera d'approximativement deux semaines, cela dépendra des facteurs qui impacteront ma petite vie. Quelques chapitres sont déjà écrits à l'avance, en cas de pépin. N'hésitez pas à me laisser votre avis pour que je progresse et connaisse vos impressions sur cette fanfic, cela ne pourra que m'aider !

Voici les réponses aux reviews :

Réponse à Hikari2309 : ah je suis contente de ne pas trop m'éloigner des caractères d'origine ! J'avais peur qu'en explorant leurs pensées, je m'éloigne un peu. Pour le moment, je vais essayer de poster un chapitre toutes les deux semaines et tenter d'écrire quelques chapitres en avance, au cas où tout ne se passe pas comme prévu ! Enfin, j'ai les grandes lignes de l'histoire en tête, mais il se peut que j'aie d'autres idées qui me viennent pendant l'écriture. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me laisser cette review, cela m'a fait très plaisir ! Je suis très heureuse que ce début de l'histoire te plaise, et j'espère que la suite te plaira tout autant.

Réponse à Rizlaine : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait plaisir ! Voici le deuxième chapitre, j'espère que celui-ci te plaira également !

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne lecture !


On lui avait souvent dit de rester à sa place. D'abord sa mère, puis son oncle, et enfin les autres personnes qui longeaient les murs dans les bas-fonds. L'endroit où il était né l'empêchait d'aller en haut. Oui, le lit dans lequel il était né le condamnait à courber le dos, à s'incliner sans s'indigner pour survivre.

Mais malgré cela, Levi en avait eu assez de vivre à genoux.

Ce matin-là, il s'éveilla avec un goût âpre dans la gorge. Ses rêves pernicieux ne manquaient jamais de lui rappeler sa vie d'avant. Les personnes à qui il tenait, celles qu'il avait blessées, voire tuées. Il soupira et se redressa sur son lit. Il était passé d'un meurtrier à l'homme le plus fort de l'humanité. Qui l'eut cru ? Qui aurait pu croire que son audace le mènerait si loin ? Son regard se posa sur quelques poches déchirées d'anciens uniformes, qui reposaient sur son bureau.

Plus que deux jours avant de nouvelles pertes.

Il n'avait pas peur pour lui. Il savait qu'une nouvelle fois, il en survivrait. Levi pouvait survivre à tout. Tant que cette folle rage s'agitait en lui, il pouvait vaincre n'importe quoi. Tant que les titans seraient encore une menace, alors il se battrait. C'était le seul carburant qu'il avait, le seul qui lui semblait fiable. Le soldat avait essayé, autrefois, de s'attacher à des personnes et de se battre pour elles. Il était tombé de bien haut, et avait juré de ne plus recommencer. La douleur était trop sourde, trop inconnue, trop aiguë. C'était une souffrance qui ne s'enfuyait pas face aux médicaments, une douleur qui restait sourde à sa volonté. En s'habillant, il songea aux recrues qui avaient quelqu'un à protéger, et le visage de Mikasa Ackerman lui vint en tête.

Elle aussi, tomberait de bien haut un jour.

Probablement de bien plus haut que lui. Pourrait-elle survivre à la perte de son frère ? Elle perdait tout sang-froid dès qu'il s'agissait de lui, dès qu'il était en danger. Sans Eren, songea-t-il, elle serait peut-être aussi forte que lui. Tout du moins, elle aurait moins de faiblesses ; et son frère était bel et bien sa plus grosse faille. Il appréhendait le jour où cela arriverait. Ce serait dommage de perdre un si bon élément. Peut-être le meilleur qu'il n'eut jamais entraîné.

Il sortit de son bureau, qui faisait également office de dortoir. Il appréciait pouvoir se mettre au travail dès le réveil. Dans le couloir, il croisa Hanji qui le salua d'une accolade qu'il esquiva difficilement.

« Bah alors, on s'est levé du mauvais pied ?

- La ferme.

- Si tu me laissais te donner quelque chose, tu pourrais probablement mieux dormir !

- Plutôt mourir que de te laisser m'empoisonner.

- Tu ignores ce que tu perds... »

Ils rejoignirent la salle commune et s'installèrent à la table des gradés, d'où ils pouvaient observer toutes les recrues. Hanji adorait faire des pronostics sur leurs relations, et s'amusait régulièrement à mettre ses « couples favoris » hypothétiques ensemble lors des expéditions ou des entraînements. Il n'écoutait qu'à moitié ses hypothèses, mais admettait tout de même que la jeune femme était douée pour deviner les sentiments d'autrui. À la table juxtaposant la sienne, son escouade mangeait avec entrain ; profitant des moments de répit que constituaient les pauses déjeuner. En effet, tous étaient très stressés d'entraîner Eren Jäger dans le contrôle de son titan, et ils se retrouvaient toujours sur leurs gardes, de peur de finir dévorés par le gamin.

« Tu as vu comment Ymir regarde Christa ? Je te parie un steak qu'elles finiront ensemble ! Peut-être même qu'on pourrait les surprendre dans les douches ensemble !

- Hanji, je ne veux surprendre personne dans les douches.

- Tu ne sais pas t'amuser... »

À son grand soulagement, Erwin interrompit la scientifique en posant son plateau sur la table.

« Qui parle de surprendre quelqu'un dans une douche ? Hanji, le voyeurisme est interdit ici.

- Ehm... C'est pour une expérience ! Et ce ne sont que des hypothèses, il reste à les vérifier et à les reproduire pour en attester la véracité...

- D'accord... Contente-toi d'expériences utiles aux expéditions, d'accord ?

- Oui... »

Un bruit de vaisselle cassée attira son attention. Eren tira soudain sur l'uniforme de Jean, en l'insultant de tous les noms qui lui passaient par la tête, tandis que son adversaire le frappa au niveau du ventre. Une énième dispute éclata, tandis que le caporal soupirait en observant ces deux énergumènes. Ils combattaient comme des enfants malgré ses entraînements, et cela l'agaçait encore plus que tout ce bruit dès le matin. Soudain, Levi se leva et s'approcha des combattants lentement. Il sentit la tension monter. Les deux idiots ne le remarquèrent que lorsqu'il était trop tard.

« Oh, caporal...

- Vous me faites honte à vous battre comme des estropiés. Je ne vous ai donc rien appris ? »

Les deux adolescents se tenaient soudain droits comme des piquets. Il pouvait voir, de là où il était, la sueur perler sur leurs tempes.

« Caporal, c'est lui qui a commencé à insulter ma mère...

- Je me fiche de ta mère, Jäger. Vous savez ce qu'il vous attend. »

Baissant leurs têtes pour que leur supérieur puisse y accéder, celui-ci commença par frotter la nuque de celui aux yeux émeraudes. Puis, il lui asséna une grosse gifle, et le garçon tressaillit de douleur. Puis, il se retourna et réalisa la même chose sur le plus grand, tellement crispé qu'il eut l'impression que sa main allait casser.

« Maintenant, allez-vous asseoir. Si je vous entends encore, je veillerais personnellement à ce que vous soyez en première ligne lors de l'expédition, pour que votre connerie empoisonne les titans lorsqu'ils vous boufferont. »

Le silence était total dans la salle commune. Les autres recrues étaient choquées, et prièrent pour que ce ne soit pas eux en première ligne. Les deux punis retournèrent à leur place, la queue entre les jambes, sans même se jeter un regard. Ainsi, le caporal traversa la pièce et croisa le regard de Mikasa, une expression interdite sur le visage. Ses yeux noirs semblaient lui lancer des couteaux et l'éviscérer, mais il n'en avait cure. Elle n'avait qu'à mieux l'éduquer.

Le cauchemar qu'elle avait fait lui avait laissé un goût de fer dans la gorge. Elle observa celui qui l'avait sauvée par deux fois. La première fois, lors de la bataille de Trost, alors qu'Eren venait de reboucher le mur sous sa forme titanesque. Et la deuxième fois, lors de son rêve, lorsqu'il avait tranché la nuque de son frère, sur le point de la dévorer.

Ainsi, dès que leurs regards se croisèrent, son cœur se tordit sous la colère. Tout d'abord, car il venait de frapper son frère. Ensuite, car l'endroit où il l'avait frappé lui rappelait douloureusement ce rêve où il l'assassinait. Elle lui en voulait pour ces deux raisons ; même si la seconde n'était pas légitime, étant donné que cela était irréel.

« Mikasa, si tu continues de le fixer comme ça, toi aussi tu vas te faire punir...

- Je ne baisserai jamais les yeux face à cette enflure. »

Sasha tourna vivement la tête vers elle, les yeux écarquillés. Pas seulement Sasha, en fait. Toute sa table l'observait comme si elle était folle de défier le caporal, qui se contenta d'arquer un sourcil face à sa remarque. Elle eut l'impression que toute la haine qu'elle avait ressentie ces derniers jours explosait dans sa poitrine, à destination de son supérieur. Celui-ci se contenta de regagner sa place, et une fois assis, la tension retomba d'un coup.

« Wow, tu t'en es sortie indemne... Je n'en reviens pas.

- Ferme ta bouche Sasha, ton pain va tomber. »

La mangeuse de patates referma d'un coup sa bouche, en mâchant bruyamment. La remarque du caporal eut l'effet d'une claque pour toutes les recrues, faisant face à la réalité qui les attendait dans deux jours. Certains mourraient. Ils allaient mourir de manière atroce. Ils allaient tous avoir mal, que ce soit physiquement ou émotionnellement.

« Mikasa... Je me trompe ou tu prévois d'aller dans le groupe d'Eren dans deux jours ? »

Elle planta son regard dans les iris bleus d'Armin, qui la regardait d'un air soucieux.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Ton attitude envers le caporal. On dirait que tu veux te faire virer de son groupe.

- Je n'y ai même pas pensé, mais c'est une super idée Armin.

- Je ne voulais pas dire ça ! Au contraire... Si tu es avec moi, c'est pour une bonne raison. Je pense que tu combats mieux quand Eren n'est pas là, car tu n'as pas la charge mentale de sa protection. »

Elle fronça légèrement les sourcils. Elle savait que son désir de protection n'était un secret pour personne. Et Armin, son meilleur ami, la connaissait mieux que personne.

« La dernière fois où j'ai été affectée par un autre groupe, vous avez failli mourir, Eren et toi. Tu peux comprendre que cela me fait peur.

- Je le sais, Mika. Mais Eren est un titan. Il a fait des supers progrès depuis la dernière fois. Et il est avec le major ! Il ne laisserait pas son meilleur atout mourir, tu ne penses pas ? »

La douceur de la voix d'Armin la fit sourire un peu, et détendit son cœur qui se tordait encore auparavant. Alors qu'elle était la force, lui était la pure stratégie. La prodige du combat n'était pas dénuée de raisonnement, au contraire ; mais Armin la complétait et lui faisait voir le monde d'un angle nouveau.

« Oui, tu as probablement raison... Merci d'essayer de me rassurer.

- Tout ira bien, tu verras. »

Les conversations reprirent de plus belle. Elle pouvait observer chaque recrue discuter avec leurs proches. Christa exposait à Ymir la meilleure manière de tuer un mouton sans souffrance, et celle-ci l'écoutait avec une attention religieuse. Reiner et Berthold semblaient assez nerveux pour se disputer à propos du goût du pain ; le blond affirmait que celui-ci était semblable au goût de l'ail, pendant que son ami lui rétorquait que c'était celui d'une échalotte. Eren semblait s'excuser auprès de Jean, qui lui rendait la pareille, et leur attitude lui mit la puce à l'oreille. Depuis quand laissaient-ils tomber leur fierté pour s'excuser, ces deux-là ? Armin discutait de manière faussement gaie avec Sasha et Connie, qui lui répondaient avec joie.

La table des gradés semblait légèrement plus agitée. Toute l'attention de la brune était retenue par les grands gestes de Hanji, l'attitude détachée du caporal, et le regard déterminé du major Erwin. En revanche, elle ne pouvait rien entendre à cause de ce brouhaha général, et cela l'agaçait. Elle voulait savoir pour quelle raison Hanji avait l'air si désemparée. Cela ne correspondait pas à l'image qu'elle avait d'elle.

« Mais enfin, Levi ! Tu vas faire des blessés juste avant l'expédition ! On ne peut pas organiser un entraînement tridimensionnel en si peu de temps !

- Evidemment qu'on le peut. Ils ont besoin de se sentir confidents, si l'on veut qu'ils soient efficaces. »

L'adulte jeta des regards implorants à son supérieur, qui semblait considérer l'éventualité comme intéressante. Elle reconnaissait ces lueurs dans son regard. Elle savait qu'Erwin avait déjà pris sa décision, et qu'il essayait de déterminer si celle-ci était bonne ou mauvaise.

« D'ailleurs, tu es le dernier à te soucier du moral des troupes. Quel est l'intérêt pour toi ici ?

- De m'assurer que je n'envoie pas des gosses à une mort certaine, voici mon intérêt.

- Tiens donc, ce n'est pas ton genre de mentir de manière si effrontée ! »

Hanji avait vraiment le don d'énerver Levi. Elle était probablement née rien que dans le but de le faire chier. Il entendit ses dents grincer, tandis que la colère montait dans sa poitrine.

« Ferme-la, quatre yeux ; ou je tuerai tous les titans. Tu n'auras aucun sujet pour tes expériences, j'en ferais une affaire personnelle.

- Quoi ? Tu n'oserais pas, c'est pour l'avenir de l'humanité ! »

Erwin se racla la gorge, et ils se tournèrent alors vers le blond aux cheveux rasés. Levi n'aimait pas plonger son regard dans le sien. Il avait l'impression qu'il avait toujours trois coups d'avance, sur tout et tout le monde. Il se sentait presque vulnérable, se demandant s'il avait déjà prévu ses réactions sur les jours à venir. Le fait d'être prévisible, même pour quelqu'un en qui il avait confiance, le gênait beaucoup, car cela signifiait qu'on pouvait le manipuler.

« Je pense que c'est une bonne idée. Aujourd'hui, ce sera leur dernier entraînement. Vous allez les séparer en deux groupes, un pour la partie tridimensionnelle, et l'autre pour le corps à corps. Vous tournerez le matin et l'après-midi. La journée de demain sera consacrée à la préparation de l'expédition et la vérification du bon fonctionnement du matériel. Vous vous organisez comme vous voulez, mais je veux aucun blessé ; ils doivent tous être opérationnels.

- Bah je me charge de l'entraînement tridimensionnel. Mike, tu veux les entraîner au combat ou les laisser avec Hanji ?

- Il vaut mieux ne pas les laisser avec elle...

- Je suis à côté je vous rappelle ! »

Sur ces mots, Erwin interrompit toutes les discussions dans la salle en se levant, et commença à leur exposer le programme de la journée. Il scinda les recrues en deux groupes et les répartit avec leurs supérieurs. Dès qu'il sut que la soldate l'ayant offensé précédemment était avec lui dans la première partie de la journée, Levi ressentit une certaine satisfaction. Le brun se permit même de tourner la tête vers son visage dépité, sans rien laisser transparaître. Il se contenta alors de la toiser de ses yeux gris, alors qu'elle pestait dans son coin.

Une agréable journée s'annonçait. Peut-être leur dernière.

À la fin du repas, le caporal réunit son groupe de la journée et, en leur criant dessus, ils se dirigèrent tous vers le terrain d'entraînement au pas de course. Sasha, juste derrière Mikasa, se plaignait d'avoir encore trop mangé à Connie, qui semblait le regretter également. Elle se sentait nerveuse. Mais le miracle de l'humanité ne regrettait absolument pas de l'avoir insulté, au contraire, cela lui avait fait du bien. Après tout, c'était un nain absolument ignoble, qui avait battu son frère jusqu'au sang lors de son procès et qui continuait de mal le traiter. Il était insupportable, hautain, violent.

Et elle n'appréciait pas qu'on traite mal son frère devant elle, sans pouvoir rien faire. Ce type lui faisait ressentir ces émotions qu'elle cherchait désespérément à combattre ; l'impression d'être impuissante, inutile, trop faible. Et elle haïssait se sentir impuissante. Cela lui faisait trop penser au jour où ses parents sont morts.

Ils arrivèrent enfin au début de l'ère d'entraînement, et un groupe de volontaires partit dans la forêt pour mettre en place les cibles. Le souffle court, elle réajusta son équipement tridimensionnel qui la faisait souffrir dans sa course. Le caporal avait-il fait exprès de la séparer d'Eren ? Non, c'était le major qui avait fait les groupes. Elle ne pouvait pas tout lui mettre sur le dos, ce serait être d'une terrible mauvaise foi. Enfin, c'était ce qu'aurait dit Armin s'il était avec elle.

Les volontaires venaient de revenir. Elle commença à s'échauffer, et bientôt, tout son groupe la suivit. Le duo Sasha-Connie avait vraiment l'air de vouloir vomir - et elle se dit qu'elle avait tout sauf envie que ce soit devant elle.

« Bien, je vois que vous êtes chauds. Il y a des obstacles sur deux kilomètres ; soyez vigilants et n'utilisez pas de gaz inutilement. Ackerman, je vois que tu es prête à en découdre. Tu seras la première à passer. »

Elle reteint un grognement, et cette réaction l'énerva soudainement. Pourquoi réagissait-elle comme cela ? Soit, il voulait qu'elle passe en première. Cela ne la dérangeait pas, au contraire ; ça l'entraînait à ouvrir la voie aux autres. Pourquoi aujourd'hui, elle se sentait si tiraillée par ses émotions ? L'expédition qui arrivait bien trop vite devait la rendre à fleur de peau. Oui, ça devait être ça.

« Reçu, caporal. »

Levi haussa les sourcils. Il était surpris de ne pas voir le visage renfrogné qu'il avait aperçu ce matin. Après l'avoir insulté, elle se comportait comme une bonne petite soldate ? Qu'est-ce que ça pouvait lui faire, de toute façon ? Rien, exactement.

« À mon signal... Vas-y. »

La jeune femme s'éleva alors parmi les arbres. Les câbles qu'elle plantait dans les arbres lui permettaient de vriller, de faire des saltos ou encore de tourner sur elle-même. Pour certains, de telles acrobaties empêchaient une bonne prise d'information ; et ils ne faisaient que voler de manière rectiligne. Pour elle, les vrilles et saltos lui permettaient, au contraire, d'avoir une vision d'ensemble de son environnement. Dans les airs, Mikasa se sentait si libre, si éloignée de tous ces sentiments qui lui tordaient le ventre. Elle se sentait elle-même.

Premier obstacle. Un titan en carton, avec une cible en mousse sur la nuque, surgit sur sa droite. Elle planta un de ses câbles en arrière, de sorte à freiner son vol et à l'esquiver. Puis, elle tourna à cause de l'axe de rotation créé par son câble accroché à l'arbre derrière elle ; et elle trancha la cible au passage. Sur ses gardes, elle continua sa route à travers les arbres ; scindait les ennemis qu'elle croisait, virevoltait dans l'air.

Les seules fois où elle se sentait chez elle, c'était lorsque le vent lui fouettait le visage quand elle volait comme cela. Lorsque, telle une gymnaste, elle tournait encore et encore, dans tous les sens, d'une beauté artistique meurtrière.

Elle finit les deux kilomètres sans un défaut dans son parcours, et termina la boucle mise en place par son supérieur. Son groupe l'applaudit chaudement, et elle rangea ses lames dans les fourreaux à ses côtés. Elle lança un regard au caporal, qui l'observait de loin.

« Rien à dire sur ce que j'ai vu, ton parcours était pas mal.

- Merci, caporal. »

Il haussa les épaules, et son attention se reporta sur les recrues qui étaient parties après la jeune femme. Malgré tout, ça lui avait coûté un peu de la complimenter. Mais un bon supérieur savait quand féliciter ses soldats. Et il n'avait clairement rien à dire sur sa prestation ; il savait mettre sa fierté de côté pour encourager certaines recrues.

Ainsi, la matinée se termina sans accroc. Ce groupe était prêt, selon lui, à partir en expédition ; si l'on omettait le fait que Connie avait vomi sur un des titans en carton. Il soupira alors que les recrues se dirigeaient vers le réfectoire pour manger.

Qui ne serait plus là dans deux jours ? Springer qui vomirait dans la bouche d'un titan ? Arlert qui serait trop tétanisé pour s'enfuir ? Ou Ackerman qui irait sauver son frère, se faisant dévorer au passage ? Ses pensées lui firent soudain l'effet d'une prophétie inévitable, par conséquent, il s'envola lui-même en direction des ramures des arbres, pour fuir ces songes inconfortables.

La journée passa trop vite aux yeux de la jeune femme aux yeux si sombres. Elle s'était battue contre Mike lui-même, et avait énormément apprécié combattre avec lui. Dès qu'elle arrivait à le frapper, une fierté sourde saisissait son cœur ; et dès qu'il lui rendait la pareille, la joie d'avoir un partenaire à son niveau était inexprimable. Elle s'était affalée sur son lit, épuisée par la journée physique qu'ils avaient passée, les cheveux encore humides à cause de la douche qu'elle avait prise juste avant.

Plus elle angoissait pour l'expédition, plus le temps passait vite. Cette nuit-là fut vide, silencieuse, morte. Comme si elle était tombée dans un coma mortuaire. Elle n'entendait rien, ne voyait rien, ne sentait rien. Elle s'éveilla avec l'impression d'être au bord d'un précipice, et que le sol s'effritait à ses pieds au fur et à mesure des heures passées à vérifier son matériel et à se recharger en gaz. Ses camarades aussi, avaient l'air au bord du gouffre.

Pourtant, Mikasa n'avait jamais eu le vertige jusqu'à présent.