Réponses aux reviews :
Suu-kuni : Ohlala, que de compliments abffjzenvzoej ! Merci beaucoup ahahah ! Je suis vraiment heureuse de voir que l'intrigue te plaît tant ! Je ne suis pas un génie, même si ta remarque m'a vraiment fait plaisir xD J'espère que la suite te plaira tout autant, et on se retrouvera pour le dernier chapitre de élégie la semaine prochaine !
Reiner Braun entendit le hurlement de son capitaine, et trancha la paume de sa main avec un couteau. Deux éclairs surgirent en même temps de la terre, frappant les nuages gris qui s'amassaient au-dessus de l'Île du Paradis. Une immense chaleur vint entourer son corps, et il se sentit comme enlacé par des tonnes de couvertures. Son corps fut soudain beaucoup plus lourd, et le titan cuirassé observait, au loin, sa cible arriver. La précision des lancers de Sieg était impressionnante : le cristal d'Annie volait dans les airs, approchant rapidement de sa position. Le guerrier doré ancra ses pieds dans le sol, causant quelques tremblements des pins immenses derrière lui, et se prépara à réceptionner sa camarade. Derrière lui, Berthold attendait sur la branche d'un arbre, observant le sauvetage de la blonde de loin. Son titan n'était pas très utile pour cette mission, néanmoins, le brun se tenait prêt à intervenir si le plan ne se déroulait pas comme prévu.
Le détenteur du colossal aperçut, sur le mur, le titan charrette qui revenait. À priori, tout s'était passé comme ils l'avaient planifié. Devant lui, le cristal heurta de plein fouet le titan cuirassé, qui recula de quelques dizaines de mètres sous la force du lancer. Entre ses bras, Annie avait toujours les yeux fermés, et la roche scintillante ne s'était toujours pas fissurée. Le plus grand aperçut son ami souffler face à l'effort qu'il venait d'effectuer. Ils attendaient le retour de Peak et Sieg, qui étaient sur le chemin.
« Genre, tout s'est bien passé ? Il fout quoi, le bataillon ? Depuis que je suis partie, ils ne foutent rien ou quoi ? »
À ses côtés, l'ancien soldat du bataillon d'exploration tourna la tête vers Ymir, qui était perchée sur la branche à ses côtés. Ses yeux fixaient l'horizon d'un air inquiet, et le guerrier pouvait deviner qu'elle s'interrogeait sur son choix.
« Il faut croire que le plan de Reiner a fonctionné. Tu te sens prête à tout traverser ?
- Non, mais je vous dois bien ça, à toi et au gorille... »
Le visage de la jeune femme se teinta d'une douloureuse tristesse, et son interlocuteur en fut quelque peu ému.
« Tu ne regrettes pas de laisser Historia derrière toi ?
- Je lui ai écrit une lettre. Il fallait bien que ce rêve se termine un jour... Surtout avec vos menaces.
- Ymir... Je pense que ce ne sont pas nos menaces qui t'ont convaincue. C'est ton devoir de faire ça.
- Ma parole, tu parles comme ton pote ! Vous vous touchez la nouille ensemble ou quoi ? »
Les joues de Berthold prirent une teinte rosée, et il bégaya quelques mots pendant que la soldate ricanait.
« Après tout, Reiner n'a pas l'air franchement attiré par les femmes. En ce qui concerne tes positions étranges lors de tes nuits, je suppose qu'il n'y est pas pour rien ?
- T-tais-toi ! C'est absolument faux ! Et puis, t'as pas l'air franchement attirée par les hommes non plus !
- Bah t'es con toi, tu sais que j'étais avec Historia.
- O-ouais, je sais. Bref. »
L'arrivée des deux guerriers de Mahr interrompit leur discussion. Sans un mot, Reiner déposa le cristal d'Annie sur le dos du titan charrette, et l'attacha avec des sangles présentes sur l'étalage monté sur celui-ci.
« Tout s'est passé comme prévu ! Ymir, tu es prête ?
- Oui, capitaine.
- Oh, ici tu peux m'appeler Sieg. De toute façon, ton sort sera le même. »
La brune aux taches de rousseurs se renfrogna, et sauta dans la paume de main que le titan cuirassé leur tendait. Reiner déposa ses deux camarades sur le sol et sortit de son titan. Ses cheveux blonds volaient au gré du vent, et ses yeux d'or se posèrent sur ceux de son ami d'enfance.
« On devrait se hâter. Le bataillon d'exploration pourrait être plus rapide que prévu. »
À ces mots, l'héritière du titan mâchoire entailla la paume de sa main et se transforma à son tour. Reiner et Berthold vinrent s'accrocher à sa chevelure, tandis que Sieg demeurait avec Annie sur le dos de Peak. Ainsi, ils s'éloignèrent progressivement de la muraille de Sina. Le guerrier doré se retourna, pensif, vers la ville de Stohess, et Berthold pouvait lire quelques regrets qui dansaient dans ses prunelles d'ambre.
« Tout va bien, Reiner ?
- Oui... Je me demande s'il y a eu des morts, avec la transformation de Sieg...
- Je suis certain que non. On a réussi à récupérer Annie sans un bain de sang. C'est grâce à toi.
- Dis pas de bêtises, nous avons fait ça tous ensemble. »
Malgré ses paroles, l'ancien soldat semblait toujours aussi triste. Berthold se demanda, soudain, s'il était le soldat ou le guerrier. Il venait de se transformer, et ils étaient sur Ymir, avec Sieg et Peak à leurs côtés... Il n'y avait aucun risque qu'il oscille de l'autre côté, n'est-ce-pas ?
« Comment peux-tu être prêt à les affronter ? »
Alors c'était ça. Le regard sombre du colossal se fit un peu plus doux, et il continua d'observer les traits torturés de son ami.
« Reiner, je ne suis pas prêt, moi non plus. Mais c'est notre devoir de guerrier. On va protéger Gaby, tous ces gamins, nos parents, et notre patrie. On rentrera ensemble à la maison... C'est la seule chose qui compte pour moi. »
Enfin, le concerné tourna ses yeux vers lui, et le léger sourire qui décorait ses lèvres lui fit oublier la prochaine étape. Il était tout, sauf prêt. Mais contrairement à Reiner, il n'avait pas réellement cru en leur amitié. Leur trahison était restée tout ce temps dans un coin de son cerveau, malgré leurs amitiés forgées. Il savait à quel point cela avait été dur pour son ami... Après leur fuite, à la suite de leur altercation avec Mikasa Ackerman, le brun avait dû convaincre le soldat pendant de longues heures avant de le faire revenir à la réalité. Avant de lui faire comprendre que tout cela était fini. Qu'il était un guerrier, et pas un soldat. Il se souvenait de ses belles prunelles dorées écarquillées, de ses mains tremblantes. Il se souvenait de ses mots.
« Tout cela n'avait été qu'un mensonge de plus... »
Ainsi, Reiner tourna son regard vers l'horizon, et Berthold se contenta de l'observer en silence.
Mikasa ne pouvait pas avancer correctement au sein de Stohess. Les habitants couraient dans tous les sens, bousculant le peu de soldats qui voulaient se rendre sur place. Ils s'étaient tous séparés à la suite de l'ordre du caporal, tentant de rejoindre l'endroit où ce titan était apparu, mais les bousculades les ralentissaient. Elle ne pouvait plus respirer dans cette foule. La combattante activa son équipement tridimensionnel et se posa sur un toit, non loin du bâtiment qu'elle avait indiqué à Reiner Braun. Les maisons étaient détruites, et certains cadavres des soldats de la garnison reposaient sur les ardoises colorées. Ainsi, ils n'avaient pas pu contrôler ce titan...
Comment avait-il fait pour s'enfuir ? La jeune femme observait autour d'elle, mais rien ne lui paraissait étrange. Il était apparu et s'était envolé instantanément... Avait-elle loupé un détail dans sa précipitation ? La culpabilité l'étouffait. Avait-elle réellement fait le bon choix ? L'asiatique se rapprocha de l'endroit fatidique avec une boule au ventre, et atterrit au milieu des ruines. L'ancienne prison de la blonde était à présent à ciel ouvert. Les pierres avaient écrasé quelques soldats des brigades spéciales également, tachant les rochers de traces écarlates. La jeune femme tourna la tête, et tomba sur le visage blafard du petit garçon qui l'avait prévenue quelques temps auparavant de l'attaque.
Son cœur rata un battement et elle resta là, à contempler ce petit corps sans vie. Un gamin qui n'avait rien demandé, qui avait été là par pur hasard, malgré ses ordres. Il n'avait pas eu le temps de partir. Ses doigts tremblèrent légèrement, et une lourde angoisse s'abattit sur son cœur, oppressant ses organes. Elle n'entendait plus l'agitation des rues, ni même les hurlements de certains soldats. Elle ne voyait plus ses camarades qui peinaient à chercher le coupable, ni même ceux qui venaient dans son secteur. Mikasa ne voyait plus que cette petite vie qui s'était envolée, par la faute de son choix.
Une voix fusa dans l'air, mais elle n'y prêta pas attention. La soldate avait l'impression d'être immergée dans un océan de détresse, sans pouvoir rien faire pour revenir à la surface. Elle se noyait, suffoquait ; seule dans sa culpabilité invisible. Une main sur son épaule la fit sortir de sa léthargie, et la rêveuse croisa deux prunelles d'acier. Levi la traîna dans une ruelle, hors de ces ruines causées par sa main indirecte. La jeune femme se laissa guider en silence, encore sourde face à la réalité. Une fois à l'abri des regards, le caporal se tourna vers elle. Ses sourcils froncés apportaient une certaine dureté à son visage, mais l'inquiétude qui trahissait son regard froid provoquait un contraste agréable entre rigueur et bienveillance.
« Tu peux m'expliquer ?
- De quoi vous parlez, caporal ? »
Plus de Levi, plus de tutoiement. La voix de la jeune femme s'était fait chevrotante, et celle-ci se maudit d'avoir laissé échapper quelque chose.
« Tu es dans la merde, tu le sais ? »
Cette réplique, bien que prononcée d'un ton doux, lui fit l'effet d'une claque en pleine tête. La culpabilité qui appuyait sur son cœur redoubla sa pression, et elle eut l'impression que celui-ci allait exploser sous tous ces sentiments. Ses mains recommencèrent à trembler, et sa respiration se fit lourde, saccadée.
« Pourquoi ? Je sais depuis longtemps que tu n'es pas le titan féminin... Je sais depuis longtemps que tu es de notre côté. Alors comment cela se fait-il que tu aies éloigné le bataillon au moment même d'une attaque ennemie ? »
La vision du visage infantile, dont le corps était déjà enterré sous les débris de ses erreurs, revint devant ses prunelles, et elle sentit en elle monter quelques larmes de regret. Mais elle ne devait pas les laisser couler. Elle ne pouvait pas... Elle était Mikasa Ackerman. Une soldate valant cent hommes. Le miracle de l'humanité. Elle était l'une des armes les plus efficaces de l'humanité... Elle ne pouvait pas déborder d'émotions.
Mais pourquoi ces maudites larmes continuaient-elles de monter ?
« Pendant l'attaque de Reiss, j'ai croisé Reiner Braun. »
Cette révélation rendit l'homme abasourdi. Alors c'était ça, la raison pour laquelle il ne l'avait pas trouvée ? Elle était aux mains de l'ennemi ? Une sourde inquiétude commença à l'étreindre, et il retint sa respiration inconsciemment. Que lui était-il arrivé ? Cet enflure lui avait-il fait quelque chose ? Il aperçut ces prunelles sombres se voiler sous quelques millimètres d'eau, et son cœur se tordit sous cette constatation glaciale.
Mikasa Ackerman était au bord des larmes.
« Il m'a prévenu d'une attaque... Il voulait éviter un bain de sang. Alors il m'a dit qu'en échange de l'emplacement d'Annie, il me donnerait une heure... Une heure pour éloigner ceux que je voulais protéger. »
La jeune femme lui tourna le dos, et son visage grimaça sous la souffrance. Elle ne voulait pas voir la déception dans ses yeux... Peut-être allait-elle être exécutée pour ça. Finalement, la brune était véritablement proche d'Annie, hein ? Puisqu'à présent, elle était également une traîtresse. Ses épaules tremblèrent légèrement, et sa bouche se tordit sous ses regrets.
« Je vais probablement avoir la tête coupée pour ça, hein ? Mais je voulais juste mettre Eren et Armin à l'abri... Je savais qu'il se serait emporté, s'il avait revu Reiner et Berthold... Je savais que vous auriez perdu le contrôle, vous aussi. Je voulais juste vous épargner ça... »
Maudite voix étranglée. Maudites larmes qui souhaitaient se libérer. Maudits frissons. Mikasa s'interrompit en fermant les yeux. Ne pas craquer. Elle ne devait pas craquer... Elle avait continué sa mission. Protéger les siens. Peu lui importait si elle devait fuir et les veiller de loin... Peu lui importait que le monde la haïsse... Tant qu'ils allaient tous bien.
Derrière elle, le brun fixait sa silhouette tremblotante d'un œil écarquillé. Quel piètre supérieur faisait-il. L'homme n'avait pas remarqué à quel point elle avait été troublée. Il n'avait pas non plus songé une seule seconde qu'elle aurait pu aller jusque-là. Néanmoins, seules ses dernières phrases tournaient en boucle dans sa tête. Elle avait souhaité le préserver. Soudain, Levi ressentit une certaine pitié pour son homologue féminine. Elle devait se sentir si seule, à porter le poids de ce secret, à résister face à cet impératif de protection... Malgré son inconscient qui lui hurlait que c'était une mauvaise idée, il fit quelques pas et prit la soldate contre lui. Il la sentit se contracter dans ses bras, et la chaleur qu'elle dégageait le rassura quant à l'avenir qu'ils auraient, dans ce monde cruel. Une odeur de thym et de citron chatouilla ses narines alertes, et son odeur recouvrit durant un temps ses inquiétudes.
« Ce n'est pas ta faute. Tu as évité un véritable massacre au sein du mur Sina... Et même s'il y a eu quelques morts... Imagine si le bataillon avait été là. Nous n'aurions pas eu que ce singe... On aurait eu affaire au colossal, et au cuirassé. On ne pouvait pas les gérer avec tous ces civils... Cela aurait été suicidaire. Tu nous as sauvés, Mikasa. »
Une plainte amère passa les barrières de ses lèvres, et il la sentit trembler contre son torse. Ainsi, le soldat la serra davantage, appuyant ses bras contre elle, pressant ses doigts contre son ventre et son épaule.
« Je te promets que tu ne mourras pas... Je ne le permettrai pas. Peu importe si le monde entier te déteste... Peu importe s'ils veulent tous t'éliminer... Je serai toujours là pour te protéger. Je serai toujours de ton côté. »
À ces mots, il posa sa main sur sa tête et commença à caresser ses cheveux de jais. La jeune femme continuait de trembler contre son cœur, et l'homme ferma les yeux afin de profiter de ce moment. Ce n'était pas le lieu, ni l'heure. Ce n'était pas la bonne personne, pour lui, pour elle. Néanmoins, Levi se permit enfin ce moment de relâche où le corps abandonne et où l'esprit danse librement.
Un bruit sec attira l'attention du haut gradé, et il croisa des prunelles émeraudes emplies de choc et d'incompréhension. Eren Jäger se tenait là, le souffle court, les doigts tremblants. Il semblait à la recherche d'une chose tacite, tue, invisible à leurs yeux.
« Mikasa ? »
La concernée, à l'attente de la voix de son frère, s'éloigna d'un coup de son semblable aux yeux si froids. Ses joues étaient humides, tout autant que ses iris sombres, et quelques rougeurs vinrent teinter son visage blafard de quelques couleurs.
« Sérieusement ? On a un connard qui a délivré notre seule otage et vous vous faites un câlin ? »
Au-delà de son regard furieux, son frère semblait voir quelque chose par-dessus sa silhouette. Inquiète, la protectrice se sentit nauséeuse quant à l'ignorance des pensées du brun. Pourquoi semblait-il soudain si éloigné d'elle ? Si loin de leur monde ? Après quelques secondes d'un silence honteux, le soldat se tourna vers l'aîné Ackerman, qui le fixait d'un air agacé.
« Vous me décevez, caporal. »
Sur ces mots, l'homme-titan détourna les yeux et rebroussa chemin. La jeune femme tendit la main devant elle, criant son nom, le suppliant d'un regard muet de ne pas la laisser derrière lui. Néanmoins, le garçon ne se retourna jamais, et sa supplique fut emportée par le vent. Mikasa se rendit compte de sa main tremblante avec horreur. Sa carapace craquait petit à petit, laissant échapper les effluves de ses émotions tourbillonnantes, agrandissant en conséquence les fêlures qui tapissaient son armure. Le débit de ce torrent inextricable ne pouvait être contenu, et elle se sentait déborder, encore et encore, sans que rien ne puisse endiguer la tempête.
Une main sur son épaule lui fit quitter des yeux l'endroit où son frère s'était tenu.
« Mikasa. Tout ira bien, je te le promets. Si tu veux, on peut en parler à Erwin... Il ne fera jamais rien contre toi, tu es trop précieuse pour moi. Enfin, pour nous. Pour le bataillon. Pour l'humanité. Je suis certain qu'il saura tourner cette situation à notre avantage... »
Un voile éperdu se répandit devant ses prunelles, et la brune se sentit égarée, si égarée. Elle ne savait pas quoi faire. Celui qu'elle souhaitait protéger plus que tout au monde la rejetait. Celui qui la soutenait depuis toujours lui semblait ailleurs. Celui qu'elle avait tant haït lui paraissait si important.
« Je ne sais pas... J'ai l'impression de ne plus rien savoir...
- Alors fais-moi confiance. Permets-moi de t'aider... Tout cela est trop lourd. Tu es très forte, mais malgré tout, tu restes humaine.
- Comment ça, c'est trop lourd ? Je suis parfaitement capable de tout porter toute seule.
- À quel prix ? Te délester ne te fera qu'avancer plus vite. S'il-te-plaît. Laisse-moi faire un bout de chemin avec toi. »
Il ne savait pas pourquoi son cœur battait si vite. Mmh, en fait, le caporal connaissait la raison ; mais ne souhaitait pas s'épancher dessus maintenant. Il ne voulait pas s'attarder sur ces émotions qu'il refusait de ressentir, ni sur les conséquences de celles-ci. Son léger sourire effaça ses craintes, et sa main se dirigea d'elle-même vers la peau laiteuse de sa joue, l'effleurant de la pulpe de ses doigts. Une grimace vint déformer ses propres traits, mais il n'essaya pas de la réprimer ; et le soldat laissa se dessiner sur son visage l'aube d'un sourire.
« Merci. »
Mikasa avait si peur qu'il n'entende tout ce que son cœur lui hurlait, dans sa poitrine. Sa main froide sur son visage semblait brûler au contact de sa peau. Néanmoins, son contact n'était pas la chose qui l'avait fait craquer. Son sourire y était peut-être pour quelque chose. Ce rictus lui plaisait. Mais ce qui lui avait fait oublier son frère, ce cadavre sous les ruines et son inique trahison, ce n'était pas ce doux sourire. C'était ce regard d'acier, dans lequel le désir et l'attirance dansaient de manière sensuelle. Jamais auparavant elle n'avait été sondée de cette manière... Ou plutôt, jamais la brune n'avait autant apprécié ce type de regard.
Ses yeux sombres balayèrent ces prunelles bienveillantes, et s'arrêtèrent sur ces lèvres retroussées. Cette vision était unique, et la soldate était la seule à pouvoir l'apprécier.
« Eh merde.
- Quoi ?
- Je vais faire une connerie. »
Les sourcils du caporal se froncèrent lorsqu'il vit la mine angoissée de sa cadette. Quelques gouttes de sueur longèrent les lignes de sa tempe, et s'échouèrent à la naissance de sa mâchoire. Puis, quelque chose de froid écrasa ses lèvres, de manière précipitée et maladroite. Une odeur de citron et de thym paralysa ses sens. Deux grand yeux marrons le fixaient, si proches de son visage qu'ils n'en formaient plus qu'un. Ses lèvres contre les siennes ne bougeaient pas : elles étaient figées dans leur contact, pressées contre celles de l'autre sans oser se mouvoir.
Juste avant qu'il ne puisse réagir, Mikasa Ackerman s'écarta de lui, le visage rouge et déformé par la gêne. Elle-même semblait ébahie par son geste. Levi observa longtemps ses yeux interrogatifs, suppliants et ahuris. Le silence qui les berçait ne calmait pas les battements précipités de son cœur.
« Je crois que je commence à aimer tes conneries. »
Au milieu d'une ville en ruines, ignorant l'agitation des habitants et des soldats, quelques murmures volèrent au gré du vent. Deux êtres, si similaires et si différents, se reflétèrent dans les yeux amoureux de leur semblable.
Leurs lèvres scellèrent en leur sein une promesse muette.
