Yes, je ne suis pas morte ! J'ai survécu à une saison d'animation un peu spéciale, entre sous-effectif et Covid-19 ; je suis actuellement en Norvège pour une année entière. J'ai une quarantaine de 10 jours, alors je pourrai avancer sur les derniers chapitres !

Mais en attendant, ma chère et tendre Anais_Crunch sur Wattpad a écrit les origines de la serpillière originelle (au mois de juin lol, désolée pour la publication tardive) pour vous faire patienter encore un peu ! Bonne lecture et merci à elle mille fois


La légende de la Serpillère Originelle, sœurs des Dises, est un conte tombé dans l'oubli. Pourtant, il y a quelques années, son aura menaçante planait encore au dessus de nos têtes, déposant un voile froid à chaque jour de ménage. Bien que décrédibilisée, son inexistence est remise en question par de nombreux historiens.

Pourquoi ?

Car, de la sombre période où son despotisme était à son apogée, un écrit nous est parvenu.


Cela faisait une semaine que Sasha nettoyait le château qui servait de QG au bataillon. Et sa punition n'allait pas s'arrêter tout de suite. Déjà que le seau d'eau sale, ironiquement renversé sur la tête du caporal, ne l'avait pas mis dans les bonnes grâces du petit homme, l'explosion provoquée par la cheffe d'escouade n'avait absolument pas contribué à minimiser sa punition face à "l'imagination débordante de merde de l'autre ventre sur pattes".

Après avoir récuré trois fois chaque cabinet du bataillon, décrassé cinq fois les douches et lavé quatre fois les dortoirs des filles mais également ceux des garçons, Sasha pensait être enfin autorisée à s'occuper de la cuisine ; seul endroit où être enfermée pour dépoussiérer ne l'aurait pas dérangée. Mais que nenni, le caporal était bien plus sadique que ça. Se doutant que la pièce était convoitée par sa subordonnée, Livaï décida d'envoyer la mangeuse de patate balayer les salles abandonnées du château.

Voila comment Braus se retrouva à épousseter des centaines de livres, rangés dans ce qui devait être, dans une jeunesse plus lointaine que la dernière épilation des sourcils du major, une bibliothèque.

-J'ai faim... gémit la soldate.

Son ventre gargouilla comme pour approuver la plainte sonore de sa propriétaire.

-En plus, c'est pas juste, pleurnicha-t-elle à voix haute, bien que toute seule dans la pièce abandonnée. C'est Mika qui a renversé le saut sur ce nain grincheux.

-Braus.

La voix sec de son supérieur la fit sursauter.

-Ca... Caporal, bégaya-t-elle, droite comme un piquet.

Pourvu qu'il ne m'ait pas entendue, pria la jeune femme.

-Tch, tu vas te bouger le cul un peu ?! pesta Livaï. Ça fait une heure que tu dépoussières les mêmes putain de bouquins.

Le brun fusilla sa subordonnée du regard.

-Hi, geint-elle, effrayée par l'aura menaçante de son supérieur. Oui, caporal... Tout... Tout de suite, caporal.

Après un bref salut militaire, la mangeuse de patate se jeta sur une des nombreuses étagères afin de s'exécuter. Mais quand elle entendit la porte se refermer et les pas du petit militaire s'éloigner, un long soupir s'échappa de ses lèvres.

-Comment Mika fait pour ne pas avoir peur de lui ?! lâcha-t-elle, écoutant les cognements de son cœur contre sa paroi thoracique.

À bien y réfléchir, elle préférait de loin affronter Keith Shadis, dont le bureau et la taille de pied ne lui étaient plus inconnus vu le nombre de fois qu'elle avait eu affaire à eux, que de soutenir le regard du caporal, ne serait-ce qu'une seule seconde.

De nouveau, la mangeuse de patate soupira, souhaitant calmer la tempête qui secouait son corps de tremblements. Mais son souffle élégiaque vint soulever un parchemin qui s'échoua aux pieds de la soldate.

Cette dernière fronça les sourcils.

-Je me demande de quoi parlent tous ces vieux trucs. Peut-être que je trouverai une ancienne recette de canard à l'orange ou de gratin dauphinois, fit-elle, la bouche pleine de salive, rêvant des futurs repas qu'elle pourrait concocter.

Mais en ramassant le parchemin qui était tombé, son visage se tint soudainement d'une expression des plus sérieuses, que peu lui connaissaient en dehors des repas.

《 À toi qui vis 2 000 ans plus tard,

L'histoire que je vais te raconter, bafoue toutes règles morales, et nous renvoie aux origines les plus sombres de l'humanité.

En -1 500 avant M.C* , vivait un serpillière appréciée de tous. Heureuse dans son travail, elle acceptait avec joie de prêter ses poils soyeux à ses maîtres, afin qu'ils puissent nettoyer au mieux leur logement.

Passant de maison en maison, avec la réputation grandissante de son incroyable efficacité, elle ne se lassait pas d'éponger les sols, de frotter les vitres, de faire briller les meubles.

Mais ce qu'elle appréciait le plus, c'était le premier mercredi de chaque mois. Ce jour là signifiait nettoyage dans toutes la maisonnée, y comprit le grenier où Serpillière pouvait se délecter de poussières au goût succulent que seules les lattes en bois défraîchis savaient cuisiner à la perfection.

Un jour où les rayons du soleil venaient de chatouiller le premier mercredi d'un mois de Décembre, Serpillière était toute excitée. La semaine dernière, sa maîtresse avait décidé de ne nettoyer que la salle de séjour, préférant garder les autres pièces pour ce jour festif.

Mais plus les heures défilaient, plus Serpillière s'inquiétait. Aucune nouvelle de ses propriétaires de la matinée et, ça, ce n'était pas normal. Inquiète, Serpillière décida alors de jeter un coup d'œil hors du placard qu'elle partageait avec son collègue, le savon St Mahr, qui roupillait encore.

À peine ses bras laineux avaient-ils foulé le sol froid du couloir, que Serpillière fronça ses poils.

Il était propre.

Comment cette diablerie était-elle possible, alors qu'elle n'avait pas quitté son placard de la journée ?

Serpillière fut alors attirée par les sifflements joyeux de sa maîtresse. Le plus discrètement possible, elle glissa jusqu'à la pièce d'où émanait ce chant mélodieux, bien qu'il résonnait à ses oreilles comme le glas inquiétant d'une future tragédie.

Et en pénétrant dans la salle, Serpillière fut pétrifiée par ce qu'elle aperçut. Devant elle, sa maîtresse empoignait fièrement un manche possédant trois sublimes têtes, aux poils bien plus blancs que les siens.

-Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? s'étonna sa maîtresse en apercevant Serpillière près de la porte. Tu n'es plus qu'un vieux chiffon maintenant, je pensais t'avoir jeté.

Et avant qu'elle ne puisse réagir, Serpillière se retrouva dehors, entre le vieux balais édenté que ses maîtres avaient jeté un an plus tôt, et la balayette qu'ils avaient remplacé le mois dernier. Tous les deux étaient bien mal en point, et cette constatation glaça l'eau savonneuse qui stagnait encore dans ses poils.

Serpillière était meurtrie par cet abandon cruel. C'était normal de vieillir, mais cela ne signifiait pas qu'elle était inutile. Certes, ses poils auraient mérité une petite mise en pli. Mais elle était encore apte à nettoyer ne serait-ce que les hauts d'armoires ou les dessous de meubles.
En pensant à sa sournoise rivale qui devait déguster goulûment la luxueuse poussière du grenier qui lui était destinée, Vidar s'approcha de Serpillière et saupoudra une violente envie de vengeance au-dessus de son manche abîmé.

À partir de ce jour funeste, Serpillière établit un réseau de surveillance, étendant son pouvoir à toutes ses sœurs. Son mana était tel, que si quelqu'un osait s'emparer de son manche sans lui faire une offrande prouvant le respect qu'on devait lui vouer, on raconte qu'elle s'emparerait de son âme, et ce, pour l'éternité.

À l'heure où j'écris, je ne crains que ma vie ne soit en danger. Je suis le seul descendant de la famille qui à répudié Serpillière, et je sens déjà sa vengeance glacée s'enrouler autour de mon cou.

Cependant, Völuspa est venue me souffler une prophétie permettant de mettre un terme à sa turpide domination... 》

-Braus !

Livaï entra en trombe dans la bibliothèque où la soldate était enfermée depuis le début de la matinée.

Cette entrée fracassante fit sursauter la mangeuse de patate, laissant malencontreusement s'échapper le bout de parchemin à travers la fenêtre ouverte.

-Je reviens dans cinq minute, et je te jure que si ton putain de cul est toujours posé au même endroit, je m'arrange avec Erwin pour que plus aucune patate ne te soit donnée durant les douze prochains mois.

À l'entente de cette punition appartenant au plus cruel des châtiments, Sasha s'empressa de dépoussiérer le plus vite possible les étagères de livres, ne laissant guère le temps à son esprit de vagabonder vers l'étrange papier qu'elle venait de lire.

Pourtant, si la mangeuse de patate ne s'était pas laissée si facilement soudoyer, elle aurait pu lire à la fin du parchemin, la prophétie permettant de mettre fin à l'autocratie de la Serpillière Originel :

《 Un jour, un petit homme au cœur pur naîtra. Son amour sans limite, ne dénigrera aucun vieil objet permettant de nettoyer. Ainsi, il sera capable d'apaiser la rancune amère de Serpillière, lui offrant un repos éternel. 》


Cette histoire a traversé les siècles pour s'inscrire durablement dans le folklore des murs. Mais toute légende ne naît-elle pas d'une part de vérité ?

Alors, la Malédiction de la Serpillière Originelle, mythe ou réalité ?


*M.C = Marco-Christ