Ma vie de Grand Pope

Base: Saint Seiya

Genre: Racontage de vie

Couple: Kanon x Milo

Ma contribution à l'event de Noël du forum Saint Seiya fr avec les défis suivants relevés:
10. Monde à l'envers : Saga n'est pas le chevalier des Gémeaux juste un simple habitant du Sanctuaire. C'est Kanon qui l'est et rafle la gloire et les honneurs.
13. Texte à la première personne au singulier
14. Brisez votre OTP : Pas de Milolia du coup

Note: Voici un OS, qui comme je l'ai écrit, a été fait dans le cadre de l'event de Noël. J'espère qu'il vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture.


Je me présente je m'appelle Kanon, chevalier Gémini, et j'avoue j'ai réussi ma vie... Putain j'ai encore cette chanson pourrie dans la tête, et les paroles en français en plus. Je chope le gars qui a osé me rentrer ça dans le cerveau, je le mets au nettoyage des toilettes de mon palais pour six mois... mince c'était Camus! La dernière fois que j'étais allé dans son temple, il avait mis la radio et on captait une émission musicale avec des tubes français. Bal d'avoine, je crois que c'est le titre de la chanson, ou le nom du groupe... bref, on s'en fout.

Il faut que je me lève, j'ai un de ces mal de fesse.. Combien de temps, je suis là à signer des documents, approuver des demandes pour les travaux de réaménagement du domaine ou même réécrire les chroniques du Sanctuaire pour l'accès aux archives?

Des années que je suis Grand Pope, le représentant sur terre de notre Déesse Athéna et que j'ai rendu mon armure des Gémeaux pour en fait faire ce qu'une divinité ne fait pas parce qu'elle est au dessus de toutes ces futilités: la paperasse administrative! Heureusement, je peux me permettre des horaires peu fixés, et le droit de sortir pour me dégourdir les jambes et les muscles. Parce que rester sans arrêt sur ce fauteuil dans ce grand bureau, il y a vraiment de quoi devenir fou.

J'ai toujours été sportif et je me rappelle souvent des dures années d'entrainement pour devenir chevalier d'Or, et les guerres que mes compagnons et moi avions menées face aux autres dieux.

D'abord ce conflit involontaire face à Poséidon, à cause de mon frère, Saga. Mon jumeau n'était pas méchant mais dans sa volonté de toujours bien faire, il avait cru que le sceau sur le vase qui empêchait la libération du dieu des océans était en train de se détacher, et sans faire exprès il l'eut enlevé, libérant l'âme qui s'était réincarné dans le corps de ce morveux de Julian Solo. Après de longues discussions entre les deux camps, il fut conclu que Poséidon resterait dans son coin, ne se mêlant aucunement dans l'éternelle guerre entre Athéna et Hadès.

Tiens, parlons-en de cette bataille! Ce fut une catastrophe, surtout sur le plan stratégique. Parce que sous prétexte que les chevaliers de Bronze sont les amis intimes de la déesse, il fallait que ce soit eux et rien qu'eux qui aillent au turbin, laissant les chevaliers d'Or au Sanctuaire ''au cas où''.

Au cas où de quoi au juste? Nous étions au moins cinq à protester cette décision, Aiolos, Mu, Camus, Milo et moi même. Il était vrai que les petits se débrouillaient bien au combat, mais les ennemis étaient redoutables et particulièrement fourbes. Et nous, en tant que supérieurs, pouvions être d'une grande utilité.

En effet, nous avions pu mener les Bronze à la victoire, au prix de vies de nombreux compagnons, mais ce ne fut pas cette fois que les Enfers s'installeraient sur terre, encore!

Oui, à notre retour dans le domaine sacré, nous étions que trop peu de survivants, et les Spectres avaient aussi fait d'énormes dégâts, au Sanctuaire. Je me rappellerai toujours des larmes et des cris de désespoir lorsque Aiolos découvrit le corps inanimé de son petit frère devant la Maison du Lion.

Même mon prédécesseur, Shion, l'ancien Bélier avait combattu et avait du mal à respirer, une poutre l'ayant transpercé de part en part lors d'un combat face à un homme d'Hadès.

Personne n'était d'humeur à fêter quoique ce soit après ça. Pas même l'immense présent de notre Déesse de ramener à la vie ceux qui s'étaient sacrifiés.

Il y eut une période étrange, comme un flottement où chaque habitant faisait tout machinalement pour reconstruire notre domaine, et peu à peu la vie reprit.

Quand je repense à tout ça, par moments mes cicatrices se réveillent et je prie souvent pour ne pas recroiser cet homme qui avait manqué de peu de me tuer. Ce Rhadamanthe... mon adversaire le plus terrible. Si jamais je le recroise, ma patience s'en irait d'un coup sans crier gare.

Après serais-je encore capable de me battre de la même manière qu'il y a quelques années? J'ai tellement l'impression de m'être ratatiné derrière ce bureau... Un jour j'irai dans l'arène pour tenter d'humilier les apprentis, et mettre une énième dérouillée à mon frère ainé!

Saga...

Lui et moi sommes jumeaux, et depuis notre plus jeune âge avions toujours été ensemble, avions suivi la même formation pour prétendre à l'armure des Gémeaux, mais ce fut moi qui eus réussi. L'intensité de mon cosmos, ma force physique et ma détermination furent plus grandes que les siennes. Et puis j'avais un esprit plus belliqueux quand bien même notre déesse n'aimait pas trop la guerre, il en fallait un minimum pour défendre la Terre quand même. Saga, il est plus intello, et c'était lui, quand nous étions enfants, qui excellait dans les tests théoriques et les études d'ouvrage.

D'ailleurs, tandis que j'emménageais dans le troisième temple, lui s'orientait vers une carrière d'instructeur et un de ses disciples était devenu l'actuel chevalier des Gémeaux: Deuteros.
Lui aussi, un bon petit gars peu bavard au début, mais lors de la guerre sainte, il a pu être d'une grande aide. Selon la rumeur et les impressions de déjà vu du patriarche, il y avait de fortes probabilités qu'il fut la réincarnation du second Gémeaux d'il y a 250 ans et tout portait à croire – toujours selon ses dires – qu'il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

C'est ce qui avait convaincu Shion de tout changer dans la hiérarchie. Cet homme respectable et respecté avait décidé de laisser sa place, pour vivre des jours paisibles en compagnie de son vieil ami, Dohko de la Balance. Tous les deux étaient d'anciens chevaliers des siècles passés.

''Place à la jeunesse'' avait déclaré celui que tout le monde surnommait affectueusement Vieux Maitre. Ainsi, Shiryu, son disciple devint le nouveau gardien de la septième Maison.

かかか

C'était environ treize ans avant la Guerre Sainte, quand notre déesse venait d'arriver dans le Sanctuaire sous la forme d'un nourrisson. J'étais moi même chevalier des Gémeaux depuis un moment, et avais accompli d'importantes missions déjà, malgré mes quatorze ans.

L'ancien Bélier m'avait convoqué en compagnie d'Aiolos, lui aussi chevalier du Sagittaire depuis un moment. Je me rappellerai toujours cet entretien:

« Kanon, Aiolos, merci d'être venus aussi vite, avait-il dit. Je vous ai appelés tous les deux parce que vous êtes les chevaliers les plus aptes à la décision que je devrais prendre ces prochains jours.

Shion a toujours été un bel homme, et le temps malgré tout n'altérait en rien sa jeunesse et sa forme. Cependant aujourd'hui on remarquait quelques rides se former ça et là sur son visage. Mais revenons à l'époque de sa déclaration.

-Comme vous le savez, Athéna est revenue sur terre, ce qui annonce le jour où l'armée de notre ennemi éternel, Hadès, refera surface à nouveau. Aussi, mon rôle en tant que Grand Pope arrive à sa fin, et il est temps de réfléchir à mon successeur, celui qui dirigera les troupes lors de cet affrontement. Vous n'êtes pas non plus sans savoir que ce titre n'empêche en rien de se battre au côtés de vos camarades, et contrairement aux mauvaises langues et, non, on ne passe pas sa vie assis sur ce trône ou encore à rédiger des papiers. C'est une immense responsabilité, et faut-il en être digne pour représenter notre déesse sur cette terre. C'est pourquoi j'ai pensé que l'un de vous deux pourrait être cet homme.

À la fin de cette phrase, je me revoyais en train de paniquer. J'avais juste quatorze ans, Aiolos pas encore et il était vrai que l'on se contentait bien de nos statuts d'ainés auprès des futurs chevaliers d'or et de nos frères. C'était déjà beaucoup, même! Et voilà que le pépé nous proposait une promotion pour la guerre... J'étais prêt à refuser, honnêtement. Avant même qu'il n'ouvre la bouche...

-Grand Pope, fit Aiolos. Si je puis me permettre, je pense que Kanon serait le plus apte à ce rôle.

Je lui avais lancé un regard chargé à la fois de stupéfaction et de haine sur le coup.

-Et pourquoi donc, Aiolos?

-Parce qu'il a fait de grandes choses, depuis qu'il est chevalier, tout simplement. Il a permis à son frère de rester au Sanctuaire en tant qu'instructeur et beaucoup d'apprentis, même mon jeune frère sont heureux de retrouver Saga et ses cours à priori passionnants. De plus, dès que Poséidon sera pleinement réincarné, grâce à Kanon et son intervention, nous n'aurons pas à engager un conflit non désiré. Notre déesse et le seigneur des océans pourront régler ce pacte tant attendu. Et aussi, mon ami ici présent est un fin guerrier qui m'eut sauvé la vie quand le jeune Shura avait manqué me trancher en deux la première fois qu'il avait maitrisé son attaque.

-Aiolos, étais-je intervenu, toi aussi tu as toutes les qualités pour être un excellent Grand Pope.

-Non, je suis beaucoup plus émotif que toi. Et je n'ai pas ton âme de dirigeant impartial. Tu es bien meilleur que moi.

-Et bien soit, trancha Shion. Kanon, lorsque le moment sera venu, pendant ou après la guerre sainte, tu seras mon successeur. Quant à toi, Aiolos, tu le seconderas si besoin est.

-Bien, Grand Pope. »

C'est ainsi que sans que j'eus mon mot à dire, j'avais été promu.

かかか

Le temps a fait son œuvre depuis, et j'ai dépassé la trentaine.

Putain, je parle comme un vieux... Ca entretient pas la jeunesse d'être Pope, et pourtant... Mon frère est avec Aiolos – j'avais d'ailleurs célébré leurs noces – et maintenant encore on dirait deux adolescents qui batifolent au beau milieu des ruines éternelles. C'est lui l'ainé, c'est moi le croulant qui fait les papiers...

Je regarde l'heure, et je me dis qu'après avoir traduit ce chapitre des chroniques d'Athéna et ses chevaliers, je vais m'arrêter pour aller respirer un autre air. Je parle de traduire mais c'est pratiquement ça: les parchemins datant du haut Moyen Âge écrits en un mélange de grec ancien et de langue évoluant, c'est à se cogner la tête contre les colonnes. Franchement, les anciens, ils relataient les hauts faits de gens de leur époque pour la postérité, donc pour que nous et ceux des générations suivantes puissent lire. Alors pourquoi ils se cassaient le tronc à faire un concours de pattes de mouches impossibles à déchiffrer?

Même la loupe lumineuse ultra sophistiquée que la déesse m'a offerte ne m'est pas d'une grande aide.

Parce que oui, Athéna est riche. Tout du moins la jeune fille en qui elle s'est réincarnée. Saori Kido. Shion lui avait proposé de suivre une éducation de qualité et fut envoyée dans un établissement privé au Japon - un pays prospère et en perpétuel développement où l'ennemi quel qu'il soit n'irait pas la dénicher - dirigé par un vieil homme, Kido Mitsumasa, un soi disant bienfaiteur. Ce que j'avais retenu de lui à l'époque, c'était qu'il était un riche ne sachant que faire de sa fortune démesurée qu'il investissait dans des orphelinats et que Saori dut prendre son nom pour des raisons administratives, en échange de jeunes garçons qui eux, recevraient une formation de chevaliers, principalement de Bronze. Admettons...

Et puis, à la mort de Kido, notre déesse avait hérité et consacrait l'argent au bien être du Sanctuaire entre autres.

Bon j'avoue, au début, je ne pouvais pas m'encadrer cette gamine. Arrogante, sure d'elle et capricieuse. Et j'avais osé demander au Grand Pope si on ne s'était pas trompé sur la réincarnation d'Athéna. Je m'étais pris un soufflon à ma remarque... Mais au fil du temps, j'ai pu remarquer qu'elle devenait responsable et je voyais enfin l'image de la déesse que je m'étais toujours faite. Cela eut été confirmé lors de notre intrusion aux Enfers et de son implication pour sauver Andromède de l'emprise qu'Hadès avait sur le jeune homme. Mais honnêtement c'était une bonne déesse qui prenait soin de ses troupes autant en temps de guerre qu'au cours de ces années de paix dans lesquelles nous vivons actuellement.

かかか

Je sens un cosmos approcher de mon bureau. Cette aura que je connais si bien. Je pose mes lunettes – quand je dis qu'on dirait un petit vieux – et je rejoins le nouvel arrivant.

En ouvrant la porte, j'ai du mal à cacher mon sourire devant ce regard malicieux caché derrière ces mèches bleu nuit qui partaient dans tous les sens, tout comme le reste de la longue tignasse.

Milo du Scorpion.

Mon meilleur ami, mon compagnon de détente, mais plus que tout, l'homme que j'aime. Et oui, moi aussi j'aime les hommes, mais dans notre Sanctuaire tout le monde a le droit d'aimer qui il veut, tant que ça ne déclenche une guerre ou pire un conflit interne. J'en avais lu dans les chroniques historiques et notre époque a eu de la chance, à vrai dire. Et je ne pouvais m'empêcher de regarder cet homme d'un regard tendre. C'est sur, je tiens à lui, et voilà des années que nous sommes ensemble. Depuis cette engueulade en plein milieu de la Guerre Sainte qui a fini en un baiser fougueux, désespéré et inoubliable. À nos retrouvailles, on ne s'est plus lâchés, et comme tous les jours, il vient me voir pour m'arracher à mes papiers.

« Tu as bien travaillé aujourd'hui?

Je connaissais son timbre de voix par cœur, mais je ne me lassais pas de cette pointe de piquant par moment, pas méchante, mais qui le rendait tantôt sadique, tantôt sexy, mais toujours captivant pour mes oreilles. Et ses petites lèvres qui s'agrandissaient en un rictus malsain dès lors qu'il était en combat...

-Oui, j'ai avancé sur un peu de tout.

-Alors tu quittes tout, on va manger à Rodorio.

-Mais Milo...

-On ne proteste pas. Tu vas te changer, enlever cette robe miteuse et mettre ton jean et un Tshirt. Ce midi tu n'es pas le Grand Pope, tu es Kanon, mon chéri qui par en rendez vous avec son Scorpion.

J'adore quand il me parle comme ça, même s'il est plus jeune. Mais il a raison, je devrais lacher prise de temps en temps. Ailleurs que dans nos moments intimes.

-Tu me laisses cinq minutes?

-Je vais essayer, répond Milo, ses lèvres s'agrandissant malicieusement.

Lui tournant le dos, je pars vers mon espace privé où je pouvais me laver, manger, et dormir tranquillement. C'est fermé par une porte dont je suis le seul à détenir la clé, mais je n'ai pas pu fermer, mon Scorpion retenant fermement le battant. Il m'avait suivi.

Avant que je ne proteste, il me dit:

-J'étais si fatigué de ma mission qu'en rentrant j'ai pas eu la force de passer te voir, hier. Et tu m'as manqué.

Je suis faible, j'avoue.

Sans attendre, je le prends dans mes bras, laissant ma bouche à la merci de ses baisers passionnés. C'est toujours comme ça entre nous.

Il me quitte le temps de fermer la porte comme il faut et retourne à mes lèvres. Alors, de mon côté, je le pousse gentiment contre le bois épais et nous voilà partis pour une danse folle remplie de notre amour.

Je sens ses mains remonter le velours bleu marine de ma robe et se glisser à même la peau. D'un geste de tête de ma part, le vêtement chuta au sol. Et je croise son regard qui me fait tant d'effet.

-Kanon, tu me déçois!

-Pourquoi donc?

-Tu as encore un vieux pantalon d'entrainement sous ta robe. Et tu sais à quel point je fantasme à l'idée de te voir sans rien.

-Je comptais de te convoquer cet après midi pour ton rapport de mission et je l'aurai fait.

-Pour de vrai?

-Pour de vrai.

-Je t'aime, Kanon! Tu es parfait. Tu es beau, t'as une voix terriblement sexy, un corps à humilier les dieux, et en plus de ça tu es un combat hors pair et même si la paix est instaurée tu gardes cette force qui te caractérises et te rend redoutable...

A chaque fois qu'on était séparés pour trois jours, il me refaisait une déclaration toujours plus enflammée.

-Je t'aime aussi, Milo, tout ton être de ton corps à ton âme, en passant bien sur par ton esprit de justice inégalable et ton sens de l'humour irrésistible. Et j'avoue, trois jours sans t'entendre critiquer les émissions à la télévision ou même mon travail, ça m'avait manqué.

-Tu travailles trop, mon chéri...

-Et toi tu m'embrasses pas là.

-Pardon »

Il reprend mes lèvres et moi son corps en entier et nous avançons maladroitement vers le lit pour un de ces moments dont je ne peux me lasser. M'unir avec Milo était une des plus belles choses qui pouvait m'arriver, et je la savoure chaque instant.

かかか

Un léger sentiment de culpabilité m'a envahi dans le courant de la journée. Pendant cinq bonnes minutes. Il est vrai, je n'ai pas prévenu que je m'absentais du bureau pour une durée indéterminée. Pardon d'être un homme qui a envie de respirer autre chose que la poussière datant des temps mythologiques. Et aussi de vouloir profiter de mon petit ami en plus.

En fait, nous ne sommes pas allés à Rodorio, mais à Athènes, carrément. Toutes les fois où j'étais en civil avec lui se transforment en moments inoubliables. Nous sommes alors deux hommes au milieu de la foule, parfois se mêlant aux touristes, parfois naviguant dans des rues moins fréquentées. Nous n'avons pas besoin de faire des achats compulsifs dans les boutiques, mais juste entrer et regarder, admirer aussi de belles choses était bien aussi. Il faut dire qu'on avait quitté si précipitamment le Sanctuaire que je n'avais pas eu le temps de prendre mon porte feuille et on a du résister à l'idée de s'acheter quelques vêtements à la mode. La prochaine fois.

Mon pauvre Kanon, non seulement tu te fais vieux, mais en plus tu parles comme une adolescente dans son journal intime.

Mais je suis comme ça. Milo est ma petite faiblesse, et l'homme de ma vie.

Notre rêve à tous les deux est de faire le tour du monde.

Bien sur, avec nos capacités de chevaliers d'Or, on peut très bien se téléporter à destination, mais où est le plaisir de voir défiler les paysages sur les routes ou en mer?

Là aussi, dès que l'occasion se présentera on partira en voyage.

Les petits Bronze m'ont fait envie avec leur Japon, et Milo veut découvrir l'Amérique du Sud. Un jour ça se fera.

かかか

À notre retour au Sanctuaire, la nuit était déjà tombée. Qui croirait qu'un des plus puissants guerriers et le Grand Pope en personne reviendraient main dans la main sur les terres sacrées? Et pas en armure ou en tenue de cérémonie, non. En portant des jeans et des tshirts. Certes simples, mais le fessier de Milo moulé par la toile est terriblement tentateur.

Même si lors de notre halte à Rodorio pour notre repas du soir pas en amoureux du tout on nous a reconnus comme des personnalités des terres d'Athéna, et que les villageois, malgré nos habits à nous, nous ont salués avec respect. Ce qui ne nous a pas empêché de bien mangé et bien boire, brisant les barrières sociales sans aucune gêne! Il faut dire que les boissons servies dans la taverne principale sont de bonne qualité et on ne se rend compte des chopes vidées qu'en quittant l'établissement. Pensée à l'amas de cageots dans lequel j'ai lamentablement buté au détour d'un virage...

Bien sur, j'ai payé une partie de l'addition avec mes sous, et non de la caisse du Sanctuaire. Milo a quand même réglé les trois quart de la note, sachant que je n'avais qu'un pauvre billet oublié dans la poche arrière de mon jean. Je le répète, on est partis trop précipitamment ce midi. Ou la fougue de notre amour m'a encore rendu gaga et j'en oublie la moitié des choses.

Bref, ce passage à Rodorio était bien, et nous voilà comme revenus dans le passé, dans ce paysage qui appartenait pour toujours aux temps mythologiques, malgré les quelques installations électriques et modernes qui ont été aménagés par endroit.

Avant d'arriver près de la grande arène de combat, je prends mon Scorpion par le bras et l'emmène à l'orée du bois, loin des regards trop curieux. Pour le plaquer contre le tronc d'un arbre et l'embrasser.

Il répond avec ferveur et je sens ses doigts acérés, presque griffus se planter dans mon dos au travers de mon haut. Je les sens ses ongles, ça me picote un peu mais il ne me fait pas mal.

Notre échange se termine beaucoup trop tôt à mon goût. Mais Milo ouvre ses lèvres pour me dire quelque chose:

« Je suis étonné de la fougue soudaine de son éminence!

-T'es con... Je me mets à rire devant la bêtise de mon homme.

-Avoue que c'est la première fois depuis des années que tu m'embrasses en public. T'as honte? Tu sais l'ancien Pope se gêne pas pour galocher le Vieux Maitre...

-T'as envie qu'on s'affiche?

-Juste que t'aies pas peur de me donner la main ou de m'embrasser. Je sais que tu es consciencieux dans ton boulot, mais on dirait un petit vieux coincé quand on se retrouve avec les autres chevaliers.

Même mon chéri dit que je suis vieux... La déchéance de Kanon ancien chevalier des Gémeaux.

-Je vais faire un effort, tu as raison. Ma fonction me prend trop la tête parfois, j'ai du mal à lâcher prise, même avec toi.

-T'es sur de ça? Tout à l'heure tu m'as envoyé au delà des étoiles dans ton lit!

-Et on je te propose qu'on remette ça.

-Chez toi ou chez moi?

-Le temple du Scorpion est le plus proche, donc chez toi!

-A vos ordres, Grand Pope »

Sans réfléchir, je lui prends la main, et comme deux adolescents, nous courons parmi les ruines, faisant fi des gardes ou même des chevaliers qui veillaient cette nuit là. Il m'a semblé apercevoir Aiolia dans le tas qui jouait aux cartes avec des Bronzes... Bref, c'est pas le plus important.

Là, le Grand Pope que je suis va écouter scrupuleusement le rapport de mission de Milo du Scorpion, tel le patriarche consciencieux qu'il est. Ou pas...


note de fin: Merci d'avoir lu! J'ai adoré écrire sous le point de vue de Kanon que j'ai imaginé être un bon Grand Pope qui a évité bon nombre de catastrophes s'il avait été à la place de Saga dans l'histoire de Saint Seiya. J'espère que ça vous a plu, et je vous dis à bientôt. Des bisous