Hello!

Et voici un two-shot, dont le thème vous parlera sûrement. J'avais l'intention de me concentrer sur la manière dont ceux que Winry et May choisissent pour remonter l'allée le jour de leur mariage (avec Ed et Al bien sûr) réagiraient.

Bon, mon amour du Royai m'a un peu trop influencée pour la première partie, mais je suis certaine qu'elle vous plaira quand même. La deuxième partie est déjà écrite, mais je vais attendre une semaine avant de la poster (ça me laissera le temps d'écrire les chapitres de mon autre fanfiction, Retour en arrière, dont je parle sur mon profil).

Pour ceux qui me suivent, vous allez régulièrement recevoir une notification pour une histoire que j'ai déjà écrite, mais en anglais! Je me décide à traduire un peu plus ce que j'ai déjà fait (*pense à "Les cheveux de Riza" et ses 30k mots et transpire un peu*), et je crois que chaque histoire publiée à partir de maintenant (sauf peut-être celles des nuits du FoF) sera en français et en anglais.

Je vous laisse avec la première partie!

Disclaimer : FMA n'est pas à moi.


Partie 1 : Vous êtes mon deuxième choix

Le téléphone du bureau du capitaine Riza Hawkeye sonna, une fois, deux fois, trois fois. Le général Roy Mustang leva la tête pour constater que sa subordonnée n'était pas à son poste. Il fronça les sourcils, tentant de se rappeler si elle l'avait prévenu de son départ. Elle devait être allée chercher des documents dans les archives pour avancer sur leur enquête actuelle, qui leur prenait énormément de temps et d'énergie.

D'un signe de tête, il indiqua au lieutenant Havoc de répondre au téléphone. L'officier blond obéit et décrocha le combiné.

— Allo ? Lieutenant Havoc à l'appareil… Bonjour Winry ! Comment allez-vous ?... Et le Boss ?... J'espère qu'il fera bon voyage, alors. Vous vouliez parler à Hawkeye, n'est-ce pas ?... Elle n'est pas au bureau en ce moment, mais je lui dirai de vous rappeler lorsqu'elle reviendra…

La porte du bureau s'ouvrit alors, et Riza entra, les bras chargés de dossiers.

— Attendez, ne quittez pas, elle vient de revenir !

Riza posa son chargement et lança un regard interrogateur à Havoc, qui lui tendit le téléphone.

— C'est Winry Rockbell, capitaine.

— Oh !

Riza sourit et répondit en prenant place à son bureau. Son sourire s'élargit alors qu'elle écoutait la jeune fille.

— Félicitations ! s'exclama-t-elle d'une voix joyeuse. Je suis heureuse pour vous deux, vraiment… Moi ? Tu en es sûre ?... Merci, Winry, cela me fait vraiment plaisir… Oui… N'hésite pas à m'appeler s'il y a quoi que ce soit. Tu peux venir à East City quand tu veux… On pourra en discuter plus longuement ce soir ? J'ai hâte que tu me racontes tout... Tout à fait… Merci Winry, et encore félicitations !

Riza reposa le téléphone, et Roy remarqua que la fatigue qu'il avait remarquée depuis quelques jours sur son visage s'était envolée, remplacée par une grande joie. Curieux, mais ne voulant pas le montrer totalement, il la regarda avec un fin sourire, qu'elle lui rendit, radieuse.

— Edward et Winry vont se marier !

Des exclamations joyeuses retentirent dans le bureau alors que l'équipe apprenait la nouvelle. Roy n'était pas surpris. Lorsque la véritable nature de Bradley avait été révélée, c'était l'amie d'enfance des Elric qu'il avait menacée. A ce moment-là, il avait su que le lien qu'ils partageaient était semblable à celui que Riza et lui avaient. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion d'en parler avec Edward, mais il savait que ce jour viendrait inévitablement.

Il se sentait un peu vexé de n'être mis au courant que par l'intermédiaire de Riza, mais celle-ci l'assura un peu plus tard qu'Edward ne pouvait pas le prévenir avant d'avoir atteint la première étape de son voyage vers l'ouest. Roy grommela un peu, de toute façon certain qu'il ne l'appellerait pas avant d'avoir eu Alphonse. Ce fut dans la soirée que son téléphone sonna, annonçant le coup de fil de l'ancien alchimiste d'Etat. Roy leva la tête de son livre d'alchimie et tendit la main vers le téléphone posé sur la table de chevet.

— Mustang j'écoute, déclara-t-il calmement.

— Ouais, c'est Edward.

La voix du jeune homme était moins assurée que d'ordinaire, remarqua le général.

— Fullmetal, que me vaut le plaisir de ton appel ?

— Faites pas semblant de ne pas être au courant, je suis certain que Winry a déjà contacté Hawkeye.

Roy retint un rire, mais si Ed avait été devant lui, il se serait sans doute agacé de son sourire moqueur.

— Et si c'est effectivement le cas ? Tu m'appelles pour que je te félicite ?

— Décidément, vous ne changez pas, soupira Ed à l'autre bout du fil.

— Il y a des choses qui ne changeront jamais chez moi, tu le sais.

Il y eut un moment de flottement, puis Roy reprit la parole, sincère.

— Félicitations, Edward. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à Winry et toi.

Edward bredouilla des remerciements, soudain troublé par le ton de Roy. Celui-ci se cala plus confortablement contre son oreiller. Etonnamment, il appréciait les discussions qu'il pouvait avoir avec Ed, malgré leurs caractères affirmés et explosifs.

— Et si tu me racontais comment ça s'est passé ? D'après ce qu'a dit Hawkeye, tu étais sur le point de prendre le train. Attendre le dernier moment, c'est d'un classique !

Roy entendit Edward grommeler, puis entreprendre de lui décrire sa demande en mariage.

L'échange équivalent. C'était typique d'un alchimiste, pensa-t-il. Et la réponse de Winry était l'une des meilleures qu'elle aurait pu faire. Quand on aimait, on se donnait entièrement, même si on pouvait en souffrir. Ses pensées se tournèrent vers sa subordonnée. Il savait qu'elle éprouvait pour lui les mêmes sentiments qu'il avait pour elle. Mais après le Jour Promis, il n'avait pas osé lui en parler. Depuis deux ans, la question était restée en suspens, comme si la mettre sur le tapis exploserait tout ce qu'ils avaient construit. Exprimer leurs sentiments changeraient énormément de choses entre eux et dans leur dynamique, sans doute, mais cela ne remettait pas en cause son projet de reconstruire Ishbal, de prendre la tête du pays et de le changer pour en faire un Etat démocratique. Cependant, plus d'une fois il avait rêvé de le faire avec Riza à ses côtés plutôt que dans son dos.

Il revint à la réalité en entendant « Hawkeye » dans la bouche d'Edward. Il venait de poser une question et Roy n'avait pas écouté.

— Pardon, tu disais ?

Ed exprima un rire moqueur.

— Je parlais de Hawkeye et vous. Quand est-ce que vous vous déciderez à changer les choses pour vous deux ?

— Pourquoi devrais-je changer quoi que ce soit ? rétorqua Roy, légèrement offusqué.

— Parce que tout le monde, elle et vous les premiers, n'attend que le moment où vous vous déciderez à vous avouer ce que vous ressentez l'un pour l'autre ! Franchement, il n'y a pas de meilleure personne pour chacun d'entre vous que l'autre, et vous pinaillez pour des foutues lois qui datent d'une époque où les femmes étaient si peu nombreuses dans l'armée qu'on voulait les épargner ! Mais les choses ont évolué, le nombre de femmes militaire a augmenté, elles ne sont pas sans défense, et franchement, si c'est uniquement pour les comportements indécents et la chute de la productivité, vous pouvez y mettre des conditions ! Vous êtes général, Mustang, alors n'allez pas me dire que vous n'avez aucun pouvoir alors que vous êtes littéralement en train de reconstruire de vos mains une région que vous avez vous-même réduite en cendres ! Bordel, vous avez toutes les clefs en main et vous ne faites rien ! Remuez-vous, parce que même si elle est prête à vous attendre, l'âge arrivera en temps et en heure, et se moquera complètement de vos projets de vie ! Et moi je me fous de votre culpabilité, vous avez le droit de réaliser vos rêves ! Vous l'avez mérité ! Merde !

Edward avait achevé sa tirade en hurlant presque, et Roy, frappé par ses paroles, n'avait pas éloigné le combiné de son oreille, laissant son ouïe souffrir de la bruyante expression de la frustration de l'ancien alchimiste d'Etat.

Durant le silence qui s'installa entre eux, Roy tenta de remettre ses pensées en ordre. Ed avait raison, réalisa-t-il. Il était tout à fait en mesure de demander un changement de la loi. Et Grumman n'y serait pas opposé. Une parole le troublait cependant.

— Riza n'attend que ça, dis-tu ? Comment le sais-tu ? demanda-t-il, intrigué.

— Winry discute avec Riza depuis quelques temps déjà, et elles en ont parlé. Winry n'a pas résisté à la tentation de me le dire, parce qu'elle aussi espère votre bonheur.

Roy soupira, passant sa main libre sur son visage.

— Tu es vraiment en train de me dire que vous discutez tous les deux de notre vie amoureuse, à Riza et moi ?

— Oui ! La fierté se sentait clairement dans la voix d'Ed. Et vous avez tous les deux intérêt à bouger d'ici le mariage, parce que comme nos témoins, nous attendons beaucoup de vous !

— Attends… témoins ?

— Ouais, si tu le veux bien, j'aimerais que tu sois mon témoin, avec Al, bien sûr. Et Riza est une des témoins de Winry.

Ed était passé au tutoiement comme si de rien n'était. Rien ne l'en empêchait plus, finalement, puisqu'il n'était plus soumis aux règles de l'armée.

Roy laissa échapper un éclat de rire.

— Vous n'en ratez pas une, tous les deux ! Cela dit, je serais honoré d'être l'un de tes témoins. Cela me permettra sans doute de faire un discours ridicule sur toi et tes déboires dans l'armée.

Edward souffla.

— T'as pas intérêt, Mustang, tu ne sais pas ce dont je suis capable.

Une fois la conversation achevée, Roy oublia son livre, plongeant dans ses réflexions. Il voulait changer les choses, Riza le voulait aussi, mais la loi les en empêchait. Alors Roy la ferait modifier pour qu'ils puissent enfin se permettre d'être heureux.

Quelques mois plus tard, Riza posa un papier sur le bureau de Roy. Celui-ci l'examina, puisqu'il présentait tous les signes d'un formulaire de demande de permission.

— Puis-je prendre mon vendredi après-midi la semaine prochaine ?

Roy leva la tête vers la jeune femme.

— Je n'ai pas de raison de m'y opposer. Vous organisez quelque chose ?

Riza sourit, et il put distinguer une certaine fierté ainsi que de l'impatience dans ses yeux. Elle avait quelque chose en tête, il en était sûr.

— J'organise l'enterrement de vie de jeune fille de Winry le samedi. Je sais déjà où nous irons, mais j'ai besoin de préparer des choses en amont, et comme Winry loge chez moi le vendredi soir, il faut que tout soit planifié correctement.

— Vous savez, capitaine, votre sens de l'organisation et votre rigueur sont des aspects de votre personnalité que j'aime beaucoup. Et quand vous les mettez au service des autres, elles sont d'autant plus appréciables.

Les joues de Riza se teintèrent légèrement et son regard momentanément troublé amusa Roy. Elle répliqua cependant :

— Et quels autres aspects de ma personnalité appréciez-vous en plus ?

Oh. C'était un terrain glissant qui se présentait devant Roy. La précaution était de mise. Si rien n'avait véritablement changé entre eux ces quelques mois passés, il devait toutefois sans cesse résister à la tentation de tout lui dire.

— Vous êtes efficace, pugnace et attentive, et par votre présence je sais que je peux toujours m'améliorer et devenir un homme meilleur jour après jour, pour être digne…

Il s'interrompit, conscient qu'il allait passer la ligne qu'ils avaient inconsciemment tracée entre eux. Il plongea son regard dans celui de Riza, si captivé qu'il en oublia de continuer.

— Être digne ?

Elle semblait attendre la suite avec impatience et inquiétude. Roy s'éclaircit la gorge, gêné.

— Être digne de diriger un jour ce pays.

Ce n'était pas totalement faux, mais ce n'était pas ce qu'il avait d'abord eu l'intention de dire. « Être digne de toi, être digne de marcher à tes côtés ». Ces mots étaient les premiers qui avaient traversé son esprit, mais il les avait arrêtés avant qu'ils ne franchissent ses lèvres.

Riza parut déçue, mais afficha un sourire satisfait lorsqu'il signa la demande de permission.

La semaine passa rapidement, et le vendredi midi, Riza partit préparer les derniers détails de son samedi, non sans avoir redonné plusieurs fois ses recommandations pour les différents dossiers qui attendaient sur le bureau de Roy pour relecture et signature.

L'après-midi était bien entamé lorsqu'on frappa à la porte. Une tête blonde passa par l'ouverture, étonnant les hommes qui travaillaient dans le bureau.

— Bonjour messieurs ! Désolée de passer un peu à l'improviste, sans prévenir.

— Winry ? s'exclama Roy. Je pensais que tu arrivais ce soir directement chez le lieutenant !

Winry esquissa un sourire, un peu gênée sans doute.

— En fait, je voulais passer vous voir avant, général. J'ai quelque chose à vous demander. Puis-je vous parler en privé ?

Roy acquiesça et l'invita à le suivre dans son bureau personnel. Il ferma la porte et indiqua un fauteuil à la jeune femme. Il prit place dans celui qui lui faisait face.

— Alors ? interrogea-t-il, intrigué.

Winry inspira un coup avant de déclarer :

— J'aimerais que vous me conduisiez dans l'allée le jour du mariage.

Roy se figea un instant, abasourdi. Dire que c'était une demande inattendue était clairement un euphémisme. Tentant de rassembler ses idées, il bafouilla, incapable de formuler une phrase construite.

— Comment… qu'est-ce que… pourquoi ?

Winry rit légèrement.

— Monsieur Mustang, j'ai l'impression que vous n'en revenez pas.

Roy reprit quelque peu contenance avant de répondre.

— Déjà que ta venue au QG est étonnante, mais la raison l'est encore plus. Pourquoi moi ? Alphonse n'aurait pas fait l'affaire ?

— Al est le témoin d'Ed. Il a un autre rôle durant le mariage, puisque c'est lui qui aura les alliances.

— Je suis aussi un témoin d'Edward, tenta Roy.

— Mais vous n'avez rien de particulier à faire durant la cérémonie. Et en me menant vers Ed, vous seriez utile.

Roy grimaça à la mention de son inutilité. Il n'avait jamais réussi à supporter quand on le traitait d'impuissant ou d'inutile. Pouvoir mettre ses talents au service de son pays et des autres était ce qui lui permettait d'avancer.

— Vous savez, vous êtes mon second choix pour ce rôle.

Roy fronça les sourcils. Il n'était pas le premier choix de Winry ? Dans ce cas qui était le premier ? Et pourquoi ne pouvait-il pas…

— Oh, fut tout ce qu'il put prononcer en réalisant.

— Oui, s'il avait toujours été là, c'aurait été à monsieur Hughes que j'aurais demandé cela, murmura Winry.

— Je suis certain qu'il en aurait été très heureux, assura Roy. Et même si je ne suis pas Maes, je suis honoré de ton choix.

Ils échangèrent un regard entendu, rassurés de ne pas avoir offensé l'autre.

— Je ne l'ai dit qu'à Ed il y a quelques mois, mais je vous souhaite à tous les deux beaucoup de bonheur.

— Merci. Et vous vous êtes décidé à prendre le vôtre en main ?

Roy leva les yeux au ciel en voyant l'expression moqueuse de la jeune femme. Qu'avaient-ils donc à insister à ce point sur sa relation avec Riza ? Avec un sourire, il se leva, contourna son bureau et déverrouilla un tiroir, d'où il sortit un mince dossier.

— Je suis obligé de cacher celui-là, et à chaque fois que je vais à Central pour en parler avec le généralissime, je dois trouver un prétexte pour qu'elle ne puisse pas participer à la réunion. Je veux lui en faire la surprise.

Il se rassit et tendit le dossier à Winry, qui lut avec surprise l'énoncé du projet de loi.

— « Abrogation ou modification de la loi anti-fraternisation pour autoriser les mariages entre militaires ». Vous savez ce que vous voulez, c'est certain. Mais pourquoi laisser Riza dans l'ignorance ?

— Je… je ne veux pas lui donner de faux espoirs. Si ce projet ne se concrétise pas alors que nous commençons à construire quelque chose, nous n'aurons pas d'autre choix que d'abandonner ou que l'un d'entre nous quitte l'armée.

— N'est-ce pas un peu extrême ? Je suis certaine que tout se passera bien. Après tout, vous avez le généralissime dans votre poche, non ?

Ce n'était pas si simple que ça, mais le soutien de Grumman était précieux dans cette situation.

Juste avant de quitter le bureau, Winry se tourna vers Roy.

— J'espère que tout s'arrangera pour le mieux pour vous deux. Après tout, vous aussi avez le droit d'être heureux. Je vous attends pour rentrer dans la mairie de Resembool à vos côtés !

Après un dernier sourire et un clin d'œil, elle sortit. Roy se cala davantage dans son fauteuil, un peu rassuré. Qu'avaient donc ces jeunes à vouloir qu'eux, deux meurtriers, criminels de guerre, soient heureux malgré tout ? Sans doute parce qu'ils les connaissaient, et savaient ce qu'ils faisaient pour se racheter.

— Bon, soupira-t-il. Le mariage est dans deux mois, alors j'ai intérêt à presser les autres généraux sur ce sujet si je veux que mon plan fonctionne. Et je dois trouver un costume, et organiser l'enterrement de vie de garçon d'Edward avec Alphonse. Première étape, appeler l'empereur de Xing.


Edward Elric ne paniquait pas souvent, et apparemment son mariage faisait partie de ces rares occasions où il n'avait pas la patience et la volonté de rester tranquille pour que ses témoins lui apportent leurs dernières recommandations et conseils. Après avoir passé près d'une heure à essayer de le calmer avec Alphonse et Ling, Roy quitta la maison des frères Elric pour rejoindre celle des Rockbell, où il avait garé la voiture qui emmènerait Winry à la mairie. Lorsqu'il frappa à la porte, Pinako Rockbell lui ouvrit.

— Elle est bientôt prête, vous n'avez qu'à patienter ici jusqu'à ce qu'elle descende. Je vais la prévenir.

Roy s'assit sur un des fauteuils du salon en attendant que Winry descende. Des pas se firent entendre dans l'escalier quelques minutes plus tard. Il se leva, et devant la beauté qui apparut sur les marches, il eut le souffle coupé. Riza portait une robe fleurie qui s'arrêtait juste au-dessus de ses genoux, au décolleté carré et aux bretelles larges, maintenue par une ceinture large entourant sa taille fine. La tenue était simple, mais ses cheveux ramenés en un chignon lâche, son léger maquillage, ses fines jambes et son sourire étaient plus que ce que Roy avait imaginé. Cette image sublime se grava dans sa mémoire. Il s'approcha, refermant la bouche avant de paraître ridicule, et tendit la main espérant que Riza la prenne. A sa grande surprise, elle posa ses doigts sur sa paume, même si elle n'avait pas besoin d'aide pour descendre les dernières marches.

Un courant passa entre eux à ce moment-là, par le contact de leurs peaux et leurs regards verrouillés l'un à l'autre. Roy déglutit, incertain des pensées de Riza. Dans quelle mesure accepterait-elle ses attentions ?

— Hawkeye, vous êtes magnifique.

Ses joues se colorèrent légèrement.

— Merci. Mais vous n'avez pas encore vu Winry dans sa robe de mariée.

— Je suis certain qu'elle sera superbe, mais ce sera à Edward de tomber raide devant elle, répliqua Roy. Dans mon cas, c'est déjà fait, et vous n'avez pas idée à quel point.

Il vit l'instant où Riza réalisa le sens de ses paroles. Ses yeux s'écarquillèrent, ses joues s'empourprèrent et sa bouche s'ouvrit en un « O » de surprise. Roy s'inquiéta soudain. Etait-il allé trop loin ? Ses pensées étaient sorties de sa bouche sans qu'il ne puisse les retenir, dans toute leur sincérité. Si vraiment elle avait été offensée, elle aurait sans doute déjà sorti son pistolet qui se trouvait sur elle, il en était sûr, se rendit-il compte. Pris d'une impulsion, il leva leurs mains, toujours liées, et embrassa ses doigts avec un sourire. Malgré l'assurance qu'il affichait, il savait que la chaleur qu'il ressentait sur son visage devait transparaître sur ses traits.

— Durant la journée, est-ce que vous pourrez m'accorder un moment pour parler ? Il y a quelque chose que je dois vous dire.

Maintenant n'était pas le bon moment pour lui parler du coup de fil de Grumman. Winry et ses autres demoiselles d'honneur et témoins risquaient de descendre incessamment sous peu, l'interrompant dans sa tirade, et il voulait éviter de devoir la faire deux fois. Il n'allait pas gâcher le travail de ces six derniers mois à cause de son impatience.

Riza s'approcha de lui, posa une main sur sa joue, ses lèvres sur l'autre en un doux baiser qui remua les entrailles de Roy, avant de murmurer à son oreille.

— Si vous le souhaitez, il y aura un moment tranquille après le déjeuner. Je pense que personne ne viendra nous déranger dans l'atelier de Winry.

Le souffle de Riza sur son oreille envoya de délicieuses décharges partout sur sa peau. Ils échangèrent un regard, et Roy vit dans ses yeux d'ambre une lueur malicieuse, ainsi qu'une émotion indéchiffrable qui pourtant lui plaisait. Enormément. Il sourit en acquiesçant, et elle serra brièvement son bras avant de s'éloigner vers la porte d'entrée.

— Je vais voir où en sont les garçons, j'ai comme l'impression qu'Edward va avoir besoin d'être rassuré, n'est-ce pas ?

— C'était une vraie pelote de nerfs quand je l'ai quitté. Peut-être que vous serez plus douée qu'Alphonse, Ling et moi ?

— Peut-être, répondit Riza. Et au fait, je compte sur vous pour la sortie de la mairie, Roy.

Et sur un clin d'œil, elle sortit, laissant un Roy pétrifié de surprise au pied des escaliers. Combien d'années s'étaient écoulées depuis qu'elle l'avait appelé Roy ? Son cœur battit à tout rompre et son esprit rugit de joie lorsqu'il réalisa qu'il était désormais plus certain que jamais des sentiments de Riza à son égard. Et le mariage d'Edward et Winry était l'occasion de lui exprimer les siens sans aucune contrainte ni peur d'être surpris ou pris en défaut.

Il ne se sépara pas de son sourire lorsque May Chang et Paninya descendirent les escaliers. Elles portaient la même robe fleurie que Riza, mais l'effet n'était certainement pas le même sur elles que sur son cher capitaine. Enfin Winry les suivit. Elle portait une robe bustier qui s'évasait sous la ceinture en soie, et ses cheveux habituellement attachés en queue de cheval étaient lâchés et décorés de perles habilement fixées. Une couronne de fleurs les surmontait, tenant son voile en tulle translucide descendu devant son visage. Elle était magnifique, et Roy savait qu'Edward serait en admiration devant elle. Il ricana intérieurement. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de voir le Fullmetal sans voix. Pinako les rejoignit et ils montèrent tous les cinq dans la voiture, que Roy conduisit jusqu'à la mairie de Resembool. Le bâtiment était l'un des plus vieux et plus imposant du village.

Havoc les attendait à l'entrée, cigarette au bec. Son attitude relâchée contrastait avec son costume sur mesure, fait pour l'occasion.

— Ils sont déjà arrivés, patron, déclara-t-il en les voyant sortir du véhicule. Il siffla d'admiration en apercevant Winry. Je crois que le boss va avoir du mal à penser correctement aujourd'hui !

Winry rosit, et Roy frappa affectueusement l'épaule du blond.

— Arrête de dire des bêtises et va les prévenir qu'on arrive.

Havoc salua sommairement, avant de disparaître dans la mairie. Roy offrit son bras à Winry et ils entrèrent à leur tour, grimpèrent les escaliers pour arriver devant une porte où Riza les attendait. Elle sourit à Roy, qui sentit tout son être envahi de chaleur. Il lui rendit son sourire, soudain impatient que le mariage se termine. Enfin, juste un peu plus impatient qu'il ne l'était déjà depuis que le généralissime l'avait appelé, aux aurores ce matin, pour lui annoncer avec empressement le succès de son entreprise. Elicia Hughes était présente, et elle salua Roy avec un câlin, renversant quelques pétales de son panier plein à ras-bord.

Riza donna son bouquet à Winry et se plaça avec Paninya devant Roy et la jeune mariée. May prit le voile qui traînait derrière elle.

— Elicia, déclara Riza, tu peux entrer.

Et la fillette avança dans la salle en répandant des poignées de pétales dans l'allée. Les invités se levèrent d'un seul homme pour se tourner vers eux. A mesure qu'ils avançaient, Roy vit le visage de Winry s'éclairer, son sourire s'élargir et ses yeux se remplir d'une émotion que Roy connaissait bien. Il tapota son bras, pris d'un sentiment d'affection qu'il n'aurait pas pensé éprouver autant. Il savait quel honneur lui était fait, et ses pensées se tournèrent vers Maes. Il aurait été tellement heureux à l'annonce de ce mariage ! Il aurait demandé à être photographe officiel, tout en taquinant Ed et Winry. Roy était certain qu'il avait senti dès le début que ces deux-là étaient faits l'un pour l'autre. Comme il avait rapidement deviné les sentiments de Roy pour Riza.

Tournant son regard vers Edward, il le vit plaquer une main sur sa bouche, ému aux larmes. Alphonse posa une main sur son épaule, à la fois pour lui donner de l'assurance et pour l'empêcher de se précipiter vers Winry. Roy le comprenait, et il jeta un coup d'œil à Riza, un mètre devant lui.

Ils arrivèrent près du maire, et Roy détacha son bras de celui de Winry, pour le confier à Edward.

— Prends soin d'elle Edward, et soyez heureux.

— Merci Roy.

Ils se serrèrent la main, puis après un dernier sourire à Winry, Roy prit place à côté d'Alphonse et Ling. Ce dernier était venu avec une impressionnante escorte, constata le général, en remarquant la délégation xinoise qui occupait un bon quart de l'assemblée.

Durant toute la cérémonie, sauf pour les consentements et l'échange des alliances, Roy garda ses yeux fixés sur Riza. Lorsqu'elle s'en rendit compte, au lieu de froncer les sourcils, elle garda son sourire, et son regard prit une nouvelle lueur alors qu'elle lui rendait le sien. Il s'y perdit, à moitié conscient que tout le monde pouvait les voir. Il n'y avait plus qu'elle et lui, et Roy rêva du jour où il la verrait marcher vers lui dans une robe blanche, au bras de son grand-père. Ce serait certainement l'un des plus beaux de sa vie. De leur vie. La fin d'une vie et le début d'une autre, où ils ne seraient pas obligés de s'interdire de ressentir ce qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Un coup de coude le fit revenir au présent, et il accompagna Al et Ling pour signer le registre du mariage. Il ne put s'empêcher de sourire en voyant l'écriture élégante de Riza dans l'une des case réservées aux témoins de la mariée.

La salle des mariages se vida peu à peu, les invités sortant pour aller attendre les mariés à l'extérieur. Winry et Edward s'embrassèrent, puis bras-dessus, bras-dessous, ils attendirent que leurs témoins fassent de même. Alphonse offrit son bras à une May aux anges, et Ling proposa le sien à Paninya, qui le prit avec un sourire. Roy s'approcha de Riza et lui tendit la main. Elle posa ses doigts au creux de sa paume, lui envoyant de délicieux frissons tout le long de sa colonne vertébrale. Roy n'aurait su dire pourquoi, mais le regard de Riza avait changé. Il ne pouvait se détacher de ces yeux ambrés qui le regardaient comme s'il était… la seule chose qui existait au monde. Son regard à lui était-il ainsi lorsqu'il la contemplait ? Le comportement de Riza était bien différent d'ordinaire, et il ignorait si les circonstances de ce jour spécial la libéraient des limites qu'elle s'imposait d'habitude, ou si elle savait quelque chose. Mais Grumman lui avait promis qu'il resterait muet sur ce sujet. A moins qu'elle n'ait trouvé par elle-même, ce qui ne l'étonnerait pas.

Roy profita de la proximité de Riza tout le temps qu'il leur fallut pour sortir de la mairie, et durant les photos qui ne manquèrent pas d'être prises. Lorsqu'ils durent se séparer pour rejoindre la maison des Rockbell, chacun dans une voiture à cheval. Le repas fut simple et joyeux. Edward et Winry avaient prévu un buffet, et chacun s'assit là où il le souhaitait, ce qui donna aux mariés l'occasion de passer voir tous les invités.

Roy avait retrouvé ses subordonnés, et ils s'étaient tous les six installés autour d'une table, où Armstrong vint les retrouver. Il avait pleuré d'émotion tout le long de la cérémonie et continuait de tamponner ses yeux avec son mouchoir. Ils discutèrent des mariés et du repas dans une atmosphère de bonne humeur.

— Je souhaiterais que tout le monde connaisse le même bonheur, soupira l'alchimiste géant. Mais vous savez, général, ma chère sœur m'a fait part d'un projet que vous préparez avec les autres hauts-gradés. Ce pourrait-il que ?

Roy l'interrompit avant qu'il n'en dise davantage.

— Tant qu'il n'y a rien d'officiel, lieutenant-colonel, je vous prierai de ne rien dire. Et je me demande bien pourquoi le général Armstrong vous en aurait parlé.

Riza intervint, changeant le sujet.

— Je crois bien que Winry a besoin de mon aide, je vais la retrouver.

Elle se leva, et en passant derrière Roy, glissa un doigt d'une de ses épaules à l'autre, provoquant un tressaillement dans son ventre. Il déglutit, et masqua son air soudain embarrassé dans son verre de vin, le terminant d'une traite. Le message était bien reçu, peut-être même trop bien.

Il se leva à son tour, prétextant aller se resservir de vin. Mais dès qu'il ne fut plus en vue de son équipe, il changea de direction et entra dans la maison, qui pour le moment n'était fréquentée que par quelques invités. La porte de l'atelier était entrouverte, et Roy se glissa discrètement dans la pièce avant de fermer derrière lui. Riza l'attendait dans la mi-pénombre. Elle s'approcha de lui et entoura son cou de ses bras, un fin sourire sur les lèvres. Roy se figea. Riza avait décidé de prendre les choses en main, et ça l'étonnait autant que ça lui plaisait. Lentement, il posa ses mains sur sa taille. Il sentit une goutte de sueur glisser le long de son cou, et ce n'était pas seulement dû à la chaleur qui régnait à l'extérieur et qui passait par la fenêtre entrebâillée.

— Hawkeye…

— Riza, le coupa-t-elle.

— Riza, est-ce que Grumman t'a dit quelque chose ?

Au point où ils en étaient, autant directement la tutoyer, elle n'allait pas vraiment lui en vouloir.

— Peut-être bien… susurra-t-elle d'un air mystérieux. Il m'a dit ce matin que je n'avais plus à m'inquiéter pour mes sentiments. Est-ce vrai ?

Roy plongea dans son regard brûlant, muet. Il hocha la tête, attiré par les lèvres de Riza.

— Tu n'as jamais eu à t'en inquiéter, murmura-t-il, les mots se coinçant dans sa gorge. C'était le fait de ne pas pouvoir les exprimer qui nous retenait.

Leurs bouches n'étaient désormais qu'à quelques millimètres, leurs souffles se mêlaient, chauds et retenus, n'attendant qu'un signal pour se rencontrer. Les yeux de Riza s'étaient obscurcis, remplis d'un désir et d'une détermination qui embruma l'esprit de Roy.

Enfin, leur lèvres se frôlèrent, se touchèrent, et Roy, les yeux fermés, goûta les fraises et le vin qu'elle avait pris un peu plus tôt. Enivré, il appuya davantage ses lèvres aux siennes, la rapprochant de lui et remontant une main dans son dos et l'autre couvrant sa joue. Il passa sa langue sur ses lèvres. Il voulait la sentir encore plus. Elle entrouvrit la bouche, et leurs langues dansèrent, chacune voulant dominer l'autre. Riza gémit contre lui, ses mains perdues dans ses cheveux, jouant avec ses mèches noires. Roy sentit qu'il perdait pied. Toutes ces années d'attentes se concrétisaient enfin, et il ne sentait que le parfum discret de Riza, le goût de ses lèvres, la douceur de sa joue sous ses doigts, la chaleur de son corps contre le sien, ses doigts emmêlés dans ses cheveux… il entendait son souffle saccadé, sa voix soupirante, le froissement de sa robe… tous ses sens étaient aiguisés par la présence de Riza, par leur baiser, par le désir qu'il avait pour elle.

Il n'en aurait jamais assez, réalisa-t-il, et aurait voulu que ce moment dure pour l'éternité. Mais ils finirent par se séparer, hors d'haleine, et Roy posa son front contre celui de Riza. Cherchant son souffle, il déclara tout de même :

— Le projet dont parlait Armstrong, c'est pour autoriser les militaires qui ont plus de cinq ans de service sans blâme à se fréquenter, sans que cela impacte la productivité et l'ambiance de travail. Et ton grand-père m'a appelé ce matin pour me dire que la décision d'approuver ce projet avait été prise hier, au moment où nous sommes partis pour Resembool.

— Ce matin à quelle heure ?

Roy fronça les sourcils.

— Je veux savoir qui il a autorisé à agir en premier.

— Dix heures vingt. Mais cela changerait-il quelque chose ?

— Dix heures. Cela ne change rien. Mais désormais je sais que si j'avais couru vers la maison des Elric juste après avoir raccroché, j'aurais pu reparler à mon grand-père, et nous aurions eu cette conversation plus tôt dans la journée. Cela nous aurait peut-être épargné…

— Quatre heures de plus à attendre sur les dernières années que nous avons passées à nous aimer sans nous le dire ?

Roy sourit et Riza retint un éclat de rire, ses yeux brillants de joie alors qu'elle acquiesçait.

— Pourquoi se retenir davantage alors ? Pourquoi attendre encore ? Je crois que nous aurions dû en parler bien plus tôt, mais pourtant nous n'avons pas pu nous résoudre à le faire après le Jour promis. Riza, je te connais depuis que tu as treize ans, je t'ai vue grandir, devenir une jeune femme dont je suis tombé amoureux, sans oser me l'avouer, j'ai été le témoin de tes pires moments, de tes plus profonds désespoirs, de tes doutes, de tes décisions cruciales, de ton évolution dans l'armée, et maintenant, je veux connaître les meilleurs instants de ta vie, les partager avec toi, en être l'acteur. Riza, je t'aime, et je ne veux plus gâcher un instant de ma vie séparé de toi.

Roy s'agenouilla devant Riza et sortit de sa poche l'écrin placé dedans juste après l'appel de Grumman, n'en revenant toujours pas de son intuition qui le lui avait fait mettre au dernier moment dans ses bagages. Cela pouvait sembler rapide, mais ils se connaissaient depuis plus de quinze ans, alors s'ils étaient sûrs de ce qu'ils ressentaient, la patience était superflue. Les mots qu'ils avait tant tournés dans sa tête durant la préparation du projet de loi purent enfin sortir de sa bouche.

— Veux-tu m'épouser, et marcher à mes côtés pour rendre ensemble ce monde un peu meilleur ? Veux-tu partager ma vie et assister à mes meilleurs comme mes pires moments ?

Riza s'abaissa devant lui et plaça un baiser sur ses lèvres.

— Roy, as-tu vraiment besoin de demander ? Je veux marcher à tes côtés depuis des années, depuis que j'ai décidé de partager mon secret avec toi. J'ai déjà assisté aux pires heures de ta vie, et je veux faire en sorte que rien ne soit pire que ce que nous avons déjà vécu. Nous avancerons ensemble, quoi qu'il arrive.

Roy caressa la joue de Riza, qui s'abandonna à son contact. Puis il l'embrassa comme si plus rien n'importait au monde. Il l'avait enfin trouvée, et il ne la lâcherait pas. Lorsqu'ils rompirent le baiser, Riza fixa son regard dans le sien.

— Général Roy Mustang, tu n'es pas le premier que j'aime.

Roy se figea imperceptiblement, avant de saisir la lueur malicieuse de ses yeux. Il se détendit avant de demander, innocemment :

— Et qui a eu la chance d'être aimé par Riza Hawkeye ?

— Il y a d'abord eu un ado qui n'y connaissait pas grand-chose à la vie à la campagne, qui s'émerveillait de tout ce qu'il trouvait dans la nature. Il m'a fait comprendre que je devais toujours voir les choses comme si c'était la première fois. Ensuite, c'était un militaire fraîchement sorti de l'académie. On dit souvent que l'uniforme séduit les filles, et à ma plus grande honte, je fais partie de ces filles. Mais je crois bien que l'homme qui se trouve sous l'uniforme est bien plus intéressant que le vêtement qu'il porte. Ensuite, il y a eu un officier ambitieux, qui avait pour projet de changer le pays et de réparer ses fautes. J'ai décidé de le suivre parce qu'il était mon meilleur espoir de rédemption. J'ai cru mourir plusieurs fois lorsqu'il a été imprudent et quand je n'ai pas été capable de le protéger. Et enfin, il y a eu ce jeune général déambulant dans les rues d'Ishbal, parlant aux habitants, les considérants aussi dignes que ceux d'East City ou de Central, s'intéressant à leur vie, leurs besoins, leurs désirs. Je suis tombée amoureuse de tant de versions de toi, mais c'est Roy que j'aime, chaque jour depuis tout ce temps, et que je continuerai à aimer tous les jours de ma vie.

Roy resta muet. Pour toute réponse, il prit la main de Riza et glissa la bague à son annulaire, qu'il embrassa tendrement. Riza plaça ses mains en coupe sur ses joues. Quelques secondes plus tard, ils échangeaient un baiser brûlant et passionné qui les consuma. Avant même de s'en rendre compte, Roy l'avait allongée sur le sol de l'atelier et explorait ses courbes à travers sa robe, qu'il aurait préféré autre part.

— Quelqu'un aurait vu le général Mustang et le capitaine Hawkeye ? Ils ont un discours à faire avant que tout le monde ne parte faire la sieste ou participer aux activités de l'après-midi !

La voix de Breda à travers la fenêtre entrouverte les fit revenir à la réalité. Ils se redressèrent, échevelés et rougissants, comme des ados surpris par un parent, avant d'éclater de rire. Ils n'avaient plus rien à cacher, plus de secret qui leur pesait, plus de loi qui leur interdisait de ressentir ces sentiments qu'ils partageaient. Roy se sentait léger, et il avait l'impression qu'il ne ferait que sourire bêtement tout le reste de sa vie.

Il corrigea un peu sa tenue, redressant son nœud papillon, rajustant son col et remettant le bas de sa chemise dans son pantalon avant d'ouvrir la fenêtre et d'interpeller le lieutenant.

— Breda ! Nous arrivons, pas d'inquiétude !

Heymans eut brièvement l'air soulagé, avant de froncer les sourcils.

— Nous ? demanda-t-il, intrigué.

— Oui, nous, déclara Riza, qui se plaça juste à côté de Roy, une main sur sa taille et l'autre sur le rebord de la fenêtre.

Breda remarqua la bague et une grimace joyeuse éclaira son visage.

— Je préviens les mariés que les futurs mariés arrivent, alors !

Et avant que l'un d'eux n'ait pu le retenir, il partit en courant. Riza posa la tête contre l'épaule de Roy.

— Crois-tu qu'ils nous en voudront de leur avoir volé la vedette le jour de leur mariage ?

— Ils attendaient cela depuis si longtemps, ils ne vont pas se plaindre d'être les premiers informés, si ? Au pire, je les laisserai annoncer la première grossesse de Winry à notre mariage.

Roy sourit devant le bonheur de Riza et se pencha vers elle pour un dernier baiser avant leurs discours.


Alors?

La prochaine partie sera plus courte, et se passe après celle-ci chronologiquement.