OS dédié à La Pomme Verte, voilà un Shuraiolia comme promis !

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. L'image en cover appartient à KEI_42001


Mission matrimoniale : caser le lion et la chèvre

Ah le printemps ! La saison où les fleurs s'épanouissaient, le climat y était tempéré, où les allergies se manifestaient aussi. Mais au-delà de cela, c'est aussi la saison des amours ! Ouais enfin... c'était vite dit ! Kanon se demandait vraiment si c'était pas des salades : y avait qu'à voir Shura et Aiolia se tourner autour sans oser se parler. Pourtant ça crevait les yeux qu'ils en pinçaient l'un pour l'autre ! Il était où là Éros quand on avait besoin de lui ?! Ah oui c'était vrai... il ne s'occupait pas des chevaliers vu qu'ils n'étaient pas dans son camp. Le gémeau devait bien se l'avouer, ces deux-là l'agaçaient au plus haut point ! C'était décidé ! Ce serait lui qui les caserait puisqu'ils n'étaient pas fichus de faire un pas vers l'autre ! Restait plus qu'à échafauder un plan solide qui tiendrait la route...

Depuis quelques temps, Aiolia ressentait des sentiments plus forts que de l'amitié pour Shura. Enfin depuis leur résurrection pour être plus exacte, ils étaient tous revenus à la vie cinq ans après la guerre sainte contre Hadès. Cependant, il n'osait pas se déclarer de peur de se faire rejeter. Après tout le capricorne était difficile à déchiffrer, il n'était pas particulièrement expressif ni démonstratif. Si ça se trouvait, il n'éprouvait rien pour lui, d'ailleurs à part sa statue d'Athéna et son hibou Kokuto, il n'avait pas l'air de témoigner de l'affection pour quelqu'un. Même s'ils étaient amis, il avait l'impression qu'ils n'étaient, finalement, que de simples collègues et depuis la fin de la guerre, il lui semblait même étranger. Et cela l'attristait, il lui avait pardonné les actes du passé et de ce fait, Aiolia avait espéré qu'ils puissent se rapprocher mais ce n'était pas vraiment le cas. Pourtant, le lion avait tenté des approches mais à chaque fois le capricorne n'y était pas réceptif, il avait fini par croire qu'il ne voulait tout simplement pas de sa compagnie. Tant pis... ça lui prendra du temps pour tourner la page mais il y arrivera. Enfin c'était ce qu'il se disait.

Du côté de Shura, ce n'était pas mieux. Depuis leur retour au Sanctuaire, il était en proie à des sentiments qui lui étaient inconnus : il se sentait étrangement embarrassé et étourdi près d'Aiolia. Et ça, ça ne lui ressemblait pas ! C'était pour cela qu'il s'éloignait du lion et pour une raison dont il ignorait, cette distance lui fit ressentir un immense vide en lui. Que devait-il faire ? Shura n'avait jamais été aussi tourmenté, pas même lorsqu'il avait reçu l'ordre d'assassiner Aiolos, il l'avait exécuté de sang-froid après tout c'était un chevalier, et en tant que tel c'était son devoir d'obéir et de ne pas se laisser submerger par ses émotions. Seulement voilà... Maintenant il n'était plus qu'un simple chevalier, c'était aussi un homme qui s'était vu accorder une seconde chance. Maintenant, il avait le droit de ressentir, de choisir, de vivre comme il le souhaitait et ça, c'était totalement inédit pour lui. Le capricorne se sentait comme un nouveau-né à qui on devait tout apprendre et ça lui était insupportable. Shura aurait tant voulu connaître le repos éternel, au moins il n'aurait pas eu à souffrir autant que maintenant qu'il était en vie.

Ils étaient loin de se douter qu'un certain gémeau était en train de manigancer, en cachette afin de les rapprocher.

Et voici enfin arrivé le jour où Kanon mettait en place son plan A (parce que oui il en avait plusieurs car après tout, les choses se déroulent rarement comme prévues, et ça il l'avait appris à ces dépends et ne referait plus la même erreur !), intitulé « Ronde au clair de lune ». C'était simple : Kanon avait fait en sorte que Shura et Aiolia soient de garde cette nuit. Peut-être qu'en passant un peu de temps seuls tous les deux, ça les rapprocherait et ils s'avoueraient leur sentiments ! Une petite ballade nocturne en amoureux, rien de tel pour créer une ambiance romantique. Restait plus qu'à espérer qu'ils se décoinceraient. Le gémeau les observerait de loin et veillerait à ce que rien ne puisse perturber le bon déroulement de son plan !

A l'heure du crépuscule, Aiolia et Shura se rejoignirent devant le palais du Pope, leur tour de garde n'allait pas tarder à commencer. Le chevalier du lion était nerveux à l'idée de passer la nuit en compagnie de l'Espagnol. Pas que cela soit désagréable mais il ne pouvait pas faire fi des ses émotions, être si près de Shura lui faisait sentir des papillons dans le ventre et son cœur battre à la chamade. Il devait se l'avouer, il ne se reconnaissait pas du tout ! Lui, l'un des chevaliers les plus puissants de l'ordre d'Athéna, était en émoi comme une jeune fille qui tombe amoureuse pour la première fois ! C'était presque ridicule ! Mais malgré cela, il se sentait tellement heureux. Être seul avec le capricorne jusqu'à l'aube... c'était à peine croyable… les seules fois où ils étaient ensemble, c'étaient lors des entraînements. D'ailleurs, le lion appréciait beaucoup leurs duels : s'il y avait bien une chose qu'ils affectionnaient tous les deux, c'étaient les combats. La sensation grisante de l'adrénaline, étudier l'adversaire, contrer ses coups, cherché à le dépasser, ils aimaient tout ça. L'Espagnol était un redoutable combattant, Aiolia admirait sa technique et le tranchant de sa lame qui faisait sa fierté. Puis il avait l'impression de se sentir plus proche de lui lorsqu'ils s'affrontaient.

Ce qu'il ignorait, c'était que le sentiment était réciproque. Shura avait la sensation d'être plus intime avec le Grec lors de leurs matchs, il retrouvait en lui le rival qu'il recherchait : un valeureux guerrier dont la vitesse de ses poings pouvaient atteindre la célérité de la lumière et dont les crocs étaient foudroyants. Ce n'étaient que dans ces moments qu'il se sentait libre d'être lui-même auprès du lion, c'est pour cela qu'il chérissait ses instants plus que tout. Or là, il était de surveillance avec lui, Shura n'en menait pas large non plus.

Les deux chevaliers d'or marchaient dans un silence inconfortable. Aiolia essayait d'admirer le paysage et le ciel se teinter de nuances orangées et violettes sans vraiment y parvenir. Il avait peur de déranger le capricorne s'il lançait un sujet mais ce silence l'angoissait intérieurement. Est-ce qu'il le trouvait ennuyeux ? Ou indigne d'intérêt ? Ces questions l'inquiétaient.

De son côté, Shura aussi sentait que l'ambiance était tendue. Mais que pouvait-il y faire ? Ce n'était pas dans ses habitudes de faire la conversation, lui, le chevalier le plus taciturne du sanctuaire, devançant même Camus dans ce domaine. Alors il se contenta de rester coi, comme à l'accoutumée.

De loin, caché derrière une colonne de marbre, Kanon fulminait ! Non mais qu'est-ce qu'ils lui faisaient là ! Ils étaient seuls, c'était le moment pour dialoguer, flirter ! Pas de rester muets comme des carpes ! S'ils se bougeaient pas, c'est lui qui le ferait, et à sa manière !

Sans savoir pourquoi, les deux chevaliers d'or ressentirent des frissons dans leur dos. Eh bien ? Il ne faisait pas encore froid pourtant. En passant par la maison du capricorne, Aiolia détecta un mouvement dans la pénombre et se mit immédiatement en garde, un intrus se serait glisser dans le dixième temple ? L'ombre se déplaçait rapidement et furtivement autour d'eux, pas de panique, il fallait garder son sang-froid et observer les mouvements de cette silhouette. Soudain, elle fonça droit sur Shura qui était resté parfaitement calme, le Grec s'apprêta à bondir en sa direction, prêt à attaquer mais fut stopper dans son élan par le bras levé de Shura, lui intimant ainsi de ne pas bouger. Quand l'ombre fût assez proche d'eux, le lion put constater que ce n'était que Kokuto, il s'était emporté pour rien. L'hibou vint se poser paisiblement sur le bras tendu de l'Espagnol, il jeta un regard curieux à Aiolia puis reporta son attention sur son maître. « Hou ! » hulula-il en guise de salutation. Shura lui offrit pour seule réponse un léger sourire, ponctué d'une caresse sur la tête, l'animal fut ravi.

Kanon était stupéfait de voir Shura aussi affectueux et expressif avec ce hibou. Eh oh ! Y avait un lion qui demande aussi de l'attention et de la tendresse. Alors qu'il laisse ce sac à plume et qu'il s'occupe d'une vraie personne ! Voyant qu'Aiolia se faisait délaisser pour cette bestiole, le gémeau comprit qu'il fallait vite qu'il s'en débarrasse pour le bien de son projet.

Alors qu'il se délectait des cajoleries de son propriétaire, Kokuto sentit tout à coup son radar à friandises interne, détecter des biscuits pas loin. Le hibou perçut un paquet de douceurs agité par une main plus loin, dans une partie sombre du temple. Ni une, ni deux, il s'envola directement vers ces biscuits ! Sa gourmandise était plus forte que lui ! Surpris, le capricorne, qui n'avait pas remarqué la présence d'une tierce personne chez lui, ne comprit pas pourquoi son animal de compagnie partait aussi soudainement.

Alors qu'il se rapprochait de ces sucreries qui attisaient son appétit, le paquet lui s'éloignait, attirant Kokuto vers l'extérieur. Le volatile finit tout de même par rattraper l'objet de ses convoitises. Tout content, il l'entama, savourant sans crainte ces délices. Quand brusquement, une cage atterrit sur lui ! Lui faisant peur sur le coup et interrompant son goûter. C'était Kanon qui l'avait piégé !

« Navré petit, je ne peux pas te laisser compromettre mes desseins. » Dit-il pas désolé pour un sou. « Hou... hou... hou... » Bouboula tristement le pauvre petit hibou, peiné d'être enfermé. Insensible à la détresse de l'animal, et plus intéressé par ce que faisait les deux « pas doués en amour », il le laissa à son sort. Il le libérera plus tard, se disait-il.

Les deux chevaliers avaient entre-temps continué leur patrouille. Lorsqu'ils arrivèrent au temple du sagittaire, ils aperçurent le maître des lieux qui semblait revenir de l'entraînement à en juger par sa tenue. Aiolos avait pour habitude de s'exercer jusqu'à tard, il tenait à rattraper autant que possible son retard : toutes ces années en fantôme l'avait rouillé. Mais il ne s'en plaignait pas, certes les autres avaient beaucoup progressé mais lui aussi ne serait pas en reste ! Cela le motivait à se dépasser ! Aiolia était très fier de lui, il était vraiment un modèle pour tous. Le neuvième gardien avait été ressuscité dans le corps d'un jeune homme de vingt-sept ans. Il ne se voyait pas revenir avec le physique au moment de sa mort, car même dans le néant, il était resté conscient. Une partie de son âme et de son esprit était restée dans son armure d'or, ainsi, il avait eu l'impression d'avoir tout de même vécu et vieilli. Évidemment, ce n'était pas vraiment le cas, puis revenir d'entre les morts en perdant treize années de vie, ça aurait été une sacrée arnaque ! Les dieux avaient donc décidé de lui prolonger sa période de vie de treize ans pour compenser.

Alors que les deux frères échangèrent une franche accolade, Shura se contenta de le saluer d'un mouvement de la tête. Le capricorne savait que ces deux-là s'adoraient et aimaient passer le plus de temps possible ensemble afin de rattraper ces années d'absence. Cette vérité lui fit mal, quand il y repensait, c'était de sa faute. Ils ne devaient restés séparés plus longtemps. Pris de culpabilité, il lui proposa de faire le tour de garde seul cette nuit. Le lion fut étonné par cette initiative, d'un côté, cela lui permettrait de passer du temps avec le sagittaire et d'éviter de passer la nuitée dans une ambiance pesante. Mais d'un autre côté, malgré ça, il aimait cette proximité avec l'Espagnol, ils avaient de rares occasions d'être seuls avec lui. Aiolia était tiraillé, que faire ?

De son côté, Kanon avait juste envie de les frapper. Non mais à quoi ils jouaient ?! Il s'était pas cassé la tête à tout organiser pour que finalement Shura fiche tout en l'air ! Ça n'allait pas se passer comme ça !

Aiolos sentit que quelqu'un essayait d'entrer en communication avec lui, c'était Kanon qui l'informait que Saga l'appelait et qu'il l'attendait dans le palais du Pope. Tiens ? C'était bizarre, d'habitude, si Saga voulait le voir, il lui faisait la demande en personne. Bah... il était peut-être très occupé et avait besoin d'un coup de main, ça devait être pour cela qu'il l'appelait. Le sagittaire, leur expliqua qu'il devait partir et leur souhaita donc une bonne soirée avant de monter jusqu'au temple du Pope, mettant fin ainsi au dilemme d'Aiolia. Ce dernier en fut très soulagé.

Le ciel ne tarda pas à se teinter de noir. Le soleil avait tiré sa révérence pour laisser place aux innombrables autres étoiles, offrant à leur tour, un spectacle différent, une danse, une ronde sur la voûte céleste qui leur servait de scène. La nuit était déjà bien avancée. D'ordinaire, le cinquième gardien ne prêtait pas trop attention à elles, mais en cet instant, il ne trouva rien de mieux à faire étant donné l'absence totale de conversation. En étudiant mieux leurs positions, il pouvait voir sa constellation protectrice scintiller. Les astres la composant semblaient émettre une douceur lumière réconfortante, il avait l'impression qu'elle la couvait, un peu comme une mère (bien qu'il ne connaissait pas sa génitrice). Elle avait toujours été là d'aussi loin qu'il se souvenait, veillant sur lui depuis le firmament, apaisant sa peur de l'obscurité et de l'orage. Sa constellation et son armure avaient un peu étaient ses parents de substitution, surtout quand il s'était retrouvé seul au monde. Ils avaient été longtemps ses seuls alliés. Cependant ce soir, on aurait dit qu'elle essayait de lui faire passer un message, mais lequel ? Que voulait-elle lui dire ? A vrai dire, il n'avait pas la motivation de chercher à comprendre ce soir, alors il laissa son regard balader ailleurs, puis il se figea quand il reconnut une autre constellation : c'était celle du capricorne qui était aussi présente. Sans savoir pourquoi, Aiolia se sentait attiré par elle, comme hypnotisé par son éclat. Tiens ? Il avait aussi l'étrange impression qu'elle essayait de communiquer avec lui. Bizarre, les étoiles lui paraissaient expressives aujourd'hui ou bien il devenait fou ? Le lion avait le sentiment de passer à côté de quelque chose et se sentait encore plus perdu.

Shura se rendit compte que le Grec semblait ailleurs et fixait le ciel de manière obsessionnelle.

« Aiolia, tout va bien ? » Lui demanda-t-il. Sa question eu pour effet de le faire revenir à la réalité.

— Je... Oui, oui, tout va bien !

— Tu es sûr ? Tu n'as pas l'air d'être en forme... Si tu es fatigué, tu peux rentrer. Je peux surveiller seul, j'expliquerai au Grand Pope que tu n'étais pas en état de faire la ronde. Il sera compréhensif, ne t'en fais pas.

— Non ! Je vais parfaitement bien ! J'ai juste eu un instant d'égarement, ça ne se reproduira pas ! On peut continuer.

— … D'accord si tu le dis.

— Bien, en route.

— …

— …

— … Tu sais, s'il y a quelque chose qui te tracasse, tu peux m'en parler. Enfin... Si tu en as envie. »

Est-ce qu'il avait rêvé ? Aiolia n'en crut pas ses oreilles ! Shura le chevalier le plus froid (oui, oui, Camus l'était mais moins que lui et ça tout le monde le savait maintenant, bien qu'il le niait) s'inquiétait pour lui ? Non, ce n'était pas possible... Ce n'était pas lui ! … Si ? Par Athéna... ça lui faisait bizarre de voir Shura comme ça : il avait l'air... embarrassé ? C'était sûrement le cas, le capricorne avait dévié son regard après avoir prononcé ces mots. Honnêtement, il ne savait pas trop quoi en penser, d'un côté c'était si inhabituel et de l'autre... ça lui faisait extrêmement plaisir.

L'Espagnol ne savait plus où se mettre. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de dire ça ?! Au fond, il le savait, imaginer que le Grec ressentait un mal-être lui serrait le cœur. Il espérait sincèrement que ce ne soit pas le cas.

« Ce serait plutôt à moi de te dire ça.

— Pourquoi ?

— Depuis quand tu te soucis des autres ? »

Aïe, il n'aurait pas dû dire ça finalement, sur ce coup il n'avait pas réfléchi. Aiolia avait juste envie de se frapper.

« Tu es mon ami, tu sais ? C'est normal de se préoccuper de ses amis, non ?

— Nous sommes... amis ? Tu le penses vraiment ? Moi je n'en n'étais pas sûr, maintenant je suis soulagé de le savoir.

— … Désolé, je ne le montre pas souvent c'est vrai. Mais oui, je t'apprécie... plus que tu le crois... »

Avait-il bien entendu ? Il n'avait pas rêvé ? Shura venait réellement de lui témoigner de l'affection ? C'était si bref, si inespéré ! Il croirait rêver !

Le capricorne pesta intérieurement. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de prononcer ces mots ?! Cette soirée était un désastre, jamais en temps normal, il n'aurait sorti ce genre de propos ! Cependant, le fait d'être ici à ses côtés, lui donnait l'impression d'être plus fort, de dépasser ses principes. Il n'y avait que lui qui lui faisait cet effet, il n'avait jamais éprouvé le besoin, ni l'envie de s'occuper de quelqu'un d'autre que le lion. Ce n'était pas désagréable mais totalement inédit.

Le second gémeau ne pouvait pas entendre leur conversation de là où il était. Mais il pouvait deviner que c'était une conversation gênante de part leurs expressions faciales et leurs gestuelles. Qu'est-ce qu'ils pouvaient être niais ces deux-là ! Il faudrait une intervention divine pour les faire avancer là !

Comme si les dieux avaient entendu sa prière, une colonne de marbre s'effondra sur les deux chevaliers d'or. Aiolia qui était plus vif, sauta vers Shura et le poussa, les deux finirent par terre mais heureusement pas écrasés par le pilier. Le choc passé, ils prirent, tout à coup, conscience de leur position : l'Espagnol était au sol sur le dos, tandis que le Grec était haut dessus de lui à califourchon, leurs visages étaient séparés de quelques centimètres. Cette proximité les embarrassait tellement, qu'ils se mirent à rougir de gêne. Néanmoins, ils ne purent s'empêcher d'admirer le faciès de l'autre : de plus près, Shura pouvait mieux observer les yeux verts du lion, son teint légèrement bronzé et surtout ses lèvres pleines qui semblaient l'inviter à poser les siennes dessus. Aiolia, lui, remarqua que les traits du capricorne paraissaient moins dur et trouva sa rougeur adorable, son regard sombre lui semblait si intense qu'il aurait pu s'y noyer. Inconsciemment, il avança son visage vers le sien, le dixième gardien ne bougea pas d'un iota, trop absorbé dans sa contemplation. Tous deux pris dans une sorte de rêve, le monde avait disparu autour d'eux, il n'avait plus qu'eux.

Le cadet des jumeaux jubilait, enfin il se passait quelque chose ! Là c'était sûr ! Il avait accompli sa mission !

Alors, qu'ils étaient sur le point de s'embrasser, pris dans le feu de l'action et par l'ambiance. Ils furent interrompus par l'apparition de l'aurore. L'astre du jour avait brisé cette sphère d'intimité qu'ils avaient créée, telle l'horloge qui avait brisé l'enchantement de Cendrillon, les ramenant à la réalité.

Prenant conscience, de leur rapprochement, ils se séparèrent aussitôt. Que s'était-il passé ? Comment ils en étaient arrivés là ? Kanon lui jura, le temps avait joué contre eux... et maintenant, il allait devoir tout recommencer. Il était certain qu'après tout ça, ils allaient de nouveau se renfermer comme des huîtres, et ça c'était pas bon.

Leur tour de garde se terminait à l'aube, ils firent leur rapport au Pope puis se saluèrent, comme si rien ne s'était passé, avant de retourner dans leur temple respectif. Aucun n'osait aborder le sujet, beaucoup trop troublés par les derniers événements. Une partie d'eux avait peur d'avoir froissé l'autre et craignait d'être repoussé.

En rentrant chez lui, Shura entendit les cris de Kokuto provenant de l'extérieur. Il fut stupéfait de le retrouver en cage, ces pleurs lui brisaient le cœur. Il le libéra et essaya de le consoler en lui caressant la tête. Sa mine s'était assombrie, qui était assez cruel pour faire subir cela à un animal ? S'il retrouvait le coupable, il passerait un sale quart d'heure. Il alla s'enfermer dans sa chambre avec son hibou toujours dans ses bras, pensif, comment faire face à Aiolia après cet incident ? Kokuto remarqua l'air mélancolique de son maître, il se posa au creux de son cou et frotta sa tête contre sa joue, réalisant un geste réconfortant pour la personne qui s'occupait si bien de lui. Le capricorne lui en était reconnaissant, et le gratifia de nouvelles caresses sur le crâne en retour.

Le lion n'était pas lui non plus dans un état différent. Que faire ? Shura ne voudrait certainement plus le voir maintenant. Cette pensée le rendait triste, si c'était vraiment le cas, alors il aurait tout gâché...

Trois jours s'étaient écoulés depuis et les deux gardiens ne s'étaient pas revus, à vrai dire, ils s'évitaient consciencieusement. Cependant, il fallait bien qu'ils se croisent à un moment donné. Ce fut le cas lors de l'heure des entraînements quotidiens, Shura avait aperçu Aiolia en compagnie de Marine. C'est vrai que ces deux-là étaient très proches. Ils étaient souvent ensemble et aujourd'hui, elle était sa partenaire d'entraînement. Curieusement, ils étaient restés ensemble même après leurs exercices. L'Espagnol ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Se pourrait-il que ces deux là soit plus que de simples amis ? Pour lui c'était certain : ils avaient l'air d'être très intimes, Aiolia était plus démonstratif avec elle qu'avec ses amis de la garde dorée. Puis, il fallait avouer que la femme chevalier de l'aigle était une belle demoiselle de vingt-et-un ans possédant du caractère, elle avait tout pour plaire. Convaincu et résigné à l'idée qu'il ne sera probablement jamais aussi proche du lion, surtout pas après la situation gênante d'il y a quelques jours, il s'en alla rejoindre ses appartements, il avait besoin d'être seul.

Le second gémeau avait observé leurs faits et gestes durant tout ce temps. Plus il les voyait s'esquiver, plus la moutarde lui montait au nez. Mais qu'importe ! Il ne s'avouera pas vaincu ! Il réussira ou bien il ne s'appellerait plus Kanon des gémeaux ! Puis une idée lui vint à l'esprit, là ça devrait fonctionner !

Au dixième temple, Kokuto se reposait tranquillement, perché sur la statue d'Athéna du maître des lieux. Jusqu'à ce qu'il sente l'odeur alléchante de biscuits ! Friand de ces gâteaux, il se laissa guider par leur parfum. Quelle fut sa frayeur, quand il s'aperçut que c'était une fois de plus son bourreau qui l'avait attiré ! Alors qu'il s'apprêta à s'enfuir, ce dernier l'arrêta. « Du calme petit, je ne compte pas t'enfermer comme la dernière fois. J'ai besoin de toi : je veux que tu ailles livrer cette lettre à Aiolia du lion. Si tu coopères, je te donnerais ces sucreries. » Lui proposa-t-il. Incapable de résister à la tentation. Le volatile s'empara de la lettre qui lui était tendue et s'envola en direction du cinquième temple. Arrivé là-bas, il ne tarda pas à croiser le propriétaire et lui remit le courrier avant de repartir pour le dixième temple. Kanon qui avait suivit ses faits et gestes depuis la maison du capricorne, fut satisfait de son service et lui donna les biscuits, comme promis, pour le plus grand bonheur du hibou. Il partit sans demander son reste et non sans avoir lui même glisser une lettre sous la porte de la chambre de l'Espagnol. Ce dernier n'allait sûrement pas tarder à arriver, il ferait mieux de filer en vitesse.

Le lion était perplexe, pourquoi Kokuto lui donnait cette lettre ? Est-ce par hasard, elle proviendrait de Shura ? Il l'ouvrit rapidement, le cœur battant. « Rendez-vous dans l'arène, à l'heure du coucher du Soleil. Signé Shura. ». Le contenu était bref, clair et concis, du Shura tout craché. Ceci dit, le capricorne voulait le voir ? C'était inespéré ! L'espoir renaissait dans son cœur.

Entre-temps, le dixième gardien arriva chez lui, en passant la porte de sa chambre, il aperçut une enveloppe au sol. Il l'a ramassa avec un air dubitatif, puis l'ouvrit. « Bonjour, j'aimerais m'entretenir avec toi. Je t'attendrai dans l'arène à 19h. Signé Aiolia. ». Simple et direct, c'était bien Aiolia ça. Cependant, c'était si soudain. Il ne s'attendait pas à ce qu'il veuille le revoir après tout ce qui s'était passé. Mais... et si c'était de cela qu'il voulait lui parler ? Cette perspective le rendait nerveux. Quoiqu'il en soit, il irait au rendez-vous.

Shura arriva sur les lieux, entre chien et loup, comme prévu. Aiolia apparut quelques instants plus tard, faisant face au capricorne. La tension était palpable, aucun d'entre eux n'osait prononcer un mot. Kanon les épia à distance, s'ils ne mettaient pas maintenant tout à plat, il ne pourrait rien faire de plus pour eux. Ce fut le porteur d'Excalibur qui fit le premier pas :
« De quoi voulais-tu me parler ? Le questionna-t-il.
— ... Comment ? S'étonna Aiolia.
— Tu m'as laissé une note dans ma chambre, me demandant de venir ici, à la tombée de la nuit, pour t'entretenir avec moi.
— Je ne vois absolument pas de quoi tu parles. Je suis venu uniquement parce que c'est toi qui me l'a demandé via une lettre !
— ... Mais je ne t'ai jamais envoyé de courrier.
— ... Moi non plus.
— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
— J'ai l'impression que l'on s'est joué de nous.
— ... Si tu n'as rien à me faire part. Je me retire. Dit-il en amorçant sa retraite.
— Non attends ! S'écria le Grec. »

Le dixième chevalier d'or se stoppa et le fixa du regard, il avait l'air toute ouïe.

« Je... J'ai beaucoup de chose à te dire ! Mais je ne sais pas... je ne sais pas comment t'exprimer tout ce que j'ai sur le cœur ! »
S'en était trop pour lui, il ne parvenait plus à retenir ses larmes, le lion avait accumulé tellement de stress et de frustration récemment qui n'attendaient que d'être évacués. Il essuya rageusement ses pleurs, honteux d'avoir été vu en état de faiblesse, surtout devant lui. Shura n'avait pas dit un mot, il se contenta d'avancer et de se placer devant son ami et plaça une main réconfortante sur son épaule. « Battons-nous. Nous sommes avant tout des guerriers, nous n'avons pas été formé pour nous exprimer avec des discours. Laissons nos poings parler pour nous. »

C'était vrai, ils n'arriveront sûrement pas à communiquer en mettant des mots sur leurs sentiments, le mieux serait de les transmettre à travers un affrontement. De cette manière, ils pourront extérioriser toutes leurs émotions. D'un accord commun, ils se mirent en garde. Dès que les dernières lueurs du jour eurent disparu, les deux adversaires s'élancèrent corps et âme dans une lutte qui mettrait en lumière se qu'ils ne pouvaient comprendre.
L'ancien marina commençait sérieusement à s'inquiéter. Il les avait réunis pour qu'ils finissent ensemble, pas pour qu'ils démarrent une guerre de mille jours, avec au final la mort de l'un ou l'annihilation des deux ! Ils étaient vraiment des incapables qui ne savaient que se taper dessus !

Les coups fendaient l'air à une vitesse déconcertante, soulevant le sable et créant des nuages de poussières. Aiolia enchaînait les assauts sans donner un instant de répit à son opposant. Il ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps ! Il avait la sensation d'être plus léger, comme si on lui avait enlevé un sacré poids. Y avait pas à dire, rien de mieux qu'un duel pour se vider l'esprit, une lutte sans merci où chacun donnait tout. Pris dans la fièvre du combat, le cinquième chevalier d'or sentait que les mots lui parvenaient plus naturellement et sortaient plus facilement de sa bouche.

« Depuis notre retour à la vie, je pensais que nous avions réglé tous nos différents. Cependant, tu me paraissais toujours aussi distant. Pourquoi ? » Avait-il prononcé d'une traite sans cesser d'attaquer. Shura lui se concentra pour parer et esquiver les coups, il était dans le même état d'esprit que le lion : il avait le sentiment d'évoluer au fur à mesure de l'avancée de ce duel, devenant moins taciturne, plus expressif. C'était dans ces moments où ses émotions transparaissaient le mieux.

« Je ne peux pas oublier le passé. Je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé. J'ai encore des regrets, surtout vis-à-vis de toi. Je ne pouvais pas te faire face, pas après ce que j'ai fait. Dit-il en évitant un coup.

— Je t'ai pardonné ! Tout le monde t'a pardonné ! Ton éloignement, je ne le comprends pas. Ça me fait mal de te voir si loin et pourtant si proche. Répondit-il tout en lançant à nouveau son poing.

— Vraiment ? Je n'ai pas réalisé que cela te blessait, ce n'était pas mon intention, j'en suis désolé. Il bloqua son mouvement.

— Ce n'est pas en t'enfermant dans la solitude que tu me comprendras ! Répliqua-t-il en se libérant de son emprise. »

Puis asséna un coup de pied latéral que Shura eut dû mal à parer. Le capricorne essaya de prendre ses distances mais le lion ne le laissa pas faire et le poursuivit.

« Tu cherches encore à fuir ! Es-tu lâche à ce point ?

— … Je ne comprends pas. Pourquoi cherches-tu ma compagnie ? Je suis loin d'être la personne la plus amicale et chaleureuse qui soit. Je ne pense pas être à la hauteur de tes espérances.

— Et depuis quand tu décides ce qui est bon ou pas pour moi ? Mes fréquentations ne regardent que moi et si j'ai envie d'être avec toi, je le ferai ! Déclara-t-il en lançant un coup de poing qui passa très près du visage de l'Espagnol.

— Qu'ai-je de spécial pour capter autant ton attention ? Demanda-t-il, profitant de cette occasion pour commencer à attaquer à son tour.

— A vrai dire... je ne sais pas trop. Je crois que... j'éprouve de l'empathie pour toi : quand je vois la tristesse et l'amertume dans tes yeux... j'ai l'impression de me voir à travers ton regard. Répondit-il en se défendant du mieux qu'il pouvait.

— Je te fais pitié ?

— Non, j'ai connu cela aussi. C'était à l'époque où tout le monde me traitait comme un paria, à ce moment là je te détestais aussi. Mais maintenant que je connais la vérité, avec du recul, je te comprends. C'est pour cela que je t'ai pardonné. »

Le Grec reçut un coup de talon qui le fit reculer de quelques mètres. Les voilà face à face, à une distance raisonnable, il était tant d'en finir. Ils prirent tout deux positions et brûlèrent leur cosmos doré. Arrivés à leur paroxysme, ils lancèrent leur attaque à l'unisson :

« Excalibur !

— Lightning Plasma ! »

Les deux attaques s'entrechoquèrent brutalement, générant une puissante explosion ! Quand elle se dissipa, on pouvait constater qu'ils étaient tous deux encore debout. Les deux se sourirent avant de tomber à terre, épuisés.

« J'ai pu sentir à quel point tu étais sincère. Tes paroles me touchent, je te remercie de m'avoir accorder une chance. Dit-il haletant.

— Tu sais... je ne t'ai pas tout dit. En réalité, si je t'approche... c'est surtout parce que tu me plais. »

Voilà c'était dit, il n'y avait plus de retour possible. Shura avait maintenant toutes les cartes en main, soit il allait le détruire soit le rendre heureux. Il ferma les yeux en attendant sa réponse.

« … Je m'en doutais, je l'ai senti lors de notre combat. Maintenant, j'ai la confirmation... Aiolia... je ressens la même chose et ce depuis notre résurrection. C'était aussi en parti pour cela que je t'évitais, parce que mes sentiments pour toi allait au-delà de l'amitié. J'avais peur, c'était la première fois que je ressentais cela pour quelqu'un. Je ne voulais pas que tu me déteste à nouveau à cause de cela, je.. je ne l'aurais pas supporté. Alors j'ai préféré me taire et me contenter de te voir t'épanouir. Et puis... je pensais que tu aimais Marine. ». Avoua-t-il. Le Grec avait écouté attentivement, sa voix était enrouée, il semblait pleurer. Néanmoins, le capricorne partageait ses sentiments ! Il ne s'était jamais senti aussi soulagé et comblé depuis leur retour ! Il fit un effort surhumain pour se rapprocher de Shura puis se laissa tomber à côté de lui et lui prit une main dans la sienne. Ce dernier se contenta de la serrer.

« Tu n'as plus rien à craindre. Dorénavant, nous serons deux à découvrir ses nouveautés. Je suis si heureux de savoir que je te plais aussi, le contraire m'aurait fait de la peine, je ne te le cache pas. Et pour Marine... oui je l'aime mais pas comme tu le penses, elle est comme une petite sœur pour moi, d'ailleurs c'est le cas puisqu'elle est la petite-amie d'Aiolos ! Confessa-t-il.

— … Vraiment ? Je ne savais pas qu'il était en couple. Dit-il surpris.

— Oui... ils ne l'ont pas encore officialisé mais ça ne saurait tarder. Pff... hahaha... on a fait du grabuge ce soir, tout le monde a dû sentir la secousse qu'on a provoqué. Ils devraient pas tarder à arriver.

— Shion va sûrement nous réprimander pour ça.

— Oui mais à vrai dire je m'en fiche. Je n'ai aucun regret, toi par contre ça va leur faire bizarre, ça va entacher ton image de chevalier protocolaire.

— Ça ne m'affecte pas, ils peuvent penser ce qu'ils veulent, peu m'importe. Seul ton avis a réellement, une valeur à mes yeux.

— Shura... je sais que je viens juste de me déclarer et que ça va peut-être un peu trop vite mais ce n'est pas comme ça que je le sens : on a vécu pas mal de chose, et je crois pouvoir dire en toute confiance que je t'aime. Je n'ai plus envie de perdre de temps avec cette nouvelle opportunité.

— Je pense la même chose. C'est vrai que ça peut paraître absurde mais au diable la raison ! Je ne veux pas avoir de regret. Je peux aussi l'affirmer : je t'aime Aiolia, plus que n'importe qui dans cette vie. »

Ils réussirent à se redresser, Aiolia ne put s'empêcher de détailler son vis-à-vis et de lui sourire. Sourire qui paraissait plus lumineux que n'importe quel astre, du point de vue de Shura. Ce dernier porta une main sur sa joue et la caressa du pouce dans un geste doux, surprenant le lion qui profita pleinement du contact en posant sa main sur la sienne. L'Espagnol rapprocha son visage et l'embrassa, après tout c'était le Grec qui avait fait le premier pas en se déclarant, il voulait se rattraper en lui offrant un premier baiser, simple mais significatif pour eux deux. Chacun se délectait du contact des douces lèvres de l'autre. Ils se séparèrent à regret mais savaient que ce n'était que le premier d'une longue série. Soudain, le nouveau couple entendirent du bruit. Ils ne mirent pas longtemps à repérer Kanon qui semblait euphorique au point de danser, un peu plus loin. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Ils avaient récupéré assez de force pour se lever et partirent à sa rencontre.

Le gémeau qui avait assisté à toute la scène, ne put s'empêcher de fêter sa victoire ! Mais quel génie, qui c'est qui avait casé ces deux-là ? C'est bibi ! Trop pris dans son délire, il n'aperçut pas le couple s'avancer vers lui. Il reprit pieds à la réalité quand il les entendit :

« Bonsoir, Kanon. Peut-on savoir ce que tu fais ici ? Demanda Shura.

— Et n'essaye pas de nous mentir, ça faisait un moment qu'on se sentait observer. Ajouta Aiolia.

— Euh... Eh bien... Je passais par là et je vous ai vus vous battre, alors je suis resté vous surveiller au cas où ça déraperait. Mais je n'ai pas eu à intervenir, j'avais totalement confiance en vous (c'était à moitié vrai... Bon ok c'était vrai à seulement 2% mais c'était pas entièrement faux non plus !). Mais je suis content pour vous ! Vous semblez plus proches qu'avant, c'était mal parti vu l'autre soir...

— L'autre soir ? Parce que tu nous espionnais depuis tout ce temps ? Malgré la voix neutre de Shura, l'ex marina pouvait clairement détecté de l'animosité à son égard (oups la boulette ! Il s'est fait grillé!).

— Bon d'accord, je vous ai aussi croisé lors de votre tour de garde. J'avais envie de prendre l'air, j'étais tombé sur vous par hasard (toujours essayer de sauver les apparences).

— Et cette intervention avec Aiolos, c'était aussi par pur hasard ? Remarqua Aiolia sarcastique.

— Oh vous étiez là à ce moment ? Une pure coïncidence.

— … Donc tu étais le seul dehors cette nuit... tous les autres étaient soit chez eux, soit au treizième temple.

— Oui exactement, tout à fait.

— … Et c'est donc toi qui as piégé Kokuto. Conclua Shura d'un air sombre (Oh ho... il avait gaffé).

— Euh...

— Et c'était donc toi aussi pour les lettres. Tu avais tout organisé, avoue.

— Eh bien... Je... Oh ! Il se fait tard, je dois rentrer ! Ce fut un plaisir, à la revoyure ! »

Kanon prit ses jambes à son cou sans demander son reste. Shura et Aiolia avaient repris du poil de la bête et d'un accord commun, ils se mirent à poursuivre le gémeau tout en l'attaquant. Le pauvre Kanon dût fuir et esquiver les tranchants et les éclairs en même temps.

Le lendemain, comme prévu, les deux chevaliers d'or furent punis par le Grand Pope pour avoir mis la pagaille dans l'arène et de s'être battu en dehors d'un entraînement en utilisant leur cosmos et leur technique, ils avaient eu de la chance de s'en sortir qu'avec des égratignures, ils auraient pu être gravement blessés. Mais ils s'en moquaient, tant qu'ils seraient ensemble, tout irait bien. Ils étaient près à passer une nouvelle étape à présent : vivre à deux.

Du côté du temple des gémeaux, Kanon se faisait panser par Saga, qu'avait-il bien pu faire pour se retrouver dans cet état ? On aurait dit qu'il s'était fait assaillir par deux chevaliers d'or en colère contre lui (clairvoyant ce Saga). Le cadet lui maugréait contre ces ingrats qui ne l'avaient même pas remercié, au contraire, ils s'en étaient pris à lui ! Alors que c'était quand même grâce à lui s'ils s'étaient trouvés ! C'était décidé, plus jamais il n'aiderait et ne ferait preuve d'altruisme !

Fin.