« Ce n'est ni ces chaises mystérieuses, ni ce livre sorti de nulle part, qui va me convaincre que je suis une sorcière ou je ne sais quoi. » commença Sophia, ignorant complètement l'argument avancé par Marlène et Théo qui venaient tout droit des Highlands d'Ecosse jusque Londres.
Théo venait de terminer la lecture de l'introduction du livre donné par le Gobelin, Le Bouleversement, Introduction, Histoire et Théories. Ce dernier semblait pensif suite à sa lecture, tout comme Marie et Marlène.
« J'admets que tout cela semble sorti d'un mauvais film de cinéma mais… j'aimerais bien y croire. » fit Alice.
Sophia regarda son amie comme trahie.
« Comment peux-tu dire une chose pareille ? Tout ceci n'a ni queue ni tête.
— Et bien… Il s'est déjà passé des choses étranges, surtout quand j'étais plus jeune avant qu'on ne se rencontre. Je n'en ai jamais parlé parce que cela semblait impossible puis ce n'est plus jamais arrivé alors je n'y ai plus pensé jusqu'à aujourd'hui.
— Nous avons eu aussi des épisodes quand nous étions jeunes, intervint doucement Marlène.
— Des épisodes ?
— Oui c'est comme ça que nous les appelons, expliqua Théo. Ce sont les évènements étranges qui se sont produits autour de nous, souvent quand nous étions enfants ou tristes ou en colère. C'est ce qui nous a réuni tous les trois en découvrant qu'il nous arrivait les mêmes choses sur un forum ésotérique. Nous recherchions les causes de ces épisodes et si nous étions les seuls. Au final nous n'étions que trois mais c'était suffisant. Nous n'avons toutefois jamais découvert la cause jusqu'à aujourd'hui…
— C'est pour cela que nous voulions faire ce road trip, intervint à son tour Marie, pour découvrir les raisons de ce mystère. J'ai choisi d'orienter mes études en histoire pour cette raison également. Et… Je tiens à m'excuser pour tout à l'heure, je ne savais vraiment pas comment aborder le sujet avec vous.
— Aucun problème, fit Alice, c'est tout à fait compréhensible. Si tu m'avais dit ça sans preuve je ne t'aurai peut-être pas cru non plus ! »
Sophia hocha la tête pour signaler qu'elle avait compris. Elle avait beau ne pas croire en cette histoire de magie (il lui fallait bien plus de preuves que des chaises, un livre et des bonnes paroles), elle pouvait comprendre le raisonnement de la brune. Pour l'instant elle jouerait le jeu pour voir ce qui allait se passer et si on lui apporterait d'autres éléments plus concrets.
On frappa à la porte à coup succins. Celle-ci s'ouvrit sur Romulus qui entra dans la pièce.
« J'ai terminé mes tâches du jour alors je suis revenu voir où en était les explications, je ne m'attendais pas à ce que Gripsec ait déjà fini…
— Ce n'est pas comme s'il avait été très explicite sur le sujet, une révélation qui sort d'on ne sait où et un livre, pas de quoi prendre des plombes, ralla Sophia.
— Ah… J'aurais dû m'en douter. Je ne pouvais vraiment pas rester tout à l'heure, des voyageurs de notre communauté était de passage et je dois m'occuper de leur ouvrir les magasins s'ils ont besoin de refaire des provisions. La majorité d'entre-nous sont nomades depuis des siècles et l'habitude a perduré dans les traditions encore aujourd'hui, bien que ce ne soit pas la seule raison. Quand je vous ai se- vu, je me devais aller voir d'où vous veniez.
— Vous êtes un surveillant en quelque sorte ? s'intéressa Alice.
— Oui et non, je surveille bien le Chemin de Traverse, mais le but principal de mon travail est de m'occuper des voyageurs itinérants. Je gère la totalité des boutiques, je les ouvre, je m'occupe de la caisse et je les ferme au fur et à mesure que les personnes font leurs achats. Je fais également le réapprovisionnement en collaboration avec Gringotts, ce qui m'enlève un sacré poids des épaules malgré tout. Je m'occupe également de l'auberge si les voyageurs souhaitent dormir sur place avant de repartir, mais c'est assez rare. Peu d'entre-nous souhaitent rester ici…
— Pourquoi ça ? s'enquit Théo.
— Le Chemin de Traverse était à l'origine une annexe Sorcière de Londres, alors nous préférons souvent rester en retrait par habitude et par tradition en quelque sorte, même si la location du Chemin est idéalement bien placée.
— Mais vous n'êtes pas Sorcier ? Je me posais la question car d'après ce livre tous les Sorciers ont disparu, je ne voudrais pas vous offenser d'une quelconque manière mais vous avez tout l'air d'un être humain.
— Non je ne suis pas un Sorcier, mais ma race est humanoïde. J'ai toutefois des ancêtres Sorciers. »
Théo hocha la tête, satisfait. Il ne demanda toutefois pas de quelle race était Romulus, il était curieux mais cela lui semblait plutôt impoli.
« Il se fait tard maintenant, si vous le souhaitez je peux vous prêter des chambres pour la nuit, l'Auberge se trouve dans une rue adjacente à quelques minutes à pied. Je comprends que tout cela soit un choc pour vous, après une bonne nuit de repos je pourrais répondre à vos questions si vous le souhaitez.
— Oui ce serait formidable, acquiesça Marie. Marlène, Théo et moi-même avons nos backpacks et de quoi dormir dehors mais une nuit plus confortable ne serait pas de refus. Je ne sais pas pour Alice et Sophia en revanche…
— Nos valises sont à l'hôtel, mais je ne me sens pas de retourner là-bas, c'est assez loin d'ici, fit Alice.
— On pourrait dormir ici puis aviser demain, si vous avez de quoi nous prêter pour la nuit et la toilette, proposa Sophia.
— Oui je peux tout à fait vous fournir ça, j'ai toujours un peu de vêtement et d'autres affaires à prêter au cas où. Si cela vous convient nous pouvons y aller tout de suite ?
— Oui, allons-y » fit Théo.
Tous rassemblèrent leurs affaires, sans oublier le livre, et se mirent en route. Ils sortirent du bureau et traversèrent le hall où un autre Gobelin se trouvait derrière le comptoir.
« Gringott est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre » les informa Romulus.
Ils ne s'attardèrent pas plus longtemps et sortirent du bâtiment. La nuit était presque tombée et il n'y avait aucun éclairage dans la rue. Cela ne semblait pas déranger l'homme qui se déplaçait avec aisance.
« Je sais que nous en parlerons plus en détail demain mais j'ai tout de même deux petites questions, dit Théo en brisant le silence.
— Quelles sont-elles ?
— D'après l'introduction du livre que nous a donné Gripsec sur le Bouleversement, il est écrit qu'aucune raison n'avait été réellement découverte, c'est bien le cas ? Et quand est-ce que le Bouleversement a eu lieu exactement ?
— Le Bouleversement s'est passé il y a cinq cents ans. Et non, nous ne savons toujours pas la réelle raison de la perte soudaine de la magie chez les Sorciers. La question n'a pas été étudiée plus que ça après leur disparition parce qu'elle importait peu à beaucoup de monde. Vous trouverez de nombreuses théories dans le livre de toute sorte d'origine, mais l'une d'entre-elle fait consensus actuellement. Nous pensons que, comme des millénaires auparavant, la Magie a choisi de punir les individus qui faisait honte à son entité. Elle a un jour maudit un clan de Mage, dont la malédiction s'est transformée au fil des siècles pour se diluer et se transmettre à travers les Loups-Garous, les forçant à vivre les nuits de pleine-lune sous le joug de leurs bêtes intérieures. Puis Elle a choisi de punir les Sorciers de leurs comportements néfastes envers leur propre communauté en leur retirant ce qui leur été le plus cher : leur magie. »
Alors, verdict ? :)
