N/A : Merci beaucoup pour tous vos gentils messages ! Je ne vous mérite pas ! En guise de maigre compensation pour votre patience, je posterai le chapitre 7 dans le week-end !

Bonne Lecture.


Chapitre 6 : La chasse – Partie 1

« Je la veux ».

Victoria étouffa un grognement primitif en entendant ces trois mots.

Elle observa James qui faisait les cents pas devant elle, une lueur sombre et déterminée dans le regard. Sa queue de cheval blonde se balançait frénétiquement derrière-lui.

« Tu as écouté ce que Victoria vient de dire ? L'humaine est protégée par tout un clan. C'est trop dangereux » protesta Laurent, l'air agité.

James s'immobilisa devant lui pour lui adresser un regard méprisant.

« Je ne pensais pas que tu étais aussi lâche, Laurent ».

Laurent serra les mâchoires. Il jeta un regard d'avertissement à James.

« Je ne suis pas un lâche. Je suis intelligent » le corrigea-t-il sévèrement.

« Tu es un lâche » insista James « Tu ne prends plus aucun risque depuis des décennies. Tu te contentes juste de cueillir tes proies comme s'il s'agissait de pommes. Et rien n'es plus ignoble que le goût d'une proie facile ».

Les yeux rouges de Laurent brillèrent dangereusement.

« Raisonne ton compagnon avant que je ne lui arrache la tête, Victoria ».

Victoria retint une moue.

Ses yeux se concentrèrent sur la silhouette de James qui ne semblait pas tenir en place depuis qu'elle leur avait avoué qu'attraper Bella s'avérerait plus compliquée que prévue. En faisant cela, elle avait espéré les inciter à renoncer. Mais elle aurait dû prévoir que James y verrait là le signe d'une chasse inoubliable. Il avait toujours été un compétiteur dans l'âme.

« Victoria est toujours de mon côté » grogna James sans même la concerter du regard pour avoir son approbation.

Le venin s'accumula dans la bouche de Victoria, à deux doigts de protester.

« Sept vampires contre trois nomades ! » tonna Laurent. Sa voix s'éleva furieusement dans le silence de la prairie, ponctué par son accent français qui ressortait particulièrement dans son accès de colère « Je ne mettrai pas ma vie en danger ni pour une humaine, aussi juteuse puisse-t-elle être, ni pour satisfaire ta convoitise démesurée, James. J'aime à penser que ma vie vaut bien plus que cela ».

Les lèvres de James se recroquevillèrent pour laisser échapper un grognement furieux et sauvage. Il cracha sur le sol.

« Lâche ! ».

« Fais attention, mon garçon. Ma patience a des limites » siffla-t-il en recroquevillant ses mains gantées.

James détourna la tête avec un mauvais rictus. Il finit par redresser les épaules avec un regard déterminé.

« Le plan ne changera pas. Nous la traquerons, avec ou sans toi » déclara-t-il.

Victoria cligna des yeux.

Ce fut la seule réaction extérieure qu'elle laissa échapper. Mais en réalité, un maelstrom d'émotions démesuré s'abattit sur elle. La rage, le désespoir, la haine tourbillonnèrent furieusement en elle, chacune essaya de prendre le dessus sur l'autre.

« J'espère que votre mort sera clémente » soupira Laurent en secouant sa tête, la mine déçue. Bousculés par cette brusque agitation, ses dreadlocks s'animèrent comme des serpents furieux avant de retomber mollement sur ses épaules.

« Tu le regretteras » l'avertit James.

Laurent fronça les sourcils avant de disparaître dans une brise froide et furieuse. Victoria fixa la clairière avec un regard déséquilibré. Est-ce que Laurent venait de les abandonner ?

« Il pourrait avoir raison, James » murmura-t-elle après un moment de silence.

Le regard sombre de James se riva aussitôt sur le sien. Il la dévisagea durement, incrédule. Une lueur d'avertissement s'alluma dans son regard.

« Tu vas t'y mettre toi aussi ? » grogna-t-il.

Victoria pinça ses lèvres pour retenir un grognement et s'approcha lentement de lui. Elle enroula ses bras autour de son cou et effleura son oreille avec sa bouche.

« Je te suivrais partout ou que tu ailles, quoique puisse être le danger. Je ne suis pas une lâche, James. Tu le sais mieux que personne. Je ne fais qu'écouter mon don ».

Les bras trop durs et trop brusques de James s'enroulèrent autour de sa taille pour la ramener fermement contre son corps. Victoria pinça les lèvres pour retenir un grognement.

« Et que te dit ton don, ma douce ? ».

« Prudence » murmura-t-elle en penchant légèrement la tête sur le coté pour pouvoir plonger son regard dans celui de James « Cette… proie n'est pas comme les autres. Autrement dit, nous devons nous adapter à elle. Nous précipiter tête baissée ne nous mènerait que vers notre propre mort. Nous devons être plus malins que ça, James ».

« Que proposes-tu ? » soupira-t-il à contrecœur.

« Plus de temps. Assez suffisamment pour que je me tisse d'amitié avec l'humaine, de sorte que l'attirer jusqu'à nous sans éveiller les soupçons de ses protecteurs sera un véritable jeu d'enfant ».

James sembla vouloir protester sa proposition. Elle s'empressa de mordiller sa mâchoire pour attirer son attention. James lui lança un regard sceptique.

« Laisse-moi t'offrir la partie de chasse la plus excitante de ta vie. Tu ne le regretteras pas » lui promit-elle.

Il la souleva dans ses bras et la plaqua contre un arbre. Victoria retint une grimace en sentant son entrejambe bombée s'enfoncer rudement contre son ventre. La main dure de James s'enroula fermement autour de sa nuque avant de l'embrasser à pleine bouche. Victoria se força à ne pas lui résister et répondit avec autant de férocité, sinon plus, à son baiser meurtrier. Il finit par rompre le baiser avec un rire sombre.

« Dans ce cas, va chercher notre repas, chérie » lui sourit-il, les crocs étincelants.

Mais pour la première fois, Victoria ne lui sourit pas en retour.


Tu dois partir – Victoria.

Bella fixa le message pendant de longues minutes, se demandant si c'était encore une blague de mauvais goût.

« Tu vas être en retard, Bella » lui cria Charlie depuis le rez-de-chaussée.

Elle se leva d'un bond de son lit et attrapa à la volée son sac avant de descendre l'escalier. Elle fit une rapide halte dans la cuisine pour attraper une pomme et une bouteille d'eau sous le regard exaspéré de son père avant de quitter la pièce en le saluant rapidement.

Bella décrocha son manteau du porte-manteau à l'entrée et l'enfila avant de sortir. Elle se jeta dans sa voiture et fonça vers le lycée. Un sourire victorieux se dessina sur les lèvres lorsqu'elle arriva sur le parking du lycée et qu'elle constata que la cloche n'avait pas encore sonné.

Bella répondit à Victoria avant de sortir de la voiture.

Pourquoi ? – Bella.

Au même moment, la cloche du lycée sonna.

Une paire de bras dure s'enroula autour d'elle, la faisait sursauter de surprise. Elle leva la tête et croisa le regard amusé d'Edward.

« Encore en retard » lui fit-il remarquer, un sourcil haussé.

« Juste à l'heure » le rectifia-t-elle.

Il sourit en secouant de la tête, puis se pencha vers elle pour l'embrasser. Bella se força à rester détendue en sentant ses lèvres froides et raides se presser contre les siennes.

« Je voulais m'excuser de m'être emporté contre toi à propos de Jacob. Tu sais que si je suis autant inquiet c'est parce que je t'aime, n'est-ce pas ? » s'enquit-il en caressant sa joue.

Bella ignora la boule qui oppressait sa gorge et hocha de la tête en lui offrant un sourire rassurant.

« Je sais, Edward. Mais tu ne peux pas contrôler chaque seconde de ma vie. Tu dois me laisser un peu de liberté ».

Le regard d'Edward se ramollit.

« Tu as raison. Je vais faire des efforts » lui promit-il en se penchant vers elle pour lui embrasser le front.

Bella se força à lui offrir un sourire de remerciement avant qu'ils ne se dirigent vers le bâtiment scolaire.


Tu es en danger – Victoria.

Je suis une humaine fragile. Je suis toujours en danger, Victoria – Bella.

Je ne parle pas de ça. C'est officiel. La chasse a commencé – Victoria.

Bella pâlit.

Ses yeux relurent à plusieurs reprises le message pourtant clair, essayant d'ingurgiter l'idée que des vampires étaient officiellement à ses trousses et voulaient la vider de son sang.

La chasse avait commencé.

Sa chasse.

La vision des cadavres disloqués et ensanglantés de ses agresseurs lui revint en mémoire. Est-ce qu'elle serait bientôt comme eux ?

Elle plaqua une main contre sa bouche pour retenir la nausée qui monta à cette pensée.

Elle devait faire quelque chose. Elle devait avertir les Cullen !

Mais sa détermination se dégonfla en pensant qu'elle devrait alors leur avouer la correspondance qu'elle entretenait avec Victoria depuis des jours. Et Bella n'avait ni envie de voir leurs yeux dorés briller de trahison et de dégoût, ni envie de cesser de communiquer avec Victoria.

Pourtant, Bella ne pouvait pas ne rien faire. Il en allait de sa survie. C'était littéralement une question de vie ou de mort.

La cloche sonna, signalant la fin des cours.

Elle se leva rapidement de sa chaise, fourrant précipitamment ses affaires dans son sac avant de s'élancer hors de la salle sous les regards perplexes de ses camarades. Ses doigts tremblants pianotèrent nerveusement sur le clavier tactile de son téléphone alors qu'elle traversait à grands pas un couloir.

Mes vampires me protégeront. Vous n'arriverez jamais à m'attraper – Bella.

C'est un défi, chaton ? – Victoria.

Bella mordit sa lèvre inférieure en sentant l'excitation monter en elle.

C'était mal. C'était tellement mal.

Mais elle n'arrivait plus à contrôler son corps lorsqu'il était question de Victoria. Le « rendez-vous » était même un douloureux rappel de sa faiblesse face à l'irrésistible attraction que Victoria représentait pour elle.

Non, c'est une certitude. Vous serez morts avant même de m'avoir touché – Bella.

Mais je t'ai déjà touché, Bella. Et ça avait l'air de beaucoup te plaire – Victoria.

Bella soupira.

Elle la détestait.

Je suis sérieuse. C'est toi qui devrait partir – Bella.

Je ne peux pas – Victoria.

Pourquoi ? – Bella.

Même si je me retire, James continuera à te traquer. Et crois-moi, lorsqu'il te trouvera, tu seras contente que je sois là – Victoria.

Pour que je finisse comme ces hommes que tu as massacré à Portland ? Non merci – Bella

Ils le méritaient. Ils t'avaient blessé – Victoria.

Bella fronça les sourcils, déroutée par son message.

Qu'est-ce que ça pouvait lui faire si des gens la blessaient ? Victoria n'avait jamais caché son désir de la tuer.

Tu es incompréhensible – Bella.

C'est parce que ton pauvre petit cerveau ne peut pas me suivre – Victoria.

Les lèvres de Bella tremblèrent pour former un sourire.

Peu importe. Je ne partirai pas de ma ville. C'est à vous de partir – Bella.

Nous verrons si tu es aussi audacieuse lorsque je t'aurai attrapé. J'ai hâte t'entendre tes supplications, chaton – Victoria.

Bella grinça des dents et rangea rapidement son téléphone dans sa poche.


Edward et Bella avaient décidé de passer la nuit ensemble.

Bella s'enroula autour de sa couette avant de se presser contre le corps dur et froid d'Edward. Le vampire s'empressa d'enrouler ses bras autour d'elle.

« Ça faisait longtemps » commenta Edward.

Bella hocha de la tête contre son torse, essayant d'ignorer à quel point la position lui était inconfortable.

« Tu es inquiète ? Cette question peut te paraître stupide mais parfois tu as l'air de prendre tout au second degré ou avec un calme déroutant » lui avoua-t-il.

Bella grimaça.

S'il savait ce qui se passait réellement dans sa tête, il ne tiendrait pas du tout le même discours.

« Je suis inquiète, c'est normal. Mais je sais que vous ne les laisserez pas me toucher » lui répondit-elle sincèrement.

Les bras d'Edward se resserrèrent autour d'elle, ravi de constater qu'elle avait toujours confiance en eux.

« Ils n'ont aucune chance contre nous. Je ne laisserai personne te faire du mal, Bella. Je te promets que tout redeviendra bientôt comme avant » lui promit-il.

Mais Bella craignait de ne plus vouloir que tout redevienne comme avant.


« Isabella... ».

Les ongles de Victoria ratissaient sa peau, jubilant de la voir se tordre de plaisir sous eux. Ils traçaient le contour de ses seins, faisaient des vas et viens lubriques sur son ventre contracté, dansaient sur son bas du ventre qui était en feu.

C'était une douce torture qui la rendait folle et encore plus désireuse à la fois.

Le visage de Victoria était enfouit dans son cou. Elle pouvait sentir son sourire effleurer sa peau brûlante alors que ses doigts froids continuaient leur descente.

« Victoria » gémit-elle, les doigts crispés autour du drap du lit.

Elle ne savait pas pourquoi elle gémissait son prénom. Elle aurait dû se taire. Non, elle aurait dû la supplier de ne pas faire ça et se débattre comme si il en allait de sa propre survie. Mais son toucher était tellement bon et tellement agréable. Impossible à lutter.

« C'est ce que tu veux, chaton ? ».

La voix ensorcelante et sombre de Victoria résonnait inlassablement dans sa tête. Bella ne pouvait pas lui échapper.

« N'as-tu pas peur de ce que nous faisons ? » susurra Victoria.

Les mains froides et fermes de Victoria écartèrent brusquement ses cuisses. Bella haleta en sentant la brise glisser sur elle comme la caresse d'une amante.

« N'as-tu pas peur de ce que je vais te faire, mon petit chaton ? ».

Les ongles de Victoria survolèrent son entrejambe, lui tirant un gémissement.

« Tu sens tellement bon. Je me demande si ton nectar est aussi délicieux que ton odeur… » gémit Victoria en pressant son corps un peu plus contre le sien.

« Victoria ! » haleta Bella, le visage rouge.

Un rire rauque et ludique s'éleva dans la chambre.

« Si pudique, mon chaton, si pudique… Mais plus pour longtemps, n'est-ce pas ? » ronronna la vampire en glissant ses doigts sur le clitoris de Bella.

La jeune femme gémit et se tordit de plaisir sur le lit, électrisée par le contact. Elle avait besoin de plus.

« Plus. J'ai besoin de plus, s'il te plaît. Je vais mourir si tu ne me touches pas » bafouilla-t-elle.

Une langue froide et humide serpenta autour de son oreille avant de descendre le long de sa mâchoire pour lui mordiller la peau.

« C'est ce que je fais, Isabella, je tue des gens. Des gens comme toi » murmura Victoria.

Bella se figea, interpellée par le ton beaucoup plus sombre et inquiétant de la jeune femme. Elle leva la tête pour regarder Victoria et se pétrifia d'horreur.

Victoria pencha la tête sur le côté, un large sourire sur les lèvres.

Mais ce n'était pas son sourire qui la terrifia le plus. C'était le rivière de sang qui s'écoulait entre ses crocs et qui continuait sa descente sur son menton.

Bella tressaillit d'horreur lorsque le sang s'écoula sur son ventre et se répandit sur tout le lit comme une marre rouge.

« Qu'y a-t-il, mon chaton ? Tu ne veux plus de moi ? » fit Victoria en faisant une moue triste.

Bella hurla.

Bella se redressa brusquement.

Sa main tremblante se plaqua contre sa poitrine pour sentir son cœur qui battait la chamade. Elle ferma les yeux et se força à prendre une profonde respiration pour se calmer. La brise froide qui s'engouffrait par la fine ouverture de sa fenêtre l'y aida. Une fois de nouveau calmée, elle rouvrit les yeux et se figea en croissant une paire d'yeux ocres sombres.

« Edward » murmura-t-elle.

Le jeune homme grogna dangereusement, le corps plaqué contre le mur de sa chambre qui faisait face à son lit. Ses doigts étaient littéralement encastrés dans le plâtre du mur pour se retenir de-

De faire quoi, au juste ? Avait-il perdu le contrôle à cause de son sang ?

Mais c'était peu probable. Edward avait redoublé de vigilance pour éviter ce genre d'incident. Il était même allé chasser juste avant de la rejoindre pour la nuit.

Elle examina avec plus d'attention les traits de son visage. Ses yeux étaient plissés douloureusement. Les muscles de ses mâchoires tremblaient comme des élastiques pour tenter de reprendre le dessus sur son contrôle. Et ses lèvres étaient pincées en une ligne fine et tout aussi sévère pour étouffer ses grognements.

« Qu'y a t-il, Edward ? » s'enquit-elle.

« Tu as dis son prénom » réussit-il à articuler entre ses crocs.

Elle lui jeta un regard confus.

« Victoria... » siffla-t-il furieusement « Victoria, Victoria, Victoria… Tu n'arrêtais pas de répéter ce satanée prénom ! ».

Si Bella n'avait pas entendu battements tonitruants de son cœur résonner dans ses oreilles, elle aurait pu croire qu'il s'était arrêté de battre aux mots du vampire.

« J'ai fait un cauchemar » bafouilla-t-elle terriblement.

Il pencha la tête pour la dévisager avec un mélange d'incrédulité et de dégoût.

« Tu empestes l'excitation. Ton excitation, Bella ! » grogna-t-il finalement.

Le visage de Bella devint encore plus blanc que la tapisserie du mur que les doigts d'Edward étaient en train de déchiqueter.

« Je peux tout expl- ».

Un grognement furieux l'interrompit.

Bella referma aussitôt sa bouche. Elle n'était pas assez stupide pour provoquer un vampire aux yeux noirs.

Edward détacha lentement ses doigts du mur et se redressa de toute sa hauteur. Bella l'observa avec inquiétude mais resta recroquevillée contre le dossier de son lit. Il fit mine de s'approcher de son lit avant de changer d'avis. Il ne prit même pas la peine de la regarder en lui crachant presque les mots suivants :

« Nous réglerons ça demain ».

Bella ouvrit la bouche pour lui assurer qu'il n'y avait rien à régler mais s'en abstint en voyant les yeux d'Edward devenir encore plus sombre.

« D'accord » concéda-t-elle enfin, résignée.

Il disparut la seconde suivante.