N/A : Bella en très mauvaise posture :[
Bonne Lecture.
Chapitre 7 : La chasse – Partie 2
Plutôt du genre silencieuse ou à crier ? – Victoria.
Bella faillit s'étouffer avec sa bouchée de céréales en lisant le message. Elle toussa à trois reprises avant de boire son jus d'orange et de répondre.
Ni l'un, ni l'autre puisque tu n'arriveras jamais à m'attraper – Bella.
Hmm je suis tellement impatiente de réduire en miettes cette stupide confiance – Victoria.
Bella préféra ne pas répondre au message. A la place, elle termina de manger son petit-déjeuner, lava ses couverts, puis alla se préparer. Son portable vibra sur son bureau alors qu'elle était en train d'enfiler un pull chaud.
Tu te débattras, j'espère ? Les meilleures sont celles qui se débattent. Ça rend la chose un peu plus excitante… – Victoria.
Tu ne devrais pas élaborer un plan pour réussir à tuer sept vampires au lieu de m'envoyer des messages aussi inutiles? – Bella.
Je n'ai pas besoin de plan. Je sais déjà comment t'attraper, chaton – Victoria.
Un frisson remonta la colonne vertébrale de Bella.
Quelle couleur ? C'est pour la robe de ton enterrement – Bella.
Bella attrapa son ordinateur portable et s'installa confortablement sur son lit.
Au début, elle avait eut l'intention de profiter de son week-end pour réviser ses derniers examens avant les vacances de Noël, mais les messages de Victoria l'avaient découragé. Son crâne bourdonnait pratiquement de douleur sous les centaines de pensées angoissantes qui s'y entremêlaient comme des serpents sifflants et vénéneux.
Elle se demandait où était Victoria, ce qu'elle était en train de faire, si elle s'était déjà lancée à sa poursuite et essayait de contourner les deux Cullen qui étaient postés juste sous sa fenêtre.
Bella jeta un regard inquiet à sa fenêtre fermée, s'attendant presque à la voir perchée sur le rebord, un sourire carnassier aux lèvres. Son portable vibra dans sa main, la faisant presque sursauter de peur.
Je vais tellement avoir de plaisir avec toi – Victoria.
Dans tes rêves – Bella.
Tu ne diras plus ça lorsque je planterais mes crocs dans ta peau. J'en ai l'eau à la bouche rien que d'y penser – Victoria.
Bella déglutit difficilement.
Tu ne me tortureras pas ? – Bella.
Elle regrettera d'avoir posé la question à la seconde où le message s'envoya.
La torture est plus le rayon de James, mais je peux faire une exception pour toi si tu insistes – Victoria.
Bella fronça les sourcils.
Je m'en passerai, merci – Bella.
Tu es sûre ? On pourrait commencer lentement. Un peu de douleur ne fait jamais de mal. Je pourrais t'attacher à ton lit et te fesser pour avoir été une vilaine fille. Tu aimes les fouets ? – Victoria.
Bella laissa échapper un soupir tremblant, les yeux écarquillés fixés sur le message de Victoria. Elle avait l'impression que l'atmosphère s'était brusquement assombrie dans sa chambre, mais c'était juste son corps qui réagissait bien trop positivement aux provocations de Victoria.
Son portable vibra à nouveau.
Tu préfères peut-être le faire à l'ancienne ? Je serais plus que ravie de te pencher sur mes cuisses pour te donner une bonne fessée avec ma main – Victoria.
Bella ferma les yeux pour prendre une profonde respiration et se calmer. Elle écouta les battements de son cœur effréné et se força à penser à autre chose qu'à la fessée que Victoria semblait tant vouloir lui donner.
Aux chats, se dit-elle, pense aux chats.
Les chats étaient tellement adorables. Ils étaient doux et beaux, et-
Viens sur mes cuisses, chaton.
Bella étrangla un gémissement de frustration et serra ses cuisses.
Arrête – Bella.
Ne sois pas aussi ingrate. J'essaie d'être gentille. Je n'ai jamais laissé autant de choix à mes proies – Victoria.
Bella jeta son portable à l'autre bout du lit et s'intéressa à choisir un film assez distrayant pour la faire cesser de penser à Victoria et à sa foutue fessée. Son portable vibra à nouveau mais elle l'ignora et démarra un film. Quelques minutes plus tard, son portable vibra une fois encore. Elle soupira lourdement et s'avança pour le reprendre.
J'ai toujours été comme ça. Ne fais pas comme si tu venais de le découvrir – Victoria.
Ne m'ignore pas, Isabella – Victoria.
Bien. Joue à la stupide humaine. Je laisserais James s'occuper de toi – Victoria.
Bella fronça les sourcils.
Victoria pouvait être si enfantine parfois. C'était presque… adorable. Presque.
Ce sera mieux comme ça – Bella.
La réponse de Victoria ne se fit pas attendre.
Tu ne sais pas de quoi tu parles. James est un… psychopathe. Il adore prendre son temps pour briser ses proies avant de les tuer, surtout les jolies – Victoria.
Tu penses que je suis jolie ? – Bella.
Bella pesta contre elle-même, ayant envoyé ce message sans réfléchir encore une fois.
Je parle des critères de James. Brune. Yeux de biche. Air innocent. Corps agréable. Tu es tout à fait son type de proie idéal - Victoria.
Et toi ? – Bella.
Je préfère les hommes, mais il m'arrive de faire des exceptions, comme toi – Victoria.
Bella laissa ses doigts pianoter sur le rebord de son téléphone, le regard lointain. Son portable vibra dans sa main.
Il te reste encore un peu de temps pour partir – Victoria.
Je reste – Bella.
C'est ta dernière chance, Isabella – Victoria.
Bella lança un regard hésitant à la fenêtre de sa chambre. Le ciel était sombre et annonçait l'arrivée prochaine d'une grande averse, mais tout semblait être calme.
Elle ne pouvait pas les voir, mais elle savait que Jasper et Alice étaient cachés à l'embrasure de la forêt qui faisait face à sa maison. Et ce petit rappel lui donna suffisamment de courage pour répondre à Victoria.
Tu n'as aucune chance – Bella.
« Je veux savoir la vérité » exigea Edward, le corps détourné. Il ne la regardait même pas « Je mérite de savoir la vérité, Bella».
« Mais c'est la vérité, Edward. J'ai fait un cauchemar. Un simple cauchemar. Des vampires veulent ma mort. Tu ne peux pas m'en vouloir de ne pas réussir à très bien dormir la nuit » soupira-t-elle en se passant une main dans les cheveux.
Edward lui lança un regard dur.
« Tu gémissais son prénom, Bella. On ne gémit pas le prénom de son agresseuse dans les cauchemars ».
Bella déglutit et détourna le regard, ne supportant plus son éclat furieux et trahi.
Ses yeux se posèrent sur son téléphone et son traître de cerveau repensa immédiatement à la dernière conversation qu'elle avait eu avec Victoria. Le rouge lui monta aussitôt aux joues. Elle pressa ses mains fraîches sur son visage pour le rafraîchir.
« C'était un gémissement de douleur » mentit-elle en se léchant les lèvres.
« Je connais un gémissement de douleur quand j'en entends un. Et le tien n'en avait pas du tout l'air ».
Elle poussa un soupir frustré et lui lança un regard irrité.
« Qu'essaies-tu d'insinuer, Edward ? Que je fantasme sur la vampire qui veut me tuer ? Ne m'insulte pas. Je ne suis pas aussi tordue que ça » siffla-t-elle.
S'il savait.
Une grimace trembla sur les lèvres crispées d'Edward. Il se passa une main dans ses cheveux qui étaient déjà beaucoup trop ébouriffés pour une heure aussi matinale. Ses yeux n'avaient toujours pas retrouvé leur éclat doré naturel et clair. Un voile sombre continuait de planer sur eux.
« Je sais que tu mens » finit-il par dire en se redressant, le regard plus confiant « Ton cœur s'accélère et tes mains tremblent ».
« Parce que je suis énervée ? » proposa-t-elle en lui faisant les gros yeux tout en essayant de calmer la tempête de panique qui se déchaînait en elle.
Le regard sceptique d'Edward se plongea dans le sien.
« Tu caches quelque chose » insista-t-il. Il hésita pendant quelques secondes avant de lui demander : « Est-ce que tu l'as revu ? Est-ce que tu lui parles ? Est-ce qu'elle est venue ici ? ».
« Non, non… Non, Edward ! » s'écria-t-elle en se levant de sa chaise pour lui faire face. Elle le dévisagea avec incrédulité « Cette femme veut ma mort. Je ne vais pas non plus l'inviter à prendre le thé ! ».
« Mais- ».
« J'ai fait un stupide cauchemar, d'accord ? Ni plus, ni moins. Arrête d'essayer d'y voir autre chose ».
«Je vais la tuer » inspira-t-il brusquement en la fixant pour guetter sa réaction.
Bella tressaillit, frappée de plein fouet par sa déclaration de meurtre.
Edward se rapprocha d'elle et pressa ses doigts contre ses mâchoires pour plonger son regard dans le sien. Elle se raidit en sentant son souffle froid glisser sur son visage.
« Je vais la tuer, Bella » répéta-t-il encore plus fermement.
Bella avala difficilement sa salive.
« Je sais ».
Les yeux sombres d'Edward l'observèrent avec une intensité presque insupportable, ils glissèrent sur ses traits crispés et fatigués, s'attardèrent sur ses lèvres légèrement tremblantes avant de terminer leur chemin sur ses yeux plus larmoyants qu'elle ne l'aurait voulu.
Un éclat de fureur passa brièvement dans le regard d'Edward avant de s'évanouir si rapidement que Bella se mit à douter qu'elle l'avait réellement vu. Il la relâcha finalement et recula de quelques pas.
« Alice et Jasper vont prendre le relais. Ne sors pas de la maison » lui dicta-t-il en s'éloignant en direction de la fenêtre.
« Je sais ce que j'ai à faire » marmonna-t-elle.
« Oh et Bella ? » l'appela-t-il en atteignant la fenêtre. Elle lui jeta un regard interrogateur. Il la dévisagea un instant avant de lui dire : « N'oublie pas d'essuyer ton visage avant leur arrivée ».
« Pourquoi ? » demanda-t-elle confusément.
Le visage d'Edward se durcit.
« Tu pleures ».
Bella toucha sa joue et fixa avec hébétude les larmes qu'elle avait recueillit. Elle releva la tête pour lui servir un autre mensonge mais il était déjà parti pour aller tuer la vampire qui venait de réussir à la faire pleurer inconsciemment.
James avait disparu.
Et Victoria savait exactement pourquoi. Elle savait qu'il n'avait jamais eu l'intention de lui laisser le temps qu'elle lui avait demandé. James avait toujours été impulsif et impatient. Parfois, elle se demandait comment il avait pu réussir à rester en vie aussi longtemps.
Sûrement grâce à elle.
Son don de survie les avait maintenus en vie et les avait sortis d'affaire un nombre incalculable de fois. Mais James, fidèle à lui-même, ne lui en avait jamais été redevable pour ça. Comme pour beaucoup d'autres choses.
Il pleuvait.
Et pas seulement. Les orages éclairaient régulièrement le ciel sombre de Forks, déchaînant leur foudre tonitruante sur la foret dans laquelle elle courrait.
Elle bondit agilement sur plusieurs rochers et se redressa sur la plus haute falaise. Ses yeux s'élancèrent sur les autres falaises qui signalaient la frontière entre le territoire des vampires de Bella et la réserve indienne qui empestait le sale chien mouillé.
Elle avait découvert l'existence des métamorphes de la Push par hasard, alors qu'elle se rendait chez Bella. Un cabot noir avait faillit lui arracher la jambe en la prenant par surprise. Victoria s'était promise de ne plus jamais lui offrir une occasion pareille.
Depuis plusieurs jours, Victoria s'était amusée à se faire traquer par les vampires de Bella et par les cabots de la Push. À chaque fois qu'elle avait traversé la frontière, les vampires s'étaient arrêtés, comme bloqués par un mur invisible. Les cabots avaient réagi de la même manière alors même qu'ils étaient bien que plus téméraires que les vampires.
Elle avait pu observer à loisir l'animosité que les deux clans se vouaient l'un pour l'autre.
Et cette animosité, c'était là, la carte maîtresse de son plan.
Elle s'élança à travers la foret, effleurant les arbres qui bordaient sa course pour y laisser son odeur. Rien de mieux que marquer un territoire qui était déjà revendiqué pour énerver des vampires.
Elle fila droit vers la demeure des vampires de Bella.
Mais, une vampire lui barra brusquement le chemin.
Et de une.
Ses yeux se plissèrent avec moquerie. Elle prit note de la taille fluette et petite de la femelle qui se tenait courageusement devant elle. Elle avait des cheveux noirs et hirsutes.
Victoria dérapa sur le sol, se redressa, croisa le regard troublé de la jeune fille et se figea-net alors qu'un souvenir s'imposait brusquement à son esprit.
Un asile froid et austère - Une fillette enfermée de force dans une camisole - Une odeur divine et succulente - Je la veux ! La voix sifflante de James et ses yeux rempli d'une obsession malsaine fixés sur la fillette - Une dispute virulente entre elle et James.
Mary Alice Brandon.
Victoria écarquilla les yeux avant de lâcher un juron et de bifurquer vers la droite.
« Attends ! Je veux juste te parler ! » lui cria Mary en la poursuivant.
Victoria l'ignora et accéléra sa course. Elle ne pouvait se permettre d'être distraite par quoi que ce soit. Surtout pas en cet instant. Elle devait se dépêcher de dérouter les Cullen afin de pouvoir rejoindre Bella avant James.
Elle évita agilement les arbres, changea à plusieurs reprises de chemin et sourit victorieusement en entendant plusieurs pas de course rejoindre celui léger et presque imperceptible de Mary.
Et de quatre en plus.
« Elle se dirige vers la frontière ! Il faut l'arrêter ! » comprit l'un d'entre eux.
Bon, ils n'étaient pas tous aussi idiots qu'elle le pensait finalement. Mais, elle aurait préféré que cela soit le cas en cet instant.
Puis, apparaissant de nulle part, un vampire aux cheveux ébouriffés la percuta de plein fouet. Son corps vola dans les airs avant de rouler sur plusieurs mètres. Il tenta d'agripper sa jambe, mais elle fut plus rapide que lui et le frappa au visage avant de se remettre à courir.
Et de six.
Il ne manquait plus qu'un vampire pour compléter le clan d'Olympic.
« J'y étais presque » l'entendit-elle pester.
Même pas dans tes rêves, mangeur de lapin, ricana-t-elle intérieurement, portée par l'adrénaline de la course-poursuite.
Victoria accéléra encore plus le rythme déjà soutenu de sa course. Ses yeux s'éclairèrent en voyant la frontière se dessiner à l'horizon. Plus que quelques mètres et elle y serait avec une flopée de vampires remontée à bloc sur les talons.
Les cabots allaient adorer ça.
« Arrête-là, Edward ! ».
Plus qu'un mètre.
« J'essaie » siffla Edward.
Cinq pas.
Quatre.
Trois.
Un corps percuta violemment son flanc gauche. Elle s'écroula avec un grognement de douleur. Son agresseur se pencha sur elle et enserra violemment sa gorge. Elle siffla furieusement et leva les yeux pour rencontrer le regard hostile de son agresseur qui avait un air concentré sur le visage.
Ses lèvres s'étirèrent pour former un large sourire.
Et de sept.
La famille était au grand complet.
Ça mériterait presque une photo mais Victoria n'avait pas le temps de s'improviser photographe de portrait de famille. Peut-être une autre fois.
Son sourire troubla son agresseur. Elle en profita pour se débarrasser de lui. Elle le frappa au visage, et roula sur le coté avant de se relever d'un bond. Elle se jeta presque sur la frontière en la franchissant pour éviter les mains des vampires qui plongèrent sur elle pour l'attraper.
« Non ! » hurla Edward en faisant mine de la poursuivre.
Mais trois de ses compagnons le retinrent avant qu'il ne franchisse la frontière et le forcèrent à reculer. Victoria se redressa, prenant son temps pour épousseter ses vêtements et savourer sa petite victoire.
« Allons, ne faites pas cette tête d'enterrement. Personne n'est mort. Enfin pas encore » se rectifia-t-elle avec un ricanement.
Ils la dévisagèrent avec haine. Edward s'avança d'un pas vers elle, frôlant dangereusement la limite de la frontière. Il tremblait de tout son corps.
« Je ne te laisserai pas lui fai- ».
Victoria posa brusquement un doigt contre sa bouche souriante, lui intimant l'ordre de se taire. Elle pencha la tête sur le coté et écouta attentivement les hurlements de plusieurs loups s'élever derrière-elle. Elle lâcha un petit rire joyeux.
« Je crois que nous avons de la compagnie ».
A peine quelques secondes plus tard, des bruits de course bruyants et désordonnés se firent entendre. Elle tourna la tête et observa les premiers loups émerger du voile des arbres. Ils trébuchèrent en traversant la rivière, grognant de frustration lorsque leurs pattes s'enfoncèrent dans le sable avant de l'atteindre.
Mais Victoria était déjà partie.
Les vampires furent si étonnés de la revoir de leur coté qu'ils mirent quelques secondes avant de se jeter sur elle. Elle les laissa approcher jusqu'à s'emparer du poing lancé du vampire le plus musclé pour le pousser vers la frontière. Il s'écroula contre un loup noir qui jappa furieusement et lui donna des coups de pattes pour se débarrasser de son poids lourd.
Victoria continua à les échauffer, en passant d'un territoire à l'autre, jouant sur la maladresse et l'empressement des loups et sur la rapidité parfois mal contrôlée des vampires pour s'échapper.
Deux loups foncèrent droit sur elle.
Le premier avait un pelage gris. Il était le plus petit de la meute mais le plus rapide aussi. Elle se rendit compte qu'il s'agissait d'une femelle. Le second était un mâle. Il avait un pelage brun et ne semblait pas encore très bien contrôler ses mouvements. Elle réussit à éviter la femelle mais repoussa violemment l'autre qui percuta de plein fouet une vampire aux cheveux blonds.
« Fais attention, sale chien ! » siffla cette dernière en le repoussant comme s'il s'agissait d'une ordure que l'éboueur avait oublié de récupérer.
Le loup au pelage brun trébucha maladroitement avant de tomber avec un geignement de douleur. Trois loups – dont la femelle- se retournèrent vers la vampire pour lui lancer un éclat mortel en grognant dangereusement.
« Recule, Rosalie ! » ordonna le patriarche de leur clan.
« Elle profite de notre division ! » persifla Edward.
Victoria virevolta de l'autre côté de frontière en lâchant un rire joyeux. Elle s'élança sur la falaise qui offrait une vue imprenable sur l'océan et se retourna vers les vampires et les loups qui continuaient d'essayer de ne pas franchir la frontière.
« Ne la laissez pas s'échapper ! » cria Edward.
Oh ne t'inquiète pas, je ne vais nulle part moi, pensa-t-elle avec un ricanement.
Elle plia les genoux pour éviter de justesse un loup qui sauta sur elle. Il passa au-dessus d'elle et tenta d'atterrir plus tôt que prévu, mais déjà lancé dans son saut, le loup tomba de la falaise avec un long gémissement.
La meute se figea aussitôt, stupéfaite et chamboulée.
«Oups » fit-elle en se redressant, un faux sourire désolé aux lèvres.
Les loups perdirent leur sang-froid et se jetèrent sur elle en grognant à l'unisson, les babines retroussées et un éclat meurtrier dans les yeux. Victoria eut juste le temps de se faufiler derrière la ligne horizontale formée par les vampires avant que la meute ne les percute de plein fouet. Dans la confusion, un loup mordit l'épaule du vampire le plus musclé qui hurla de douleur.
« Emmett ! » cria la vampire blonde.
Elle se rua aussitôt sur le loup qui avait mordu son compagnon avec un cri empli de rage et de haine. Elle attrapa le loup et le frappa si fort sous son épaule gauche que des craquements d'os se firent entendre. Le loup s'écroula sur l'herbe en geignant de douleur.
Trois loups se jetèrent aussitôt sur la vampire blonde pour venger leur compagnon. Mais les vampires s'empressèrent d'aller prêter main forte à la blonde.
Victoria admira pendant un bref instant le tableau chaotique qu'elle avait réussi à créer. Même le diable devait se délecter d'un spectacle aussi beau.
Elle s'éclipsa rapidement, un sourire satisfait aux lèvres.
Victoria s'élança droit vers la maison de Bella, à présent débarrassée des vampires et des loups pour un bon bout de temps.
Ses yeux s'éclairèrent de joie et d'excitation en apercevant la maison de Bella. Elle grimpa l'arbre qui faisait face à la fenêtre de la chambre de la jeune femme et se glissa à l'intérieur en se réceptionnant gracieusement sur le parquet.
Elle gémit en sentant l'odeur délicieuse de sa compagne.
« Je crois que tu me dois des excuses, chaton » ronronna-t-elle, excitée et victorieuse comme une petite fille qui venait de gagner une partie de cache-cache.
Mais la voix douce et maladroite de sa compagne ne lui répondit pas.
Victoria fronça les sourcils.
Son regard s'élança à travers la chambre de la jeune femme à la recherche de cette dernière mais ne la trouva pas. Alors, elle tendit l'oreille en espérant entendre les battements du cœur de sa compagne résonner dans une autre pièce de la maison, mais seul un silence assourdissant lui répondit.
Victoria se redressa et huma profondément l'air.
Son corps se pétrifia d'horreur en sentant une effluve qu'elle n'avait pas remarqué en entrant dans la chambre alors qu'elle la reconnaîtrait entre toutes.
L'odeur de James.
Elle était arrivée trop tard.
