« Anakin sera mon Padawan »
Des petits mots qui ont brisé le cœur d'Obi-Wan. Pourtant, dans l'élan et la précipitation, il avait vraiment cru qu'il était prêt pour passer les épreuves, mais c'était sans doute une façon pour son maître de le mettre de côté, de le jeter, de le remplacer plus rapidement, dans l'espoir de former celui qui avait désormais le pseudonyme de « Elu ».
Ainsi quand ils sont sortis de la salle de Conseil, il n'avait pas eu la volonté de suivre Qui-Gon et Anakin qui se dirigeaient sans doute vers leurs quartiers. Le Conseil avait de nouveau demandé à Qui-Gon pour y réfléchir, la décision étant beaucoup trop hâtive à leur gout. Il fallait aussi qu'ils réfléchissent sur le sort d'Obi-Wan. Etait-il vraiment prêt pour devenir un chevalier Jedi ?
Il n'en savait trop rien. Il n'était jamais sur de ce qu'il était réellement en réalité. Il avait toujours l'impression d'être le petit initié bon pour l'Agricorp, le Padawan qui a abandonné l'Ordre, l'Ombre de Qui-Gon et…le garçon qui se fera prochainement remplacé. En quoi était-il doué ? En rien. Il était moyen dans tout. Intelligent, mais sans plus. Habile, mais sans plus. Bon négociateur, mais sans plus. Juste ordinaire. Sans aucun talent, rien d'exceptionnel.
Un déchet, facilement remplaçable.
Sa poitrine lui était douloureuse à cette révélation.
Ne supportant plus de rester dans le Temple, il se décida à quitter son enceinte, il avait besoin de se changer les idées, il avait l'impression d'étouffer.
.
.
Ses pas le menèrent au fameux restaurant de Dexter Jettser. Là, où Qui-Gon et lui-même avaient passé de nombreux moments heureux. Bientôt, ce sera le tour d'Anakin, de profiter avec son maître. Sans Obi-Wan.
Il hésita à entrer, il y avait pas mal de mondes et il ne voulait surtout par déranger Dex. La faim, cependant, était une bonne excuse, il n'avait pas mangé depuis ce matin et il espérait déguster un de ses burgers, qui pourraient lui faire oublier sa misérable existence.
Lorsqu'enfin, il s'autorisa à pénétrer dans le restaurant, il fut accueilli chaleureusement par le Bessalisk.
« Petit Obi ! S'écria l'immense créature aux grands bras, quel surprise de te voir ! »
Comme à son habitude, depuis que le jeune homme le connaissait, il le saisit dans ses bras, prêt à le porter. Heureusement, Obi-Wan s'en défit rapidement avant de prendre le risque de s'envoler au plafond.
« Bonsoir, Dex, salua-t-il d'une voix beaucoup moins assuré qu'il ne le voulait.
Cela n'échappa à propriétaire à Dex, qui émit un grognement sourd, avant d'inviter son jeune client, dans un coin au loin, très proche des cuisines, lui donnant une vue d'ensemble sur la route. Obi-Wan ne protesta et se colla à la vitrine, s'éloignant du plus possible du Bessalisk.
« Où est Qui-Gon ? Demanda-t-il alors avec un soupçon de crainte.
- Il est resté au temple, répondit Obi-Wan en serrant des dents.
- Quelque chose s'est passée avec lui, n'est-ce pas ? »
La grosse voix bien bourrue s'était transformée en une petite voix douce et attendrissante, c'était étonnant pour Dex, qui était connu pour ses imposantes cordes vocales.
« Tout va bien, je reviens d'une mission épuisante.
- Petit Obi…
- J'ai dit que j'allais bien ! Je veux juste manger ! S'exclama-t-il énervé.
Le Bessalisk ne broncha pas. Obi-Wan regretta alors d'avoir crié sur son ami. Il ne devait pas lâcher sa colère sur lui. Il était venu juste pour grignoter quelque chose.
« Très bien, je vais te faire ton plat préféré, d'accord ? » Proposa-t-il sur un ton joyeux.
Obi-Wan acquiesça, ne sachant quoi dire. Dex le laissa alors seul avec sa tristesse. Pendant l'attente, il se perdit dans ses pensées, fixant l'extérieur, le front contre la vitre. La pluie avait commencé à tomber, les passants fuyaient cherchant un abri. Le jeune padawan soupira, il allait rentrer trempé au Temple.
« Eh voilà, pour toi, mon garçon ! S'écria Dex en apportant une assiette de burger et de frites.
Normalement, cela aurait dû donner l'eau à la bouche à Obi-Wan, mais au lieu de ça, il fixa l'assiette indifférente. L'image de son maître en face de lui revint comme une illusion.
Nous ne mangerons pas ça tous les jours, Padawan, ce n'est pas du tout diététique.
Maudit soit-il.
Il attrapa le sandwich et le mordit violemment, mangeant beaucoup trop vite. Il mâcha avec amertume, avalant avec précipitation, oubliant de réguler sa respiration. Il ne fit même pas attention à Dex qui s'était assis à ses côtés, le surveillant, de peur sans doute qu'il ne s'étouffe involontairement. Il n'entendit même pas ses murmures qu'il lui demandait de manger moins vite, ni bien même ses sanglots entre chaque bouchée. Il ne remarqua pas non plus que des larmes tombaient dans son assiette, que leur gout salée s'était incrusté dans sa bouche. Il ne sentit pas non plus la grosse patte de Dex qui lui caressait le dos, affectueusement, tendrement, pour le rassurer, pour le calmer.
Oh, non. Tout simplement, parce qu'il était trop affligé, trop émotive, trop triste. Il pleurait en mangeant, libérant ces émotions qu'il avait refusé de montrer depuis sa sortie de la salle du Conseil.
Quand il eut terminé, Dex lui offrit un milkshake qu'il accepta sans un mot, reniflant à quelques occasions, hoquetant doucement.
« Tu veux parler ? Proposa Dex à ses côtés.
- Non … murmura-t-il après une gorgée.
- Tu veux que j'appelle Qui-Gon.
- Non ! S'horrifia le Padawan, ne fais surtout pas ça ! »
Les gros sourcils du Bessalisk se froncèrent, mais il hocha la tête.
« D'accord, donc tu t'es disputé avec lui ?
- Non. Il…m'a proposé de passer les épreuves pour que je devienne Chevalier.
- Mais…c'est génial, Obi ! Pourquoi ça te déprime autant ?
- Parce qu'il l'a fait pour prendre un autre padawan et que le Conseil n'est pas certain que je sois réellement prêt.
- Quoi ?
- Lors de notre dernière mission, mon maître a trouvé un enfant, très puissant dans la Force et il a demandé au conseil de le prendre comme apprenti, on lui a répondu qu'il ne peut pas parce qu'il m'avait déjà et…C'est là qu'il a dit que j'étais prêt, que je pouvais devenir Chevalier.
- Tu veux dire qu'il a prétexté le fait que tu pouvais devenir Chevalier pour prendre le garçon ? Comprit Dex la colère dans la voix.
- Oui…en fait, je ne suis même pas sur s'il fait ça pour moi…ou pour le garçon. »
Les larmes menaçaient encore de tomber, mais il se retint, serrant sa cape autour de lui. Il avait soudainement froid et le milkshake ne jouait pas en sa faveur. Il préféra le mettre de côté, Dex lui pardonnerait de ne pas le finir.
« Tu n'as pas à t'en faire pour ça, Obi, tu es un très bon Jedi et tu seras le meilleur que toute la Galaxie aura connue, j'ai confiance en toi, tu réussiras tes épreuves et tu mettras un bon coup de poing à Qui-Gon après cela. »
Obi-Wan rit à cette dernière phrase. Dex avait le don d'être honnête et qui ne mâchait pas ses mots. C'était rassurant de l'entendre parler, il aimerait fortement le croire.
« Quand tu seras Chevalier, je te ferai le meilleur dessert du restaurant ! Et gratuitement !
- Merci, Dex, je m'en souviendrai, sourit Obi-Wan.
- Ah, je préfère ça que de te voir pleurer dans mon burger ! J'ai vraiment cru que tu essayais de t'etouffer !
- J'avais faim, tout simplement, se défendit le jeune homme rouge de honte.
- Allez, viens mon canard, que je te donne un calin ! »
Le pauvre Padawan ne pouvait pas s'y échapper, qu'il fut attrapé par les bras gras du Bessalisk. Cependant, il se laissa faire, appréciant l'étreinte. Dex était un bon ami qui avait toujours été à l'écoute, ce n'était pas la première fois qu'il venait se réfugier chez lui.
Ensuite, ils discutèrent de tous et de rien, Dex avait laissé ses employés gérés le restaurant seul, voulant s'occuper de son petit client favori. Obi-Wan lui était reconnaissant, cela lui avait permis de sortir tous ces petits problèmes de sa tête, riant alors des plaisanteries et des histoires que son ami cuisinier racontait.
A la fermeture, Obi-Wan dut se séparer du Bessalisk.
« Reviens me voir quand tu veux, Obi, et si jamais tu as besoin que je vienne frapper ton maître, n'hésite pas.
- Je ne préfère pas, rit le padawan, au revoir, Dex et merci pour tout.
- Fais attention à toi, canard boiteux ! »
Obi-Wan lui fit une signe de la main avant de s'éloigner et de s'engouffrer sous la pluie dans le périphérique de Coruscant.
.
.
Il pleuvait toujours quand il arriva sans encombre au Temple. Il avait pris deux fois plus de temps pour y revenir, car il craignait rentrer. Il avait une boule au ventre, il ignorait si c'était à cause de son angoisse, ou bien de ce qu'il avait mangé. Dex serait furieux qu'il pense à une telle chose.
Lorsqu'il atteint, entièrement trempé, ses quartiers qu'il partageait avec son maître, il découvrit que toutes les lumières étaient éteints, l'informant donc que Qui-Gon était parti se coucher.
Sans même s'inquiéter pour lui, pensa-t-il avec amertume.
Il rejoint sa chambre, voulant à tout prix se changer, se sécher et se jeter dans son lit. Alors qu'il était sur le point d'allumer une lampe, il sentit quelqu'un remuait dans son propre lit. Il sursauta et vit à travers la pénombre un petit garçon endormi sur son matelas. Anakin.
Un halètement se bloqua dans sa gorge et il resta figé face à cette image, réalisant alors que son maître avait volontairement demandé à Anakin de dormir dans sa chambre, sans prendre le temps de consulter son Padawan actuel.
Il sortit de sa chambre rapidement, tremblant de la tête au pied. La non plus, il ne savait si c'était à cause du fait qu'il était mouillé ou bien du froid ou bien de fait qu'il avait été choqué de voir un enfant dans son lit. Lit qu'il avait occupé pendant 12 ans.
Les jambes branlantes, il s'assit dans le noir sur le canapé, ne se préoccupant guère de ses vêtements humides. Et sanglotant, il s'y allongea. Car après tout, c'était sans doute là qu'il devait dormir jusqu'à qu'il devienne chevalier.
Il pleura silencieusement, les larmes ne cessant de couler malgré lui de ses yeux. Il n'en voulait pas au garçon, il était même content de lui donner son lit. Non, il était juste…triste. Car il savait désormais qu'il ne valait rien, qu'il n'était rien, qu'il n'était qu'un apprenti ordinaire pour Qui-Gon. L'homme qui avait eu le rôle de père pendant 12 ans. L'homme qu'il avait admiré, loué. L'homme à qui il avait tenté de prouver qu'il méritait d'être à ses côtés.
Et quand il n'eut plus assez de larmes pour libérer son chagrin, il n'arrivait pas à fermer l'œil. Le canapé n'était pas fait pour dormir et ses vêtements humides lui donnaient froids. Il se passa des heures entières où ses pensées divaguèrent, ressassant le passé, ce qu'il avait manqué pour que Qui-Gon ne le rejette aussi rapidement.
Lorsqu'il aperçut les premières lueurs du soleil, il comprit qu'il ne servait à rien d'insister et se leva, se dirigeant vers la cuisine, pour préparer le petit déjeuner.
Il avait toujours froid et sentit un mal de tête. Mais il ignora son état. Peu importait. Il chauffa de l'eau pour le café et le thé, cuisina des pancakes pour Anakin et pressa des fruits pour accompagner le tout d'un bon jus frais. Il les plaça avec élégance, puis observa la table de la cuisine avec satisfaction, puis remarqua qu'il n'avait préparé que pour deux personnes, pour Anakin et pour Qui-Gon.
Lui ? Il n'avait pas faim. Il ne méritait pas d'être à leur table. Peut-être mangerait-il par terre, pensa-t-il avec ironie.
Qui-Gon fut le premier à se lever et exprima sa surprise en voyant son Padawan de si bon matin.
« Tu es rentré tard et tu es déjà debout ? S'amusa-t-il en s'installant à sa place habituelle.
- Mon horloge interne, murmura Obi-Wan en lui versant un café.
Anakin le rejoint avec un grand sourire et s'assit alors à la place habituelle d'Obi-Wan.
- Bonjour maître Qui-Gon ! Bonjour, Obi-Wan ! Salua-t-il, oh des pancakes ? C'est vous qui les avait fait maître ?
- Non…c'est Obi-Wan, c'est un expert en la matière et…Obi-Wan ? »
Le dit garçon avait quitté la cuisine, leur permettant de manger tranquillement le petit déjeuner. Il n'avait pas entendu l'appel de Qui-Gon, se dirigeant dans la salle de bain pour se faire un brin de toilette. Il avait toujours ses vêtements de la veille, toujours humide. Il se doucha rapidement et s'habilla avec de nouvelles robes. Lorsqu'il sortit de la salle de bain, Qui-Gon l'attendait dans le salon, une inquiétude sourde sur son visage.
« Est-ce que ça va, Obi-Wan ? Tu n'as pas mangé de petit-déjeuner, dit-il.
- Vous n'avez pas pensé que j'aurai pu manger avant vous ? Rétorqua Obi-Wan calmement.
- Je… vois…Anakin a aimé tes pancakes.
- C'est gentil à lui, je les ai faites pour lui, je sais que ce n'est pas votre expertise. »
Qui-Gon lui adressa un sourire, qui donna une pincée d'amertume au jeune Padawan.
« Je lui ai proposé d'aller visiter le Temple aujourd'hui, est ce que tu veux te joindre à nous ? »
C'était…inattendu. Son maître s'était enfin souvenu de son existence ? Obi-Wan aurait aimé lui lancer ce genre de répliques mais il était trop épuisé pour affronter sa réaction, il finit alors par acquiescer, acceptant cette soudaine attention.
.
.
Anakin courait dans tous les sens, s'exclamant haut et fort devant les merveilles du Temple. Tout lui était étonnant, lui lâchant des expressions familières et vulgaires que Qui-Gon prit le temps de reprendre et de corriger. Obi-Wan les suivait sans trop intervenir, répondant avec gentillesse aux questions de l'enfant sur le parcours d'un Jedi. Ainsi il lui donna des informations sur les prochains mois et années à venir en tant que Padawan.
Cela était terriblement douloureux pour Obi-Wan qui avait l'impression de se vendre, de préparer sa propre chute, pour mieux accueillir Anakin. Mais il n'arrivait pas à le détester, même s'il avait vraiment envie de faire du mal au garçon, il n'y arrivait pas. Anakin était trop innocent, c'était un enfant, comme lui avant. Il avait été esclave et avait sans doute connu de pires choses que lui à son âge.
« Vous êtes très gentil, Obi-Wan, je vous aime bien ! » S'était écrié Anakin quand Obi-Wan l'a aidé à réajuster ses bottes abimés et lui a proposé d'en acheter d'autres plus tard.
Cela réchauffa le cœur d'Obi-Wan, qui fut ainsi soulagé de voir que le prochain apprenti de Qui-Gon serait tout aussi aimant qu'il avait tenté de l'être.
Plus les heures passés, plus Obi-Wan ressentait une grosse fatigue. Des frissons le prirent et des maux de tête s'intensifiaient. Il avait de plus en plus de mal à rester debout, s'asseyant à chaque occasion qui se présentait sur des bancs. Cela n'alerta pas Qui-Gon qui était trop préoccupé par Anakin.
Obi-Wan posa une main sur son front et se trouva anormalement chaud. Il espérait juste que ce n'était rien.
Qui-Gon et Anakin se dirigeaient vers le Jardin des Milles Fontaines, se tenant par la main. Le jeune Padawan s'arrêta devant son image. Jamais son maître ne lui avait tenu la main de cette manière, jamais. Même quand il était blessé, même quand il n'allait pas bien.
Devant cette réalisation, il n'eut plus le cœur à continuer et s'éloigna d'eux, s'excusant dans leur lien fébrile d'entrainement.
Maître, je vous rejoindrai plus tard.
D'accord, Obi-Wan.
Le jeune homme eut un rire nerveux, depuis ce matin, Qui-Gon ne l'avait plus appelé « Padawan ». Il avait donc déjà débuté sa séparation.
.
.
Le Conseil les avait à nouveau convoqué le soir-même. Et Obi-Wan dut interrompre sa promenade solitaire pour se rendre à la Salle du Conseil.
Qui-Gon et Anakin étaient déjà arrivés et patientaient au centre de la pièce. Le Padawan se plaça à la gauche de son maître, cachant ses mains tremblantes dans ses manches. Il avait pensé que l'air frais sur un balcon pourrait faire disparaître ses maux, mais cela n'avait rien servi. Il avait toujours des maux de tête, se sentait fébrile d'heures en heures, il avait de plus en plus froid et rêverait de s'endormir sous sa couette…avant de se rappeler qu'Anakin avait déjà pris sa place. Seul le canapé l'attendrait ce soir, avec sans doute une couverture de fortune. Il était résigné, il fallait qu'il tienne jusqu'à ses épreuves.
« Nous vous avons convoqué pour vous faire part de notre décision, annonça Maître Windu.
Obi-Wan retint son souffle et il sentit Qui-Gon se tendre devant lui. A ses cotés, Anakin recula instinctivement. Pour rassurer le garçon, il posa une main sur l'épaule de l'enfant, qui lui jeta un regard reconnaissant. Puis, Anakin lui saisit sa main et émit un souffle de surprise.
« Obi-Wan tu es…
- Chut…Anakin, murmura le Padawan pour l'empêcher de parler.
- Mais…
- Nous parlerons tout à l'heure d'accord ? »
Anakin ouvrit la bouche mais finalement abandonna. Obi-Wan reporta son attention vers les maîtres. Windu continua, ignorant les échanges des deux plus jeunes.
« Et nous avons donc jugé que Kenobi est prêt pour passer ses épreuves, s'il les réussit, tu pourras prendre Anakin Skywalker comme Padawan. Et compte tenu des antécédents de Padawan Kenobi, nous savons tous ce que ce n'est qu'une formalité. » Ajouta-t-il avec un sourire encourageant vers Obi-Wan.
Ce dernier sentit son cœur battre beaucoup trop fort dans sa poitrine. Sa respiration s'accéléra étrangement. Le conseil avait donc conclu qu'il était prêt ? Cela aurait dû le rendre fou de joie, mais à la place, la peur, la crainte et un sentiment de solitude s'emparèrent de lui. Ce n'était pas bon, pas bon du tout. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il se risqua un coup d'œil à Qui-Gon qui l'observa avec un mélange de fierté et d'inquiétude.
Oh Force, il avait envie de vomir. Des vertiges le saisirent brusquement, lâchant alors la main frêle d'Anakin.
« Quelque chose à dire, tu as ? Padawan Kenobi ? Lança maître Yoda avec suspicion.
- Je…suis honoré…de passer les épreuves, bredouilla Kenobi dont la vision se brouillait peu à peu, j'espère…être à la hauteur des enseignements de…maître…Jinn. »
Son corps bascula en avant et il s'évanouit, entendant alors une dernière fois, le cri de son maître chéri :
« Padawan ! »
