Chasse aux loups


« AaahOUuuuuuuuuuuuuuuuuHHHHhhhh... »

_ Chaton, c'était quoi ce bruit ?

Hermione souffla pour la trente-sixième fois ou peut être trente-septième fois depuis le début de cette soirée. Elle et Ron, son mari depuis maintenant deux ans avaient transplannés il y a, à peine une dizaine de minutes à l'entrée du Jardin des Malfoy et n'avaient parcouru à pieds qu'une vingtaine de mètres seulement.

_ Ronald, relève-toi. Tu t'attendais à quoi en venant à cette soirée sérieusement ?!

_ Pas à être accueilli par des bruitages bizarres de bêtes terrifiantes. On vient d'arriver, imagine une fois dans le manoir ... un manoir Chaton... avec des araignées qui grimpent au plafond. Ron secoua la tête qu'il avait plongée dans le postérieur de sa femme, dépité de devoir aller plus loin. Tu sais que moi et les araignées ce n'est pas possible.

_ Ho arrête les Malfoy ont une armée d'elfe pour déloger les araignées, les seules qu'on trouvera aujourd'hui seront en plastique... fausses et donc inoffensives ! Ho bordel Ron arrête de te cacher derrière moi et avance.

_ Rappelle moi pourquoi on est venus ?

_ Par politesse...et parce qu'on ne fait jamais rien d'autre. Maintenant lève ta tête de mon fessier c'est gênant, redresse-toi et avance nom d'un lycanthrope !

_ HAAAAaaaaaa où ça ? Ron replongea derrière sa femme.

Hermione souffla pour la trente-septième ou trente-Huit... puis merde !


Une semaine qu'elle avait reçu l'invitation pour cette soirée d'Halloween et si au début il était hors de question d'y mettre les pieds, elle avait dû changer d'avis lorsque l'intégralité de son entourage ne parlait que de ça. Même ses collègues au Ministère se vantaient d'avoir reçu la fameuse enveloppe Malfoy&co. Les hommes montraient fièrement leurs costumes de loup fournis pour l'occasion, d'ailleurs Ron avait le sien même si le sien le faisait plus ressembler à un renard, alors que les femmes, caquetaient dans les couloirs pour savoir qui mieux mieux serait en quoi.

L'engouement pour la Start Up évènementielle Malfoy&Co était tel, qu'Hermione du reconnaitre être elle-même impatiente dorénavant d'y participer. Cette soirée représentait le coup de fouet qui manquait à sa vie, l'étincelle de folie dans son univers ennuyeusement cyclique.

Pour son costume en revanche, contrairement à beaucoup, elle n'avait pas été très inspirée jusqu'au jour où Ron l'avait appelée une fois de plus « Chaton on mange quoi ce soir ? ». Pour une fois qu'il avait une bonne idée, malgré lui certes, mais les rares éclats de lumière de sa part étaient toujours bons à prendre.

C'est ainsi qu'Hermione se retrouva en plein milieu d'une allée menant au Manoir des Malfoy, vêtue d'un justaucorps noir très échancré avec un collant résille, une queue synthétique attachée à son postérieur et ses cheveux rassemblés en deux buns sur la tête pour les oreilles de chat. Le Sexy chaton qu'elle était ce soir se tenait au bras de Ron le renard ... heu le loup, prêt à vivre la soirée de l'année.


Hermione observait la pièce dans laquelle elle se trouvait tout en écoutant d'une oreille les discussions de ses amis et collègues qu'elle avait retrouvés. L'ambiance était effrayante mais il faut le dire tout aussi excitante, pas de doute dans le fait que les Malfoy avaient réussi leur reconversion. Après tout comment auraient-ils pu ne pas réussir dans cette branche alors qu'ils étaient ceux qui organisaient les grands banquets de Lord Voldemort.

Tout en sirotant sa coupe de champagne, Hermione tentait de rester attentive à la discussion de sa collègue qui la mettait à jour sur les visites à effectuer prochainement à Poudlard pour l'inspection Académique Magique. Toutes deux devaient évaluer le niveau et les capacités des professeurs de l'école afin de déterminer s'ils étaient toujours aptes à enseigner. Hermione savait qu'elle avait le mauvais rôle et se sentait ingrate de devoir faire cela, mais depuis la fin de la guerre le Ministère avait serré la vis sur l'éducation des futurs sorciers et sorcières du Monde Magique et remanier le système scolaire leur permettait de croire qu'ils pouvaient éviter une nouvelle montée en puissance d'un despote tel que Voldemort.

Deuxième coupe de champagne et Hermione était piégée dans les discours sans fin et ennuyeux de sa collègue. Même Ron avait l'air plus détendu qu'elle dorénavant, et ce malgré les multiples araignées en plastique enchantées qui se baladaient sur la fausse toile tendue au plafond. Alors qu'elle approcha sa coupe de champagne à sa bouche pour en avaler une gorgée, elle sentit son mari plonger une nouvelle fois derrière elle en criant « HAAaaa un revenant »

_ Mais... Ron qu'est-ce que...

_ Bonsoir Miss Granger.

Cette voix... Des années qu'elle ne l'avait plus entendu... plus depuis qu'elle l'avait sauvé ce soir de bataille. Pouvoir l'entendre de nouveau était une chose qu'Hermione avait tant espéré surtout après ce qu'il s'était passé...en vain ... il avait disparu jusqu'à ce soir, ce qui expliquait la surprise de Ron.

Sans comprendre pourquoi ... enfin si quand même un peu, les notes soyeuses et profondes sifflées à travers les fines lèvres de son ancien professeur venaient de la transcender, faisant parcourir un frisson délicat dans tout son corps. Il était là, à côté d'elle, son regard perçant la brulant au passage de ses onyx sur toutes les parties qu'il fixait.

_ Bonsoir Professeur, ravie de vous RE-voir. Cependant permettez-moi de vous corriger c'est Madame Weasley dorénavant.

Hermione tira Ron de derrière elle pour qu'il se tienne à ses côtés comme le mari qu'il devait être et vit Severus Rogue arquer un sourcil face à son aveu. Elle ne souhaitait pas se justifier pour le moment, alors pour combler le blanc malaisant, elle donna un coup de coude à son mari pour qu'il prenne la parole à sa place.

_ Ha heu ... Professeur, Bonsoir. Eh oui je suis le mari qui l'eut cru, le Weasley avec la Je-sais-tout Hahaha. Ron se racla la gorge mal à l'aise et repris. Comment allez-vous ? On ne vous a plus vu depuis heu ... la morsure.

Hermione se gifla mentalement, quelle idée de laisser Ron en placer une. Elle le sait pourtant que dans ce genre de situation elle ne doit pas le laisser faire, il est incapable de tenir une conversation sérieuse sans faire une bourde. La situation était plus qu'inconfortable alors sans comprendre vraiment pourquoi elle tenta un sourire... Un sourire crispé et un semblant d'excuses à travers son regard. Elle savait que Severus Rogue comprendrait ce qu'elle tentait de lui communiquer, après tout...ça avait toujours été comme ça entre eux, des non-dits les yeux dans les yeux...

La voix de Lucius Malfoy portée à travers la foule grâce à un « Sonorus » vint les sauver de ce moment gênant. Alors que tout le monde s'était tourné de façon à observer le maître des lieux sur l'estrade, Hermione ne put s'empêcher de regarder en coin la sombre silhouette dominante à ses côtés qui ne l'avait pas quitté des yeux. Lorsqu'elle croisa son regard, elle ne put s'en détacher... Elle retrouvait l'incandescence sombre et subtile qui l'avait fait fondre il y a maintenant plus de trois ans, le petit feu de l'interdit au fin fond de ses pupilles. Cette fois ci cependant elle y percevait aussi la lueur terne et glaciale d'une déception... Évidement qu'il était déçu... Mais que pouvait-elle faire d'autre, il avait disparu.

Hermione tenta de s'extraire de ces révélations silencieuses et s'attarda sur le discours de Lucius Malfoy.

_ Mes chers Convives, je suis ravi de vous accueillir cette année encore au Manoir Malfoy. Sans vous tous réunis ce soir, je n'aurais espéré plus chaleureuse et effrayante soirée et je vous en remercie d'avance. Fort de la réussite du petit jeu de l'an dernier cette année encore la Malfoy&Co s'est lancée le défi de vous divertir avec une chasse aux loups grandeur nature. Messieurs les loups vous aurez quelques minutes pour vous échapper d'ici, le jardin vous est ouvert. Mesdames quoi que vous soyez chassez vos loups, vous aurez une heure et interdiction d'utiliser la magie. Une fois votre loup chassé, vous pourrez soit poursuivre la soirée dans l'une de nos suites ou nous retrouver ici même pour poursuivre les festivités.

Bonne chasse à tous !


Hermione longeait les rangées de buis non pas à la recherche de son Loup mais bien d'une cachette. La danse de sourcil de Ron et son passage de langue dégoulinante sur ses lèvres tout en la fixant, juste avant qu'il ne la quitte pour se cacher ne signifiait qu'une seule chose : Il comptait bien se faire trouver pour poursuivre la fête dans une des suites du Manoir avec elle et quoi de plus normal puisqu'elle était sa femme.

Leur dernière fois remontait exactement à il y a maintenant trois semaines, deux jours et quelques heures. Oui beaucoup trop de précisions pour un instant non exaltant et il était bien là le souci. A vrai dire le sexe avec Ron était loin d'être une partie de plaisir... hooo lui y trouvait son compte, c'était juste qu'il y arrivait bien trop rapidement pour qu'elle en tire une quelconque satisfaction. La douche post coït était en général bien plus longue que le rapport lui-même, alors Hermione avait depuis espacé les rapports car ils étaient plus inconvénients qu'autre chose, une perte de temps dans son planning surchargé.

« HaaaaaHouuuuuuuuuuu Chaton, Haaaaouuuuuuuuuuuuu où es-tu ? »

Hermione sauta presque à plat ventre au sol dans l'allée des rosiers pour tenter de passer inaperçue. Ron n'était pas loin et cet abrutit l'appelait alors qu'il était censé être celui qui se cache. Ne l'entendant plus, elle se redressa timidement et à pas feutrés tel le chat qu'elle représentait, elle se glissa dans une autre allée de buis juste après les rosiers rouges.

Là au loin elle aperçut une femme pulpeuse à souhait, engoncée dans un déguisement de flamant rose en lycra qui slalomait dans les allées beaucoup moins délicatement qu'elle, tout en beuglant :

« SevychOUUuuuuuuuu mon loup HouUUUuuhou ... SEVYCHOUUUUU »

Tentant de s'empêcher de rire les deux mains sur la bouche, Hermione remarqua entre les arches de rosier une énorme boule de buis gigoter. Furtivement faisant attention de ne pas se mettre à découvert elle s'en approcha et trouva une petite ouverture, possiblement assez large pour y passer à travers. Elle s'y faufila à quatre pattes et tomba surprise sur Severus Rogue assis en tailleur à l'intérieur, écartant quelques brindilles de sa main afin d'observer le flamant rose qui était vraisemblablement à sa recherche.

_ Granger sortez de là vous allez me mettre à découvert !

_ Hors de question que je parte, Ron n'est pas loin et il y a suffisamment de place pour nous deux et cessez de m'appeler Granger !

Sans attendre de réponse, Hermione se faufila plus encore à l'intérieur et s'installa accroupie à ses côtés.

« Chaton ... Houhouuuuuuu ! »

Hermione se crispa, Ron était tout proche, à croire qu'il la sentait quelle horreur. Les deux occupants du buisson se retinrent de respirer et ne s'autorisèrent aucun mouvement. Les bruits de pas dans l'allée étaient tout proche, peut-être même juste devant eux. Après plusieurs longues secondes, les visages rougis par l'apnée, ils entendirent les pas s'éloigner. Lorsque le bruit devint imperceptible ils reprirent leurs souffles.

_ Bordel mais n'êtes-vous pas censée aller le trouver ? Les règles du jeu sont pourtant simples !

_ Taisez-vous ou j'appelle le flamant rose.

Touché ! Lui aussi évitait quelqu'un. Elle le vit tourner la tête pour l'ignorer mais elle n'avait pas loupé son agacement sur les traits de son visage. Après quelques secondes de silence elle l'entendit gronder tout bas :

_ C'est une cousine de Lucius ... ma présence ici... enfin ce jeu idiot ... c'est un traquenard pour me pousser dans ses bras.

_ Vous n'avez pas besoin de vous justifier ... cependant je comprends mieux la légèreté de ce jeu...

Plusieurs minutes passèrent et la position accroupie dans cet endroit exigu devenait désagréable. Si seulement il n'était pas en tailleur prenant toute la place avec ses genoux, elle pourrait s'installer plus confortablement. Hermione se racla timidement la gorge avant de chuchoter :

_ Vous pouvez rassembler vos jambes contre vous, pour que je puisse étaler un peu les miennes ? Je commence à avoir une crampe.

_ Et puis quoi encore ? un massage des pieds ? Vous ne manquez pas de toupet !

_ Très bien puisque vous ne voulez pas faire d'efforts.

Hermione se redressa, s'avança légèrement et s'installa dans le creux des jambes de son colocataire de buisson.

_ Mais qu'est-ce que vous ...

_ Chuuut vous allez nous faire repérer à piailler comme ça. Au moins maintenant je peux étaler mes jambes par-dessus les vôtres et vous n'avez pas besoin de changer votre position.

Aucun des deux ne parla durant de longues minutes, incapable de savoir s'ils appréciaient retrouver ce contact ou s'ils étaient gênés du fait de leurs différentes situations après tout ce temps. Finalement n'écoutant que sa première impression Hermione se relâcha complétement et s'adossa contre le torse qui lui servait de dossier.

Fermant les yeux pour ressentir les effluves musqués et poivrés de son ancien professeur qui l'enveloppaient, elle se concentra sur le doux rythme de sa poitrine se soulevant à chaque respiration dans son dos. Il vivait... son cœur battait...grâce à elle et l'unique fiole de larmes de Phoenix qu'elle avait sur elle ce soir-là.

Le contact dans son dos lui remémorait l'instant où il l'avait fait se sentir elle aussi plus que vivante, comme un remerciement pour ce sauvetage ... un euphémisme alors qu'il lui avait fait découvrir la sensation de la petite mort plusieurs fois pour sa première fois.

Plongée dans ses songes, elle en sortit lorsque les bras de celui à qui elle pensait l'entourèrent délicatement, rapidement rejoins par les caresses de son nez dans sa nuque et ses longues mèches noires taquinant sa joue. Appréciant ces sensations du présent qui lui rappelait tant celles du passé elle l'entendit souffler à son oreille :

_ Pourquoi ?

_ Pourquoi quoi ?

_ Pourquoi Weasley ?

_ Parce qu'il était le seul présent après cette guerre... vous m'avez laissé seule dans cette cabane après que nous ayons ... bref ...vous savez très bien.

_ ... après que nous ayons quoi ? souffla chaudement Severus à son oreille.

Hermione ferma les yeux et inspira puissamment, la sensation de son souffle chaud sur ce point sensible dans son cou était dangereusement délicieuse. Tout en reprenant contenance elle continua :

_ Ne me le faite pas dire ... vous savez ...

_ L'amour ?... Je vous ai fait l'amour ce soir-là Miss.

_ ...et à quoi bon ?... Vous êtes partit ensuite.

Hermione se redressa et se détacha de son emprise gardant tout de même le fessier dans le creux de ses jambes, ne pouvant faire autrement. Elle était bloquée dans ce buisson avec l'incarnation même de la tentation, déboussolée et tiraillée par des envies contradictoires. Tentant de mettre au clair cette envie de le gifler et l'embrasser en même temps elle l'entendit poursuivre :

_ Etes-vous heureuse ?

_ Comment ça ?

_ Avec votre Weasley ...

_ Oui !

« Hahhhhhouuuuuuuuuuu Chaton, AAaaahouuuuuuu»

Prise de panique, Hermione toute tremblante recula à nouveau, cherchant le réconfort dans le torse de son colocataire de buisson. Ron venait de passer plus rapidement que la fois précédente. Après un bref coup d'œil à travers les brindilles ils s'aperçurent qu'il n'était plus dans les parages.

_ Je vois, votre bonheur est d'une telle évidence ... un mariage d'amour ça crève les yeux.

Hermione fulmina intérieurement. Evidement que non, elle n'était pas heureuse dans son mariage. Aujourd'hui encore elle regrettait le jour où elle s'était laissée embrigader dans cette fumisterie. Elle et Ron s'étaient retrouvés seuls et ils ont eu besoin chacun de quelqu'un pour surmonter le choc après la guerre. La léthargie dans laquelle Hermione s'était retrouvée après la bataille et après l'abandon de Severus Rogue, l'avait mené à se laisser porter par la tristesse des Weasley. L'optimisme déguisé à vouloir faire vite passer le deuil, les avaient fait tracer tout un avenir pour Hermione et Ron. Ils les avaient poussés l'un vers l'autre jusqu'à organiser dans l'année leur mariage. C'est seulement une fois devant le mage de cérémonie et face à ces visages enfin heureux, malgré la peine qu'ils venaient de traverser qu'Hermione s'était rendu compte qu'elle faisait une grave erreur ... Mais il était trop tard, elle devait dire Oui pour leur bonheur à tous quitte à sacrifier le sien.

Tout en se souvenant du pourquoi elle faisait semblant depuis maintenant trois ans, Hermione se décolla de nouveau de la sombre tentation. Elle réalisa qu'elle ne pouvait se laisser aller dans ses bras, son mari la cherchait quelque part dans ce jardin et rester ici seule avec lui ... n'était pas une bonne idée. Alors elle se redressa s'échappant du creux de ses jambes, se remit à quatre pattes devant lui, lui mettant sous le nez ce qu'il avait perdu en s'éclipsant durant trois ans et commença à sortir par la petite ouverture dans le buisson face à elle.

« Sevychouuuuuuu ! Où es-tu ? ... Houuuuuhouuuuuu »

Hermione d'un coup se retrouva de nouveau dans les jambes de son colocataire de buisson. Il l'avait tirée par la queue et était en train d'étouffer son cri de surprise d'une main sur sa bouche. Le manège de l'apnée recommença jusqu'à ce que les beuglements de la flamant rose soit lointains. Hermione tenta de s'extirper de la prise de Severus en vain, il la maintenait fermement et ne comptait vraisemblablement pas la laisser partir.

_ Vous allez rester là.

_ Pourquoi ?

_ Parce qu'il faut qu'on parle et parce que vous comme moi ne voulons pas poursuivre cette soirée avec une autre personne.

_ En ce qui me concerne je n'ai pas envie de la passer avec vous non plus !

_ Vous mentez.

_ Mais qu'est-ce que vous en savez ?

_ Très bien tournez-vous et redite le.

Hermione était de nouveau tétanisée, parce qu'elle savait qu'en lui faisant face elle ne pourrait lui mentir. L'année avant la bataille, l'un et l'autre communiquaient ainsi, décryptant chacun les lueurs dans leurs pupilles, nuancées par les traits finement pincés ou relâchés de leurs visages. Cette découverte de l'un et l'autre les avait menés à cette tension et cette passion entre eux qu'ils n'avaient jamais consommés ou même avoués vraiment. Enfin du moins pas avant le soir de la bataille ou ils s'étaient donnés l'un à l'autre, un moment intensifié par la peur de s'être presque perdu à jamais.

Hermione sentit les mains de Severus se poser sur sa taille, cette chaleur douce diffusée par les paumes sur ses flancs lui remémorait bien trop précisément la volupté avec laquelle il l'avait maintenue sur le plancher de la cabane hurlante alors qu'il glissait en elle au rythme des grondements et gémissements qu'ils partageaient.

Son corps se souleva et grâce à une cabriole maitrisée elle se retrouva à califourchon face à son interlocuteur de buisson, le fessier toujours dans le creux de ses jambes. Il fixa ses onyx dans ses noisettes lui transmettant bien trop de lueurs à la fois pour en décoder quoi que ce soit.

_ J'attend. Répétez...

Hermione n'osa pas, perdue dans ses yeux, elle était incapable d'ouvrir la bouche. L'intensité dans son regard, les mains dans son dos diffusant ce doux feu l'empêchèrent d'assembler des lettres pour faire des mots amenant des sons à glisser sur sa langue. Elle sentit une des mains voyager, caressant du bout des doigts ses vertèbres et brulant sur son passage chaque cellule d'un feu de passion. La main incandescente de luxure se nicha dans sa nuque la délassant complétement, ce qui lui arracha un gémissement de bien-être.

Là maintenant elle savait, elle voyait et reconnaissait ces lueurs dans ses pupilles ... les mêmes que ce fameux soir, l'unique soir ou les mêmes luisances dansaient pour elle alors qu'il rythmait ses coups de reins aux siens sur le vieux plancher de cette cabane.

_ Où est la véritable Hermione Granger ? La Miss impertinente, indépendante et intelligente qui m'a tant de fois fait perdre le contrôle. Où est cette jeune femme redoutable et sauvage... Celle-là même qui gémissait mon prénom lorsqu'elle s'est rendue corps et âme dans mes bras. Où est-elle ?

_ Elle attend juste de savoir pourquoi n'étiez-vous plus là, pour resurgir. Ou étiez-vous Severus Rogue ?

_ Parti nous préparer un avenir. Je me devais de nous offrir la possibilité d'une vie commune sans l'ombre de mon passé. Il me fallait me laver de mes erreurs, prouver mon rôle dans cette guerre avant de débuter le plus beau chapitre de ma vie aux antipodes des précédents. Comment aurais-je pu me résoudre à survivre et pourrir au fin fond d'une cellule à Azkaban sans jamais pouvoir espérer revivre cette nuit dans les bras de la plus merveilleuse des sorcières. Il me fallait sacrifier ce temps pour nous ... je regrette seulement que ça en ait pris tant et je dois avouer qu'il était présomptueux de croire que cette nuit à vous posséder pouvait suffire à vous garder pour moi seul.

Hermione ne l'avait pas quitté des yeux fixant par intermittence les lèvres qui venaient de prononcer la plus belle des raisons d'une si longue absence. Elle comprenait ... pardonnait ...et remerciait. Incapable de discerner quoi que ce soit dorénavant car ses yeux étaient larmoyants, elle approcha à l'aveugle son visage. Guidée par la prise de ses doigts dans les longues mèches noire de Severus Rogue, elle oublia dans l'instant ces trois ans de semblant de vie et apposa délicatement ses lèvres comblant ainsi la finesse de celles de son amant. Comme si ces trois ans n'avaient jamais existé leurs langues se retrouvèrent et s'emmêlèrent dans un ballet d'une infinie douceur.


Ce soir d'Halloween La chasse aux Loups avait permis au chat de remporter le plus sombre des loups.

... Et parce qu'une histoire d'Halloween se doit d'être effrayante sachez que cette nuit-là, dans l'une des suites du Manoir Malfoy, un corbeau apportant un parchemin de divorce trouva le Renard en compagnie du Flamant rose.

AaahOUuuuuuuuuuuuuuuuuHHHHhhhh...