L'idée (ou la courgette...) était là depuis longtemps. J'avais commencé à écrire un plan et quelques bouts de chapitres puis j'ai oublié le tout sur mon micro-onde puis mes étagères. Le jeu de Mai du FoF est arrivé et avec lui est revenu cet univers alternatif. J'ai donc relu, modifié et repris ce chapitre 1. Deux autres chapitres sont partiellement écrits mais je ne sais pas encore quand je les publierai.
Assez parlé... Pour le jeu de Mai du FoF, AU en folie : Grandmaster of demonic cultivation, Super-héros AU !
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Chapitre 1 : Le réveil
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La première fois qu'il ouvrit les yeux, il fut incapable de voir quoi que ce soit. Il n'entendit qu'un nom.
« Mo Xuanyu ? monsieur Mo Xuanyu ? »
Ce n'était pas son nom. Ses souvenirs étaient flous et il ne se souvenait absolument pas de son nom mais il était certain que ce n'était pas celui-ci.
Il referma les yeux.
La deuxième fois qu'il ouvrit les yeux, ce qu'il vit fut tout aussi flou que ses souvenirs. On répéta aussi le nom qu'il avait entendu la première fois.
« Mo Xuanyu ? Mo Xuanyu ? Vous m'entendez, monsieur ? Si vous m'entendez, serrez ma main. »
Ce n'était pas son nom mais il serra tout de même.
« C'est bien. Parfait. Maintenant… »
La lumière changea. Tout était toujours aussi flou mais il était presque certain qu'il y avait une main qui s'agitait devant ses yeux. Il les plissa pour mieux voir. C'était si difficile de faire une chose pareille…
Une main. Il y avait bien une main devant ses yeux. Poing serré. L'index droit.
« Si vous voyez mon doigt, serrez. »
Il serra.
« Très bien, monsieur Mo Xuanyu. Plus difficile maintenant. Essayez de suivre mon doigt des yeux. »
Le doigt bougea. Il essaya de le suivre du regard. Sa vue se brouilla. Il ferma les yeux, essaya de secouer la tête pour s'éclaircir la vue et les idées…
Il ne pouvait pas bouger la tête.
« Du calme, monsieur Mo Xuanyu. Du calme. »
Il ne pouvait pas bouger la tête ! Il ne pouvait pas bouger la tête et on continuait de l'appeler par un nom qui n'était pas le sien. Sa respiration s'accéléra. Il commença à attendre des bips assourdissants puis des cris. Ses yeux se refermèrent soudain alors qu'il ne le voulait absolument pas.
La troisième fois qu'il ouvrit les yeux, on continua de l'appeler par ce nom qui n'était pas le sien. On lui fit aussi répéter les exercices de son dernier réveil. On en ajouta d'autres. Quelqu'un – il ne savait pas vraiment qui – affirma qu'il devait être maintenant suffisamment conscient pour comprendre tout ce qu'on lui disait. On lui parla alors de la catastrophe de Búyètiān Chéng. Il ferma les yeux en entendant ce nom. Il lui rappelait quelque chose. Un souvenir. Important. Douloureux. Un souvenir qui s'enfuit aussi rapidement qu'il était venu. On lui dit aussi que toutes ses opérations s'étaient déroulées à merveille et qu'il ne devait s'inquiéter de rien. Son père s'était occupé de tout.
Son père ne pouvait avoir fait une chose pareille. Il n'en avait pas. Son père était mort. Il en était certain. Il était toujours incapable de se souvenir de son nom mais il se souvenait de cela. Il n'avait pas de père. Il n'avait pas de mère. Il avait…
Il ferma les yeux. Il y avait quelqu'un. Il avait quelqu'un. Il le savait. Ils étaient même plusieurs mais… Une silhouette aux vêtements clairs passa rapidement devant lui. Qui… Mais c'était comme son nom, il était incapable de s'en souvenir.
La quatrième, la cinquième et toutes les autres fois suivantes où il ouvrit les yeux, rien ne se passa. Il ne pouvait toujours pas bouger mais maintenant il savait pourquoi. Ses jambes. Ses bras. Son corps entier. Il était immobilisé. Mais il remarcherait. C'était ce qu'on lui avait dit à plusieurs reprises. Les opérations avaient été un succès. Quant à son visage, l'opération visant à sa reconstruction, avait été un travail d'artiste. Son père, Jin Guangshan, y avait veillé. Son sang, même bâtard, même s'il ne l'intéressait pas, ne pouvait rester défiguré et estropié.
Jin Guangshan n'était pas son père. Il le savait. Le nom lui disait cependant quelque chose mais, même si son corps allait mieux, sa mémoire, elle, restait la même. Il était incapable de se souvenir de quoi que ce soit.
La dixième fois qu'il ouvrit les yeux, il y avait une femme à côté de lui. Elle avait un bracelet au poignet. Métallique. Lumineux. Il plissa les yeux. Sa vue était meilleure maintenant mais il avait encore un peu de mal à distinguer clairement les visages de ceux qui l'entouraient. Il connaissait cette femme. Il le savait. Il la connaissait. Elle était familière. Elle était… Mais son nom, comme ses souvenirs, le fuyait. Il ferma les yeux mais les rouvrit immédiatement. Elle venait de le pincer !
« Non. Non. Non. On ne se rendort pas. »
Cette voix… Il connaissait cette voix, comme il connaissait ce visage. La douleur habituelle, celle qui lui vrillait rapidement les temps à chaque fois qu'il se concentrait pour se souvenir, jaillit avec encore plus de force qu'à l'ordinaire. Quand on avait enfin compris qu'il avait perdu la mémoire, on lui avait conseillé de ne surtout pas se forcer à se souvenir si cela était douloureux pour lui mais il choisit d'ignorer ce conseil. Il savait ce qu'il faisait. Il savait qu'il devait se souvenir. Cette femme, au visage et à la voix qu'il connaissait, était importante, toute aussi importante que la silhouette aux vêtements clairs qu'il voyait souvent dans ses rêves. Il le savait. Elle était un fil qu'il devait absolument démêler. Un nom s'imposa alors à son esprit. Pas celui de la femme qui se trouvait à ses côtés. Il le laissa donc de côté. Plus tard, il chercherait à qui appartenait ce nom. Pour le moment, c'était celui de cette femme qui l'intéressait. Un autre nom éclata dans son esprit. Toujours pas celui de la femme qui continuait de lui parler. Le sien, cette fois, et ce n'était pas Mo Xuanyu ainsi qu'il l'avait toujours su. Mais ce nom ne fut pas la seule chose dont il réussit à se souvenir. Avec lui vint…
Alors, comme ça, je suis en vie…
Il ferma les yeux pour ne pas se mettre à pleurer. Pourquoi était-il en vie alors que d'autres... Tant d'autres… Qu'une autre…
Il sentit des larmes sur ses joues puis il se rappela ce que ses infirmières et ses docteurs lui avait raconté.
J'ai échoué. Encore une fois, j'ai échoué.
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Le Marionnettiste (alias : le joueur de flûte, le flûtiste de Yiling, le joueur de flûte de Yiling, Yiling, le Nécromancien [rare])
Cet être (1) est sans doute le cultivateur le plus célèbre de notre monde mais c'est aussi le cultivateur le plus mystérieux. Nous ne savons que peu de chose sur cette entité. Son identité, même après toutes ces années, restent inconnues mais à la vue de sa disparition, nous ne pouvons douter qu'il ou elle se cache derrière l'un des noms inscrits sur le Mausolée érigé en lieu et place de Búyètiān Chéng. L'exacte étendue de ses pouvoirs reste, elle aussi, inconnue et il en est de même pour son medium.
Avant de poursuivre, rappelons ce qu'est un medium pour un cultivateur. Les cultivateurs ont des pouvoirs qui diffèrent d'un individu à un autre mais ses pouvoirs ne peuvent s'exprimer seul. Ils ont besoin d'être canaliser à l'aide d'un medium qui est, lui aussi, spécifique d'un cultivateur. Il est rare que le medium du cultivateur change mais on sait que la chose est possible. En ce qui concerne le Marionnettiste, pour tous et toutes, son medium semble être la flûte avec lequel on l'a toujours vu. Les effets produits par la musique de cette flûte, y compris quand il s'agit d'enregistrements, tendent à confirmer cette hypothèse mais il convient de noter que les effets de ces enregistrements diffèrent de ceux observés lors de la prise dudit enregistrement (voir ci-après). Le medium du Marionnettiste est donc sans doute plus complexe que ceux des autres cultivateurs que nous avons pu étudiés. On a émis l'hypothèse que c'était le souffle même du Marionnettiste et non sa flûte et sa musique qui pourrait être le véritable medium de cet être, mais avec sa disparation, cette hypothèse ne pourra jamais être vérifiée.
A propos des pouvoirs du Marionnettiste, ici aussi, il convient de noter que ceux-ci semblent différer des pouvoirs des cultivateurs qui ont pu être étudiés. Premièrement, ceux-ci semblent être beaucoup plus étendus que celui des autres cultivateurs mais il est impossible de savoir si cette différence est due à une question de pouvoir brute ou à une meilleure exploitation des pouvoirs que le Marionnettiste possédait. A ce jour, les pouvoirs du Marionnettiste ont pris la forme suivante :
- animation d'objets inanimés et capable de prendre une apparence humaine, animale ou fantastique.
- contrôle mental, variable suivant le sujet, mais on note un meilleur contrôle sur les autres cultivateurs que sur les personnes normales.
- nécromancie (rumeurs)
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1- La majorité des analyses conduites sur les échantillons biologiques attribués au Marionnettiste conclue qu'il est de sexe masculin mais ainsi que de nombreuses études l'ont démontré, les analyses d'échantillons biologiques de ceux et celles que l'on a nommé Cultivateur produisent souvent et majoritairement des résultats aberrants. Nous avons donc préféré utiliser le terme « être » pour désigner le Marionnettiste dans le présent article.
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Il était ivre mais à son humble avis, il n'avait pas encore assez bu. Tête posée sur le comptoir, les yeux fermés, il agita la main en direction de son verre pour qu'on le remplisse à nouveau. Cela ne produisit pas tout de suite. Hélas ! Il releva momentanément la tête pour chercher le barman. Celui-ci était un peu plus loin, en train de servir trois adolescentes. Il baissa la tête. Mieux valait que les trois adolescentes ne le voient pas. Elles pouvaient le reconnaitre et… Mieux valait qu'elles ne le reconnaissent pas. Ou non ? Peut-être pouvait-il s'en moquer ? Surtout après la lettre qu'il avait reçu dernièrement…
Le barman finit par revenir au comptoir. Il releva la tête et lui fit signe de le resservir tout en ordonnant à mi-voix de lui laisser la bouteille. Le barman se contenta de remplir son verre et commença à s'éloigner avec la bouteille. Il se redressa en soupirant et vida le verre d'un trait. Il fit à nouveau signe au barman de leur resservir. Ce dernier revint vers lui et obéit. Avant que le barman ne s'éloigne à nouveau avec la bouteille, il s'en empara tout en cherchant son portefeuille avec son autre main. Le barman ne résista même pas. Il se contenta d'hausser les épaules et s'éloigna en lui laissant la bouteille tandis qu'il posait quelques billets sur le comptoir mais tandis qu'il lui tournait le dos pour aller servir quelques autres piliers de bar, il l'entendit maudire ces poivrots de prof qui passait leur temps à boire dans son bar et qui était déjà ivre alors qu'il n'était même pas encore midi. Il haussa les épaules en entendant cette malédiction avant de boire directement à la bouteille qu'il venait de récupérer. Le barman pouvait bien l'appeler comme il le voulait. On lui avait donné de bien pires noms d'oiseaux que ceux-là.
Il posa la bouteille. Son regard tomba sur la lettre qu'il avait reçu quelques jours plus tôt, la lettre qui était la cause de sa retraite ici. Il soupira et reposa la tête sur le comptoir. Bientôt, il aurait ingurgité suffisamment d'alcool pour émousser tous ses sens et, surtout, son ouïe.
« Mo ! Eh ! Mo ! C'est chez toi, ça, nan ? »
Il avait parlé trop vite, apparemment. Son ouïe était encore beaucoup trop opérationnelle. Il se retourna puis s'accouda au bar. Il vit clairement les trois adolescentes le regarder avec un air choqué mais il les ignora délibérément pour se concentrer sur la personne qui venait de l'appeler.
« Mo ! »
Il ferma les yeux pendant un court instant. Il n'avait pas assez bu pour brouiller ses sens mais il avait déjà beaucoup trop bu pour ne pas avoir un horrible mal de crâne en entendant quelqu'un crier.
« Il parait que vot' taré en collant est revenu, Mo ! »
Il rouvrit les yeux et tourna la tête vers l'écran de télévision qui se trouvait dans le bar.
Les info…
« C'est bien vot' taré en collant, non ? »
Il acquiesça d'un air absent.
C'est impossible…
Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées et mieux écouter le présentateur et la présentatrice qui se trouvaient à l'écran. Ils étaient en train de rapporter un vol de banque. Normalement, cette histoire n'aurait jamais mérité un passage aux informations nationales mais le braquage avait échoué car les voleurs avaient soudain lâché leurs armes puis s'étaient mis en rang pour sortir et se rendre à la police. Personne n'avait compris ce qui s'était passé sur le moment mais plusieurs témoins, par la suite, avait rapporté qu'ils juraient avoir entendu le son d'une flûte juste avant que les braqueurs ne déposent leurs armes. Le son d'une flûte et des gens qui se conduisaient soudain d'une façon inexplicable...
C'est impossible...
« Eh, Mo ! Quand t'habitais là-bas, tu l'as vu le Marionnettiste ? »
Le Marionnettiste. Le joueur de flûte de Yiling. Yiling. Voilà comment on l'avait appelé.
Je n'ai choisi aucun de ces noms…
« Comme tout le monde. » répondit-il avec un haussement d'épaule avant de se retourner pour prendre son verre.
Merde. Vide.
« Il ressemble à quoi ?
-Voyez-vous même. » dit-il en se retournant.
Il montre la télévision de son verre. Les présentateurs avaient été remplacés par des images d'archives qui avait entre dix et quinze ans. On ne voyait pas grand-chose sur ses images en vérité. Juste une silhouette sautant de toit en toit. Une silhouette courant dans une rue. Une silhouette, immobile, en train de jouer d'une flûte traversière. Le son était coupé. On ne pouvait entendre le son de la flûte. On ne pouvait jamais entendre le son de cette flûte quand ce genre d'images était diffusé. On avait tellement peur de ce que le son de cette flûte pouvait provoquer. Mais personne ne savait que ce n'était pas la musique qui était importante ou plutôt, ce n'était pas seulement cette musique qui était importante…
Les deux présentateurs refirent leur apparition à l'écran. Avec eux, se trouvaient quelques spécialistes – Elle n'était pas parmi ses spécialistes... – qui commencèrent à débattre du sujet le plus important de l'émission : le joueur de flûte de Yiling était-il réellement de retour ?
Il se retourna vers le comptoir et vers la bouteille.
Il connaissait la réponse à cette question.
Son regard se posa ensuite sur la lettre ordonnant le transfert de Mo Xuanyu, professeur documentaliste, au lycée de Gusu.
Il but une nouvelle rasade d'alcool directement à la bouteille. Son esprit était maintenant étonnamment clair pour quelqu'un qui avait autant bu. Il savait ce qu'il devait faire. Il sortit encore quelques autres billets de sa poche avant de sortir du bar, bouteille et lettre de transfert à la main.
Le moment était venu de revenir chez lui apparemment…
…
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